"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

vendredi 26 octobre 2012

Son Eminence le Novice ( Vladyka Basile [Rodzyanko]) (14)



Bishop Basil (Rodzyanko). Photo by Yu. Kaver


Patriarch Alexiy II and Bishop Basil (Rodzyanko)
Vladyka Basile avec le Patriarche Alexis II

De quoi puis-je encore me souvenir à propos de l'évêque? D'une certaine manière, chacune de ses visites coïncidait toujours avec un événement extraordinaire: l'anniversaire de mille ans de la conversion de la Russie au christianisme, la venue du Feu Sacré de Jérusalem en Russie pour la première fois, le premier office commémoratif pour la famille impériale martyrisée, le premier programme religieux sur la chaîne de télévision centrale. Mais, comme l'évêque lui-même se plaisait à le dire: "Dès que je cesse de prier, les coïncidences étonnantes cessent d'arriver"
La visite de l'évêque de Moscou durant l'été de 1991 n'a pas fait exception. Il était venu dans le cadre d'une importante délégation des États-Unis assister à la première réunion mondiale des communautés russophones. Les représentants de la communauté émigrée russe de nombreux pays et de toutes obédiences politiques différentes avaient été officiellement invités à Moscou pour la première fois. Le gouvernement avait prévu cette rencontre pour marquer une nouvelle étape dans le développement de la Russie post-communiste.
Un grand nombre de personnes arrivèrent. Il y avait divers émigrés qui avaient toujours décidé de ne rien avoir du tout à voir avec l'Union soviétique. Il y avait des soi-disant «gardes blancs» qui ne croyaient jamais que quoi que ce soit de bon, serait susceptible de sortir de la terre des Soviétiques, et il y avait même certains représentants de l'armée russe de libération de Vlassov, célèbre pour s'être allié avec Hitler contre l'Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale, et impitoyablement punis pour cela après la guerre. Comment quelqu'un avait convaincu ces gens d'assister à cette rencontre, reste un mystère pour moi! Peut-être que, malgré tout, leur patrie leur manquait vraiment.
L'Hôtel Intourist était complet à craquer. Diverses émigrés et leurs familles erraient autour de Moscou, en regardant la ville et les visages des gens. Ils étaient tous dans l'étonnement de voir comment tout le monde était intéressé à les rencontrer. Ce qui les étonnait encore plus étaient les grands espoirs, dans certains cas, ceux-ci s'élevant au niveau de fantasmes débridés, avec lesquels ils étaient reçus. A l'époque il n'y avait pas de pénurie d'âmes de bonnes intentions qui croyaient vraiment dans le mythe que "nous serons aidés de l'étranger." Sur ce point, je tiens à dire que si quelqu'un, au nom de la communauté émigrée russe a vraiment contribué à la renaissance spirituelle de Russie, non seulement en paroles mais en actes, c'est Basile l'évêque en retraite toujours modeste, ainsi que plusieurs ouvriers de la communauté des émigrés infatigables -évêques, prêtres et laïcs.
L'événement principal de la première réunion mondiale des communautés russophones fut la Divine Liturgie dans la cathédrale de la Dormition au Kremlin de Moscou. Après de longues décennies où l'office de la Divine Liturgie dans les cathédrales du Kremlin avait été interdit, un service fut organisé et présidé par Sa Sainteté le Patriarche Alexis II. Vladyka Basile assista également le patriarche lors de ces services. Malheureusement, une semaine avant de s'envoler pour Moscou, il s'était cassé la jambe dans sa maison de Washington. Mais il ne pouvait pas manquer un tel événement, et ainsi, avec sa jambe dans le plâtre, et sautillant bizarrement sur des béquilles, il tint debout pendant l'ensemble du service, ainsi que durant tous les événements, à peine capable de rattraper la foule d'émigrés russes qui se déplaçait d'un endroit à l'autre.
Puis, tôt le matin du 19 Août 1991, jour de la Transfiguration de Notre-Seigneur, les autobus bondés de plusieurs dizaines d'émigrés russes de tous les continents partirent de l'Hôtel Intourist. Ces bus amenaient les touristes à la Tour Kutafyev du Kremlin. Avec des larmes dans les yeux, croyant à peine ce qui se passait, ils traversèrent les portes du Kremlin pour aller à la cathédrale de la Dormition, où Sa Sainteté le Patriarche Alexis II avec tous ses évêques (y compris l'évêque Basile, clopinant sur des béquilles) commença la Divine Liturgie.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Archimandrite Tikhon

Haïjin Pravoslave (252)


Des choses du Ciel
Ne parle pas vainement
Vieil homme incrédule

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Le dernier village au monde où l'on parle la langue que parlait Jésus


jeudi 25 octobre 2012

Son Eminence le Novice ( Vladyka Basile [Rodzyanko]) (13)

Bishop Basil (Rodzyanko). Photo by Yu. Kaver

Bishop Basil (Rodzyanko) in Pochaev. Photo by Archimandrite Tikhon
Vladyka Basile à Potchaev

Même si l'évêque ne l'avait jamais dit à haute voix, son rêve le plus cher avait toujours été de servir la Russie et l'Eglise Orthodoxe russe. Il avait été élevé de cette façon. Un jour nous avons pu faire des arrangements avec le Canal 1, la station de télévision centrale, pour enregistrer une série d'émissions-débats à propos de Dieu et de l'Eglise, des saints vénérés de jadis, et des nouveaux martyrs de Russie, à propos de la Diaspora Russe, et du sort de la Russie elle-même.
Vladyka Basile ne se sentait pas bien, mais il a couru à Moscou et a travaillé jour et nuit de toute sa force décilante sur ces émissions. Celles-ci se sont avérées être les premières discussions sur ces thèmes qui n'avaient encore jamais été montrées sur ce qui était alors encore la télévision soviétique. Ces programmes provoquèrent un immense intérêt auprès de leurs téléspectateurs et furent répétés plusieurs fois. Partout où l'évêque est apparu plus tard, les gens venaient à lui pour exprimer leur gratitude pour avoir trouvé la foi grâce à ses programmes. Pour l'évêque ces paroles étaient sa récompense la plus grande.
Une grande partie de l'histoire ecclésiastique du XXe siècle nous fut révélée d'une toute nouvelle façon par l'évêque Basile. D'une certaine manière à un moment donné une discussion commença sur ce qui était alors un thème populaire-les autorités ecclésiastiques sous le régime soviétique. Certains des intervenants étaient très amers dans leur condamnation de leur mentalité collaborationniste, exprimant par là des sentiments non seulement douloureux, mais hostiles d'une manière envenimée envers eux. L'évêque écouta les arguments en silence. Lorsque ces juges intrépides des évêques russes du passé firent appel à lui pour appuyer leur position, qu'ils considéraient comme une évidence, l'évêque leur raconta simplement une histoire:
Au début des années 1960, quand il n'était encore qu'un prêtre nommé père Wladimir, il reçut la visite dans son appartement à Londres du Métropolite Nicodème, président du département des relations extérieures de l'Eglise Orthodoxe russe. Pour se parler, ils eurent effectivement besoin de s'allonger sur le sol, de sorte que les agents des services secrets qui suivaient le Métropolite Nicodème, et ne le laissaient jamais seul, ne soient pas en mesure d'enregistrer leur conversation à travers les fenêtres.

