"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mardi 24 mars 2015

Sur l'excellent blog de Maxime!


CATÉCHISME ORTHODOXE : LE 9ème COMMANDEMENT «Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain »

QUE NOUS ORDONNE LE NEUVIÈME COMMANDEMENT?



Le neuvième Commandement (pris à la lettre) nous ordonne de ne pas prêter devant le tribunal de faux témoignage contre notre prochain, lequel en lui attribuant le mal qu’il n’a pas commis, le fait condamner à recevoir une punition injuste.


Mais pris plus généralement il nous recommande d’éviter tout péché de parole tel que le mensonge, la diffamation, la moquerie, la calomnie et la profanation.


Le mensonge transforme les faits et dénomme les ténèbres la lumière.


La diffamation se plaît à disserter sur les défauts des autres.


La moquerie exagère les insuffisances des gens d’une manière comique et est un mélange d'amusement et de mépris.


La calomnie invente et fabrique le mal qui n’existe pas, au détriment du prochain, afin d’atteindre son honneur et de détruire sa réputation.


La profanation lance ses flèches et son sarcasme contre les personnes et les choses sacrées, afin de justifier les propres délits de celui qui les profère.


En tenant en bride notre langue, en lui mettant un mors, nous lui donnons une direction, qui autrement, très souvent, telle une étincelle, met le feu à tout un bois. (Jacques, 1H, 3-5.)


Par la Vérité, nous écartons le mensonge dont les ténèbres sont le symbole et le diable le père, afin de nous permettre de marcher dans la clarté avec Dieu.
Notre Seigneur, dans son Sermon sur la Montagne, prononce des paroles édifiantes contre ceux qui critiquent leurs frères.



(extrait du Catéchisme des Grecs orthodoxes par le Protopresbytre P. Constantin N. Callinicos)
(Voir aussi : Pr 6:16-19 ; 12:22; 16:5 ; Dt 16:22; Is 61:8; Ze 8:17; Mal 2:16; Ex 23:8; Dt 27:25)




ET POUR COMPLÉTER :
Décodage de 25 techniques de désinformation
(source)

Voici quelques techniques courantes utilisées par différents organes de pouvoir – publics ou privés – cherchant à occulter des vérités qui dérangent. Il est utile de garder ces concepts à l’esprit lors de la lecture d’informations relatives à des sujets controversés (ils sont nombreux) … pour autant, règle n°1, que vous sachiez même qu’ils le sont. Faites le test. Vous serez sans doute surpris de constater à quel point ces procédés percolent au travers de nombre de propos tenus par des instances officielles, des « experts » et par extension de nombreux médias.

Technique n°1 : Évitement
Ne pas écouter la controverse, ne pas la voir, ne pas en parler. Si elle n’est pas rapportée, elle n’existe pas et il n’y a pas lieu de s’en occuper.
Technique n°2 : Superficialité
N’aborder la controverse qu’en périphérie, sur des points mineurs voire pittoresques. Éviter soigneusement les points clés de l’argumentation.
Technique n°3 : Indignation
Rejeter le sujet de façon indignée (« jamais une chose pareille ne serait possible »). Jouer sur le sentiment d’incrédulité (« il y aurait eu des fuites », « ça se saurait », …)
Technique n°4 : Rumeur
Considérer la controverse comme une rumeur de plus, sans fondements, quels que soient les arguments présentés.
Technique n°5 : Homme de paille
Présenter la position de son adversaire de façon volontairement erronée, en sélectionnant son argument le plus faible, en amplifiant sa portée puis en le détruisant.
Technique n°6 : Messager
Décrédibiliser le porteur du message. Par extension, associer les opposants à des dénominations impopulaires telles que « excentrique », « extrême-droite », « gauchiste », « terroriste », « conspirationniste », « radical », « fanatique », ou même « blonde » etc…
Technique n°6 bis: Attaque ad hominem
Très appréciée et souvent utilisée. Quitter l’objet de la querelle (indéfendable) et diriger les attaques sur la personne de l’opposant en tenant des propos désobligeants, blessants ou grossiers à son égard. C’est un appel des facultés de l’esprit à celles du corps ou à l’animalité.
Technique n°7 : Biais
Exacerber tous les faits qui pourraient donner à penser que l’opposant opère en dissimulant ses véritables intentions ou est sujet à tout autre forme de biais.
Technique n°8 : Confusion
Quelque soit le niveau de la polémique mais sans y faire référence, confirmer la thèse officielle par un communiqué laconique sur une nouvelle étude favorable et rassurante.
Technique n°9 : Autorité
S’associer à l’autorité (organismes internationaux etc.) et présenter ses arguments avec suffisamment de jargon, de détails techniques et de sources pour les crédibiliser.
Technique n°10 : Innocence
Faire l’innocent. Quelle que soit la solidité des arguments de l’opposant, éviter la discussion en leur contestant toute crédibilité, toute existence de preuves, toute logique ou tout sens. Mélanger le tout pour un maximum d’efficacité.
Technique n°11 : Amalgame
Associer les charges de l’opposant à des charges farfelues facilement réfutables, qu’elles soient antérieures ou le fait d’autres opposants. En y étant associées, les charges subséquentes, quelle que soit leur validité, sont alors beaucoup plus facilement discréditées.
Technique n°12 : Diviser
Diviser pour mieux régner et par extension mettre l’accent sur les différences entre les différents courants des opposants et l’impression de chaos que cela procure.
Technique n°13 : Pseudo-débat
Présenter la version de l’opposant en premier lieu puis démentir par une succession de déclarations issues de sources faisant apparemment autorité.
Technique n°14 : Confession
Admettre avec candeur que des manquements (mineurs) ont été identifiés et que des solutions ont été apportées. Les opposants cependant en ont tiré parti pour gonfler la controverse et tenter de démontrer ce qui n’existe pas.
Technique n°15 : Édulcorer
Utiliser des termes techniques sans contenu émotif pour décrire le problème.
Technique n°16 : Énigme
Les énigmes n’ont pas de solution. Étant donné la multitude des paramètres, des intervenants et de leurs interactions, le sujet est bien trop complexe pour ne pouvoir être jamais résolu. Une technique couramment utilisée pour décourager ceux qui cherchent à suivre…
Technique n°17 : Solution complète
Éviter le problème en exigeant de l’opposant qu’il fournisse une solution complète à la résolution de la controverse.
Technique n° 18 : Omission
Omettre des preuves, des publications ou des témoignages contraires. S’ils n’existent pas, ce ne sont pas des faits, et le sujet ne doit pas être couvert.
Technique n°19 : Sang froid
Amener l’opposant à argumenter dans une position difficile et jouer sur sa perte de sang froid pour le décrédibiliser.
Technique n°20 : Expertise
« You don’t bite de hand that feeds you », disent les Anglais (vous ne mordez pas la main qui vous nourrit). Créer son propre groupe d’experts et le financer directement ou indirectement.
Technique n°21 : Preuve impossible
Ignorer les preuves présentées par l’opposant comme étant non pertinentes et lui demander des preuves inaccessibles, que ce soit matériellement (non disponibles ou soustraites au regard du public), techniquement (années de recherche) ou financièrement.
Technique n° 22 : Déni
Dénier toute crédibilité ou être extrêmement critique vis à vis de publications, de témoignages ou même de propos officiels d’organes de pouvoir, en les désignant comme des « sources non valides » ou « des éléments sortis de leur contexte ».
Technique n°23 : Fausse preuve
Introduire des éléments contradictoires par rapport à l’argument de l’opposant, au besoin en fabriquant de fausses preuves, par exemple sous la forme d’études scientifiques au protocole particulièrement étudié.
Technique n°24 : Grand Jury
Organiser un grand jury ou des états généraux avec tous les atours de la consultation la plus large et la plus ouverte qui soient. Neutraliser ensuite les sujets qui fâchent et présenter le rapport final comme étant l’état du consensus général.
Technique n°25 : Diversion et distraction
Créer l’événement ailleurs pour distraire et écarter l’attention du public.

