"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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vendredi 1 février 2019

Sur le blog Saint Materne: A la mémoire de l'archimandrite Thomas de Pervijze (p. Pius)



A l’occasion de la naissance au ciel de Père Thomas – 11 janvier 2019
Office des funérailles – 19 janvier 2019

Bienaimés frères et sœurs,
C’est avec ces mots sincères que le père Thomas vous a abordé de nombreuses fois, et ce n’étaient pas des mots feints.
Son amour allait et va encore toujours vers Dieu, ses frères moines, ses paroissiens, et la multitude des personnes qui ont trouvé ici consolation et encouragements, ainsi que ce monastère et l’église.
Moi-même je connais Père Thomas depuis les années ’70, lorsqu’il a choisi en toute conscience d’entrer au monastère orthodoxe de Saint Jean le Précurseur, et de faire halte de temps en temps lorsqu’il était de passage, au monastère cistercien Saint Sixte à Westvleteren, avec Mgr Jacob et père Adriaan de La Haye.
Il avait trouvé un trésor dans l’église orthodoxe, et ne le lâcherait plus jamais.
Enthousiasmé par les Pères de l’Eglise, il a acquis un trésor de connaissance, qu’il a vécu et mis en pratique avec un idéal monastique authentique.
De retour dans la région natale de « bachten de kupe », au-delà de l’Yser, il a posé ici en cet endroit de nouvelles fondations, et fondé ici un monastère. En fait, un abri et une étable pour les animaux…
Et la première chose que l’on fait lorsque l’on veut prendre ses quartiers dans une étable, c’est de nettoyer, d’enlever le fumier. Il en va de même pour l’homme : d’abord nettoyer le fumier de son âme avant d’en faire quelque chose de beau… Et voici le résultat !
Père Thomas n’était pas un homme qui se laissait admirer, mais bien un travailleur assidu, pour lequel rien n’était trop beau pour aménager la maison de Dieu, ce qu’il a fait avec goût et perspicacité.
Il a vécu, goûté et apprécié la solitude.
Il a prêché et vécu l’amour fraternel.
Il a aimé l’église orthodoxe et lui a donné forme.
Il a traduit et corrigé pour divulguer les trésors de l’église orthodoxe.
Il a fait des dons à ceux qui étaient sincèrement pauvres (pensez à la fondation au Pérou).
Il ne supportait pas l’injustice et prenait la défense de ceux qui subissait l’injustice.
Il préférait un habit usé à un habit neuf.
Il servait la table avec des mets délicieux, après avoir préparé l’autel et présenté la nourriture spirituelle.
Il a choisi une voie droite, sans se perdre dans des méandres.
Il a offert conseils et consolation à tous ceux qui venaient et voulaient bien écouter ses paroles. Car s’il y a un talent qui saute aux yeux, c’est bien le don de la parole, qu’on retrouve dans ses homélies et ses conférences.
Il y a quelques années, il est venu nous parler dans notre paroisse de Saint Amand à Courtrai, au début du Grand Carême : « le Carême, c’est comme entrer dans une barque ; et pour conduire cette barque, nous avons deux moyens à notre disposition. Deux rames : la prière et le jeûne. Le voyage n’est pas facile dans les tourments de la vie contemporaine. Mais gardez courage, et vous atteindrez le but de la merveilleuse résurrection ! »
Parfois il nous réveillait en nous secouant, mais toujours avec un message évangélique clair et sincère. J’espère que ses nombreuses homélies seront un jour publiées dans un livre exhaustif. 
Et si je devais le décrire, je choisirais de le décrire comme une châtaigne sauvage : piquant à l’extérieur, mais dont le cœur est doux et humble.
Oui, l’église orthodoxe a une nouvelle étoile qui brille en ce monde. Car toutes les reliques que père Thomas a rassemblées, et qui sont présentes ici, sont nos étoiles qui brillent par leur efficacité concrète. 
Que ta mémoire, père Thomas, soit comme une étoile éternelle qui brille dans le chœur des moines qui nous ont précédés !

v.Pius 19/01/2019





Vader Thomas, bij zijn ontslapen 11 januari 2019- dienst der overleden 19 januari 2019.

