"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mercredi 24 juillet 2019

Sur le blog de Laurence: Monter dans l'arche






Voici une analyse géniale d'Igor Rostislavovitch Chafarevitch du destin de la Russie, et du nôtre par la même occasion, c'est un extrait d'interview publié par le site pravoslavie.ru, qui rejoint mes propres réflexions, ce qui m'a amenée à le traduire et à le commenter.

".......Vous savez, il me semble que la crise russe n’est en fait pas seulement russe. C’est une crise mondiale, qui se reflète d’une manière particulière en Russie. Et si cela ne nous éloigne pas trop de notre thème, je peux exposer comment je me figure le problème. Il me semble en effet que le problème de la Russie ne peut se résoudre qu’à l’échelle mondiale.


Il me semble que ces derniers siècles, particulièrement les deux derniers, l’Occident construit une société absolument unique qui n’a jamais existé auparavant, et sous bien des aspects, est en rupture complète avec la tradition de l’histoire humaine.

D’abord, elle n’est pas agraire, mais purement citadine. Il y eut des cas d’apparitions de grandes villes et de régression de l’agriculture. C’était habituellement lié avec la fin d’une civilisation : la Rome antique, Babylone… Spengler dit que le signe typique de la chute d’une culture, c’est quand croissent de grandes villes au dépend des campagnes. Mais cette croissance n’était pas du tout à la même échelle : la majeure partie des gens a toujours vécu à la campagne, or maintenant se construit une société dans laquelle idéalement, personne ne vivrait à la campagne. Aux USA, peut-être trois pour cent des gens vivent à la campagne et font de l’agriculture, alors que l’agriculture occupe une grande partie de la population, dans la production d’engrais, la construction de machines, la recherche scientifique, la génétique… On a l’impression que cette société est hostile à l’agriculture et il lui faut, comme dans les mines d’uranium, avoir le minimum de contact avec elle, si possible, remplacer l’homme par la machine.

Cette société s’est fondée sur l’anéantissement des campagnes qui a commencé en Angleterre, avec la persécution féroce des paysans. On les chassait de leurs terres, on les déclarait vagabonds, dans la mesure où, en effet, privés de leurs terres communales, ils erraient à la recherche de travail. Ces vagabonds étaient marqués au fer rouge et pendus. Ou on les enfermait dans des maisons de travail, où les conditions de vie étaient à peu près carcérales et qu’on appelait les « maisons des horreurs ». Ils se transformaient peu à peu en prolétariat urbain, mais là aussi on les tenait sous la menace de lois féroces, supposant par exemple la peine de mort pour le vol d’un bien de quelques fartings, c’est-à-dire quelques kopecks. Alors les parcs de Londres étaient décorés de pendus… C’est de cette façon terroriste que fut édifiée, aux dépens des campagnes, la société technique industrielle.

Maintenant, la vie est de plus en plus basée sur la technologie et la technologie est considérée comme l'élément le plus fiable de la vie. Et partout où il est possible de remplacer une personne par la technique, on la remplace par la technique. Sur les commutateurs, par exemple, lors du remplacement de personnes par des dispositifs techniques, on a moins d’erreurs ... La technique est comprise dans un sens très large, non seulement en tant que technologie de la machine, mais également en tant que système bien conçu et élaboré d’activités dirigées, tel que tout le monde peut être formé. Ce peut être la technique du jeu boursier, la technique de la publicité, la technique de la propagande politique ... La machine ici n’est qu’un idéal, une "technique idéale". Cette technique subordonne complètement l'homme. Elle lui indique à la fois les objectifs de la vie et les moyens de les atteindre. Et le moyen de se détendre. On travaille sur la technique et c'est elle qui organise notre repos. Le contact avec la vie réelle est remplacé par un contact artificiel, principalement par la télévision, comme dans un roman de science-fiction sur l'avenir ... Un sociologue allemand a brièvement caractérisé ce courant: il s'agit de détruire la nature et de la remplacer par une nature artificielle, à savoir: technique. Il se produit dans le monde une sorte de coup d'Etat.

La Russie était dans une position particulière, car cette civilisation technique crée de très grandes forces et un grand nombre d'opportunités très attrayantes pour la mentalité russe. Après tout, cette nouvelle technique très spécifique est basée sur la science, chaque nouvelle réalisation technique est basée sur une réalisation scientifique qui vient de se produire. Par exemple, la bombe atomique est créée sur la base de la mécanique quantique, découverte par pratiquement la même génération de personnes.

Et ainsi, la Russie s'est retrouvée dans une position qu’elle partage avec un certain nombre d'autres pays. Ils sont confrontés à un problème: comment doivent-ils gérer une civilisation aussi technique? Et c’est une civilisation extrêmement cruelle et intolérante. Bien qu’elle agisse sous le couvert de la tolérance, d’une tolérance non partisane, elle ne s’applique qu’à ce qui se passe à l’intérieur d’elle-même et à ce qui n’interfère pas avec son fonctionnement. En elle-même, elle est prête à défendre toute minorité: religieuse, sexuelle, peu importe ...

- Vous voulez dire la civilisation occidentale ?
Oui, bien sûr. La civilisation technique, c’est la civilisation occidentale… Mais avec tout cela, avec quelques alternatives, elle est complètement incapable de coexister. Elle détruit tout simplement. Les Indiens d'Amérique ont choisi la solution de ne pas y succomber - et ils ont été complètement détruits. Les Chinois, les Indiens étaient soumis à la colonisation ... La Russie a choisi le chemin très difficile d'emprunter, d'apprendre, tout en essayant de conserver ses fondements. Et il me semble que la lutte pour sauver les campagnes, pour empêcher l’arrivée de cette révolution en Russie, est au centre de l'histoire russe: éviter la construction d'une civilisation industrielle aux dépens du village. Ce fut la base des réformes d'Alexandre II. C’est pour cela, que la communauté villageoise avait été préservée, afin d'empêcher la prolétarisation du village. Puis, s’il s’est avéré que cette voie comportait un certain nombre de défauts, les ministres d’Alexandre II et d’Alexandre III de Bunge et de Witte ont proposé leur propre version… Mais c’étaient tous des actes administratifs qui n’entraînaient pas de véritables mesures. Beaucoup de choses ont été préparées qui furent ensuite accomplies par, Stolypine. Parallèlement, tout à fait indépendamment de cela, s’est développé un courant grandiose pour l'étude et la mise en œuvre de la coopération paysanne, qui a permis de préserver l'élément le plus central et le plus individuel de l'économie familiale, tout en la rendant économiquement puissante, en lui donnant accès au marché mondial, en réfutant le point de vue que seules les grandes exploitations sont compétitives. Et avant la guerre mondiale, 85 millions de personnes avec des membres de leur famille étaient membres de coopératives - une grande partie de la population paysanne. Il existait d’énormes entreprises coopératives - le Centre pétrolier, le Centre du lin - des monopoles sur le marché mondial, qui reposaient sur la coopération des fermes paysannes
Toutes ces tentatives se sont toutefois avérées tardives et insuffisantes et n'ont pu empêcher l'explosion de la révolution. Qu'est-ce qui manquait? Je pense que c’était la même chose, que ce qui nous manque aujourd’hui, le sentiment que "la patrie est en danger". Si les propriétaires de cette époque avaient été suffisamment au courant de ce qui se passait, ils auraient bien sûr été prêts à faire de plus grands sacrifices. Mais parmi eux, régnait cette sorte de confiance à courte vue dans l'inertie de la vie, que j'ai déjà mentionnée, l’idée que tout continuera à rouler de la même manière ... "

