"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

vendredi 5 février 2016

ACATHISTE A NOTRE PERE PARMI LES SAINTS MAXIME DE TURIN (25 juin/7 juillet)



Kondakion 1
Illustre hiérarque de notre Seigneur Jésus-Christ* Tu vécus à Turin sous le règne d’Honorius et de Théodose* Tu veillas avec douceur et fermeté* Sur le troupeau des brebis raisonnables de ton diocèse* Et nous qui célébrons à présent ta sainte mémoire* Nous te louons en te disant :
Réjouis-toi, ô saint Maxime de Turin !
Ikos 1
Modèle de vertu et exemple de piété * Ta vie fut toute entière consacrée à Dieu* Tu étais le dispensateur de Sa Lumière* Sur la terre des vivants où tu cheminas  pieusement vers le Ciel* Emerveillés par ton passage lumineux dans l’Eglise* Nous te chantons à pleine voix :
Réjouis-toi, parvis du Royaume à venir!
Réjouis-toi, autel vivant de chasteté !
Réjouis-toi, chaire de parole édifiante !
Réjouis-toi, tour qui monte jusques aux Cieux !
Réjouis-toi, sanctuaire de charité !
Réjouis-toi, colonne de pure prière !

Réjouis-toi, ô saint Maxime de Turin !
Kondakion 2
Au siècle quatrième de notre ère* Tu naquis à Verceil sur la terre d’Italie* Et de ta vie nous ne connaissons* Que celle que tu menas dans l’Eglise du Christ* Pour la plus grande gloire de Dieu* Vers Lequel nous clamons : Alléluia !
Ikos 2
Tu es membre de cette grand milice des hiérarques du Christ* Dont l’existence pieuse ne se distingue jamais* De leurs œuvres de dévotion et de leurs actes de charité* C’est pourquoi emplis d’admiration nous clamons vers toi :
Réjouis-toi, missionnaire du Dieu Très Haut !
 Réjouis-toi, porche des mystères divins !
 Réjouis-toi, porte de l’ascèse chrétienne !
 Réjouis-toi, pilier de la théologie !
 Réjouis-toi, tabernacle de la vertu !
 Réjouis-toi, oratoire de pure ascèse !
Réjouis-toi, ô saint Maxime de Turin !
Kondakion 3
Elevé par tes parents dans la foi chrétienne* Tu étudias avec zèle les Saintes Ecritures* Et tu devins d’abord prêtre du Très-Haut* Accomplissant fidèlement le Saint Sacrifice de la Divine Liturgie* En chantant vers Dieu : Alléluia !
Ikos 3
Ayant par la grâce de tes qualités pastorales* Eté élevé à la dignité de hiérarque de l’Eglise* Sur la cathèdre de la bonne ville de Turin* Tu fus le Bon Pasteur dont parle l’Evangile* Ayant sans cesse le souci de la moindre de tes brebis* C’est pourquoi nous te louons en clamant:
Réjouis-toi, chandelier au sein des ténèbres !
Réjouis-toi, lampade éclairant les fidèles !
 Réjouis-toi, cierge consumé devant Dieu !
Réjouis-toi, lutrin vivant de l’Ecriture !
 Réjouis-toi, borne sur la voie de l’Eden !
 Réjouis-toi, phare qui montre le chemin !
Réjouis-toi, ô saint Maxime de Turin !
Kondakion 4
Connaisseur accompli des Ecritures* Orateur sans pareil pour l’édification des fidèles* Tu œuvras sans discontinuer dans la prière et l’ascèse* A l’avancement du Royaume de Dieu dans les âmes* En clamant sans cesse vers Lui : Alléluia !
Ikos 4
Tu fus le vêtement de ceux qui étaient nus* Le pain de la terre et du Ciel des affamés* La consolation de ceux qui pleuraient* La guérison des malades sur la terre des vivants* Le père des orphelins du Royaume exilés sur la terre* C’est pourquoi nous te chantons :
Réjouis-toi, ardente confession de foi !
 Réjouis-toi, incarnation de la piété !
 Réjouis-toi, supplication devant le Trône !
 Réjouis-toi, défense orante dans l’épreuve !
 Réjouis-toi, saint recours dans l’adversité !
 Réjouis-toi, intercession devant l’autel !
Réjouis-toi, ô saint Maxime de Turin !
Kondakion 5
Connaisseur admirable des Saints Canons de l’Eglise du Christ* Tu veillais à les garder fidèlement* Et à les appliquer dans tes actes auprès de tes brebis* Donnant le saint exemple d’une vie consacrée au Seigneur* Et les saints avec toi chantent à présent vers Dieu : Alléluia !
Ikos 5
Tu enseignas au peuple de Dieu* Les vérités ineffables de la Loi Divine* Prêchant par l’exemple de ton existence pieuse* Ce que tes paroles annonçaient dans tes nombreuses homélies* Tu fus toujours un modèle pour ceux qui t’approchaient*  Père saint que nous louons par nos chants :
Réjouis-toi, encens d’agréable fragrance !
Réjouis-toi, guide de tous les égarés !
 Réjouis-toi, ambon de la Grâce du Christ !
 Réjouis-toi, tribune de toute bonté !
 Réjouis-toi, dôme de la prédication !
 Réjouis-toi, pilote de la nef sacrée !
Réjouis-toi, ô saint Maxime de Turin !
Kondakion 6
Tu luttas pour éradiquer le paganisme* Et tu veillas à ce que le syncrétisme soit éliminé* Afin que la pure doctrine orthodoxe de l’Eglise* Prévale sur tout ce qui pourrait la corrompre* Et les Pères de l’Eglise clamèrent avec toi vers Dieu : Alléluia ! 
Ikos 6
Lorsque ta ville de Turin menacée par des hordes barbares* Servit de refuge aux populations des campagnes en fuite* Tu exhortas tes ouailles à toujours se comporter * En dignes disciples de notre Sauveur dans la charité* C’est pourquoi nous te chantons :
 Réjouis-toi, pasteur de toutes les brebis !
 Réjouis-toi, gardien des âmes en danger !
Réjouis-toi, protection dans l’adversité !
Réjouis-toi, asile au milieu des épreuves !
Réjouis-toi, abri du Ciel sur cette terre !
Réjouis-toi, foyer ardent du pur Amour !
Réjouis-toi, ô saint Maxime de Turin !
Kondakion 7
Le christianisme de ton temps* Etait surtout présent dans les cités* Tu œuvras avec zèle pour le Christ* Afin que la Bonne Nouvelle de l’Evangile* Atteigne les campagnes et leurs habitants* Alors le peuple des croyants entra dans la nef de l’Eglise en disant : Alléluia !
Ikos 7
Tu écrivis de nombreuses homélies* Expliquant d’une manière remarquablement claire* Les diverses fêtes de notre Seigneur Jésus-Christ* Et le sens des sacrements salvifiques de l’Eglise* Pour l’édification des âmes de tes fidèles* Et nous te louons en te disant :
Réjouis-toi, moissonneur dans les champs du Christ !
