"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

jeudi 4 juin 2020

Une "horrible bénédiction"

rbth.com


Le coronavirus a été une "horrible bénédiction" pour ma congrégation, et peut-être pour la vôtre aussi. Au milieu des perturbations traumatisantes de la vie communautaire et sacramentelle sont venues des joies inattendues. Pourtant, je prie Dieu de mettre rapidement fin à ce fléau.

La mort et le deuil ont été les plus grandes épreuves, bien sûr. Et aucun désagrément personnel ne peut rivaliser avec une telle douleur. Aucun de mes paroissiens n'est mort. Aucun n'a (jusqu'à présent) perdu son emploi, ce qui constitue le niveau de souffrance suivant.

Mais à part ces deux tragédies, nous avons tous perdu des rassemblements physiques et personnels. Parmi ceux-ci (et c'est essentiel pour les croyants), il y a l'arrêt du culte collectif dans les lieux saints.

Le passage au "culte en ligne" est devenu plus facile pour certains que pour d'autres. J'ai lu la déclaration d'un pasteur selon laquelle, puisque les premiers chrétiens se réunissaient essentiellement pour partager des réflexions sur Jésus, le fait de le faire en ligne est une progression logique.

C'est anachronique. Les premiers chrétiens peuvent avoir partagé des réflexions sur Jésus, mais ils l'ont fait dans le contexte de l'offrande du pain et du vin pour recevoir comme Son Corps et Son Sang. Et il n'y a pas d'application pour cela.

Pour les catholiques orthodoxes et romains, ainsi que pour d'autres personnes de caractère historique et liturgique, le culte est une expérience incarnée. Personne dans ma paroisse n'a reçu la communion depuis le 18 mars, lorsque notre évêque a ordonné à son clergé, par mesure de sécurité, de consommer l'Eucharistie réservée sur l'autel et de fermer les églises.

Pour ceux qui sont à l'extérieur, cela peut sembler sans importance. Mais pour ceux qui sont à l'intérieur (qui sont maintenant aussi à l'extérieur), c'est important.

Malgré tout, ce temps de "jeûne de communion" et notre vie professionnelle n'ont pas été gaspillés. Certains dans ma paroisse ont dit que notre séparation nous rapproche en fait, parce que, d'une part, nous avons dû devenir plus intentionnels pour tendre la main, car nous ne pouvons pas nous permettre de dire par défaut : "Je te verrai à l'église."

Personnellement, je parle (ou j'envoie des SMS) à tous ceux qui figurent dans notre annuaire paroissial beaucoup plus régulièrement que je ne le ferais autrement. Et personne ne se plaint, puisque nous apprécions désormais davantage le contact.

Même le site Internet fonctionne assez bien. La catéchèse via Zoom a permis à un plus grand nombre de personnes de participer que ce qu'elles pourraient faire à l'église un soir de semaine, en particulier les familles avec enfants.

Et si mon programme de carême était ambitieux, le recul l'est encore plus. La plupart des membres de ma paroisse se joignent aux "Vêpres en ligne" que j'ai servies chaque soir avec ma famille depuis le coin d'icônes de notre maison. C'est la plus longue série de services quotidiens consécutifs que j'ai jamais offerte. Qui aurait cru qu'être exilé de l'église conduirait à plus de services, plutôt qu'à moins ?

D'une certaine manière, le Carême a été le moment idéal pour une telle épreuve. La simplicité, la stabilité, les privations et une vie de prière approfondie sont autant d'outils ou de valeurs du Carême qui ont été renforcés par cette expérience.

Mais j'ai hâte que ce soit terminé. Que Dieu réconforte les personnes en deuil et renforce tous les soignants et ceux qui travaillent fidèlement à notre service.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mercredi 3 juin 2020

Hiéromoine Jean [Guaita]: Les bienfaits du Coronavirus


Le hiéromoine Jean (Guaita) est une figure éminente du clergé moscovite. Né le 26 novembre 1962 en Sardaigne, il est diplômé en littérature et en langues des universités de Genève et de Cagliari, et a effectué plusieurs séjours d'études à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Depuis 1989, il réside en permanence à Moscou où, pendant de nombreuses années, il a enseigné dans différentes universités d'État. 

Le 28 mars 2010, il a été ordonné diacre par le métropolite Hilarion, et le 11 septembre, il a été ordonné prêtre. Le 31 octobre de la même année, il a prononcé ses vœux monastiques dans la cathédrale de la Laure de la Très Sainte Trinité-Saint-Serge et aujourd'hui, il sert dans l'église moscovite des Saints Côme et Damien.

Nous proposons à nos lecteurs sa réflexion éclairante sur le sens spirituel de cette épidémie de Coronavirus, une élaboration qu'il a mise en ligne sur sa page Facebook en ces jours où il est touché par cette maladie. Au hiéromoine Jean va notre gratitude pour la réflexion combinée à la prière pour son prompt rétablissement.

Ce Coronavirus a une énorme utilité spirituelle, du moins, certainement pour moi.

Je n'ai aucun problème à vivre dans l'isolement. Dans des conditions normales, depuis un certain temps, dans la première moitié de la semaine, j'essaie de rester à la maison et de limiter au maximum les relations "extérieures" (qui, en revanche, dans la deuxième moitié de la semaine, sont toujours très nombreuses). Non seulement la solitude et l'isolement ne me pèsent pas, mais ils font peut-être partie de mon étrange vocation monastique et érémitique au sein d'une mégalopole.

Une chose est la solitude quand on est bien portant et qu'on peut lire, écrire, travailler, méditer, prier : c'est un ermitage qui est presque une fête ! Au contraire, quand vous devez vous asseoir ou vous allonger pendant des heures en totale INACTIVITÉ, parce que vous ne pouvez pas le faire : ni lire, ni écrire, ni travailler, ni prier... Chez moi, j'ai une merveilleuse chapelle avec des icônes, et un autel, et tout, mais... je ne peux pas le faire.

Je me souviens alors de l'inactivité absolue de Jésus sur la Croix, qui, pour nous tous, valait bien plus que tous Ses miracles les plus extraordinaires pris ensemble. Il est vrai qu'après le Coronavirus, rien ne sera plus comme avant : au moins notre "matérialisme spirituel", le fait que même la prière nous l'imaginons comme une activité (alors que la prière la plus élevée n'est offerte qu'à nous), cela devra certainement changer...

Je me souviens que le père Georges disait que pendant les jours de sa maladie, il passait son temps à se souvenir des noms de chacun, les faisant couler dans sa mémoire, comme s'il dénouait les nœuds d'un chapelet. Des centaines et des centaines de noms : de ceux qui m'ont aimé et que j'ai aimés, de ceux que je n'ai pas pu aimer, même si je le voulais, de ceux que j'ai déçus, ou blessés, de ceux que j'ai oubliés depuis longtemps... Maintenant, je peux me rétablir, seulement de cette façon, en disant le nom de chacun.

