"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 17 novembre 2013

Haïjin Pravoslave (CCV)


Le peuple de Dieu
Dans le regard du Seigneur
Est toujours aimé

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX




4/17 novembre
21ème dimanche après la Pentecôte

Saint Joannice le Grand, ermite au Mont-Olympe (846) ; saint Nicandre, évêque de Myre, et saint Hermias, martyrs (I°) ; saint Mercure des Grottes de Kiev (XIV°) ; saint Nicandre, higoumène de Gorodensk (XVI°) ; bienheureux Simon de Yourieviets, fol en Christ (1584)
Lectures : Gal. II, 16-20, Lc. VIII, 41-56. Sts: Gal. V, 22 - VI, 2. Matth. IV, 25 - V, 12.

VIE DE SAINT JOANNICE LE GRAND[1]

N
otre saint Père Joannice naquit en 754 en Bithynie. Ses parents étaient paysans et ils le chargèrent, dès l’âge de sept ans, de la garde des porcs. Pieux de nature, Joannice fut néanmoins entraîné à adhérer à l’hérésie des « briseurs d’images ». À l’âge de dix-neuf ans, il fut enrôlé dans la garde impériale. Au bout de dix-sept ans de service, au retour d’une campagne victorieuse, il passa à proximité du fameux centre monastique du Mont Olympe de Bithynie, et rencontra là un vieil ascète qui le convainquit de son erreur à propos des saintes icônes. Le jeune homme se repentit aussitôt, vénéra avec foi l’icône du Christ et décida d’embrasser une vie d’ascèse et de pénitence (788). En 795, les Bulgares envahirent la Thrace. L’empereur Constantin VI rassembla une forte armée pour leur résister, mais il fut vaincu lors de la bataille de Markellai. Joannice montra alors un héroïsme exceptionnel. Il sauva la vie de l’empereur et tua en combat singulier un barbare, permettant ainsi la retraite de l’armée byzantine. L’empereur voulut lui témoigner sa reconnaissance en le faisant entrer à son service personnel ; mais le spectacle des massacres et des horreurs de la guerre avait fait comprendre à Joannice la vanité de cette vie, et il demanda pour toute faveur au souverain la permission de se retirer de l’armée, pour mener désormais la vie monastique. Il se rendit d’abord au monastère des Agaures, près de Prousse. Mais l’higoumène, constatant son manque d’instruction, lui recommanda d’aller d’abord recevoir une formation dans les lettres ecclésiastiques et les rudiments de l’ascèse au sein d’un coenobium, avant de se joindre à des moines plus expérimentés. Après un court séjour au monastère de Télaos, il fut reçu au monastère d’Antidion où, pendant deux ans, il se montra un modèle pour tous les autres moines. Étant dépourvu de toute éducation, il y fut initié aux rudiments des lettres ecclésiastiques et apprit par cœur trente psaumes. Désirant toutefois mener une vie plus solitaire, Joannice demanda à se retirer sur le mont Korakocéphalo. Il y resta une semaine entière, sans prendre de nourriture, suppliant seulement Dieu de lui faire rencontrer un père spirituel apte à le guider sur la voie de la perfection. Le septième jour, il rencontra deux ermites doués du don de clairvoyance, qui lui révélèrent son avenir. Dès lors, saint Joannice commença sa vie solitaire. Il s’installa d’abord sur le mont Trichalika, mais la renommée de ses vertus n’ayant pas tardé à s’étendre dans la région, il dut s’enfuir vers une retraite plus solitaire. Il s’établit alors dans une grotte perdue au fond d’une forêt profonde, près du village d’Hellespontos où il n’était connu que d’un berger qui lui apportait une fois par mois de l’eau et du pain. Trois ans plus tard, il retrouva un de ses compagnons d’armes, Antoine, qui avait lui aussi renoncé au monde. Ils se retirèrent ensemble dans les sauvages solitudes des monts Kondouria, près de Myre en Lycie. Trois ans plus tard, comme Antoine était retourné au monastère des Agaures, Joannice partit pour de nouvelles solitudes dans les montagnes de Cilicie, où il demeura sept ans. En 807, à la suite d’une vision, il regagna le monastère d’Éristè où, après avoir informé l’higoumène Étienne de sa révélation, il reçut dès le lendemain le saint Habit angélique. Continuant ses périples, il resta un an dans une grotte, près de la rivière Gorgytès, attaché à une lourde chaîne. Au bout de trois années de retraite, il rendit visite à un saint Ancien, Georges, avec lequel il passa trois année et qui lui apprit le reste des psaumes et acheva sa formation monastique. En 810, Dieu lui fit savoir dans une vision qu’il était désormais temps pour lui de quitter les solitudes et de travailler au salut des âmes. Il s’installa de nouveau sur le mont Trichalika, en compagnie de trois moines et il commença à manifester ses dons de clairvoyance et de pouvoir sur les animaux, comme jadis Adam au Paradis. Recevant de nombreux visiteurs, il guérissait les malades, consolait les âmes troublées, redressait les pécheurs et les hérétiques iconoclastes, les conduisant dans la voie de la vérité et de la vertu. Saint Joannice brillait particulièrement par le don de prophétie. Il prédit, entre autres, la défaite et la mort de