"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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lundi 10 mai 2010

Sainte Brigitte, higoumène et thaumaturge de Kildare (524) Fin



Sainte Brigitte voyait que les besoins du corps et les besoins de l'esprit étaient liés. Dédiée à l'amélioration de la vie spirituelle ainsi que de la vie matérielle de ceux qui l'entouraient, Brigitte fit de son monastère une maison remarquable d'apprentissage, y compris une école d'art. Les manuscrits enluminés qui en sont originaires ont été grandement loués, en particulier le Livre de Kildare, qui a été salué comme l'un des plus beaux de tous les manuscrits enluminés irlandais avant sa disparition il y a trois siècles.

Un jour, elle s'était endormie pendant un sermon de saint Patrick, mais il la pardonna.avec bonne humeur. Elle avait rêvé, lui dit-elle, de la terre labourée au loin, et de semeurs de blanc vêtus qui semaient la bonne fraine. Puis vinrent d'autres semeurs vêtus de noir, qui labourèrent la bonne semence, et semèrent de l'ivraie à sa place. Patrick lui dit qu'une telle chose se passerait si, par exemple, de faux docteurs venaient en Irlande et déracinaient tout leur bon travail. Ceci attrista Brigitte, mais elle redoubla ses efforts, appris aux gens à prier et à adorer Dieu, en leur disant que la lumière sur l'autel était un symbole de l'éclat de l'Évangile au cœur de l'Irlande, et qu'elle ne devait jamais s'éteindre.

Brigitte est appelé "Marie de Gael" parce que son esprit de charité, et les miracles qu'on lui attribue étaient généralement accomplis en réponse à un appel à la pitié ou au sens de la justice. Au cours d'un synode important de l'Église irlandaise, l'un des Pères de l'Église, l'évêque Ibor, annonça qu'il avait rêvé que la Bienheureuse Vierge Marie apparaitrait parmi les chrétiens assemblés. Lorsque le Père arriva vers Brigitte, il s'écria: "C'est la sainte fille que j'ai vue dans mon rêve." Delà vint son surnom.

On dit que ses prières et ses miracles exercèrent une forte influence sur la croissance de l'Église irlandaise ancienne, et elle est très aimée en Irlande jusques à ce jour.

En mourant à l'âge de 74 ans, sainte Brigitte a été suivie par Saint Ninnidh, qui fut à jamais ensuite connu sous le nom "Ninnidh à la main propre" car il avait enveloppé sa main droite avec un revêtement métallique pour empêcher qu'elle soit jamais souillée, après qu'elle eût servi à administrer le viatique (Sainte Communion administrée aux chrétiens sur leur lit de mort) à la Sainte Patronne de l'Irlande.


Elle fut enterré à la droite de l'autel principal de la cathédrale de Kildare, et un tombeau coûteux a été érigé au-dessus de ses reliques. Son sanctuaire, après des années a été un objet de vénération pour les pèlerins, en particulier pour son jour de fête, le premier février, commele relate Cogitosus. Vers l'an 878, en raison des raids scandinaves, les reliques de Sainte Brigitte ont été amenées à Downpatrick, où elles furent enterrés dans le tombeau de saint Patrick et de saint Colomban.

Une tunique réputée avoir été la sienne, donnée par Gunhilda, sœur du roi Harold II, survit à Saint-Donatien de Bruges, en Belgique. Une relique de sa chaussure, en argent et laiton sertie de bijoux, est au Musée national de Dublin. En 1283, trois chevaliers prirent la tête de Brigitte avec eux lors d'un voyage en Terre Sainte. Ils sont morts à Lumier (près de Lisbonne), au Portugal, où l'Eglise a maintenant enchâssé sa tête dans une chapelle particulière.

En Angleterre, il y a dix-neuf églises anciennes qui lui sont dédiées. La plus importante est la plus ancienne église de Londres - Saint Bride dans Fleet Street - et Bridewell ou Saint Bride's Well ( le Puits de Sainte brigitte). En Ecosse, Est et Ouest Kilbride portent son nom. L'église Saint Brigitte à Douglas rappelle qu'elle est la patronne de la grande famille Douglas. Plusieurs endroits au pays de Galles sont nommés Llansantaffraid, qui signifie "l'église Sainte Brigitte." L'évêque irlandais Mgr de Saint Donato de Fiesole (Italie) a construit une église sainte Brigitte à Piacenza, où la paix de Constance a été ratifiée en 1185.


La coutume la plus connue en rapport avec sainte Brigitte est le tressage de croix en roseaux pour son jour de fête. Cette tradition remonte à l'histoire selon laquelle était occupée à tresser des croix tandis qu'elle s'occupait d'un chef païen mourant. Il lui a demandé d'expliquer ce qu'elle faisait et son explication a conduit à son baptême.