Chiara Lubich a vécu une expérience similaire et a écrit une magnifique page à ce sujet :

"Nous mourrions si nous ne Te regardions pas, Toi qui as transformé, comme par magie, toute amertume en douceur : Toi, sur la Croix dans Ton cri, dans la plus haute suspension, dans l'inactivité absolue, dans la mort vivante, quand, quand il faisait froid, Tu as jeté tout Ton feu sur la terre et, quand Tu as fait une stase infinie, Tu nous as remis Ta vie infinie, que nous vivons maintenant dans l'ivresse.

Il nous suffit de nous voir semblables à Toi, au moins un peu, et d'unir notre douleur à la Tienne pour l'offrir au Père.

Pour que nous ayons la Lumière, Ta vue t'a fait défaut.
Pour que nous ayons l'union, Tu as ressenti la séparation d'avec le Père.
Pour que nous ayons la sagesse, Tu es devenu ignorant.
Pour que nous puissions nous revêtir d'innocence, tu t'es fait "péché".
Pour que Dieu soit en nous, Tu l'as reesenti loin de Toi".

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mardi 2 juin 2020

Lecteur Andreas Moran: "FAIS DE TA MAISON UNE ÉGLISE"

Photo: spzh.news
Photo : spzh.news

Il existe de nombreux conseils aux fidèles sur la manière de prier et de pratiquer le culte en ces temps où, dans de nombreux endroits, les églises sont fermées aux fidèles, même si des offices sont organisés ; et dans de nombreuses églises, il n'y a même pas de services derrière les portes fermées. Prions pour que Dieu raccourcisse les jours où la peste est sur nous.

Comme nous le savons, les premiers chrétiens priaient et adoraient dans leurs maisons ; en effet, la dernière Cène du Christ, qui a institué l'Eucharistie, s'est tenue dans une maison comme nous le disent les Évangiles. Une église a été établie dans la maison d'Aquila et de Priscilla (1 Corinthiens 16:19). "Saluez les frères de Laodicée et de Nymphas, et l'église qui est dans sa maison", dit l'apôtre Paul (Colossiens 4:15). En Actes 16, 14-15, nous lisons que saint Paul a séjourné dans la maison de Lydie, et sans doute les cultes y ont-ils eu lieu. 

Paraphrasant saint Paul, saint Jean Chrysostome dit : "Fais de ta maison une église" (Homélie XLIII sur 1 Corinthiens). Il est donc possible de faire de sa maison "une maison de prière". Naturellement, les laïcs ne peuvent pas servir la Divine Liturgie chez eux, mais ils peuvent faire d'autres offices, et prier. Ils peuvent aussi regarder les offices qui sont transmis ou diffusés en continu. Ce qui est nécessaire, c'est de prier et de veiller avec la bonne disposition intérieure. Nous lisons ceci dans la Vie de sainte Matrone de Moscou :

"Une fois, un jour de fête, la mère de Matrona invita son époux à se joindre à elle pour l'office, comme d'habitude. Mais il n'y vint pas. Il décida de prier et de chanter à la maison. Matrona resta avec lui, elle aussi. Tout au long du service, Natalia pensait à son mari et regrettait qu'il ne soit pas venu avec elle. Quand Natalia rentra à la maison après la Liturgie, Matrona lui dit "Tu n'es pas allée à l'église, maman." Natalia fut surprise : "Ne sais-tu pas que je suis juste de retour et que j'enlève mon manteau ?" "Le père était à l'église, mais pas toi." Matrona vit que même si sa mère assistait à l'office, son coeur ne priait pas."

De nombreuses églises à travers le monde, en particulier en Russie, diffusent des services - là où ils sont encore autorisés, bien sûr - à la télévision et sur Internet. Ce n'est pas nouveau, du moins en ce qui concerne la télévision. Pendant de nombreuses années, dans des pays comme la Grèce, ceux qui, pour une raison quelconque - âge avancé, infirmité, etc. - ne pouvaient pas aller à l'église ont regardé les offices divins à la télévision.

Est-ce que cela vous convient ? Certains diocèses font des services en streaming (par exemple, Pskov) qu'ils ne feraient guère s'il y avait le moindre doute que les fidèles devraient les regarder. Comment les gens chez eux doivent-ils réagir à la "diffusion en continu" des services religieux ? Il faut dire tout de suite que personne ne doit se détendre dans son fauteuil et regarder la télévision ou l'ordinateur et considérer ces transmissions comme un programme de télévision. Mais lorsqu'il n'est pas possible d'aller à l'église, il faut que les fidèles réagissent de manière appropriée à ces diffusions. 

On peut allumer des cierges et des lampades et faire brûler de l'encens. Les gens peuvent se tenir debout avec révérence tout en regardant, comme ils le feraient à l'église ; ils peuvent répondre en faisant leur signes de croix et leurs enclins et ainsi de suite aux moments habituels ; ils peuvent être attentifs aux chants et aux lectures. Et à la fin, pourquoi ne pas mélanger du vin et de l'eau et prendre de l'antidoron si possible ou du pain spécialement préparé et prier pour que le Seigneur les bénisse, puis en prendre une part ? Le Seigneur, toujours miséricordieux, ne les acceptera-t-il pas comme le sacrifice d'Abel ? Dieu s'éloignera-t-il de ces fidèles en faisant ce qu'ils peuvent dans les circonstances où ils se trouvent ?

C'est sûrement mieux que de simplement imaginer ce que ce serait d'être à l'église. Et j'ai entendu parler de personnes qui, avant le début de l'épidémie, ont regardé les offices à la télévision et ont ressenti la Grâce. 

Après tout, l'Esprit Saint, qui est "partout présent et qui emplit tout, ne dédaignera sûrement pas les efforts déployés par ces fidèles qui ne peuvent pas faire autrement. 

Le clergé dans les camps soviétiques n'a-t-il pas fait tous les efforts possibles, et ce qu'il a fait était sûrement acceptable pour Dieu ? Dieu n'est pas limité par notre situation. "Non, la main de l'Eternel n'est pas trop courte pour sauver, Ni son oreille trop dure pour entendre." (Isaïe 59:1).

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

lundi 1 juin 2020

Métropolite Antoine (Pakanitch) de Boryspol et Brovary: POURQUOI LE 26ème PSAUME EST-IL LU EN TEMPS DE DANGER ET DE PERSÉCUTION ? QUELLE EST SA PUISSANCE ? COMMENT DOIT-IL ÊTRE LU ?


Le psaume XXVI a été écrit par David alors qu'il était persécuté par Saül avant son onction comme roi d'Israël par le prophète Samuel.

Ce fut une période incroyablement difficile dans la vie de David, lorsque tout le monde lui tourna le dos et l'abandonna.