lundi 23 mars 2015

Prière de saint Païssios l'Athonite


L'amour du starez Païssios pour le monde entier est bien connu. Le staretza aidé toute une série de personnes avant et après sa mort physique. Mais la question est: d'où a-t-il reçu sa capacité à aider les gens et à faire des miracles? Il a reçu cette puissance céleste par ses ferventes prières à Dieu.

La prière suivante (de sa composition) a été donnée à un couvent qui avait demandé au staretz une règle de prière qui pourrait être utilisée par les moniales dans leurs Vigiles. Cette directive a été donnée aux moniales pendant les dernières années de sa vie. L'accent principal de cette prière est son amour profond pour toute l'humanité.

Cette prière peut être utilisée par tout croyant chrétien, car elle englobe tous les problèmes de la vie qui nécessitent nos prières. Même les enfants peuvent la comprendre facilement car elle est exprimée en mots simples. Elle peut aussi être utilisé par les familles lors de leurs prières du soir.


*



*

Notre Seigneur Jésus-Christ,

N'abandonne pas Tes serviteurs qui vivent loin de l'Église. Que Ton amour les 

ramène à Toi.


Seigneur, 

aie pitié de Tes serviteurs qui souffrent du cancer.

de Tes serviteurs qui souffrent de maladies graves ou bénignes.

de Tes serviteurs qui souffrent d'infirmités physiques.

de Tes serviteurs qui souffrent d'infirmités spirituelles.


Seigneur, 

aie pitié de nos dirigeants et incite-les à gouverner avec l'amour chrétien.


Seigneur, 

aie pitié des enfants qui viennent de foyers brisés.

des familles en difficulté et de ceux qui ont divorcé.


Seigneur, 

aie pitié de tous les orphelins du monde, 

de tous ceux qui souffrent de douleurs et d'injustices depuis la perte de leur 

conjoint.


Seigneur, 

aie pitié de tous ceux qui sont en prison, 

de tous les anarchistes, 

de tous les toxicomanes, 

de tous les meurtriers, 

de tous les agresseurs de personnes,

et de tous les voleurs. 

Éclaire ces personnes et aide-les à redresser leur vie.


Seigneur, 

aie pitié de tous ceux qui ont été forcés d'émigrer.

de tous ceux qui voyagent sur les mers, sur terre, dans l'air, et protège-les.


Seigneur, 

aie pitié de notre Église, des évêques, des prêtres et des fidèles de l'Eglise.


Seigneur, 

aie pitié de toutes les communautés monastiques, masculines et féminines, 

des Pères et des Mères spirituelles, et de toutes les confréries du Mont Athos.