Gisant sur le sol, et chuchotant aussi doucement qu'il le pouvait, Nicodème dit au père Wladimir que les autorités soviétiques avaient prévu en ces jours de fermer l'ancien monastère de Potchaev (monastère orthodoxe le plus important en Ukraine occidentale). La hiérarchie de l'Eglise dans la patrie avait déjà épuisé toutes ses possibilités pour empêcher que cela se produise. Nicodème pria donc le Père Vladimir d'organiser des émissions spéciales sur la radio de la BBC et de la Voix de l'Amérique pour faire pression sur le gouvernement soviétique pour ne pas qu'il élimine le monastère de Potchaev. Tous deux, le Métropolite Nicodème et le père Wladimir parfaitement comprirent quel risque le Métropolite prenait en faisant appel au Père Wladimir pour une telle requête.
Mais le lendemain, le thème de la menace pesant sur le monastère de Potchaev fut le sujet principal des émissions religieuses de la BBC et de la Voix de l'Amérique. Des milliers de lettres de protestation de partout dans le monde furent envoyées, adressées au gouvernement soviétique. Tout cela eut peut-être une influence décisive sur les autorités pour les faire changer d'avis et de permettre à nouveau au monastère de Potchaev de poursuivre ses activités.
En 1990, l'évêque Basile et moi avons eu la chance de visiter enfin Monastère de Potchaev. C'était sa première fois. Il servit la Divine Liturgie et put rencontrer toutes les personnes qui avec lui avaient participé aux événements dramatiques qui avaient eu lieu trente ans auparavant.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Archimandrite Tikhon

Haïjin Pravoslave (251)


Cierges et encens
Lumière et parfums suaves
Le Royaume est là

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mercredi 24 octobre 2012

Son Eminence le Novice ( Vladyka Basile [Rodzyanko]) (12)


Bishop Basil (Rodzyanko). Photo by Yu. Kaver

Bishop Basil carrying the Holy Fire.

Vladyka avec le Feu de Jérusalem à Moscou



L'une des participantes à notre pèlerinage était censée être Maria Guéorguievna Joukova, fille du général Joukov, commandant des forces soviétiques durant la Seconde Guerre Mondiale, mais tout à coup, le soir avant notre départz, elle tomba malade...




Nous avons dû de toute urgence trouver quelqu'un qui pourrait voyager à sa place. Pour compliquer les choses encore plus, le problème était qu'il serait impossible en si peu de temps d'organiser des visas pour un si grand nombre de pays. Et puis encore une fois nous nous souvenions de l'évêque Basile, qui venait d'arriver à Moscou le jour même.
À notre grande honte, nous n'avons pas pensé au fait que l'évêque avait déjà dépassé soixante-dix ans et qu'il pourrait ne pas être si facile pour lui de vivre pendant un mois dans un bus, sans parler du fait qu'il avait toutes sortes de choses à faire à Moscou L'essentiel pour nous était que l'évêque, comme toujours, soit d'accord. La deuxième chose, c'est que la question des visas serait résolue par lui-même: l'évêque était citoyen de Grande-Bretagne, et avec son passeport, il n'avait pas besoin de visa pour tous les pays que nous visiterions.
Et ce qui ne gâchait rien, avec la participation de Vladyka Basile, notre pèlerinage avait acquis un guide spirituel, du genre dont nous ne pouvions que rêver. Nous avons même regretté de n'avoir pas pensé à lui plus tôt. En plus de toutes les autres bonnes choses le concernant, l'évêque, à la différence de nombreux autres participants de notre pèlerinage, parlait couramment l'anglais, l'allemand et le français, le serbe, le grec, le bulgare, et suffisament de roumain.
Et ainsi Sa Sainteté le Patriarche Alexis II le bénit pour être le chef de notre groupe de pèlerinage, ce qui remplit le cœur de notre évêque de joie pour ce sentiment de responsabilité extraordinaire. Par ailleurs, grâce à Dieu, la santé de l'évêque demeura bonne tout au long du voyage. L'un des nos participants, Alexandre Nikolaïevitch Kroutov, panserait les jambes endolories de l'évêque tous les jours, et s'assurerait qu'il n'oublierait pas de prendre ses médicaments. Bref, comme l'évêque Basile le dit lui-même, Alexandre prit soin de lui comme une mère dévouée.
Je me souviens comment alors, avant notre voyage, il nous a aidé à faire nos bagages et à nous préparer, et avec quel soulagement nous avons commencé notre long voyage. Tous nos problèmes avaient été résolus!

Les problèmes recommencèrent dès qu'il fallait que nos pèlerins traversent le contrôle des frontières d'un pays. Notre délégation était censée traverser le contrôle des frontières exactement en conformité avec la liste qui avait été donnée à ces autorités en visa de groupe. Sur cette liste était Maria Guéorguievna Zhukova. Mais il y avait maintenant l'évêque Basile (Rodzianko) pour prendre sa place.
Les premiers problèmes ont commencé quand nous sommes arrivés en Israël, terre célèbre pour sa rigueur scrupuleuse dans toutes les questions de sécurité, de contrôle des frontières et les questions douanières. Les services de sécurité israéliens à l'aéroport ont immédiatement demandé à ce groupe atypique de Russes de se mettre de côté et ils ont commencé à nous appeler chacun par son nom. Il n'y eut pas de problème avec les premiers noms dans le visa de groupe, comme l'archimandrite Pancrace, l'archimandrite Serge, et Alexandre Nikolaïevitch Kroutov. Mais alors, quand ils ont appelé le nom de Maria Guéorguievna Joukova, tout à coup, à sa place,  ils ont vu l'évêque Basile, qui a poliment souri à l'agent des frontières israélien et s'est incliné devant lui.
"Attendez une minute!" L'agent était troublé. "J'ai appelé Maria Guéorguievna Joukova."
"Maria Guéorguievna Joukova, c'est moi", a déclaré l'évêque Basile naïvement.
"Que voulez-vous dire qu'elle est vous?" L'agent était ennuyé. "D'où êtes-vous finalement?"
"Moi? Je suis Basile, évêque russe."
"Maria Guéorguievna Joukova est un évêque russe? Écoutez, ce n'est pas un endroit pour plaisanter! Quel est votre vrai nom?"
"Vous voulez dire sur mon passeport? Ou-?"
"Bien sûr, votre nom sur votre passeport!" grogna l'agent.
"Mon nom sur mon passeport est Wladimir Rodzianko."
"Maria Joukova, évêque Basile, et maintenant Wladimir Rodzianko! Où êtes-vous fait?"
"En fait, je vis en Amérique," a commencé à dire l'évêque. Nous pouvons tout vous expliquer!"
D'autres membres de la délégation ont essayé d'aider. Mais l'agent des frontières israélien les a repoussés. "Tous les autres sont priés de se taire!" Puis il se tourna une fois de plus à l'évêque. "Voyons voir si je comprends bien. Vous dites que vous êtes un évêque russe, mais pour une raison quelconque vous habitez en Amérique? Intéressant. Voyons voir votre passeport. "
"J'ai un passeport britannique", a déclaré l'évêque avec prudence, tandis qu'il le donnait.
"Quoi?" Avec indignation le garde-frontière a secoué la liste des visas de groupe et l'a agitée à la face de l'évêque Basile. "Où êtes-vous marqué dans le document du groupe?"

