"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mercredi 15 février 2017

La plus ancienne église chrétienne trouvée en Jordanie



Sans surprise, elle était de type orthodoxe, avec l'abside traditionnelle et tout. Les archéologues prétendent avoir trouvé la plus ancienne église du monde datant de peu après la crucifixion du Christ et utilisée par les 70 apôtres.


Si les tests confirment qu'elle remonte à entre 33 AD et 70 AD, comme le prétendent les archéologues, ce serait le lieu de culte chrétien le plus connu.



Selon un article du journal Jordan Times, une église souterraine très ancienne a été trouvée sous l'ancienne église Saint Georges, qui remonte elle-même à 230 après J.C., à Rihab, au nord de la Jordanie, près de la frontière syrienne.



"Nous avons découvert ce que nous croyons être la première église du monde, datant de l'an 33 AD à 70 AD" a déclaré Abdul Qader al-Husan, directeur du Centre Rihab pour les études archéologiques de Jordanie.



"Nous avons des preuves pour croire que cette église a abrité les premiers chrétiens - les 70 disciples de Jésus-Christ."



Une mosaïque trouvée dans l'église décrit ces chrétiens comme "Les 70 bien-aimés de Dieu".



M. Husan a déclaré qu'ils avaient fui la persécution à Jérusalem et fondé des églises dans le nord de la Jordanie.



Il a cité des sources historiques qui suggèrent qu'ils ont vécu et pratiqué des rituels religieux dans l'église souterraine, et ne l'ont quittée que lorsque le christianisme a été embrassé par les dirigeants romains au IVe siècle après JC.



La déclaration a été traitée avec un certain dédain dans les salles de conversation en ligne se concentrant sur les connaissances bibliques, la plupart des contributeurs suggérant que cette déclaration a été faite pour stimuler le statut touristique de Rihab.



Il n'y a pas de titulaire clair du titre de plus ancienne église chrétienne, divers sites revendiquant le titre sans preuve définitive.



En 2005, les archéologues israéliens ont affirmé avoir trouvé l'église chrétienne la plus ancienne lorsqu'ils ont découvert une mosaïque de sol datant de la première partie du troisième siècle.





Elle a été trouvée à l'intérieur de la clôture périmétrique d'une prison de sécurité supérieure construite par Israël dans Megiddo ou, pour utiliser son ancien nom d'Armageddon, où, selon le Nouveau Testament, la bataille finale entre le bien et le mal, aura lieu avant le retour du Messie.



L'évêque adjoint de l'archidiocèse orthodoxe grec, l'Archimandrite Nektarios, a décrit la découverte de Rihab comme "Une borne importante pour les chrétiens du monde entier".



Les chercheurs ont récupéré de la poterie remontant à entre le 3ème et le 7ème siècles, qui disent-ils suggèrent que ces premiers chrétiens et leurs adeptes ont vécu dans la région jusqu'à la fin de la présence romaine.



À l'intérieur de la grotte il y a plusieurs sièges en pierre qui sont censés avoir été pour le clergé et une zone de forme circulaire, pensée être l'abside.



Il y a aussi un tunnel profond qui est censé avoir conduit à une source d'eau, a ajouté l'archéologue.



Rihab abrite un total de 30 églises, et on croit que Jésus et la Vierge Marie ont traversé la région, a dit Husan.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mardi 14 février 2017

Père Andrew Phillips: Fausses Nouvelles!


D'abord, ils l'appelaient «mensonges», puis sous les jésuites et plus tard le Dr Goebbels, ils l'appelaient «propagande». Puis, en Union Soviétique, elle est devenue «désinformation» et dans l'Ouest «PR»  [Public Relations], plus récemment «salades" [anglais spin, signifie aussi « bobards »] et maintenant «fausses nouvelles». Tels sont les euphémismes pour MENSONGES.

« L'Établissement » Occidental excelle à cet égard, renommant la réalité comme cela lui convient. Par exemple, les experts occidentaux ont depuis longtemps renommé « l’Age des Saints »* «Les âges obscurs», étiqueté le Moyen Âge «gothique», ce qu'ils n'étaient pas; la repaganisation ils l’ont appelée «la Renaissance», les ténèbres, ils les ont appelées «les Lumières», le paganisme brutal, Ils l’appellent «les temps modernes» et l'holocauste de l'avortement «les droits des femmes».