L'idée principale, le cœur du psaume, est la glorification du Créateur, qui défend et protège du mal tous ceux qui croient en Lui.

L'Éternel est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je peur ? L'Éternel est la force de ma vie ; de qui aurais-je peur ? (Psaume 26:1).

Appartenir au Seigneur, tel est notre but éternel. Cela signifie mettre toute votre confiance en Lui, tirer votre force uniquement de Sa force et de Son amour, et être fidèle et loyal envers Lui jusqu'au bout, et Il nous récompensera au centuple.

Quand les méchants, même mes ennemis et mes adversaires, sont venus sur moi pour manger ma chair, ils ont trébuché et sont tombés. Si une armée campait contre moi, mon coeur ne craindrait pas ; si une guerre s'élevait contre moi, je serais confiant en cette volonté (Psaume 26:2-3).

Si nous nous réjouissons de la communion avec Dieu, comme les plantes le font avec le soleil, si nous sommes heureux quand Il est proche et que nous Le désirons plus que tout autre être, c'est un signe certain que nous sommes ceux qu'Il protège comme siens.

J'ai désiré une chose de l'Eternel, que je cherche, c'est d'habiter dans la maison de l'Eternel tous les jours de ma vie, pour contempler la beauté de l'Eternel et pour m'informer dans Son temple (Psaume 26, 4).

Les épreuves sont salvatrices. Elles changent un homme et sa vie. Alors que les ténèbres s'épaississent, la lumière salvatrice augmente sa clarté dans la même mesure.

Écoute, Seigneur, quand je crie de ma voix : aie pitié de moi et réponds-moi. Quand tu disais : Cherche ma face, mon coeur te disait : Ta face, Seigneur, je la chercherai. Ne cache pas ta face loin de moi, ne repousse pas ton serviteur dans la colère ; tu as été mon secours, ne me laisse pas et ne m'abandonne pas, Dieu de mon salut (Psaume 26, 7-9).

Les Psaumes sont une eau qui donne la vie, une nourriture fortifiante pour l'âme ; nous en avons besoin comme un voyageur a besoin de la force de la nourriture et de l'eau.

Les Psaumes sont notre alliance avec Dieu, l'alliance de notre unité avec Lui. Si nous sommes avec le Seigneur, nous ne devons rien craindre. Il nous protégera, nous fortifiera et nous réconfortera.

Dieu est notre seul soutien, notre seule forteresse et notre seule bannière.


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En lisant les Psaumes, nous ne devons pas chercher à ressentir des sentiments particuliers ou à nous enivrer. Nous ne devons pas laisser libre cours à nos sentiments, car ils sont trompeurs et fugaces : Nous pouvons être influencés par une conversation récente avec quelqu'un, un film que nous avons regardé, un livre que nous avons lu, par le temps ou par notre condition physique.

Nous devons plonger dans la prière plus profondément que nos sentiments. Que notre volonté, à travers l'effort, la maladresse, la gaucherie, la résistance et la perplexité, nous conduise consciemment à la communion avec Dieu.

"Dieu nous parle parfois de manière très confidentielle lorsqu'il nous prend au dépourvu" (C. S. Lewis).


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Jakub Jrzhi Jukl, docteur en théologie : INTRIGUES DU PHANAR DANS L'ÉGLISE DES TERRES TCHÈQUES ET DE LA SLOVAQUIE

Errare humanum est, perseverare diabolicum...
Il semble que le Phanar stambouliote ignore superbement à la fois les canons et la décence la plus élémentaire, et malgré toutes les condamnations, en dépit des révélations récentes de sa collusion avec Biden et l'Amérique (cf. l'article), faisant de la Grande Eglise de Dieu qui était à Constantinople, ce qu'elle est formellement devenue à présent, id est une petite succursale de supplétifs à la solde de la puissance américaine, il persiste dans ses brigandages territoriaux, ses errements antichrétiens et son incommensurable racisme vis-à-vis de tout ce qui n'est pas grécobyzantinohéllénique. CLG

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Comment les actions de Constantinople provoquent des troubles parmi les Orthodoxes de Moravie
 Photo: spzh.news
Photo : spzh.news
   
Le patriarcat de Constantinople n'intervient pas seulement dans les affaires ecclésiastiques de l'Ukraine ; depuis plusieurs années, des représentants du Phanar tentent de prendre le contrôle de l'Église orthodoxe des terres tchèques et de la Slovaquie.

Ayant fourni un Tomos d'autocéphalie à cette Église en 1998, l'Église de Constantinople n'a pas montré ses ambitions de pouvoir pendant quinze ans. Mais tout a changé après le départ à la retraite de l'archevêque de Prague, le métropolite Christophe (Pulec), lors de l'élection du nouvel évêque de Prague.

De nombreux articles ont déjà été publiés concernant les actions du Phanar en relation avec l'Église des terres tchèques et la Slovaquie. L'Union des journalistes orthodoxes a publié (en russe) un compte-rendu détaillé de la manière dont, en 2013, des représentants du Phanar, le métropolite Emmanuel de France et son collègue le métropolite Arsène d'Autriche, ont tenté de devenir membres du Synode de l'Église des terres tchèques et de la Slovaquie, et de s'emparer de son leadership.

En 2014, Constantinople n'a pas reconnu les résultats du Concile local de cette Église, et l'élection de l'archevêque de Prešov, le Métropolite Rastislav (Gont) comme Primat, ce qui a essentiellement conduit à un schisme dans l'Église des Terres tchèques et de Slovaquie. Seule la nécessité de tenir le Concile de Crète, en 2016, a obligé le patriarche Bartholomée à relâcher la pression.

Cependant, trois ans plus tard, le Phanar a continué ses provocations contre l'Église des terres tchèques et de la Slovaquie. En 2019, les évêques du Patriarcat de Constantinople ont établi une structure ecclésiastique parallèle en République tchèque, ce qui est totalement inacceptable du point de vue du droit canonique.

La même année, l'évêque Isaïe (Slaninka) de Šumperk, ordonné en 2015 par le Phanar pour l'Église des Terres tchèques et slovaques, contrairement à la décision du Synode tchécoslovaque de ne pas reconnaître l'église (!) orthodoxe ukrainienne schismatique, a servi à Kiev avec des membres de cette structure schismatique.

Aujourd'hui, Jakub Jiří Jukl, docteur en théologie et membre du Conseil diocésain de Prague, explique en détail comment le Phanar opère sur le territoire canonique de l'Église des Terres tchèques et de Slovaquie.

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Ces dernières semaines, des nouvelles alarmantes ont commencé à arriver du diocèse d'Olomouc-Brno de l'Église orthodoxe des terres tchèques et de Slovaquie. Des événements se déroulent qui menacent de détruire la paix et l'unité fragiles de l'Église, établie sur la base d'accords conclus en janvier 2016, à Constantinople, qui étaient censés mettre fin aux ambiguïtés apparues dans l'orthodoxie tchéco-slovaque, après la démission de l'ancien métropolite Christophe.