Seigneur, 

aie pitié de Tes serviteurs qui se trouvent au milieu de la guerre.

de Tes serviteurs qui sont poursuivis dans les montagnes et les plaines.

de Tes serviteurs qui sont chassés comme des oiseaux de proie.


Seigneur, 

aie pitié de Tes serviteurs qui ont été forcés d'abandonner leurs maisons et 

leurs emplois et se sentent malheureux.


Seigneur, 

ayez pitié des pauvres, des sans-abri et des exilés.


Seigneur, 

aie pitié des nations du monde. Garde-les dans Ton étreinte et enveloppe-les 

dans Ta sainte protection. 

Garde-les à l'abri de tout mal et de toute guerre. 

Garde notre bien-aimée Grèce (patrie du staretz à laquelle on peut substituer notre 

propre patrie) jour et nuit dans Ton étreinte protectrice. 

Etreins-la dans Ta sainte protection, la défendant de tout mal et de toute guerre.


Seigneur,

aie pitié de ceux qui ont été abandonnés et ont souffert d'injustice. 

Aie pitié des familles qui vivent des moments difficiles. Déverse sur elles Ton 

Amour abondant.


Seigneur, 

aie pitié de Tes serviteurs qui souffrent de toutes sortes de problèmes spirituels 

et corporels.


Seigneur, 

aie pitié de ceux qui sont désespérés. Aide-les et accorde-leur la paix.


Seigneur, 

aie pitié de ceux qui ont demandé que nous priions pour eux.


Seigneur,

accorde le repos éternel à tous ceux qui sont partis vers la vie éternelle à

travers les âges.

Amen!

Texte reçu de la Cathédrale 
St. John The Baptist de Washington D.C.
Version française
Claude Lopez-Ginisty

Jean-Claude LARCHET: Recension: Jean Chrysostome, « Trop occupé pour t’occuper de ta vie ? Le guide au quotidien d’un Père de l’Église »



Jean Chrysostome, « Trop occupé pour t’occuper de ta vie ? Le guide au quotidien d’un Père de l’Église ». Textes choisis et présentés par Guillaume Bady, collection « Épiphanie », Éditions du Cerf, Paris, 2015, 214 p.

Ce livre, qui est une anthologie de textes de saint Jean Chrysostome, renouvelle le genre en faisant voir, par ses choix et par ses titres et sous-titres, combien la parole de l’illustre prédicateur du IVe siècle, loin d’être attachée à un contexte géographique, historique, sociologique et culturel qui lui ferait perdre tout rapport avec notre époque et nos conditions d’existence présentes, reste actuelle par sa forme et son contenu, et peut aujourd’hui encore alimenter notre vie spirituelle.

Laissons l’auteur présenter lui-même son travail : « Progression des textes, regroupements et titres proposent ici un parcours qui est comme un chantier de construction en plusieurs étapes. Joyeusement destructrice, la première est iconoclaste et anticonformiste : contre l’hypocrisie religieuse (“Halte au pharisaïsme”), contre les conventions trop humaines (“Dieu se moque des conventions”), contre les idées toutes faites (“Dieu n’est pas celui qu’on croit”). La deuxième déblaie et creuse le terrain: on se débarrasse des faux prétextes (“Nul obstacle pour vivre avec Dieu”) pour laisser la liberté à nu (“Libres comme Dieu”). La troisième pose de nouvelles fondations: l’amour (“Hymne à l’amour”), base de la vie d’une maison (“Un foyer sans foi?”). À partir de là grandit l’édifice : la quatrième fait apparaître le plan d’une Église (“Un peuple imparfait”) qui ne se limite pas à l’église (“Le sacerdoce quotidien des fidèles”). La cinquième dresse des piliers (“Prier, même quand on ne sait pas”) et donne du volume intérieur (“La liturgie, un temps peu ordinaire”). La sixième ouvre des portes (“L’eucharistie du frère”) et des fenêtres (“Le pardon est plus grand que le péché”). La septième, enfin, laisse le toit ouvert sur le ciel (“Un voyage sans fin”) …et le chantier inachevé. Les travaux, on sait quand ça commence… C’est pourquoi, sans respecter les étapes, l’ensemble se prête volontiers aussi à une lecture “à sauts et à gambades”, au gré de l’envie ou de la curiosité. »

Les sous-titres sont plus accrocheurs encore que les titres, quitte à friser parfois la trivialité. Citons-en quelques-uns : « Une vie de péplum et d’Évangile », « Un saint ou une brute? », « Le scandale du siècle », « Une course de chars vers le salut », « Des morceaux de vertu pour les affamés », « Du sel pour l’universel », « Le ras-le-bol du pasteur », « Halte au piston », « Trop occupé pour lire les Écritures? », « Une femme comme maître! », « Laisse l’âne faire le mulet », « Foin du jeunisme », « Dieu est amoureux », « Dieu le Père a-t-il une barbe blanche? », « Une femme libre », « Comment dire “Je t’aime” », « Quelles femmes on trouve chez les chrétiens! », « Le catéchisme, pas l’enfantillage », « Marie, mère possessive », « La mécanique des fluides spirituels », « Éloignez de moi le tapage de vos cantiques (Am 5, 23) », « Une terreur, un insoutenable plaisir », « Diogène, sors de ton tonneau! », « Petit cours d’agronomie spirituelle ».Certains de ces sous-titres sont, en tant que résumés, déjà riches d’enseignement, notamment en réveillant l’intelligence par leur caractère paradoxal ou leur questionnement qui reflètent bien l’esprit évangélique : « Si l’un de vous semble être sage, qu’il devienne fou », « Le temple le plus précieux, c’est ton frère », « Pas de moment inopportun », « Où fuis-tu? », « La croix, une honte? », « Une dette qui enrichit », « Un et un font vingt », « Cessons cette guerre en nous-même », « Des statues vivantes », « La famille suffit-elle ? », « Veux-tu te décharger de tout sur l’Église ? », « Chaque jour est une fête », « Les pieds marchent-ils sans le corps? », « Un seul frère vous manque et tout est dépeuplé », « On ne possède vraiment que ce que l’on donne », « Le pire des malheurs, c’est de faire le mal », « L’ivraie pourrait devenir du bon grain », « Le pardon, un geste de première urgence », « Ce qui est pire que la faute, c’est de s’y maintenir », « Comme l’étincelle au contact de l’océan », « L’espérance ne trompe pas », « Accomplir nous-mêmes ce que nous demandons », « La nature du chrétien est de rayonner »