L'Établissement britannique, fondé par des Vikings francophones**, mais encore barbares, a montré des compétences particulières dans ce domaine. Ainsi, il appelle le peuple anglais autochtone, les Anglo-Saxons, terme qu'ils ne se sont jamais donné, et il décrète qu'ils disparurent en 1066 remplacés par eux-mêmes, les Normands «supérieurs», supérieurs parce qu'ils étaient plus efficaces dans le meurtre. Ensuite, il a appelé une guerre civile meurtrière «La guerre des roses», nommant le pillage et la destruction massive de la vie monastique et du souci des pauvres sous l'odieux tyrannique et meurtrier de masse Henry VIII, «La Réforme», et il a glorifié Cromwell, l'un des meurtriers les plus violents de l'histoire humaine (1.000.000 de morts?), par une statue en dehors du Parlement de l'Etablissement.

Plus tard, il a appelé une invasion hollandaise qui a coûté des centaines de milliers de vies «La révolution» «glorieuse», ou «non sanglante», nommé l'invasion anglo-franco-musulmane sans provocation par la Russie «La guerre de Crimée», la liberté des combattants de L'Inde «La mutinerie indienne», le massacre des familles des fermiers hollandais dans les camps de concentration «La guerre des Boers», les guerres barbares de l'Europe occidentale «Guerres mondiales» et, récemment, les massacres impérialistes en Irlande du Nord, et récemment, elle appelle la junte américano-géorgienne et galicienne installée par les Etats-Unis à Kiev, le «gouvernement ukrainien» et les combattants de la liberté ukrainiens, les séparatistes soutenus par la Russie.

A présent, nous avons les mensonges de l'OTAN, organisation paranoïaque qui répand la paranoïa pour se justifier et justifier ses centaines de milliards de dollars de dépenses, qui auraient dû cesser quand l'Union soviétique était morte. Bien qu'elle prétende concerner  l'Atlantique Nord, elle vient de perdre une guerre à l'aide de sa junte marionnette dans les contreforts de l'Himalaya, coûtant 450 vies britanniques et gaspillant 35 milliards de Livres du contribuable britannique. N'ayant pas réussi à faire adhérer la Suède à l'OTAN en inventant de fausses nouvelles selon lesquelles un sous-marin russe patrouillait dans le port de sa capitale, elle essaie maintenant de faire en sorte que les gouvernements occidentaux donnent d'énormes sommes d'argent pour menacer la Russie.

D'abord, ils l'appelaient «mensonges», puis sous les jésuites et plus tard le Dr Goebbels, ils l'appelaient «propagande». Puis, en Union Soviétique, elle est devenue «désinformation» et dans l'Ouest «PR»  [Public Relations], plus récemment «salades" [anglais spin, signifie aussi « bobards »] et maintenant «fausses nouvelles». Tels sont les euphémismes pour MENSONGES.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Notes: 
·  *The Age of Saints" désigne en Anglais la période qui a marqué le début du christianisme en Angleterre.

** Normands

lundi 13 février 2017

Tudor PETCU: Interview de Son Eminence le Métropolite Sérafim [Joantă] sur le Père Séraphim Popescu



Pour commencer, j'aimerais que vous me disiez comment vous avez rencontré le Père Sérafim Popescu et ce qu'a signifié pour votre Eminence la rencontre avec ce grand père spirituel de l'Orthodoxie roumaine.

J'ai rencontré Père Sérafim Popescu du Monastère Brâncoveanu quand je suis allé comme un enfant avec les croyants de mon village natal (Boholt) à pied (environ 30 km) au pèlerinage de la Dormition au monastère de Sâmbăta. 

Depuis l'enfance et jusqu'à ce que je vienne étudier la théologie à Sibiu (1970), je n'ai gardé qu'une image idyllique du Père Sérafim. Le père m'a impressionné avec son beau visage pareil à celui d'un ange, une voix douce et un sourire permanent sur ses lèvres. Il paaissait une créature céleste, plus qu'humaine. Même si, à ce moment-là je me suis confessé à plusieurs reprises à lui, je ne compris pas le don spirituel élevé qu'il possédait. 

Seulement après avoir commencé à étudier la théologie, et par elle à en savoir plus sur moi-même avec toutes les ombres de l'âme, j'ai trouvé en Père Sérafim ses qualités en tant que père spirituel qualifié, gentil, patient et sympathique, face à l'impuissance humaine. Avec une conscience scrupuleuse, peut-être trop scrupuleuse, le père Sérafim essayait de «tempérer» en moi une tendance à voir plus les péchés que les côtés et les dons positifs de Dieu. 

