"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

jeudi 15 février 2018

Grand-père Dobri de Baylovo en Bulgarie est né au Ciel


Dobri Dimitri Dobrev (en bulgare : Добре Димитров Добрев), mieux connu sous le nom de « Grand-père Dobri » ou « staretz Dobri » (en bulgare : дядо Добри), né le 20 juillet 1914 dans le village de Bailovo et mort le 13 février 2018, est un mendiant bulgare qui marchait, chaque jour, plusieurs kilomètres pour s'asseoir ou se tenir debout face à la cathédrale Alexandre-Nevski de Sofia, pour mendier de l'argent.
« Le Saint de Baylovo » offrait tout l'argent qu'il accumulait grâce à sa mendicité à des œuvres de charité, des orphelinats, des églises et des monastères.
Son père mourut durant la Première Guerre mondiale et Dobri Dobrev fut élevé par sa mère. Lors de l'un des bombardements sur Sofia durant la Seconde Guerre mondiale, un obus éclata près de lui et il perdit la quasi-totalité de son ouïe.
Avec le temps, Dobrev se sépara des aspects matérialistes de l'existence pour se consacrer entièrement à la vie spirituelle. Autour de l'an 2000, il décida de céder tous ses biens matériels à une église, St Cyrille et Méthode, et il vivait dans une petite extension très modeste de celle-ci, dans son village natal de Bailovo. Autour de ces mêmes années, il développa son projet d'amasser des fonds pour la reconstruction des églises et des monastères en Bulgarie. C'est son nouveau mode de vie et l'exemple qu'il donnait avec son ascétisme qui amena bien des gens à l'appeler « Le Saint de Baylovo ».

mercredi 14 février 2018

Staretz Elie d'Optino: La prière


Staretz Elie

Personne ne peut y échapper. Et pour vous protéger, par-dessus tout, vous devez prier. 

Prières du soir, prières dans l'église. 

Tout dépend de la spiritualité de l'âme. 

C'est comme un chaudron. Si l'air est chaud et qu'il y a de la vapeur, les mouches et les insectes ne peuvent pas s'approcher. Si le chaudron est un peu froid, et qu'un récipient est ouvert un insecte nuisible pourrait y pénétrer.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

SOLIDARITE KOSOVO


[VIDEO] Le convoi de Noël 2017 en images!
Toute l’équipe de Solidarité Kosovo tient une nouvelle fois à vous remercier pour le soutien que vous lui avez témoigné au cours de l'année 2017.

Votre don est une formidable preuve de confiance grâce à laquelle nous avons pu conclure l'année 2017 sur des notes d’entraide et d’espoir avec le traditionnel convoi de Noël.

En quelques jours à peine, 10 tonnes de matériel humanitaire d'une valeur dépassant les 80.000 euros ont été distribuées. Cette année, nous avons également offert 72 poêles à bois aux familles les démunies.

Solidarité Kosovo vous invite à découvrir la vidéo exclusive de notre convoi humanitaire de Noël, en cliquant sur le lien suivant : cliquez ici .

Voir la video
https://youtu.be/156Y5BmrLXs

L'équipe de "Solidarité Kosovo"

PS : les personnes souhaitant nous aider peuvent contribuer au développement de nos activités en nous faisant un don. Par chèque à l’ordre de « Solidarité Kosovo », BP 1777, 38220 Vizille ou par Internet en cliquant sur paypal :

PS2 : « Solidarité Kosovo » étant reconnu d’intérêt général, chaque don ouvre droit à une déduction fiscale à hauteur de 66% du montant du don. A titre d'exemple, un don de 100 € vous permet de déduire 66 € sur la somme de vos impôts à payer. Ainsi votre don ne vous coûte en réalité que 34 €.

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mardi 13 février 2018

Marina Tchijova: "Le Gentil staretz" L'archimandrite Hippolyte (Khalin) (8)


Père Hippolyte de bienheureuse mémoire

Tombe du staretz Hippolyte
et la croix qui exsuda du myrrhon

Monument dédié au staretz Hippolyte


Bienheureuse dormition du staretz

Quand Batouchka eut un accident vasculaire cérébral à la fin de 2002, ce fut une surprise pour tout le monde, mais personne ne pensait qu'il allait mourir. Père Hippolyte fut dans un état inconscient pendant plusieurs semaines. Étonnamment, lors de la Communion, son réflexe de déglutition apparut pendant un certain temps, puis disparut à nouveau. 

Le staretz partit vers le Seigneur le 17 décembre, et fut enterré le 19, jour de St Nicholas le thaumaturge, qu’il aimait beaucoup. Le père spirituel du monastère fut enterré à l'autel de l'église Saint-Nicolas qu'il avait reconstruite. 

Après le repos en Christ de Batouchka, un miracle fut enregistré: de la croix sur sa tombe commença à couler du myrrhon. Cela arriva le neuvième jour. Beaucoup confirmèrent que la veille, et le jour même de sa mort, ils virent des phénomènes naturels inhabituels. Mais même sans cela, il était évident pour tous que la terre russe avait trouvé dans la personne de l'archimandrite Hippolyte (Khalin) un autre intercesseur au Ciel.