Les bénédictions traditionnelles irlandaises l'invoquent. "Brid agus dhuit Muire!" ([Sainte] Brigitte et Marie [Mère de Dieu] soit avec toi!" est une salutation irlandaise habituelle, et les gens du pays de Galles disent par exemple, "undeith Sanffried ni suynade" ( Que sainte Brigitte nous bénisse sur notre chemin." Une bénédiction du bétail dans les îles écossaises est : "Que la protection de Dieu et Colmkille englobent tes allées et venues, et avec toi la laitière à la paume blanche et lisse, Brigitte aux cheveux d'or bruns" (Attwater, Bénédictins, Bentley , Delaney, Encyclopédie, Farmer, Gill, Groome, Montague, O'Briain, Sellner, White).


Elle est généralement représentée dans l'art avec une vache couchée à ses pieds, ou tenant une croix et chassant le diable (d'après White). Son emblème est une lampe allumée ou une bougie (à ne pas confondre avec Sainte-Geneviève, qui n'est pas higoumène). Parfois, elle peut être montrée (1) avec une flamme au-dessus d'elle (2) avec des oies ou une vache près d'elle; (3) près d'une grange; (4) laissant de la cire de cierge tomber sur son bras; ou (5) guérissant la main d'unhomme (Roeder).




Brigitte est la sainte patronne de l'Irlande, des poètes, des laitières, des forgerons, des guérisseurs (White), des bovins, des fugitifs, des monialeses irlandaises, des sages-femmes et des nouveau-nés (Roeder). Elle est toujours très vénérée en Alsace, en Flandre et au Portugal (Montague), ainsi qu'en Irlande et à Chester, en Angleterre (Farmer).



Tropaire de sainte Brigitte de Kildare

Ton 1


Ô sainte Brigitte, tu es devenue sublime par ton humilité,/
et tu volas sur les ailes du désir de Dieu,/

quand tu arrivas dans la Ville éternelle
et que tu apparus devant Ton Divin Epoux, /
portant la couronne de la virginité, /
tu tins ta promesse /
de te souvenir de ceux qui ont recours à toi. /
Tu fais ruisseler la grâce sur le monde, et tu
multiplies les miracles. /
intercéde auprès du Christ notre Dieu,
afin qu'Il sauve nos âmes.


KONDAKION de sainte Brigitte

Ton 4


La Vierge Sainte Brigitte, emplie de la sagesse divine, /

est allée avec joie le long de la voie de l'enfance évangélique, /
et avec la grâce de Dieu /
elle a atteint ainsi, le sommet de la vertu. /
C'est pourquoi elle accorde maintenant des bénédictions
à ceux qui viennent à elle avec foi. /
Ô Vierge sainte, intercède auprès du Christ notre Dieu /
pour qu'Il ait pitié de nos âmes.

Version française Claude Lopez-Ginisty

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dimanche 9 mai 2010

Sainte Brigitte, higoumène et thaumaturge de Kildare (524) Deuxième partie



Sainte Brigitte de Kildare, higoumène et vierge (Aussi appelée Bride, Bridget, Brigit, Ffraid)

Née à Faughart (près de Dundalk ) ou Uinmeras (près de Kildare), Louth, en Irlande, vers 450; née au Ciel à Kildare, en Irlande, vers 525; la fête de sa translation est au 10 juin.

Nous T'implorons,
en mémoire de Ta sainte sainte
et amère souffrance sur la Croix,
instille en nous Ta crainte,
et fais que nous T'aimions, ô Christ.
Amen!"

(Prière de Saint Brigitte)


Sainte Brigitte était une création originale de l'Imagination du Tout-Puissant, et c'est ce que chacun d'entre nous est censé être. Malheureusement, la plupart d'entre nous se laissent emporter par le désir d'être accepté par les autres. Nous nous conformons à la norme, plutôt que de nous ouvrir à la puissance créatrice de Dieu et dans la floraison de lui rendre le doux parfum de notre vie unique. Nous manquons la gloire de donner à Dieu le don de ce que nous étions destinés à être.

Sainte Brigitte n'avait pas ce défaut. Elle fit ce qu'il fallait faire. Elle accueillait tout les êtres dans un effort pour les aider à être originaux, eux aussi. Elle était si généreuse qu'elle distribuait les vêtements qu'elle portait. Elle n'a jamais hésité à travailler dur ou à faire une prière intense. Elle ignorait les règles - même les règles de l'Église - si cela était nécessaire pour faire ressortir le meilleur chez les autres. C'est peut-être pour cette raison, que la sainte qui n'a jamais quitté l'Irlande, est vénérée dans le monde entier comme prototype de toutes les moniales. Elle a comblé l'écart entre les cultures chrétienne et païenne.

Sainte Brigitte a vu la beauté et la bonté de Dieu dans toute Sa création: les vaches lui faisaient aimer son Dieu plus encore, et les canards sauvages aussi, qui venaient et se posaient doucement sur ses épaules et ses mains quand elle les appelait. Elle jouissait d'une grande popularité tant parmi ses propres partisans que parmi les villageois des alentours, et elle avait une grande autorité, dirigeant un monastère de moines et de moniales.