Quand j'avais lu les descriptions que donnait Jack London du Londres des misérables au XIX° siècle, je m'étais fait la réflexion que cet univers n'était pas loin de celui du goulag: une sorte de mise en esclavage industriel de sa propre population, et notez que la violence avec laquelle on a détruit la paysannerie en Angleterre, où toute cette horreur technique a pris naissance, rappelle énormément la dékoulakisation soviétique, les spoliations de la collectivisation et la détresse subséquente des paysans voués à la famine, à la misère, aux brimades, à l'incarcération et aux exécutions. Qu'est-ce qui nous a pris, pourquoi avons-nous pris en haine ce que nous avions de plus vénérable, de plus sain, de meilleur, à savoir notre civilisation agraire antique, humaine et pleine de sens? Je me souviens d'un peintre juif new-yorkais, propriétaire d'un mas en Provence, qui parlait avec une haine hallucinante des paysans du coin, et m'avait répondu quand je m'en étais étonnée: "les paysans font échouer toutes les révolutions". C'était la réponse que m'avait donnée un petit communiste français quand je lui avais parlé des horreurs de la collectivisation: "Que veux-tu, les paysans ne comprennent rien aux révolutions". Mais pourquoi la faire, cette révolution, technique, scientifique, industrielle, bourgeoise, prolétarienne, quelle rage nous a tous pris d'entrer dans cette sanglante arnaque, dans cette prison et cette destruction systématique de tous nos peuples? Pourquoi tant d'imbéciles se sont mis à mépriser les paysans, leur culture ancestrale, pourquoi nous sommes-nous reniés, pourquoi avons-nous choisi notre auto-domestication et notre avilissement, notre dénaturation, et quels avantages en avons-nous retirés, quel monde tout cela a-t-il enfanté, et à quel prix? 

Si j'aime tellement la Russie, c'est que malgré les ravages soviétiques, puis libéraux sur la société paysanne, elle fleure encore la campagne, celle du moyen âge, fervente, généreuse et fantastique. Mais pour combien de temps? Car le Moloch lâché en premier sur le monde par les Anglais ne fait que gagner en monstruosité et en infernale astuce.

Dans la foulée de cet interview, je suis tombée sur un remarquable documentaire, malheureusement sans sous-titres: 
Quelque part en Russie, un prêtre, le père Victor Saltykov, sauve un village de la disparition complète, programmée par tous les monstres d'une humanité affolée par le diable et son train. Dommage que je ne puisse traduire tous ses propos, qui sont parfois peu intelligibles, mais ce qui est compréhensible est très consistant. De ce village perdu dans l'immensité de cet océan de terre peuplé de paysans qu'était la Russie, le prêtre dit qu'il est matériellement le plus pauvre et ajoute: "Quoique bien sûr, on ne peut pas dire que nous soyons vraiment pauvres, est-ce qu'on est pauvre, quand on a autour de soi cette beauté et cette grâce? "

Et en effet, je vous le demande: qui, dans les hideuses cages de béton où nous fait vivre la civilisation technique, dans les labyrinthes exténuants de ces villes hypertrophiées, peut dire qu'il a autour de lui la beauté et la grâce?

Dans ce village du fin fond de la Russie, la vie est lente, contemplative, les gens travaillent à leur rythme, et comme dit le prêtre, ils ont tout sous la main, la terre, ses fruits, un endroit pour se reposer, un endroit pour se baigner. Pas de médecin, mais dit le prêtre, avec la vie que nous menons, nous ne sommes jamais malades. Quand nous le sommes, c'est que c'est le moment de mourir. D'ailleurs, j'ai déjà repéré l'endroit où je veux être enterré, et j''espère maigrir d'ici-là, pour que les bonshommes d'ici n'aient pas trop de mal à me porter. 
Les visages des gens sont calmes, leurs sourires lumineux. Regardez les visages de fous furieux ou de fantômes hagards qui vous entourent en ville, dans le métro, au boulot. Sommes-nous faits pour cela?

Le père Victor parle de l'arche de Noé: "Très peu de gens sont venus y monter, mais les bêtes sont arrivées toutes seules, Noé n'a pas eu à leur courir après. Il y a un temps pour prier et un temps pour construire une arche. Et cette arche reste un moment ouverte à tous ceux qui voudraient y entrer. Mais quand les portes se fermeront, il sera trop tard".

Traversant des hectares retournés à l'état sauvage, il explique: "Cela n'était jamais arrivé, depuis des siècles, même pendant la guerre, ces terres étaient travaillées, et maintenant, regardez..." Sa constatation rejoint les réflexions de Chafarévitch: assassiner la paysannerie, c'est assassiner la Russie, mais c'est aussi assassiner la France, comme on le voit aujourd'hui, c'est assassiner les peuples, leur mémoire, leur histoire, et de gros salauds qui ont organisé tout cela viennent nous dire maintenant que nos villages désertés en résultats de leurs efforts, de leurs entreprises néfastes et méticuleusement implacables, peuvent être repeuplés par les Africains!

Hier, devant un passage de montgolfières dans le ciel de Pereslavl, Katia évoque le paysan russe qui parvient à voler dans les airs, au début du film Andreï Roublev, et se tue à l'issue de l'expérience. "J'ai lu quelque part, lui dis-je, qu'un type était vraiment arrivé à voler, et c'était sous Ivan le Terrible, qui l'a fait exécuter, parce qu'il considérait que l'homme n'était pas fait pour voler dans les airs".Or le prêtre, dans le film, explique: "Voir la terre depuis le cosmos, cela paraît extraordinaire à des tas de gens, mais vivre sur la terre normalement, ils n'en sont plus capables, or regarder la terre de l'extérieur, nous ne sommes pas faits pour cela, nous ne sommes pas faits pour regarder de l'extérieur, nous sommes faits pour être dedans, regarder de l'extérieur, c'est mauvais pour l'âme".

La première fois que j'ai pris l'avion, j'étais émerveillée, et pourtant, assez vite, je me suis rendu compte, moi qui suis fascinée par les nuages, lorsque je les regarde depuis la terre, par leurs ombres et leurs lumières, leurs formes et leurs couleurs, toujours changeantes, que la "mer de nuages" vue d'en haut, d'au dessus, n'avait pas grand intérêt: c'est plat, c'est blanc, c'est sans nuances. Ce que les nuages ont à nous dire se passe dessous, entre la terre qu'ils ombragent et inondent, et leurs dérives monumentales, leurs monts et leurs caravanes, leurs architectures, leurs armées, l'endroit du tableau que Dieu a composé pour nous.

La technique est mauvaise pour l'âme quand elle prend le dessus sur nous et sur la vie. "Les anges sont dans ce qui est simple, et dans ce qui est élaboré, il n'y a rien": proverbe russe cité par le père Victor.

Pour finir, le père Victor déclare: Il ne faut pas sauver la nature, sauvons-nous nous mêmes, et la nature sera sauvée. Il ne faut pas sauver l'Eglise, c'est elle qui nous sauve. Il en faut pas sauver la Russie, il faut l'aimer. Et il ne faut pas sauver le village, il faut y vivre"... C'est encore une des raisons qui m'ont fait préférer, en fin de compte, la Russie à la France, ce genre de visions profondes, essentielles, de ce qui nous arrive à tous. Certes, en France, pas mal de gens se rendent compte que la modernité les fait passer à côté de la vie, non seulement de ses joies mais de son sens réel, de sa nécessité, mais ils ne voient pas les racines du mal ni les véritables issues et se lancent dans des retours à la terre new age avec tam-tams exotiques, sans se retrouver, sans retrouver leurs sources, sans se placer dans le doit fil de leur mémoire éternelle, et sans exigence intérieure fondée.

