"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 9 mars 2014

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX


24 février / 9 mars
Dimanche de l’Orthodoxie

Première (IVè siècle) et seconde (452) invention du Chef du saint prophète, précurseur et baptiste Jean. Saint Erasme des Grottes de Kiev (vers 1160)

Liturgie de saint Basile le Grand

Lectures : Hébr. XI, 24–26, 32 – XII, 2 ; Jn. I, 43–51. St Précurseur: 2 Cor. IV, 6–15; Мatth. XI, 2–15.

Triomphe de l'Orthodoxie
AU SUJET DES ICÔNES

L
ors du chant de l’hymne Acathiste à la Mère de Dieu, nous entendons : « Réjouis-toi, éclat de la lumière sans déclin, réjouis-toi rayon du jour mystique ». Tel un rayon de lumière venant de l’autre monde, l’icône est la manifestation du siècle à venir, car en elle nous voyons Dieu avec nos yeux corporels. Pour cette raison, lorsque nous faisons face à l’icône, nos yeux ne s’arrêtent pas à la matière – le bois et les couleurs – avec laquelle elle est faite, mais notre intelligence les dépasse et s’élève à la connaissance des mystères invisibles, tandis que l’honneur qui est offert à l’icône, est attribué au personnage représenté, et de là, à Dieu, la Source de la sainteté.
Dans ce sens, l’icône a une grande importance pour notre salut. Elle est un modèle pour nous, nous montre comment nous devons être, la sainteté que nous devons réaliser dans notre vie à l’aide de la Grâce du Saint-Esprit. Et elle est non seulement un modèle, mais un maître spirituel dans notre vie chrétienne. Car les Saints représentés sur les icônes, dont tous les sens corporels sont sourds et muets au monde extérieur, sont l’incarnation de la prière, et l’icône elle-même est prière. De plus, la grâce qui habite dans l’icône n’est pas sans effet. Elle se communique aux fidèles qui la vénèrent, elle sanctifie les yeux de ceux qui la voient, elle guérit les faiblesses de l’âme et du corps et elle est une puissante protection contre les ennemis.
Lors de la première semaine du Carême, nous luttons nous aussi contre les forces adverses, nous purifions notre âme et notre corps par la pénitence, les labeurs ascétiques, les larmes, la Communion aux Saints Mystères, pour renouveler en nous l’icône de l’homme spirituel. Dans quelle mesure y parvenons-nous ? La fête des saintes icônes place devant nous les exemples parfaits des Saints, pour que nous puissions effectuer une comparaison en voyant qui nous sommes et qui nous devons être. Après avoir fait face à notre différence avec les exemples des Saints, il nous faut considérer cela avec humilité, augmenter notre ardeur pour les labeurs et nous purifier intérieurement, principalement par le jeûne. Il nous faut encore « donner le sang et recevoir l’esprit », comme le disent les Pères pour être digne de la vie bienheureuse des Saints. Dans ce but, nous avons deux aides : la Grâce Divine, les prières des Saints et leurs saintes icônes. Lorsque nous les vénérons et embrassons avec piété, nous communions aussi à la grâce du Saint représenté, nous recevons de la force et un encouragement dans la lutte, que nous devons accomplir victorieusement.

Père Petroniu Tanase (+ 2011)

 Tropaire du dimanche du 4ème ton
Свѣ́тлую воскресéнiя про́повѣдь отъ Áнгела yвѣ́дѣвша Гoспо́дни yчени́цы и пра́дѣднee осужде́нie отве́ргша, Aпо́столомъ xва́лящася глаго́лаху : испрове́́pжеся cме́рть, воскре́сe Xpистócъ Бо́гъ, да́руяй мípoви ве́лiю ми́лость.
Les saintes femmes, disciples du Seigneur, ayant appris de l’Ange la radieuse nouvelle de la Résurrection, rejetèrent la condamnation des premiers parents, et, pleines de fierté, dirent aux Apôtres : « La mort a été dépouillée, le Christ est ressuscité, donnant au monde la grande miséricorde ! »

Tropaire du saint Précurseur, ton 4  
Отъ земли́ возсiя́вши, Предтéчева главá лучи́ испущáетъ нетлѣ́нiя вѣ́рнымъ исцѣлéнiй,  свы́ше собирáетъ мнóжество Áнгелъ,  дóлѣ же созывáетъ человѣ́ческий рóдъ  единоглáсную возсылáти слáву Христý Бóгу.
S'étant levé de terre, le chef du Précurseur irradie comme un soleil sur les croyants  les rayons de l’incorruptibilité et les guérisons; il rassemble la multitude des Anges dans le ciel et sur terre convoque le genre humain pour rendre gloire, d'un même chœur, au Christ notre Dieu.

Tropaire du 1er dimanche de Carême, ton 2
Пpeчи́стому о́бpaзу Твоему́ покло-ня́емся благі́й, прocя́ще прoще́нія пpeгpѣшeній нáшихъ Xpисте́ Бо́же ; во́лею бо благоволи́лъ ecи́ пло́тію взы́ти на Kpécтъ, да изба́виши, я́же созда́лъ ecи́, отъ рабо́ты вжія. Tѣ́мъ благода́рственно вопіе́мъ Ти́ : páдости испо́лнилъ ecи́ вся́ Cпáce на́шъ, прише́дый спасти́ мípъ.
Nous vénérons Ta très pure Image, Toi qui es bon, en implorant le pardon de nos fautes, ô Christ Dieu. Car Tu as bien voulu, dans Ta chair, monter sur la Croix, afin de délivrer ceux que Tu as créés, de la servitude de l’ennemi. Aussi, Te rendant grâce, nous Te crions : Tu as tout rempli de joie Sauveur, en venant sauver le monde.