Il faut féliciter Guillaume Bady – ancien élève de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, agrégé de Lettres classiques, docteur en études grecques, ancien élève titulaire de l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem, et chargé de recherche au CNRS (Institut des « Sources chrétiennes »), qui développe parallèlement une œuvre patrologique très sérieuse – d’avoir pris le risque de s’engager sur cette voie de vulgarisation que la plupart de ses collègues non seulement évitent d’emprunter, mais méprisent.

C’est pourtant l’une des des voies dans lesquelles doit s’engager aujourd’hui la pastorale si elle veut que les Pères n’apparaissent pas comme des écrivains d’un passé révolu ou des sujets d’études spécialisées réservées à une élite, mais bien comme des maîtres à penser et à vivre qui ont, aujourd’hui encore, des choses pertinentes à nous dire dans un langage qui nous est parfaitement accessible.On peut espérer que cette anthologie attrayante incitera ses lecteurs à lire des œuvres plus développées de saint Jean Chrysostome. Ses œuvres complètes, disponibles sur Internet dans une traduction qui n’a pas la rigueur des traductions actuelles, mais souvent beaucoup plus d’élégance qu’elles, offrent de vastes perspectives.
Jean-Claude Larchet

dimanche 22 mars 2015

Père Matthew [Baker]: La cité de Caïn et la cité de Jésus

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Père Matthew

*


Ceci est un des derniers sermons écrit par Père Matthew [Baker] avant que ne se produise son tragique accident.
(Il est né au Ciel après un accident de voiture le 1er Mars 2015, en revenant de l'église) 

**

Deux amours ont formé deux cités: l'amour de soi, atteignant jusqu'au mépris de Dieu, une cité terrestre; et l'amour de Dieu, basé sur le mépris de soi, une cité céleste. (Saint Augustin d'Hippone, La Cité de Dieu, XIV: 28)

Caïn se retira de la présence de l'Éternel, et habita dans la terre de Nod, à l'est d'Eden. Caïn connut sa femme, et elle conçut et enfanta Enoch; et il bâtit une ville, et donna comme nom à la ville, le nom de son fils, Enoch. D'Enoch naquit Irad; Irad était le père de Mehujaël et Mehujaël le père de Metuchaël et Metuchaël le père de Lémec. Et Lémec prit deux femmes; le nom de l'une était Ada, et le nom de l'autre Tsilla. Ada enfanta Jabal; il était le père de ceux qui habitent sous des tentes et avaient du bétail. Le nom de son frère était Jubal; il était le père de tous ceux qui jouent de la harpe et du chalumeau. Tsilla engendra Tubal-Caïn; il fut le facteur de tous les instruments de bronze et de fer. La sœur de Tubal-Caïn était Naama. Lémec dit à ses femmes: "Ada et Tsilla, écoutez ma voix; vous épouses de Lémec, écoutez ce que je dis: J'ai tué un homme pour ma blessure, un enfant pour ma contusion. Si Caïn est vengé sept fois, Lémec le sera septante-sept fois" (Genèse 4: 16-24).

1. Caïn dans sa colère a tué son frère Abel. Il est loin de la Présence du Seigneur, vagabond et fugitif: perdu dans la terre de Nod, terre d'errance." Il est à l'est d'Eden: fixé au point de départ, sans direction. Mais plutôt que d'accepter la promesse de protection du Seigneur  (Genèse 4:15), Cain cherche un lieu de sécurité en dehors de Dieu. Il fonde une ville, et l'appelle "Enoch," ce qui signifie "la discipline,""l'utilisation."  Caïn, fils d'Adam, [est le] premier meurtrier; fondateur de la première ville.

Ceci est l'anti-Eden: une économie, un ordre social, tout cela fait par l'homme. Chassé du Royaume de Dieu, Caïn fonde son propre royaume - un royaume sans Dieu. Avec les descendants de Caïn, Jabal, Jubal, et de Tubal-Caïn, viennent les marques de la civilisation: l'agriculture, les beaux-arts, la technologie (Genèse 4: 20-22). Mais, comme l'histoire de Lémec le montre, ces avantages sont accompagnés par un motif continu de vengeance et de sang (Genèse 4: 23-24).