l’empereur Nicéphore dans la guerre contre les Bulgares (811), la chute de Michel Ier Rangabé (813) et la prise de pouvoir par Léon V l’Arménien (813-820), ainsi que la terrible persécution que ce dernier allait déclencher contre les orthodoxes. De retour en Lydie, il vit apparaître en songe une source miraculeuse et entendit une voix lui ordonner de bâtir à cet endroit une chapelle en l’honneur de la Mère de Dieu ainsi qu’un monastère. Le saint se mit aussitôt à l’œuvre, aidant les ouvriers par ses miracles. Il fonda un troisième monastère, dédié aux saints Apôtres Pierre et Paul. Puis, après avoir organisé la vie monastique de ces trois établissements, il retourna dans la solitude, dans un endroit connu seulement d’Eustrate. Pendant la persécution de Léon l’Arménien, le saint recevait de nombreux visiteurs dans son ermitage. Il consolait et affermissait dans la foi orthodoxe moines et laïcs par sa parole inspirée et ses miracles. Alors que la persécution faisait rage, l’homme de Dieu regagna le mont Trichalika, et il ne sortit qu’une fois pour se rendre en Thrace et délivrer miraculeusement des prisonniers chrétiens qui étaient aux mains des Bulgares. Sa renommée était désormais répandue dans tout l’Orient et aucun pieux chrétien ne passait dans la région sans venir prendre sa bénédiction. En 824, un groupe d’une centaine de personnalités ecclésiastiques les plus illustres du temps — parmi lesquels se trouvaient les métropolites de Chalcédoine et de Nicée, saint Théodore Studite et Clément le Notaire — lui rendirent visite et lui demandèrent de leur révéler quelle est la plus grande des vertus. Joannice répondit : « C’est l’humilité, car c’est par humilité que le Verbe de Dieu s’est anéanti lui-même et a accepté de prendre la forme d’esclave (Phil. II, 6), pour nous délivrer de la mort dans laquelle était tombé notre premier père Adam par orgueil. » Il renvoya ensuite ses hôtes, sans manquer de prédire l’avenir de certains d’entre eux sous forme énigmatique. Une autre fois, après avoir reçu la visite de saint Pierre d’Atroa, il eut la révélation du prochain décès de ce grand confesseur de l’Orthodoxie et décrivit la scène à ses disciples (837). Un jour, un moine, qui doutait des miracles accomplis par saint Joannice, vint le trouver. L’homme de Dieu l’accueillit avec charité et lui offrit à manger avec d’autres visiteurs. Pendant le repas, un ours surgit soudain, semant la panique parmi les convives. Le saint l’appela doucement, et la bête vint se prosterner à ses pieds. Il lui ordonna ensuite de faire de même devant chacun des invités, puis il leur dit : « Quand ils furent créés, les animaux respectaient l’homme qui est créé à l’image de Dieu, et ils ne lui inspiraient aucune crainte. C’est parce que nous avons transgressé les commandements de Dieu que maintenant nous en avons peur. Si nous aimons le Seigneur Jésus et gardons ses commandements, aucune bête ne pourra nous faire de mal. » Les convives se retirèrent édifiés, sans oser désormais mettre en doute les miracles du saint. Pendant la guerre contre les Arabes (838), on vint rapporter au saint Vieillard l’horrible condition des prisonniers chrétiens d’Amorium en Phrygie. Joannice versa des larmes de compassion en entendant ce récit et, la nuit suivante, il apparut aux prisonniers et les délivra miraculeusement de leurs chaînes. Alors que l’empereur Théophile persécutait violemment l’Église et en particulier les moines défenseurs des saintes icônes, Dieu manifesta la puissance de la vraie foi en accomplissant de nouveaux miracles par l’intermédiaire du saint ermite. Comme sur les dernières années de sa vie, l’empereur commençait à douter de la justesse de ses convictions (841), il envoya deux grands dignitaires auprès de saint Joannice, afin de recevoir ses conseils. Le bienheureux Vieillard fut catégorique : « Celui qui ne rend pas l’honneur qui leur est dû aux images du Christ, de la Mère de Dieu et des saints, ne pourra pas être reçu dans le Royaume des cieux, même s’il a mené une vie sans reproche. De même que ceux qui méprisent ton image, ô empereur, sont sévèrement châtiés, de même, ceux qui se moquent de l’image du Christ, seront-ils jetés dans le feu éternel. » Certains moines, envieux de la notoriété de saint Joannice, mirent un jour le feu à sa cellule. Les distinguant sans difficulté dans la foule de ceux qui assistaient impuissants à l’incendie, le saint se dirigea vers eux, leur parla avec bienveillance et leur offrit même un repas avec les quelques vivres qu’il avait pu sauver du sinistre. Désormais âgé de quatre-vingt-douze ans, l’homme de Dieu vit dans cet événement un signe divin et regagna le monastère d’Antidion, là même où il avait fait ses débuts dans la vie monastique, en traversant de manière invisible la foule des visiteurs. Il s’y endormit dans le Seigneur le 4 novembre 846. Il est loué dans le Synodikon de l’Orthodoxie, parmi les grands confesseurs et qualifié de « grand prophète».

