"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mercredi 26 mars 2014

Haïjin Pravoslave (CCCXVI)


Ente tes paroles
Sur la Parole du Christ
Ou reste en silence

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mardi 25 mars 2014

Moniale Magdalena (Nekrassova) : Une histoire incroyable de trahison et de repentance (1)

Moniale Magdalena (Nekrassova) à Bussy

Matouchka Magdalena (Nekrassova) est moniale au couvent orthodoxe de la Protection de la Mère de Dieu à Bussy-en-Othe, en Bourgogne (France). Pendant les années 1960,  période très difficile pour l'Église en Union soviétique, sa famille vivait à Vologda, où ses membres s'étaient installés après des années de grandes épreuves et d'humiliation - exil au Kazakhstan, où ils furent envoyés après leur retour d’émigration en URSS. Mais leurs épreuves ne s'arrêtèrent pas à Vologda, les fidèles n’en sont jamais dépourvus. Néanmoins, Matouchka Magdalena a toujours chéri de bons souvenirs de Vologda.
*
Nous présentons une histoire que Matouchka Magdalena a raconté d’un épisode de sa vie à Vologda pendant la période des persécutions contre l'Église de Khrouchtchev, qui eurent un résultat très " inattendus" (mais est-ce vraiment inattendu?).
En ces temps-là, tous les efforts du régime visaient à mettre rapidement fin à la lutte contre "la superstition religieuse," Nikita Khrouchtchev, je le rappelle, avait promis de montrer à la télévision dans les prochaines années le dernier prêtre, ou c'était peut-être même, la dernière personne religieuse de notre pays.

*

En 1962, je travaillais comme comptable à l'église de l'Exaltation de la Croix, dans la ville de Gryazovtsa. En ce jour mémorable du 21 Mars, je suis rentré à Vologda où vivait ma famille, et je me préparais à aller aux offices du soir à la cathédrale.
J'avais déjà quitté la maison quand j'ai rencontré l'évêque Mstislav à la porte. Il était, à l'époque, à la tête du diocèse de Vologda. Quand il a entendu dire que j'étais revenue à la maison pour deux jours, il a commencé à me convaincre avec force d’aller à la Maison centrale de la Culture, où ce soir-là un militant antireligieux devait donner une conférence.
C’était l'ancien prêtre Tchertkov. Je n'avais aucune envie d'y aller, d'autant plus que mon père spirituel m'avait conseillé de ne jamais écouter ou lire tout ce non-sens antireligieux, qui ne fait que souiller l'âme. Mais plus je résistais, plus l'évêque insistait résolument pour que, au moins l’un de nous, aille entendre une de ces présentations et savoir  les méthodes qu'ils utilisaient. Finalement je dus me soumettre.

Ce soir-là il y avait plusieurs jeunes gens chez nous, et une jeune fille décida d'aller avec moi à cet auditorium. Pour une raison quelconque nous nous sommes retrouvées dans le box des sièges du réalisateur, juste en face de la tribune sur la scène avec le microphone, avec trois hommes qui s'approchaient rapidement. Je reconnus momentanément parmi eux l'ancien prêtre, bien qu'il ne différât point des autres en apparence, si on excepte une certaine onctuosité maintenant apparemment dirigée vers des sujets différents. Jeune homme dans la trentaine, il se présenta en prenant un ton ironique (probablement que c’était plus facile pour lui), comme diplômé avec mention de l'Académie théologique de Moscou. Bien sûr, au fil des années, j'ai oublié la plupart des choses qu'il a dites. Je me souviens mieux de mon propre état - douleur, insulte, impuissance et culpabilité. Plus il captivait l'auditoire, suscitant le rire par ses blagues blasphématoires, plus je sentais le désespoir et la claire conscience que mon silence face à ce qui se passait équivalait à une trahison. Mais toute objection semblait absolument impossible, non seulement à cause de ma mère et de l’avertissement sévère de l'évêque de ne pas " faire de scènes, “, mais surtout parce que j'étais totalement incapable de dire quoi que ce soit. Je me souviens très bien lors de son exposé, j’étais mentalement en train d’essayer d'argumenter contre toute la fausseté de ses paroles, mais je n’y arrivais pas! Consciente du fait que les gens ici n'avaient pas de compréhension de que ce soit de la doctrine chrétienne, des Evangiles, ou des saints, dont ce pauvre Tchertkov se moquait, j'avais peur que ce que j’aurais pu dire, pourrait lui être utile, car tout le monde y verrait un simple affichage de fanatisme.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après



Comment les Martyrs de Sébaste ont sauvé le métropolite Joseph (Tchernov, 1893-1975).