Réjouis-toi, jardinier des âmes chrétiennes !
Réjouis-toi, treille de la vigne divine !
Réjouis-toi, verger des purs fruits de l’ascèse !
Réjouis-toi, serre de la parole ardente !
Réjouis-toi, jardin fleuri des homélies !
Réjouis-toi, ô saint Maxime de Turin !
Kondakion 8
Ta parole fut lumineuse comme celle du Christ* Dont elle était le fidèle reflet * Les saints du Ciel et de la terre se réjouirent* En t’entendant dire dans l’une de tes homélies* La clarté que répand la joie du Seigneur est éternelle* Le Christ nous illuminait hier* Aujourd’hui encore resplendit Sa Lumière* Et nous à présent nous remercions Dieu en disant : Alléluia !
Ikos 8
Tu fus un orateur particulièrement habile* Mais tes paroles étaient toujours étayées* Par tes actes insignes d’amour et de charité* Car tu appliquais dans ta vie* Les leçons d’Evangile que tu donnais à tes ouailles* C’est pourquoi nous te chantons à présent:
Réjouis-toi, bel ostensoir de la Parole !
Réjouis-toi, catéchèse incarnée dans l’action !
Réjouis-toi, livre ouvert du Saint Evangile !
Réjouis-toi, liturge et servant du Seigneur !
Réjouis-toi, pierre d’autel et pierre d’angle !
Réjouis-toi, calice des enseignements !
Réjouis-toi, ô saint Maxime de Turin !
Kondakion 9
Tu avais une haute conception du devoir épiscopal et tu clamas* Comme l’abeille les évêques observent la chasteté du corps* ils offrent la nourriture de la vie céleste* Ils utilisent le dard de la loi* Ils sont purs pour sanctifier* Doux pour restaurer et sévères pour punir* Hiérarque admirable nous louons Dieu avec toi en chantant: Alléluia !
Ikos 9
Tu n’hésitas jamais à stigmatiser les brebis de ton troupeau* Qui oublieuses de leur vocation céleste* Et du redoutable Jugement à venir* Profitaient du malheur de leur prochain* Tu les remis sur le droit chemin par tes paroles de pasteur* Et nous te disons :
Réjouis-toi, contempteur du paganisme !
Réjouis-toi, éradicateur des erreurs !
Réjouis-toi, éducateur des pieux chrétiens !
Réjouis-toi, bon maître de la vie dévote !
Réjouis-toi, virtuose de l’homélie !
Réjouis-toi, enseignant de l’Orthodoxie !
Réjouis-toi, ô saint Maxime de Turin !
Kondakion 10
Scribe infatigable du Royaume à venir* Tu écrivis de nombreuses  homélies* Pour paver le chemin des chrétiens de tous les temps* De bornes lumineuses dans le monde des vivants* Donnant aux âmes des pieux chrétiens * Un avant-goût de la beauté de la vie à venir * Et ils chantent maintenant vers Dieu : Alléluia !
Ikos 10
Tes larges connaissances et ton incessante célébration liturgique* Te firent donner de subtiles interprétations des sacrements de l’Eglise* Et tu éclairas par ton savoir la pratique du culte orthodoxe* Emerveillés par ta science des choses divines* Nous te louons ainsi :
Réjouis-toi, lumière éclairant les fidèles !
Réjouis-toi, rayonnement de l’Evangile !
Réjouis-toi, baume sur les plaies de ce monde !
Réjouis-toi, passerelle entre l’homme et Dieu !
Réjouis-toi, secours au milieu des épreuves !
Réjouis-toi, portail mystique d’oraison !
Réjouis-toi, ô saint Maxime de Turin !
Kondakion 11
Qui d’autre que toi Père saint* Sut dire aussi justement la beauté du Christianisme* Et exalter la ferveur des fidèles en disant* Oui le Christ est notre aujourd’hui* Splendeur vivante et sans déclin* Il ne cesse d’embraser le monde qu’Il porte* Et ce flamboiement éternel semble n’être qu’un jour* L’écho de tes homélies résonne en nous* Tandis que nous crions vers Dieu : Alléluia !
Ikos 11
En l’an de Grâce 451* Tu participas comme évêque au Concile de Milan* Et en 465 à celui de Rome* Honneur insigne dû à ton âge vénérable et à ta valeur* Tu fus mentionné immédiatement* Après le pieux hiérarque du siège de Rome* Et tu revins dans ta bonne ville pour y naître au Ciel* Serviteur admirable du Maître Saint nous te chantons :
Réjouis-toi, sentinelle à l’orée du Ciel !
Réjouis-toi, soldat de l’armée du Seigneur !
Réjouis-toi, stratège de l’Orthodoxie !
Réjouis-toi, bouclier de la foi en Christ !
Réjouis-toi, barrière contre l’hérésie !
Réjouis-toi, gardien des dogmes salvifiques !
Réjouis-toi, ô saint Maxime de Turin !
Kondakion 12
Ta belle vie en Christ fut exempte de reproches* Tu fus le fidèle serviteur de l’Ecriture* Le Bon Samaritain et l’économe avisé de l’Evangile* Tu fis fructifier le talent que te donna le Seigneur* Et nous chantons avec toi vers Dieu : Alléluia !
Ikos 12
Au terme d’une vie exemplaire de piété et de service*  Saint patron de la ville de Turin* Dans la paix du Christ et la prière fervente* Tu rendis au Dieu de bonté ton âme bénigne* Et tu rejoignis le Royaume Céleste* Où l’on chante ainsi tes louanges :
Réjouis-toi, pèlerin en route vers le Ciel !
Réjouis-toi, rayon du Soleil de Justice !
Réjouis-toi, astre au firmament de l’Eglise !
Réjouis-toi, disciple parfait du Seigneur !
Réjouis-toi, chemin qui mène au Paradis !
Réjouis-toi, écho de la Grâce  sur terre!
Réjouis-toi, ô saint Maxime de Turin !
Kondakion 13
Hiérarque admirable du Christ sur la terre des vivants* Pasteur sublime au bercail de l’Eglise* Ta vie fut un long pèlerinage  vers le Royaume* Au service des fidèles de ta ville épiscopale* Qui s’écrient joyeusement à présent avec toi* Vers le Dieu d’Amour et de compassion : Alléluia ! (Ce kondakion est lu trois fois !)
Ikos 1
Modèle de vertu et exemple de piété * Ta vie fut toute entière consacrée à Dieu* Tu étais le dispensateur de Sa Lumière* Sur la terre des vivants où tu cheminas  pieusement vers le Ciel* Emerveillés par ton passage lumineux dans l’Eglise* Nous te chantons à pleine voix :
Réjouis-toi, parvis du Royaume à venir!
Réjouis-toi, autel vivant de chasteté !
Réjouis-toi, chaire de parole édifiante !
Réjouis-toi, tour qui monte jusques aux Cieux !
Réjouis-toi, sanctuaire de charité !
Réjouis-toi, colonne de pure prière !
Réjouis-toi, ô saint Maxime de Turin !