Malgré le fait que ces accords n'aient jamais été finalisés (par exemple, les prêtres et les religieuses du diocèse d'Olomouc-Brno qui avaient été déposés pour leur loyauté envers le métropolite Rastislav et le Saint Synode, n'ont pas été rétablis), tout le monde espérait qu'avec le temps, tout serait résolu, et que la situation s'améliorerait.

Mais tous les espoirs de développement pacifique de notre Église se sont envolés en fumée le 19 août 2019. Ce jour-là, une société a été fondée sous le nom de "Saint monastère patriarcal stavropégiaque de la Dormition de la Sainte Vierge Marie, société enregistrée " [1], qui a reçu l'enregistrement d'État le 1er octobre 2019 au tribunal régional d'Ostrava.

Qu'est-ce qui se cache derrière ce nom ? Les monastères stavropégiaques sont des monastères subordonnés directement au chef de l'Église locale (le Patriarche, dans certaines Églises, le Métropolite), bien qu'ils soient situés sur le territoire d'un autre diocèse [au sein de cette Église locale - ndt] Un lecteur ignorant pourrait penser que ce monastère, bien que situé dans le diocèse d'Olomouc-Brno, est subordonné au chef de notre Église locale, le Métropolite Rastislav.

Pourtant, c'est tout à fait différent. Le président de cette entité enregistrée, selon le protocole judiciaire, et sa charte, est "Dr. Konstantinos Kardamakis". Il s'agit du nom civil de l'évêque Arsène, métropolite de Vienne et exarque de Hongrie et d'Europe centrale, qui appartient à la juridiction du patriarcat œcuménique (la date de naissance indiquée dans les documents pertinents est la même).

Cela signifie qu'un évêque d'une juridiction (Constantinople) s'est installé sur le territoire canonique d'une autre Église autocéphale (l'Église orthodoxe des terres tchèques et de Slovaquie). Puisque la fondation de cette société et la nomination du métropolite Arsène à sa tête ont eu lieu complètement sans le consentement ou même à l'insu du Saint Synode et du Métropolite de l'Église tchéco-slovaque, cela constitue une ingérence ouverte sur le territoire souverain de la juridiction canonique de notre Église locale.

Il ne fait aucun doute que le patriarcat œcuménique - c'est-à-dire, bien sûr, si le métropolite Arsène agit en connaissance de cause - va défendre le Tomos d'autocéphalie qu'il a donné à notre Église locale en 1998. Mais même selon ce Tomos, dans lequel l'autocéphalie de l'Église tchéco-slovaque est considérablement limitée et, à bien des égards, subordonnée à Constantinople, en aucun cas, même avec une interprétation plus libre, il ne donne au patriarcat œcuménique le droit de contourner, ou d'ignorer directement le Saint Synode de cette Église autocéphale, ainsi que son Métropolite. Rappelons que le Métropolite Rastislav, jouit d'un grand respect à Constantinople, et qu'il a participé en tant que chef de l'Eglise et du Conseil tchéco-slovaque au Synode des évêques en Crète de 2016.

Bien entendu, l'intervention du métropolite Arsène dans les affaires canoniques de notre Église locale n'aurait pas été possible sans l'aide d'au moins quelques membres de notre clergé. Il s'agit principalement du vicaire du diocèse d'Olomouc-Brno, l'évêque Isaïe (Slaninka) de Šumperk. C'est lui qui figure sur la liste des vice-présidents de la société du monastère stavropégiaque (voir le document original tchèque ici).

Mais les intentions des fondateurs de l'entité stavropegiaque ne se limitent pas à la fondation du monastère lui-même, mais vont bien plus loin. Selon la charte de cette société, son but, entre autres, est "la création de centres spirituels de contact (skites). [...] Pour accomplir cette tâche, le président de la société (l'abbé), nomme le clergé auquel est confiée cette mission canonique", (citations de la charte tchèque originale).
Photo: pravoslaviecz.cz
Photo : pravoslaviecz.cz
   
Il s'ensuit qu'en Moravie, le monastère stavropégiaque de la Dormition de la Sainte Vierge Marie devrait être formé à Vilémov (où il n'y a actuellement qu'un bâtiment conventuel, mais pas de communauté monastique). Il faut ajouter qu'il s'agit d'un monastère de femmes, et que les moniales en ont été expulsées il y a plusieurs années, parce qu'elles sont restées fidèles au Métropolite et au Saint Synode. Selon les accords de janvier 2016, elles devaient retourner au monastère, mais cela n'a pas été fait.

Ce monastère stavropégiaque serait subordonné au métropolite Arsène, et plus directement au patriarcat œcuménique. Le monastère aura le droit de fonder ses skites dans d'autres lieux, où le "président de la société" (c'est-à-dire le métropolite Arsène) nommera le clergé suivant.

Étant donné que, théoriquement, il s'agit de skites d'un monastère stavropégiaque subordonné au patriarche de Constantinople, il est évident que l'obtention du consentement ne sera même pas pris en compte, ni du Saint Synode, ni du Métropolite de l'Église des Terres tchèques et de Slovaquie, et probablement même pas de l'évêque diocésain correspondant.

Par conséquent, cela menace d'établir une structure ecclésiale parallèle sous l'homophore du patriarcat œcuménique, sur le territoire canonique de l'Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie.

Bishop Isaiah (Slaninka) of Sumperk. Photo: spzh.news
L'évêque Isaïe (Slaninka) de Sumperk.
Photo : spzh.news

Ces craintes sont encore renforcées par le fait que Son Éminence Isaïe, vice-président de la société, fait partie de l'organe statutaire des trois monastères sur le territoire du diocèse d'Olomouc-Brno (outre le monastère de la Dormition de la Très Sainte Théotokos à Vilémov, le monastère de Ste Ludmila à Brno et le monastère de St. Gorazd à Hrubá Vrbka) et trois autres communautés ecclésiastiques de ce diocèse (Olomouc - il y a sa cathédrale elle-même, Prostějov et Uherský Brod). Ces faits peuvent être vérifiés sur le site officiel du ministère de la culture de la République tchèque dans la section Registre des personnes morales enregistrées // Église orthodoxe.

En même temps, au moins en ce qui concerne les monastères mentionnés à Brno et Hrubá Vrbka, il serait possible d'établir des skites, qui sont mentionnées dans la charte de la société du monastère Stavropégiaque. Selon des informations classifiées, confirmées par plusieurs sources, une tentative a déjà été faite pour transférer le monastère de Vilémov à la propriété de la société susmentionnée, mais elle a été empêchée au dernier moment par l'intervention opportune de l'archevêque Michael de Prague en tant que plus haut représentant de l'Église orthodoxe en République tchèque.