Страдание святых 40 мучеников Севастийских

Митрополит Алма-Атинский и Казахстанский Иосиф (Чернов)
 Métropolite Joseph

"À Taganrog, dans la résidence épiscopale se trouvait une icône des quarante martyrs de Sébaste. Étant encore jeune hiérodiacre et assistant de Mgr Arsène, je passais souvent devant cette icône, mais je ne manifestais pas la vénération due à ces quarante martyrs, doutant même un peu de leur existence : ont-ils vraiment existé ou non… 

Or, l'hiver 1943, à Ouman, je me trouvai dans la prison de la Gestapo, où les fenêtres étaient sans cadres, et il gelait fortement dans la rue. J’étais pratiquement nu, je ne portais qu’une soutane. Alors, dans la cellule, je demandai la mort: "Seigneur, donne-moi de mourir!" Ce n’était plus possible, je n’avais plus la force de supporter ce froid glacial. 

C’est alors que je me souvins des 40 martyrs de Sébaste, et je commençai à les prier, à leur demander pardon de ne pas les avoir vénérés comme il se devait, de ne pas avoir compris leur exploit dans le martyre. 

Je priais ardemment, chaleureusement, et bientôt le désespoir quitta mon âme, la chaleur se répandit dans mon corps, et je fus réchauffé. Et alors que le froid et le désespoir m’avaient quitté, la porte de la cellule s’ouvrit et on m’apporta les Saints Dons, du pain et un vêtement chaud. 

Dans la ville arrivèrent les troupes soviétiques, et les Allemands commencèrent à fusiller les détenus. Je pris les Saints Dons dans la paume de ma main et priai devant eux toute la nuit. Les fidèles d’Ouman collectèrent de l’or et soudoyèrent l’assistant du chef de la prison. Celui-ci donna sa parole qu’il me laisserait en vie, et effectivement, lorsque les Allemands emmenèrent certains prisonniers et fusillèrent les autres, je restai vivant." 

Lorsque l’armée rouge arriva, Mgr Joseph fut arrêté à nouveau, cette fois par le pouvoir soviétique. Il semblait suspect aux yeux de celui-ci que le métropolite restât vivant dans une prison de la gestapo…

Version française Bernard Le Caro
d'après

Haïjin Pravoslave (CCCXV)


Le Nom le révèle
Le Royaume est en ton cœur
Ici maintenant

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

lundi 24 mars 2014

Saint Nicolas (Vélimirovitch): La différence entre faire quelque chose de bien et le faire au Nom de Jésus


Un jour, l'évêque rencontra une vieille paysanne dans une minuscule gare de chemin de fer à Matchva. 
Il lui demanda: 
"Qui attends-tu, ma sœur?" 
"Quiconque le Seigneur m'envoie," répondit-elle. 
Il s'avère que cette femme venait tous les jours à la gare, afin de voir si un pauvre voyageur pourrait avoir besoin de nourriture ou d'un abri. 
Si quelqu'un se présentait, elle l'acceptait avec joie dans sa maison. 
Quand l'évêque essaya de louer son hospitalité évangélique, la femme soupira et dit: 
"Ne sommes-nous pas Ses invités quotidiennement pendant  toute notre vie?"