Sa principale vertu résidait dans sa douceur, dans sa compassion, et dans sa nature heureuse et dévouée qui gagnèrent l'affection de tous ceux qui la connaissaient. Elle était une grande évangélisatrise et avec joie et gaieté, elle a rejoint dans leurs œuvres, tous les saints de cette époque dans la propagation de l'Evangile. Si grande était sa vénération dans toute l'Europe que les chevaliers médiévaux, à la recherche d'un modèle de perfection féminine, choisirent comme exemple Brigitte. Certains soutiennent même que l'image de Brigitte était telle en tant qu'idéal féminin que le mot bride ("épouse" en anglais, autre nom de sainte Brigitte) serait passé dans la langue anglaise. (Ceci est toutefois peu probable. Le mot vient probablement du vieil allemand "Bryd", qui signifie épouse.)

Les faits historiques sur la vie de sainte Brigitte sont rares parce que les nombreux témoignages à ce sujet après sa mort (à partir du 7ème siècle) se composent principalement de miracles et d'anecdotes, dont certains sont profondément enracinés dans le folklore irlandais païen. Néanmoins, ils nous donnent une forte impression de son caractère. Elle est probablement née au milieu du 5ème siècle dans l'est de l'Irlande. Certains disent que ses parents étaient d'origine modeste, d'autres qu'ils étaient de la famille de Dubhthach, chef irlandais de Leinster, et de Brocca, une esclave à sa cour. Toutes les histoires racontent qu'ils ont tous deux été baptisés par Saint Patrick. Certains disent que Brigitte se lia d'amitié avec Patrick, mais il n'est pas certain qu'elle l'ait jamais rencontré. la belle Brigitte se consacra à Dieu dès son jeune âge. Elle était voilée, comme une religieuse de Saint Macaille à Croghan et elle fut consacrée comme higoumènee par l'évêque Saint Mel à Armagh.

Le Livre de Lismore rapporte cette anecdote:


Brigitte et certaines vierges avec elles allaient prendre le voile de l'évêque Mel à Telcha Mide. Blithe devait les voir. Par l'humilité Brigitte resta afin d'être la dernière à qui un voile serait donné. Une colonne de feu s'éleva de sa tête sur le faîte du toit de l'église. Alors, l'évêque Mel déclara : "Viens, ô sainte Brigitte, que le voile peut être béni du signe de la Croix sur ta tête avant les autres vierges". Il arriva donc, par la grâce de l'Esprit Saint, que le rituel d'ordination d'un évêque fût pour sainte Brigitte. Macaille dit que le rang d'évêque ne doit pas être conféré à une femme. L'évêque Mel déclara: "Je n'ai aucun pouvoir dans cette affaire. Cela a été la dignité donnée par Dieu à Brigitte, au-dessus de toutes les (autres)femmes". C'est pourquoi les hommes d'Irlande à partir de ce moment-là ont rendu les honneurs dûs à un évêque à celles qui ont succédé à sainte Brigitte.

Très probablement cette histoire tient au fait que le système du diocèse romain était inconnu en Irlande. Les monastères formait le centre de la vie chrétienne dans l'Église primitive de l'Irlande. Par conséquent, les higoumènes et hommes et femmes pouvaient avoir certaines des fonctions de la dignité d'évêque sur le continent. Une preuve de ceci peut être vue aussi dans les synodes et les conciles, comme celui de Whitby, qui a été convoqué par Sainte Hilda. Les femmes ont parfois gouverné des monastères double, régissant ainsi à la fois les hommes et les femmes. Brigitte, higoumène prééminente, pourrait avoir rempli certaines fonctions semi-épiscopale, comme la prédication, les confessions (sans absolution), et la guidance spirituelle des chrétiens environnants.

Commençant la vie consacrée comme une sorte anachorète, la sainteté de Brigitte a attiré beaucoup d'autres êtres. Quand elle avait d'environ 18 ans, elle s'installa avec sept autres jeune filles de même esprit près de Croghan Hill afin de se consacrer au service de Dieu. Vers 468 elle a suivi à Saint Mel à Meath.

Il y a peu d'informations fiables sur le couvent qu'elle a fondé vers 470 à Kildare (Cill-Daire ou de "l'église du chêne"), premier couvent d'Irlande, et sur la règle qui y a été suivie. C'est l'un des moyens par lesquels Brigte sanctifia le païen avec le chrétien: le chêne était sacré pour les druides, et dans le sanctuaire intérieur de l'Église était une flamme perpétuelle, autre symbole religieux de la foi druidique, ainsi que chrétienne. Gérald of Wales (13ème siècle) a noté que ce feu était entretenu en permanence par vingt religieuses de sa communauté. Cette situation a duré jusqu'en 1220 quand il fut éteint. Gerald a noté que le feu était entouré par un cercle de buissons, où aucun homme n'était autorisé à entrer.

Il est généralement admis que c'était un monastère double, abritant des hommes et des femmes - une pratique courante dans les pays celtiques qui a été parfois prise par les Irlandais sur le continent. Il est possible qu'elle présida les deux communautés. Elle y établit des écoles pour les hommes et les femmes. Une autre source dit qu'elle y installa un évêque nommé Conlaeth là, bien que le Vatican indique officiellement le siège de Kildare comme datant de 519.