Si j'étais un peu plus jeune, je rejoindrais une de ces "réserves russes" du fond de l'océan de terre, mais à mon âge, cela ne vaut sans doute plus le coup. Cependant, à tous les autres, je recommanderais de suivre les conseils du père Victor et d'entrer dans l'arche avant que les portes ne se ferment. D'être audacieux et de tourner le dos à Babylone et son tumulte.





Jean-Claude Larchet: Réimpression des « Homélies sur les évangiles des dimanches et jours de fête » de saint Nicolas Vélimirovitch


Les éditions L’Äge d’Homme ont réimprimé «Homélies sur les évangiles des dimanches et jours de fête» de saint Nicolas Vélimirovitch. Le volume était épuisé depuis plus de deux ans, et cette réimpression était très attendue.
La partie de la collection éditée à L’Âge d’Homme dans la collection «Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle» est maintenant de nouveau au complet puisqu’ont été également réimprimés au cours de ces derniers mois: Saint Nicolas Vélimirovitch, Le Prologue d’Ohrid, tome 2; Higoumène Nikon Vorobiev, Lettres spirituelles; Père Isaac, L’Ancien Païssios de la Sainte Montagne; Moniale Juliana, Le Père Alexis Métchev, starets de Moscou; Ancien Joseph l’Hésychaste, Lettres spirituelles; Saint Porphyre, Anthologie de conseils; Saint Porphyre, Vie et paroles; Jean-Claude Larchet, Saint Gabriel, fol-en-Christ de Géorgie.
Ces ouvrages peuvent être commandés sur le site des Éditions L’Âge d’Homme, à la Librairie du monastère de la Transfiguration, à la librairie La Procure, et dans la plupart des librairies des monastères orthodoxes.
Le volume intitulé «Homélies sur les évangiles des dimanches et jours de fête», qui a 680 pages, rassemble soixante homélies de saint Nicolas Vélimirovitch (1881-1956) pour les trois cycles liturgiques majeurs de l’année liturgique : de la Nativité, de Pâques et de la Pentecôte (avec tous les dimanches «après» la fête).
Ces homélies, qui commentent l’évangile du jour, se proposent d’expliquer en détail le contenu du texte. Toujours cependant, elles commencent par des considérations générales en rapport avec le thème principal, qui pourraient suffire à constituer le sermon si l’auteur cherchait seulement à tirer un enseignement spirituel de l’épisode relaté. Ces introductions donnent lieu à des considérations plus personnelles, où l’on reconnaît le style lyrique très caractéristique de celui que l’on a surnommé «le Chrysostome serbe». Mais la suite est toujours une explication soigneuse, menée pas à pas, de la péricope évangélique. Mgr Nicolas y combine harmonieusement les deux types d’exégèse que connaît la tradition patristique et orthodoxe : d’une part, il s’attache beaucoup à la littéralité du texte, à sa forme, à son contenu historique, au contexte social et religieux, à la psychologie des acteurs ; d’autre part, il voit dans les récits évangéliques des allégories et des symboles, et dégage leur sens moral et spirituel.
On retrouve dans ces commentaires, malgré l’obligation de coller à un texte déjà bien connu, la capacité géniale qu’a l’évêque Nicolas d’avoir une approche sans cesse nouvelle et originale tout en préservant un contenu parfaitement traditionnel. C’est pourquoi ses homélies, bien qu’elles portent sur des textes souvent répétés et souvent commentés, ne donnent jamais une impression de redite, de déjà lu ou de déjà entendu, mais renouvellent, d’une manière vivante et souvent inattendue, notre approche de l’Évangile.

Humour phanariote involontaire


Pour ceux qui désirent affiner leur  diagnostic de schizophrénie du "patriarche" d'Istanbul et mieux cerner la phanaropathie délétère de Sa Suffisance:
grand moment d'humour involontaire garanti!

mardi 23 juillet 2019

Saint Nectaire d'Optina: Des afflictions

St. Macaire d'Optina

Nous ne savons pas pourquoi le Seigneur nous envoie des afflictions, mais il y a bien sûr trois buts principaux. Une de ces raisons - et peut-être très souvent - est qu'Il nous corrige avec Son sceptre paternel. Je suppose que c'est soit pour nous punir de nos péchés passés, car selon les paroles du saint Apôtre, Mais quand nous sommes jugés, nous sommes châtiés par le Seigneur, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde.(1 Cor. 11:32) ; soit pour éprouver notre foi et notre espérance dans le Seigneur ; soit, enfin, parce que sans affliction nous pourrions tomber dans certains autres péchés. De plus, le chemin des afflictions est le chemin vers le Royaume des Cieux.

***

La vie de l'homme est remplie d'afflictions, et nous devons entrer dans le Royaume des Cieux par beaucoup d'afflictions. Lisez l'histoire des temps anciens et vous constaterez que les grands hommes et les héros, les dirigeants des royaumes et les chefs des nations n'étaient pas étrangers aux afflictionss qui ont été envoyées à chacun d'eux par la très sage Providence de Dieu, soit par Sa bonne volonté ou par Son secours, pour tester leur foi, ou pour les punir des péchés. Même le premier-né fut témoin chez ses enfants du fratricide de Caïn et de la mort de son premier-né Abel, ce qui ajouta une douleur inexprimable à sa première affliction. Je passerai par-dessus les autres en silence, en ne rappelant que le pieux et saint Roi et Prophète David, quelles afflictions il porta en lui par ses enfants. Lisez son histoire et imaginez que vous n'êtes pas mieux qu'eux, et par les jugements de Dieu, qui nous sont inconnus, une telle tentation vous a été faite. Si vous le supportez dans la soumission, en vous souvenant de vos péchés, alors Dieu vous enverra la consolation....

***

Il n'est pas possible de vivre toute notre vie sans tentations ni afflictions, mais seulement dans la joie et l'insouciance. Sachez que Dieu prend soin de vous lorsqu'Il vous envoie des afflictions et des chagrins, et qu'Il veut à travers eux vous enseigner et vous rendre sages dans la raison spirituelle. Sans afflictions, nous ne pouvons être humiliés ni parvenir à la sagesse spirituelle. Et soyez tout à fait sûrs que, si ce n'est par la Grâce de Dieu, il ne nous arrive pas d'afflictions, même s'il semble que les gens en soient la cause - en fait, ils ne sont que les instruments que Dieu utilise dans l'œuvre de notre salut.

***

Les Saintes Écritures renforcent les guerriers spirituels par ces paroles : Fils, quand tu viendras au service de Dieu, tiens-toi dans la justice et la crainte, et prépare ton âme à la tentation. Humilie ton cœur, et résiste (Siracide 2:1-2). Et nous devrions avoir ceci comme premier article, le garder en mémoire et le suivre. Plus loin : Prends tout ce qui t'arrivera, et dans ton chagrin résiste, et dans ton humiliation, sois patient (Sir. 2:4). Avec cela, nous devons avoir une foi inébranlable en Dieu, "qu'un cheveu de ta tête ne périsse pas, et qu'aucun oiseau ne tombe à terre sans ton Père" (cf. Lc 21,18 ; Mt 10,29), et encore moins qu'il nous arrive quelque chose de triste sans la volonté de Dieu.