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
стаза православља
cité par 

Haïjin Pravoslave (CCCXIV)


Vois dans la prière
Le vêtement de ton âme
Dans ce monde froid

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

dimanche 23 mars 2014

Saint hiéromartyr Jacob de Hamatoura et ses compagnons


Saint Jacob de Hamatoura
(Fête le 13/26 octobre)

Vers la fin de 13ème siècle, au Monastère de la Mère de Dieu de  Hamatoura, saint Jacob commença sa vie ascétique. Plus tard, lorsque le monastère fut détruit par les Mamelouks,(1) il rétablit le monastère le long du périmètre de la ruine du monastère. 
Avec le temps, il  reconstruisit le monastère, régénérant et donnant une vigueur renouvelée à la vie monastique dans la région. Son acuité spirituelle, sa vivacité, et sa popularité parmi les croyants attirèrent l'attention des Mamelouks qui décidèrent d'arrêter sa verve et sa détermination et de le forcer à se convertir à l'islam. Il refusa obstinément, malgré leur pressions incessantes.
Lorsque les horribles tentatives coercitives des Mamelouks échouèrent, ils traînèrent saint Jacob, avec un certain nombre de moines et de laïcs, du monastère Saint-Georges, situé au sommet du Mont Hamatoura, jusques à la ville de Tripoli (capitale du nord du Liban) et le remirent au wali (gouverneur).
Pendant presque un an, il endura d'énormes tortures. Néanmoins, il ne se rendit pas et ne renonça pas à sa foi en dépit du fait qu'il recevait des Mamelouks, à la fois des flatteries et des menaces.

Reliques des saints martyrs de Hamatoura

Bien qu'ils fussent intimidés par l'entêtement et la persistance de saint Jacob, finalement, comme c'était leur coutume de le faire pour punir leurs ennemis, le 13 Octobre, Saint Jacob fut décapité. En outre, les Mamelouks brûlèrent son corps pour s'assurer que l'Église ne lui donnerait pas une sépulture honorable comme martyr, un enterrement digne d'un saint.
Peu de temps après sa mort, voyant ses souffrances et sa foi inébranlable, notre Seigneur lui donna des couronnes et des grâces éternelles et aujourd'hui, il brille comme un martyr tout comme il fut un phare au cours de sa vie terrestre; à ce moment l'Église annonça la sainteté de saint Jacob et l'ajouta à sa liste de martyrs et de saints honorés et demanda son intercession par la prière.

Notre Saint fut presque oublié dans le cours de l'histoire. Cela était dû aux graves souffrances de l'Eglise à cause de divers sultanats musulmans qui, à la fois affaiblirent  la vie spirituelle chrétienne et aboutirent  à une baisse notable de l'instruction chez les chrétiens. En outre, tous les manuscrits et toutes les informations qui auraient pu être envoyés et traduits à l'étranger furent soit oubliés, perdus ou détruits.
Cependant, des récits enregistrés par écrit par les pèlerins du monastère, ayant eu des visions de saint Jacob, et le fait que bien d'autres personnes, sentirent sa présence, confirmèrent et authentifièrent sa sainteté. Glorifiant le Nom du Seigneur, saint Jacob guérissait également beaucoup de gens.

Nous avons récemment découvert une mention claire de Saint Jacob dans un manuscrit conservé au monastère de Balamand dans un Gérontikon, livre d'hagiographie ou compilation d'histoires biographiques courtes de la vie de saints personnages. Un manuscrit de Balamand, portant le numéro 149, indique clairement que l'Eglise commémore sa mémoire le 13 Octobre.
Le monastère de la Dormition de la Mère de Dieu de Kousba, Hamatoura, au Liban, a commémoré sa mémoire, pour la première fois, le 13 octobre 2002, lors d'une veillée de prière (Agrypnie). Un certain nombre de prêtres, diacres, et croyants participèrent à cette journée mémorable, où les participants entonnèrent le tropaire et l'acolouthie (office) de saint Jacob, préparés et édités par les moines du monastère.
Aujourd'hui , les croyants et les pèlerins rapportent constamment ses apparitions, ses guérisons miraculeuses et d'autres actes remplis de Grâce. Tout cela enflamma la ferveur spirituelle pour célébrer la mémoire de ce saint et louer le Seigneur, tout en honorant saint Jacob de Hamatoura qui vit encore parmi nous dans son monastère, accomplissant des actes miraculeux, faisant des  appels et des visites aux croyants.