Tropaire du dimanche du 4ème ton
Свѣ́тлую воскресéнiя про́повѣдь отъ Áнгела yвѣ́дѣвша Гoспо́дни yчени́цы и пра́дѣднee осужде́нie отве́ргша, Aпо́столомъ xва́лящася глаго́лаху : испрове́́pжеся cме́рть, воскре́сe Xpистócъ Бо́гъ, да́руяй мípoви ве́лiю ми́лость.
Les saintes femmes, disciples du Seigneur, ayant appris de l’Ange la radieuse nouvelle de la Résurrection, rejetèrent la condamnation des premiers parents, et, pleines de fierté, dirent aux Apôtres : « La mort a été dépouillée, le Christ est ressuscité, donnant au monde la grande miséricorde ! »
Tropaire de saint Joannice, ton 8
Cлéзъ твои́хъ течéньми пусты́ни безпло́дное воздѣ́лалъ еси́, и и́же изъ глубины́ воздыха́нми, во cто́ трудо́въ уплодоноси́лъ ecи́, и бы́лъ еси́ cвѣти́льникъ вселéннѣй, ciя́я чудесы́, Iоаннíкie     Óтче  на́шъ, моли́ Xpиста́ Бо́га спасти́ся душа́мъ на́шимъ. 
Par les flots de tes larmes, tu as fais fleurir le désert aride : par tes profonds gémissements, tu as fait rendre à tes souffrances des fruits au centuple. Tu es devenu par tes miracles un brillant flambeau pour l’univers. Prie le Christ Dieu, ô bienheureux Père Joannice, de sauver nos âmes. 
Tropaire du saint martyr Nicandre, ton 4
Му́ченикъ Тво́й, Го́споди, Ника́ндръ   во страда́ніи свое́мъ вѣне́цъ прія́тъ нетлѣ́нный отъ Тебе́, Бо́га на́шего: имѣ́яй бо крѣ́пость Твою́, мучи́телей низложи́, сокруши́ и де́моновъ немощны́я де́рзости. Того́ моли́твами спаси́ ду́ши на́ша.
Ton martyr Nicandre, Seigneur, par son combat, a reçu de Toi, notre Dieu, la couronne incorruptible. Avec Ta force, il a renversé les tyrans et brisé même l’audace impuissante des démons. Par ses supplications, ô Christ Dieu, sauve nos âmes.
Kondakion de saint Joannice, ton 8
Звѣезда́ яви́лся ecи́ всесвѣ́тлая, въ мíрѣ просвѣща́яй, и су́щыя во мра́цѣ  страстéй облистава́яй, вра́чъ же крѣча́йшiй яви́лся ecи́. Но я́ко прiя́лъ ecи́ благода́ть   исцѣлéнiй    прося́щымъ тя́ пода́ждь исцѣ́лéнiе, да зовéмъ : ра́дуйся Óтче  Iоаннíкie.