Ainsi, nous parlons non seulement de tentatives de contourner la loi de l'État, en ignorant complètement le territoire de l'Église canonique, mais aussi d'actions indignes de personnes qui se sont consacrées au Christ, et qui sont donc des gardiens indignes de choses aussi saintes qu'une demeure monastique.

Le 11 novembre 2019, le métropolite Arsène a répondu aux accusations de nature non canonique des actions du patriarcat œcuménique, qui ont commencé à se répandre dans le monde entier. Il a déclaré qu'il ne s'agissait pas de créer une structure canonique parallèle, mais qu'avec une pétition pour la fondation d'un monastère stavropégiaque dans le diocèse d'Olomouc-Brno, l'évêque diocésain Siméon (Jakovlevic) s'était adressé au Patriarcat œcuménique. Selon lui, le conseil diocésain du diocèse d'Olomouc-Brno devait se joindre à cette pétition.

En outre, il a déclaré que les évêques de l'Église tchéco-slovaque, y compris le Métropolite Rastislav, auraient été informés de tout. Le métropolite Arsène a également assimilé ce monastère stavropégiaque, subordonné au patriarcat de Constantinople, au Metochion (église de représentation) déjà existant du patriarcat de Moscou en République tchèque, qui fonctionne depuis de nombreuses années sous l'homophore de l'Église orthodoxe russe.

Cependant, au moins une partie des déclarations du métropolite Arsène n'est définitivement pas fondée sur la vérité. Dès le lendemain, le 22 novembre 2019, l'archevêque Juraj (Stránský) de Michalovce et Košice, membre du Saint Synode de l'Église tchéco-slovaque, a résolument réfuté l'idée que le Saint Synode ait jamais reçu ou discuté la déclaration de Constantinople sur la création d'un monastère stavropégiaque. Le synode n'était nullement informé de sa prochaine fondation ; les évêques n'en ont reçu des nouvelles que par hasard, de sources de seconde main.

Quant au Métochion du Patriarcat de Moscou, nous pouvons ajouter que, bien entendu, il ne serait pas problématique d'établir dans notre Église locale un Métochion similaire du patriarcat de Constantinople, mais seulement avec le consentement du Saint Synode de l'Église tchéco-slovaque, comme ce fut le cas pour l'Église de représentation de Moscou. Par comparaison, cette église était également dûment enregistrée en République tchèque, en vertu de la loi mentionnée sur les églises et les organisations religieuses.

Dans cet étrange cas, une chose est frappante en ce qui concerne le monastère Stavropégiaque : le silence absolu de l'évêque du diocèse d'Olomouc-Brno, l'archevêque Siméon [qui a 94 ans - ndt], qui n'est mentionné dans aucun document relatif à la fondation du monastère, sa bénédiction est absente pour cette entité, mais malgré cela, tout se passe sur le territoire de son diocèse.

Les paroles du Métropolite Arsène, selon lesquelles le monastère est fondé sur la demande répétée [de l'Archevêque Siméon], ne peuvent donc pas être confirmées. Dans toute l'affaire, seul son vicaire, l'évêque Isaïe, parle du côté morave (Ajouté de la réunion du Saint Synode de décembre 2019 : lors de la réunion, l'archevêque Siméon a en fait déclaré que l'évêque Isaïe a réalisé cette initiative sans sa bénédiction ni sa connaissance).
Photo: pomisna.info
Photo : pomisna.info

Et en effet, c'est une question dont, en fait, l'évêque Isaïe parle. Il semble que récemment, il ait cessé de respecter l'autorité du Métropolite et du Saint Synode de l'Église orthodoxe des terres tchèques et de Slovaquie. Les 20 et 21 novembre 2019, il a servi avec Epiphane Doumenko et d'autres représentants de la soi-disant Église orthodoxe d'Ukraine schismatique, en Ukraine.

En janvier 2019, cette « église » a reçu l'autocéphalie du patriarcat œcuménique, malgré le fait que l'Ukraine ait une Église orthodoxe ukrainienne canonique indépendante. Par conséquent, le statut de l'Église orthodoxe d'Ukraine établi par Épiphane n'est toujours pas clarifié canoniquement, et constitue la raison d'une grave désunion dans l'Orthodoxie universelle.

En tout état de cause, l'Église orthodoxe des pays tchèques et de Slovaquie a refusé de reconnaître cette "église", et considère l'Église orthodoxe ukrainienne, dirigée par Sa Béatitude, le Métropolite Onuphre de Kiev et toute l'Ukraine, comme la seule Église canonique d'Ukraine.

Pour ces raisons, l'évêque Isaïe, en raison de sa participation active à l’office avec l'église orthodoxe ukrainienne schismatique, s'est trouvé au centre du désaccord avec la position canonique de notre Église orthodoxe locale. Et ce, malgré le fait qu'à la veille du service, il a été averti par écrit par notre Primat, le Métropolite Rastislav, qui a attiré son attention sur le fait que de tels actes auraient des conséquences canoniques évidentes pour l'Évêque Isaïe.

Mais l'évêque Isaïe a négligé l'avertissement du Métropolite, et a pris part au service. C'est une autre manifestation de sa relation étroite avec le patriarcat de Constantinople, qui a accordé l'autocéphalie à l'Église orthodoxe d'Ukraine.


Sts Cyrille et Méthode

St. Nouveau Martyr Gorazd de Prague

Nous prions Dieu pour nos évêques, afin qu'il leur donne force et sagesse, et qu'avec son aide, nous défendions l'unité et l'autocéphalie de notre Église orthodoxe locale, l'héritage des saints Cyrille et Méthode [2]et du Saint nouveau martyr St Gorazd [3].

Version française Claude Lopez-Ginisty
D’après


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NOTES :

[1] En tchèque : Posvátný Patriarší Stavropigiální Monastýr Zesnutí https://rejstrik-firem.kurzy.cz/08502374/posvatny-patriarsi-stavropigialni-monastyr-zesnuti-presvate-bohorodice-z-s/ Bohorodice, z.s. , Vilémov IČO 08502374 - Obchodní rejstřík firem // Přesvaté