Cogitosus, moine de Kildare, au huitième siècle, a exposé la vie rimée et versifiée en bon latin de Sainte Brigitte. C'est ce qui est connu comme "Seconde Vie", et c'est un excellent exemple d'érudition irlandaise du milieu du VIIIe siècle. Peut-être que la caractéristique la plus intéressante du travail de Cogitosus est la description de la cathédrale de Kildare, en son temps:

"Solo spatioso et in altum minaci proceritate porruta ac tabulis decorata pictis, Tria intrinsecus ampla oratoria habens, et divisa parietibus tabulatis".

(Le jubé était formé de planches de bois, richement décorées, avec des rideaux joliment décorées.)


Probablement que la fameuse tour ronde de Kildare date du sixième siècle.

La sixième vie de la sainte imprimée par Colgan est attribuée à Coelan, moine irlandais du VIIIe siècle, et elle a une importance particulière du fait qu'elle est précédée d'une préface de la plume de Saint Donat, moine irlandais également, qui devint évêque de Fiesole en 824. Saint Donat se réfère à des vies antérieures par saint Ultan et Saint-Aileran.

Même enfant, Brigitte montra un amour particulier pour les pauvres. Quand sa mère l'envoyait pour recueillir le beurre, l'enfant le donnait. Sa générosité dans la vie adulte était légendaire: Il a été enregistré que si elle donnait un verre d'eau à un étranger assoiffé, le liquide se transformait en lait. La plupart des anecdotes à son sujet se rapportent à la multiplication de la nourriture, dans l'une d'elle, elle changea l'eau de son bain en bière pour étancher la soif d'un clerc venu en visite impromptue. Même ses vaches donnaient du lait trois fois par jour pour fournir du lait pour les évêques en visite.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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St. Brigid of Kildaire


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St. Brigid's Cross

Croix de sainte Brigitte

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lundi 21 septembre 2009

L'anamkhara ou amitié de l'âme dans l'orthodoxie celtique



Ste Brigitte de Kildare


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Le terme d'anamkhara est familier aux irlandais. C'est l'ancien concept de "l'ami de l'âme" qui vous écoute, vous guide et vous aime.

Il y a une sorte d'amour qui est indissoluble,
que ni le temps ni l'espace,
ne peuvent couper ou détruire,
et même la mort ne peut abolir,
car avec Dieu l'union des caractères,
et non celle des lieux,
unis les amis dans une commune demeure.

Saint Jean Cassien



L'une des églises les plus anciennes et créatives du christianisme, l'Église Celtique des origines, a grandi en importance, des siècles avant que des conflits théologiques et politiques ne divisent tragiquement le peuple chrétien. Cette Église Celtique commençante, existant tout à fait indépendamment de Rome à partir du cinquième au douzième siècle, était composée d'une grande variété d'Églises dans des endroits comme l'Irlande, le Nord de l'Angleterre, la Cornouailles, le pays de Galles, l'Ecosse, la Bretagne et l'île de Man.

Bien que ces Églises n'aient jamais été administrativement unies, elles ont connu dans une large mesure l'unité entre elles, grâce à leur style de vie monastique, aux liens familiaux et d'amitié, au respect pour la guidance [spirituelle]des femmes et à leur spiritualité commune. Dans cette première Église celtique, une personne qui agissait en tant qu'enseignant, confesseur, ou guide spirituel était appelée par les Gallois periglour ou beriglour, ainsi que par les Irlandais et les Écossais anamkhara, qui signifie "ami de l'âme" ou simplement "âme amie". Ce genre de ministère a finalement été associé par l'Église occidentale essentiellement masculine avec le prêtre ordonné dans le sacrement de réconciliation, mais, dans les premiers temps du christianisme celtique, ces relations étaient ouvertes aux laïcs et aux clercs, aux femmes et aux hommes.

Une anecdote de Saint-Brigitte de Kildare, trouvée au début du siècle neuvième dans le Martyrologe de l'Oengus Culdee, témoigne de l'importance de l'anamkhara...

Un jeune clerc de la communauté de Ferns, fils adoptif de Brigitte [sainte Brigitte de Kildare], avait l'habitude de venir la voir avec friandises. Il était souvent avec elle dans le réfectoire pour prendre de la nourriture.

Un jour, après être allé à la communion, elle frappa un battant de cloche. "Eh bien, jeune clerc, là", dit Brigitte, "as-tu un anamkhara?". "Oui", répondit le jeune homme. "Chantons son requiem", dit Brigitte. "Pourquoi?" demanda le jeune clerc. "Parce qu'il est mort", dit Brigitte. "Quand tu as terminé la moitié de ta ration, j'ai vu qu'il était mort". "Comment sais-tu cela? "Facile à dire, répondit Brigitte, à partir du moment où ton anamkhara était mort, j'ai vu que ta nourriture a été mise (directement) dans le tronc de ton corps, puisque tu était sans tête. Sors et ne mange rien jusqu'à ce que tu aies à nouveau un anamkhara, car toute personne sans anamkhara est comme un corps sans tête, elle est comme l'eau d'un lac pollué, ni bonne à boire, ni pour se laver. Voilà ce qu'est une personne sans ami de l'âme (anamkhara)!".