Kondakion 1
Illustre hiérarque de notre Seigneur Jésus-Christ* Tu vécus à Turin sous le règne d’Honorius et de Théodose* Tu veillas avec douceur et fermeté* Sur le troupeau des brebis raisonnables de ton diocèse* Et nous qui célébrons à présent ta sainte mémoire* Nous te louons en te disant :
Réjouis-toi, ô saint Maxime de Turin !
*
PRIERE A NOTRE PERE PARMI LES SAINTS
MAXIME DE TURIN
Saint Maxime de Turin* Hiérarque admirable du Christ* Toi qui ne vécus que pour mener tes fidèles* Sur la Voie orthodoxe du Royaume des Cieux* Intercède pour nous auprès du Dieu de miséricorde* Pour que nous puissions à notre faible mesure imiter ton pieux exemple* Et que nous soyons dignes de te rejoindre un jour* En Paradis où ne cesse la louange du Père et du Fils et du Saint Esprit* Dans les siècles des siècles* Amen !
*
Acathiste composé pour la gloire de Dieu
Et de Son saint hiérarque
Maxime de Turin
Par
Claude Lopez-Ginisty
*

Fin et gloire à l’Indivisible
Trinité !

*

jeudi 4 février 2016

Le Patriarche Cyrille : Nous ne disons pas du Concile panorthodoxe qu’il s’agit d’un concile œcuménique


Intervenant à l’ouverture du Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe, qui a débuté le 2 février, Sa Sainteté le Patriarche Cyrille est revenu sur le thème de la préparation du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe.
« Nous croyons que l’Église du Christ est une, sainte, catholique et apostolique, comme il est dit clairement dans le Symbole de foi. L’Église est une par nature, a rappelé Sa Sainteté. L’existence de nombreuses Églises autocéphales est une forme d’existence historique de l’Église, la mieux adaptée à l’accomplissement de sa mission de salut. Nous savons aussi que la prise de décisions concernant le Plérôme de l’Église, a toujours exigé la participation si ce n’est de tous les hiérarques orthodoxes, du moins de représentants de chaque Église locale. En ce sens, les Conciles œcuméniques et certains aussi conciles d’importance panorthodoxe sont l’expression visible de l’unité de l’Église, de son essence conciliaire, le reflet de sa conscience d’être le Corps du Christ (cf. Rom 12, 5).
En même temps, souligne le Patriarche, la réception des Actes de tel ou tel Concile par le Plérôme de l’Église a toujours été progressive et, « comme le montre l’histoire ecclésiastique, aucun Concile n’a pu imposer à l’Église ses décisions si elles ont été rejetées par le peuple de Dieu, s’il n’y a pas eu de réception des décrets conciliaires par l’ensemble de l’Église. » C’est pourquoi aucun Concile œcuménique n’est devenu tel par le simple fait de sa convocation : son importance réelle ne devenait évidente qu’après un certain temps, parfois très long, a constaté le Primat de l’Église orthodoxe russe.
« Nous ne disons pas du prochain grand et saint Concile de l’Église orthodoxe qu’il s’agit d’un Concile œcuménique, a poursuivi le Patriarche Cyrille. A la différence des anciens Conciles œcuméniques, il n’est pas appelé à résoudre des questions doctrinales, car elles sont résolues depuis longtemps et n’exigent aucune révision. Il n’est pas non plus appelé à introduire quelque innovation liturgique dans la vie de l’Église, dans sa structure canonique. Néanmoins, il peut, s’il est préparé comme il se doit, être un facteur important d’affermissement de l’unité et de la coopération entre Églises, et permettre de préciser les réponses que l’Église orthodoxe donne aux questions de la modernité sur la base de sa Tradition multiséculaire. »
Le Patriarche a aussi souligné que ce Concile ne serait véritablement panorthodoxe que si des représentants de toutes les Églises orthodoxes autocéphales reconnues par tous y prenaient part.
Se tournant vers l’histoire, il a constaté que durant presque un millénaire, la réunion des Églises locales en concile avait été compliquée. Durant de nombreux siècles, en effet, tous les Patriarcats antiques avaient subi la domination musulmane. Les circonstances du XX siècle n’ont pas non plus favorisé l’intensification des contacts entre Églises : il suffit de se rappeler les guerres des Balkans, la Première guerre mondiale, la révolution russe qui entraîna une violente persécution contre l’Église, la chute de l’Empire ottoman, la déportation des chrétiens d’Asie mineure et, enfin, la Seconde guerre mondiale.
Néanmoins, dès 1923, l’Église de Constantinople a convoqué à Istanbul un Congrès interorthodoxe, puis, en 1930, une Commission interorthodoxe préparatoire, qui s’est réunie au monastère de Vatopédi sur le Mont Athos. « Ces premières tentatives de collaboration panorthodoxe ont été un échec, a remarqué le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie. Certaines Églises locales n’y ont pas pris part, l’Église orthodoxe russe, en était empêchée par les circonstances. Les travaux du Congrès interorthodoxe d’Istanbul s’est, dans l’ensemble, déroulé dans un climat réformateur de déni de la Tradition. Pour cette raison, ses décisions n’ont été reconnues de personne, en dehors des décisions sur le nouveau calendrier, adoptées par certaines Églises au prix de regrettables schismes. »
Le Patriarche a aussi rappelé que l’Église de Constantinople n’a pas été seule à proposer des initiatives panorthodoxes. Ainsi, à l’initiative du Patriarcat de Moscou, une Conférence des chefs et des représentants des Églises orthodoxes locales s’est déroulée à Moscou en 1948, à l’occasion du 500e anniversaire de l’autocéphalie de l’Église russe. Cependant ses décisions n’ont pas été adoptées par les Églises locales qui ont considéré que seul le Patriarche de Constantinople pouvait convoquer une réunion panorthodoxe.
La préparation du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe n’a réellement démarré qu’en 1961, lors de la Première conférence panorthodoxe, qui a eu lieu sur l’île de Rhodes, en Grèce, a constaté Sa Sainteté. Un catalogue d’une centaine de thèmes a été rédigé, des thèmes que l’on se proposait de préparer pour les présenter à l’examen du futur Concile. Un peu plus tard, en 1968, à la Quatrième conférence panorthodoxe de Genève, il a été décidé de poursuivre la préparation du Concile dans le cadre de Conférences panorthodoxes préconciliaires, et de commissions préparatoires interorthodoxes précédant la convocation des conférences. Ce format s’est conservé jusqu’à aujourd’hui.
A la conférence de Rhodes de 1961, il a été proposé à toutes les Églises locales d’exprimer leur opinion sur les thèmes approuvés. S’agissant de la participation de l’Église orthodoxe russe à l’élaboration de ces thèmes, le Patriarche Cyrille a montré qu’elle s’y été employée avec le plus grand sérieux. En 1963, le Saint Synode a créé une Commission spéciale présidée par le métropolite Nicodème de Leningrad, de bienheureuse mémoire, dont faisait partie les meilleurs théologiens de l’Église orthodoxe russe, hiérarques, clercs et laïcs. En cinq ans, cette Commission a accompli un immense travail, préparant des projets de documents sur tous les thèmes du catalogue sans exception. « Ce n’est pas exagérer que d’affirmer que l’Église russe a apporté une contribution sans précédent à la préparation du Concile panorthodoxe et n’était pas seulement prête à sa tenue, mais proposait également sur tous les thèmes des projets concrets, réfléchis, de documents conciliaires, résultat du travail des meilleurs théologiens de notre Église » a souligné le Patriarche Cyrille.
Cependant, en 1971, plusieurs Églises locales ont insisté sur la réduction de l’agenda du Concile. La Première conférence préconciliaire panorthodoxe, en 1976, a donc réduit la liste des thèmes à dix. Leur étude s’est poursuivie dans le cadre des Commissions préparatoires interorthodoxes, ainsi que pendant la Seconde, puis la Troisième conférence préconciliaire panorthodoxe de 1982 et 1986.
« Dans les années 1990, ce travail a été interrompu pour longtemps, a constaté le Patriarche. La raison en a été l’instauration par le Patriarcat de Constantinople, en 1996, de la dite Église orthodoxe autonome d’Estonie sur le territoire canonique du Patriarcat de Moscou, avec l’intention d’un faire un acteur à part entière du processus préconciliaire, ce que notre Église a catégoriquement refusé. » Les perspectives de reprise de la préparation du Concile ne sont apparues qu’en 2008. Lors de la rencontre des Primats des Églises orthodoxes locales, il a été décidé que seuls des représentants des Églises autocéphales, et non des Églises autonomes, au nombre desquelles l’Église de Constantinople compte sa structure en Estonie, participeraient à la préparation conciliaire. « Les représentants des Églises autonomes, aujourd’hui encore, ne participent au processus préconciliaire que dans le cadre des délégations de leurs Églises-mères » a raconté le Patriarche Cyrille.
Le Primat de l’Église russe a poursuivi en rappelant que le processus de préparation du Concile s’était poursuivi en commissions préparatoires et, en 2009, à la Quatrième conférence préconciliaire panorthodoxe. « En mars 2014, j’ai participé à la Synaxe des Primats des Églises orthodoxes locales, qui a eu lieu à Istanbul. Il a été décidé de convoquer le Concile panorthodoxe pour 2016, « si des circonstances imprévues ne l’empêche pas » a déclaré Sa Sainteté.
Il était prévu que durant le temps réduit qui resterait, les efforts de tous les participants du processus préconciliaire s’intensifient. Pour cette raison, la Synaxe a créé une Commission interorthodoxe spéciale, qui est parvenu à réviser trois projets de documents conciliaires. Ces textes, revus en commun lors de la Cinquième Conférence préconciliaire panorthodoxe d’octobre dernier, concernent l’importance du jeûne, les relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien, la proclamation de l’autonomie ecclésiale.
Dans le cadre du processus préconciliaire, il a aussi été discuté du thème de l’autocéphalie et du mode de sa proclamation.
La Synaxe des Primats des Églises orthodoxes locales qui s’est déroulée à Chambésy (Suisse) du 21 au 28 janvier 2016 a notamment examiné le projet de document conciliaire « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », « le Sacrement du mariage et ses empêchements », ainsi que d’autres thèmes.