Saint Staretz Hippolyte, prie Dieu pour nous!


Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après

Jean-Claude Larchet: Recension/Hiéromoine Macaire de Simonos-Pétra, « Mystagogie du Grand Carême. Essai de théologie du temps liturgique »





Le hiéromoine Macaire de Simonos-Pétra, bien connu pour son édition en six volumes du Synaxaire. Vie des saints de l’Église orthodoxe, vient de publier aux éditions « Apostolia » de la métropole roumaine dans la nouvelle collection « Doxologie », dirigée par Bernard Le Caro, un fort volume relié intitulé Mystagogie du Grand Carême. Essai de théologie du temps liturgique. Il s’agit d’un mémoire présenté en 1978 à la Cinquième Section de l’École Pratique des Hautes Études, mais qui a été revu par l’auteur avec l’expérience qu’il a acquise en tant que typicariste (chargé de l’ordonnancement des services liturgiques) de son monastère situé au Mont-Athos. Nous lui laissons le soin de présenter son œuvre en publiant ci-dessous le textes de son introduction:


Dans le domaine des études byzantines, la liturgie est, jusqu’à nos jours, restée un domaine quelque peu marginal. Victime du cloisonnement des disciplines, celle-ci a fait l’objet le plus souvent d’études uniquement historiques ou, plus récemment, d’études de liturgies comparées. Mais on ne s’est guère préoccupé encore de sa place réelle dans la tradition théologico-spirituelle orthodoxe ainsi que dans la culture byzantine. Si bien que le regret, exprimé par Paul Florensky au début du XXe siècle au sujet de l’absence d’une véritable théologie liturgique, reste encore valable. Cette carence a commencé d’être comblée dans les années qui précédèrent la Révolution par une école de brillants liturgistes russes comme Mansvetov, Dimitrievsky, Nikolsky, Karabinov, Skaballanovitch, qui préparèrent le terrain à une future théologie liturgique orthodoxe par de vastes études historiques gardant encore de nos jours toute leur valeur. Cette école russe a trouvé de savants disciples à Rome (J. Mateos, R. Taft et M. Arranz) et commence à porter quelques fruits proprement théologiques dans des travaux comme la thèse de A. Schmemann:Introduction to Liturgical Theology, dans laquelle est tenté un essai de conceptualisation du culte. On peut toutefois déplorer que ce mouvement soit encore assez embryonnaire et remarquer que les éléments d’une véritable théologie liturgique, fondée sur la tradition patristique et digne de la profondeur de son objet, restent encore à forger.


La liturgie orthodoxe n’est pas une discipline annexe de la théologie, mais elle en est plutôt son application pratique et effectivement vécue, car la vraie foi est la norme de la « droite glorification ». Comme l’affirmait saint Grégoire de Nysse: C’est dans la profession des Personnes divines que consiste l’essentiel du mystère de la religion, et dans la participation aux rites et aux symboles mystiques que se réalise le salut.


C’est en nous fondant sur cet axiome et avec la volonté, certes bien ambitieuse, de montrer comment la théologie «post-chalcédonienne»6 trouve son application dans la tradition ascétique et liturgique, que nous avons entrepris l’étude du Triodion. Parmi tous les autres livres liturgiques, le choix de celui-ci s’imposait, car il est celui qui par son histoire représente le plus synthétiquement toute la tradition liturgique et qui par son objet – la préparation à la fête de Pâques – manifeste le plus clairement que l’essence même de la liturgie chrétienne (que ce soit les sacrements proprement dits ou l’ensemble des activités liturgiques) est le Mystère, c’est-à-dire : « l’accomplissement du grand dessein de Dieu de se réconcilier l’humanité dans le Christ et de l’appeler à la participation des biens célestes en faisant habiter en elle l’Esprit Saint qui l’initierait à une vie divine ». Le Mystère liturgique est donc la réalisation de la déification, âme et corps, de la personne humaine par sa participation à la plénitude divino-humaine de la Personne du Christ, en son Corps, l’Église.


Le but de cette étude est de montrer que la période du Carême illustre de manière spécifique cette dimension mystagogique fondamentale du temps liturgique, et, qu’étant une transposition de l’ancienne préparation des catéchumènes à l’initiation pascale, tous les éléments qui la constituent – tant sur le plan hymnographique que sur le plan structurel – sont marqués de cette empreinte mystagogique et théandrique.