Avec l'aide du Père Serafim, qui fut mon premier confesseur, mais aussi avec l'aide de nombreux autres confesseurs, j'en suis venu, par le don de Dieu, à toujours penser positivement, à comprendre l'impuissance de l'homme, et à éviter, autant que je le peux, de juger mon prochain. Sans aucun doute, les pèlerinages à Sâmbăta et des rencontres avec le Père Sérafim, et même avec Père Teofil, ont marqué ma vie, en ce sens que l'image de beaucoup de leurs enseignements est restée à jamais gravée dans mon cœur. Et maintenant, 25 ans après la disparition auprès du Seigneur du Père Sérafim, je le sens très proche, comme s'il était encore avec nous. C'est pourquoi je prie, pour le repos de son âme, mais aussi je le prie d'intercéder pour moi, avec confiance dans le fait qu'il a reçu ce don de Dieu.

Comment décririez-vous la personnalité du Père Sérafim Popescu et que pensez-vous que soit son caractère unique dans l'éventail spirituel roumain?

Père Sérafim est moins connu que d'autres grands pères spirituels de Roumanie. C'est aussi parce qu'il s'est endormi dans le Seigneur peu après la chute de la dictature communiste, quand nos pères spirituels ont commencé à être assaillis surtout par les jeunes. A une époque où le père Arsenie (Boca) était à Sâmbăta (jusqu'en 1948), le père Séraphim vivait un peu dans son ombre. Les gens recherchaient Père Arsenie, écoutaient ses sermons, et celui qui parvenait à lui parler, posait des questions au sujet de ses propres problèmes. 

Père Sérafim écoutait les gens dans le silence du sacrement de la confession. Il avait une structure spirituelle distincte de celle du Père Arsenie. Père Teofil (Părăian) dit que le Père Arsenie était le "cerveau" et le père Serafim le "cœur". Père Sérafim était un homme vraiment chaleureux, humble et réservé, même s'il était demandé par de nombreux croyants du pays de Fagaras. Les gens le recherchaient parce qu'ils trouvaient le repos en lui, parce qu'ils sentaient que sa prière et son conseil étaient utiles. Cela ne signifie pas nécessairement qu'ils repartaient avec leurs problèmes résolus, mais ils rentraient chez eux, différents de la façon dont ils étaient allés au monastère, élevés dans l'âme et avec plus de courage pour faire face à des difficultés. 

Une grande tentation du Diable est tout simplement de nous décourager, et de nous faire croire que nos péchés et les fardeaux de la vie dépassent nos pouvoirs pour y faire face. Donc facilement nous abandonnons la lutte et nous paralysons notre volonté. Tout bon père spirituel inspire courage à son fils spirituel. Dans ce domaine, le père Sérafim était excellent: non seulement il encourageait pendant la confession, mais simplement par une rencontre avec lui. Ses paroles: "Bătute-ar binele!” ["Que le Bien soit toujours avec toi ], proférées avec un sourire, sonnaient comme un leitmotiv dans les discussions avec chaque croyant. Elles mettaient en rapport avec votre état intérieur et vous donnaient du courage. Je ne pense pas que quiconque ait été accueilli par le Père Sérafim sans recevoir de lui au moins un minimum de joie. À cet égard, et sans doute dans beaucoup d'autres domaines, le père Sérafim ressemblait à saint Séraphim de Sarov, qui comme vous le savez, accueillait ses visiteurs avec les mots: "Ma joie, le Christ est ressuscité!". Voilà pourquoi nous avons toujours appelé Père Sérafim un père spirituel de joie.

Quel est le conseil spirituel le plus important que vous ayez reçu de Père Serafim Popescu et qui a contribué à votre évolution spirituelle?

Père Sérafim était un homme d'une grande pureté spirituelle. Tout le monde s'en rendait compte. C'était aussi un homme de prière et d'abnégation. Chaque père spirituel enseigne à ses disciples les vertus qui le caractérisent. Dans le cas contraire, les disciples ne peuvent pas suivre ses conseils. 

Bien que je ne puisse pas me considérer comme un disciple du Père Sérafim, parce que je me suis rarement confessé à lui, il a affecté ma vie avec quelques conseils que j'ai tenté, comme je le pouvais, de prendre en considération. De telles exhortations: "Conservez la pureté de l'âme et du corps, car une fois que vous les perdez, vous ne pouvez pas les acquérir à nouveau" ou "Priez plus, parce que la prière vous protège contre toutes les tentations" ou "Pour un prêtre est nécessaire avant tout l'amour de la prière et le service désintéressé. Si le prêtre ne cherche pas de biens matériels, mais spirituels, Dieu lui donne l'un et l'autre. " 

Ce sont des paroles de textes patristiques! Sur l'importance de la prière, le père Sérafim répétait souvent les paroles d'un moine roumain qui s'était perfectionné à la Sainte Montagne: "Conserve la règle de prière où que tu sois, parce que sinon tu finiras démoniaque". En d'autres termes, ayez une règle de prière quotidienne que vous respectez à tout prix.

