"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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mercredi 21 février 2018

De ceux qui n'acceptent pas notre pardon



Abba Bétimius demanda à Abba Poemen: 

"Si un homme se fâche avec moi, et que j'exprime ma contrition, et qu'il ne l'accepte pas, que dois-je faire?" 

Le vieillard lui dit: 

"Prends avec toi deux de tes amis, et exprime ta contrition en leur présence." 

Et le vieillard Bétimius lui dit: 

"Et s'il ne veut pas être persuadé de l'accepter alors?" 

Et Abba Poemen répondit en disant: 

"Prenez avec toi cinq autres." 

Et Abba Bétimius a répondu disant: 

"Et s'il n'est pas persuadé par ceux-ci?" 

Abba Poemen dit: 

"Alors prends avec toi un prêtre." 

Et Abba Bétimius a dit, 

"Et s'il n'est pas persuadé alors?" 

Abba Poemen lui dit: "Sans colère et sans excitation, prie Dieu de mettre en son esprit le désir de paix, et aussitôt tu n'auras plus de souci."

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après





mardi 5 septembre 2017

Moine Barsanuphe:Pardonne-moi mon fils!



Cette histoire s'est produite il y a quelques années. Mon frère en Christ le moine me l'a racontée. C'est un moine simple et travailleur. Toute sa vie est pleine de miracles, il est donc toujours intéressant de l'écouter. Je veux dire à l'avance que [de me raconter cela] ce n'était pas une sorte de vanité de sa part, mais seulement une conversation normale et amicale entre gens qui se connaissent depuis longtemps.

La mère de Père Paramon était une femme profondément croyante, pieuse et dévote, et bien qu'elle fût mariée, elle mena une vie plus conforme à celle d'une moniale.

Père Paramon déclara que lorsque sa mère était enceinte de lui, elle eut peur d'accoucher et pria en larmes la Mère de Dieu de l'aider à soulager ses angoisses douloureuses et ses souffrances, et elle vit la majestueuse Dame dans un rêve qui la bénit et lui dit qu'elle donnerait naissance pour la fête de la Transfiguration, ce qui arriva par la suite. Ce rêve encouragea, raffermit et délivra la mère de Père Paramon du stress interne.

Il est impossible de dire que la vie familiale de ses parents était idéale. Comme le dit Père Paramon, les conflits ne les ont pas épargnés. Les années passèrent... Père Paramon échangea la maison de son père pour l'habitation du Père céleste. Déjà moine, il découvrit que son père avait quitté sa famille et avait cessé d'aider sa mère matériellement, de sorte que la vie des proches de Père Paramon devinrent très difficiles, parce qu'ils n'avaient pas assez d'argent pour les médicaments pour leur grand-mère malade. Ils étaient au bord du désespoir.

Le cœur de Père Paramon fut tourmenté par la pensée qu'il ne pouvait pas aider financièrement, mais il n'abandonna jamais l'espoir, parce qu'il était sûr qu'une fois qu'il serait parti pour le monastère, Dieu prendrait soin de sa famille sur lui-même et donc qu'ils seraient en de bonnes mains. Il se rappela involontairement  une histoire du Patericon à propos d'un moine qui, pour s'occuper de ses parents, avait quitté son monastère. Quand ce moine franchit les portes de son foyer, un ange le rencontra. "Où vas-tu?" Demanda le moine. L'ange répondit que maintenant il n'avait pas besoin d'être dans cette maison. Avant, lorsque le moine était dans le monastère, l'ange aidait sa famille, mais maintenant qu'il avait rompu ses vœux et qu'il était rentré chez lui, il n'y avait nul besoin pour l'ange de rester là.

Comme Père Paramon l'a rappelé, c'était pendant le Grand Carême. Le Vendredi Saint, lorsque le chagrin des gens dans l'ensemble du monde chrétien est concentré sur l'épitaphios funéraire du Sauveur, Père Paramon connut une double douleur pour sa tragédie familiale interne. En se prosternant devant le linceul, il dit: "Seigneur, aide-moi! Il n'y a personne qui puisse soutenir matériellement mes proches. J'ai quitté ce monde, mais dans mes prières, je suis obligé de prier pour le monde, y compris pourmes propres parents. "

Samedi Saint. Un appel téléphonique. Père Paramon entendit une voix inquiète.