La théologie chrétienne du temps consiste en une antinomie irréductible entre le salut déjà accompli par le Christ, mais présent «dans le mystère», et l’attente de sa future manifestation une fois atteint le plérôme de l’humanité et de la course du temps. Le temps liturgique apparaît comme une application de cette antinomie, une transposition dans la durée de l’opération divino-humaine qui se réalise dans tous les actes de l’Église. C’est pour illustrer cette thèse, et à cause de la nécessité pratique de restreindre un sujet si vaste, que nous nous sommes limités ici à l’étude du seul Grand Carême et de sa période préparatoire, en laissant de côté la Grande Semaine qui est pourtant le point culminant du triode. En effet, la plus grande partie de ce travail trouve sa cohérence en ce qu’il vise à montrer que la Grande Semaine – la participation mystérique à la Passion – est déjà présente à tout moment et dans tous les aspects du Carême. L’ascèse est une préparation, mais elle est aussi une communion au Mystère du Christ (Col 4, 3) et une Pâque anticipée, c’est-à-dire un acte théandrique. Cette limitation au Grand Carême se justifie d’autre part historiquement puisque ces deux parties ont toujours constitué deux périodes distinctes, aussi bien dans l’histoire de la fixation du jeûne pré-pascal que dans l’hymnographie (Grand Carême à Constantinople, Grande Semaine à Jérusalem).


Sur le plan proprement liturgique, nous avons voulu souligner ici l’intime compénétration de la forme et du contenu dans le Triodion, de l’hymnographie et des rubriques du Typikon. trop souvent, on a limité l’étude théologique aux seuls textes liturgiques qui sont, on le sait, d’une extraordinaire richesse ; mais il convient de montrer que la forme elle-même leur est aussi inséparable que le corps l’est de l’âme, et que les règles du Typikon sont en fait également « mystagogiques », autant marquées de cette dimension divino-humaine que l’hymnologie. C’est pour cette raison que les parties de ce travail se divisent comme suit:


L’introduction rappelle tout d’abord les grands traits de l’évolution du triode, en se fondant essentiellement sur l’étude de Karabinovov, Postnaja Triod, et un deuxième chapitre illustre la centralité du thème baptismal dans la tradition monastique et la liturgie.


La première partie est une rapide étude des thèmes principaux de l’hymnographie du Triodion. En cherchant à être le plus concis possible, nous avons essayé de souligner le caractère théandrique des vertus à la pratique desquelles les fidèles sont alors appelés, et de replacer ces thèmes dans la tradition patristique, en nous référant de préférence aux Pères du IVe siècle et à leurs successeurs, ainsi qu’aux « Pères ascètes » dans la ligne des Pères du désert et de Jean Climaque. Il ne s’agit pas là d’une recherche des sources, ni même d’une exploitation exhaustive de l’hymnographie du Triodion, mais seulement d’une illustration du caractère profondément traditionnel et patristique de celle-ci.


La deuxième Partie est réservée à l’étude du Typikon dans ses deux dimensions : les règles du jeûne et les rubriques des offices. Le jeûne est l’objet fondamental de l’ascèse du Carême, le thème central de la catéchèse hymnographique, et ses règles sont l’aboutissement d’une longue tradition. Aussi nous sommes-nous attachés à montrer comment l’hymnographie et le Typikon se complètent de manière particulièrement heureuse au sujet du jeûne : l’un engageant au jeûne du corps et l’autre au jeûne de l’âme. La seconde section de cette partie, qui occupe la plus grande place dans ce travail, est constituée par l’étude des offices du Carême, toujours dans le but de montrer leur dimension mystagogique et théandrique, ainsi que l’articulation entre le Typikon et l’hymnographie. Après quelques courts chapitres sur les caractères particuliers des offices au cours du Carême et un chapitre assez développé sur le système des lectures bibliques et patristiques, qui nous permet d’avancer certaines hypothèses sur les fondements mêmes du temps liturgique, un long développement est consacré à l’analyse détaillée de chacun des offices, de leur caractère général, de leurs particularités quadragésimales et de leur signification dans l’ensemble de la représentation ascétique du temps dans le triode. Cette deuxième partie se termine par un chapitre sur la place des saints et des fêtes fixes, dans lequel sont mises en évidence les implications spirituelles des règles techniques qui les commandent.


La troisième partie enfin s’attache à la combinaison des deux dimensions, hymnographique et rubricale, dans la structure même du Carême et dans sa continuité. Cependant, avant d’aborder l’étude de détail, il était nécessaire de considérer l’ensemble de la période du triode de manière synthétique dans la perspective de la théologie du temps. Dans ce chapitre, le Grand Carême est mis en rapport avec l’ensemble du cycle mobile ainsi qu’avec la Semaine de la Passion, principalement à partir d’une réflexion sur le symbolisme des nombres. L’étude suivie de la période préparatoire et du Grand Carême, jusqu’au seuil de la Grande Semaine, le vendredi précédant le Samedi de Lazare, se trouve considérablement allégée puisque les parties précédentes ont permis d’aborder une grande partie des sujets. Elle vise principalement les commémorations particulières du Triode et tente de dégager la signification et la structure de cette préparation rythmée et progressive à Pâques. Cette dernière partie nous permet, surtout à propos de la fête de la Croix, de constater que la structure formelle du triode est, elle aussi, profondément marquée par la mystagogie et l’anticipation de la Grande Semaine.


Cette division en trois parties distinctes entraîne quelques répétitions; mais ce sera, nous l’espérons, au profit d’une plus grande clarté dans un sujet qui a précisément pour caractère de voir tous ses éléments s’interpénétrer étroitement et se renvoyer sans cesse l’un à l’autre.