De toutes les rencontres que vous avez eues avec le Père Sérafim, laquelle était la plus représentative pour votre Eminence?

Je ne peux pas répondre à cette question parce que mes rencontres avec le Père Sérafim étaient non planifiées et n'avaient pas un objectif précis. Malheureusement, alors que le père était vivant, je ne pouvais pas tirer pleinement parti de sa présence au milieu de nous.

A quel point est important et significatif, selon l'opinion de votre Eminence, l'héritage spirituel laissé par le Père Sérafim Popescu?

Bien que ce fut un bon théologien (il avait étudié à Athènes, Berlin et Vienne, envoyé par le métropolite Nicolae Bălan qui voulait faire de Sâmbăta un monastère d'intellectuels), le père Sérafim n'a écrit qu'un livre de sermons: "Ieşit-a semănătorul" [Le Semeur est sorti, cf. Marc 4: 1-9] et plusieurs articles dans la "Revista téologica" [Revue Théologique] à Sibiu et "Telegraful Roman  [Télégraphe Roumain]. 

Sa thèse de doctorat, est restée sous forme de manuscrit, le livre traite du Triodion dans la vie liturgique de l'Église. Sachant même le grec ancien, il a traduit de nombreux textes des Pères ascétiques, et il fut avec le père Arsenie aux côtés du Père Dumitru Stăniloae pour la publication du premier volume de la Philocalie. 

Dans une autobiographie, il a avoué: "Si dans l'écriture j'ai été un peu moins audacieux, j'ai laissé la parole s'exprimer dans les sermons que j'ai donnés ici, chaîne ininterrompue au cours des années." 

Dans la même autobiographie, Père Sérafim avoue que trois personnes ont marqué sa vie: Père Dumitru Stăniloae, Père Benoît Ghiuş et Père Arsenie Boca. 

L'héritage du père Sérafim est discret, comme celui de la plupart de nos grands pères spirituels, qui, avec leurs efforts ascétiques se sont faits inhabitation de l'Esprit Saint, et guides des moines et des fidèles. Dans les livres de Père Ioanichie Bălan sur la spiritualité roumaine, "Conversations Spirituelles" et "Le Patericon roumain," nous trouvons le Père Sérafim Popescu avec des indications qui peuvent être d'une grande utilité pour ceux qui les lisent attentivement et avec un désir de les suivre dans la vie. 

Ceux qui ont connu le père Sérafim, conservent en eux son visage toujours joyeux et une tendresse rare. C'est, à mon avis, de ce dont les gens ont le plus besoin aujourd'hui: la joie et la bonté.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
la version italienne

dimanche 12 février 2017

Le véritable œcuménisme, c'est l'unité orthodoxe (R)




Dans un message caractéristique de ce que l'Eglise a dit, à travers ses saints et ses startsy pendant des générations (1), Vladika Pitirim de Syktyvkar et Vorkouta, un des évêques les plus actifs et connus en Russie, a fait la déclaration suivante sur le site officiel de son diocèse, le 19 mai 2010:

"L'œcuménisme maçonnique favorise une "religion" d'œcuménistes chrétiens", de syncrétisme œcuménique, en apparence tout à fait inoffensif, mais avec ses propres pratiques religieuses et un but: la formation d'un gouvernement mondial fédéral ou d'un super-État mondial, d'une Cour suprême et d'un organe exécutif international, avec un futur leader "divinisé", pour supprimer n'importe quel pays, communauté ou individu qui lui résiste. "

"Les œcuménistes chrétiens égarés, se joignent aux ennemis véritables de l'Eglise, comme les francs-maçons, en disant de belles choses, au lieu d'accuser leurs interlocuteurs de paganisme et d'hérésie ignorante... Ils peuvent tous être reconnus par des expressions illusoires qui ne se trouvent pas dans l'Écriture sainte ou la Tradition, telles que: "Ils sont emprisonnés dans un ghetto" (qui est l'Orthodoxie), "la société souffre d'un manque de tolérance (le relativisme, etc), "l'œcuménisme est la base spirituelle de la tolérance", ils souffrent "d'analphabétisme spirituel".