2. Cette histoire nous indique l'ambiguïté morale et spirituelle profonde - à tout le moins - qui entoure la ville et tout ce qu'elle représente. Toutes les communautés humaines, même celles avec les plus grandes réalisations de la culture humaine, sont défigurées par le péché. Il n'y a pas de civilisation dans l'histoire du monde qui n'ait pas en quelque sorte été construite et entretenue par une fuite loin de Dieu, par l'idolâtrie et la brutalité, l'exploitation et la mise à mort d'autres êtres humains. Cette tendance est confirmée par les deux villes  suivantes mentionnées dans le livre de la Genèse: Babel (Genèse 11) et Sodome (Genèse 13-14; 19).

Même Jérusalem n'échappe pas à cette ambiguïté. Jérusalem est "belle" (Cantique des Cantiques 6: 4), mais seulement dans le futur. Les prophètes prophétisent le grand jour où Jérusalem sera sainte (Joël 3:17), où Dieu habitera en elle et où elle sera appelée "une ville de vérité" (Zacharie 8:3). Mais en attendant, elle est remplie d'injustice, ayant "gravement péché" (Lamentations 1:8). Elle est appelée sœur de Sodome (Ezéchiel 16: 46-47), même Sodome (Esther 1:10; Jérémie 23:14; Apocalypse 1:18), la ville "qui tue les prophètes" (Matthieu 23:37). Et quand le Seigneur vient finalement habiter en elle, Il est rejeté, conduit devant les portes comme un bouc émissaire (Hébreux 13:12) pour être crucifié.

3. Comme hommes mortels, nés hors du Paradis, nous connaissons bien la ville de Caïn: la ville de l'homme sans Dieu, la Sodome et la Babylone qui nous entourent (Apocalypse 17:15). Nous sommes familiers, aussi, du péché de Jérusalem, le "double sombre" de l'Eglise qui ombre son histoire: l'abus des choses saintes au préjudice du peuple de Dieu (Jérémie 23: 1); le pourvoyeur de mensonges et de fausses visions au Nom de Dieu (Jérémie 2:8; 4:14; 6:14; 23: 16-17).

En tant que disciples de Jésus-Christ, notre tâche, cependant, n'est pas de fuir cette ville sombre, mais d'être Ses témoins en son sein. Pendant le Carême, nous nous préparons à ce moment-là lorsque nous allons suivre le Seigneur dans la ville, pour cette heure où il nous dira: "Voici que nous montons à Jérusalem; et le Fils de l'homme sera livré aux chefs sacrificateurs et aux scribes, et ils Le condamneront à mort et Le livreront aux païens; et ils vont se moquer de Lui, Le fouetter, et Le tuer; et après trois jours Il ressuscitera" (Marc 10: 33-34).

Et après trois jours, Il ressuscitera. Dans ces mots jaillit la substance de toute notre espérance, car en eux se dresse la promesse d'une fin à la ville de Caïn, voire à toute la tragédie de l'histoire. En cette saison de repentance, il nous est rappelé que "nous n'avons pas ici de cité permanente" (Hébreux 13:14). Nous luttons plus fortement pour répondre un "non" retentissant à cette offre alléchante pour laquelle Caïn est tombé: le pouvoir et l'autorité, les royaumes de ce monde, en échange du culte du Diable (Luc 4: 5-7). Nous pouvons le faire parce que nous savons que, dans la Croix et la Résurrection de Jésus, la ville de Caïn a déjà eu son jugement: déjà le "prince de ce monde", qui était "meurtrier dès le commencement, "est "chassé" (Jean 12, 31-32; Jean 8:44).

4. La ville de Caïn, le royaume de Satan, ne peut pas subsister (Matthieu 12: 25-26). Mais notre fin se trouve pas dans une fuite de l'histoire, une évasion de la ville. Car si l'histoire de l'Écriture, qui est Notre Histoire, a commencé par un jardin, nous savons que cela finira, non pas par un jardin, mais par une ville: la ville sainte elle-même, la nouvelle Jérusalem, "descendue du ciel d'auprès de Dieu, préparée comme une épouse parée pour son époux" (Apocalypse 21: 2), et au milieu d'elle, l'Arbre de Vie (Apocalypse 22: 2).

Et tout comme dans l'Exode dans la terre promise, le peuple d'Israël emporta avec lui les dépouilles de l'Egypte (Exode 3: 21-22), l'argent et l'or se sont réunis à la terre de leur affliction, donc de même dans cette ville sainte "les rois de la terre apporteront leur gloire" (Ap 21:24): "tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui est bon, tout ce qui est excellent, tout ce qui est digne de louange"(Philippiens 4: 8) - toutes ces choses de beauté et de créativité authentiques qui ont été faites ou accomplies dans la ville de l'homme, se trouveront d'une certaine façon dans cette nouvelle Jérusalem, ville du Dieu vivant. La polis [ville] humaine et tout ce qu'elle représente - l'histoire humaine, la culture humaine - n'est pas seulement jugée; elle est également purifiée et sanctifiée, rachetée, maintenant "dans l'espérance" (Romains 8:24; cf. 8:25).

"Qu'est-ce qui passera de l'Histoire dans l'Eternité?" Demanda le Père Georges Florovsky, de bienheureuse mémoire. "La personne humaine avec toutes ses relations, telles que l'amitié et l'amour. Et dans ce sens aussi la culture, car une personne sans face culturelle concrète, serait un simple fragment d'humanité ".