[2] La première mission des saints Cyrille et Méthode auprès des Slaves, en dehors de leur région grecque natale de Thessalonique (la Chora de Macédoine), a été menée en Grande Moravie à l'invitation du prince Rostislav. En conséquence, les terres tchèques (Bohême et Moravie), ainsi que la Slovaquie pourraient être considérées comme le berceau précoce de l'Orthodoxie slave. Cette mission s'est étendue à la Transcarpatie à l'est, près de la Rus'- ukraino-carpatique qui a reçu le baptême avant Kiev.
Cette même région des Carpates était la patrie de la plupart des églises orthodoxes d'Amérique de défunte Russie, en particulier dans la région de la Pennsylvanie/Ohio et des Grands Lacs, qui formaient le noyau de l'OCA [Orthodox Church of America] primitive. Si la Tchéquie et la Slovaquie peuvent sembler à première vue, à ceux qui ne le savent pas, éloignées du monde orthodoxe, son histoire commence en fait avec les saints Cyrille et Méthode eux-mêmes, et est même antérieure à l'Orthodoxie de Moscou. Par conséquent, cette question devrait être chère au cœur des chrétiens slaves et orthodoxes américains, car ces deux pays les ont en quelque sorte rapprochés et reliés -

dimanche 31 mai 2020

L'archimandrite Aimilianos de bienheureuse mémoire

A propos de l'édition russe du livre intitulé 
«Жить в присутствии Бога»
[Vivre en présence de Dieu]


La vie d'un ascète orthodoxe est cachée aux yeux des gens. Le livre des temps anciens était un fil conducteur entre nous et son expérience spirituelle. Chaque mot qu'il contient a traversé le feu de la tentation, et tous les mots sont comme s'ils nous étaient adressés personnellement. L'un de ces livres inestimables est la nouvelle collection "Vivre en présence de Dieu" basée sur les travaux de l'Archimandrite Aimilianos (Vafeidis).

L’archimandrite Aimilianos (Vafeidis, 1934-2019), un grand staretz de notre époque, s'est consacré au renouveau du monachisme en Grèce. Il reprit la vie monastique au monastère de la Transfiguration du Seigneur dans les Grands Météores et au monastère de Simonopetra sur l’Athos. Sous sa direction spirituelle directe, le plus grand couvent grec, Ormilia, fut alors formé. Grâce au staretz Aimilianos, la plupart des monastères de l'Athos sont revenus d'une résidence spéciale à la disposition traditionnelle des dortoirs. Il a laissé un riche héritage théologique, qui, de par la profonde humilité de l'ascète de son vivant, a été à peine publié. Aujourd'hui, en Grèce et dans d'autres pays orthodoxes sont publiées des interprétations des saints pères de l'Église, des canons monastiques, des textes bibliques, des sermons et d'autres créations de l'archimandrite Aimilianos.

Providence divine et liberté de la volonté humaine, péchés et vertus, prière et service divin, vie familiale et monachisme - voici la ligne en pointillé des principaux thèmes de la collection "Vivre en présence de Dieu". Les paroles de l'archimandrite Aimilianos – sont une tradition séculaire de l'Église orthodoxe, dont il fit à nouveau l'expérience. On sait que le staretz était un pratiquant expérimenté de la prière de Jésus, un véritable ascète. Il s'efforça de rapprocher, de mettre en évidence son miracle spirituel de l'héritage des saints Pères. L'archimandrite Aimilianos nous dirige vers des hauteurs spirituelles, réveille en nous le désir de la Jérusalem céleste, afin que nous soyons persévérants dans notre lutte contre le péché : "Dieu ne nous a pas créés pour l'esclavage, il nous a créés pour la liberté, pour cette liberté que le Christ nous a donnée (Galates 5:1). Mais la liberté est une glaive à double tranchant, elle nous mène soit au Ciel, soit en enfer. Ceux qui veulent utiliser leur liberté pour le bien trouveront les réponses à de nombreuses questions dans les paroles du père Aimilianos. Subtil connaisseur de la nature humaine, il découvre les véritables raisons de faiblesses même apparemment insignifiantes. Ainsi, par exemple, sur la question de savoir s'il faut s'asseoir pendant l’office, il remarque : "Nous sommes fatigués dans la plupart des cas, non pas du travail, mais de la lenteur d'esprit."



Le père Aimilianos nous apprend que tout chrétien, qu'il soit père de famille ou moine, est appelé à se battre. Il demande au profane : si vous ne pouvez pas vous entendre avec les gens sur terre, comment allez-vous vivre au Ciel ? Il nous montre comment traiter correctement notre prochain et nous-mêmes, afin que nous soyons liés par l'amour et l'harmonie. Il encourage le moine à être digne de sa plus haute vocation. L'archimandrite Aimilianos peut être considéré comme un chantre du monachisme. "Il n'y a rien de comparable à la vie monastique dans le monde, sauf la vie angélique. Le battement d'ailes des anges remplit le monde, et les anges sont invisibles partout. Nous, les moines, sommes appelés à devenir des imitateurs de l’ordre angélique", écrit le staretz avec beaucoup de perspicacité. Ce livre est empli d'un véritable esprit monastique, et témoigne de la grande puissance spirituelle du monachisme, qui se tient devant Dieu dans la prière.

L'expérience mystique de l'archimandrite Aimilianos, en tant que flamme vive, peut éclairer le chemin pour de nombreux chrétiens. Il nous encourage à se débarrasser du vieil homme qui asservit le "je" et à voir qu’à chaque seconde nous sommes en présence de Dieu. C'est la communion de Dieu qui peut changer nos cœurs. Et comme le dit le staretz, "l'enseignement de Dieu est la présence de Dieu dans l'histoire, dans les Ecritures et dans notre vie personnelle, par laquelle Il nous a justifiés, purifiés, délivrés des passions et des péchés, et nous a montré des miracles ou des révélations. Il n'y a pas d'homme qui n'ait eu cette expérience personnelle. Il suffit de bien regarder.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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Les traductions françaises des Livres de l'archimandrite Emilianos, peuvent être commandées en ligne à la librairie du monastère de la Transfiguration:

Kirill Alexandrov: Tel père, tel fils : L'OCU schismatique va-t-elle tourner le dos à Porochenko ?

Le récent scandale qui détruit ce qui reste de la réputation de l'ancien président ukrainien, accusé de rien moins que de haute trahison pour avoir pratiquement livré l'Ukraine aux mains des Américains, risque d'avoir des conséquences dans le monde orthodoxe. Dans l'essai de Kirill Aleksandrov, que nous vous présentons en traduction italienne, nous examinons les options laissées aux schismatiques ukrainiens : se dissocier du créateur de leur fortune, ou ignorer hypocritement le scandale. (source de cette introduction)

Petro Porochenko et Joe Biden. 
Photo : UOJ

Le "père" du Tomos est maintenant au cœur d'un scandale - il est accusé de haute trahison. Comment cela affectera-t-il l'OCU schismatique, le patriarche Bartholomée et le scénario religieux en Ukraine ?

Le père fondateur de l'église orthodoxe d'Ukraine [schismatique] et l'un des bénéficiaires directs du tant attendu Tomos, l'ancien président de l'Ukraine Petro Porochenko, s'est retrouvé dans la ligne de mire. Après la publication de sa conversation téléphonique avec l'ancien vice-président américain Joe Biden, le pays a appris que sous le règne de P. Porochenko, l'Ukraine était non seulement embourbée dans la corruption, mais aussi sous contrôle extérieur direct. L'OCU  [schismatique] va-t-elle choisir de se dissocier de l'homme politique corrompu ou de faire preuve de solidarité avec lui et ses affaires ?