Le projet de document du Concile panorthodoxe affirme pour la première fois le caractère obligatoire des jeûnes de Noël, des saints Pierre et Paul et de la Dormition



Parlant aux participants du Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe de la préparation du Concile panorthodoxe, Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie s’est arrêtée aux projets de documents du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe préparés dans le cadre du processus préconciliaire.
Parmi eux, le document « L’importance du jeûne et de son observance aujourd’hui », sur lequel se sont entendus les participants de la Synaxe des Primats des Églises orthodoxes locales, à Chambésy, en janvier 2016, en dehors des représentants des Églises d’Antioche et de Géorgie.
Comme le remarquait le Patriarche Cyrille, dans ce document, qui se présente comme une description détaillée de la doctrine générale et communément admise dans l’Église sur le jeûne, le sens spirituel du carême est développé, tandis que les modalités de son observance dans les conditions actuelles sont énoncées concrètement. « Malgré les rumeurs répandues par les ennemis de l’Église sur une soi-disant annulation des règles du jeûne ou sur leur réduction, le projet de document prescrit clairement d’observer tous les jeûnes institués par l’Église sans exception » a souligné le Primat de l’Église orthodoxe russe.
Bien plus, constate le Patriarche, ce document affirme pour la première fois le caractère obligatoire des jeûnes de Noël des saints Pierre et Paul et de la Dormition qui, contrairement au jeûne de la Sainte Quarantaine, ne sont pas mentionnés dans les canons antiques.

mercredi 3 février 2016

INFAILLIBILITÉ PAPALE: UNE INNOVATION DE DISTORSION ET UN AFFRONT À LA CONCILIARITÉ DE L'ÉGLISE


Pendant des années, je me suis efforcé de comprendre, sans pourtant jamais avoir été en mesure véritablement de comprendre ou d'accepter, l'un des plus importants aspects théologiques du catholicisme romain, la primauté juridictionnelle et administrative de la papauté. Cette croyance fondamentale dans la doctrine, sépare l'Église de tous les autres, donc elle ne peut donc être qu'essentielle, pour ce que cela signifie d'être vraiment catholique romain dans sa croyance. J'ai essayé de nombreuses fois de comprendre ou de rationaliser l'idée de la suprématie papale, puis pour un temps, je me suis résigné à penser "qui suis-je pour questionner un tel enseignement de l'Église?", Mais même alors, je sentais tout simplement que j'acceptais aveuglement quelque chose que je ne croyais pas vraiment.

Je ne pouvais croire ou accepter
la décision du premier Concile du Vatican de 1870  qui déclarait la doctrine de l'infaillibilité papale ex cathedra. Ni mon pasteur, ni aucun prêtre ou professeur d'éducation religieuse, ne m'a jamais instruit, ni n'a instruit aucun de mes collègues premiers communiants ou candidats à la confirmation, de l'importance, ou de la signification de ce très important décret. Pourtant, ce texte est une partie essentielle des enseignements doctrinaux sur l'autorité du Magistère romain. Je vais inclure le paragraphe en question qui est, en résumé, le principal obstacle à un rétablissement de la communion entre l'Église catholique romaine et toute autre confession chrétienne:

Dans le paragraphe de conclusion de la session Quatre, chapitre 4 du Concile Vatican I, publié le 18 Juillet, 1870, les archevêques et légats du pape au Vatican proclament qu'ils
 
"enseignent et définissent comme un dogme divinement révélé, que lorsque le pontife romain parle ex cathedra, c'est-à-dire, quand, dans l'exercice de son mandat, en vertu de sa suprême autorité apostolique, il définit une doctrine qui sera tenue pour véritable dans toute l'Église, il possède, par l'aide divine, l'infaillibilité. Par conséquent, ces définitions du Pontife romain sont en elles-mêmes et non par consentement de l'Eglise, irréformables. Ainsi donc, si quelqu'un, à Dieu ne plaise, a la témérité de rejeter cette définition, qu'il soit anathème. "

Je fus profondément troublé quand je lus ces mots pour la première fois. La plupart des catholiques romains de mon âge ne ​​les ont jamais lus, mes parents et membres de la famille qui se considèrent comme catholiques ne les ont pas lus. Pourtant, ici, l'Eglise anathématise tous ceux qui ne croient pas dans le "dogme divinement révélé" de l'infaillibilité pontificale. L'anathématisation dans l'Eglise catholique romaine signifie que l'Église déclare l'excommunication et  sanctionne l'individu étant frappé d'anathème, et ce délinquant, sciemment ou inconsciemment, est en dehors de la grâce et de la protection de l'Eglise. Pendant
la période médiévale, les anathèmes déclarés supprimaient toutes les protections juridiques ecclésiastiques des hérétiques présumés, et quelqu'un ainsi anathématisé pouvait être saisi à volonté et persécuté, sans aucune intervention de l'Eglise.

Comme étudiant en Histoire, je ne comprenais pas pourquoi l'Église avait tenu de nombreux conciles avant 1870, y compris ceux après le Grand Schisme, comme le Concile de Latran IV en 1215, et le Concile de Trente au milieu du XVIe siècle et d'autres encore. Si, avant 1870, l'Église croit que les papes avaient seuls le pouvoir de prononcer des déclarations infaillibles sur les questions de la foi et du dogme, pourquoi l'Eglise convoqua-t-elle donc de nombreux conciles d'évêques qui travaillèrent avec le pape pour décider de ces questions? L'Église soutient que l'infaillibilité papale existait avant 1870, et qu'elle a été simplement définie explicitement pour la première fois au Concile de Vatican I. Peu importe que l'esprit d'une telle déclaration soit un bouleversement de la Tradition intérieure de l'Eglise catholique, qui n'a jamais cru l'infaillibilité comme elle a été révélée en 1870, examinons la situation en 1870.

Qu'est-il arrivé lorsque le pape Pie IX (1846-1878) et le Concile Vatican promulguèrent le dogme de l'infaillibilité pontificale? Des centaines de milliers de fidèles catholiques, qui ne pouvaient pas croire qu'une telle doctrine pourrait soudain entrer dans l'Église comme dogme révélé plus de dix-huit siècles après que l'Église ait commencé à la Pentecôte, se sont séparés de l'Église. Pourquoi feraient-ils cela si l'Eglise avait toujours cru et compris l'infaillibilité papale tout au long de son histoire? Si l'Eglise avait toujours cru et enseigné cette doctrine, pourquoi sa promulgation fut-elle la cause qui incita tant de fidèles catholiques à quitter l'Eglise et à faire partie de ce qui est aujourd'hui connu sous le nom des églises  "vieilles-catholiques"?