5. En vérité, "la pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle, et c'est un prodige à nos yeux" (Matthieu 21:42). Par Sa souffrance et Sa mort aux mains de la ville, et par Sa résurrection, Jésus-Christ a non seulement défait la tentative de l'homme de fonder une ville sans Dieu; Il est aussi devenu, en lui-même, le début d'une nouvelle polis [ville] - une nouvelle communauté humaine.

La ville de Caïn a été fondée sur le sang d'Abel, criant vengeance depuis la terre (Genèse 4:10). Mais la ville que nous attendons, la ville du Dieu vivant, est fondée sur un "Sang qui est plus éloquent que le sang d'Abel" (Cf. Hébreux 12: 22-24), disant une parole, non pas de vengeance, mais de pardon et de résurrection. Caïn est vengé sept fois; la vengeance de sa ville est amplifiée par génération; son descendant Lémec est vengé septante-sept fois (Genèse 4:24). L'entrée dans la ville de Dieu, nous dit Jésus-Christ, est rachetée par la miséricorde, le pardon des dettes "septante fois sept fois" (Matthieu 18:22; cf. 18: 23-34).

De cette ville à venir, nous sommes des citoyens,  ce Sang nous y participons quand nous nous réunissons ensemble dans l'Amour par l'Eucharistie. Et bien que le monde ne le sache pas, c'est cette ville qui maintient le monde, comme l'âme maintient le corps (Épître à Diognète, 6). 

Dans l'Eucharistie de l'Église, nous "goûtons et voyons" déjà - comme dans une icône, voilée sous les signes - le futur glorieux que le Seigneur a préparé pour Sa création (Psaume 34 8). 

Aimons-nous donc les uns les autres, et cherchant "cette ville qui est à venir" (Hébreux 13:14), recevons-Le dans nos cœurs, avec la prière de l'Esprit et de l'Epouse: "Viens, Seigneur Jésus!" ( Apocalypse 22:20).

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

*

Père Matthew et sa belle petite famille

***

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX



9/22 mars
4ème dimanche de Carême

Quarante martyrs de Sébaste : Acace, Aetius, Alexandre, Angius, Athanase, Candide, Claude, Cyrille, Dométien, Domnus, Ecdikos, Elie, Eunique, Eutychès, Flavius, Gaïus, Gorgon, Hélien, Héraclius, Hésychius, Jean, Léonce, Lésimaque, Mélèce, Méliton, Nicolas, Philoctémon, Prisque, Quirin, Sacerdos, Sévérien, Sisinius, Smaragde, Théodule, Théophile, Valens, Valère, Vivien, Xanthe et Augias (vers 320) saint Urpasien, martyr à Nicomédie (vers 295) ; saint Césaire, frère de saint Grégoire le Théologien (369) ; saint juste Taraise ; saints hiéromartyrs Michel, Alexis, Démètre, Serge, Serge, prêtres et Nicolas, diacre ; saint hosiomartyr Joseph et saintes hosiomartyres Nathalie et Alexandra (1938).

En raison de la mémoire des Quarante martyrs, l’office de saint Jean Climaque, auquel est dédié le 4ème dimanche de Carême, est anticipé aux Grandes Complies du vendredi précédent.
Liturgie de saint Basile le Grand