Vladyka Basile (Rodzianko) "Comment devrais-je expliquer?" L'évêque essaya de son mieux, lui-même un peu surpris et souriant. "Le truc, c'est que dans ce document, je suis inscrit comme Maria Guéorguievna Joukova."
"Assez d'absurdités!" Dit le garde-frontière israélien. "Dites-moi qui vous êtes! Et en ce moment!"
L'évêque était vraiment contrarié d'avoir été la cause de tant de problème pour ce jeune officier. Bien sûr, malgré sa modestie naturelle, il n'aimait pas non plus que l'on crie après lui. "Je suis clerc orthodoxe russe, évêque Basile," répondit-il d'un air digne.
"Donc, vous êtes l'évêque Basile. Qui alors est Wladimir Rodzianko
"C'est moi aussi."
"Eh bien, et qui est Maria Guéorguievna Joukova?"
"Et Maria Guéorguievna Joujova, c'est aussi moi." L'évêque agita les mains vaguement.
"Hum! Et vous vivez, où?"
"En Amérique".
"Et votre passeport est?"
"Mon passeport est britannique."
"Et sur cette liste, vous êtes ...?
"Et sur cette liste, je suis Maria Guéorguievna Joukova."
Cette petite scène charmante a été répétée à chaque fois que nous avons traversé une frontière nationale. Cependant, malgré toutes ces difficultés, l'évêque Basile était tout à fait heureux. Cela avait été son rêve de prier au moment de Pâques dans l'église du Saint-Sépulcre. Et il était ravi que, après tant d'années de séparation, il pouvait être, même si ce n'est que pour une brève visite de retour dans sa chère Yougoslavie. De plus, il exécuta fidèlement la tâche importante qui lui avait été donnée, en tant que chef de notre mission de pèlerinage en Terre Saint, et, à son retour à Moscou, le jour des saints Cyrille et Méthode, il fut en mesure de participer à la procession de la Croix, juste à côté du patriarche Alexis, autour de la cathédrale de la Dormition au Kremlin sur la Place Slavyansky, portant solennellement le réceptacle du Feu de Jérusalem.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Archimandrite Tikhon

Haïjin Pravoslave (250)


Le cœur apaisé
Tu t'enracines en Christ
Dans le Nom sacré

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mardi 23 octobre 2012

Son Eminence le Novice ( Vladyka Basile [Rodzyanko]) (11)


Bishop Basil (Rodzyanko). Photo by Yu. Kaver

Bishop Basil (Rodzyanko) in Pochaev. Photo by the author

Pérégrinations... Proches ou éloignés, vraiment ils sont bénis, comme le sont tous ceux qui sont disciples de notre Christ, car en effet notre Seigneur Dieu Lui-même était jadis un vagabond parmi les hommes. Sa vie ne fut qu'une longue errance… 
Du monde au-dessus des nuages jusques en ​​bas sur notre terre pécheresse. Et puis, au milieu des champs et des vallées de Galilée, et à travers les déserts ardents et les villes surpeuplées, et ensuite jusques à Son ministère avec les descendants des âmes humaines, à travers le monde entier qu'Il créa, et avec tous ses habitants, qui ont oublié qu'ils sont Ses enfants et Ses héritiers.
Il se peut que l'évêque aimait aussi voyager parce que, dans toutes ses pérégrinations, dans les surprises, et parfois même les dangers, il s'est toujours senti en proximité particulière avec Dieu. Ce n'est pas un hasard si, chaque office de l'Eglise orthodoxe russe contient une prière pour "ceux qui voyagent sur terre et sur les eaux" ou "pour ceux qui sont en danger sur la mer". Cette proximité particulière avec Dieu qui vient pendant le voyage, peut être une raison pour laquelle, même dans ce volume modeste il y a un certain nombres d'histoires qui sont en rapport avec le voyage. Combien d'événements étonnants, inattendus et inoubliables ont-ils eu lieu au cours de tous nos voyages?
Nous avons toujours eu l'honnêteté totale et absolue d'un "service et d'une obéissance fidèle" en accord avec les vœux monastiques de cet évêque inoubliable. En 1992, j'étais avec Viatcheslav Mikhaïlovitch Klykov et notre vieil et merveilleux ami, le savant Nikita Ilitch Tolstoï, président de la Fondation internationale pour la littérature slave, tandis que nous préparions le pèlerinage d'une importante délégation russe pour visiter la Terre Sainte, afin d'apporter de retour en Russie pour la première fois le Saint Feu de l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem. [1]
Après le service de Pâques à Jérusalem, nos pèlerins étaient censés revenir en bus vers la Russie portant le Saint Feu de l'église du Saint-Sépulcre à travers différents pays orthodoxes en cours de route: Chypre, Grèce, Yougoslavie,  Roumanie, Bulgarie, Ukraine, Biélorussie, et enfin à la maison à Moscou.
De nos jours, le Saint Feu est spécialement apporté pour l'office de Pâques par avion vers de nombreuses villes de notre pays. Mais à l'époque, puisque c'était la toute première fois, le voyage avec le Saint Feu impliquait toutes sortes de soucis et de complications. Il était censé prendre un mois entier. Sa Sainteté le Patriarche Alexis II envoya deux archimandrites, Pancrace, qui est maintenant évêque et Serge, l'higoumène du monastère de Valaam, qui fut plus tard nommé évêque du diocèse de Novosibirsk.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Archimandrite Tikhon

[1]Le miracle du Saint Feu est un événement annuel au cours duquel le Patriarche de l'Eglise Orthodoxe de Jérusalem entre dans le Saint-Sépulcre avec 33 cierges éteints, qu'il a liés ensemble et il en sort avec les cierges allumés. Tant le Sépulcre que le Patriarche sont minutieusement fouillés par les autorités civiles avant l'événement afin d'exclure la possibilité d'une inflammation technique. La première trace écrite de cet événement, qui a lieu le samedi de la Semaine de la Passion selon le calendrier orthodoxe chrétien, remonte à l'an de Grâce 870.

Haïjin Pravoslave (249)


Les mots se font Verbe
Quand par grâce de prière
Tu rejoins l'Esprit

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Icône miraculeuse de la Toute Sainte!

lundi 22 octobre 2012

Son Eminence le Novice ( Vladyka Basile [Rodzyanko]) (10)