Ce travail visant à dégager une interprétation théologique du Carême, notre perspective sur le Triodion a été essentiellement synchronique. Sans négliger les renseignements historiques que nous avons pu trouver, nous avons pris comme base de la recherche l’édition grecque courante du Triodion.


Pour ce qui est du Typikon, la source principale utilisée est le Typikon de Saint-Sabas, d’où sont issues les rubriques insérées dans le Triodion et qui reste aujourd’hui le Typikonofficiel de l’Église russe et des monastères grecs. C’est surtout pour cet aspect de l’organisation et de la célébration des offices que le recours à la tradition vécue de la Sainte Montagne de l’Athos, telle qu’elle est consignée dans les Typika des monastères de Dionysiou et de Xiropotamou, peut souvent éclairer les ambiguïtés ou les insuffisances des documents écrits (rappelons d’ailleurs que les livres liturgiques ont toujours été considérés comme des sortes de guides, d’aide-mémoire de la pratique, sans qu’ils ne puissent jamais totalement s’y substituer). Alors que pour ce qui est de l’hymnographie, nous nous sommes limités au seul Triodion imprimé, pour le Typikon, une étude comparée était nécessaire à une meilleure intelligence des usages liturgiques et monastiques. C’est pourquoi, à côté du Typikon de Saint-Sabas et de ses variantes éditées par Dimitrievsky, nous avons aussi utilisé les Typika du monastère de l’Évergétis à Constantinople et du monastère du Saint-Sauveur à Messine, tous deux du XIIe siècle, comme étant les plus complets et les plus accessibles. D’autres sources, plus partielles, comme l’Hypotyposis du Monastère de Stoudios (IXe s.), la Diatyposis d’Athanase l’Athonite (Xe s.), le Taktikon de Nicon de la Montagne Noire (XIe s.), sont précieuses pour l’histoire du triode. Lorsque cela était nécessaire, nous avons aussi exploité le Typikon de la Grande Église du Xe siècle, les Typika des monastères byzantins et, avec plus de prudence, le Typikon paroissial actuel de Constantinople, issu de la réforme de 1838. Ces comparaisons des sources ne sont pas non plus systématiques, elles servent seulement à illustrer tel ou tel point de vue.






En présentant donc cette étude plus comme un essai sur la théologie et la spiritualité du triode que comme un examen historique, nous espérons qu’elle procurera à ses lecteurs le goût d’approfondir les textes et la vie liturgique de l’Église et d’engager chaque année avec un zèle renouvelé le « bon combat » du Grand Carême, afin de communier à la glorieuse Résurrection de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ.


Jean-Claude LARCHET

Macaire de Simonos-Pétra :« Mystagogie du Grand Carême »


Le samedi 10 février 2018 le hiéromoine Macaire de Simonos-Pétra a présenté son dernier livre :« Mystagogie du Grand Carême. Essai de théologie du temps liturgique » paru dans la nouvelle collection des éditions Apostolia* « DoxologIe », dirigée par Bernard Le Caro.`
On peut en lire l'introduction et la conclusion ICI
* Voir l'excellente revue de la Métropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale, Apostolia. Prix: 3 euros. Pour toute information: siège de la Métropole orthodoxe roumaine. Courriel: revue.apostolia@mitropolia.eu.

lundi 12 février 2018

Marina Tchijova: "Le Gentil staretz" L'archimandrite Hippolyte (Khalin) (7)


Monastère de la Dormition de Beslan



Mais l'archimandrite Hippolyte aidait généralement d'une autre manière. Il bénissait ceux qui venaient chercher de l'aide pour vivre un moment au monastère, y accomplir des obédiences et prier. Et les gens restaient: certains pour une semaine, certains pour quelques mois, d'autres pour le reste de leur vie. Ils étaient sauvés par la prière et l'obéissance. Il y avait des molebens pour les malades presque tous les jours au monastère, où même les démoniaques étaient guéris, ainsi que les alcooliques, les drogués et d’autres encore. Cependant, le staretz bénissait tout le monde pour y être présent, parce qu'il croyait que "tout le monde [était] spirituellement malade aujourd'hui." Pour ces guérisons, l'Ennemi de l'humanité se vengeait lourdement sur le staretz: Son visage était couvert de cloques géantes, dont il n’était délivré que par une prière nocturne prolongée.

L'ascétisme intérieur de Père Hippolyte était caché pour nous, mais les fruits en étaient évidents pour tous. Batouchka aimait souvent répéter les paroles de l'Evangile, le Royaume des Cieux est forcé et ce sont les violents qui s’en emparent (Mt 11, 12). Ainsi disait-il, il faut d'abord se contraindre à la prière, et alors vous ne pourrez pas vivre sans elle, et vous vous dépêcherez d'obéir à votre règle de prière "comme à un rendez-vous". A la question de savoir comment il fallait prier, le staretz répondait : "Avec tendresse".