Lectures :    Hébr. VI, 13-20; Hébr. XII, 1-10 / Мc. IX, 17-31 ; Matth. XX, 1-16

VIE DES SAINTS QUARANTE MARTYRS DE SÉBASTE[1]
L
orsque le cruel Licinius (308-323 rompit avec saint Constantin, il publia des édits contre les chrétiens et envoya dans toutes ses provinces des magistrats chargés de mettre à mort ceux d’entre eux qui ne voulaient pas se soumettre. Le gouverneur désigné pour la Cappadoce et la Petite Arménie, Agricolaos, était l’un des plus zélés exécutants des édits de persécution et il avait convoqué dans la ville de Sébaste la légion impériale, dite fulminante, dirigée par le duc Lysias. Quarante soldats de cette légion, hommes jeunes, braves et appréciés pour leurs services, refusèrent alors de sacrifier aux idoles de l’Empire et se déclarèrent chrétiens. Unis comme un seul homme nouveau par la foi et la charité, ils se présentèrent un à un devant le gouverneur, et déclinèrent leur véritable identité, en disant : « Je suis chrétien ! » Agricolaos essaya d’abord de les gagner par la douceur, en vantant leurs actions d’éclat et en leur promettant avantages et faveurs de la part de l’empereur s’ils se soumettaient à son ordre. Les saints lui répondirent par la voix de l’un d’entre eux : « Si nous avons vaillamment combattu, comme tu le dis, pour l’empereur de la terre, avec combien plus d’ardeur nous faut-il maintenant engager le combat par amour pour le Souverain de l’univers. Car il n’y a pour nous qu’une vie : la mort pour le Christ. » Jetés en prison dans l’attente d’une nouvelle comparution, ils tombèrent à genoux, en priant le Seigneur de les garder dans la vraie foi et de les fortifier dans le combat. Comme ils passaient la nuit en chantant des Psaumes, le Christ leur apparut et leur dit : « Vous avez bien commencé, mais la couronne ne sera accordée qu’à celui qui persévérera jusqu’au bout ! » Le lendemain matin, le gouverneur les fit comparaître de nouveau et recommença ses flatteries, mais l’un des saints martyrs, Candide, dénonça ouvertement sa douceur hypocrite, déclenchant ainsi la colère du tyran. Toutefois, ne pouvant rien contre eux tant que leur général, le duc Lysias, ne les avait pas jugés, Agricolaos les fit remettre en prison. Au bout de sept jours, Lysias étant arrivé à Sébaste, on les conduisit devant lui. En chemin, Quirion encourageait ses compagnons en leur disant : « Nous avons trois ennemis : le diable, Lysias et le gouverneur. Que peuvent-ils contre nous qui sommes quarante soldats de Jésus-Christ ? » Quand il les vit si fermes et si résolus, Lysias ordonna aux autres soldats de leur briser les dents à coups de pierres. Mais dès que ces derniers se précipitèrent, ils furent aveuglés par une puissance divine et, dans la confusion, ils se frappaient les uns les autres. Lysias, pris de colère, saisit alors une pierre et voulut la lancer sur les saints, mais celle-ci alla frapper le gouverneur en le blessant grièvement. On les remit en prison pour la nuit, en attendant de prendre une décision sur le genre de supplice qu’il fallait leur appliquer. Le gouverneur ordonna alors de les dépouiller de leurs vêtements et de les laisser nus sur le lac gelé, qui se trouvait à peu de distance de la ville, afin qu’ils périssent dans d’horribles souffrances causées par le froid. Pour compléter le supplice, il imagina de présenter sous leurs yeux, comme ultime tentation, le remède à leurs peines, et fit préparer sur le bord du lac un bain d’eau chaude, afin que celui qui abandonnerait le combat, vaincu par la rigueur du froid, y trouvât de quoi se soulager. Dès qu’ils entendirent la sentence, les saints rivalisèrent à qui se dépouillerait le premier de ses vêtements, disant : « En déposant ces vêtements, rejetons aussi le vieil homme ! Puisque par la tromperie du Serpent, nous avons revêtu jadis les tuniques de peau, dépouillons-nous aujourd’hui pour obtenir le Paradis que nous avons perdu ! Que rendre au Seigneur pour ce qu’Il a souffert pour notre Salut ? Les soldats l’ont autrefois mis à nu, dépouillons-nous maintenant de nos vêtements pour que tout l’ordre militaire obtienne le pardon ! Le froid est rigoureux, mais le Paradis est doux ! Prenons donc patience pour un court instant, afin d’être réchauffés dans le sein d’Abraham. Achetons la joie éternelle au prix d’une courte nuit de tourments ! Puisque de toute manière ce corps corruptible doit mourir, acceptons maintenant de mourir volontairement afin de vivre éternellement ! Reçois, Seigneur, cet holocauste que le froid et non le feu va consumer ! ». C’est en s’encourageant ainsi mutuellement que les quarante saints s’avancèrent comme un seul homme sur la glace, sans autre lien que leur propre volonté, et pendant toute la nuit ils endurèrent la morsure cruelle du vent glacial, en priant le Seigneur pour sortir victorieux de cet ultime combats, sans qu’il en manquât un seul à ce nombre sacré de quarante, symbole de plénitude. Comme la nuit avançait et que leurs corps commençaient à se durcir et leur sang à ralentir sa circulation en leur provoquant une insupportable souffrance au cœur, l’un d’entre eux, vaincu par la douleur, quitta le lac et se précipita vers le bain surchauffé. Mais la soudaine différence de température le fit mourir presque aussitôt, privé de la couronne de la victoire. Les trente-neuf autres, navrés de la perte de leur compagnon, redoublèrent leur prière, et soudain une grande clarté vint percer le ciel et s’arrêta au-dessus du lac en réchauffant les saints martyrs, et des anges descendirent pour poser sur leurs têtes trente-neuf couronnes resplendissantes. Devant cette merveille, un des gardes, nommé Aglaïos, qui se réchauffait près du