Par exemple, l'œcuméniste K.K. Ivanov (docteur en philosophie qui s'est infiltré dans l'Église) a dit: "Sors d'ici avec ce point de vue", "la diversité de confession est notre trésor", les types les plus toxiques (ceux qui se disent orthodoxes) disent qu'il n'y a qu'une vérité, "leur foi est une dépendance dangereuse", "parler à un seul niveau est une catastrophe", " les catholiques et les protestants ont atteint un succès dont nous n'avons même pas rêvé "," ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous divise"... "l'Eglise, c'est différentes familles", "lorsque nous parlons de notre foi, nous ne mettons pas le Christ au centre de celle-ci".

Comme autre exemple de l'œcuménisme, Vladyka Pitirim cite les déclarations du très controversé archiprêtre George Mitrofanov: "Il y a de moins en moins de chrétiens... le choix est entre l'impiété et une sorte de religiosité. Quand un prêtre orthodoxe prêche contre le sectarisme, il trahit la mémoire de la récente persécution de tous les chrétiens dans notre pays. Je ne comprends pas le complexe d'infériorité des orthodoxes qui pensent qu'ils sont la réalisation de quelque chose quand ils dénoncent les hétérodoxes".

En réponse à ces remarques, Vladyka Pitirim dit: "Veulent-ils dire que le Saint Grand Martyr Georges le Victorieux avait un complexe d'infériorité? Jusques à son dernier jour, il n'a jamais cessé de dénoncer les païens".

Vladyka Pitirim résume: "De cette manière, les œcuménistes prêchent la sincérité humaine, mais pas la vérité. L'œcuménisme ne peut être que l'unité des orthodoxes, qui pour une raison quelconque ne prient pas ensemble. Et l'unité des païens et des hérétiques qui se sont repentis (ceci inclut toutes les innombrables dénominations), selon les rites établis par les saints Pères de l'Église".
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Note:
1. Par exemple, saint Jean de Cronstadt, saint Séraphin de Vyritsa, saint Laurent de Tchernigov, saint Nicolas de Zhicha, saint Jean de Shanghai, saint Sébastien de Karaganda, saint Justin de TChélié, le staretz Cléopa de Roumanie, le staretz Philothée (Zervakos), le staretz Païsios le Nouveau, le startez Porphyrios (Bairaktaris), le staretz Nicolas (Gurianov), le staretz Zofime (Sokour), le staretz Jean (Krestiankine), le staretz Arsène (Boca).

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX


30 janvier / 12 février
Dimanche du Fils prodigue
Synaxe des saints Hiérarques Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome

Saint Hippolyte de Rome, martyr avec ses compagnons saints Censorin et Sabin, sainte Chrysie, vierge, et 20 autres martyrs (IIIème s.) ; saint Zenon, disciple de saint Basile le Grand (Vème s.) ; saint Théophile le Nouveau, martyr (784) ; saint Pierre, roi de Bulgarie (967) ;  saint Zenon le jeûneur, des Grottes de Kiev (XIVème s.) sainte bienheureuse Pélagie de Diveevo (1884) ; saint Théodore de Mytilène, néomartyr (1784) ; saints néomartyrs de Russie : Vladimir (Khrichtchenovitch), prêtre (1933) et Étienne (Nalivaïko), martyr (1945).

Lectures : 1 Cor. VI, 12–20. Lc. XV, 11–32.

AU SUJET DU FILS PRODIGUE

C
e n’est que lorsqu’il fut rentré en lui-même et qu’il eut compris en quelle misérable  situation il était tombé, que ce fils qui s’était coupé de son Père, pleura sur lui-même en disant : «Combien de mercenaires  de mon père ont du pain en abondance et moi je meurs de faim ». Qui sont ces mercenaires ? Ce sont ceux qui pour la sueur de leur repentir et leur humilité reçoivent comme un salaire – le salut. Tandis que les fils, ce sont ceux qui, par amour pour Lui se soumettent à Ses commandements; comme dit aussi le Seigneur : « Celui qui m’aime gardera ma parole » (Jn XIV, 23). Ainsi ce plus jeune fils, privé de sa dignité filiale et qui s’était volontairement exclu de la patrie sacrée et était tombé dans la famine, se condamne lui-même, s’humilie et dans le repentir dit : «Je me lèverai, j’irai et je tomberai aux pieds du Père et je dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi » (…) Ce père [dans la parabole du fils prodigue], c’est Dieu ; en effet comment ce fils qui s’était séparé de son père, aurait-il péché contre le ciel, s’il ne s’agissait pas du Père céleste. Ainsi il dit : « J’ai péché contre le ciel », c'est-à-dire contre les saints du ciel et ceux dont l’habitation est au ciel, « et devant Toi », qui vis au ciel avec Tes saints.                                                                                                       St Grégoire Palamas