Cette histoire, dans le contexte d'un repas avec des références à la mort et l'eau, a des connotations symboliques, sacramentelles que la plupart des chrétiens reconnaîtront. Elle suggère que les Celtes croyaient que des amis de l'âme chrétiens était quelque chose de crucial pour la subsistance humaine et la croissance spirituelle, et que de telles relations de mentorat étaient finalement liées à l'amitié avec Dieu.

[...] aussi bien les chrétiens du désert et ceux des pays celtes, et les anecdotes qu'ils ont écrites, affirment la valeur des amitiés avec les enseignants, les confesseurs et les guides pour atteindre la sainteté personnelle et acquérir la sagesse.

Selon Nora Chadwick dans son ouvrage classique The Age of Saints in the Early Celtic Church (L'Age des Saints dans l'Église celtique primitive), l'anamkhara était à l'origine quelqu'un qui, comme compagnon, partageait sa cellule et à qui on se confessait révélant les aspects confidentiels de la vie.

Ainsi, Chadwick dit que la tradition celtique de la guidance spirituelle a été fortement influencée par les chrétiens du désert et que l'apparition de l'anamkhara dans les Églises celtiques était un développement naturel qui pouvait être liée au syncelle, "celui qui partage une cellule" dans l'Église orthodoxe grecque.

Considérant l'importance de la cellule dans la spiritualité du désert comme lieu où l'on rencontre Dieu et où l'apprend "tout", partager sa cellule avec un ami de l'âme alors, est partager son moi le plus intime, sa vie, son esprit et son cœur.

Jean Cassien (c. 360-435), visiteur précoce du désert et l'un de ceux dont les écrits ont été les plus responsables de la grande popularité de la spiritualité du désert chez les Celtes chrétiens, partage sa cellule à Bethléem, avec son ami Germain, pratique commune de l'Orient pendant le quatrième siècle, jusqu'à ce qu'elle soit condamnée par les législateurs monastiques, peut-être de peur qu'une telle intimité puisse mener à des comportements condamnables. Dans ses Conférences, toutefois, Cassien compare l'amitié à ceux qui, par l'union de caractère, et "non de lieu", sont unis entre eux "dans la demeure commune". Ce lien entre amis, dit-il, est indissoluble: "Ce lien, dis-je, n'est pas brisé par les circonstances, aucun intervalle de temps ou d'espace ne le pourrait briser ou détruire, et la mort même ne peut pas séparer ceux qui sont unis par un tel lien".

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
SOUL FRIENDSHIP
in Early Celtic Monasticism

vendredi 14 février 2014

Vie de notre Sainte Mère Brigitte de Kildare (+524)




Fête le 1/14 février
Sainte Brigitte (aussi appelée Brigit, Bride/Bree, Bridget, tous ces noms dérivant du terme gaëlique Brig, signifiant puissance ou valeur), naquit vers 450, et fut considérée, avec saint Patrick (17 mars), comme la sainte patronne de l'Irlande.
Etant d’Ulster, issue d'une famille irlandaise convertie par saint Patrick, enfant elle était d’une grande charité et compassion en toutes circonstances.  Elle était extraordinairement belle, et son père avait prévu de la marier au roi d'Ulster. Mais lorsqu’elle eut seize ans, elle supplia le Christ de la rendre moins attrayante, de sorte que personne ne veuille l'épouser, et qu’elle puisse se consacrer à Lui seul. Bientôt, elle perdit un œil et fut autorisée à entrer dans un couvent.
Le jour où elle prononça ses vœux monastiques, elle fut miraculeusement guérie et sa beauté d'origine fut alors restaurée. Elle fut tonsurée moniale par saint Maël d’Ardagh.
Près de Dublin, elle se construisit une cellule sous un chêne ; ce lieu devint par la suite Kildare (Toponyme Kill-dara, c’est-à-dire en gaëlique cellule du Chêne). Sept jeunes filles la joignirent et ainsi fut établi le monastère de Kill-dara, qui est aujourd’hui la ville de la cathédrale de Kildare.
Ce couvent se développa rapidement et devint un monastère double avec des communautés d’hommes et de femmes, dont l’higoumène Brigitte avait préséance sur l’higoumène de la communauté masculine; par elle plusieurs autres monastères essaimèrent dans toute l'Irlande.
Sainte Brigitte, missionnaire, higoumène, mena une vie d’acèse et de prière; son couvent fut un havre pour tous les déshérités, et une école pour les hommes et les femmes de son temps. Son monastère de Kildare fut aussi une école d’Art (qui produisait des copies d’Evangéliaires finement décorés). Evêques, prêtres et autres clercs, ainsi que les rois cherchaient ses précieux conseils. De son vivant, Kildare était déjà un lieu de pèlerinage et un havre spirituel pour tous. Le système diocésain romain n’existant pas à cette époque, les monastères étaient alors le centre véritable de la vie chrétienne.
La sainte prédit le jour de sa naissance au Ciel, et elle s'endormit en 524, dans la paix du Christ à l’âge de 70 ans, laissant une règle monastique pour régir tous les monastères qui lui avaient été confiés. Pendant le Moyen Age,  sa vénération s’étendit à toute l'Europe depuis le Portugal jusques en Flandres.
Elle resta dans tous les esprits la Marie des Gaëliques, une salutation traditionnelle en Irlande était : Brid agus Muire duit (Que [sainte]Brigitte et Marie [Mère de Dieu] soient avec toi!) ; au pays de Galles, on disait souvent: Sannffried suynade ni undeith [que sainte Brigitte bénisse notre voyage !]
Sainte Brigitte de Kildare, prie Dieu pour nous !