***

Quand nous regardons notre Seigneur Jésus-Christ souffrir innocemment, endurer les railleries, les attaques, les crachats, les coups, le déshonneur, la moquerie, la crucifixion, la couronne d'épines, le perçage de son côté, le clouage de ses mains et pieds très purs, nous allons voir quelles sont vraiment nos propres afflictions, provoquées par les insultes et le dédain. Après tout, car c'est à cela que vous êtes appelés : parce que Christ aussi a souffert pour nous, vous laissant un exemple pour que vous suiviez ses pas (1 Pierre 2,21), et bien que pas complètement mais dans une faible mesure, nous nous trouvons participants à Sa passion lorsque nous endurons courageusement et sans regimber les afflictions qu'Il nous envoie. Vous êtes dans une université divine - Il vous enseigne, Il veut faire quelque chose de bien de vous. Ne vous battez pas contre Lui !

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Miracle à Voron Lozovka



Cela a commencé le 28 mai dernier dans le village de Voron Lozovka, dans l'église de l'archistratège Michel, dans la province de Lipetsk (Russie)

Apparement, le 24 mai une relique prestigieuse était en visite dans l'église du lieu: la ceinture de la Mère de Dieu.

Le myrrhon a commencé à couler sur presque tout les icônes et surtout sur la Croix de l'autel 

Ça continuera à exsuder ce myrron en grandes quantités pendant une semaine. Sur la video on voit les fidèles vénérer la croix sous laquelle on a mis un récipient pour recueillir le myrrhon qui coule sans discontinuer.

Merci à Svetlana G. de m'avoir transmis ces videos!


lundi 22 juillet 2019

Moine Barsanuphe (Kuznetsov): COMMENT ST. NICOLAS EST DESCENDU VERS LES SOLDATS DANS LES TRANCHÉES. UNE HISTOIRE VRAIE DE 1944



Cette histoire m'a été racontée par mon grand-père qui a participé aux événements décrits ci-dessous.

Mon grand-père Fyodor Sidorovitch est parti au front en 1941. Il fut affecté au 282e régiment d'infanterie de la 19e division d'infanterie. Dans les premiers mois de la guerre, il y eut des combats très violents et féroces sur le front occidental, et dès août 1941, il fut grièvement blessé à la tête, aux deux jambes et au bras droit. Après son rétablissement, il fut envoyé sur le front baltique. 

Mon grand-père reçut la joyeuse nouvelle de la victoire alors qu'il était à l'hôpital parce que peu de temps avant, en février 1945, il avait de nouveau été gravement blessé par un éclat d'obus de mortier lors d'une reconnaissance de contact près de Libava [le nom moderne : Liepāja - un port dans l'ouest de la Lettonie, en mer Baltique -NdT] Pour ses mérites au combat, mon grand-père Fiodor Sidorovitch reçut l'Ordre de l'Étoile rouge et d'autres ordres et médailles. Il n'était pas particulièrement enthousiaste à l'idée de se souvenir des années de guerre et préférait ne pas répondre aux questions de ses proches à ce sujet. Cependant, son grand-père partageait volontiers un épisode de son passé militaire, qui lui tenait tant à cœur. 

Il se considérait lui-même comme un homme religieux, bien qu'il n'ait jamais fait étalage de ses sentiments religieux aux yeux des gens. La flamme de la foi qu'il portait dans le creuset de la Grande Guerre patriotique [Seconde Guerre mondiale] avait été allumée en lui par ses parents. Et quand mon grand-père se souvenait de sa mère, il racontait cette histoire miraculeuse avec des larmes dans les yeux.

C'était en 1944. Il y avait partout un air de victoire imminente, mais la mort n'avait pas perdu son emprise. Une couverture de brume couvrait le champ de bataille, parsemé d'obus non explosés, et il y avait une odeur de brûlé. Il y eut un silence, interrompu par des coups de feu occasionnels de mitrailleuses. Trois soldats soviétiques - Sidor, Vasily et Fyodor - étaient assis dans une tranchée. Ils fumaient en silence et étaient pensifs.

Sidor était d'une famille paysanne. Orphelin dans sa petite enfance, il s'était habitué à endurer honorablement les épreuves de la vie. Ayant appris à utiliser une moissonneuse-batteuse, il était devenu l'un des meilleurs travailleurs de la ferme collective de son village natal.

La guerre entra dans la vie harmonieuse et heureuse de Vasily par la tempête, comme une pierre jetée à travers une fenêtre. Sa femme aimante et ses six enfants restèrent à la maison.

Fyodor, mon grand-père, pensait à sa mère à ce moment-là. La guerre la trouva gravement malade, pendant que Fyodor s'occupait d'elle. Donc sa mère malade avait besoin de soins. Il n'y avait plus d'autres parents, mais sa patrie bien-aimée avait besoin d'encore plus de soins filiaux. Fyodor se souvenait souvent du moment de leur séparation, lorsque sa mère l'embrassa sur le front, le bénit d'une croix d'une manière radicale et lui dit à la séparation : "Que Dieu te garde, mon cher fils !"

Au moment où les trois soldats étaient plongés au plus profond de leurs pensées, un vieil homme descendit dans leur tranchée. Il avait de bons yeux, un front haut et une chemise en lin... Il semblait qu'ils l'avaient déjà vu quelque part mais qu'ils ne savaient pas où exactement - tant de chemins avaient été foulés et tant de bottes usées... A ce moment, personne ne demanda au vieil homme d'où il était venu, mais il était absolument impossible de comprendre comment cet homme avait pu marcher dans le champ des mines à travers le sifflement des balles.

Personne n'est surpris par les miracles de la guerre. Le fait même que vous viviez seulement est considéré comme un miracle.

Et soudain Sidor se souvint qu'il avait vu ce petit vieillard à la maison ! Là, dans le coin de l'icône de sa hutte, il y avait une icône de saint Nicolas, et sa défunte mère priait souvent devant lui.

"Grand-père, quand cette maudite guerre prendra-t-elle fin ?" demanda timidement Fyodor.

"Bientôt, bientôt, mes fils ! répondit le vieil homme bon enfant et il sortit mystérieusement : "Mais cette guerre n'est pas la dernière. Quatre chevaux se battront aussi, et le cheval rouge gagnera !" [allusion aux quatre cavaliers de l'Apocalypse. NdT]

Leur conversation fut interrompue par le drone d'un avion ennemi. On entendit l'ordre du commandant : "Aux armes !" Le petit vieillard s'est levé tranquillement et ilest parti.