Apolytikion du saint, Ton 3

Comme un cèdre du Liban croît,* 
Sans crainte du martyre et de la mort,* 
Tu fus victorieux, ô Père Jacob.*
Tu conquis la mort dans ton corps* 
Quand tu contrôlas tes passions par l'humilité,* 
Et tu fus brûlé en sacrifice comme l'encens.*
Intercède auprès du Christ pour qu'Il nous accorde grande mercy.

Saint Jacob, prie Dieu pour nous!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
(Hamatoura, la Sainte montagne de la Génitrice de Dieu)
***
*

NOTE:
(1) Mamelouks: membres d'un sultanat musulman, gouvernants virtuels d'Egypte (1250-1517). Ils furent vaincus par Napoléon à la bataille des Pyramides(1798 ), et détruits par Mohammad Ali (1811). Les Mamelouks étaient à l'origine une force militaire de cavaliers, recrutés parmi les esclaves circasiens ou turcs convertis à l'Islam, et élevés dans les cours des souverains musulmans ou des califes.

L'inscription en langue arabe dit: Martyrs de Hamatoura

*



Hymnes à saint Jacob de Hamatoura
(en langue arabe)طروبارية القديس
مثل أرزة لبنان تنمو، غير هياب موت الشهادة ، هكذا غدوت يا يعقوب منتصرا،إذ غلبت الموت في جسدك ، حينما ضبطت الأهواء بتواضعك، وباشتعالك كالبخور ذبيحة ، تشفع الى المسيح الاله ، ان يمنحنا الرحمة العظمى . 

    
القنداق:
قد نسكت في حمطورة بقلب نقي، وانسلخت عن العالم وملاذه ، يا يعقوب البار الكلي الغبطة، لكن بما حبك متّقد بدت سيرتك للحسّاد تحديا، فصرت تصرخ الى المسيح : تعال يا سيد وخذني اليك .
   

البيت:
ان الملاك حارسك يذهل في بهاء مجدك الذي احرزته يا يعقوب، فانه إذ يعرفك إنسانا بسيطا يدهش إذ يراك ككائن سماوي فيهتف بك معظّما :
+ إفرح يا يعقوب لانك بالنعمة برزت ، إفرح يا يعقوب لانك ألمع من الملائكة .
+افرح لانك بالجهاد نلت اكاليل ،إفرح لانك بموتك نلت لحياة .
+إفرح لانك ابرزت نفسا ألماسية،إفرح لانك أوضحت عزما غير متزعزع.
+افرح لانك بالتواضع حفظت نفسك،إفرح لانك اقتنيت سيرة مرضية لله .
+إفرح لانك بالتسبيح القويم اقتفيت أثر الآباء، إفرح لانك صرت في سحابة الشهود .
+إفرح يا متجّلى الرب يسوع، إفرح يا من تصرخ على الدوام :
تعال ياسيد خذني اليك 

 (http://www.alshahara.com/main/modules.php?name=News&file=article&sid=358)

Un descendant de la noblesse serbe et converti à l'islam récemment converti à l'orthodoxie

Stanko Busatlija

Monténégro 19 Février 2014

Le 15 février, jour où l'Eglise orthodoxe serbe a célébré la fête de l'hypapante du Seigneur, Mahmoud Busatlija, musulman monténégrin qui descend de la noble lignée des Skenderbeg Crnojević et de Mahmoud Pacha Busatlija, est devenu chrétien orthodoxe. Mahmoud, maintenant nommé Stanko, est revenu à la foi de ses ancêtres chrétiens orthodoxes, rapporte Radio Svetigora.

Staniša ("Stanko") Crnojević ( 1457-1528 ) était le fils et l'héritier du trône d'Ivan 1er Crnojević, qui  gouvernait la Seigneurie de Zeta (une partie de ce qui est maintenant le Monténégro) de 1465 à 1490. En 1485, Ivan 1er envoya son fils Stanko au sultan ottoman pour devenir son vassal. Stanko  se convertit bientôt à l'islam, et reçut le nom de Skender. Il fut nommé commandant militaire et administratif du Sandjak, ou district, du Monténégro. Ivan 1er Crnojević, père de Skender, fut le fondateur du monastère de Cetinje.