Tropaire du dimanche, 1er ton
Кáмени запеча́тану отъ Iyде́й и во́иномъ стрегу́щымъ пречи́стое Tѣ́ло Tвое́, воскре́слъ ecи́ тридне́вный, Cпа́ce, да́руяй мípoви жи́знь. Ceго́ ра́ди си́лы небе́сныя вопiя́xy Tи, Жизнода́вче : сла́ва Bocкреcéнію Tвоемý Xpисте́ ; сла́ва Ца́рствiю Tвоему́ ; сла́ва cмотре́нiю Tвоему́, еди́не Человѣколю́бче.
La pierre étant scellée par les Juifs et les soldats gardant Ton corps immaculé, Tu es ressuscité le troisième jour, ô Sauveur, donnant la Vie  au monde ; aussi, les Puissances des cieux Te crièrent : Source de Vie, ô Christ, gloire à Ta Résurrection, gloire à Ton règne, gloire à Ton dessein bienveillant, unique ami des hommes!

Tropaire des saints Hiérarque, ton 4
Я́ко апо́столовъ единонра́внiи, и вселéнныя учи́телiе, Влады́ку всѣ́хъ моли́те ми́ръ вселéннѣй дарова́ти и душа́мъ на́шимъ вéлiю ми́лость.
Emules des Apôtres dans leur vie et docteurs de l'univers, intercédez auprès du Maître de l'Univers pour qu'Il accorde la paix au monde et qu'Il fasse à nos âmes grande miséricorde.
Kondakion du dimanche, 1er ton
Воскpécлъ ecи́́ я́ко Бо́гъ изъ гро́ба вo сла́вѣ и мípъ coвоскpecи́лъ ecи́, и eстество́ человѣ́ческое я́ко Бо́гa воспѣва́етъ Tя́, и сме́рть изчезе́: Aда́мъ же лику́ет, Влады́ко, Éва ны́нѣ отъ у́зъ избавля́ема ра́дуется зову́щи: Ты́ ecи́ и́же вcѣ́мъ подая́, Xpисте́ Bocкреcéніe.
Ô Dieu, Tu es ressuscité du tombeau dans la gloire, ressuscitant le monde avec Toi ! La nature humaine Te chante comme son Dieu et la mort s’évanouit. Adam jubile, ô Maître, et Ève, désormais libérée de ses liens, Te crie dans sa joie : « C’est Toi, ô Christ, qui accordes à tous la Résurrection ! »
Kondakion des saints Hiérarques, ton 2
Cвящéнныя и боговѣща́нныя пpoповѣ́дники, вéрхъ учи́телей, Го́споди, прiя́лъ ecи́, въ наслаждéніе благи́хъ Tвои́хъ и yпокоéніе ; труды́ бо о́нѣxъ и cмéрть прiя́лъ ecи́ па́че вся́кaго всепло́дія, eди́не прославля́яй святы́я Твоя́.
Seigneur, tu as offert le repos, la jouissance de tes biens  aux prédicateurs sacrés du message divin, l'élite des Docteurs; à tout holocauste, en effet, c'est leurs peines et leurs épreuves que tu as préférées, toi qui seul procures la gloire à tes Saints.