Claude Lopez-Ginisty

samedi 8 mai 2010

Sainte Brigitte, higoumène et thaumaturge de Kildare (524) Première partie



Selon la tradition, Saint Brigitte (Brigit, Bridget) est née à Fochart (ou Fothairt), près de Dundalk, dans le comté de Louth en Ulster, d'une noble famille irlandaise, qui avait été convertie par Saint Patrick (fêté le 17 mars). Un magnifique effort de la vertu était visible en elle dès ses jeunes années. Étant d'une beauté peu commune, elle avait de nombreux prétendants et son père tenta de la marier au roi d'Ulster. À l'âge de seize ans, elle implora Notre Seigneur Jésus-Christ, qu'elle voulait pour seul Époux, de la rendre peu attirante, de sorte que plus personne ne voudrait l'épouser. Sa prière fut exaucée, elle perdit un œil, et fut autorisée à entrer dans un monastère. Toutefois, le jour même où elle prit le voile, elle fut miraculeusement guérie et retrouva son charme d'origine, qui était alors mis en valeur par la beauté spirituelle.

A quelques miles de Dublin, elle obtint la possession d'une plaine appelée Curragh, où elle s'est construit une cellule sous un grand chêne, appelée Kill-dara, ou cellule du chêne. Sept autres jeunes filles se sont rapidement placées sous sa direction constituant le monastère de Kill-dara, qui a donné son nom plus tard à la ville de Kildare où était la cathédrale. La communauté s'est rapidement accrue grâce à la renommée de la sainte higoumène, et elle devint un monastère double, avec l'higoumène femme hiérarchiquement au-dessus de l'higoumène masculin, et ce modèle essaima en plusieurs autres monastères dans toute l'Irlande.

Sainte Brigitte était souvent en voyage pour visiter ces fondations, et elle faisait des miracles partout sur son chemin. Elle chassait les démons par le simple signe de la croix, elle guérissait les malades, convertissait les pécheurs, et sa présence inspirait l'amour de Dieu dans le peuple tout entier. Toutes les personnes de premier plan de l'époque la connaissaient et lui donnaient des témoignages de leur admiration.

Après avoir prédit le jour de son décès, elle s'endormit dans la paix le 1er Février 524, léguant à ses disciples une règle monastique, qui résume son enseignement. Elle est considérée, sur un pied d'égalité avec Saint Patrick, en tant que patronne de l'Irlande, et elle est vénérée comme une sainte, seconde dans les âmes après la Mère de Dieu. Au Moyen Âge la vénération de sainte Brigitte se répandit dans toute l'Europe.

Par les prières de tes saints, Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de nous. Amen!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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samedi 26 janvier 2013

BEL EXEMPLE D'HONNETETE JOURNALISTIQUE QUE LE MONDE NOUS ENVIE...



Jt France 2


On peut aimer ou ne pas aimer M. Vladimir Poutine, chacun est libre de ses opinions, mais mentir d'une manière éhontée pour donner plus de poids à ses arguments, ne paraît pas très conforme aux règles élémentaires de déontologie que les donneurs de leçons se targuent de respecter… 
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Le site OJIM montre une des dernières manipulations de nos "informateurs" habituels.


(Brigitte Bardot annonçant que si les deux éléphants Baby et Népal sont euthanasiés, elle quittera la France comme Gérard Depardieu et qu'elle demandera la nationalité russe, les journalistes tiennent absolument à la convaincre que M. Poutine n'est pas fréquentable, et , horresco referens, qu'il tue des animaux à la chasse!)

L’affaire fait grand bruit. Le soir même, Marie Drucker diffuse un reportage dans son JT de France 2 sur les rapports entre notre BB nationale et le président russe Vladimir Poutine. Au cours du reportage, une voix off explique notamment que Brigitte Bardot n’évoquerait jamais « la passion du dirigeant pour la chasse », tandis que des images de Poutine défilent brièvement à l’écran. Il est en treillis, un fusil à la main, et pose à côté d’un animal qui paraît mort et que l’on imagine tué par lui.

Mais 3 jours plus tard, le journal hebdomadaire La Voix de la Russie publie le reportage en entier, dont sont tirées les images diffusées sur France 2 (à partir de 18 mn) et là : stupeur ! Poutine pose en effet en treillis et fusil de chasse devant un tigre couché à ses pieds… sauf que le reportage permet de comprendre que le chef de l’État russe participe à un programme de sauvegarde des tigres de Sibérie, que son fusil est un fusil hypodermique et que le tigre à ses pieds vient d’être endormi avant d’être probablement bagué… Le reportage se termine du reste par le même tigre réveillé qui s’éloigne dans la taïga…  Un bel exemple de manipulation par l’image auquel, pour lors, France 2 n’a pas réagi.
Crédit photo : capture d’écran France 2

dimanche 29 juin 2025

3e DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE

 



Ce dimanche, nous commémorons la Toussaint de Grande-Bretagne et d'Irlande. Il est merveilleux de voir comment la dévotion aux saints locaux est devenue partie intégrante de la vie de l'Église orthodoxe au cours du dernier demi-siècle. Il se trouve que mercredi prochain (2 juillet), nous célébrons saint Jean de Changhai et de San Francisco, qui s'est éteint ce jour-là en 1966. Lorsqu'il était en poste en Europe occidentale, il fit des recherches sur la vie des premiers saints de l'Occident et a encouragea la dévotion à leur égard. Il fut un véritable pionnier dans cet aspect de la vie de prière de l'Église.