Le Concile de Vatican I ne reçoit aucune mention dans les préparatifs de confirmation de la plupart des étudiants américains. Beaucoup d'églises paroissiales locales ignorent entièrement ce décret et son immense signification doctrinale dans la foi catholique romaine. Pourquoi est-ce ainsi? La plupart des pasteurs catholiques romains d'Amérique n'y croyaient-ils pas ou eux-mêmes ne le comprennent-ils pas pleinement, ou croient-ils qu'il soit compréhensible par les laïcs? Au mieux, la déclaration de l'infaillibilité papale était profondément inutile, puisque les deux fois elle a été employée par les papes, toutes deux relatives à des questions du statut de la Vierge Marie et de sa position, les théologiens de l'Église étaient d'accord sur ces questions avant que le pape ait statué sur elles ex cathedra.

Au pire, cependant, l'infaillibilité papale est une violation flagrante de la Tradition de l'Église. Pour un concile Vatican avec seulement le clergé catholique, déclarer, après des siècles jamais on n'osa le faire, après des siècles où l'on a jamais demandé de convoquer un concile œcuménique sur la question, que le pape possède une autorité pleinement et "divinement révélée" dans certains cas, et n'a donc pas besoin de consulter d'autres évêques me paraît à la fois arrogant et, bien sûr, peu orthodoxe. 


Que la papauté puisse prendre ce point de vue de sa propre autorité, après des siècles de pontifes romains qui ont souvent régné comme des princes ecclésiastiques corrompus plutôt que comme des clercs exemplaires, est particulièrement troublant. Je crois que la conception orthodoxe de l'infaillibilité est beaucoup plus logique. Le Christ est "le chef de l'Eglise" (Ephésiens 5:23) et l'Eglise orthodoxe, est infaillible

"La colonne et le fondement de la vérité» (1 Timothée 3:15)

"Mais il n'existe pas une chose nommée infaillibilité personnelle."

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Les mensonges de la presse sur l'Ukraine... Et la vérité... Mieux vaut tard que jamais!

 Voir la video:

http://rutube.ru/video/8742970b1f87403810f921d2ba7991ca/

Les médias de gauche découvrent qu'il y a eu désinformation sur l'Ukraine :
http://teleobs.nouvelobs.com/la-selection-teleobs/20160126.OBS3369/ne-ratez-pas-ukraine-les-masques-de-la-revolution.html
et surtout :
https://blogs.mediapart.fr/paul-moreira/blog/300116/ukraine-les-masques-de-la-revolution-reponse-aux-critiques

Et les caniches ukrainiens alliés de l'oncle Sam (et de l'Oncle Tom de la Baraque Blanche) se croient tout permis, et veulent aussi imposer la loi mafieuse du silence en France!!!
Permalien de l'image intégrée

mardi 2 février 2016

ISLAMISTES ARMES ARRETES AU KOSOVO (MAIS PAS DE LIEN AVEC LA TERREUR [ISLAMISTE] Selon la "police albanaise du Kosovo"!!!)


 МАНАСТИР ДЕЧАНИ
*

Arrestation des suspects
 
Ceci est ce que l'higoumène du Monastère de Visoki Dečani, Sava Janjic a dit à l'agence Tanjug, dimanche, ajoutant qu'une enquête était en cours.

Les suspects -quatre Albanais ethniques de diverses parties du Kosovo-Gnjilane, Urosevac, Prizren et Djakovica- ont été arrêtés aux environs de 21h ce samedi, en face de la porte principale du monastère dans une voiture avec des plaques d'immatriculation d'Urosevac, a-t-il précisé.

Dans une opération conjointe, la police du Kosovo et les membres de la KFOR ont demandé aux hommes de montrer leurs papiers d'identité et ont fouillé la voiture. Ils ont trouvé un fusil Kalachnikov avec des munitions et un pistolet, ainsi que certains livres extrémistes islamistes, a ajouté l'higoumène.

Cet incident est un autre indicateur du fait que la présence des troupes de la KFOR est vital pour la sécurité de ce monastère qui est inclus dans la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, a-t-il souligné.

Deux des suspects portaient la barbe et avaient la tête rasée, et leur style vestimentaire était "caractéristique des wahhabites," a remarqué l'higoumène Sava Janjic.

En Octobre 2014, les graffitis mentionnant ISIS et l'AKSh ("Armée nationale albanaise") ont été tagués sur les bâtiments appartenant au monastère. Quatre mois plus tôt, le sigle UCK (sigle albanais pour l'UCK - "Armée de libération du Kosovo") y a également été peint.

L'enquête de police sur l'incident n'a produit aucun résultat, mais la présence de la KFOR a été renforcée dans son sillage, avec le monastère et la zone autour considérée comme "une zone à haut risque."

Depuis la fin de la guerre du Kosovo en 1999, le monastère de Visoki Decani a été sous attaque armée quatre fois - une seule d'entre elles a fait l'objet d'une enquête. En 2007, un Albanais du Kosovo a été condamné à 18 mois de prison pour avoir attaqué le monastère, a noté l'higoumène.

"Aucun lien avec le terrorisme" (sic!)

La police du Kosovo a démenti lundi que les quatre suspects avaient été arrêtés sur des accusations de terrorisme, ou parce qu'ils avaient prévu d'attaquer le monastère.

Au lieu de cela, le porte-parole Baki Kelani a dit qu'ils ont été arrêtés pour possession illégale d'armes, "et ils ne peuvent pas être liés à tout type d'attaque sur le monastère."

Les médias locaux de langue albanaise, quant à eux, accusent l'higoumène Sava Janjic "d'utiliser les arrestations pour des raisons de propagande."

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

lundi 1 février 2016

Glorification de saint Jean le Chozévite en Terre Sainte

Le saint de son vivant


La région de Terre Sainte où il vécut


Canonisation en Terre sainte de saint Jean le Chozébite

Ladite décision a été prise par le Saint-Synode du Patriarcat de Jérusalem en automne 2015. De son côté, le Patriarcat de Roumanie, par une décision du 20 juin 1992, avait déjà introduit le saint dans son propre calendrier. L’Église roumaine vénère la mémoire du saint le 5 août, date de sa dormition. Saint Jean est né le 21 juillet 1913 dans le district de Botoșani, dans le Nord-Est de la Roumanie. À l’âge de six mois, il devint orphelin. Alors qu’il avait 20 ans, il entra comme novice au monastère de Neamț, où il resta trois ans. Le 8 avril 1936 eut lieu sa profession monastique, au cours de laquelle il reçut le nom de Jean.
En automne 1935, il visita les Lieux Saints et, après avoir vénéré le Saint-Sépulcre, il entra dans la communauté monastique de saint Sabbas, au sein de laquelle il vécut dix ans, obtenant le charisme de la prière ininterrompue. En 1947, avec la bénédiction du patriarche de Roumanie, il fut ordonné diacre et prêtre, et devint higoumène de la skite Saint-Jean-le-Précurseur près du Jourdain.

Après cinq ans de dure ascèse, il partit avec le moine Joannice à la grotte de sainte Anne à Chozéba, près du monastère Saint-Georges-le-Chozébite. Il y vécut dans l’ascèse durant sept ans et décéda le 5 août 1960. Vingt ans après, alors que l’on avait ouvert sa tombe, il s’avéra que son corps était resté incorrompu, avec ses vêtements restés intacts. Les reliques dégageaient un agréable parfum. Ses reliques ont été transférées au monastère Saint-Georges-le-Chozébite, à la chapelle Saint-Étienne, où elles se trouvent jusqu’à maintenant.
 