La qualité la plus importante de Batouchka était sa profonde humilité. Un jour, peu de temps avant sa mort, il mentionna à un pèlerin: «Depuis quarante ans, je me prosterne devant tout le monde.» Il n'a jamais réprimandé quiconque venait à lui - il ne pouvait le faire que de façon douce et indirecte, par une chanson ou par un poème. Il était inhabituel pour Batouchka de forcer qui que ce soit ou d'insister sur quoi que ce soit; au contraire, il persuadait toujours les gens, même quand il savait exactement quelle serait la meilleure façon de procéder. C'est peut-être pourquoi l'archimandrite Cyrille (Pavlov) a appelé le Père Hippolytus "le plus gentil Batouchka sur Terre."

"L'apôtre d'Alanya et du Caucase du Nord"

On ne sait pas pourquoi Batouchka avait une telle préoccupation particulière pour les résidents d'Ossétie. Ils l'ont même appelé lui-même «l'apôtre d'Alanya et du Caucase du Nord». Un homme a prétendu que la Théotokos elle-même l'avait chargé de prier pour cette terre. Il est évident que Batouchka, doté du don de clairvoyance, avait prévu les événements tragiques qui se produiraient dans le Caucase du Nord après sa mort. Il estimait que «le Caucase ne serait sauvé que par des monastères». Ce n'est pas un hasard si le monastère de la Dormition fondé par le staretz à Beslan est situé à 200 mètres de l'école où un acte terroriste célèbre a eu lieu en 2004. Un centre de réhabilitation pour les enfants affectés par cette tragédie a été construit plus tard dans le couvent d'Alanya. Batouchka lui-même a spécifié l'endroit pour la construction des monastères en Ossétie.

Il y a une histoire intéressante à propos de la future higoumène du monastère d'Alagir, Mère Nona (Bagaeva), et du Père Hippolyte. Père Hippolyte rencontra Natasha (ainsi était-elle était connue dans le monde) quand elle alla voir le staretz pour le travail. Elle était réalisatrice pour la télévision ossète, et elle devait tourner un spectacle sur une personnalité intéressante et connue. Comme beaucoup d'Ossètes allaient voir le staretz, Natacha décida de l'interroger, mais l'higoumène du monastère de Rylsk ne pouvait bien sûr pas donner d'interview. Cependant, dans leur conversation, il demanda à la jeune fille: «Savez-vous que vous êtes une moniale?» Cela rendit Natalia très fâchée, et elle se demanda comment on pouvait savoir une telle chose. "Les moniales ont une croix qui brille sur leurs fronts", répondit Batouchka. 

La jeune fille ne s'attendait absolument pas à entendre une telle «révélation» sur elle-même, mais elle fut encore plus surprise. Une femme entra en courant dans sa cellule, à la recherche de "Natacha la réalisatrice", et le staretz dit que l'higoumène d'Alanya elle-même était venue lui rendre visite, montrant "Natacha la réalisatrice". Elle ne savait même pas à ce moment-là ce qu’était une higoumène; mais un an plus tard, elle fut tonsurée au monastère Saint-Nicolas et elle dirige aujourd'hui le monastère de la Théophanie à Alanya.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après



dimanche 11 février 2018

Marina Tchijova: "Le Gentil staretz" L'archimandrite Hippolyte (Khalin) (6)


Monastère de Rilsk

Mais l'archimandrite Hippolyte aidait généralement d'une autre manière. Il bénissait ceux qui venaient chercher de l'aide pour vivre un moment au monastère, y accomplir des obédiences et prier. Et les gens restaient: certains pour une semaine, certains pour quelques mois, d'autres pour le reste de leur vie. Ils étaient sauvés par la prière et l'obéissance. Il y avait des molebens pour les malades presque tous les jours au monastère, où même les démoniaques étaient guéris, ainsi que les alcooliques, les drogués et d’autres encore. Cependant, le staretz bénissait tout le monde pour y être présent, parce qu'il croyait que "tout le monde [était] spirituellement malade aujourd'hui." Pour ces guérisons, l'Ennemi de l'humanité se vengeait lourdement sur le staretz: Son visage était couvert de cloques géantes, dont il n’était délivré que par une prière nocturne prolongée.

L'ascétisme intérieur de Père Hippolyte était caché pour nous, mais les fruits en étaient évidents pour tous. Batouchka aimait souvent répéter les paroles de l'Evangile, le Royaume des Cieux est forcé et ce sont les violents qui s’en emparent (Mt 11, 12). Ainsi disait-il, il faut d'abord se contraindre à la prière, et alors vous ne pourrez pas vivre sans elle, et vous vous dépêcherez d'obéir à votre règle de prière "comme à un rendez-vous". A la question de savoir comment il fallait prier, le staretz répondait : "Avec tendresse".

La qualité la plus importante de Batouchka était sa profonde humilité. Un jour, peu de temps avant sa mort, il mentionna à un pèlerin: «Depuis quarante ans, je me prosterne devant tout le monde.» Il n'a jamais réprimandé quiconque venait à lui - il ne pouvait le faire que de façon douce et indirecte, par une chanson ou par un poème. Il était inhabituel pour Batouchka de forcer qui que ce soit ou d'insister sur quoi que ce soit; au contraire, il persuadait toujours les gens, même quand il savait exactement quelle serait la meilleure façon de procéder. C'est peut-être pourquoi l'archimandrite Cyrille (Pavlov) a appelé le Père Hippolytus "le plus gentil Batouchka sur Terre."


Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après
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FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX


29 janvier / 11 février
Dimanche de l’abstinence de viande ou
du Jugement Dernier

Translation des reliques de saint Ignace le Théophore, évêque d'Antioche, martyr (107) ; saint Sarbèle et sainte Barbée, martyrs à Édesse (vers 110) ; saints Romain, Jacques, Philothée, Julien, Habib, Parigore et Hypéréchios, martyrs à Samosate (297) ; saints Sylvain, évêque d'Émèse, Luc, diacre, et Mocias, lecteur, martyrs en Phénicie (312) ; sainte Savine (313) ; saint Sulpice Sévère, ami et biographe de saint Martin de Tours (vers 410) ; saint Laurent, évêque de Tourov (1194) ; saints Gérasime (1467), Pitrim (1455) et Jonas (1470), évêques de Perm ; saint Démètre de Chios, néo-martyr grec (1802) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Jean (Granitov) et Léonce (Klimenko), prêtres, Constantin (Zverev), diacre et les cinq martyrs avec eux (1920).

Lectures : I Cor. VIII, 8 - IX,2 / Мatth. XXV, 31-46

LE DIMANCHE DE L’ABSTINENCE DE VIANDE OU DU JUGEMENT DERNIER[1]


C
elui qui donne à manger à un homme qui a faim, donne à manger au Christ. Qui donne à boire à celui qui a soif, donne à boire au Seigneur. Qui donne un vêtement à l’homme nu, donne un vêtement au Seigneur. Qui accueille un étranger, accueille le Seigneur. Qui rend visite au malade, au malheureux ou au prisonnier, rend visite au Seigneur. Car il a été dit dans l’Ancien Testament : Qui fait la charité au pauvre prête au Seigneur qui paiera le bienfait de retour (Pr 19, 17). Car à travers ceux qui nous demandent de l’aide, le Seigneur éprouve nos cœurs. Dieu ne nous demande rien pour Lui-même ; Il n’a besoin de rien. Celui qui a créé le pain ne peut avoir faim ; ni avoir soif Celui qui a créé l’eau ; ni être nu Celui qui a vêtu toutes Ses créatures ; ni être malade Celui qui est la source de la santé ; ni être prisonnier Celui qui est le Seigneur des seigneurs. Il nous demande de faire preuve de charité, afin que nos cœurs soient ainsi adoucis et purifiés. Dieu est en mesure, par Sa toute-puissance, de rendre soudain tous les hommes, riches, rassasiés, vêtus

et satisfaits. Mais il permet que les hommes connaissent la faim, la soif, la maladie, la douleur et la misère, pour deux raisons : tout d’abord pour qu’à travers tout ce qu’ils endurent, ils adoucissent et purifient leurs cœurs, se souviennent de Dieu et s’approchent de Lui dans la foi et la prière ; puis, pour que ceux qui ne souffrent pas, les riches et les rassasiés, les vêtus et en bonne santé, les puissants et libres, voient la misère humaine et que, grâce à la charité, leurs cœurs soient adoucis et purifiés ; pour que dans les souffrances d’autrui ils ressentent leurs propres souffrances, dans l’humiliation d’autrui leur propre humiliation, et se rendent ainsi compte de la fraternité et de l’unité de tous les hommes sur terre à travers le Dieu vivant, Créateur et Concepteur de tous et de tout sur la terre. Le Seigneur nous demande la miséricorde, la miséricorde au-dessus de tout : car Il sait que la miséricorde est la voie et la méthode du retour de l’homme à la foi en Dieu, de l’espérance en Dieu et de l’amour envers Dieu. Telle est la signification apparente. La signification intérieure, elle, concerne le Christ en nous-mêmes. Dans toute pensée lumineuse de notre esprit, dans tout sentiment généreux de notre cœur, dans toute aspiration noble de notre âme en vue de l’accomplissement du bien, apparaît le Christ en nous, par la force du Saint-Esprit. Toutes ces pensées lumineuses, sentiments généreux et aspirations nobles, Il leur donne le nom de plus petits de Ses frères. Il les appelle ainsi parce qu’ils constituent en nous une minorité infime par rapport à la masse énorme de boue terrestre et de méchanceté qui est en nous. Si notre esprit a faim de Dieu et que nous lui permettons de se nourrir, nous avons nourri le Christ en nous ; si notre cœur est dépourvu de toute bonté et générosité divine, et que nous lui permettons de se vêtir, nous avons revêtu le Christ en nous ; si notre âme est malade et emprisonnée par notre propre méchanceté et nos mauvaises actions, et que nous nous souvenons des autres et leur rendons visite, nous avons visité le Christ en nous. En un mot, si nous donnons protection à l’autre homme qui est en nous, celui qui a occupé jadis le premier rôle et qui représente le juste, écrasé et humilié par l’homme mauvais, le pécheur, qui est aussi en nous, nous donnons protection au Christ en nous-mêmes. Petit, tout petit, est le juste qui est en nous ; énorme, immense, est le pécheur qui est en nous. Mais le juste qui est en nous est le petit frère du Christ, alors que le pécheur qui est en nous est un adversaire du Christ de la taille de Goliath. Par conséquent, si nous protégeons le juste qui est en nous, si nous le rendons libre, si nous lui donnons des forces et l’amenons vers la lumière, si nous l’élevons au-dessus du pécheur afin qu’il puisse régner totalement sur le pécheur, alors nous pourrions dire comme l’apôtre Paul : Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi (Ga 2, 20) ; alors nous aussi, nous serons appelés bénis et entendrons les paroles du Roi au Jugement dernier : Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde.
St Nicolas Vélimirovitch