Kondakion du dimanche, du 4ème ton
Спа́съ и изба́витель мо́й изъ гро́ба я́ко Бо́гъ воскреси́ отъ у́зъ земноро́дныя, и врата́ а́дова сокруши́, и я́ко Влады́ка воскре́ce тридне́венъ.
Mon Sauveur et mon Rédempteur, au sortir du Tombeau, a libéré les humains de leurs chaînes et a fracassé les portes de l’enfer ; en Maître, Il est ressuscité le troisième jour.

Kondakion du saint Précurseur, ton 6
Прорóче Бóжiй и Предтéче благодáти,  главý твою, я́ко ши́покъ свящéннѣ́йшiй, отъ земли́ oбрѣ́тше,  исцѣлéнiя всегдá прiéмлемъ,  и́бо пáки,  я́коже прéжде,  въ мíрѣ проповѣ́дуеши покая́нiе.
Prophète de Dieu et Précurseur de la grâce,  nous qui sur terre avons cueilli ta tête comme une rose sacrée,  par elle nous recevons en tout temps les guérisons,  car tu continues de prêcher au monde, comme jadis, le repentir.

Kondakion du 1er dimanche de Carême, ton 8
Нeoпи́санное cло́во Óтчее, изъ Teбе́ Богopóдице описа́ся воплощaeмъ : и ocквépншійся о́бpaзъ въ двнее вообpaзи́въ, Боже́ственною добтою смѣcи́ : но иcповѣ́дающе спасе́нie, дѣ́ломъ и cло́вомъ, cié вообpaжáeмъ.
Le Verbe incirconscriptible du Père, fut circonscrit en s’incarnant de Toi, ô Mère de Dieu. Restaurant sous son ancien aspect l’image souillée, Il la mêla à la Divine beauté. Mais confessant le salut, nous le représentons en actes et en paroles.

Au lieu de « Il est digne en vérité... », ton 8
О Teбѣ́  páдуeтся, Благода́тная, вся́кая твápь, Áнгельскій coбópъ и человѣ́ческiй póдъ, ocвяще́нный xpáме и paю́ слове́сный, дѣ́вственнaя пoxвaлó, изъ Heя́же Бо́гъ воплоти́cя, и Mладе́нецъ бы́́сть, пpéжде вѣ́къ сы́й Бо́гъ  нáшъ; Ложесна́ бо Tвоя́ пpecто́лъ coтвopи́, и чpéво Tвое́ простра́ннѣe небécъ coдѣ́лa. О Teбѣ́ páдуeтся Благода́тная, вся́кая твápь, cлáва Teбѣ́.
En Toi se réjouissent ô Pleine de Grâce, toute la création, le chœur des anges et le genre humain. O Temple sanctifié, ô paradis spirituel, ô Gloire virginale, c’est en Toi que Dieu s’est incarné, en Toi qu’est devenu Petit Enfant Celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. De Ton sein, Il a fait un trône plus vaste que les cieux. O Pleine de Grâce, toute la création se réjouit en Toi. Gloire à Toi.



PREMIERE ET SECONDE INVENTION DU CHEF DE ST JEAN BAPTISTE[1]

Le banquet d’Hérode ayant été arrosé par le sang du plus grand des prophètes et Précurseur du Christ, les disciples de Jean allèrent ensevelir son corps (Mt XIV, 11), tandis que la perfide Hérodiade, s’étant saisie de la tête sanglante qu’on lui avait présentée sur un plateau, la faisait enterrer profondément dans un lieu indigne, proche du palais d’Hérode à Machéronte. Bien longtemps après, deux moines venus d’Orient arrivèrent en Palestine pour vénérer les Lieux saints. Le saint Précurseur leur apparut de nuit, à l’un et à l’autre séparément, et leur dit : « Rendez-vous au palais d’Hérode, vous y trouverez là ma tête qui gît sous terre. » Guidés par la grâce divine, ils n’eurent pas de peine à découvrir l’endroit où était enfouie la précieuse relique, et, rendant grâce à Dieu, ils la mirent dans un sac et prirent le chemin du retour. Sur la route, ils rencontrèrent un potier, originaire d’Émèse, qui, réduit à la misère, avait quitté sa patrie en quête d’un sort meilleur. À la suite d’une nouvelle révélation nocturne du Précurseur, il s’empara de la sainte relique et rentra à Émèse, où il connut dès lors une grande prospérité. Lorsqu’il fut sur le point de quitter cette vie, il mit ce trésor inestimable dans un coffre et le légua à sa sœur, en lui recommandant de ne pas l’ouvrir sans en avoir reçu l’ordre de celui qui s’y cachait, et de le transmettre à son tour, lorsque le temps viendrait, à un homme pieux et ami de Dieu. Le chef du Précurseur passa ainsi de l’un à l’autre et parvint finalement à un moine et prêtre, du nom d’Eustathe, qui pratiquait l’ascèse dans une grotte non loin de la ville d’Émèse, mais qui professait en secret l’hérésie d’Arius. Emporté par l’orgueil, celui-ci s’attribuait à lui-même les guérisons qui s’accomplissaient en abondance auprès de ce précieux trésor, et tirait un honteux profit de la grâce divine. Son hérésie et ses méfaits ayant été bientôt dévoilés, il fut chassé par les orthodoxes, et la vénérable tête du Précurseur resta cachée dans la grotte jusqu’au temps où le pieux Marcel, homme cher à Dieu et ami de la vertu, fut désigné comme supérieur du monastère qui avait été fondé près de la grotte, sous le règne de l’empereur Marcien (450-457) et l’épiscopat de l’illustre Ouranios, évêque d’Émèse. Le saint Précurseur apparut alors à plusieurs reprises à Marcel et lui témoigna sa faveur en l’embrassant affectueusement et en lui donnant un vase plein de miel. Puis, guidé, sur son ordre, par un astre qui s’arrêta au-dessus d’une niche de la grotte, Marcel se mit à creuser, après avoir encensé l’endroit. Il découvrit alors, sous une plaque de marbre, la sainte relique cachée dans une amphore, et il la vénéra avec des larmes de joie. Cette insigne relique, conservée dans un reliquaire de verre, fut déposée par la suite (761) dans l’église principale d’Émèse et devint pour la cité une source de bénédictions et de bienfaits de toutes sortes, jusqu’au temps de son transfert à Comanes en Cappadoce, sous la menace de l’invasion arabe (810-820).

LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Lc. XXIV, 12-35
Liturgie : Hébr. I, 10- II, 3 ; Hébr. VII, 26 – VIII, 2; Mc. II, 1-12 ; Jn. X, 9-16



[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

samedi 8 mars 2014

STARITZA NIKODIMA DE DIVIYEVO † 2/15 mars ( 1990) [11]


11 . Les orphelins élevés

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 The children of the orphanage in pre-revolutionary Diveyevo.
Les orphelins de l'orphelinage de Diviyévo avant la Révolution

La troisième sœur était Simotchka [diminutif de Synclétique], qui fut également élevée dans l'orphelinat de Diviyévo, mais elle s'est mariée avec la bénédiction de Père Séraphim. Sa vie n'a pas été facile. Elle est morte d'un cancer alors qu'elle était encore jeune. C'était difficile pour Matouchka. Après la mort de Père Séraphim, onze orphelins, ses neveux et nièces, furent sous sa responsabilité. Elle avait une grande famille. Certains étaient morts, d'autres avaient péri au front, et les enfants sont devenus orphelins. Ainsi, il s'est avéré que tous se sont retrouvés avec Matouchka.

A peine la Reine Céleste l'avait-elle bénie pour élever des enfants que tous ces enfants pleuvaient sur elle. Elle avait pris soin du staretz pendant douze ans, et maintenant qu'il avait disparu, le Seigneur lui attribuait une nouvelle obédience. Sa maison était pleine d'enfants, et c'étaient des temps de disette. "Ces enfants," racontait-elle, "couraient après moi tirant sur le bas de ma robe, en disant: "Maman, nous voulons manger. Maman, nous voulons un peu de lait." J'étais moi-même tout en larmes, et je les a placés devant l'icône de la Mère de Dieu: "Où vais-je obtenir du lait pour vous. Demandez à la Mère de Dieu!" Alors, ils se tenaient devant l'icône de la Mère de Dieu et répétaient : "Maman, Maman, nous voulons un peu de lait."

Mais bien sûr que c'était juste une horreur que d'essayer de comprendre ce qu'il fallait faire avec eux. Onze enfants, pas de place dans la maison, la pauvreté, la faim, et je ne savais pas ce que j'allais faire avec eux. Et Simotchka était alitée, en train de mourir d'un cancer." 
Elle devait se rendre dans une autre maison de l'autre côté de la ville pour s'occuper de sa soeur mourante, et s'occuper de ces enfants d'une manière ou d'une autre. 
"Un jour," dit-elle, "Je suis venu pour voir Simotchka, et elle m'a dit: "Pachenka, Batiuchka (Père Séraphim) était ici. Tu sais, je me trouvais ici comme ça, quand tout à coup la porte de la chambre s'est ouverte. Il est entré. Il était avec une moniale. (Père Séraphim n'était plus en vie depuis maintenant trois ans!) Il fit le tour de la pièce et encensa (semble-t-il qu'il prédisait sa mort à elle Simotchka), et il a chanté " Saint Dieu, Saint Fort..." Il est venu à mon lit, m'a bénie, et a dit: "Pacha est bouleversée, elle est inquiète de savoir comment elle va élever les enfant, comment elle va les nourrir. Voilà, j'ai apporté quelques icônes. Donne-les à Pacha, Pacha va rentrer à la maison, et le long du chemin, elle rencontrera un homme qui lui demandera si elle a quelques petites icônes de ce genre. Qu'elle ne dise pas de prix, mais il suffit de prendre tout ce qu'il offrira. Elle élèvera ses enfants avec cet argent. Qu'elle prenne courage." Et puis il est parti par la fenêtre. Prends donc ces icônes, Pacha." 
Matouchka a pris les icônes, qui étaient des images de papier. Elle rentra chez elle. Elle était presque à la maison quand un petit homme monté sur un cheval lui demanda si elle n'avait pas par hasard, telle ou telle image. Elle lui dit que oui et qu'il était le bienvenu. "Combien en veux-tu?" a-t-il demandé. " Autant que vous m'en donnez," répondit-elle. Et il lui donna quelques sous. Elle le regarda et se demanda comment elle allait nourrir ses orphelins avec ça. Que ferait-elle avec eux maintenant? 
À ce moment, quelqu'un lui a apporté une chambre à air en caoutchouc. "Que vais-je faire avec cette chambre à air?" a-t-elle dit " Cela pourrait être utile," répondit-il. "A quoi cela pourrait-il être utile?" " Eh bien, achète-la." "Combien ça coûte?" Cela coûtait exactement ce que le petit homme lui avait donné. Qui il était, c'était aussi un mystère, mais il est clair qu'il n'était pas un homme terrestre. Elle pensait: "Eh bien, puisque c'est juste assez d'argent, cela signifie que l'argent a été donné pour acheter cette chambre à air." 
Alors, elle a acheté une grande chambre à air en caoutchouc. Elle pensait: "Qu'est-ce que je vais faire à présent? Maintenant, je n'ai même pas de l'argent. Et comment vais-je prendre soin des enfants? Soudain, le Seigneur lui a donné sa sagesse: elle pourrait faire des galoches. 
Alors elle se mit tout de suite à faire des galoches avec la chambre à air en caoutchouc, et tout s'est tellement bien passé;  elle a fait les galoches, les a vendues, a obtenu un peu d'argent et elle a acheté une chèvre. 

