"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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mercredi 12 juin 2019

De l’enfer au paradis par Geronda Aimilianos


Ce qui suit est l'histoire que Geronda Aimilianos a racontée de sa propre expérience mystique, mais il l'a racontée à la troisième personne:

«Permettez-moi de vous raconter l'histoire d'un certain moine que j'ai connu un jour. Tout comme nous avons tous des moments difficiles, il traversait lui aussi une période très critique de sa vie. Le diable avait enflammé son cerveau et voulait le dépouiller de sa dignité monastique et le transformer en un misérable chercheur de la prétendue vérité. Son âme rugissait comme une vague déferlante et il cherchait à se libérer de sa détresse. De temps en temps, il se souvenait de la prière du cœur, mais celle-ci ne résonnait que faiblement en lui, car il n'y croyait pas. Ses environs immédiats n'étaient d'aucune aide. Tout était négatif. Son cœur était sur le point de se briser. Comme l'homme devient misérable quand il est en proie à des problèmes! Et qui parmi nous n'a pas connu des jours aussi terribles, des nuits sombres et des épreuves angoissantes? 

Notre moine ne savait pas quoi faire. Les promenades n’avaient aucun effet sur lui. La nuit il s’étouffait. Et une nuit, à bout de souffle, il ouvrit la fenêtre de sa cellule pour prendre une profonde inspiration. Il faisait noir - c’était vers trois heures du matin. Dans sa grande lassitude, il était sur le point de fermer la fenêtre dans l'espoir de pouvoir se reposer au moins quelques instants. À ce moment précis, cependant, c'était comme si tout ce qui l'entourait - même l'obscurité à l'extérieur - était devenu lumière! Il regarda pour voir d'où venait cette lumière, mais elle venait de nulle part. Les ténèbres, qui n’ont pas d’existence propre, sont devenues des lumières, bien que son cœur soit resté dans l’obscurité. Et quand il s'est retourné, il a vu que sa cellule était aussi devenue lumière! Il a examiné la lampe pour voir si la lumière venait de là, mais celle-ci, petite lampe à huile ne pouvait pas devenir une telle lumière elle-même, ni ne pouvait tout éclairer . 

Bien que son cœur ne soit pas encore illuminé, il avait un certain espoir. Surpris et ému par cet espoir, mais sans être pleinement conscient de ce qu'il faisait, il se rendit dans la cour obscure du monastère, qui lui avait souvent semblé être un enfer. Il est sorti dans le silence, dans la nuit. Tout était clair comme le jour. Rien n'était caché dans l'obscurité. Tout était dans la lumière: les poutres en bois et les fenêtres, l'église, le sol sur lequel il marchait, le ciel, la source d'eau qui coulait continuellement, les grillons, les lucioles, les oiseaux de la nuit - tout était visible, tout ! Et les étoiles sont descendues et le ciel s’est abaissé, et il lui a semblé que tout, la terre et le ciel étaient devenus comme le ciel! Et tout, ensemble, chantait la prière [i.e. du cœur], tout disait la prière. Et son cœur s’est étrangement ouvert et a commencé à danser; il a commencé à battre et à participer involontairement à la même prière ; ses pieds ont à peine touché le sol. Il ne savait pas comment il avait ouvert la porte et pénétré dans l'église, ni quand il s'était vêtu; il ne savait pas quand les autres moines étaient arrivés ou quand la liturgie avait commencé. Qu’était-il arrivé exactement, il ne savait pas. La connexion ordinaire des choses avait disparu et il savait seulement qu'il se tenait devant l'autel, devant le Dieu invisible, célébrant la liturgie. Et frappant, pour ainsi dire, les clés de son cœur et de son autel, sa voix retentit au-dessus de l’autel, au-delà des cieux. La liturgie a continué. L'Évangile a été lu. La lumière n'était plus tout autour de lui, mais avait construit son nid dans son cœur. La liturgie a pris fin, mais le chant qui avait commencé dans son cœur était sans fin. Dans son extase, il a vu que le ciel et la terre chantaient cette prière sans cesse, et que le moine ne voyait vraiment que lorsqu'il en était animé. Pour que cela se produise, il lui suffisait de cesser de vivre pour lui-même. " 