 Icône de saint Jean

Reliques du saint 

 
Idem

Détail
 *
Autres icônes du saint



 


  





*

Note: Les roumains l'appellent aussi Jean-Jacob de Neamts
*
Sources: Orthodoxie.com; Romfea; YouTube; crestinortodox;
doxologia.ro; cuvântul-ortodox; agiooros.net

Jean-Claude LARCHET: Recension: Maxime le Confesseur, « Questions à Thalassios, tome 3, Questions 56 à 65 »



Maxime le Confesseur, Questions à Thalassios, tome 3, Questions 56 à 65, traduction par Françoise Vinel, notes par Jean-Claude Larchet, éditions du Cerf, Paris, 2015, 339 p., coll. « Sources chrétiennes » n° 569.

Ce volume achève la parution en trois tomes, dans la collection de référence « Sources chrétiennes », des « Questions à Thalassios », l’une des œuvres les plus célèbres du grand théologien byzantin saint Maxime le Confesseur (580-662), destinée de prime abord à expliquer des passages difficiles de la sainte Écriture, mais servant en fait de prétexte à l’auteur pour exposer sa doctrine spirituelle.
Figurent dans ce troisième tome les Questions 56 à 65, neuf Questions seulement donc, mais dont plusieurs sont les plus longues de l’œuvre, l’auteur ayant, au fur et à mesure que celle-ci se déployait, développé de plus en plus ses commentaires.
Mais « last but not least » comme disent les Anglais, ce troisième volume pour être le dernier n’est pas le moindre : il ne se caractérise pas seulement par l’ampleur quantitative de certaines réponses, mais par l’importance qualitative des sujets abordés, parmi lesquels figurent des thèmes fondamentaux et très connus de la pensée du Confesseur.
La Question 59 aborde le thème de la synergie cher aux Pères grecs, que saint Maxime explique admirablement : « Il n’est pas légitime de dire que la grâce seule produit d’elle-même chez les saints les connaissances des mystères sans les puissances naturelles capables de recevoir la connaissance, car c’est admettre que les saints prophètes n’ont pas eu l’intelligence du sens des illuminations qui leur ont été données par le très Saint Esprit – et comment sera vraie la parole qui dit que le sage comprendra ce qui sort de sa propre bouche ? Et ce n’est certes pas non plus sans la grâce du très Saint Esprit, en cherchant avec leur seule puissance naturelle, qu’ils ont reçu la connaissance vraie de la réalité, car il sera montré que la visite de l’Esprit est superflue pour les saints si elle ne coopère en rien avec eux pour manifester la vérité. Ainsi donc la grâce du très Saint Esprit ne produit pas la sagesse dans les saints sans l’intellect pour l’accueillir, ni la connaissance sans la puissance raisonnable capable de l’accueillir, ni la foi tant que l’intellect et la raison n’ont pas la pleine assurance des réalités à venir et jusque-là invisibles à tous, ni les charismes de guérison sans l’amour naturel des hommes, ni aucun des autres charismes sans l’état et la puissance capables d’accueillir chacun. À l’inverse, bien sûr, l’homme n’acquerra rien de ce que nous avons énuméré par sa puissance naturelle sans la puissance divine qui les dispense. Et cela, tous les saints le montrent clairement lorsque, après avoir reçu la révélation des réalités divines, ils cherchent les paroles pour exprimer ce qui leur a été révélé » (p. 59-61).
On trouve dans la même Question ce passage, très beau et très connu sur la fin de la foi, à savoir le salut et la divinisation qui s’accomplissent dans l’union à Dieu et la participation à Lui : « Le salut des âmes, c’est au sens propre la fin de la foi ; la fin de la foi, c’est la révélation véritable de celui en qui l’on a foi; la révélation véritable de celui en qui l’on a foi, c’est l’ineffable pénétration intérieure de celui en qui on a foi, à la mesure de la foi de chacun; la pénétration intérieure de celui en qui l’on a foi, c’est le retour final, pour ceux qui ont cru, au principe conforme à leur fin; le retour final de ceux qui ont cru au principe conforme à leur fin est la plénitude de leur élan; la plénitude de cet élan est le repos perpétuellement mobile de ceux qui désirent auprès de l’objet de leur désir; le repos perpétuellement mobile de ceux qui désirent est la jouissance continue et sans relâche de l’objet du désir; la jouissance continue et sans relâche est la participation aux réalités divines qui dépassent la nature; la participation aux réalités divines qui dépassent la nature est la ressemblance des participants au participé; la ressemblance des participants au participé, l’identité en acte, reçue par ressemblance, des participants à ce même participé; l’identité en acte, reçue par ressemblance, des participants au participé est la divinisation de ceux qui sont dignes de divinisation; et la divinisation, pour en esquisser le sens, contient et achève tous les temps et siècles et ceux qui sont dans le temps et le siècle; le contenu et l’achèvement des temps et des siècles, et de tous ceux qui sont en eux, c’est l’union permanente, en ceux qui sont sauvés, du commencement par définition sans mélange, avec la fin, par définition elle aussi sans mélange ; l’union permanente, en ceux qui sont sauvés, du commencement et de la fin sans mélange, c’est l’issue la meilleure pour ceux qui sont par nature essentiellement mesurés par un commencement et une fin; l’issue pour ceux qui sont limités par un commencement et une fin, c’est la toute-puissante et suréminente énergie de Dieu, immédiate, infinie et à l’infini, en ceux qui ont été jugés dignes de l’issue considérée comme la meilleure pour les réalités naturelles ; la toute-puissante et suréminente énergie de Dieu, immédiate, infinie et à l’infini, est le plaisir et la joie indicibles et plus qu’indicibles de ceux qui ont bénéficié de cette énergie par une union indicible qui dépasse toute représentation par l’intelligence – plaisir et joie dont il n’est aucunement possible de trouver dans la nature des êtres l’intelligence, la raison, la représentation et l’expression. Car la nature ne possède pas les logoi de ce qui est au-dessus de la nature, de même qu’elle ne possède pas non plus les lois de ce qui est contre nature. » Et la suite du texte est également un passage célèbre, où Maxime présente sa conception de la nature spirituelle de l’enfer, comme la présence de Dieu qui S’est uni à tous, mais qui est douleureusement ressentie par ceux qui ont rejeté Sa grâce et Lui restent volontairement extérieurs : « Par “au-dessus de la nature”, je veux parler du plaisir divin et inconcevable que Dieu produit naturellement en s’unissant par grâce à ceux qui en sont dignes; par “contre nature”, je veux parler de la douleur inexprimable d’en être privé, que Dieu produit habituellement en s’unissant par nature contre la grâce à ceux qui n’en sont pas dignes. Car Dieu étant, comme lui le sait, uni à tous selon la qualité de la disposition qui est au fond de chacun, il en offre à chacun la perception à la mesure dont chacun s’est modelé par lui-même pour recevoir celui qui doit s’unir totalement à tous à la fin des siècles » (p. 65-67).
Dans la Question 60 figure ce très célèbre passage sur de l’Incarnation du Verbe comme but de la création : « Tel est le grand mystère caché. Telle est la fin bienheureuse à cause de laquelle toutes choses ont été établies. Tel est le divin but, conçu par avance, du commencement des êtres: lorsque nous cherchons à le définir, nous disons qu’il est la fin, conçue par avance, en vue de laquelle sont toutes choses, elle-même n’étant en vue d’aucune; c’est en regardant vers cette fin que Dieu a introduit les essences des êtres. Telle est proprement la limite entre la providence et ce qu’elle prévoit, [limite] selon laquelle c’est en Dieu qu’a lieu la récapitulation de tous les êtres faits par lui. Tel est le mystère qui comprend tous les siècles et qui manifeste pleinement le grand dessein de Dieu, dessein surinfini et préexistant infiniment aux siècles; le Verbe de Dieu selon l’essence en est lui-même devenu le messager, lui qui est devenu homme, qui, s’il est permis de le dire, a manifesté le fond même le plus intérieur de la bonté du Père et a montré en lui-même la fin à cause de laquelle les créatures ont manifestement reçu le commencement de leur être. À cause du Christ, c’est-à-dire du mystère du Christ, tous les siècles et tout ce qui vit dans les siècles ont reçu dans le Christ le commencement et la fin de leur être. Car elle a été conçue par avance, l’union de la limite des siècles et de l’illimité, de la mesure et du sans mesure, du fini et de l’infini, du Créateur et de la création, du repos et du mouvement; et elle a été manifestée dans le Christ aux derniers temps, donnant par elle-même sa plénitude à la prescience de Dieu, pour que les êtres muables par nature se tiennent auprès du totalement immuable par essence, en s’affranchissant du mouvement qui les ramène sans cesse à eux-mêmes et les uns vers les autres, et pour qu’ils aient par expérience la connaissance en acte de Celui devant qui ils ont été jugés dignes de se tenir – une connaissance inaltérable et accompagnée également de la jouissance de Celui qui s’est fait connaître à eux » (p. 85-87).