C'était tout simplement un miracle! Matouchka a dit "maintenant, j'étais soudainement  inspirée. J'ai appris à faire des couvertures et à coudre. J'ai appris tout ce qu'une mère a besoin de savoir pour prendre soin de cette grande famille. J'ai travaillé jour et nuit sans repos, fait des pantalons ou des chemises de drap. Alors le Seigneur envoyait un tissu, des petits bouts, et je comprenais ce que je pouvais en faire sortir. Je cousais quelque chose, le vendais au bazar et voilà, il y avait de l'argent. Et il y avait la guerre​​. Voilà le genre d'époque que c'était. Une guerre, et j'avais onze enfants. Une moniale toute seule." Voilà ce que cela signifie que d'avoir une foi profonde! 


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

Haïjin Pravoslave (CCCI)


Dieu joue en ton âme
La symphonie du salut
Sise en l’Evangile


上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

vendredi 7 mars 2014

STARITZA NIKODIMA DE DIVIYEVO † 2/15 mars ( 1990) [10]



Mère de Dieu d'Iviron

10. Apparition de la Mère de Dieu

Plus tard, elle nous a raconté comment la Mère de Dieu d'Iviron, une icône thaumaturge, est venue à eux. Ils avaient de nombreuses icônes miraculeuses, mais celle-ci l'était particulièrement. La Mère de Dieu lui était apparue en rêve sous la forme de cette icône d'Iviron. 
Juste derrière la maison de Matouchka coulait ce que la tradition identifie comme la source même sur laquelle saint Serge a prié, et à partir de laquelle coule un ruisseau. Lorsque la Laure fut également fermée, on peut dire que c'était la Laure, où Père  Séraphim avait vécu. L'église Saint-Elie était ouverte, il est vrai, mais l'Eglise des Catacombes était ici. Cette source est bien connue dans la vie de saint Serge de Radonège. Quand les frères murmurèrent contre le saint [parce qu'ils n'avaient pas d'eau], il prit un moine avec lui, et il alla à l'extérieur du monastère. Là, ils prièrent sur ​​une goutte d'eau de pluie pour que le Seigneur leur donne de l'eau, et de cette goutte d'eau jaillit une source, puis toute une rivière.

Cette source était juste derrière leur maison, dans un grand ravin. La Mère de Dieu apparut à Matouchka dans un rêve au-dessus de cette source. Elle lui  parla de l'icône: "Sers-moi!" Après le rêve de Matouchka, elle dit à Père  Séraphim: " Père, je dois aller à un certain endroit, non loin de Diviyévo, où il y aura un passage de la Mère de Dieu d'Iviron. La Reine Céleste me commande de la servir. Bénis-moi, Père, je devrais y aller et la servir. La Mère de Dieu m'a demandé de le faire." 
Mais Père Séraphim lui a dit: "Pachenka, elle viendra à toi, tu n'as pas à aller où que ce soit." 
"Dans la soirée, l'icône est effectivement arrivée, la même que celle qu'elle avait vue dans son rêve. Quand elle vit cela, elle fut stupéfaite. Comme Père Séraphim l'avait dit, la Reine Céleste était venue à elle. C'était une icône thaumaturge. Plus tard, un miracle s'est produit avec cette icône. 
Quand le Père Séraphim mourut, Matouchka pria devant cette icône, demandant comment elle devait vivre maintenant, et ce qu'elle devrait faire. La Mère de Dieu sortit de l'icône, la bénit et détermina son obédience. Matouchka lui demanda: "Mère de Dieu, comment puis-je te servir?" Elle sortit [de l'Icône] et dit: " Tu élèveras des enfants." Après la mort de Père Séraphim, douze enfants sont venus, comme les douze morceaux de bonbons que Maria Ivanovna lui avait donnés. Ce fut le service que la Reine céleste avait désigné pour elle.