Bishop Basil (Rodzyanko). Photo by Yu. Kaver


Dans le courant de l'été 1990, au cours de l'une des visites de l'évêque à Moscou, un jeune prêtre qui ressemblait à un grenadier à l'ancienne, est venu rencontrer l'évêque, et lui a immédiatement demandé de venir servir dans sa paroisse. Comme d'habitude, l'évêque n'a pas eu besoin qu'on le lui demande à deux reprises; en attendant, j'ai réalisé que nous allions avoir quelques problèmes.
"Et où est ta paroisse?" ai-je demandé sombre, au jeune prêtre. A mon ton de la voix le jeune grenadier a compris que je n'étais guère son allié. "Oh, pas loin…" fut la réponse hostile qu'il me fit. C'était la réponse habituelle qui nous était toujours donnée à chaque fois que nous étions invités à voyager à travers les vastes étendues sans fin de notre patrie!
"Tu vois, Georges? Il dit que ce n'est pas loin", déclara l'évêque, essayant en vain de me calmer. "Eh bien, pas trop loin", précisa le jeune grenadier.
"Où exactement?" ai-je demandé pour savoir. Le jeune prêtre se mit à balbutier un peu. "C'est une église tout à fait belle, construite au XVIIIe siècle. Il y en a peu en Russie comme elle! C'est dans le village de Gorelets... Non loin de Kostroma…" Mes pressentiments, comme cela s'est avéré, étaient tout à fait justifiés.
"Je vois," dis-je "Et quelle distance y a-t-il de Kostroma à ton Gorelets?"
"C'est peut-être à environ 150 kilomètres. Ou probablement plus proche de 200…", a admis ce jeune prêtre. "C'est entre Tchoukhloma et Kologriva, pour être exact..."
Je frémis. Puis j'ai commencé à penser à haute voix. "Voyons voir… quatre cents kilomètres d'ici à Kostroma... puis 200 autres... soit dit en passant, Vladyka, tu n'as même pas la moindre idée de ce genre de routes, qu'il y a là-bas entre le Tchoukhloma de cet homme et Kologriva? "
J'ai essayé de saisir la dernière goutte d'espoir. "Ecoute, jeune prêtre! As-tu reçu la bénédiction de l'évêque de Kostroma pour que cet évêque vienne te rendre visite? Parce que selon la loi de notre Eglise, sans la bénédiction de ton évêque, notre évêque n'a pas le droit de faire un office dans une autre paroisse! "
"Sans autorisation expresse de notre évêque, je ne serais jamais venu", m'assura sans pitié le jeune grenadier. "Toutes les bénédictions nécessaires ont déjà été reçues à l'avance de notre évêque."

Bishop Basil (Rodzyanko) and priest Andrei Voronin
Vladyka Basile et le prêtre André (Voronine)

Voilà comment l'évêque Basile a fini sur une route remplie d'ornières, bosselée, sinueuse, au milieu de nulle part, en route vers un village perdu au fond des forêts de la province de Kostroma. Père André Voronine, notre jeune grenadier, s'est en fait avéré être un serviteur remarquable et dévoué de l'Eglise, comme beaucoup de ceux qui venaient faire appel à nous dans ces années-là. Il était diplômé de l'Université de Moscou, première université du pays, mais avait mis de côté les perspectives de carrière dans le but de restaurer une église en ruine, et de créer une paroisse, une école et un beau camp d'été pour les enfants. Le voyage vers son village, cependant, fut vraiment long et ardu, et nous, ses compagnons de voyage, nous fûmes bientôt complètement épuisés.
Mais notre voiture s'est soudain arrêtée. Il y avait eu, littéralement quelques minutes auparavant, un accident sur la route: un camion était entré de plein fouet dans une moto. Il y avait un homme mort couché à droite dans la poussière de la route. Debout devant lui, engourdi par la douleur, se tenait un jeune homme. À proximité, le conducteur du camion fumait nonchalamment une cigarette.
L'évêque et ses compagnons sortirent précipitamment de la voiture. Il n'y avait déjà plus rien qui pouvait être fait pour aider. Cette absurdité cruelle de la façon dont les choses sont parfois dans la vie de ce monde, cette image terrible de la douleur humaine irréparable, déprima tous ceux qui se trouvaient là à cette minute sur la route.
Le jeune motard, tenant son casque dans ses mains, pleurait. Le mort était son père. L'évêque embrassa le jeune homme et lui dit: "Je suis prêtre. Si ton père était croyant, je peux dire les prières nécessaires pour lui."
"Oui, oui!" dit le jeune homme qui commençait à revenir du choc. "S'il vous plaît faites tout ce qui est nécessaire! Mon père était un croyant orthodoxe. Mais... il n'avait jamais l'habitude d'aller à l'église. Ils se sont débarrassés de toutes les églises dans les environs. Mais il avait l'habitude de dire qu'il avait un père spirituel. Alors s'il vous plaît, faites tout ce qui est nécessaire! "
Ils avaient déjà sortis les vêtements ecclésiastiques nécessaires de la voiture. L'évêque ne put se contenir et demanda doucement au jeune homme, "Comment se fait-il que ton père ne soit jamais allé à l'église, et que pourtant il avait un père spirituel?"
"C'est juste arrivé comme ça... Pendant de nombreuses années mon père avait l'habitude d'écouter les émissions religieuses de Londres. Elles étaient faites par un prêtre nommé Rodzyanko. Et mon père considérait ce prêtre comme son père spirituel, même s'il ne l'avait jamais vu une seule fois de sa vie."
L'évêque sanglota et pleura et il se mit à genoux devant son fils spirituel qui venait de mourir.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Archimandrite Tikhon

Haïjin Pravoslave (248)


Ourle chaque jour
Avec le fil de prière
ta vie dans le monde

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Jean-Claude LARCHET/ Recension: Nicolas Afanassieff, « L’Église du Saint-Esprit »