Fyodor voulait crier à l'étranger d'attendre que l'attaque ennemie soit terminée, mais on ne vit personne autour d'eux. Et puis il se rendit compte que saint Nicolas lui-même leur avait rendu visite. Dommage que leur rencontre ait été si brève car Fyodor voulait lui demander comment se sentait sa mère. Et en même temps, il s'aperçut que saint Nicolas était venu à eux non sans raison - cela signifiait que quelqu'un priait en larmes devant une icône du saint hiérarque, non seulement pour son propre fils, mais aussi pour chaque soldat russe qui a donné sa vie pour ses amis sur le champ de bataille, qu'il soit vivant ou mort.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Alexei Smirnov: COMMENT LE PATRIARCHE BARTHOLOMÉE GUÉRIT LE SCHISME ET RESTAURE L'UNITÉ DE L'EGLISE Un Tomos de schisme au lieu d'un Tomos d'unification

Photo : spzh.news
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L'auteur de cette analyse, Alexei Smirnov, est un chroniqueur religieux de premier plan en Ukraine. M. Smirnov écrit pour les principaux médias ukrainiens tels que Vesti et la chaîne de télévision 112. Il est également expert en études religieuses pour la chaîne NewsOne TV.
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Dans son interview à l'agence de presse bulgare BGNES, le Patriarche Bartholomée a déclaré : " Le facteur décisif qui a motivé le Patriarcat œcuménique à accorder l'autocéphalie à l'Ukraine était son désir de guérir le schisme existant et de rétablir l'unité de l'Eglise dans ce pays. Selon Bartholomée, c'est pour cette bonne cause qu'il a profité de son privilège d'accepter des appels contre les décisions d'autres Églises orthodoxes locales et d'accorder l'autocéphalie, sans tenir compte de l'opinion des autres.

Les paroles de Bartholomée sur le rétablissement de l'unité de l'Église semblent jolies de l'extérieur. Cependant, son action est loin d'être conforme aux canons adoptés en Orthodoxie, selon lesquels le Patriarche de Constantinople n'est que "le premier parmi ses pairs" (primus inter pares) et n'a pas d'autorité directe et de pouvoirs de décision spéciaux en plus de ceux exercés par les autres Primats. Plus important encore, ses actions ont conduit directement au résultat complètement opposé - au lieu de l'unification, elles ont causé un schisme encore plus grand dans l'orthodoxie ukrainienne.

Voici les faits les plus récents.
Le 20 juin 2019, à la cathédrale Saint-Volodymyr [Vladimir] de Kiev, le Patriarche honoraire de "l'église orthodoxe ukrainienne" [schismatique] Philarète a convoqué un "Concile local de l'Eglise orthodoxe ukrainienne du "patriarcat de Kiev" où il a annoncé la pleine reprise des activités de "son patriarcat".

Les participants du "Concile local" ont adopté une résolution sommaire de dix clauses, dans laquelle ils ont retiré leur signature de la décision prise lors du Concile d'unification du 15 décembre 2018 concernant la liquidation du "patriarcat de Kiev [schismatique] et la création de " l'église orthodoxe ukrainienne" [schismatique], proclamant plutôt que le patriarcat de Kyiv reprendra ses activités sous la direction permanente du "patriarche" Philarète. Ils ont également déclaré leurs droits exclusifs sur la gestion des monastères et des diocèses ukrainiens et étrangers qui faisaient autrefois partie de ce "patriarcat". De plus, Philarète et les membres de son "Concile" refusèrent de reconnaître les conditions du Tomos qui "privèrent l'Église ukrainienne de ses paroisses étrangères et la rendirent complètement dépendante du Patriarcat de Constantinople".

Philarète, désabusé par le soutien insignifiant de ses anciens hiérarques du "patriarcat de Kiev", a ordonné deux nouveaux évêques, les bénissant pour qu'ils prennent leur place au Synode du "patriarcat" nouvellement formé, qui a repris son travail. Il a rappelé que le Primat de "l'église orthodoxe ukrainienne [schismatique] sous Constantinople et la plupart de ses évêques avaient été ordonnés par lui sans aucun soutien ni reconnaissance du patriarcat de Constantinople et des autres Églises locales orthodoxes.

En réponse aux actions de Philarète, le synode extraordinaire de l'église orthodoxe ukrainienne [schismatique] sous Constantinople, tenu le 24 juin, a dépouillé le patriarche honoraire de son statut d'administrateur du diocèse de Kiev, expulsé de son épiscopat ses plus proches partisans et annoncé que les églises et monastères de Kiev seraient placés sous la juridiction du "metropolite Epiphane".

Ainsi, après seulement six mois, l'orthodoxie ukrainienne se trouve aujourd'hui dans la même situation difficile qu'avant la création de ce que l'on appelle l'église orthodoxe ukrainienne [schismatique] sous Constantinople et l'octroi du Tomos d'autocéphalie par le patriarche Bartholomée. Maintenant, au lieu de l'église  schismatique (avec l'Eglise canonique et le "patriarcat schismatique), qu'il y a maintenant une "église orthodoxe ukrainienne" [schismatique] nouvellement créée, contrôlée par Constantinople, en opération. Et les différends entre les Églises ont été remplacés par des saisies de pillards ainsi que par des attaques contre des églises, le tout avec la participation active de responsables gouvernementaux et de " militants " radicaux armés. Jusqu'à récemment, les principales victimes de ces actes illégaux étaient des ecclésiastiques et des paroissiens de l'Église orthodoxe ukrainienne canonique du Métropolite Onuphre. Aujourd'hui, littéralement un jour après le "Concile" du "patriarcat de Kiev", Philarète et le clergé qui le soutient ont commencé à se plaindre des insultes et des menaces proférées contre eux ainsi que des saisies forcées d'églises appartenant auparavant au "patriarcat de Kiev".

Les véritables objectifs du patriarche Bartholomée

Les faits d'un schisme de plus en plus profond dans l'orthodoxie ukrainienne sont si éloquemment énoncés que Bartholomée qui "aspire à restaurer l'unité de l'Eglise" devrait immédiatement, sinon révoquer les Tomos accordés à "l'église orthodoxe ukrainienne [schismatique]" (comme il l'a fait en novembre 2018 concernant l'exarchat des paroisses russes en Europe occidentale), puis au moins réunir une synthèse pan-orthodoxe pour discuter la situation en Ukraine et appeler les autorités ukrainiennes qui soutiennent une organisation religieuse, de cesser de se mêler de la destinée à l'Eglise orthodoxe.

Cependant, le patriarche de Constantinople ne fait rien de tel et n'a pas l'intention de le faire. La raison n'a rien à voir avec la confiance en soi de Bartholomée et sa croyance en sa propre correction canonique ni, en fait, en son désir de sauver la face. La vraie raison en est que les actions calculées de Bartholomée en Ukraine s'inscrivent pleinement dans la stratégie à long terme du Phanar qui vise à renforcer la position du Patriarcat de Constantinople et à établir son autorité sur les autres Églises orthodoxes locales. Selon la logique de cette stratégie, les Églises orthodoxes locales devraient reconnaître la primauté inconditionnelle du Patriarche de Constantinople (analogue à la primauté du Pape dans l'Église catholique), son privilège d'être l'arbitre unique et suprême dans tous les litiges ecclésiaux, ainsi que son droit à prendre des décisions individuelles et à établir la stavropégie sur les territoires de toutes les Églises orthodoxes locales. En outre, et selon cette stratégie, les Églises orthodoxes locales devraient à l'avenir limiter leurs activités exclusivement aux frontières nationales et abandonner leurs diocèses étrangers en faveur du Phanar.

