"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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dimanche 18 janvier 2026

DIMANCHE AVANT LA THÉOPHANIE

Aujourd'hui, l'Évangile du dimanche est tiré de Marc 1, 1-8 et nos pensées se tournent vers le baptême du Christ. La particularité de la grande fête de la Théophanie est la bénédiction de l'eau. En Terre Sainte, il est possible de se rendre au Jourdain pour le bénir, mais ailleurs, la bénédiction a lieu dans la rivière locale. Lorsque l'église est située près de la côte, la bénédiction peut être donnée à la mer. Dans le Grand Nord, où les hivers sont rigoureux, il est d'usage de percer un trou dans la glace d'une rivière gelée. La particularité de la bénédiction est qu'une croix est plongée dans l'eau. Dans les endroits où la mer est bénie, la croix est parfois jetée à l'eau, pour être récupérée par des nageurs. 


La première phrase de la lecture de l'Évangile fait référence à saint Jean, qui fut le dernier des prophètes de l'Ancien Testament et qui, contrairement aux autres, en tant que précurseur, vécut assez longtemps pour voir l'accomplissement des prophéties – Malachie 3:1 et Isaïe 40:3. La référence à l'« ange » fait allusion à Jean en raison de son mode de vie hors du commun, c'est-à-dire angélique. Par le baptême qu'il administrait, il préparait les âmes à accepter le Christ. Il était la voix de celui qui criait dans le désert : « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. » Ici, le désert a un sens littéral, le désert jordanien. Il symbolisait également le désert spirituel de l'establishment juif. Le chemin est le Nouveau Testament, tandis que les « sentiers » font référence à l'Ancien Testament, qui étaient bien tracés, mais qui étaient devenus impraticables. Jean prêchait la repentance afin que ceux qui se repentaient et recevaient le Christ obtiennent le pardon de leurs péchés.

Les vêtements de Jean, faits de poils de chameau, qui étaient un symbole de deuil, montraient que celui qui se repentit pleurait ses péchés. La ceinture était en cuir, c'est-à-dire en peau morte, et symbolisait la mort spirituelle des Juifs, qui ne comprenaient la loi mosaïque que de manière littérale et superficielle. Les péchés du peuple étaient attachés à eux, comme des chaussures ou des sandales sont attachées aux pieds. Jean enseignait la repentance, desserrant ainsi les liens des péchés, mais il ne pouvait pas servir le Christ Sauveur, qui était sans péché, de la même manière.

Elie et Elisée

Le Jourdain s'était autrefois retiré devant le manteau d'Élisée, après qu'Élie eut été enlevé au ciel, et les eaux s'étaient divisées de ce côté et de l'autre : le courant était devenu un chemin sec devant lui, formant une véritable figure du baptême par lequel nous traversons le cours changeant de la vie. Le Christ est apparu dans le Jourdain pour sanctifier les eaux. (Tropaire – Veille de la Théophanie – Ton 4)

Le lundi, nous célébrons la fête. L'Évangile de la liturgie est Matthieu 3, 13-17, et c'est le récit de saint Matthieu, bien qu'il soit sensiblement le même que celui de saint Marc. Dans le livre The Incarnate God Vol 1, concernant le baptême du Christ, nous lisons ce qui suit : Les quatre évangélistes considèrent cet événement comme aussi important que la Croix et la Résurrection. Chacun d'eux le décrit en détail. Marc fait du baptême le « début » de son Évangile : Jean commence son récit (le récit après le prologue) par le témoignage de Jean-Baptiste et sa rencontre avec Jésus dans le désert.

Jésus a trente ans au moment de son baptême. Jusqu'à cette date, il a vécu avec sa famille en Galilée, menant une vie ordinaire, travaillant de ses mains, partageant le quotidien de ses pairs. Rien de sa nature divine n'est évident chez le Nazaréen. Sur les rives du Jourdain, Dieu se révèle en la personne de Jésus. Il est la Parole de Dieu, sur Lui repose le Saint-Esprit depuis toute éternité, le Père témoigne de la divinité de Jésus et Le proclame comme Son Fils unique. (Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection.)

C'est après le baptême que le monde peut connaître les trois personnes de la Trinité. C'est le mystère qui nous permet d'invoquer le Père, le Fils et le Saint-Esprit comme un seul Dieu. Après la manifestation dans le Jourdain, nous pouvons nous aussi baptiser « au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Matthieu 28, 19).


Pour la première fois dans l'histoire, Dieu se révèle en trois personnes. La visite qu'Abraham a reçue au chêne de Mamré était une prophétie, l'annonce de cette révélation. Seul le Fils incarné devenu homme pouvait nous initier, nous faire entrer dans ce mystère. L'Église orthodoxe a décidé de séparer cette manifestation du Christ de toutes les autres (naissance, mages et noces de Cana), car ce jour-là, Dieu se révèle pleinement : Il est Un en trois Personnes. Rien ne peut être ajouté à cette vision.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

in Mettingham. 

dimanche 15 janvier 2023

DIMANCHE AVANT LA THÉOPHANIE

 