Nicolas Afanassieff, « L’Église du Saint-Esprit », Éditions du Cerf, Paris, 2012, 374 p. (collection « Orthodoxie »).
Les éditions du Cerf viennent de réimprimer, dans la collection « Orthodoxie », que dirige l’archiprêtre Jivko Panev, l’ouvrage classique de père Nicolas Afanassieff, « L’Église du Saint-Esprit », qui avait paru la première fois en 1975 chez le même éditeur dans la collection « Cogitatio fidei », et qui était depuis longtemps épuisé.
Le père Nicolas Afanassieff fut l’un des principaux ecclésiologues de l’Église russe à l’époque moderne. Disciple du père Serge Boulgakov, professeur à l’Institut Saint-Serge de 1932 jusqu’à son décès en 1966, il a exercé une influence déterminante sur l’un des principaux liturgiste de la seconde moitié du XXe siècle, le père Alexandre Schmemann, qui fut son élève, et sur l’un des principaux ecclésiologues actuels, le métropolite Jean Zizioulas ; il a aussi marqué fortement certains aspects de la pensée de Paul Evdokimov. Comme le signale le père Olivier Rousseau o. p. dans sa préface, le père Nicolas Afanassieff, qui fut invité comme observateur au concile Vatican II et dont le nom fut cité dans les débats, a eu aussi, par son œuvre, une influence importante sur la façon dont ce concile a remis en valeur la place du Saint-Esprit dans l’Église, le rôle de l’Église locale, l’ecclésiologie de communion, le rôle des ordres mineurs et la place des laïcs dans l’Église.
Comme l’explique l’épouse du père Nicolas, Marianne Afanassieff, dans son avant-propos biographique et bibliographique, ce livre, qui n’a  été publié qu’après la mort de l’auteur, a eu une longue genèse : son premier chapitre a été écrit en 1940, et les chapitres suivants ont vu peu à peu le jour au cours des décennies suivantes et ont fait l’objet de publication sous forme d’articles dans diverses revues.
Le chapitre I est consacré au « sacerdoce royal » de tous les fidèles ; les chapitres 2 et 3 à « l’établissement » et au « ministère » des laïcs ; le chapitre 4 à « l’œuvre du ministère » (avec comme sections : 1) les ministères particuliers, 2) l’apôtre, 3) l’évangéliste, 4) le prophète, 5) le docteur. Le chapitre 5  analyse la fonction des « présidents dans le Seigneur », soit : le « proéstôs », « les évêques-presbytres », les évêques et les prêtres en leur sens originel, et enfin « les ministres du secours » (autrement dit le diaconat). Le chapitre 6 examine l’origine du ministère du « premier presbytre ». Le 7e et dernier chapitre est consacré à l’évêque.
Ce livre ne rend pas compte de l’ensemble de l’ecclésiologie du père Nicolas Afanassieff dont les thèmes majeurs sont l’Église locale, l’eucharistie et l’amour ; on en trouvera une dimension complémentaire essentielle dans « L’Église qui préside dans l’amour », sa contribution à un ouvrage collectif  intitulé La primauté de Pierre.
Le présent ouvrage veut être un retour aux sources les plus originaires du christianisme, l’une des idées majeures du père Nicolas Afanassieff étant que la vraie ecclésiologie du christianisme aurait été obnubilée à partir de saint Cyprien (ca 200-258) au profit d’une notion hiérarchico-juridique qui aurait par la suite afffecté négativement aussi bien l’Orient que l’Occident.
Bien des incertitudes demeurent cependant en ce qui concerne les différents ministères dans le tout premiers siècles, et un certain nombre d’interprétations du père Nicolas Afanassieff dans cet ouvrage apparaissent comme hypothétiques et sont l’objet de débats parmi les historiens. Et il est toujours périlleux de vouloir revenir aux sources en passant par dessus la Tradition historique de l'Église.
L’un des thèmes de ce livre qui a eu la plus grande influence sur la pensée orthodoxe moderne (à travers l’œuvre même du père Nicolas Afanassieff, mais aussi à travers les œuvres de Paul Evdokimov et surtout du père Alexandre Schmemann) est celui du « sacerdoce royal des laïcs ». La mise en valeur de celui-ci a certes le mérite de rééquilibrer une conception cléricale de l’Église, où les membres de la « hiérarchie ecclésiastique » se trouvent séparés du peuple et où la place des « simples fidèles » dans l’Église se trouve, par rapport à la leur, dévalorisée. Mais elle a par ailleurs quelques inconvénients, comme je l’ai montré dans le tome 1 de mon livre L’Église corps du Christ.
On peut reprocher au père Nicolas Afanassieff et à ses disciples est de mettre le « sacerdoce royal », attribué aux laïcs, en parallèle avec le « sacerdoce d’ordre » (ou sacerdoce ministériel) relatif aux clercs, et de placer ainsi les deux types de sacerdoce sur un pied d’égalité. Le père Nicolas Afanassieff multiplie les expressions générales et par là confuses : « L’Église est une maison spirituelle [...] ; [...] tous les fidèles constituent le sacerdoce dans la maison spirituelle » (p. 40) ; « on pour­rait dire que chaque laïc, membre du peuple de Dieu, est un clerc, membre du klèros de Dieu » (p. 41) ; « les actes sacramentels sont effec­tués par tout le peuple ensemble avec son proestôs » (p. 78) ; « quand l’Église officie, tous y sont prêtres et tous possèdent le charisme sacerdotal » (p. 128). On retrouve la même tendance chez son disciple Paul Evdokimov : « L’accent est fortement placé sur la participation sacerdotale de tous, mais au moyen de deux modes, de deux sacerdoces » (L’orthodoxie, Neuchâtel, 1965, p. 166). Evdokimov va jusqu’à confondre les deux sacerdoces en parlant de « la participation de tous à l’unique Prêtre divin au moyen de deux sacerdoces » (Les âges de la vie spirituelle, p. 212), en écrivant : « Christ seul est prêtre, mais tous sont prêtres par participation » (La femme et le salut du monde, p. 102), ou en affirmant : « si l’évêque participe au sacerdoce du Christ par sa fonction sacrée, tout laïc le fait par son être sanctifié, par sa nature sacerdotale » (« Les âges de la vie spirituelle », p. 214). La confusion se retrouve dans cette affirmation d’un sacerdoce universel : « Le sacre­ment de l’onction chrismale est le sacrement du sacerdoce universel » (Les âges de la vie spirituelle, p. 216).
Parmi les conséquences de cette position, il y a l’idée, dévelop­pée par Nicolas Afanassieff et ses disciples Paul Evdokimov et Alexandre Schmemann, que les clercs et les laïcs sont, à l’église, « co-liturges ». Le père Nicolas Afanassieff écrit : « dans le Nouveau Testament, chaque fidèle se tient devant Dieu en tant que prêtre (leitourgos) dans l’assemblée eucha­ristique » (p. 66) ; « chaque fidèle concélèbre avec les autres dans l’assem­blée eucharistique » (p. 67) ; « chaque laïc célèbre la liturgie [...] » (p. 70) ; « les laïcs sont co-liturges de l’évêque ou du prêtre, car les actes sacramentels sont effectués au cours de leur célébration en commun [...], l’évêque ou le prêtre ne peuvent les accomplir qu’en concélébration avec le peuple » (ibid., p. 71). Paul Evdokimov note  : « Pendant la liturgie, tout fidèle est co-liturge avec l’évêque » (Les âges de la vie spirituelle, p. 219). Le père A. Schmemann parle quant à lui d’une « concélébration de chacun avec tous » (L’eucharistie, sacrement du Royaume, Paris, 2005, p. 8), et affirme que « ce n’est pas le clergé qui officie », mais que « tous sont consacrés, tous célèbrent » (ibid., p. 90).
La position qui place le peuple au même niveau que le clergé en perdant de vue la spécificité de celui-ci n’est pas acceptable du point de vue de l’ecclésiologie orthodoxe traditionnelle, et elle exige d’être recadrée à la lumière de la vraie nature du « sacerdoce royal » telle que la conçoivent les Pères.
Selon plusieurs Pères qui évoquent cette notion, les fidèles acquièrent le statut du sacerdoce royal par l’onction qu’ils re­çoi­vent dans l’Église.
Selon les auteurs précédem­ment cités, il s’agit de l’onction reçue lors de la chrismation qui suit le baptême.
Le rite de la chrismation lui-même ne porte pas cette conno­tation, mais il est vrai qu’elle est présente deux fois dans la prière de consé­cration du saint-chrême.
On doit toutefois noter que les autres onctions reçues dans l’Église (avec une huile simplement bénie) en sont aussi la marque, comme celle du sacrement de l’onction destiné aux malades, dont l’une des prières du rituel dit : « C’est par l’huile sainte qu’Il nous signe de Sa croix, pour que nous devenions le troupeau du Christ, un sacerdoce royal, un peuple saint. »
Cela se fonde sur le fait que le Christ est l’oint par excel­lence (Ac 4, 26 ; 10, 38 ; He 1, 9), qui a reçu au degré le plus haut les statuts de Roi, de Prêtre et de Prophète – de Roi du monde, des siècles et du Royaume des cieux (He 1, 8) ; de Grand-Prêtre pour l’éternité (He 5, 5-10) ; de Prophète de la Bonne Nouvelle du salut qu’Il apporte (Lc 4, 18-19) –, et qui faisant des oints de ceux qui s’unissent à Lui dans l’Église qui est Son corps, les rend participants, par le Saint-Esprit, de Sa dignité.
Cela est en continuité avec le fait que, dans l’Ancien Testa­ment, l’onc­tion était conférée aux rois (1 S 10, 1 ; 1 R 19, 16) – auxquels elle communiquait la force de l’Esprit (1 S 16, 13) –, aux prêtres (Ex 30, 30) et aux prophètes (1 R 19, 16).
Mais, comme on le voit dans les textes scripturaires et litur­giques, ainsi que dans les références christologiques précé­demment citées, c’est à tort que les auteurs modernes qui mettent en avant la notion de « sacerdoce royal » focalisent sur elle : dans tous ces textes en effet elle n’est pas isolée ni cen­trale, mais va de pair avec d’autres notions : celle de « peuple saint », de « race élue », de même que la notion de « prêtre » n’est pas privilégiée mais va de pair avec celle de « prophète » et de « roi ».