Kondakion du fils prodigue, ton 3
Оте́ческія cлáвы Tвоея́ удали́хся безу́мно, въ злы́хъ pacточи́въ éже ми́ пре́далъ ecи́ бога́тство ; тѣ́мже Tи́ блу́днаго гла́съ приношу́ : coгрѣши́xъ пре́дъ Tобо́ю Óтче щéдрый, прiими́ мя кáющacя, и coтвopи́ мя я́ко eди́наго отъ нае́мникъ Tвои́xъ.
M’étant écarté, comme un insensé, de Ta gloire paternelle, j’ai dilapidé en mal la richesse dont Tu m’avais comblé. C’est pourquoi je fais monter vers Toi le mot du Prodigue : « J’ai péché contre Toi, Père miséricordieux : accueille-moi, repenti, et compte-moi comme l’un de Tes journaliers ».
AU BORD DES FLEUVES DE BABYLONE…
Afin de rappeler aux chrétiens, de façon plus vive, leur éloignement de leur Patrie céleste et leur asservissement au péché, l’Église, aux matines, après les psaumes du Polyéléos, chante le psaume 136. Celui-ci était chanté par les Juifs lors de leur captivité à Babylone, après la chute de Jérusalem et la destruction du premier Temple. La première partie du psaume (versets 1-6) manifeste l’affliction des Juifs pour la perte de leur patrie, tandis que la seconde (versets 7-9), exprime l’espoir du châtiment des agresseurs. Les « fleuves de Babylone » mentionnées dans le texte sont l’Euphrate, le Tigre et, peut-être, le Chobar (mentionné par Ezéchiel), sur les rives desquels les Juifs affligés se rappelaient du Temple de Jérusalem et des offices qui y étaient célébrés. Les Juifs refusaient de « chanter un cantique au Seigneur sur une terre étrangère » parce qu’il était interdit de chanter les cantiques sacrés hors du Temple. St Jean Chrysostome commente: « Les Juifs refusèrent de chanter. Vois-tu la force que donne l’affliction ? La componction, la contrition qu’elle opère ? Ils pleuraient, et ils observaient la Loi ; ils avaient  vu les larmes des prophètes, ils en avaient ri, ils s’en étaient  joués, ils s’en étaient moqués ; et maintenant, sans personne pour leur adresser des exhortations, ils versaient des larmes et faisaient entendre des gémissements. Les ennemis, de leur côté, retiraient, de cette conduite, de précieux avantages ; ils voyaient, en effet, que ces captifs ne pleuraient pas, parce qu’ils étaient captifs, parce qu’ils étaient en servitude, parce qu’ils habitaient une terre étrangère, mais parce qu’ils étaient privés du culte de leur Dieu. Voilà pourquoi le Psalmiste ajoute : « Au souvenir de Sion ». Ils ne pleurent pas en effet seulement par hasard ; mais pleurer est leur principale occupation ; voilà pourquoi le Psalmiste dit en commençant : « Nous étions assis et nous pleurions » (…) Mais pourquoi ne leur était-il pas permis de chanter sur la terre étrangère ? C’est parce que des oreilles profanes ne devaient pas entendre ces cantiques secrets. « Comment chanterions-nous un cantique du Seigneur, sur la terre étrangère ? » (v. 4) Ce qui veut dire : Il ne nous est pas permis de chanter ; quoique nous soyons déchus de notre patrie, nous voulons observer toujours la Loi, avec une scrupuleuse fidélité. Vous avez beau exercer votre domination sur nos corps, vous ne triompherez pas de notre âme ». La Droite qui abandonnera celui qui oublie Jérusalem est, selon les Pères, l’aide Divine qui vient des hauteurs. Celui qui oubliera Jérusalem et, par voie de conséquence, l’alliance entre Dieu et Son peuple, sera lui-même oublié par Dieu. Les Iduméens et les Édomites, sont les descendants d’Esaü, frère de Jacob (Israël), surnommé Édom.  Ils entretenaient une haine particulière à l’endroit des Juifs, considérant que par leur faute, ils avaient été privés des magnifiques terres de Canaan. Pour cette raison, à chaque occasion, ils se vengeaient et ce de la façon la plus violente. Ils ne prenaient pas seulement part à toutes les guerres conduites contre les Juifs, mais ils achetaient aux Assyriens et aux autres peuples des prisonniers juifs, qu’ils enfermaient dans leurs forteresses pour les torturer. Avec les Babyloniens, les Iduméens participèrent au siège et à la destruction de Jérusalem. Selon le commentaire des Saints Pères, les différents qualificatifs appliqués, dans l’Ancien Testament (notamment le Psautier) au combat physique contre l’ennemi, dont l’assassinat de qui que ce soit ou l’appel à le faire, ou encore la description admirative de ce qui est fait aux ennemis du peuple d’Israël, sont appliqués non à des personnages concrets, mais aux passions et aux vices qui affectent la nature humaine. C’est ainsi que les «petits enfants » dont il est ici question sont les pensées pécheresses qui sont brisées par la Pierre de la Foi, le Christ Sauveur.
SYNAXE DES SAINTS HIÉRARQUES