Voici un autre épisode de sa biographie. Quand elle vivait avec ses parents après que son monastère ait été fermé, il y eut une épidémie de typhus. Le village réunit une assemblée. Les gens mouraient et il n'y avait personne pour prendre soin d'eux, car tout le monde avait de grandes familles. Pour l'assemblée du village (les villages étaient alors comme des monastères, comme des républiques orthodoxes), est venue cette moniale du monastère. Elle n'avait pas sa propre famille, alors ils pensaient lui donner la tâche de s'occuper des victimes du typhus. Elle est toute seule, si elle meurt, ce n'est pas une grande catastrophe, raisonnaient-ils. Ils ont donc trouvé un endroit pour les loger et envoyé tous les malades là-bas avec Matouchka. 
C'était son obédience, prendre soin des patients atteints de typhus. Elle a dit qu'elle n'avait pas dormi pendant des semaines pour prendre soin d'eux. Mais elle n'a jamais été malade. Puis la Mère de Dieu elle-même lui apparut aussi, dans un manteau bleu clair, portant des manchettes. La Mère de Dieu ne lui dit rien, elle la bénit seulement. C'est ainsi que la Mère de Dieu lui donna des forces. 
Tels étaient les peines et les travaux de Matouchka. Chaque fois qu'elle se souvenait de cette apparition de la Mère de Dieu, Matouchka pleurait toujours, disant seulement: "Vous ne pouvez pas imaginer à quel point elle est belle! Oh, combien la Reine du Ciel est belle." Elle était tout simplement impuissante à décrire la Mère de Dieu. Saint Séraphim lui apparut plusieurs fois, mais la Mère de Dieu lui apparut à deux reprises.

Après sa mort Père Séraphim, avait prédit que Xénia, la sœur aînée de Matouchka, le trahirait. "Quand je mourrai," dit-il, "Xénia me trahira." Puis Père Séraphim est mort. Comme les chrétiens des premiers siècles de l'Eglise des Catacombes, Père Séraphim fut enterré sous l'autel de l'Eglise des Catacombes, dans le sous-sol où ils gardaient les pommes de terre. Ils creusèrent une tombe et il l'enterrèrent dedans. 
Il est intéressant de voir la connexion qu'elles avaient avec l'autre monde, pas seulement avec les saints, mais avec leurs proches qui avaient également atteint la sainteté, car après sa mort, Père Séraphim leur apparaissait souvent. 

Elles parlaient avec lui après sa mort. Elles donnèrent tout ce qui avait  été laissé dans l'Eglise des Catacombes de Saint-Elie, les vêtements épiscopaux qui avaient été cousus pour Père Séraphim, et tous ses vases liturgiques, tout de suite après sa mort. Leur fenêtre s'ouvrait à droite sur cette butte où était la source de Saint-Serge, et Père Séraphim partait toujours par le porche arrière, par mesure de précaution, chaque fois que quelqu'un frappait à la porte. Il devait se cacher. Il sortait sur la butte et attendait jusqu'à ce qu'ils partent, de sorte que personne ne l'y vit souvent. 
Après sa mort, on le vit souvent assis sur cette colline. Elles regardaient par la fenêtre, et Père Séraphim était assis en veste blanche, comme il l'avait toujours fait sur ​​cette colline.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Haïjin Pravoslave (CCC)


Il n'est qu'une joie
Qui nous console de tout
L'amitié du Christ

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

jeudi 6 mars 2014

STARITZA NIKODIMA DE DIVIYEVO † 2/15 mars ( 1990) [9]


9. Un miracle du saint hiérarque Spyridon de Trimythonte


Tous les vêtements étaient prêts, et Père Séraphim savait qu'il devait être consacré évêque, mais il est tombé malade d'un cancer, et il était au lit. Il avait très envie de certains poissons de rivière. Mais en ces temps de disette, même ses nombreux enfants spirituels ne pouvaient pas lui en trouver. 
Un jour, il appela Matouchka et sa nièce (également nommée Pacha, Prascovia Vladimirovna, qui est encore en vie), et il lui dit: "Bienheureuse Pachenka, va au marché et apporte-moi un peu de poisson." Elle a dit, comme toujours: " Père bénis!" 
On pourrait penser qu'elle savait que tout le monde avait essayé et essayé, mais n'en avait pas trouvé, mais c'est ce genre de foi et d'obéissance qu'elle avait. Elle et Pacha prirent un traîneau et allèrent au marché. 
Quand elles sont arrivées, il y avait un marchand de noble apparence qui vendait du poisson, et elles se sont mises dans sa file d'attente. Il se dirigea vers elles et leur donna tous les poissons qu'il avait. Bien sûr, les autres personnes qui faisaient la queue furent indignées. Elles prirent le poisson avec joie et partirent. 
Plus tard, quand elles avaient déjà atteint la porte d'entrée de la maison, elles se sont exclamé: " Ah! Où allons-nous retrouver du poisson? Pourquoi ne lui avons-nous pas demandé où il habitait? Retournons-y!" 
Mais bien sûr, il n'y avait aucune trace de lui. Elles revinrent à la maison tout en colère. Père Séraphim leur demanda:"Pachenka, quel est le problème? N'avez-vous pas trouvé de poissons?" "Oui, nous en avons trouvé, mais nous n'avons pas trouvé où habite le vendeur." "Et qui vous a vendu le poisson?" "Eh bien comment le saurions-nous? Nous ne lui avons pas demandé qui il est, ni d'où il vient." 