La signification de l’onction commune à ces différents cas est qu’elle mettait ceux qui la recevaient à part des autres (voir X.-L. Dufour, Dictionnaire du Nouveau Testament, Paris, 1975, p. 395) , étant la marque de leur accès à un état différent, à un autre statut, à une dignité supé­rieure (cf. Ex 30, 31-33). Ce sens se trouve globalement appli­qué au peuple élu d’Israël : « Mainte­nant, si vous écoutez ma voix et gardez mon alliance, je vous tiendrai pour mon bien propre parmi tous les peuples, car toute la terre est à moi. Je vous tiendrai pour un royaume de prêtres, une nation sainte. Voilà les paroles que tu diras aux Israélites » (Ex 19, 5-6).
Dans le contexte du Nouveau Testament, et en rapport avec le sens précédemment dégagé, la notion de « sacerdoce royal »  – comme les notions de « race élue » ou de « peuple saint », aux côtés desquelles on la trouve évoquée par le saint apôtre Pierre (2, 9) – peut être reliée au baptême en général (et non à la seule chris­ma­tion) en tant qu’il introduit l’homme dans un nouveau statut – celui de créature nouvelle entée dans le Christ et animée par l’Esprit, de chrétien vivant dans l’Église –, celui d’une dignité qu’il n’avait pas dans son état de créature déchue et de « vieil homme », menant une existence purement biologique et sociale.
Mais on peut y voir aussi une référence au but assigné au baptisé d’atteindre la perfection, d’être sanctifié et déifié, de devenir à part entière citoyen du Royaume céleste, oint avec le Christ, co-régnant avec Lui. C’est ce sens que saint Macaire l’Égyptien met en évidence dans plusieurs passages de ses Homélies spirituelles (XVII, 1; XXV, 5; et surtout XXVII, 4). On voit que selon ces textes le sacerdoce royal consiste en un mode d’être ou en un devoir-être et non en une fonction ou un ministère (au sens large), ce qui correspond d’ailleurs au texte de l’épître de saint Pierre précédemment cité, qui ne dit pas « vous exercez » ou « vous devez exercer un sacerdoce royal », mais « vous êtes un sacerdoce royal ».
D’autres Pères cependant donnent aux notions évoquées par saint Pierre un sens ascétique (au sens large) qui ne contredit pas le précédent mais le complète en posant en quelque sorte ses préalables, et qui lui donne aussi le sens d’une activité exer­cée et non plus simplement d’un statut présent ou à venir.
La dignité de roi est définie par le pouvoir (acquis par le Christ et exercé par la grâce reçue de l’Esprit), de se maîtriser soi-même, de contrôler ses pensées, ses sentiments, ses impul­sions, ses actes, etc., et par là de dominer ses passions.
Le sacerdoce quant à lui est compris comme la capacité de s’offrir soi-même en sacrifice à Dieu. Cela se situe dans la ligne de l’affirmation de saint Pierre : « Vous-mêmes, comme pierres vivantes, prêtez-vous à l’édification d’un édifice spirituel, pour un sacerdoce saint, en vue d’offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus-Christ » (1 P 2, 5) et du conseil de saint Paul : « Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, à offrir vos personnes en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu : c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre » (Rm 12, 1).
Récapitulant ces deux points, saint Œcuménius écrit, en commentaire à la parole de saint Paul « Dieu nous a donné l’onction » (2 Co 1, 21) : « Ceux qui, dans l’Ancien Testament étaient oints, étaient ou rois, ou prêtres, ou prophètes ; et maintenant, dit-il, nous sommes oints, afin que nous agissions comme des rois, ayant la domination sur nos passions ; comme des prêtres aussi, sacrifiant nos propres corps selon cette parole : « Offrant nos corps en sacrifice vivant » (Commentaire sur la seconde épître aux Corinthiens, 11, PG 118, 932CD).
On retrouve la même interprétation chez saint Isidore de Péluse, avec une claire distinction entre le sacerdoce des fidèles et le ministère sacerdotal du prêtre : « Dans le Nouveau Testament, qui est définitif, ceux qui ont reçu le pouvoir de l’offrir [c’est-à-dire les évêques et les prêtres] ont le ministère sacerdotal exclusif du sacrifice non sanglant. Mais chaque chrétien est ordonné prêtre de son propre corps ; non point que sans ordination il n’ait aucun pouvoir sur des inférieurs, mais pour que, dominant le mal, il fasse de son corps un sanctuaire ou un temple » (Lettres, V, 569, PG 78, 784A).
Origène fait le lien entre l’onction baptismale et le sacerdoce royal pour montrer que, dans l’Église, tous les chrétiens devien­nent prêtres, mais dans ce sens où ils offrent à Dieu le sacrifice d’eux-mêmes : « Tu as entendu qu’il y a deux sanctuaires, l’un comme visible et ouvert aux prêtres, l’autre comme invisible et inaccessible : à l’excep­tion du seul pontife, tous les autres sont au dehors. Le premier sanc­tuaire, je pense, peut être compris comme cette Église où maintenant nous sommes établis dans la chair ; les prêtres y servent “à l’autel des holocaustes”, où est allumé ce feu dont Jésus a dit : “C’est un feu que je suis venu jeter sur la terre, et comme je voudrais qu’elle soit embrasée.” Et je ne veux pas que tu t’étonnes que ce sanctuaire soit ouvert aux seuls prêtres. Car tous ceux qui ont été oints de l’onguent du saint chrême sont devenus prêtres, comme Pierre le dit à toute l’Église : “Mais vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte.” Vous êtes donc une “race sacerdotale”, c’est pour­quoi vous avez accès au sanctuaire. Chacun de nous a en lui son holocauste, et il embrase l’autel de son holocauste pour qu’il brûle toujours. Pour moi, si je renonce à tout ce que je possède, si je prends ma croix et si je suis le Christ, j’offre un holocauste à l’autel de Dieu ; ou « si je livre mon corps aux flammes, en ayant la charité » et obtiens la gloire du martyre, je m’offre en holocauste à l’autel de Dieu. Si j’aime mes frères jusqu’à “donner ma vie pour mes frères”, “si pour la justice et la vérité je lutte jusqu’à la mort”, j’offre un holocauste à l’autel de Dieu. Si “je fais mourir mes membres” à toute convoitise de la chair, si “le monde est crucifié pour moi et moi pour le monde”, j’offre un holocauste à l’autel de Dieu et je deviens moi-même le prêtre de ma victime. Voilà donc la manière dont s’exerce le sacerdoce et s’offrirent les victimes dans le premier sanctuaire » (Homélies sur le Lévitique, IX, 2, SC 287, p. 114-116).
Saint Grégoire de Nazianze comprend dans un sens analogue le sacerdoce de tous les fidèles dans l’Église : « Je savais que nul n’est digne de celui qui est à la fois victime et grand prêtre du Dieu grand, s’il ne s’est auparavant lui-même offert à Dieu en victime vivante, sainte, s’il n’a manifesté le culte spirituel agréable à Dieu (Rm 12, 1), s’il n’a présenté à Dieu ce sacrifice de louange (Ps 49, 14) et cet esprit contrit (Ps 50, 19) qui constituent le seul sacrifice que Celui qui a tout donné réclame de nous » (Discours, II, 95, SC 247, p. 212).
Il est intéressant de noter que dans la suite du même texte, saint Grégoire de Nazianze précise que ces conditions doivent être remplies par ceux qui veulent exercer les fonctions de prêtre au sens courant du terme, c’est-à-dire le « sacerdoce d’or­dre » (ou « sacerdoce ministériel »). Cela signifie que le « sacerdoce d’ordre » n’est pas opposé au « sacerdoce royal » ni mis en parallèle avec lui, mais s’inscrit au sein de celui-ci et en est une émanation particulière, qui relève d’un choix de Dieu et est consacrée par Lui (cf. Jn 15, 16).
Le mot « laïc » dérive du mot grec laos, qui signifie le peu­ple. Le laïc se définit avant tout comme un membre du laos Theou, c’est-à-dire du peuple de Dieu. Dans certains textes patristiques, le mot « peuple » désigne tous les membres de l’Église ; il inclut donc dans un même ensemble les clercs et les laïcs. Du point de vue de leur « nature spirituelle », celle qui est conférée à tout chrétien par le baptême, les laïcs et les clercs sont membres à part entière et à égalité du Corps du Christ. Ils sont en outre tous appelés à réaliser la même vocation, celle de la perfection en Dieu (cf. Mt 5, 48), de la sainteté (cf. Ep 2, 19) et de la déification (cf. Jn 10, 34). C’est pourquoi, lors de la liturgie, certains passages évoquent les fidèles comme un ensemble unique et un tout unifié (voir par exemple le début de la liturgie des fidèles, après le renvoi des catéchu­mè­nes : « Et nous, les fidèles, encore et encore en paix prions le Sei­gneur… » ; voir aussi les prières ou le prêtre utilise un « nous » qui se rapporte à la fois au clergé et aux fidèles).
Dans ce sens le « sacerdoce royal » qu’évoque saint Pierre ne correspond pas à un statut ou à une vocation propre aux laïcs au sens étroit du terme où ils sont distingués des clercs, mais à tous les membres du peuple de Dieu, laïcs et clercs.
Néanmoins, dans d’autres textes liturgiques, clercs et laïcs sont distingués tout en étant associés. C’est le cas par exemple dans les ecténies où l’on prie pour « tout le clergé et tout le peuple ».
L’affirmation que les clercs appartiennent au peuple de Dieu, sont issus de lui et continuent par nature à en faire partie en tant qu’étant par essence chrétiens, membres de l’Église, ayant aussi personnellement la même vocation que tous, n’abo­lit pas le fait de la hiérarchie, selon laquelle les clercs sont, dans l’Église, les seuls habilités à célébrer la liturgie, à dispenser les sacrements et donc à être les médiateurs de la grâce, les seuls aussi à être les pasteurs conduisant le peuple et les seuls à pouvoir l’ensei­gner, en vertu d’un charisme trans­mis par succession apos­toli­que.
Jean-Claude Larchet