Tu parus sur la terre comme un astre resplendissant, éclairant ceux qui gisaient dans les ténèbres des passions, étant pour eux un médecin puissant. Mais toi qui as reçu le don des guérisons, accorde cette grâce aux fidèles t'en priant, afin que nous puissions te dire à haute voix: Réjouis-toi, Joannice, Père saint.
Kondakion du dimanche, du 4ème ton
Спа́съ и изба́витель мо́й изъ гро́ба я́ко Бо́гъ воскреси́ отъ у́зъ земноро́дныя, и врата́ а́дова сокруши́, и я́ко Влады́ка воскре́ce тридне́венъ.
Mon Sauveur et mon Rédempteur, au sortir du Tombeau, a libéré les humains de leurs chaînes et a fracassé les portes de l’enfer ; en Maître, Il est ressuscité le troisième jour.
LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Jn XXI, 15-25;  Liturgie : Gal. VI, 11-18 ;  Lc X, 25-37


[1] Tiré du Synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos Petras (version abrégée).

samedi 16 novembre 2013

Père Alexandre (Karloutsos): L'astrologie est astrolatrie! Elle est incompatible avec l'Orthodoxie!




Il y a quelques années, une connaissance orthodoxe tenta de me faire m'intéresser à l'astrologie. Poliment, pour ne pas la vexer, je lui répondis que cela ne m'intéressait pas. Comme cette personne insistait (errare humanum est, perseverare diabolicum, dit l'adage), me disant que "son" astrologie n'était pas celle grossière des journaux, mais une astrologie plus scientifique (sic), cautionnée par une grande autorité (auto-proclamée) en la matière, je lui signifiai que l'astrologie était incompatible avec l'Orthodoxie. Je lui envoyai ensuite quelques textes orthodoxes allant dans ce sens, et en retour, elle me proposa de contacter un prêtre orthodoxe qui venait de la même région que moi outre-méditerranée, qui m'expliquerait mon erreur et me convaincrait que l'astrologie, "son" astrologie était compatible avec la foi orthodoxe. Lorsque je répondis à cette personne que c'était lui qui avait un "problème", pas moi, la correspondance cessa. C'était écrit, je suppose! C.L.-G.

*
[…]
Le chrétien n'a pas à être un faiseur de miracles, un brillant théologien ou un devin de vision céleste […], mais il doit être responsable pour ne pas être conscient de ses péchés. 
Un péché dans l'Église orthodoxe est entendu dans l'esprit du mot grec "amartia." Dans la Grèce antique, quand une personne visait pour frapper l'œil du taureau et échouait, on disait "amartia", "il a manqué." 
Etre en deçà de la marque, ne pas atteindre son objectif, ne pas atteindre son but, là est le péché. Quand un chrétien fait des choses qui l'éloignent du Christ, il pèche parce qu'il ne répond pas à sa fin, qui est de vivre en Christ. 
Lorsque nous ne vivons pas pour notre but, étant l'image et devenant la ressemblance de Dieu, nous péchons. Quand nous laissons les étoiles du ciel guider nos actions et non Dieu, qui a créé les étoiles, nous péchons. Quand nous courons vers les journaux pour consulter nos horoscopes et notre avenir, et que nous ne cherchons pas la sagesse et l'enseignement de la Bible, nous péchons. Quand nous faisons, ou ne faisons pas, ceci et cela parce que les astrologues le disent, et que nous fermons nos oreilles aux Commandements de Dieu, nous péchons. Nous péchons quand nous prions notre Dieu chrétien et, en même temps, prenons très au sérieux le zodiaque. Nous ne sommes pas Verseaux, Poissons ou natifs de la Balance, fils et filles des étoiles, nous sommes des hommes et des femmes, fils et filles de Dieu.

Les gens sont maintenant présentés comme Béliers et Lions, et non plus comme chrétiens. N'est-il pas étrange que les gens préfèrent être nommés d'après les étoiles et leurs constellations, que d'après Dieu, Créateur et Source de Vie ? Il est rare aujourd'hui d'entendre des gens dire: "Non, je ne suis pas du Zodiaque, je suis de Dieu, [je suis] chrétien; un petit Christ." L'Église a toujours prêché contre l'astrologie.

Jérémie au chapitre 10 verset 2 écrit:

"Ainsi parle l'Éternel: N'imitez pas la voie des nations, Et ne craignez pas les signes du ciel, Parce que les nations les craignent."