Saint Sylvestre

Saint Sylvestre de Rome

Alors que nous avançons dans l'année 2023, nous constatons que le calendrier des saints nous donne quelques exemples inspirants de piété. En ce jour, en l'an 335, saint Sylvestre partit vers le Seigneur. Il naquit à la fin du IIIe siècle, dans une famille chrétienne romaine et reçut une éducation conventionnelle qui aurait pu le préparer à occuper une position élevée dans le monde séculier, mais sa foi profonde le poussa à étudier la doctrine chrétienne. Son maître était un prêtre nommé Timothée, qui fut martyrisé pour la foi. Cela eut un tel impact sur le jeune Sylvestre qu'il décida de consacrer toute sa vie à répandre la bonne nouvelle de l'Évangile et à gagner des âmes au Christ. C'était à un moment charnière dans la vie de l'Église avant l'Édit de Tolérance. À l'âge de trente ans, Sylvestre fut ordonné évêque et, à la mort de l'évêque Miltiades, en 314, il devint évêque de Rome. La tradition rapporte que, grâce à ses prières, l'empereur Constantin fut guéri d'une maladie que d'autres n'avaient pas réussi à soigner. Les efforts inlassables et véritablement apostoliques de Sylvestre pour diffuser l'Évangile amenèrent de nombreuses personnes à croire au Christ.



Saint Seraphim de Sarov 

Nous commémorons également aujourd'hui un staretz russe très apprécié, Saint Seraphim de Sarov. Il naquit à Koursk le 19 juillet 1754. Ses parents, Isidore et Agatha Mochnine, appelèrent leur fils Prokhore. Il fut gravement malade à l'âge de dix ans, et la Mère de Dieu lui dit qu'il serait guéri. Une procession avec l'Icône miraculeuse de Koursk fut détournée et passa devant la maison des Mochnine. Agatha saisit l'occasion pour emmener son fils vénérer l'icône. Le garçon se rétablit. C'est ainsi qu'il décida de consacrer sa vie au service de Dieu. La lecture de la vie des saints et la participation aux offices religieux furent des éléments importants de sa jeune vie et, à l'âge de dix-huit ans, Prokhore décida d'embrasser la vie monastique.  

Sa mère lui offrit une croix qu'il portera toute sa vie. Entré au monastère de Sarov, il fut rigoureux dans son abstinence, ne mangeant qu'une fois par jour, et rien du tout le mercredi et le vendredi. Lorsqu'il était malade, la Mère de Dieu, avec d'autres saints, lui apparaissait à nouveau et le guérissait une fois de plus. Le novice Prokhore fut tonsuré moine à l'âge de 27 ans et reçut le nom de Séraphim. En 1793, il fut ordonné prêtre et servit la liturgie tous les jours. Au bout d'un an environ, il eut la bénédiction de se retirer dans la solitude de la forêt, et vécut dans une simple cabane. 

Son amour pour toute la création de Dieu était tel que même les animaux sauvages venaient à lui. Après avoir été attaqué par des voleurs, qui le battirent sévèrement, il ne put plus jamais se tenir droit. Lorsque les voleurs furent appréhendés et traduits en justice, le saint moine intercéda en leur faveur auprès du juge. 

Par la suite, Séraphim adopta les coutumes d'un stylite, bien qu'il ne disposât pas d'un véritable pilier. À la place, il se servait d'un grand rocher sur lequel il se tenait en prière. Ce podvig [exploit spirituel] se poursuivit pendant mille jours. Plus tard, saint Séraphim se rendit plus disponible pour les pèlerins et les pénitents qui venaient chercher ses conseils. Il conseillait souvent : "Acquiers un esprit de paix, et autour de toi des milliers de personnes seront sauvées". Ce grand et humble serviteur du Christ s'éteignit en ce jour en 1833, mais malgré la dévotion et la vénération des fidèles, sa glorification officielle (canonisation) n'eut lieu qu'en 1903.  

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Aujourd'hui, la lecture de l'Évangile du dimanche est Marc 1, 1-8 et nos pensées sont maintenant tournées vers le baptême du Christ.

La phrase d'ouverture fait référence à saint Jean, qui était le dernier des prophètes de l'Ancien Testament et, à la différence des autres, en tant que Précurseur, il vécut pour voir l'accomplissement des prophéties - Malachie 3, 1 et Isaïe 40, 3 La référence à "l'ange" concerne Jean en raison de son mode de vie non-mondain, c'est-à-dire angélique. Par son baptême, il prépara les âmes à accepter le Christ. 

Il était la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers. Ici, le désert a un sens littéral, le désert de Jordanie. Il symbolise également le désert spirituel de l'establishment juif. Le chemin, c'est le Nouveau Testament, tandis que les "sentiers" font référence à l'Ancien Testament, qui était bien fréquenté mais qui s'était égaré. Jean prêche la repentance afin que ceux qui se repentent et reçoivent le Christ reçoivent le pardon de leurs péchés.

Le vêtement de Jean était en poil de chameau, symbole de deuil, montrant que celui qui se repent fait le deuil de ses péchés. La ceinture était en cuir, c'est-à-dire en peau morte, et signifie la mort spirituelle des Juifs qui ne comprenaient la loi mosaïque que de manière littérale et superficielle. Les péchés du peuple y étaient attachés, comme le sont les chaussures/sandales attachées aux pieds. 

Jean enseigna la repentance, libérant ainsi les attaches des péchés, mais il ne pouvait pas servir le Christ Sauveur, qui était sans péché, de la même manière.

Tropaire  de la Veille de la Théophanie

Ton 4


Le Jourdain retourna en arrière jadis, * frappé par le manteau d’Elisée, * et les eaux se divisèrent de part en part * après qu’Elie fut monté au Ciel. * Les flots lui devinrent un ferme chemin * à l’exacte image du Baptême * par lequel nous traversons * le cours fluctuant de la vie. ** Le Christ se manifeste au Jourdain pour sanctifier les eaux.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après


in Mettingham. 

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