Sous le règne de l’empereur Alexis Comnène (1081-1118), une querelle vint à diviser à Constantinople les hommes instruits dans les choses de la foi et zélés pour la vertu, au sujet des trois saints hiérarques et éminents Pères de l’Église : Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome. Les uns disaient préférer saint Basile aux deux autres, car il a su expliquer les mystères de la nature comme aucun autre et il s’est élevé au rang des anges par ses vertus. Organisateur du monachisme, chef de l’Église entière pour lutter contre l’hérésie, pasteur austère et exigeant quant à la pureté des mœurs, il n’y avait en lui rien de bas ni de terrestre. C’est pourquoi il était, disaient-ils, supérieur à saint Chrysostome qui, par nature, était plus facilement porté à pardonner aux pécheurs
D’autres, prenant le parti de l’illustre archevêque de Constantinople, rétorquaient que saint Chrysostome n’avait été en rien moins zélé que saint Basile pour combattre les vices, porter les pécheurs au repentir et élever tout le peuple à la perfection évangélique. Insurpassable par son éloquence, ce pasteur à la « bouche d’or » a arrosé l’Église d’un véritable fleuve de discours, dans lesquels il a interprété la parole de Dieu et a montré comment l’appliquer dans la vie courante, avec une maîtrise supérieure aux deux autres saints Docteurs.
Un troisième groupe soutenait que saint Grégoire le Théologien leur était supérieur, à cause de la majesté, de la pureté et de la profondeur de son langage. Maîtrisant en souverain toute la sagesse et toute l’éloquence helléniques, il avait atteint, disaient-ils, un tel degré dans la contemplation de Dieu que personne comme lui n’a su exprimer si parfaitement le dogme de la Sainte Trinité.
Chacun défendant ainsi l’un des Pères contre les deux autres, la querelle gagna bientôt tout le peuple chrétien de la capitale et, loin de favoriser la dévotion pour les saints, il n’en sortait que troubles, discordes et disputes sans fin entre les trois partis. C’est alors qu’une nuit les trois saints hiérarques apparurent en songe à saint Jean Mauropos, métropolite d’Euchaïta [5 oct.], d’abord séparément puis tous les trois ensemble. Et, d’une seule voix, ils lui dirent : « Comme tu le vois, nous sommes tous les trois auprès de Dieu et aucune discorde ou rivalité ne nous séparent. Chacun d’entre nous, selon les circonstances et selon l’inspiration qu’il avait reçue du Saint-Esprit, a écrit et enseigné ce qui convenait pour le salut des hommes. Il n’y a ni premier, ni second, ni troisième entre nous ; et si tu invoques l’un de nous aussitôt les deux autres sont présents avec lui. Aussi ordonne à ceux qui se disputent de ne pas créer de divisions dans l’Église à cause de nous, car lorsque nous étions en vie tous nos efforts ont été consacrés à rétablir l’unité et la concorde dans le monde. Puis réunis en une fête nos trois mémoires et composes-en l’office en y insérant les hymnes dédiées à chacun d’entre nous, selon l’art et la science que Dieu t’a donnés, et transmets-le aux chrétiens en leur ordonnant de le célébrer chaque année. S’ils nous honorent ainsi, comme étant un auprès de Dieu et en Dieu, nous leur promettons d’intercéder dans notre commune prière pour leur salut. » Sur ces mots, les saints furent enlevés au ciel dans une lumière indicible, en s’adressant l’un à l’autre par leurs noms.
Saint Jean rassembla alors sans retard le peuple et lui communiqua cette révélation. Comme il était respecté de tous pour sa vertu et admiré pour la force de son éloquence, les trois partis firent la paix et tout le monde l’exhorta à se mettre sans retard à la composition de l’office de la fête commune. Avec un fin discernement, il choisit de consacrer le trentième jour de janvier à cette célébration, comme pour sceller ce mois pendant lequel on commémore séparément chacun des trois hiérarques[1].
Comme l’évoquent de nombreux tropaires de cet office magnifique, les trois Hiérarques, « trinité terrestre », distincts par leurs personnes mais unis par la grâce de Dieu, nous ont enseigné, tant par leurs écrits que par leur vie, à adorer et à glorifier la Sainte Trinité, le Dieu unique en trois Personnes. Ces trois luminaires de l’Église ont répandu par toute la terre la lumière de la vraie foi, au mépris des dangers et des persécutions, et ils nous ont laissé, à nous leurs descendants, ce saint héritage par lequel nous pouvons atteindre aussi la béatitude suprême et la vie éternelle en présence de Dieu, avec tous les saints.
En clôturant le mois de janvier, pendant lequel nous célébrons la mémoire de tant de glorieux hiérarques, confesseurs et ascètes, par la fête commune des trois grands Hiérarques, l’Église récapitule en quelque sorte la mémoire de tous les saints qui ont témoigné de la foi orthodoxe par leurs écrits et par leur vie. Avec cette fête, c’est tout le ministère d’enseignement, d’illumination de l’intelligence et des cœurs des fidèles par la parole, que nous honorons. La fête des trois Hiérarques est donc en définitive la commémoration de tous les Pères de l’Église, de tous ces modèles de la perfection évangélique que le Saint-Esprit a suscité d’époque en époque et de lieu en lieu, pour être de nouveaux prophètes et de nouveaux apôtres, les guides des âmes vers le Ciel, les consolateurs du peuple et des colonnes de prière incandescentes qui soutiennent l’Église et la confirment dans la vérité.




[1]. S. Basile le ler, S. Grégoire le 25, et la translation des reliques de S. Jean Chrysostome le 27.