Père Séraphim les conduisit dans la cellule où était leur église, et leur montra l'icône du saint hiérarque Spyridon. "Était-ce lui?" Matouchka dit qu'elles furent frappées de crainte. "C'est lui !" 
Père Séraphim mangea de ce poisson jusqu'à son dernier jour.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après



mercredi 5 mars 2014

Jean-Claude LARCHET/Recension: Alexandre Schmemann, Le Grand Carême


Schmemann


Recension: Alexandre Schmemann, Le Grand Carême, éditions de l’Abbaye de Bellefontaine, Bégrolles-en-Mauges, 1999, 136 p. (Spiritualité orientale n° 13).
En ce début de Grand Carême, le petit livre du Père Alexandre Schmemann qui lui est consacré est particulièrement utile pour comprendre l’organisation, les particularités et le sens de ce temps fort de la vie liturgique et ascétique.

Après une introduction qui présente le Grand Carême comme un « voyage vers Pâques », l’auteur souligne le message essentiel des cinq dimanches préparatoires: le désir pour le dimanche de Zachée, l’humilité pour le dimanche du Publicain et du Pharisien, le retour d’exil pour le dimanche du Fils prodigue, la consicence du Jugement dernier pour le dimanche de Carnaval, et le pardon pour le dimanche de la Tyrophagie que l’Église célèbre aujourd’hui.

Il présente ensuite les prières, lectures et chants propres au Grand Carême, période imprégnée d’une « radieuse tristesse »: la prière de saint Éphrem le Syrien (qui est commentée), les lectures de l’Ancien Testament adaptées à ce temps liturgique (Genèse, Isaïe, Proverbes), et l’hymnologie du Triode (livre liturgique propre à cette période).

Une troisième partie de l’ouvrage est consacrée à la Liturgie des Présanctifiés, qui a la particularité d’être célébrée le soir, les mercredis et vendredis, avec les Saints Dons consacrés à la Liturgie du dimanche précédent. L’auteur y explique les deux significations de la communion (fête et réjouissance de la présence du Christ d’une part, source et force soutenant notre effort spirituel d’autre part), les deux significations du jeûne (total et ascétique), la communion du soir, et enfin l’ordonnance de l’office.

La quatrième partie présente l’esprit du Grand canon de saint André de Crète (chanté les quatre premiers jours de la première semaine et le jeudi de la cinquième semaine), ainsi que les particularités des différents samedis et dimanches de Carême.

L’auteur montre enfin ce que doit être « le carême pour nos vies », soulignant la nécessité de prendre le carême au sérieux, l’importance de la participation aux services liturgiques, de la prière et du jeûne, et montrant comment doit s’instaurer en cette période un « style de vie » particulier.
Une annexe dresse un bref historique du carême.
On peut discuter la distinction faite par le Père Alexandre entre le « jeûne total » et le jeûne « ascétique », puisque le jeûne total a lui aussi un caractère ascétique, mais il s’agit d’un détail dans un ensemble de grande qualité.
Pour être bien guidé dans le Grand Carême, un complément idéal de ce livre est l’excellent ouvrage de Bernard Le Caro, Le Grand Carême (édition des Syrtes, 2012), qui propose des extraits des hymnes liturgiques propres à chaque jour et des lectures spirituelles adaptées, et constitue donc un accompagnement au quotidien.

Haïjin Pravoslave (CCXCIX)


Soleil de Justice
Le Christ éclaire le monde
Gisant aux ténèbres

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mardi 4 mars 2014

STARITZA NIKODIMA DE DIVIYEVO † 2/15 mars ( 1990) [8]



Archimandrite Seraphim (Batiukov) 1880-1942.
Staretz Séraphim (Batioukov)
1880-1942