Quand Daniel fut confronté aux astrologues des Assyriens, les Babyloniens, desquels nous avons hérité l'astrologie, Daniel répondit :

" Ce que le roi demande est un secret que les sages, les astrologues, les magiciens et les devins, ne sont pas capables de découvrir au roi. Mais il y a dans les cieux un Dieu qui révèle les secrets (Daniel 2:27-28)


Notre droit canon interdit aux gens de croire à l'astrologie. En fait, le Canon 36 de Laodicée en 369 rejette de l'Église les gens qui font, vendent, achètent ou portent les signes du zodiaque.

Les Pères de l'Eglise, comme les Grecs de l'Antiquité, ont estimé qu'il y avait " beaucoup de merveilles de l'univers, mais aucune n'est plus admirable que l'homme." L'homme est l'image personnelle de Dieu, selon le Psaume 8, "Tu l'as fait de peu inférieur à Dieu, Et tu l'as couronné de gloire et de magnificence." dans le but qu'il ait la domination complète sur le monde entier - y compris les étoiles. 

Saint Grégoire le Grand écrit:

"L'homme n'est pas fait pour les étoiles, mais plutôt les étoiles pour l'homme, et si une étoile peut être appelée le gouvernement de l'homme, l'homme doit alors être considéré comme l'esclave de ses serviteurs."

Dieu n'a pas créé les planètes et les étoiles avec l'intention qu'elles dominent l'homme, mais pour que, comme les autres créatures, elles lui obéissent et le servent.

Augustin considère l'astrologie une religion du destin qui est vivement condamnée par l'Eglise. Il estime que toute personne qui croit que notre Dieu d'amour donne le pouvoir aux étoiles afin de diriger et de gouverner nos vies, offense la justice et l'amour de Dieu. 

Saint Jean Chrysostome voit cette croyance dans les étoiles comme une incrédulité stupide par rapport à la toute-puissance et à la créativité de Dieu. Dieu y est soumis à la puissance des astres. Il souligne également que si nous sommes dirigés par le pouvoir des astres, il n'y a pas de chose bonne ou mauvaise parce que nous faisons ce que nous faisons sous la direction des étoiles." Cela signifie que les commandements de Dieu, selon lesquels l'homme ne doit pas pécher ou l'homme doit faire le bien, ne sont plus rien, si ce n'est folie. "

Les Pères de l'Église mentionnent l'idée de jumeaux, en particulier Jacob et Esaü. Ils demandent: "Pourquoi y a-t-il une telle diversité dans la vie des jumeaux, dans leurs actions, leurs fortunes, leurs actes, leurs appels, leurs honneurs et toutes ces choses qui ont trait à la vie humaine; est-ce le résultat d'un petit intervalle de temps, même s'ils ont été conçus dans le même temps?" 

Saint Grégoire le Grand considère l'astrologie comme une superstition et une folie. Les astrologues lui ont dit qu'une personne née sous le signe du Verseau était un pêcheur, mais dans le désert, il a rencontré des Verseaux mais jamais des pêcheurs. En Perse, où un enfant est né à un roi et devient prince, disent-ils son étoile l'a fait ainsi, mais alors il demande, "qui permet d'estimer le nombre d'esclaves nés dans le même temps et moment que le fils du roi? Et pourtant, les fils de rois, nés à la même heure que les esclaves, vont vers un royaume, tandis que les esclaves nés avec eux meurent dans l'esclavage."

L'astrologie vint de Babylone il y a plus de 4000 ans. Elle est basée sur le système astronomique selon lequel, le soleil tourne autour de la terre, et non l'inverse. L'année a été divisée en 12 mois, 6 ayant 30 jours, 6 vingt-neuf, donnant ainsi un total de 354 jours. Donc, une fois de temps en temps, ils ajoutaient un 13e mois. Ce à quoi je veux en venir, c'est ceci: une personne née en Avril, appelée Bélier dans notre calendrier grégorien, dans leur calendrier devrait être un Poissons et un Verseau. Vous voyez, nous sommes un mois en avance. Donc, tout ce que vous avez lu sur vous-même est mauvais parce que vous étiez dans le mauvais mois. Le calendrier babylonien astrologique a un mois de retard par rapport au nôtre.