Tropaire du dimanche, ton 3
Да веселя́тся небе́сная, да ра́дуются земна́я; я́ко сотвори́ дeржа́ву мы́ш-цею Cвое́ю Го́сподь, попра́ cме́ртiю cме́рть, пе́рвенецъ ме́ртвыxъ бы́сть, изъ чре́ва а́дова изба́ви на́съ и подаде́ мípoви ве́лiю ми́лость.
Que les cieux soient dans l’allégresse, que la terre se réjouisse, car le Seigneur a déployé la force de Son bras. Par Sa mort, Il a vaincu la mort ! Devenu le Premier-né d’entre les morts, du sein de l’enfer, Il nous a rachetés, accordant au monde la grande Miséricorde.

Kondakion du dimanche du Jugement dernier, ton 1
Егда́ пріи́деши Бо́же на зе́млю co cлáвою, и тpeпе́щутъ вся́ческая ; pѣка́ же о́гненная предъ суди́щемъ влече́тъ, кни́ги paзгиба́ются, и та́йная явля́ются; тогда́ изба́ви мя́ oтъ огня́ неугаси́маго, и cподо́би мя́ одесну́ю Teбе́ ста́ти cyдіе́ пра́веднѣйшій.
O Dieu, lorsque Tu viendras sur la terre dans la gloire et que trembleront toutes choses, un fleuve de feu coulera devant le tribunal, les livres seront ouverts et les secrets révélés. Délivre-moi du feu inextinguible et rends-moi digne de me tenir à Ta droite, Juge très juste.

LE SAMEDI DE L’ABSTINENCE DE VIANDE

Le premier samedi, dit « universel », consacré à la mémoire des défunts, est celui qui précède le dimanche de l’abstinence de viande. Ce samedi est dit « universel » parce que l’on y fait mémoire de tous les défunts depuis Adam jusqu’à nos jours. Dans les livres liturgiques, il est mentionné « que l’on fait mémoire de tous les chrétiens orthodoxes, de nos pères et frères, qui se sont endormis depuis les siècles ». Il est écrit dans le synaxaire (commentaire du jour ou de la fête, figurant dans les livres liturgiques après le kondakion) : « Les saints Pères ont disposé qu’il convenait de faire mémoire de tous les défunts pour la raison suivante. Nombreux sont ceux qui meurent souvent d’une mort non naturelle, par exemple lors d’un voyage en mer, ou encore sur des montagnes infranchissables, dans des gorges ou précipices ; il arrive encore que certains meurent de faim, du fait d’un incendie, de la guerre, ou du gel. Et qui énumérerait toutes les sortes et tous les genres de mort soudaine et inattendue ? Tous ceux qui entrent dans lesdites catégories sont privés des chants et des prières funèbres. C’est la raison pour laquelle, les saints Pères, mus par l’amour des hommes, ont décidé, sur le fondement de l’enseignement apostolique, d’accomplir cette commémoration universelle, afin que personne, achevant sa vie terrestre de quelque façon, à quelque moment et en quelque lieu que ce fût, ne se vît privé des prières de l’Église ». La fixation du samedi des défunts à la veille du dimanche de l’abstinence de viande remonte à une tradition ancienne, confirmée par le fait qu’elle se trouve dans le Typicon de St Sabbas au Vème siècle. Cette tradition résulte de la coutume pour les chrétiens des premiers siècles de se rassembler dans les cimetières pour commémorer les défunts, ce à quoi font allusion des témoignages écrits du IVème siècle. La raison pour laquelle l’Église a retenu le samedi précédant le dimanche du Jugement Dernier est précisément que nous demandons au Juste Juge de manifester Sa miséricorde en ce jour envers tous les défunts, dont ceux qui sont restés sans enterrement chrétien. En outre, cette commémoration a lieu peu avant le Grand Carême, lorsque nous devons entrer dans une union plus étroite avec les vivants et les morts.