bain, eut soudain la conscience illuminée par la foi. Constatant qu’une quarantième couronne restait suspendue en l’air, semblant attendre que quelqu’un vînt compléter le nombre des élus, il réveilla ses compagnons d’armes, leur jeta ses vêtements et il s’avança avec empressement sur la glace pour rejoindre les martyrs, criant que lui aussi était chrétien. Lorsque, le lendemain matin, Agricolaos apprit l’événement, il ordonna de tirer les saints hors du lac et de les achever en leur rompant les jambes, puis d’aller jeter leurs corps au feu afin qu’il ne restât aucune trace de leur glorieux combat. Comme on les traînait vers l’ultime supplice, les glorieux martyrs chantaient : Nous avons passé par le feu et par l’eau, mais Tu nous en as tirés, Seigneur, pour nous procurer le rafraîchissement ! (Ps 65, 12). Après avoir exécuté leur besogne, les bourreaux chargèrent les corps des saints sur un chariot pour les conduire au bûcher. Ils s’aperçurent alors que le plus jeune d’entre eux, Méliton, était encore vivant et le laissèrent, dans l’espoir de le convaincre finalement à renier sa foi. Mais sa mère, qui avait assisté au spectacle, vint prendre son enfant dans ses bras et le déposa elle-même sur le chariot avec les autres corps, l’implorant à ne pas rester privé de la couronne. Et, sans répandre une larme, elle accompagna le chariot jusqu’au bûcher, le visage rempli de joie. Suivant les ordres du gouverneur, les soldats dispersèrent les cendres des martyrs et jetèrent leurs ossements dans le fleuve ; mais, au bout de trois jours, les saints apparurent en vision à l’évêque de Sébaste, Pierre, et lui indiquèrent l’endroit du fleuve où ils étaient retenus pour être vénérés par les fidèles. Par la suite les reliques des Quarante Martyrs furent distribuées dans de nombreux lieux, et leur culte se répandit, principalement grâce à la famille de saint Basile, qui leur portait une grande dévotion. La nuit qui précéda leur martyr, les saints dictèrent leur Testament, sous forme d’exhortation, à un jeune esclave, Eunoïcos, qui fut témoin de leurs combats et put échapper aux persécuteurs. Il transmit cet admirable texte à la postérité et prit soin, par la suite, du sanctuaire où étaient déposées leurs reliques. C’est dans ce Testament qu’on peut trouver les noms des Quarante martyrs.
Tropaire du dimanche du 8ème ton
Съ высоты́ снизше́лъ еси́, Благоyтбне, погребе́нiе прiя́лъ ecи́ тридне́вное, да на́съ свободи́ши страсте́й, животе́ и воскресе́нiе на́ше, Го́споди, сла́ва Teбѣ́ !
Des hauteurs, Tu es descendu, ô Miséricordieux ! Tu as accepté d’être enseveli trois jours afin de nous libérer des passions : ô notre Vie et notre Résurrection, Seigneur, gloire à Toi !
Tropaire des saints 40 martyrs, ton 1
Болѣ́зньми святы́хъ, и́миже о Тебѣ́ пострада́ша, умоле́нъ бу́ди, Го́споди, и вся́ на́ша болѣ́зни исцѣли́, Человѣколю́бче, мо́лимся.
Par les souffrances que les Saints endurèrent pour Toi laisse-Toi fléchir, ô Seigneur ;  guéris toutes nos douleurs,  Seigneur Ami des hommes, nous t'en prions.
Autre tropaire, ton 1
Страстоте́рпцы всечестнíи, во́ини Христо́вы четы́редесяте, тве́рдіи ору́жницы, сквозѣ́ бо о́гнь и во́ду проидо́сте и а́нгеломъ согра́ждане бы́сте, съ ни́миже моли́теся Христу́ о и́же вѣ́рою хва́лящихъ ва́съ. Сла́ва Да́вшему ва́мъ крѣ́пость, сла́ва Вѣнча́вшему ва́съ, сла́ва Подава́ющему ва́ми всѣ́мъ исцѣле́нія.
Très vénérables martyrs, vous les quarante soldats du Christ, valeureux hommes d'armes, étant passés par le feu et l'eau êtes devenus concitoyens des anges ; priez avec eux le Christ pour ceux qui avec foi vous louent. Gloire à Celui qui vous a donné la force, à gloire à Celui qui vous a couronnés, gloire à Celui qui donne à tous, par vous, la guérison.
Kondakion des saints 40 martyrs, ton 6
Все́ во́инство мíра оста́вльше, на небесѣ́хъ Влады́цѣ прилѣпи́стеся, страстоте́рпцы Госпо́дни четы́ре-десять, сквозѣ́ о́гнь бо и во́ду проше́дше, блаже́нніи, досто́йно воспрія́сте сла́ву съ небе́съ и вѣнце́въ мно́жество.
Ayant laissé à ce monde toute armée, vous vous êtes attachés au Maître des cieux, vous les Quarante Martyrs, car étant passés par le feu et par l'eau, vous avez reçu, Bienheureux, la gloire céleste et les couronnes méritées.
Kondakion du dimanche, ton 8
Воскpécъ изъ гро́ба, уме́ршыя воздви́глъ ecи́ и Aда́ма воскреси́лъ ecи́, и Éва лику́етъ вo Tвое́мъ воскре-се́нiи, и мipcтíи концы́ торжеству́ютъ е́же изъ ме́ртвыхъ воста́нieмъ Tвои́мъ Mногоми́лостивe.
Ressuscité du tombeau, Tu as relevé les morts et ressuscité Adam ; Ève aussi exulte en Ta Résurrection, et les confins du monde célèbrent Ton réveil d’entre les morts, ô Très-miséricordieux !
Au lieu de « Il est digne en vérité... », ton 8
О Teбѣ́  páдуeтся, Благода́тная, вся́кая твápь, Áнгельскій coбópъ и человѣ́ческiй póдъ, ocвяще́нный xpáме и paю́ слове́сный, дѣ́вственнaя пoxвaлó, изъ Heя́же Бо́гъ воплоти́cя, и Mладе́нецъ бы́́сть, пpéжде вѣ́къ сы́й Бо́гъ  нáшъ; Ложесна́ бо Tвоя́ пpecто́лъ coтвopи́, и чpéво Tвое́ простра́ннѣe небécъ coдѣ́лa. О Teбѣ́ páдуeтся Благода́тная, вся́кая твápь, cлáва Teбѣ́.
En Toi se réjouissent ô Pleine de Grâce, toute la création, le chœur des anges et le genre humain. Ô Temple sanctifié, ô paradis spirituel, ô Gloire virginale, c’est en Toi que Dieu s’est incarné, en Toi qu’est devenu petit enfant Celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. De Ton sein, Il a fait un trône plus vaste que les cieux. Ô Pleine de Grâce, toute la création se réjouit en Toi. Gloire à Toi.
LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Jn. XX, 19-31
Liturgie : Hébr. IX, 11-14 / Мc. X, 32-45 


[1] Tiré du Synaxaire du P. Macaire de Simonos Petras (version abrégée).