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Ce dimanche, nous commémorons tous les saints des îles britanniques. Le Pentecostaire comprend également un service aujourd'hui, commémorant tous les nouveaux martyrs du joug turc.




Sr. Joseph d'Arimathie


 

Les saints de notre pays datent tous du premier millénaire. Notre géographie joue un rôle, puisque nous sommes situés en Europe occidentale, et nos ancêtres se sont donc retrouvés du mauvais côté du Grand Schisme. Les origines du christianisme dans les îles britanniques sont enveloppées dans les brumes de l'antiquité. Nous connaissons tous l'affirmation selon laquelle saint Joseph d'Arimathie aurait visité la Grande-Bretagne. Il est également suggéré que le Christ l'a accompagné lorsqu'il était enfant et que la première église de ce pays était un bâtiment en torchis à Glastonbury. Le curieux livre de Lionel Smithett Lewis, ancien vicaire de Glastonbury, intitulé St Joseph of Arimathea at Glastonbury, est toujours imprimé. Il ne fait aucun doute qu'une grande partie du texte pourrait être remise en question par des historiens sérieux, mais le livre est toujours utile. L'auteur effectue des recherches sur les différentes traditions et légendes, puis énumère les sources. Les sources ne sont pas nécessairement concluantes, mais elles sont anciennes et souvent vénérables. Par exemple, il rapporte des paroles de St Jean Chrysostome : Les îles britanniques qui sont au-delà de la mer et qui se trouvent dans l'océan ont reçu le pouvoir du Verbe. Des églises y sont fondées et des autels y sont érigés".


St. Aristobule

 

Les textes anciens font souvent référence à des évêques britanniques du IVe siècle, mais les traditions remontent même au Ier siècle de notre ère. L'évêque Dorothée de Tyr, contemporain de saint Alban, écrit à propos de saint Simon le Zélote : "Simon le Zélote a prêché le Christ dans toute la Mauritanie et l'Afrique. Il fut finalement crucifié à Brittania, tué et enterré. En ce qui concerne l'apôtre Aristobule, des Septante (Rom 16:10), Smithett Lewis mentionne qu'il figure dans le Ménée de l'Église orthodoxe grecque en tant que premier évêque de Grande-Bretagne. Il indique également qu'au IIe siècle, Hippolyte cite Aristobule comme évêque des Bretons. Aucune de ces références n'est concluante, mais elles doivent être replacées dans leur contexte historique. L'Empire romain était très étendu, couvrant les côtes méditerranéennes, l'Afrique du Nord, le Moyen-Orient et la majeure partie de l'Europe. De bonnes routes et des voies maritimes régulières permettaient aux gens de voyager relativement facilement, ce qui a aidé l'Évangile à se répandre largement. Nous pouvons donc supposer que le christianisme était fermement établi ici au début du 4e siècle, à l'époque de saint Alban et de la persécution de Dioclétien.

 

St. David de Galles


La situation changea radicalement un siècle plus tard, lorsque les légions romaines se retirèrent, laissant le pays vulnérable aux raids saxons. Les Britanniques chrétiens se retirèrent vers l'ouest mais survécurent, comme devait le découvrir plus tard saint Augustin de Canterbury. Il pensait être le seul évêque en Grande-Bretagne. Cela a dû être un grand choc pour lui de découvrir qu'il se trompait. Au cours des siècles suivants, de grands saints ont honoré ces îles. Il suffit de penser à saint David du Pays de Galles, à saint Patrick d'Irlande, à saint Columba d'Iona, à saint Chad de Lichfield, à saint Cedd d'Essex, à sainte Brigitte de Kildare, à sainte Ethedreda [Audrey] d'Ely, à saint Botolph d'Iken, à saint Felix de Dunwich, à saint Aidan de Lindisfarne et à bien d'autres encore qui ont enseigné la foi véritable, amenant les gens au Christ par leurs paroles et par leur exemple. Plus de 400 saints des îles britanniques, du premier millénaire, nous sont connus. Il ne fait aucun doute qu'il y en a beaucoup d'autres dont les noms ne sont connus que de Dieu.