Bartholomée a inclus indicativement tous ses objectifs dans le texte du Tomos d'autocéphalie qui a été accordé à l'"église orthodoxe ukrainienne". Selon ce Tomos, "l'Eglise orthodoxe ukrainienne"  reconnaît : 1) le trône œcuménique comme chef, comme sont supposés le faire tous les autres patriarches et primats" ; 2) le "droit inaliénable du trône œcuménique d'établir la stabilité partout" ; 3) la "responsabilité canonique du trône œcuménique de prendre des décisions judiciaires impératives pour toutes les Églises orthodoxes locales et ; 4) qu'elle ["église orthodoxe ukrainienne"] "ne peut pas nommer des évêques et établir des paroisses en dehors de ses frontières et doit renoncer à ses paroisses existantes en faveur du trône oecuménique, qui a des pouvoirs canoniques dans la diaspora.” C'est ce texte même que Bartholomée propose à toutes les Églises orthodoxes locales de reconnaître, confirmant ainsi ses pouvoirs spéciaux et illimités dans le monde orthodoxe.

D'ailleurs, l'Ukraine n'est pas la seule victime de la stratégie agressive du Phanar. Au cours des trente dernières années seulement, le patriarcat de Constantinople a d'abord englouti l'Exarchat américain de l'Église alexandrine, puis établi une Église apostolique orthodoxe estonienne autonome sur un territoire canonique étranger, puis transféré les paroisses américaines de l'Église orthodoxe grecque de Jérusalem à sa propre juridiction. Et dans l'intervalle entre ces saisies, elle a également contraint l'Église orthodoxe grecque à remettre à son contrôle trente-six paroisses dans les soi-disant "nouveaux territoires grecs". Après l'Ukraine, les prochaines actions offensives du Phanar pourraient être ciblées : reconnaître les Églises macédonienne et monténégrine (qui se trouvent sur le territoire canonique de l'Église orthodoxe serbe), l'Église abkhaze (située sur le territoire canonique de l'Église orthodoxe géorgienne), ainsi que les autres diocèses et paroisses appartenant aux Églises antiochienne, russe, roumaine et orthodoxe de Bulgarie en Europe occidentale, Australie et Amérique du Nord (auxquelles le Patriarcat de Constantinople est particulièrement intéressé).

Si, au cours de la réalisation par Phanar de sa stratégie à long terme, les Primats et les Conciles des Églises locales orthodoxes n'agissent pas collectivement contre elle, alors l'orthodoxie mondiale peut changer de la manière la plus radicale, et le patriarche de Constantinople du "premier parmi ses pairs" (primus inter pares) sera transformé en un nouveau Pape oriental (primus sin paribus) aux pouvoirs illimités dans le monde Orthodoxe. 

Le résultat d'une telle transformation pourrait en effet être une restauration dystopique de l'unité de l'Eglise sous l'impulsion du trône œcuménique et l'éradication complète de la conciliarité orthodoxe. Cela pourrait même conduire à une nouvelle union mondiale, après les unions lyonnaise et florentine, entre le Pape de Rome et le Patriarche de Constantinople.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après




dimanche 21 juillet 2019

LE MYSTÈRE DU MONT ATHOS

Entretien avec le représentant du monastère russe de Saint-Panteleimon sur le Mont Athos.

Hiéromoine Kirion (Olkhovik)
* 
Le deuxième dimanche après la Pentecôte, pour la Synaxe de tous les saints Pères théophores qui brillèrent sur le Mont Athos, nous avons parlé avec le hiéromoine Kirion (Olkhovik), représentant à la  Sainte Kinot) du Monastère russe de Saint Pantéleimon au Mont Athos.
Le Seigneur démontre visiblement quelles sont les conséquences du péché
 ***
Père Kirion, pouvons-nous vivre avec le Christ ?
-Aujourd'hui, l'Église n'est pas silencieuse : elle enseigne, prêche et parle ouvertement de cela. Tout est disponible aujourd'hui. Vous avez juste besoin d'écouter et de prêter attention à ces paroles. Mais ce n’est pas tout le monde qui écoute.
-Comment apprendre à écouter le Christ ?
-Il y a beaucoup d'obstacles. Même ceux qui sont actifs dans la vie de l'Église sont distraits par l'habitude d'être au courant des dernières nouvelles. Aujourd'hui, les gens ont beaucoup de toutes sortes de choses, mais ils oublient Dieu.
Pour corriger cette orientation dans la vie, qui est suicidaire pour l'éternité, le Seigneur nous envoie des afflictions : certains tombent malades, d'autres commencent à avoir des conflits familiaux. Il y a aussi des catastrophes graves au niveau national. Pourquoi ? Parce que la majorité a accepté et légalisé de fausses valeurs comme l'avortement. Alors Dieu, voulant corriger l'ensemble de la société, permet certaines catastrophes, crises et guerres mondiales pour que les gens puissent commencer à réfléchir sérieusement et à retrouver leurs esprits. Tout simplement, le Seigneur démontre visiblement quelles sont les conséquences du péché.
-Il y a les paroles suivantes dans le livre étonnant, La Guerre et la Bible, de saint Nicolas (Velimirovitch) : "Une nation qui s'est éloignée du Dieu Vivant Unique devient par essence une nation morte. Son âme, comme une ombre, tremble dans le monde, comme un chêne qui a été coupé à la racine, mais pas encore abattu. Les tremblements de terre, les inondations, la peste ou la guerre sont nécessaires pour faire disparaître cette ombre, pour abattre l'arbre coupé, pour enterrer les morts. Car s'éloigner du Dieu Unique, c'est se battre contre Lui et piétiner toute Sa Loi."
-Les gens peuvent se repentir et ainsi éviter de nombreux problèmes. Alors le Seigneur les bénit par la paix dans leur vie. Cela se trouve à la fois dans l'Ancien Testament et dans l'Evangile. Vous voulez vivre en paix ? Voulez-vous que vos champs produisent des récoltes ? Voulez-vous vous protéger des attaques ennemies ? Alors vous devez accomplir la loi - la Bible vous prescrit tout ce que vous devez faire.
-[Le saint évêque] Nicolas a recueilli de nombreuses citations de ce genre.
-Oui. Si on oublie cela, Dieu nous envoie des fléaux. Si notre foi s'éteint, le Seigneur permet des épreuves pour la raviver. Le Tout-Puissant ne veut pas que nous soyons tourmentés dans l'éternité. Et Il veut également que nous évitions de souffrir dans cette vie sur terre. Il nous a créés pour la joie. C'est nous qui choisissons un chemin pernicieux, de sorte que Dieu doit prendre de dures mesures pour nous sauver.
Entraînement de l'esprit
Quand les gens vivent-ils vraiment ?
Quand ils vivent selon le plan de Dieu, c'est-à-dire quand ils sont des êtres humains authentiques. Sinon, s'ils sont "atrophiés spirituellement", s'ils sont asservis par des passions charnelles, alors ils sont comme des animaux qui parlent. De telles personnes sont même incapables de contrôler leur propre instinct.
Il en va de même pour le corps : si le corps n'est pas nourri et non entraîné, il devient faible et malade....
-Il y a aussi des péchés – des "blessures", avec des péchés mortels – des "blessures incompatibles avec la vie"...
-Dans les sacrements de l'Église, le Seigneur peut même ranimer les âmes mortes.
Comment pouvons-nous nourrir et former notre esprit ?
-Nous sommes au début du carême des Apôtres - c'est le moment idéal pour nous souvenir de l'esprit. L'esprit est nourri par la lecture des Saintes Écritures, la pensée de Dieu, la prière, la communion au Corps et au Sang du Christ, les instructions des Saints Pères et les bonnes pensées. Il est formé par l'abstinence, la participation aux offices religieux et aux sacrements, et l'observation des commandements du Christ. Rendez grâce à Dieu aussi souvent que possible. Implorez-Le de vous donner force et pureté. Ce sont les bases de la vie spirituelle.
Tout comme dans la nature, un nourrisson humain est l'être le plus impuissant si l’on n’en prend pas soin, il en va de même dans la vie spirituelle....
-Un père-confesseur est nécessaire, non ?
-Absolument. Comme disait saint Paul : Pour moi, frères, ce n'est pas comme à des hommes spirituels que j'ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à des enfants en Christ. Je vous ai donné du lait, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas la supporter; et vous ne le pouvez pas même à présent, parce que vous êtes encore charnels. (1 Co 3, 1-2). De même, ni les enfants ni les néophytes adultes ne sont censés s'imposer un lourd fardeau.