dimanche 21 octobre 2012

Son Eminence le Novice ( Vladyka Basile [Rodzyanko]) (09)


Bishop Basil (Rodzyanko). Photo by Yu. Kaver

Bishop Basil (Rodzyanko). Photo: bishop-basil.org
Vladyka Basile

En plusieurs occasions, j'ai pu observer comment l'évêque Basile donnait tout de lui-même dans l'exercice de sa "tâche d'obéissance en tant que novice" à absolument tous ceux qui lui demandaient son aide. Qui plus est, il était facile de voir qu'au-delà de son désir sincère de servir les gens, il y avait un désir profond et encore plus secret, connu de lui seul. 
Tandis que je médite sur ceci, je me souviens que le mot russe pour l'obéissance monastique d'un novice, poslouchanié, dérive du verbe slouchat ( écouter, obéir). Peu à peu, j'ai commencé à comprendre que c'était par cet humble vœu de service et d'obéissance, restant un novice, même lorsqu'il avait atteint un rang de clerc très haut, que notre évêque Vladyka Basile, s'enseigna lui-même à écouter avec sensibilité et à obéir à la volonté de Dieu. Pour cette raison toute sa vie fut, ni plus ni moins dans une constante recherche de la connaissance de la volonté de Dieu, dans une conversation mystérieuse mais bien réelle avec notre Sauveur, dans laquelle il parlait de l'humanité, non avec des mots, mais avec les circonstances de cette vie, tout en accordant à ses auditeurs la plus grande récompense qui soit-l'occasion d'être Son instrument dans ce monde.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Archimandrite Tikhon




Haïjin Pravoslave (247)



Comme un nouveau jour
Se lèvera sur ton âme
Avec la prière

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX


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8/21 octobre 
20ème dimanche après la Pentecôte
Mémoire des Pères du VIIème Concile Œcuménique (787) Ste Pélagie († 457), Ste Thaïs (Taïssia, IVè s.), Ste Pélagie, vierge († 303) ; St Dosithée de Pskov (1482) ; St Tryphon, archimandrite de Vyatka (1612) ; St martyr Ignace de Bulgarie (XVIIIème s.) Lectures : Gal. I, 11-19 ; Hébr. XIII, 7-16 ; Lc. VII, 11-16 ; Jn. XVII, 1-13