"Fils, pardonne-moi," dit son père, en balbutiant.

"Qu'est-ce qui s'est passé?" Demanda Père Paramon.

"La nuit, alors que je dormais, quelqu'un m'a poussé sur le côté. Ouvrant mes yeux, j'ai vu une créature devant moi dans une lumière blanche, comme un ange. Il m'a dit d'aider mon épouse, qui est la mère d'un moine. "

Son père effrayé continua à citer beaucoup de paroles de l'étranger mystérieux, que nous n'avons pas le droit d'écrire dans cette histoire.

Le moine Paramon donna quelques conseils à son père, et il se réconcilia avec son épouse et accomplit les ordres qui lui avaient été donnés. Les relations de la famille commencèrent à s'améliorer à partir de ce moment. Le père de Père Paramon est devenu une personne d'église et il vit [à présent] selon les commandements du Christ.

Version française Claude Lopez-Ginisty

lundi 17 juin 2013

Matouchka Constantina: Rechercher le pardon




"Oh, je suis désolé" est, je pense, le nouveau "Excusez-moi". Si nous sommes dans le passage de quelqu'un, si nous heurtons par hasard quelqu'un, c'est habituellement notre réponse. Toutes les cultures ne font pas des excuses à chaque instant comme nous les Nord-Américains en sommes venus à le faire. J'ai particulièrement remarqué cela en Corée, où les rues et les métros sont encombrés de manière que vous êtes dans le passage de presque tout le monde et presque tout le monde est sur votre chemin, mais il n'y a pratiquement aucune «excusez-moi" ou "je suis désolé" qui soit échangé. Au début, c'était étrange pour moi, Canadienne de l'Atlantique - dont les habitudes sont fondées sur le fait "d'être gentil". Mais j'ai vite dépassé cela.

Et ainsi, c'était d'autant plus désarmant la première fois qu'une moniale m'a sincèrement dit: "Pardonnez-nous si nous avons dit ou fait quelque chose de mal ou si nous avons scandalisée." J'ai été complètement prise au dépourvu. Croit-elle que j'ai été choqué par quelque chose qu'elle a dit? Ai-je de quelque manière agi comme j'étais gênée par quelque chose? Ai-je été contrariée par quelque chose? Non, pourquoi a-t-elle dit ça?

Mais j'ai vite appris que ce genre de déclaration est un lieu commun au moment de quitter avec un moine ou une moniale. Et pourtant, ce n'est en aucune manière artificiel. Ce n'est pas la valeur par défaut, "je suis désolé(e)". C'est un plaidoyer sincère pour le pardon de sorte que même s'ils [les moines ou moniales] ont involontairement offensé quelqu'un, au moins la réconciliation est aussi offerte.

Il semble que rechercher le pardon est encore plus important que de l'accorder. Bien sûr, nous devons aussi avoir une approche active du pardon et non pas simplement le demander des autres. Mais j'ai toujours été frappé par l'avertissement des Écritures concernant le pardon: "Si donc tu présentes ton offrande à l'autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande."(Matthieu 5:23-24). Le Seigneur nous invite à demander pardon avant de nous approcher de l'autel. Ceci, bien sûr, n'exclut pas la condition d'accorder aussi le pardon, mais l'accent est mis sur la première demande.

La force que possède l'enseignement par exemple m'étonne. J'apprends tellement des moniales et elles ont envie de parler, d'agir et de penser de façon similaire. Et ainsi, au fil du temps j'en suis venue à anticiper la demande des sœurs pour le pardon, et j'ai même essayé de le chercher moi-même. Mais surtout, je m'efforce de ne pas en faire une formalité, ou plutôt un cliché.

Donc, je vais profiter de cette occasion et demander pardon si j'ai offensé ou exaspéré l'un d'entre vous. Et je fais de même pour vous.

Le Christ est ressuscité!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Matushka Constantina
in
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