Petit à petit, tout en suivant les conseils de personnes plus expérimentées, vous devriez réajuster votre moi intérieur à un mode spirituel : entraînez-vous à aller à l'église, en vous abstenant des bavardages et des divertissements inutiles, et trouvez du temps pour une règle de prière. Après un certain temps, si vous faites preuve de persévérance, tout cela deviendra un besoin vital pour vous : si vous sautez votre règle de prière une fois, vous aurez aussi faim que si vous n'aviez pas pris de petit déjeuner ou de dîner. Parce que votre esprit est déjà vivant...
Ainsi, la vie de l'esprit qui est appelé à la vie éternelle devient vraiment plus réelle que celle de notre corps physique, qui est condamné à mourir.
Et les jeûnes sont la meilleure période pour s'adapter à cette vie intérieure attentive et disciplinée. Vous pouvez demander conseil à votre père spirituel et recevoir sa bénédiction pour lire une sorte de littérature spirituelle qui est en accord avec votre état intérieur pour la période du jeûne. Et les œuvres patristiques rempliront votre esprit et votre cœur de significations et de pensées absolument nouvelles dans l'esprit de l'Evangile.
Nous perdrons l'Orthodoxie sans le jeûne
-Comment devenons-nous les enfants de Dieu ? Après tout, nos pères spirituels nous guident vers le Christ et non vers eux-mêmes.
-Au fur et à mesure que vous vous intégrez dans la vie de l'Église, vous sentez progressivement l'œuvre de l'Esprit Saint, qui commence à transformer votre esprit, à éclairer votre esprit, à purifier votre cœur, à soumettre votre volonté, à supprimer et à contrôler vos passions. "Vous ne pouvez pas avoir Dieu pour Père si vous n'avez pas l'Église pour mère "[Paroles de saint Cyprien de Carthage].
La Grâce divine ne violera jamais votre liberté. Le Christ a dit aux Juifs qui l'ont rejeté : Vous avez pour père le Diable (Jean 8:44). Ce sont eux qui ont choisi un meurtrier comme père, et sont nés dans son esprit dès le début (ibid.).
Ce n'est que par la prière et le jeûne (Mt. 17:21) que ce genre de choses se produit - c'est ce que le Seigneur a dit au sujet de la délivrance de l'esprit malin de Satan.
Le jeûne est la clé de la vie spirituelle. En abandonnant le jeûne, les protestants [et les catholiques] s'éloignent de plus en plus du message de l'Evangile. Le jeûne, c'est s'accorder à un mode spirituel juste, c'est l'occasion de se relever et de surmonter le relâchement qui est incompatible avec la prière.
-"Se détendre" est l'un des verbes les plus couramment utilisés chez les jeunes d'aujourd'hui. "Rester détendus ? Dieu nous en garde !" Nos pasteurs et missionnaires essaient de ramener ces gens à la raison. Dans la culture de masse d'aujourd'hui, nous voyons une substitution des concepts qui nous impose des choses destructrices comme s'il s'agissait d'un "but désiré". L'avortement n'est plus considéré comme un meurtre ; il fait plutôt partie de la "conception sans enfant". La liberté est quelque chose de bon dans la conscience de chacun, et la liberté "positive" des enfants s'impose. Mais c'est de la tromperie et de l'autodestruction.
-Sans la prière et le jeûne, nous sommes impuissants à résister à l'apostasie omniprésente, à l'écart général de l'idéal évangélique, qui conduira finalement à l'intronisation de l'antéchrist. Même dans certaines Églises locales orthodoxes, qui préfèrent réformer et simplifier tout ce qui est possible, les fidèles deviennent spirituellement faibles - le sel a perdu sa saveur (Matthieu 5,13)... Nous devons respecter nos règles orthodoxes du jeûne. Nous perdrons l'Orthodoxie sans le jeûne.
Maintenant, les Russes sont devenus si tièdes ! Ils doivent surmonter la tiédeur. Il n'y a plus «  l’étincelle de foi » que nous avons vue à l'époque de la renaissance de la vie ecclésiale en Russie après la chute du régime soviétique. Quand le rideau de fer a été levé, beaucoup de choses sont devenues accessibles, et l'Église n'a plus été persécutée.
L'esprit de foi jaillit sur la Croix
Avec l’archimandrite mégaloschème Jérémie (Alekhin)
-Comment ne pas éteindre l'esprit (cf. 1 Thess. 5, 19) ?
-En obéissant à votre père spirituel. La vraie prière n'est possible que s'il y a obéissance. Car la prière est le cœur de notre vie spirituelle : c'est par la communion avec Dieu que nous atteignons notre but, c'est-à-dire la théosis [divinisation].
-Savez-vous ce que le staretz Païssios disaient à propos de la prière ?
"Nous devons prier sans cesse et ne pas nous décourager. Plus nous nous tournons vers Dieu, plus nous avons confiance et joie. Quand j'ai servi dans l'armée, c'était une période de guerre troublée. J'ai travaillé comme opérateur radio et j'ai remarqué que nous ne nous sentions en sécurité que lorsque nous contactions le centre de la division toutes les heures. Lorsque nos contacts étaient limités à toutes les deux heures, nous nous sentions un peu anxieux. Lorsque nous n'étions parfois en contact avec eux que deux fois par jour, le matin et le soir, nous nous sentions mal à l'aise et anxieux d'être isolés et coupés de nos forces principales. Cela s'applique à notre prière - plus nous prions, plus nous nous sentons en sécurité en nous-mêmes."
Nous devons être des membres fidèles de l'Église orthodoxe, enflammer notre esprit de crainte de Dieu et accomplir nos devoirs chrétiens énoncés dans les Commandements du Christ. Le relâchement qui s'empare actuellement des gens est la pire des choses. Les tribulations peuvent commencer. L'esprit de la foi s'enflamme sur la Croix.
-Comment ne pas négliger la Croix qui nous est donnée dans la vie quotidienne ? Les chrétiens ne devraient pas attendre une "occasion historique" pour commencer à porter la Croix, n'est-ce pas ?
-Chacun de nous porte sa croix dans sa vie et il doit accomplir la mission que le Seigneur lui a confiée. Il est très important pour le chrétien de discerner la volonté de Dieu pour lui, sinon il perdra en vain son temps. L'apôtre dit : Rachetez le temps, car les jours sont mauvais (Ephésiens 5:16). Nous devons faire les choses qui sont d'une importance capitale et ne pas gaspiller nos dons en bagatelles.
Qu'est-ce qui rend la croix monastique unique ?
-Avant de rejoindre un monastère, chaque moine fait des vœux qu'il gardera en présence de Dieu et des frères. "Une vie de jeûne" est l'un des styles de vie les plus désirés des moines. La mission des moines, en particulier des moines du Mont Athos, est la suivante : Nous sentons cette obligation qui nous est confiée par l'Église, que la prière et la propitiation au Seigneur ne doivent pas s'arrêter un seul instant dans le monde. Si cela arrive, la fin viendra. "C'est par la prière monastique que le monde existe encore, disait saint Silouane l'Athonite.
Les offices religieux sont la source de la sanctification
-Comment prient les moines sur le Mont Athos ?
-Sur le Mont Athos, la prière se fait surtout la nuit - quand les gens dans le monde s'endorment, les moines "veillent". La prière commune quotidienne dure de huit à dix heures ; la veille des fêtes, lorsque la Vigile est célébrée, la prière dure plus longtemps. De plus, il y a la prière privée, ainsi que la prière de Jésus qui est répétée pendant la journée pendant que les moines exécutent leurs obédiences.
(Lors de la visite du chef vénérable de Saint Silouane l'Athonite en Russie)
Dans les années 1980, lorsqu'il devint possible d'inviter des moines d'URSS à rejoindre les frères du monastère russe de Saint-Pantéléimon sur le Mont Athos, la question de la réintroduction de l'ancienne règle, écrite par les startsy Jérôme (Solomentsov) et Macaire (Souchkine), se posa. Notre higoumène, le Père Jérémie (Alekhine),  voulut l'harmoniser avec les traditions spirituelles générales du Mont Athos. Nous, les jeunes moines, nous étions enthousiasmés par l'expérience grecque de l'époque...
Mais le staretz Païssios, bien qu'il soit grec, nous en a fait reproche ainsi :
"Le monastère russe a ses propres traditions, dit-il. "Prenez soin de les ranimer. Ces traditions ont produit le staretz Silouane ; ses écrits sont une doctrine complète du salut, et ceci est votre héritage, c'est l'expérience de plusieurs générations de Pères du monastère de Saint-Pantéléimon, adoptée et exposée par un simple moine, qui est maintenant vénéré par tout le Mont Athos."
Le Père Païssios a souligné que le podvig [exploit spirituel] de son père spirituel, le staretz Tikhon (Golenkov), aurait été impossible dans l'environnement grec parce qu'il était connu pour son amour remarquable pour les offices religieux. Les services étaient pour lui une source de sanctification. Et c'est avant tout une caractéristique distinctive des ascètes russes, comme l'a noté le staretz. "Dans d'autres monastères athonites, l'attitude à l'égard des offices religieux n'est guère comparable à celle du monastère russe, " disait-il.
Le staretz Tikhon (Golenkov) au centre, avec Saint Paisios en arrière-plan – il prend l'eau d'un tonneau pour l'offrir aux invités. 1966.
-Nous avons récemment publié une interview avec l’évêque Agapit (Goratchek), archevêque de Stuttgart, sur la vénération spéciale des saints dans l'Eglise orthodoxe, qui se reflète dans nos offices. Je me souviens que l’higumène Pierre (Pigol) a raconté qu'une fois, après avoir entendu des plaintes au sujet des problèmes rencontrés dans la restauration du Metochion Athonite à Moscou, il a demandé combien d'autels ils avaient là et il lui a donné une tape sur l'épaule, en disant : "Les saints ne dorment pas, ils prient pour nous !"
-Et tous les problèmes ont été résolus.
Père Kirion, comment êtes-vous devenu moine ?
-C'est un appel de Dieu. Chacun de nous doit entendre cet appel, y répondre et ne pas éteindre la flamme qui a été envoyée dans son cœur. Ce fut le cas pour moi aussi.
Et comment avez-vous fini sur le Mont Athos ?
-C'était l'appel de Dieu et de la Mère de Dieu aussi. Elle appelle au Mont Athos qui elle veut. Certains y restent, d'autres ne peuvent pas s'habituer à l'endroit et partent. Vous devez suivre la règle athonite stricte. La lutte avec les pensées y est très intense - vous ne pourrez y résister que si vous les révélez tout le temps à votre père spirituel.
-Comment ne pas nous laisser décourager par les difficultés et ne pas fuir notre Golgotha ?
-Pour cela, nous devons nous rappeler que le sacrifice de la Croix est toujours suivi de la Résurrection dans la vie des chrétiens. Tout est interconnecté. Ces deux événements doivent être considérés comme une unité. C'est un trait distinctif de l'enseignement orthodoxe. Le Golgotha est suivi de la Résurrection, mais il n'y a pas de résurrection sans Golgotha.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Dans le diocèse de Lviv, une icône thaumaturge exsude du myrrhon