St. Simon le Zélote



 
Ste Brigitte de Kildare

St. Patrick

Ste Audrey

St. Aiden de Lindisfarne

St. Augustin de Cantorbéry

St. Columba d'Iona

St. Cedd d'Essex

St. Chad de Lichfield

St. Botolph

St. Felix de Dunwich


Si nous célébrons aujourd'hui nos saints, cette journée est teintée de tristesse. Ils ont œuvré sans relâche pour éradiquer l'erreur et les fausses croyances, mais le deuxième millénaire a dilapidé ce précieux héritage, tout d'abord par l'hérésie, et aujourd'hui les circonstances sont pires qu'à l'époque de la Rome païenne. Sous la bannière de la démocratie libérale, de la tolérance et de l'égalité, le pluralisme est promu comme une vertu et est même enseigné dans les écoles. Le pluralisme est la politique qui consiste à traiter tous les systèmes de croyance et toutes les philosophies comme étant également légitimes, mais il y a un facteur à ne pas oublier. Ce sont toutes des inventions humaines, de Bouddha à Mahomet, en passant par Joseph Smith, Mary Baker Eddy et les autres. Le christianisme est unique parce qu'il n'est pas une construction humaine. Le Christ est Dieu ; Dieu incarné, oui, mais cela garantit que le christianisme n'est pas une opinion humaine, mais qu'il exprime la Vérité éternelle. Avons-nous besoin d'en être convaincus ? Souvenez-vous de l'Évangile lu lors de la liturgie pascale. Il s'agit des dix-sept premiers versets de l'Évangile de saint Jean. Parlant du Christ, le théologien dit : "Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Le Même était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par Lui, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans Lui.  

 

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Le calendrier nous propose deux passages de l'Évangile pour aujourd'hui. La lecture dominicale est celle de Matthieu 6, 22-33, qui nous donne de sages conseils. Les mots « œil » et « lumière » font référence à l'esprit et à l'âme. Si votre esprit est rempli de pensées liées à l'argent et aux choses de ce monde, cela aura une influence sur votre âme. Cela nous dit que nous ne pouvons pas servir deux seigneurs lorsque leurs exigences sont opposées l'une à l'autre. Si nous aimons l'argent, la richesse, le plaisir ou le pouvoir, nous servons Mammon et non Dieu. Ce principe est renforcé au verset 25, mais le Seigneur ne nous interdit pas de travailler, de manger et de nous vêtir. Il nous demande d'avoir confiance dans le fait que nous recevrons ce qui est nécessaire, tout en nous préoccupant davantage de nos âmes que de considérations matérielles. Pour cela, il nous donne des exemples tirés de la nature : les oiseaux et les fleurs des champs. Notre Seigneur et Créateur connaît tous nos besoins, c'est pourquoi nous devons d'abord nous tourner vers lui.

 

La lecture de l'Évangile pour les saints est Luc 21 : 12-19 et, si vous lisez la Bible, elle semble commencer au milieu d'un récit par les mots : « Mais avant tout cela, ils vous imposeront les mains... ».  Les livres d'office donnent au passage de l'Évangile un début plus formel : « Le Seigneur dit à ses disciples : »: Méfiez-vous des hommes : ils vous imposeront les mains..."      

 

Par intérêt, et pour une étude personnelle, il serait bon de lire les premiers versets de ce chapitre, dans lesquels le Seigneur parle de Jérusalem. L'histoire de la pauvre veuve a pour but, en partie, de montrer le vide spirituel du temple. Le trésor existait pour entretenir et orner le temple, ainsi que pour soutenir les œuvres de charité, mais il s'était corrompu. Les riches s'en servaient pour afficher leur prétendue vertu et l'argent était souvent détourné par les autorités du temple. En raison de cette corruption, le Christ prédit la destruction du temple et avertit les disciples des tribulations qui s'abattront sur Jérusalem. Cela prépare les disciples à l'avenir. Le Seigneur dit : avant ces choses, à bon escient, car la persécution éclatera, et elle sera sévère, mais avec un but précis. Les apôtres seront chassés de Jérusalem et dispersés pour répandre la foi. Leurs persécuteurs, et Jérusalem elle-même, seront détruits, mais les apôtres resteront ailleurs.  En outre, il leur donne des paroles de réconfort. Lorsqu'ils seront confrontés à leurs accusateurs, les apôtres n'auront pas à craindre d'avoir la langue patralysée et de passer pour des imbéciles, car le Christ lui-même mettra dans leur bouche des paroles de sagesse.

 

Il s'agit d'un sombre avertissement selon lequel le danger et la trahison peuvent provenir de n'importe quelle source. Dans les Psaumes, nous lisons : " Si mon ennemi m'avait injurié, je l'aurais supporté ; si mon ennemi avait proféré contre moi des paroles d'orgueil, je me serais éloigné de lui. Mais c'est toi, homme à l'âme semblable à la mienne, qui fus mon guide et mon ami familier. (Psaume 54:12-14) Le Christ leur dit que certains d'entre eux souffriront le martyre, mais que pas un cheveu de votre tête ne périra. Il ne s'agit pas d'une contradiction, car la référence à un cheveu de votre tête signifie ici l'âme. Comme il est dit ailleurs : "Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais qui ne peuvent tuer l'âme. (Matt 10 : 28). 




 

TOUS LES SAINTS DES ÎLES BRITANNIQUES 

PRIEZ DIEU POUR NOUS !

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Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
in Mettingham. 

ENGLAND