MÉMOIRE DES PÈRES DU VIIème CONCILE ŒCUMÉNIQUE (1)
 Lorsque l’impératrice Irène l’Athénienne [7 août] assuma la régence de son fils, l’empereur Constantin VI, son premier souci fut de mettre un terme à la persécution contre les saintes images, qui avait été déclenchée depuis 726 par Léon III l’Isaurien (717-741), et s’était poursuivie, de manière encore plus violente, sous Constantin V Copronyme (741-775). Pour réaliser ce projet, elle fit élever son conseiller, saint Taraise, sur le trône patriarcal en lui donnant comme mission de préparer, pour le mois d’août 786, la réunion à Constantinople d’un grand Concile qui statuerait sur la foi de l’Église en la matière. Mais des troubles suscités par les iconoclastes les obligèrent à reporter la convocation du concile à l’année suivante. Transféré à Nicée, le Septième Concile Œcuménique se réunit dans la basilique Sainte-Sophie, où s’était déjà tenu le Premier Concile (325), du 24 septembre au 13 octobre 787. Sous la présidence du patriarche saint Taraise, il rassembla trois cent cinquante évêques orthodoxes, auxquels se joignirent ensuite dix-sept autres hiérarques, qui abjurèrent l’hérésie iconoclaste. Aux côtés des représentants du pape de Rome, des patriarches d’Antioche et de Jérusalem, les moines — qui avaient été farouchement persécutés par les empereurs iconoclastes — étaient fortement représentés par quelques cent trente-six d’entre eux. 1 Tiré du Synaxaire du P. Macaire de Simonos Petras. 8/21 octobre 20ème dimanche après la Pentecôte Mémoire des Pères du VIIème Concile Œcuménique (787) Ste Pélagie († 457), Ste Thaïs (Taïssia, IVè s.), Ste Pélagie, vierge († 303) St Dosithée de Pskov (1482) ; St Tryphon, archimandrite de Vyatka (1612) ; St martyr Ignace de Bulgarie (XVIIIème s.) ; Après une soigneuse préparation, et après avoir entendu la lecture de nombreux témoignages patristiques, les Pères du Concile jetèrent l’anathème sur les hérétiques, qui depuis près de cinquante ans interdisaient aux chrétiens de vénérer les icônes du Christ et de Ses saints sous prétexte d’idolâtrie. Ils mirent ainsi fin à la première période de l’iconoclasme, qui devait cependant reprendre vigueur quelques années plus tard, sous Léon V l’Arménien (813-820), et n’être définitivement réglée qu’en 843, grâce à l’impératrice Théodora [11 fév.] et au patriarche saint Méthode2. Les saints Pères anathématisèrent les patriarches hérétiques Anastase, Constantin et Nicétas, les métropolites Théodose d’Éphèse, Jean de Nicomédie et Constantin de Nakoleia et tous leurs partisans. Ils réfutèrent le prétendu concile œcuménique, réuni dans le palais de Hiéria sur l’initiative de Constantin V (754), et proclamèrent la mémoire éternelle des défenseurs de l’Orthodoxie : le patriarche saint Germain, saint Jean Damascène, saint Georges de Chypre, et tous ceux qui s’étaient offerts à l’exil et à la torture pour la défense des saintes icônes. Dans la définition qu’ils proclamèrent lors de la septième et dernière session du Concile, les Pères déclaraient : Nous définissons en toute exactitude et avec le plus grand soin que, comme les représentations de la Croix précieuse et vivifiante, de même les vénérables et saintes images, qu’elles soient peintes, représentées par des mosaïques ou en quelque autre matière appropriée, doivent être placées dans les églises de Dieu, sur les saints ustensiles et vêtements, sur les murs et les tableaux, dans les maisons et le long des routes ; aussi bien l’image de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ, que celle de notre Souveraine immaculée la Mère de Dieu, ou des saints anges ainsi que de tous les saints. En effet, plus nous contemplerons ces représentations imagées, plus nous serons amenés à nous souvenir de leurs modèles, à nous porter vers eux et à leur témoigner, en les baisant, une vénération respectueuse, sans que cela soit, selon notre foi, une adoration véritable, laquelle ne convient qu’à Dieu seul. Comme on le fait pour la Croix précieuse et vivifiante, pour les saints Évangiles et les autres objets sacrés, on offrira de l’encens et des cierges en leur honneur, selon la pieuse coutume des anciens. Car l’honneur rendu à l’image remonte jusqu’à son modèle (St Basile) et qui vénère une icône vénère en elle la personne (l’hypostase) qui s’y trouve représentée. C’est ainsi qu’on gardera l’enseignement de nos saints Pères et la tradition de l’Église catholique (i.e. universelle) qui a reçu le message de l’Évangile d’une extrémité du monde à l’autre. 2. Ce rétablissement définitif du culte des saintes images fait l’objet de la fête de l’Orthodoxie, le premier dimanche du Carême, qui est en même temps l’occasion de célébrer la foi orthodoxe en général. Ce n’était pas seulement le culte des saintes icônes que les saints Pères défendaient ainsi, mais, en fait, la réalité même de l’Incarnation du Fils de Dieu : « Je représente Dieu l’Invisible, dit saint Jean Damascène, non pas en tant qu’invisible, mais dans la mesure où il est devenu visible pour nous par la participation à la chair et au sang. Je ne vénère pas la matière, mais je vénère le Créateur de la matière qui pour moi est devenu matière, qui a assumé la vie dans la matière et qui, par la matière (c’est-à-dire son corps mort et ressuscité), a opéré mon salut ». En assumant la nature humaine, le Verbe de Dieu la divinisa sans qu’elle perdît ses caractéristiques propres. C’est pourquoi, bien que dans son état glorifié elle ne soit plus accessible à nos sens, cette nature humaine du Seigneur peut cependant être représentée. L’icône du Christ — dont la fidélité est garantie par la tradition de l’Église — devient ainsi présence véritable de la Personne divine et humaine de son modèle, canal de grâce et de sanctification pour ceux qui la vénèrent avec foi. Le second Concile de Nicée est le septième et dernier Concile Œcuménique reconnu par l’Église Orthodoxe. Toutefois, cela ne signifie pas que d’autres Conciles Œcuméniques ne puissent se réunir dans l’avenir, mais plutôt qu’en prenant le septième rang, le synode de Nicée a assumé le symbole de perfection et d’achèvement que représente ce nombre dans la sainte Écriture (par ex. Gn II, 1-3). Il clôt l’ère des grandes querelles dogmatiques, qui ont permis à l’Église de préciser, en des définitions excluant toute ambiguïté, les limites de la sainte Foi orthodoxe. Désormais, toute hérésie peut et pourra être assimilée à l’une ou l’autre erreur que l’Église, rassemblée en conciles universels, a anathématisée, depuis le premier (325) jusqu’au second Concile de Nicée (787).
(1)Tiré du Synaxaire du P. Macaire de Simonos Petras.

Tropaire du dimanche du 3ème ton 
 Lorsque Tu descendis dans la mort, Toi, la Vie immortelle, Tu anéantis l’enfer par l’éclat de la Divinité. Lorsque Tu ressuscitas les morts des demeures souterraines, toutes les Puissances des cieux s’écrièrent : « Ô Christ, Source de Vie, notre Dieu, gloire à Toi ! »

Tropaires des Pères du VIIème Concile Œcuménique, ton 8 
Infiniment glorifié es-Tu, Christ notre Dieu, car Tu as établi nos Pères comme desastressurterre.Pareux,Tunousas amenés vers la vraie foi. Très miséricordieux, gloire à Toi ! 

Kondakion du dimanche, 3ème ton 
Aujourd’hui, ô Miséricordieux, Tu es ressuscité du tombeau et Tu nous ramènes des portes de la mort. Aujourd’hui, Adam exulte, Ève se réjouit. Tous ensemble, prophètes et patriarches, ne cessent de chanter la force divine de Ta puissance ! 

Kondakion des Pères du VIIè Concile Œcuménique, ton 6
 Celui qui du Père a brillé ineffablement, est né d’une femme, étant double selon la nature. Le voyant, nous ne nions pas la représentation de la forme, mais la dessinant pieusement, nous la vénérons fidèlement. Pour cela, l’Église, gardant la véritable foi, embrasse l’icône de l’incarnation du Christ.

Kondakion de la Mère de Dieu, ton 6 
Secours des chrétiens qui ne les a jamais abandonnés, Médiatrice incessante auprès du Créateur, ne méprise pas la voix des pécheurs suppliants, mais viens à notre secours, nous qui t’appelons avec foi ; hâte-toi d’exaucer les prières et empresse-toi d’entendre les supplications, toi qui intercèdes toujours, ô Mère de Dieu, pour ceux qui t’honorent.


LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Jn. XXI, 1-14; Liturgie : Gal. II, 16-20 ; Lc. VIII, 5-15