8. Le staretz Séraphim (Batioukov)

Un homme est venu à Diviyévo, le futur ascète, le staretz Séraphim (Batioukov). Il vint à Diviyévo parce qu'il y avait là-bas des moniales qui avaient de l'expérience dans la vie spirituelle. Il était très jeune à l'époque, comme l'a raconté Matouchka. Il était issu d'une famille très noble et très pieuse. Il était très jeune et il reçut un enseignement spirituel des moniales de Diviyévo. 
Avant la révolution, il était venu au monastère, et bien sûr, il en avait reçu un grand bienfait. La plupart du temps, il allait voir Mère Michaela. Quand la révolution avait déjà eu lieu, cet homme, qui a toujours eu tout ce qu'il fallait dans la vie, a pris le rang sacerdotal pendant le temps de la persécution, ce qui en dit déjà beaucoup sur lui. Les détails de sa vie peuvent être appris à partir des souvenirs de Julia Yakovlevna Vasilevskaya, la tante d'Alexandre Men, que le staretz baptisa. Il connaissait le staretz Nectaire d'Optina qui lui avait donné une instruction spirituelle, et il était le fils spirituel du staretz Zacharie (Zossime dans le schème), qui fut enterré dans le cimetière allemand [à Moscou]. Père Séraphim reçut la tonsure monastique, il était était prêtre, Supérieur de l'église des saints Cyr et Jean à Solyanka, le métochion serbe.
Les moniales de Diviyévo qui avaient été près de Mère Michaela et qui étaient maintenant dispersées, vinrent à lui pour être instruites spirituellement en ces temps orageux. Matouchka était proche du staretz et le connaissait bien. Un jour, elle pensa: "Il serait bon pour moi de vivre avec Batiouchka." Eh bien, c'était une pensée venant de sa simplicité d'âme. Alors Père Séraphim l'a appelée et lui a dit: "Voilà, Pacha, Tu vas à Sergeyev Posad et tu cherches une maison." Alors, elle et sa sœur Susanne (Xénia) ont acheté une maison à Sergeyev Posad. Puis vint la déclaration du Métropolite Serge. Père Séraphim ne l'a pas acceptée, et il est parti de là où il vivait, et il est parti avec un autre prêtre pour vivre dans cette maison. Comme Batiouchka le dit lui-même "pour l'amour de la pureté de l'Orthodoxie." 
Il est allé pratiquement dans l'Eglise des Catacombes et Matouchka partit avec lui. Père Séraphim a vécu douze ans dans cette maison. Les offices divins et la Liturgie étaient célébrés tous les jours, tous les jours les Vêpres…Les offices n'ont jamais été sautés, et Père Séraphim servait tous les jours. C'était une petite maison avec deux chambres, un petite avec un couloir étroit, et l'autre un peu plus grande, avec une petite cuisine. C'est étrange, mais cette petite maison a accueilli jusqu'à soixante personnes. 
Lorsque nous vivions là-bas, nous étions dix ou douze, et elle était bondée. Mais comment une soixantaine de personnes pouvaient y tenir, cela s'apparente au miracle évangélique des pains et des poissons, lorsqu'il  eut cinq pains pour cinq mille personnes. Matouchka dit que beaucoup de gens venaient, et c'était au cours de la période de persécution féroce de l'Église. Mais, et cela est intéressant, Père Séraphim disait: "Tant que je vivrai, personne ne vous touchera, mais après ma mort, ils le feront, mais tant que je suis vivant, vous, vous n'avez rien à craindre." 
Et vraiment c'était très inexplicable et très étrange que tant de gens viennent, ils étaient suivis par le NKVD, mais même ainsi [ils n'ont pas été arrêtés]. Il arrivait même, comme Matouchka le raconte, que l'office soit en cours, et que nous chantions (ils avaient un autel qui était consacré).  Nous savons que le NKVD se promène sous les fenêtres, on pourrait même les voir à travers la fenêtre, mais ils ne pouvaient pas entrer, et donc le Seigneur nous gardait. Ils se promenaient pendant un moment, puis ils partaient. Rien ne s'est passé alors tant que Père Séraphim était vivant. Les persécutions sont venues plus tard." 

Au moment où elle vivait avec le père Séraphin, pendant douze ans, elle a travaillé dans une usine, une usine de jouets semble-il, et elle a été comptée parmi les travailleurs exemplaires. Elle devait se cacher. Dans la rue, elle était "tante Pacha," et tous ses voisins la respectaient beaucoup, la traitaient avec grand respect. Beaucoup de gens venaient en permanence dans sa maison, ne s'intéressant pas à qui elle était. Mais en tout cas, on ne savait pas que le Père Séraphim y vivait. 
Peut-être que quelqu'un le savait, mais c'était si secret qu'il était impossible de comprendre. Elle allait travailler comme une ouvrière du monde ordinaire. C'était difficile: offices quotidiens, travail très lourd, mais le Seigneur lui donnait des forces. " Je revenais à la maison," disait-elle, " et je ne pouvais plus sentir mes bras et les jambes, mais je devais chanter et assister aux offices. Malgré cela, elle travaillait si consciencieusement que ses patrons la respectaient beaucoup, et même ils l'envoyèrent dans certains cercles de haut rang de Moscou comme travailleuse exemplaire. 
Puisqu'elle ne mangeait pas de viande, la question s'est naturellement posée de savoir ce qu'il fallait faire quand ils en offraient. Elle demanda à Père Séraphim: "Que dois-je faire au sujet de la viande? Je n'en mange pas, je suis moniale."  Père Séraphim lui dit: " Le Seigneur en prendra soin, Pachenka... Ne refuse pas; mange tout ce qu'ils te donnent." 
Quand ils ont mis de la viande devant elle, elle a essayé d'en manger un peu, elle n'en avait pas eu dans sa bouche pendant de nombreuses années, et elle s'est immédiatement sentie malade. Tout le monde a dit: "Oh, qu'est-ce que c'est, notre travailleuse exemplaire, comment cela se peut-il? Eh bien, sans doute, qu'elle a besoin de manger cet autre plat." Ainsi, elle a échappé à la nécessité de manger de la viande.

Elle ne nous a pas  dit grand-chose sur la vie de Père Séraphim, car il y avait déjà un livre écrit sur lui. Comme elle nous l'a dit, Père Séraphim l'appelait " Bienheureuse Pashenka." Il disait même: "Bienheureuse Pachenka, viens ici, apporte-moi ceci ou cela, Bienheureuse Pachenka." En outre, l'obéissance qu'elle lui témoignait était intouchable; si Père Séraphim disait quelque chose, il devait en être ainsi."