(Version française par Maxime le minime de la source )

samedi 10 mars 2018

Sur le Blog de Maxime



Geronda Aimilianos de Simonos Petra


INTERPRÉTATION DU PSAUME 16
Dieu distribue injustement ses biens ?
Extrait 


[…] Quand notre vie se déroule tranquillement, posons-nous la question de savoir si Dieu est près de nous, car nos épreuves constituent notre gloire, notre couronne.

Quand nous souffrons, nous pouvons offrir deux choses à Dieu. 

La première sera notre vertu, notre conscience tranquille, ce sera notre désir des «équités» ou de la souveraineté de la volonté divine sur nous. Comme nous le disions au début de notre commentaire, notre volonté doit être la volonté de Dieu. 

La deuxième sera notre entière confiance en Dieu, notre remise totale à Dieu dans la patience. Des moments surviendront dans notre vie — ou plutôt ils viennent constamment — où tout nous semblera perdu et où, même ceux que nous aimons et en qui nous avons confiance, nous délaisseront; ils nous deviendront étrangers. Parfois même, nous penserons qu’il n’y a plus d’espoir. C’est justement au cours de ces heures difficiles que Dieu nous visite, afin d’éprouver notre patience, pour recevoir la preuve de notre amour. Nous avons dit que, maintes fois, les impies sont scandalisés par le bonheur des incroyants. C’est vrai.

Quand nous regardons autour de nous, nous voyons que Dieu, selon la logique humaine, distribue injustement ses biens. Là où devrait fleurir le bonheur, il dispense le malheur. Là où la richesse est nécessaire, il donne la pauvreté et, là où la pauvreté devrait régner, il accorde la richesse. Lorsque nous attendons sa bénédiction, il nous frappe violemment, alors que dans le même temps il adresse un sourire permanent à d’autres personnes. Nous dirions, en utilisant une expression contemporaine, que Dieu fait sans cesse des distinctions, et cela nous scandalise. 

Pourquoi en sommes-nous scandalisés ? Très simplement parce que notre cœur est tourné vers les choses matérielles, il est cloué aux biens terrestres, il les aime et les recherche. Mais la solution à notre drame ne se trouve pas à ce niveau matériel, elle est ailleurs. Nous ne devons pas demander l'abolition de cette injustice apparente. Le changement doit s'opérer en nous; nous devons être étrangers à tout ce qui est purement humain, à toute logique humaine, à toute vue humaine. Lorsque nous y parviendrons, Dieu seul subsistera, Il deviendra tout pour nous, et c'est cela qui nous donnera la sérénité. S'il y a dans notre vie la moindre chose qui n'appartient pas à l'autre vie, nous devons savoir que nous seront souvent tyrannisés. […]

Le présent et l'avenir ne font qu'un pour David comme ils doivent l'être aussi pour nous […] Cette quête du visage divin doit devenir notre préoccupation quotidienne, devenir notre nourriture et notre boisson, notre ouvrage. […] 

Si nous voulons appartenir à Dieu, notre route sera difficile; la souffrance, le chemin ardu, fut le mode de vie des Apôtres, des Pères et des saints. C'est la seule voie qui mène au Ciel.

Comme certains hommes considèrent les biens terrestres, tout comme les vainqueurs regardent les dépouilles de leurs ennemis, ainsi nous devons toiser les difficultés qui se dressent sur notre route. Aimons les chemins ardus du Seigneur, quelle que que soit la difficulté qui apparaisse. Avec enthousiasme, avec des cris de joie, soyons prêts à souffrir. Alors chaque jour, nous serons rassasiés.

extrait de Catéchèses et discours- 3- Exultons pour le Seigneur éditions Ormylia