Kara Mahmud Busatlija (mort en 1796) fut le 3ème vizir en chef  du pachalik albanais de Scutari dans les années 1780. Il fut défait dans sa tentative de maîtriser le Monténégro en 1796, et fut décapité par un guerrier d'un clan monténégrin. Son crâne fut placé dans le monastère de Cetinje par Saint-Pierre de Cetinje, qui interdit à quiconque de le souiller. Il repose près de la tombe de son ancêtre, le souverain chrétien serbe Ivan 1er Crnojević, jusques à ce jour.

Le Métropolite Amfilohije du Monténégro et du Littoral a noté lors du baptême de Stanko que ce jour-là, le descendant de Mahmoud Busatlija, qui porte encore son nom, est rentré chez lui pour aller sur la tombe de son père - Ivan Crnojević, le dirigeant serbe orthodoxe du Monténégro.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX


10/23 mars
3ème dimanche de Carême – de la Croix

Saint martyr Codrat et avec lui saints, Cyprien, Denis,  Anecte, Paul, Crescent, un autre Denis, Victorin, Victor, Nicéphore, Claude, Diodore, Sérapion, Papias et Léonide, et saintes martyres Léonide, Charisse, Nikée, Galine, Callide, Nounécie, Basilisse et Théodora et de nombreuses autres (258). Saint martyr Codrat de Nicomédie, Satorin, Ruphin et leurs compagnons (III). Sainte moniale Anastasie (567-568). Saint hiéromartyr Démètre Legeïdo, prêtre (1938).

Liturgie de saint Basile le Grand

Lectures: Hébr. IV, 14 - V, 6 ;  / Mc VIII, 34 - IX, 1

AU SUJET DU DIMANCHE DE LA VÉNÉRATION DE LA SAINTE CROIX
A
u  milieu du Carême, l’Église expose la Croix à la vue des fidèles, afin d’affermir ceux qui jeûnent et de les encourager à continuer leur labeur, par le souvenir de la Passion du Seigneur. La vénération de la Croix continue durant la quatrième semaine du Carême, jusqu’au vendredi. Le sens de la fête est indiqué par le synaxaire du jour : « puisque, lors du carême de quarante jours, nous sommes, nous aussi, en quelque sorte crucifiés (...) et ressentons une certaine amertume, étant abattus et découragés,  la vénérable et vivifiante Croix est exposée pour nous redonner courage et force, nous rappelant les souffrances du Christ, et nous consolant (...)De même que ceux qui accomplissent un voyage long et  difficile, alors qu’ils sont fatigués, s’ils trouvent un arbre au feuillage épanoui,  se reposent à son ombre et, comme régénérés, continuent leur chemin. De même, au temps du carême, au milieu du chemin étroit et pénible, les Saints Pères ont planté la Croix vivifiante, nous amenant le repos et la fraîcheur, pour que nous puissions courageusement et facilement achever le reste du chemin... » Dans le but de nous encourager encore plus à faire œuvre de patience dans les labeurs ascétiques, la Sainte Église nous rappelle en ce jour, afin de nous consoler, la fête de Pâques qui s’approche, en chantant les souffrances du Sauveur en même temps que Sa joyeuse Résurrection : « Nous adorons Ta Croix ô Maître et nous chantons Ta sainte Résurrection ». 
Au lieu du Trisaghion, on chante :
Kpeсту́ Tвоему́ покланя́емся Влады́ко и свято́е Bocкресе́ніe Твое́ сла́вимъ.
Nous adorons Ta Croix ô Maître et nous chantons Ta sainte Résurrection.