Le 19 mai, le député de l'opposition de la Verkhovna Rada, Andrei Derkach, a révélé une conversation téléphonique entre Biden et Porochenko en 2016. L'authenticité de l'enregistrement n'est pas contestée, la seule question est de savoir où A. Derkach l'a obtenu. De plus, le bureau de Biden a déclaré que l'enregistrement était bien connu auparavant et qu'il apparaît comme une tentative d'ingérence dans l'élection présidentielle américaine. Cependant, nous ne nous intéressons pas tant à Biden qu'à son ukrainien vis-à-vis, Petro Porochenko.

En fait, tout ce que nous avons découvert au cours de la conversation est vrai. Qu'avons-nous découvert exactement ?

Sur ordre de Joe Biden, le procureur général de l'Ukraine V. Shokin a été illégalement démis de ses fonctions et Y. Lutsenko a été nommé nouveau procureur général. En accord avec J. Biden, V. Groysman a été nommé Premier ministre à la place de A. Yatseniuk. À la demande de M. Biden, la Privatbank a été nationalisée. L'un des partis parlementaires en Ukraine, le Samopomosch, a été directement financé et contrôlé par les États-Unis, ce qui constitue une violation flagrante de la Constitution et des lois de l'Ukraine. Le président ukrainien est responsable devant J. Biden de la révocation des ministres du cabinet. 

En général, les conversations enregistrées sont douloureusement embarrassantes pour notre pays, qui, sous la présidence de P. Porochenko, était sous un contrôle extérieur évident. Les activités du père fondateur de l'OCU  schismatique semblent correspondre parfaitement au code pénal ukrainien. C'est exactement comme cela que le bureau du procureur général d'Ukraine a évalué l'histoire, en engageant des poursuites pénales contre Petro Porochenko en vertu des articles "haute trahison" et "abus de pouvoir". Le président actuel V. Zelensky, commentant cette question lors d'une récente conférence de presse, a déclaré : "Vous avez entendu parler du scandale d'hier. Ils ont tellement dirigé le pays que nous attendons maintenant beaucoup d'aventures et de verdicts. Je ne voudrais pas en parler, car c'est de la compétence des forces de l'ordre [...] Ce n'est pas la dernière sonnerie pour les Ukrainiens. [...] Ils vont se pencher sur la question. Ils peuvent la qualifier de trahison, mais c'est aux forces de l'ordre de le faire."

Mais il est vrai qu'ouvrir une affaire criminelle ne signifie pas la mener à son terme. Comme le montre la série de précédents de ces dernières années en Ukraine, les affaires pénales sont ouvertes et fermées non pas en raison de la présence ou de l'absence de corpus delicti, mais en fonction de la volonté des forces politiques et des développements politiques actuels. Quoi qu'il en soit, l'ancien président ne peut plus se laver de la honte publique, car les documents publiés montrent clairement avec quel empressement et quel asservissement il suit la volonté du curateur de l'Ukraine à l'étranger, Joe Biden.

Cependant, le nom de Porochenko est inscrit en lettres d'or dans l'histoire de l'OCU schismatique. Rappelons maintenant le texte du Tomos :

"Ces choses sont donc jugées et déterminées, vous sont joyeusement proclamées par le vénérable Centre de l'Orthodoxie [sic! i, ndt], ayant été ratifiées au synode, tandis que ce Tomos patriarcal et synodal est délivré pour une protection permanente, étant enregistré et signé dans le Code de la Grande Église du Christ à Constantinople, remis en un exemplaire identique et exact à Sa Béatitude Epiphane, Primate de la Très Sainte église d'Ukraine, et à Son Excellence le Président de l'Ukraine, M. Petro Porochenko, pour une vérification permanente et une confirmation permanente."

Nous nous souvenons tous très bien de la manière dont M. Porochenko a présidé le "Conseil d'unification" au cours duquel l'OCU schismatique est née, de la manière dont il a négocié et signé des accords avec le Phanar, nous nous souvenons de son rôle global dans la création d'une nouvelle structure religieuse.

Le fondement, la pierre angulaire de l'Église du Christ est le Christ lui-même. Les églises locales de différents pays ont été fondées avec la participation des grands et glorieux princes et dirigeants : Vladimir en Russie, Siméon et Savva de Serbie, Rostislav en Moravie, etc. Le fondateur de l'Église en tant qu'État dans l'Empire romain est le saint égal des apôtres, Constantin le Grand. Mais jamais le fondateur de l'Église n'avait été un homme condamné pour corruption, trahison de son État et de sa nation, ainsi que pour l'exécution obéissante de la volonté étrangère.

"Votre nom, Monsieur le Président, restera à jamais dans l'histoire du peuple ukrainien et de l'Eglise aux côtés des noms des souverains, nos princes Vladimir le Grand, Yaroslav le Sage, Constantin d'Ostrog et le Hetman Ivan Mazepa", a déclaré Epiphane Doumenko à Petro Porochenko après l'octroi du Tomos. Comparer P. Porochenko avec les saints canonisés de l'Église est un simple blasphème, soyons honnêtes. S'il n'était pas correct de le déclarer auparavant, l'absurdité de telles comparaisons est maintenant évidente pour tout le monde.

L'absurdité de la rhétorique "patriotique" de l'ancien président n'est pas moins évidente. Petro Porochenko, tout au long de son mandat présidentiel, a persisté à fulminer sur la lutte pour l'indépendance de l'Ukraine, bien que les documents publiés indiquent le contraire - en fait, la politique intérieure et étrangère de l'Ukraine était subordonnée à la volonté du "maître blanc" d'outre-mer. Le fait que le bureau de Joe Biden ait déclaré que les conversations enregistrées n'ont rien révélé de nouveau n'est pas étonnant. En effet, ce n'était pas un secret que les nominations et les licenciements de hauts fonctionnaires étaient décidés ou même exécutés sur ordre de l'administration américaine, alors que les tarifs des services publics augmentaient de façon exponentielle à la demande du FMI, etc.