La Question 61 présente, en même temps qu’une réflexion approfondie sur la nature et les causes et les effets du plaisir et de la douleur, une explication théologique remarquable de la façon dont le Christ a opéré notre salut par le mode de Sa naissance virginale, et a dominé le pouvoir du plaisir et de la douleur pour nous délivrer de ses effets pervers : « Ainsi donc, après la transgression, tous les hommes possédaient le plaisir précédant naturellement leur propre naissance, aucun n’était par nature libre de la naissance passionnelle liée au plaisir, mais au contraire tous s’acquittaient de leurs peines comme d’une dette naturelle et supportaient aussi la mort qui s’ensuit, et il n’y avait aucun accès à la liberté pour ceux qui étaient sous la domination tyrannique du plaisir injuste et étaient naturellement retenus par les peines justes et par la mort très juste qui en résultait. Il fallait, pour supprimer le plaisir très injuste et les peines très justes qui en résultaient (elles déchiraient pitoyablement l’homme passible qui tient de la corruption liée au plaisir le principe de sa naissance, et fait s’achever en corruption le terme de sa vie) et pour redresser la nature passible, que soient conçues une peine et une mort injustes autant que sans cause – sans cause, parce qu’elles n’ont nullement connu de plaisir préalable à la naissance, et injuste parce qu’elles ne résultaient pas du tout d’une vie passionnelle –; et cela pour que, prises pour médiatrices d’un plaisir injuste et d’une peine et d’une mort très justes, sa peine et sa mort très injustes suppriment totalement le commencement très injuste issu du plaisir et la fin très juste de la nature par la mort à cause du plaisir, et que l’espèce humaine soit à nouveau libérée du plaisir et de la douleur, la nature retrouvant le bon héritage de l’origine, sans qu’il soit plus jamais souillé par aucune des marques naturellement associées à ce qui est soumis à la naissance et à la corruption. C’est pourquoi le Verbe de Dieu, par nature Dieu parfait, est devenu homme parfait, constitué selon la nature d’une âme intelligible et d’un corps passible tout à fait semblablement à nous, à l’exception seulement du péché: il n’a pas du tout connu le plaisir issu de la désobéissance qui précède son engendrement temporel d’une femme, mais à cause de son amour des hommes il a accepté en y consentant la douleur liée au plaisir, qui est la fin de la nature, pour que, en souffrant injustement sa passion, il détruisît le principe de la naissance qui tyrannisait la nature à la suite d’un plaisir injuste – principe qui n’avait pas la mort du Seigneur comme un dû à acquitter pour cette naissance, à la manière des autres hommes, mais plutôt comme quelque chose qu’on lui oppose – et pour qu’il anéantît par sa mort la fin juste de la nature, fin sans le plaisir illégitime à cause duquel la mort était survenue et l’avait châtié justement, puisqu’il était cause de son existence » (p. 97-99).
La Question 64 contient une belle explication des trois lois – naturelle, écrite et de grâce –, un autre thème cher à Maxime : « J’appelle ici lois générales, la naturelle, l’écrite et la loi de la grâce. Chacune a un genre de vie qui lui est adapté et une conduite qui lui est proportionnée, parce que la disposition qui en résulte chez ceux qui la suivent est différent selon le vouloir qu’elle engendre en eux. Car elles produisent chacune une disposition différente chez chacun de ceux qui leur sont soumis. [1] La loi naturelle, chaque fois que la sensibilité ne déborde pas la raison, persuade tous les hommes de chérir sans l’avoir appris ce qui est de même genre et de même souche qu’eux, puisqu’ils ont la nature même pour leur enseigner l’assistance de ceux qui en ont besoin, et de vouloir tous pour tous ce que chacun considère comme désirable pour lui-même venant des autres. Et c’est ce qu’enseigne le Seigneur en disant : Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux. Pour ceux dont la nature est dirigée par la raison, la disposition est une ; et ceux dont disposition est la même, leur mode de comportement et leur conduite de vie restent évidemment un par nature ; et ceux dont le mode de comportement et la conduite de vie sont les mêmes, un un et même est leur lien dans les relations des uns avec les autres, conformément à leur disposition de vouloir – qui les conduit tous, selon une unique disposition de leur vouloir, vers l’unique logos de la nature, où n’existe nullement la division qui aujourd’hui, à cause de l’amour égoïste, domine la nature. [2] La loi écrite habitue, par la crainte des châtiments, à retenir les élans désordonnés des plus insensés : elle leur apprend à regarder uniquement vers une répartition équitable, par laquelle la force de la justice, affermie avec le temps, devient naturelle et fait de la crainte une disposition maîtrisée peu à peu avec douceur par l’orientation vers le bien de la disposition de vouloir, et de l’habitude un état purifié par l’oubli du passé et enfantant avec lui l’affection mutuelle dans laquelle la loi trouve son accomplissement, tous étant liés harmonieusement les uns aux autres par la charité. Le lien mutuel de charité entre tous ceux qui ont part à la nature réalise la plénitude de la loi, en apportant la loi de la raison couronnée du désir de la charité et en faisant briller la loi de la nature par l’ajout du désir. Car la loi de la nature est la raison naturelle qui par ses modes soumet la sensibilité. La loi écrite, elle, c’est-à-dire l’accomplissement de la loi écrite, c’est la raison naturelle incluant le désir spirituel de l’entraide et du secours mutuels. C’est pourquoi il est dit: Tu aimeras ton prochain comme toi-même et non: “tu seras avec ton prochain comme avec toi-même” – cette parole-ci montre le lien avec ce qui est de même genre en vue de l’être, celle-là signifie la providence en vue de l’être-bien. [3] La loi de la grâce enseigne immédiatement ceux qui la suivent à imiter Dieu, lui qui nous a tellement aimés plus que lui-même, si on peut l’exprimer ainsi, nous qui étions ses ennemis à cause du péché, qu’il est venu sans changement dans notre essence, lui qui est au-delà de toute essence et de toute nature, qu’il a accepté suressentiellement de devenir homme et de vouloir être l’un des hommes sans refuser de faire sienne notre condamnation, et de nous diviniser par grâce autant que lui-même est devenu homme par nature selon l’économie, afin que non seulement nous apprenions à nous supporter naturellement les uns les autres et que nous nous aimions spirituellement les uns les autres comme nous-mêmes, mais qu’encore nous prenions soin divinement les uns des autres comme de nous-mêmes et que pour montrer cet amour mutuel nous choisissions volontairement et de bon cœur de mourir par vertu les uns pour les autres. Car il n’y a pas de plus grand amour, est-il dit, que de donner sa vie pour son ami » (p. 239-241)
Face à l’édition critique qui reprend, avec quelques corrections, celle du Corpus Christianorum, Series Graeca, vol. 22, Françoise Vinel, professeur émérite de patrologie à la faculté de théologie catholique de l’Université de Strasbourg, propose une traduction claire et précise.
Les notes évitent d’être trop techniques et visent d’une part à faire apparaître les relations de la pensée de saint Maxime avec celle d’autres Pères, et d’autre part à éclairer le sens de passages et d’expressions difficiles ou à préciser la signification de termes auxquels Maxime donne un sens particulier.
La lisibilité de cette traduction permet une autre lecture de l’œuvre que celle d’Emmanuel Ponsoye (éditions de l’Ancre, 1992), qui a rendu de grands services et qui était généralement juste quant au sens, mais comportait des omissions et dont le style utilisait des archaïsmes, des néologismes et des tournures syntaxiques inhabituelles qui ajoutaient des difficultés nouvelles à un texte en soi déjà complexe.