Vladyka Athanase (Sakharov) vint les voir et se confessa au Père Séraphim. Leur Eglise des Catacombes était sous la juridiction de l'évêque Athanase. C'était aussi un grand staretz. Père Séraphim était aussi préparé pour la consécration comme évêque, mais comme le staretz était très profond, il a apparemment vu que l'Eglise des Catacombes finirait sa mission et que sa raison d'être cesserait. Peut-être même qu'il demanda au Seigneur de le guider sur le chemin de sa vie.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

lundi 3 mars 2014

Canon de saint André de Crête




Saint André de Crête 
et 
sainte Marie d'Egypte
GRAND CANON DE ST ANDRÉ DE CRÈTE
ÉDITION BILINGUE SLAVON-FRANÇAIS
Feuillets liturgiques de la Cathédrale de l’Exaltation de la Sainte-Croix
Genève 2011


STARITZA NIKODIMA DE DIVIYEVO † 2/15 mars ( 1990) [6/7]


Statue de saint Séraphim à Sarov


6. Tentations

Le monastère de Sarov était proche. Les moines et les moniales se connaissaient, et les moines de Sarov fournissaient de la nourriture et de l'aide au monastère de Diviyévo. Il y avait là un moine... Eh bien, l'Ennemi a conçu une telle tentation pour ce moine, qu'il est allé dans ce monastère de femmes, et il a été très attiré par Mère Nikodima, par Pachenka. 
Il avait une telle passion qu'il ne cessait d'y venir. Elle prenait la vie spirituelle tellement au sérieux qu'elle disait tout à Maria Ivanovna, ses pensées, ses tentations, et le tout avec une grande simplicité. Elle a dit à Maria Ivanovna "Mamachenka, pourquoi continue-t-il à venir ici, je ne veux même pas le regarder. Qu'il arrête de venir ici, il m'a même dit: "Pacha, fuyons ensemble, nous allons bien vivre ensemble. Qu'a-t-il imaginé? Mamachenka, qu'il arrête de venir ici."  Mais voici la sagesse qu'ont les bienheureux [Fols et Folles en Christ]. Elle l'a bénie de faire ce qui suit: "Non, Pacha, quand il vient, tu t'assieds  avec lui et tu ne le chasses pas. Assieds-toi avec lui et parle-lui." 
"Comment puis-je rester avec lui? Je vais aux offices. Pourquoi devrais-je rester avec lui?" " Non, tu t'assieds avec lui. Rien ne se passera entre vous, et tu l'aideras. Ce sera un grand ascète. Cela [sa tentation] va passer. Mais si on le repousse maintenant, il va tomber dans le découragement et son âme périra." Matouchka nous a dit: "En raison de mon jeune âge, je ne comprenais pas comment son âme périrait. Eh bien, il est venu et a pleuré, disant tout en larmes: "Pacha, partons, je vais acheter une maison, nous vivrons bien." Mais je n'affirmais qu'une chose, comme elle m'avait dit de le faire: "Tu es moine, et je suis moniale. Nous avons fait un vœu devant Dieu, et nous devrions garder ce vœu." C'était sa réponse… 
Il pleurait, essayant toute sorte de persuasion, peignant chaque image. "Je gardais le silence," nous dit-elle," "et j'écoutais, je voulais aller à l'église, mais je répétais juste sans cesse: "Nous avons fait un vœu". 
Et vraiment, quand ils ont fermé le monastère de Sarov, ce moine s'est caché dans la forêt de Sarov et il est devenu un ascète bien connu. Ainsi les prières de la bienheureuse ont sauvé son âme. Voilà ce qu'est la sagesse d'un guide spirituel.

7. Bonbons

Lorsque le monastère a fermé, la bienheureuse Maria Ivanovna a discerné l'ensemble du destin de chaque moniale. Chaque moniale est venue et elle lui a dit ce qui l'attendait. 
Celles qui ont été envoyées en prison étaient particulières, des élues, et elle leur dit encore la durée de leur terme en prison. Mais à Mère Nikodima elle a donné douze morceaux de bonbons et elle a dit: "Tu es affectée à élever des orphelins." C'était sa bénédiction pour Maria Ivanovna. Ils ont fermé le monastère, elle est allée dans sa ville natale dans le domaine de Sasovo. Ses parents lui ont construit une cellule dans le jardin. Voilà la piété qu'ils avaient, elle était moniale, et cela devrait se poursuivre. 
Elle connaissait un prêtre que les autorités ont commencé à appeler pour interrogatoire, et qu'ils ont finalement incarcéré et envoyé à Solovki. Eh bien, à cause de ce prêtre, Matouchka fut également emmenée au NKVD, mais elle n'a pas été arrêtée ou incarcérée. Ce sont des moments difficiles. Elle ne leur en raconta pas grand chose, mais il y avait toujours des persécutions, et toujours des dangers, et elle était toujours à deux doigts d'aller en prison. Mais apparemment, ce n'était pas la volonté de Dieu; Maria Ivanovna ne l'avait pas bénie pour aller en prison. Matouchka dit qu'ils allaient l'y emmener, l'interroger, la garder un moment, puis la laisser aller, même si elle était liée à de nombreux prêtres et à d'autres personnes (et la quasi-totalité d'entre eux ont péri). 
On pourrait dire que c'était son premier Golgotha​​. Il est clair que sa souffrance était très grande. Tout d'abord, bien sûr, elle a souffert du fait que ces gens qui lui étaient proches ont souffert, et d'autre part de tous ces interrogatoires, dont elle se rappelait avec de profonds soupirs.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après