P. Porochenko et Epiphane DOumenko 
lors de la tournée préélectorale du Tomos, 2019

L'OCU schismatique a également été créée de la même manière - par la tromperie, les menaces et les abus physiques. Après que P. Porochenko eut complètement perdu l'élection présidentielle, des détails honteux de la création de l'OCU ont été rendus publics. Il s'est avéré que P. Porochenko et Epiphane Doumenko avaient trompé Philarète Denisenko en lui promettant la direction effective de l'OCU, mais en fait en mettant le "patriarche honoraire" à la retraite de façon déshonorante. Il s'avère que, selon les directives du sommet, les forces de l'ordre ukrainiennes ont bloqué les aéroports afin de ne pas laisser sortir les représentants du Patriarcat de Constantinople du pays lorsque le "Conseil d'unification" s'est arrêté. Inutile de parler de la pression sans précédent exercée sur la hiérarchie de l'Église orthodoxe ukrainienne canonique, des poursuites pénales inventées de toutes pièces contre des prêtres et des supérieurs de l'Eglise ukrainienne canonique, de leurs interrogatoires au Service de sécurité de l'Ukraine et au Bureau du procureur, de la violence des radicaux nationaux contrôlés par les autorités de l'époque. Tout cela s'est fait ouvertement et sans aucun scrupule.

Les représentants de l'administration américaine ont également fait ouvertement campagne pour la création de l'UOC schismatique. Samuel Brownback, le représentant spécial du Département d'État pour les affaires religieuses, et Michael Pompeo, le secrétaire d'État, ont tenu de nombreuses réunions et négociations, faisant pression pour la création puis la reconnaissance de cette organisation religieuse.

Quant à Joe Biden, il a joué un rôle non négligeable dans l'ensemble du processus. Le 18 septembre 2018, trois mois avant le "Conseil d'unification", Biden a accueilli une délégation de l'UOC-KP [du pseudo patriarcat de Kiev, ndt], qui comprenait le futur chef de l'OCU Epiphane et le porte-parole de l'organisation Eustrate Zoria.

Joe Biden et Epiphane Doumenko
 lors de la visite de ce dernieraux États-Unis le 18 septembre 2018

En fait, l'OCU schismatique en tant que telle n'est pas mentionnée dans les conversations téléphoniques de M. Biden et de M. Porochenko, et il n'est pas dit non plus que Joe Biden ait chargé le président ukrainien de l'époque de créer une telle organisation. Mais, premièrement, il n'est pas certain qu'il n'y aura pas d'autres enregistrements de Biden-Porochenko et, deuxièmement, les informations disponibles discréditent sans ambiguïté l'OCU schismatique, puisqu'elles discréditent son père fondateur.

Comme déjà mentionné ci-dessus, l'ouverture d'une procédure pénale contre P. Porochenko ne signifie pas qu'il sera déclaré coupable par le tribunal ukrainien. Et le fait que l'opinion publique ukrainienne et mondiale ait appris avec quelle obéissance les autorités ukrainiennes ont répondu aux souhaits de l'administration américaine ne signifie pas que cette même administration apportera désormais moins de soutien à l'OCU schismatique. Mais la divulgation des conversations téléphoniques exige de la direction de l'OCU qu'elle fasse un choix moral difficile. Epiphane Doumenko et ses collègues doivent maintenant soit se dissocier d'une manière ou d'une autre de Petro Porochenko, qui s'est souillé de honte, soit faire semblant que rien ne s'est passé. Mais l'ouvrier est connu par son travail, dit la sagesse populaire.

Jusqu'à présent, le bilan de l'OCU schismatique prouve que cette structure mérite son père fondateur. Les saisies et les incendies des temples de l'Eglise orthodoxe ukrainienne canonique, les passages à tabac des croyants, les falsifications et les fraudes lors du transfert des communautés orthodoxes à l'OCU schismatique et toutes les autres "nobles" actions parlent plus fort que tout.

Petro Porochenko, Epiphane et le patriarche Bartholomée 
après la signature du Tomos

Il y a un autre côté "affecté" par le scandale Porochenko-Biden, bien que moins important - le patriarche Bartholomée. Au contraire, seule sa réputation peut être endommagée, et seulement partiellement. Nous avons déjà dit que le texte du Tomos, conçu sous le contrôle direct du chef du Phanar, mentionne le nom de Petro Porochenko, bien que cela ne soit pas obligatoire. Le cinquième président de l'Ukraine pouvait difficilement insister sur ce point également ; il s'agissait très probablement d'une initiative personnelle du patriarche Bartholomée. Bien sûr, dans l'histoire de l'Église de Constantinople, un respect particulier, pour ainsi dire, pour le pouvoir séculier est ancré au niveau génétique, puisque même les conciles œcuméniques ont été initiés par les empereurs de Constantinople, à commencer par le saint empereur Constantin.

Mais est-il possible de comparer l'égal des apôtres Constantin et Petro Porochenko, même avec tout le respect dû à ce dernier ? Difficilement.

Néanmoins, ce serait une erreur de supposer qu'après avoir appris le scandale avec Porochenko, le patriarche Bartholomée sera très déçu. Il pourrait probablement connaître certaines qualités personnelles de l'ancien président ukrainien. Il a certainement fait exactement comme il connaissait les opinions de la deuxième personne impliquée dans le scandale - Joseph Biden. Ils se connaissent depuis longtemps.

Joe Biden et le patriarche Bartholomée lors d'une rencontre au Phanar

Le patriarche Bartholomée a rendu visite à M. Biden aux États-Unis, Joe Biden a rencontré le patriarche de Constantinople au Phanar. Pour autant, l'homme politique américain n'a jamais caché ses convictions, qui ne sont en rien conformes au christianisme...

En 2015, le lobbyiste LGBT le plus actif, Joe Biden, a même atteint le point où il a "célébré une cérémonie de mariage" d'un couple homosexuel dans sa maison. En 2019, en raison du soutien de Biden à l'avortement, le prêtre catholique Robert E. Mori a interdit à l'homme politique de participer à la Sainte Communion. Mais les hiérarques de Constantinople ne prêtent pas attention à ces caractéristiques "insignifiantes" de leurs partenaires. Le 27 octobre 2018, l'ancien vice-président américain Joseph Biden, qui a réitéré l'importance de la création de l'OCU schismatique, était parmi les invités à la cérémonie de remise du prix du patriarche Athénagoras dans le domaine des droits de l'homme, au cours de laquelle l'archiprêtre Alexandre Karloutsos du patriarcat de Constantinople a reçu son prix.

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Petro Porochenko et Joe Biden, le patriarche Bartholomée et les représentants de l'OCU schismatique, des politiciens et des moines - d'une part, les personnes impliquées dans l'une des activités humaines les plus "sales" en termes de moralité et, d'autre part, ceux qui devraient prier pour le salut du monde... que peuvent-ils avoir en commun ? Peut-être que les acteurs religieux font sortir les politiciens des profondeurs du péché par leur exploit spirituel ? Peut-être, qu'ils essaient de ramener ces brebis perdues au Christ ?

Jésus-Christ a un jour transformé d'impitoyables collecteurs d'impôts en saints apôtres. Maintenant, nous pouvons plutôt voir le processus inverse : ceux qui prétendent conduire les gens à la sainteté communiquent avec les politiciens dans leur langue ; ils parlent comme des politiciens et agissent comme des politiciens. Et ce processus semble irréversible...


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après