Will Durant, dans son Histoire des civilisations nomme l'astrologie une des nombreux superstitions des jours anciens qui fleurissent encore de nos jours. Mais la stupidité de tout cela est le mieux résumée par l'immortel  Shakespeare : " C’est bien là l’excellente fatuité des hommes. Quand notre fortune est malade, souvent par suite des excès de notre propre conduite, nous faisons responsables de nos désastres le soleil, la lune et les étoiles : comme si nous étions scélérats par nécessité, imbéciles par compulsion céleste, fourbes, voleurs et traîtres par la prédominance des sphères, ivrognes, menteurs et adultères par obéissance forcée à l’influence planétaire, et coupables en tout par violence divine ! Admirable subterfuge de l’homme putassier : mettre ses instincts de bouc à la charge des étoiles ! Mon père s’est conjoint avec ma mère sous la queue du Dragon, et la Grande Ourse a présidé à ma nativité : d’où il s’ensuit que je suis brutal et paillard. Bah ! j’aurais été ce que je suis, quand la plus virginale étoile du firmament aurait cligné sur ma bâtardise…" (1)

Saint Grégoire de Nysse, résumant l'aspect essentiel de la dignité humaine, dit à juste titre que si nous ne sommes que des instruments de la rotation céleste, alors nous n'avons pas de libre arbitre. "Et si l'homme perd la liberté, il perd tout." 

Si l'homme n'est pas libre, l'homme n'est pas l'homme.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Greek Archidiocese of America

*


(1)William Shakespeare, Le Roi Lear, Acte I, scène 2, Traduction de François-Victor Hugo

Haïjin Pravoslave (CCIV)



Chaque jour qui naît
Est un chemin grand ouvert
Vers le saint Royaume

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

vendredi 15 novembre 2013

Saint Maxime le Confesseur



31. Just as the thought of fire does not warm the body, so faith without love does not actualize the light of spiritual knowledge in the soul.
32. Just as the light of the sun attracts a healthy eye, so through love knowledge of God naturally draws to itself the pure intellect.
33. A pure intellect is one divorced from ignorance and illumined by divine light.
34. A pure soul is one freed from passions and constantly delighted by divine love.
St Maximos the Confessor.


Tout comme la pensée du feu ne réchauffe pas le corps, de même la foi sans amour n'actualise pas la lumière de la connaissance spirituelle dans l'âme.

Tout comme la lumière du soleil attire un œil sain, ainsi la connaissance de l'amour de Dieu attire naturellement vers elle-même le pur intellect.

Un intellect pur est un intellect séparé de l'ignorance et illuminé par la Lumière Divine.

Une âme pure est une âme affranchie des passions et constamment ravie par l'amour divin.

Celui qui aime vraiment Dieu, prie sans aucune distraction, et celui qui prie sans aucune distraction aime vraiment Dieu. Mais celui dont l'intellect est fixé sur une quelconque chose du monde, ne prie pas sans distraction, et en conséquence, il n'aime pas Dieu. 

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX


2/15 décembre
25ème dimanche après la Pentecôte

Saint Habacuc, prophète (VIIème s. av. J.-C.) ; saint Athanase le Reclus (vers 1176) et un autre Athanase (XIIIème s.) des Grottes de Kiev ; sainte Mérope, martyre (vers 251) ; Saints Jean, Héraclémon, André et Théophile, moines en Egypte (IVème s.) ; saint Jessé, évêque de Tsilkani en Géorgie (VI°) ; saint Etienne-Ouroch, empereur de Serbie (1367) ; saint Solomon, archevêque d’Éphèse.

Lectures : Éph. IV, 1-6. Lc. XVIII, 18-27 
VIE DU SAINT PROPHÈTE HABACUC[1]