AU SUJET DU JUGEMENT DERNIER

Dans l’image de Dieu que l’être humain porte en lui, se trouve le Verbe Divin immortel. En cela est la majesté immortelle et divine même chez l’un des « plus petits » parmi les hommes. Cette vérité évangélique est fondamentale : tout ce que tu fais aux hommes, tu le fais en fin de compte au Christ, au Créateur, au Sauveur, au Juge. Chaque homme porte en lui le Christ, qu’il en soit conscient ou non. Pour cette raison, toute attitude que tu adoptes envers quelque homme que ce soit, chacun de tes sentiments pour un homme, toute pensée sur un homme, revêt une importance infinie et décisive pour toi. Car c’est cela qui définit ton destin éternel dans l’autre monde, c’est en fonction de cela que tu seras jugé. Chaque homme, chaque frère le plus petit, porte en lui tout l’Évangile pour toi ; et de chacun de ces « frères les plus petits » dépend ton salut. En fait, dans l’Évangile sur le Jugement, le Seigneur nous dit cette vérité, cette vérité universelle : ton salut dépend de ton attitude envers le prochain, envers tes frères à l’image du Christ. C’est là tout l’Évangile. Autrement dit : l’homme se sauve et se condamne par le prochain. Néanmoins, comme il est facile de se sauver ! Tu nourris l’affamé en tant que créé par Dieu, et tu es sauvé ! Tu donnes à boire à celui qui est assoiffé, tu es à nouveau sauvé ! Tu reçois un voyageur, encore une fois, tu es sauvé ! Tu rends visite à un malade, tu es renforcé dans le salut ; tu visites un prisonnier, tu es encore une fois sauvé. Ainsi, de jour en jour, tu es le créateur de l’Évangile, et ainsi ton propre sauveur. Car en accomplissant cela, tu t’unis continuellement spirituellement avec le Sauveur : « C’est à Moi que vous l’avez fait ». Le salut n’est rien d’autre que l’union de l’homme avec le Sauveur par les saints Mystères et les saintes vertus évangéliques.
St Justin de Tchélié



Vient de paraître aux Éditions APOSTOLIA, collection « Doxologie » : MYSTAGOGIE DU GRAND CARÊME, Essai de théologie du temps liturgique, par le hiéromoine Macaire de Simonos Petras. http://www.mitropolia.eu/fr/site/226/



[1] Extrait des Homélies de saint Nicolas Vélimirovitch sur les Evangiles des dimanches et jours de fête, Coll. Grands Spirituels orthodoxes du XXème siècle, L’Âge d’Homme 2016.


samedi 10 février 2018

Marina Tchijova: "Le Gentil staretz" L'archimandrite Hippolyte (Khalin) (5)



Monastère de Rilsk



Batouchka ne faisait jamais d'homélies; il n'était pas connu pour son éloquence. Généralement, il parlait très peu et tranquillement, souvent de façon inaudible, de sorte que vous ne pouviez pas toujours entendre ce qu'il disait au début - vous deviez lui demander de répéter. Il appelait tous les hommes «Père». «Eh bien, comment va votre salut, mon Père?» demandait habituellement le staretz au début d'une conversation. À la fin, il disait: «Prions», ou il conseillait de lire l'akathiste à saint Nicolas le thaumaturge, qu'il vénérait particulièrement.

Un jour, une femme dont le fils avait le sida, sur les conseils de ses amis, saisissant ce dernier espoir, décida de se tourner vers le Père Hippolyte pour avoir de l'aide. Ils avaient voyagé de loin. Le staretz signa le fils de la femme et dit: «Tu n'as pas de sida.» Tout le long du chemin, la femme pleura d'indignation: «Nous avons trouvé un saint, et il ne sait rien du tout; Nous sommes venus si loin en vain. »De retour à la maison, son fils fut examiné à nouveau, et ... ils ne lui trouvèrent aucune maladie.

Mais l'archimandrite Hippolyte aidait généralement d'une autre manière. Il bénissait ceux qui venaient chercher de l'aide pour vivre un moment au monastère, y accomplir des obédiences et prier. Et les gens restaient: certains pour une semaine, certains pour quelques mois, d'autres pour le reste de leur vie. Ils étaient sauvés par la prière et l'obéissance. Il y avait des molebens pour les malades presque tous les jours au monastère, où même les démoniaques étaient guéris, ainsi que les alcooliques, les drogués et d’autres encore. Cependant, le staretz bénissait tout le monde pour y être présent, parce qu'il croyait que "tout le monde [était] spirituellement malade aujourd'hui." Pour ces guérisons, l'Ennemi de l'humanité se vengeait lourdement sur le staretz: Son visage était couvert de cloques géantes, dont il n’était délivré que par une prière nocturne prolongée. 

L'ascétisme intérieur de Père Hippolyte était caché pour nous, mais les fruits en étaient évidents pour tous. Batouchka aimait souvent répéter les paroles de l'Evangile, le Royaume des Cieux est forcé et ce sont les violents qui s’en emparent (Mt 11, 12). Ainsi disait-il, il faut d'abord se contraindre à la prière, et alors vous ne pourrez pas vivre sans elle, et vous vous dépêcherez d'obéir à votre règle de prière "comme à un rendez-vous". A la question de savoir comment il fallait prier, le staretz répondait : "Avec tendresse".

Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après