Jean-Claude Larchet

dimanche 31 janvier 2016

Les Saints Orthodoxes d'Occident et leurs Intercessions

En marge du Dictionnaire des Intercessions Orthodoxes
 
Autrefois, les maladies pour lesquelles la médecine n’avait aucun remède, trouvaient par la pure grâce de Dieu, des remèdes par l’intercession des saints. Dans le langage populaire, le caractère extraordinaire des guérisons répétées de certaines maladies par des saints particuliers, firent que l'on ne parla plus de ces maladies qu’en leur donnant le nom du saint que l’on invoquait pour qu’il intercède et demande à Dieu la guérison de l’âme et du corps.

La tradition populaire de l’Eglise nous a donné la liste suivante des saints orthodoxes d'Occident et leurs intercessions:

Boutons: Mal de Saint Laurent (Diacre-Martyr de Rome)

Cancer: Mal de Saint Gilles ou Aegide de Nîmes

Convulsions: Mal de Saint Barthélémy

Épilepsie: Mal de Saint Jean Baptiste

Erysipèle: Mal de Saint Antoine

Fistule: Mal de Saint Fiacre (de Breuil)/ Mal de Saint Quirin (Martyr de Rome)

Folie: Mal de Saint Mathurin (de Larchant)

Gale: Mal de Saint Méen (de Bretagne), Mal de Sainte Reine (D’Alyse)

Goutte: Mal de Saint Maur (de Glanfeuil)

Ivresse: Mal de Saint Martin (de Tours)

Lèpre: Mal de Saint Job (le Saint Prophète de l’Ancienne Alliance)

Maladies inflammatoires: Mal de Saint Sylvain (de Levroux ) 

Maladies nerveuses: Mal de Saint Guy (Danse de Saint Guy) 

Rhume : Mal de Saint Aventin (de Chartres)

Ulcère: Mal de Saint Eloi (de Noyon)

Claude Lopez-Ginisty 
d'après les Vies des Saints

Valaam


China Orthodox Press publie un livre illustré pour les orthodoxes nouvellement baptisés et pour les enfants







Ce livre est en vente en ligne ICI



Orthodox Christianity Bookstore and Library
China Orthodox Press Publishing Company


samedi 30 janvier 2016

GARDER LA FOI DROITE



Toi qui dis aimer l'Orthodoxie, aime-la vraiment. Ne la mêle pas à tes errances que tu crois spirituelles. "Un tout est beau lorsqu'il est un," dit le philosophe. Laisse le pur joyau spirituel que nous ont légué les Pères et la Tradition, exempt des aberrations du monde et des doctrines étrangères à notre Église orthodoxe.

Ne t'évertue pas à essayer de sertir le pur diamant de la doctrine orthodoxe sur des bagues de fer blanc. Tu n'y parviendras pas, Dieu merci! Laisse le yoga, le zen, les Védas et les autres sagesses ou croyances humaines, dans leur contexte qui n'est pas le nôtre.

Greffe-toi sans réserve sur l'Arbre de la Croix. Monte dans la nef de l'Eglise qui vogue vers le Royaume sous le souffle de l'Esprit, Qui procède du seul Père des Lumières. Ne mêle pas l'ivraie mondaine au pur froment qui deviendra le Corps du Christ, l'eau fétide de la sensiblerie humaine, à ce qui sera le Sang Précieux. Ne ferme pas le palais de jade de notre théologie avec la porte de boue des croyances à la mode.

Si ton chemin de foi te mène de préférence à Rome ou à Bénarès, à la Mecque ou à Lhassa, et que cela te contente et te plaît, rends-toi en ces cités, restes-y, et laisse-nous être en tous lieux de notre séjour sur la terre des vivants, en communion mystique pleine et pure avec Athènes, Kiev, Sophia, Belgrade, Jérusalem et Bucarest, le Mont Athos et Moscou, et tous les autres écrins où notre foi ardente est conservée en ce monde.

Si tu veux encore te prétendre chrétien orthodoxe, délivre-toi de l'aberration du syncrétisme qui, te faisant égaler toutes les croyances, enlève à toutes leur légitimité. Ne pare pas des beaux noms d'Amour et de Charité ce relativisme spirituel dont tu es si fier, et qui n'est que ton impuissance humaine à être conséquent et à comprendre et concevoir qu'il y a une Vérité, et qu'elle est la Voie et la Vie. C'est elle qu'éclaire l'Autre Soleil lorsque nous L'adorons comme la piété de nos Pères nous a enseigné à L'adorer. 

Ne relativise rien pour ne pas tout dévaloriser. Ne prends pas ton indécision et ton refus d'engagement unique pour un don spirituel. Tout ceci n'est que pusillanimité, défaut très commun dans notre siècle si tiède. On peut se croire héros de la non-violence, alors que l'on est simplement un lâche qui a peur d'affronter le combat spirituel.

Ne juge pas, au nom de ce que tu crois être la tolérance vis-à-vis de ce qui renie la foi orthodoxe des Pères, ceux qui sont fermes dans cette foi. Si nos Pères saints avaient eu ton attitude, que resterait-il de la foi droite? Rien ne subsisterait de la Tradition, diluée qu'elle serait dans ce sentimentalisme sirupeux et délétère que tu crois être une qualité spirituelle.

L'Amour n'est jamais mièvre et souffreteux comme tu le manifestes, il est fort et s'étend à tous, frères ou prochains, amis ou ennemis... Mais aimer l'ami ou l'ennemi ne signifie jamais partager ses errances spirituelles ou dogmatiques. La compassion pour le malade n'implique pas que l'on prenne sur soi sa maladie, ou que l'on vante les mérites de ce mal. Cela n'empêche pas de l'aimer en Vérité. Cela ne dispense pas d'essayer de le guérir, ou de lui montrer la voie de la guérison!

Ne feins pas de croire que ton ouverture d'esprit soit une qualité lorsque tu l'accompagnes du jugement péremptoire de ceux qui ne partagent pas ton relativisme insensé. 

Ne fais pas semblant de croire que ton frère qui est ferme dans la foi trahit le Christ. Il aime ses frères et ceux qui ne le sont pas au point de leur souhaiter de partager cette foi, sans contrainte, sans négociation préalable qui la dénaturerait, sans verbiage doucereux qui par un mensonge ignoble, prétendrait l'égaler à ce qui la nie fondamentalement. 

Aimer l'autre, ce n'est pas vouloir partager avec lui autre chose que la Vérité pleine et entière, ce n'est pas chercher un arrangement mondain basé sur la fausse idée que la foi est une question de nombre et de consensus.

Ne confonds pas la Sainte Église orthodoxe du Christ avec une auberge espagnole de la foi, où chacun pourrait apporter son Credo pour en fabriquer un acceptable à tous, en négociant chaque article.

Enfin, si tu ne peux vraiment t'astreindre à garder pure la foi droite de nos Pères sans mélanges ni confusion, ne trouble pas par tes paroles oiseuses et ineptes, les petits qui avancent lentement et humblement vers le Royaume dans la fidélité à l'Église du Christ.

Claude Lopez-Ginisty