 Habacuc était originaire de la tribu de Syméon. Fils de Saphat, il vécut vers 600 avant notre Seigneur et prédit, sous l’inspiration du Saint-Esprit, la prise de Jérusalem par les Chaldéens et la déportation à Babylone (587), en se lamentant amèrement sur le sort du peuple rebelle. Lorsque Nabuchodonosor vint faire le siège de Jérusalem, le prophète s’enfuit vers l’Ostracène et vécut comme un étranger dans la terre d’Ismaël (Arabie). Il ne retourna en Palestine qu’après le départ des Chaldéens qui emmenèrent captifs vers Babylone une grande partie des habitants de Jérusalem et de l’Égypte.
Un jour, alors qu’on faisait la moisson sur ses terres, il dit à ses serviteurs d’attendre un moment avant de distribuer la nourriture aux moissonneurs, pour qu’il ait le temps de faire une commission au loin. À peine avait-il donné cet ordre qu’il fut enlevé par un ange et transporté à Babylone pour donner à manger au prophète Daniel enfermé dans la fosse aux lions (Dn XIV, 33). De retour en Judée par la même force miraculeuse, il se présenta quelques instants plus tard à ses moissonneurs et leur servit le même repas.
Portant un nom qui promettait la délivrance finale du peuple et annonçait la future Résurrection (Habacuc : « père de la résurrection »), le saint prophète Habacuc se tenait vigilant, à l’écoute de la parole de Dieu, au sommet du poste de garde de son cœur (Hab. II, 1). C’est de là qu’il entonna son hymne admirable, devenu la quatrième Ode du canon des Matines. Contemplant les signes prophétiques de la manifestation de la puissance de Dieu par l’Incarnation, il s’écria : « Seigneur, j’ai entendu le récit de Ton ouvrage, et j’ai été saisi de crainte ; Seigneur, j’ai considéré Tes œuvres et j’ai été frappé de stupeur » (Hab. III, 2). Il prédit la naissance du Verbe en désignant mystérieusement la virginité de la Mère de Dieu : « Dieu viendra de Théman et le Saint de la montagne ombragée par la forêt » (III, 3). Décrivant la descente du Christ dans la chair comme une redoutable intervention cosmique de Dieu qui, dans Sa colère contre Ses ennemis, fait arrêter le soleil et la lune, et effraie la terre entière et les abîmes, Habacuc contemple le Seigneur monté sur les apôtres, comme sur des chevaux et des chars de combat, pour traverser la mer, vaincre la mort et sauver Son peuple. C’est pourquoi, saisi de crainte, il se réjouit pourtant dans le Seigneur, son Sauveur, qui affermira ses pas sur le roc de l’Évangile quand viendra la fin des temps, et le fera monter avec le Christ ressuscité sur les hauteurs de la contemplation, afin de chanter en vainqueur son cantique de gloire dans le Royaume éternel.
Le tombeau du prophète Habacuc fut retrouvé sous le règne de Théodose, à la suite d’une révélation, dans le village de Kela (Keila), à quelque distance à l’est d’Éleuthéropolis. On édifia sur les lieux un sanctuaire flanqué d’un monastère, où vécut saint Épiphane.
VIE DE SAINTS JEAN, HÉRACLÉMON, ANDRÉ et THÉOPHILE
Issus de familles pieuses de la ville d’Oxyrhynque, située en Égypte, sur les rives du Nil (auj. El‑Bahnasa, à 200 km au sud du Caire), ces ardents serviteurs de Dieu, stimulés par la lecture des Saintes Écritures, décidèrent d’abandonner le monde et de s’enfoncer dans le désert intérieur. Ils furent instruits dans les rudiments de la vie ascétique par un saint vieillard qui fut rappelé à Dieu après une année. Pendant plus de soixante ans, ils luttèrent avec constance dans le jeûne et la mortification des élans de la chair. Ils ne prenaient que quelques légumes et un peu d’eau, deux fois par semaine, malgré la chaleur torride, et ne se réunissaient que le samedi et le dimanche pour communier aux Saints Mystères de la main d’un ange. Le reste de la semaine, ils se retiraient seuls dans quelque grotte ou au sommet d’une montagne pour y vaquer à la prière continuelle.
Tropaire du dimanche du 8ème ton
Съ высоты́ снизше́лъ еси́, Благоyтбне, погребе́нiе прiя́лъ ecи́ тридне́вное, да на́съ свободи́ши страсте́й, животе́ и воскресе́нiе на́ше, Го́споди, сла́ва Teбѣ́ !
Des hauteurs, Tu es descendu, ô Miséricordieux ! Tu as accepté d’être enseveli trois jours afin de nous libérer des passions : ô notre Vie et notre Résurrection, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire du prophète, ton 2
Проро́ка Твоего́ Авваку́ма па́мять, Го́споди, пра́зднующе, тѣ́мъ Тя́ мо́лимъ: спаси́ ду́ши на́ша. 
Célébrant, Seigneur, la mémoire de ton prophète Habacuc, nous t'en supplions, sauve nos âmes.

Kondakion du prophète, ton 8
Возгласи́вый вселе́ннѣй отъ ю́га прише́ствіе Бо́жіе отъ Дѣ́вы, Авваку́ме богоглаго́ливе, и на боже́ственнѣй стра́жи предстоя́ніемъ слы́шанія отъ свѣтоно́сна а́нгела Христо́во Воскресе́ніе возвѣсти́лъ еси́ мíру, сего́ ра́ди ве́село зове́мъ ти́: ра́дуйся, проро́ковъ свѣ́тлая добро́то. 

Héraut de Dieu, tu as proclamé à la face de l'univers que Dieu viendrait du midi, c'est-à-dire de la Vierge Marie, et du milieu de la nuit où tu veillais devant Lui,  tu as annoncé au monde la Résurrection du Christ comme tu l'avais appris d'un Ange resplendissant. C'est pourquoi dans l'allégresse nous te chantons:  Réjouis-toi, splendeur éclatante des prophètes.