Tropaire du dimanche du 6ème ton
Áнгельскія си́лы на гро́бѣ Твое́мъ, и стрегу́щіи омертвѣ́ша : и стоя́ше Mapíя во гро́бѣ, и́щущи пречи́стаго Тѣ́ла Tвоего́. Плѣни́лъ еси́ а́дъ, не искуси́вся отъ него́ ; срѣ́тилъ еси́ Дѣ́ву, да́руяй живо́тъ. Bоскреcы́й изъ ме́ртвыхъ Го́споди, сла́ва Tебѣ́.
Les puissances angéliques apparurent devant Ton sépulcre, et ceux qui le gardaient furent comme frappés de mort. Marie se tenait près du tombeau, cherchant Ton corps immaculé. Tu as dépouillé l’enfer, sans être éprouvé par lui ; Tu es allé à la rencontre de la Vierge en donnant la Vie. Ressuscité d’entre les morts, Seigneur, gloire à Toi !
Tropaire de la Croix, ton 1
Спаси́, Го́споди, лю́ди Твоя́ и благослови́ достоя́ніе Tвое́, побѣ́ды правосла́внымъ христіáномъ на сопроти́вныя да́руя, и твое́ coxpaня́я Кресто́мъ твои́мъ жи́тельство.
Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage ; accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

Kondakion de la Croix, ton 7
Не ктому́ пла́менное оpýжіе xpaни́тъ вра́тъ Еде́мскихъ; на ты́я бо на́йде пресла́вный coýзъ дре́во кре́стное, сме́ртнoe жа́ло, и а́дова побѣ́да прогна́ся; предста́лъ бо ecи́ Cпáce мой, вопія́ cýщымъ во а́дѣ : вни́дите па́ки въ páй.
Désormais le glaive de feu ne garde plus la porte de l’Eden, car le bois de la Croix l’empêche de flamboyer ; l’aiguillon de la mort est émoussé, la victoire échappe à l’enfer ; ô mon Sauveur, Tu es venu dire aux captifs de l’enfer : entrez à nouveau dans le paradis !

Au lieu de « Il est digne en vérité... », ton 8
О Teбѣ́  páдуeтся, Благода́тная, вся́кая твápь, Áнгельскій coбópъ и человѣ́ческiй póдъ, ocвяще́нный xpáме и paю́ слове́сный, дѣ́вственнaя пoxвaлó, изъ Heя́же Бо́гъ воплоти́cя, и Mладе́нецъ бы́́сть, пpéжде вѣ́къ сы́й Бо́гъ  нáшъ; Ложесна́ бо Tвоя́ пpecто́лъ coтвopи́, и чpéво Tвое́ простра́ннѣe небécъ coдѣ́лa. О Teбѣ́ páдуeтся Благода́тная, вся́кая твápь, cлáва Teбѣ́.
En Toi se réjouissent ô Pleine de Grâce, toute la création, le chœur des anges et le genre humain. Ô Temple sanctifié, ô paradis spirituel, ô Gloire virginale, c’est en Toi que Dieu s’est incarné, en Toi qu’est devenu petit enfant Celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. De Ton sein, Il a fait un trône plus vaste que les cieux. Ô Pleine de Grâce, toute la création se réjouit en Toi. Gloire à Toi.



HOMÉLIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME SUR LA CROIX

Nous célébrons dans ce jour une fête solennelle, mes très-chers frères, dans ce jour où le Maître est mort, attaché à la croix. Et ne soyez pas étonnés que nous fêtions un événement qui semble aussi triste; les choses spirituelles sont toujours en contradiction avec les habitudes des hommes. Pour vous convaincre de ce que je dis, la Croix, qui auparavant était un titre de condamnation et de châtiment, est devenue un objet précieux et désirable. La Croix, qui auparavant était un sujet de honte et d'opprobre, est devenue une source de gloire et d'honneur. Jésus-Christ Lui-même nous apprend que la croix est un titre de gloire : Père, dit-il, glorifie-moi, comme j'étais glorifié dans Ton sein avant que le monde existât. (Jean, XVII, 5.) Il appelle la Croix un titre de gloire. La Croix est le principe de notre salut, la source d'une infinité de biens. Par elle, nous sommes admis au nombre des enfants, nous qui auparavant étions rejetés et avilis. Par elle, nous ne sommes plus livrés à l'erreur, mais nous connaissons la vérité. Par elle, nous qui adorions le bois et la pierre, nous reconnaissons le Créateur du monde. Par elle, nous qui étions esclaves du péché, nous sommes élevés à la liberté de la justice. Par elle, la terre désormais est devenue le ciel... Mais pourquoi le sacrifice n'est-il pas offert dans un temple (je dis dans le temple des Juifs), mais hors de la ville, hors des murs ? Jésus-Christ a été crucifié hors de la ville comme un scélérat condamné au supplice, afin que cette parole du prophète fût accomplie : Il a été confondu avec les scélérats. (Is. LIII, 12.) Pourquoi donc a-t-Il été crucifié hors de la ville, sur un lieu élevé, et non dans un lieu couvert? Cela ne s'est pas fait non plus sans cause; c'était afin de purifier la nature de l'air. C’est pourquoi c’était dans un lieu élevé, non sous une toiture, mais sous la voûte du ciel afin que celui-ci tout entier fût purifié, l’Agneau étant immolé dans un lieu élevé. Le ciel a donc été purifié; la terre l'a été aussi, puisque le sang du Sauveur a coulé de son côté sur la terre, et l'a purifiée de toutes ses souillures. Telle est donc la raison pour laquelle le sacrifice n'a pas été offert dans un lieu enfermé. Et pourquoi n'a-t-il pas été offert dans le temple même des Juifs? Cela ne s'est pas fait encore sans une raison particulière : c'est afin que les Juifs ne prétendissent pas s'approprier le Sacrifice. Il a été offert hors de la ville, hors des murs, afin qu'on ne crût pas qu'il fût offert pour ce peuple seulement, afin que l'on sût qu'il était universel, afin que l'on sût que l'oblation était faite pour toute la terre, pour sanctifier toute la nature humaine. Dieu a ordonné aux Juifs de choisir dans toute la terre un lieu unique où on Lui offrit des sacrifices, où on Lui adressât des prières, parce que toute la terre alors était souillée par la fumée, par l'odeur, par le sang des victimes offertes aux idoles, et par les autres abominations des gentils. Voilà pourquoi Il leur a prescrit un lieu unique. Mais Jésus-Christ étant venu dans le monde, et ayant subi la mort hors de la ville, a purifié toute la terre, a rendu tous les lieux propres aux prières. Voulez-vous apprendre comment toute la terre est devenue désormais un temple, comment tous les lieux ont été rendus propres aux prières? Écoutez encore le bienheureux Paul, qui dit : Je veux que les hommes prient en tout lieu, élevant vers le ciel des mains saintes, sans colère ni dispute. (I Tim. II, 8.) Vous voyez comment Jésus-Christ a purifié l’univers; vous voyez comment nous pouvons en tout lieu élever des mains saintes. Oui, toute la terre est désormais devenue sainte, et même plus sainte que ce que les Juifs avaient de plus saint. Comment cela ? C'est que dans le temple des Juifs on n'immolait que les animaux déraisonnables, au lieu qu'ici la Brebis douée de raison a été immolée. Or, autant ce qui est doué de raison l'emporte sur ce qui en est dépourvu, d’autant plus ici la sanctification. C'est donc bien véritablement que le mystère de la Croix est une fête.

Hiéromoine Grégoire de la Sainte Montagne
COMMENTAIRES SUR LA DIVINE LITURGIE
DE ST JEAN CHRYSOSTOME

Le prêtre (à voix basse) : Nous aussi, avec ces bienheureuses puissances, ô Maître Ami des hommes, nous nous écrions et disons : Tu es saint, Tu es très saint, Toi, Ton Fils unique et Ton Esprit-Saint. Tu es saint, Tu es très saint, magnifique est Ta gloire, Toi qui as tant aimé ce monde qui T’appartient, que Tu as livré Ton Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle. Et Lui, étant venu et ayant accompli tout Ton dessein sur nous, la nuit où Il fut livré – ou plutôt se livra Lui-même – pour la vie du monde, ayant pris du pain dans Ses mains saintes, pures et immaculées, ayant rendu grâces, l’ayant béni, sanctifié, rompu, Il le donna à Ses saints disciples et apôtres en disant :
À haute voix : Prenez, mangez, ceci est mon corps, rompu pour vous, en rémission des péchés.
Le chœur : Amen.
Le prêtre : Il prit de même le calice après le repas, en disant :
À haute voix : Buvez-en tous, ceci est mon sang, celui du Nouveau Testament, répandu pour vous et pour la multitude, en rémission des péchés.
Le chœur : Amen.