Un miracle s'est produit le 9 juillet, fête de l'Icône de la Mère de Dieu qui pleure de Lviv/Tikhvin, alors qu'une copie de l'icône thamaturge commençait à exsuder du myrrhon.

L'icône de Lviv/Tikhvin est conservée dans la cathédrale Saint-Georges de Lviv, et la copie de l'icône  myrrhoblyte est située dans l'église Saint-Amphilochios de Pochaev à Mostiska, à 40 miles à l'ouest de Lviv, rapporte le diocèse de Lviv de l'Église orthodoxe ukrainienne [canonique].

Avec la bénédiction de Son Éminence Mgr Philarète, archevêque de Lviv, le recteur, l'archiprêtre Nicolas et la communauté ont servi un paraclèse avec un acathiste à la Très Saint Génitrice de Dieu.

Le Père Nicholas continue à garder un oeil sur l'icône.

***

Photo : upc.lviv.ua

L'icône  originale de la Mère de Dieu de Tikhvin a été peinte par l'Evangéliste Luc et envoyée à Antioche. Plus tard, elle fut transférée à Jérusalem et, au Ve siècle, à Constantinople, où elle resta jusqu'au XIVe siècle, où elle apparut sur le territoire de la Rus' de Kiev.

Plus tard, une copie de l'icône fut peinte et bénie sur le Mont Athos et donnée au consulat impérial russe à Lviv. Cette copie est devenue connue sous le nom d'Icône de la Mère de Dieu qui pleure de Lviv/Tikhvin.

En 1997, sur la recommandation de Son Excellence l'Evêque Augustin de Lviv, l'icône a été officiellement reconnue comme miraculeuse par le Saint Synode de l'Eglise Orthodoxe Ukrainienne et est maintenant fêtée chaque année le 26 juin et le 9 juillet.

Version française Claude Lopez-Ginisty
ORTHOCHRISTIAN

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Une icône semblable s'était déjà révélée myrrhoblyte au Mont Athos, dans la skite russe du Prophète Elie.

Cette icône se trouve derrière l'autel de la skite du Prophète Elie sur la Sainte Montagne de l'Athos. Le 17 février 1877, jeudi de la seconde Semaine du Grand Carême, après la lecture des heures, alors que sept moines étaient encore dans l'église, ils virent des larmes couler de l'œil droit de l'icône et qui se rassemblaient sur le cadre. Ensuite une grande larme vint dans l'œil gauche. 

Les moines essuyèrent ces larmes, quittèrent l'église en refermant les portes à clef derrière eux. Lorsque, trois heures étant passées, ils furent de retour pour l'office des Vêpres, il virent à nouveau des traces de larmes et une seule larme dans l'œil gauche. 

Ils essuyèrent à nouveau l'icône, et les larmes ne revinrent plus. Pour remercier la Mère de Dieu, ils décidèrent de commémorer cette manifestation tous les 17 février/2 mars.