Kondakion du dimanche, ton 8
Воскpécъ изъ гро́ба, уме́ршыя воздви́глъ ecи́ и Aда́ма воскреси́лъ ecи́, и Éва лику́етъ вo Tвое́мъ воскре-се́нiи, и мipcтíи концы́ торжеству́ютъ е́же изъ ме́ртвыхъ воста́нieмъ Tвои́мъ Mногоми́лостивe.
Ressuscité du tombeau, Tu as relevé les morts et ressuscité Adam ; Ève aussi exulte en Ta Résurrection, et les confins du monde célèbrent Ton réveil d’entre les morts, ô Très-miséricordieux !

Hiéromoine Grégoire de la Sainte Montagne
COMMENTAIRES SUR LA DIVINE LITURGIE DE ST JEAN CHRYSOSTOME
Le miracle de la transfiguration liturgique (suite)
L’âme s’élève pour rencontrer Dieu. Et la peine qu’elle se donne lui donne des forces. Elle découvre en elle de nouvelles puissances, alors qu’elle gravit le Thabor liturgique : « Elle s’élève toujours davantage », dans « un mouvement ascensionnel qui n’a pas de cesse, où elle trouve toujours dans ce qu’elle a réalisé, un nouvel élan pour voler plus haut ». L’homme déraisonne alors : il ne demande pas à Dieu de Le voir comme il le peut lui-même, mais comme Il est vraiment, jusqu’à rassasier son désir. Et l’amour divin pour l’humanité satisfait son désir de cette vision de Dieu en montrant que cette requête  est impossible : car « la véritable contemplation de Dieu a pour caractéristique, que celui qui lève les yeux vers Lui ne cesse jamais de Le désirer »(St Grégoire de Nysse).
Nous les avons vers le Seigneur, répondent les fidèles au célébrant. Par cette réponse, ils l’assurent qu’ils sont déjà montés « jusqu’aux hauteurs… jusqu’au trône de Dieu » (St Méthode d’Olympe). Leurs cœurs sont dans les hauteurs, où le Christ est assis à la droite de Dieu (Col. III,1).
Le prêtre : Rendons grâces au Seigneur.
Le chœur : Il est digne et juste.

Rendons grâces au Seigneur
Nous sommes maintenant prêts à avancer dans l’offrande du Sacrifice. Le mode d’offrande est notre action de grâces au Seigneur, et c’est ce que souligne maintenant le célébrant. Le Christ Lui-même a enseigné ce mode eucharistique, d’action de grâces, de l’accomplissement du Mystère : «  Jésus prit du pain ; et, après avoir rendu grâces, Il le rompit, et le donna aux disciples, en disant : Prenez, mangez, ceci est mon corps, qui est donné pour vous… Il prit ensuite la coupe ; et, après avoir rendu grâces, Il la leur donna, en disant : Buvez en tous [cf. Matth. XXVI, 26-27, cf. Lc. XXII, 19] » (St Jean Chrysostome).
Le meilleur moyen pour garder les dons de Dieu, est de nous en souvenir et de rendre grâces à leur sujet. « Les redoutables Mystères qui sont célébrés dans chaque assemblée de l’Église et dont jaillit un salut abondant, s’appellent « Eucharistie » [c’est-à-dire, action de grâces] parce qu’ils constituent le souvenir d’une infinité de bienfaits, et ils nous manifestent le point culminant de la divine Providence et nous préparent à rendre grâces à Dieu de multiples façons… C’est pour cette raison que le prêtre, au moment de ce sacrifice, nous exhorte à rendre grâces à Dieu pour le monde entier, pour le passé et le présent, pour tout ce qui s’est passé et tout ce qui se passera. Car cette action de grâces nous libère de la terre et nous transporte dans le ciel, et fait que d’hommes nous devenons des anges » (St Jean Chrysostome)
Nous rendons grâces à Dieu pour Ses bienfaits, et l’Eucharistie elle-même est un nouveau bienfait de Dieu, car tout en n’ajoutant rien à ce qu’Il est, « Il nous rend plus intime avec Lui » (St Jean Chrysostome).

LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Lc XXIV, 1-12;  Liturgie : Eph. V, 8-19. Lc. XVII, 12-19. Ste Anne: Gal. IV, 22-31. Lc. VIII, 16-21.


[1] Tiré du Synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos Petras