Dieu a tant aimé le monde

L’ampleur du don que Dieu le Père a offert au monde manifeste celle de Son amour : Toi qui as tant aimé ce monde qui T’appartient, que Tu as livré Ton Fils unique. Il a donné Son Fils Unique au monde nécrosé afin que la vie puisse à nouveau venir. « Ce n’est pas qu’Il ne pouvait nous racheter d’une autre façon, mais en cela Il nous enseignait la surabondance de Son amour. Par la mort de Son Fils unique, Il nous rendait [de nouveau] proches de Lui, et s’Il avait eu quelque chose de plus précieux encore, Il nous l’aurait donné, pour qu’ainsi notre race devienne Sienne » (St Isaac le Syrien).


LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Jn. XX, 1-10
Liturgie : Hébr. VI, 13-20 ; Eph. V, 9-19  / Mc IX, 17-31 ; Matth. IV,25 – V,12

samedi 22 mars 2014

SAINT STARETZ BARNABE DE GETHSEMANI (4)


Il est mort, mais même après sa mort, le peuple a continué à recevoir son aide miraculeuse. Il y a là-dessus de nombreux témoignages oraux ou écrits.
Voici l'un d'eux: 

En 1906, déjà, après la mort du staretz Barnabé, une femme possédée fut amenée à l'Ermitage à Gethsémani. Pendant l’Agrypnie [Vigile de toute la nuit] elle a soudain commencé à crier et trembler et a finalement quitté l'église. Le lendemain matin, elle a été amenée à l'église une fois encore, pour le début de la Divine Liturgie. Lorsque la chorale a commencé l’Hymne des Chérubim, elle est tombée dans la frénésie, a mordu le doigt d'une femme à proximité jusqu'au sang et elle est encore sortie en courant de l'église. Elle a été capturée et ramenée à l'église. Pour la calmer, les gens ont décidé de lui donner un peu d'huile de la lampade qui pendait sous une icône miraculeuse. Elle a refusé de prendre l’huile et, avec la force si caractéristique des possédés, a coupé en deux la cuillère d'argent en la mordant. Quand elle a été amenée devant l'icône miraculeuse, elle s’est précipitée et a coupé un morceau de sa riza d'argent. Puis elle est tombée et est restée étendue, comme inconsciente. 


Après la Divine Liturgie quelqu'un a conseillé de l'emmener à la tombe du staretz Barnabé. Alors ils l'ont fait. Dès que le moine qui faisait l’office a entonné "Ô Seigneur, donne le repos éternel dans un sommeil bienheureux, à Ton serviteur, le staretz Barnabé", la femme s’est soudainement levée d’un bond vers le haut. Les gens ont essayé de la saisir à nouveau, mais elle leur a dit calmement, "Non, non. Je vais prier maintenant." Elle s'agenouilla et pleura pendant tout l’office de pannikhide, en répétant: "Je me sens tellement bien et à l’aise maintenant." Puis elle se leva, prit un peu d'huile de la lampade de l'icône de la Mère de Dieu appelée Notre-Dame de Tchernigov et elle raconta l'histoire suivante: quand elle était couchée, immobile, un petit moine aux cheveux gris est venue à elle et a eu vers elle un regard très tendre. Une des femmes qui était là a pris une photo du staretz Barnabé et la lui a montrée. La femme l’a immédiatement reconnu comme "celui-là même". Le même jour, la femme s’est confessée et a reçu la Communion. Elle n'est jamais retournée à la maison. Après deux semaines à l'auberge de l'Ermitage, elle partit pour le couvent fondé par le staretz Barnabé sur la Volga près de Nijni-Novgorod. Elle est entrée au couvent comme novice. 

Il y eut des miracles à la tombe du staretz Barnabé depuis lors. En cas de maladie grave ou de problèmes au travail, ou de sécheresse dans les champs, les gens allaient envoyer un télégramme au frère syncelle dévoué de Barnabé, Père Porphyre, pour lui demander de servir une pannikhide sur la tombe du staretz. Et les choses s’amélioraient: les gens guérissaient, les problèmes cessaient, et la pluie venait.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après