Geliefde broeders en zusters,

Met deze oprechte woorden heeft vader Thomas u vele malen aangesproken en het waren geen geveinsde woorden.
Zijn liefde ging en gaat nu nog steeds uit naar God, de broeders, de mensen uit de parochie en de zovelen die hier troost en bemoediging zochten alsook het klooster en de kerk.
Ikzelf ken vader Thomas van de jaren zeventig toen hij bewust het orthodoxe klooster van de H. Johannes de Voorloper binnentrad en af en toe een halte naam op doorreis met bisschop Jacob en vader Adriaan van Den Haag in het cisterciënzerklooster van Sint-Sixtus.
Hij had een schat gevonden in de orthodoxe kerk en zal die nimmer of te nooit meer loslaten.
Begeesterd door de vaders van de kerk, verwierf hij een schat van kennis en door een authentiek monastiek ideaal heeft hij dit beleefd en waar gemaakt.
Teruggekeerd of liever weer thuisgekomen in de streek van bachten de kupe heeft hij hier op deze plaats een nieuw fundament gelegd en stichtte hier
een klooster. Zowaar een schuilplaats en een stal voor dieren. 
En het eerste wat men doet als men zijn intrek wil nemen in een stal is deze uitmesten. Zo is het ook voor de mens: eerst je eigen stal uitmesten om daarna deze mooi te kunnen inrichten. En zie het resultaat.
Maar vader was geen pocher, en ook geen boffer ( in het West-Vlaams)
Wel een noeste werker waarbij niets te veel was om de schoonheid en de luister van het huis van God in te richten met smaak en inzicht.
Hij heeft de eenzaamheid geproefd en gesmaakt,
Hij heeft de broederliefde gepredikt en beleefd,
Hij heeft de orthodoxe kerk bemind en gestalte gegeven.
Hij heeft vertaald en verbeterd om de schatten van de orthodoxe kerk te ontsluiten.
Hij heeft geschonken aan zij die oprecht arm zijn (denk maar aan de stichting in Peru)
Hij kon geen onrecht verdragen en kwam op voor ieder die onrecht werd aangedaan.
Hij verkoos een versleten pij boven een nieuwe.
Hij bediende de tafel met heerlijke spijzen nadat hij de altaartafel had bereid
en spiritueel voedsel had aangereikt.
Hij heeft het rechte pad gekozen zonder zich te wringen in bochten.
Hij heeft advies en troost geschonken aan ieder die kwam en wilde luisteren naar zijn woorden. Want als er een talent is die in het oog springt, is de gave van het woord dat hij heeft in zijn homilieën en in zijn conferenties.
Een paar jaar geleden sprak hij in de orthodoxe parochie van de heilige Amandus ons toe aan het begin van de grote vasten: De vasten is als in een bootje stappen; en om deze boot te besturen hebben we twee middelen:
Twee roeispanen; het gebed en het vasten. De tocht is niet gemakkelijk in de stormen van ons hedendaagse leven, maar houdt moed en je bereikt het doel van de heerlijke Opstanding.
Soms wakker schuddend, met een duidelijke en oprechte evangelische boodschap. Ik hoop dat de vele preken ooit eens gepubliceerd worden in een lijvig boek. 
En als ik hem zou omschrijven dan zou ik hem omschrijven als een wilde kastanjebolster die kon prikken maar met een kern die zacht en nederig is.
Ja, de orthodoxe kerk heeft een nieuwe ster schitteren in deze wereld.
Want alle relieken die vader verzameld heeft en die hier aanwezig zijn, zijn onze sterren die schitteren door hun concrete werkzaamheid.
Uw gedachtenis zij als een eeuwige ster die straalt in het koor der monniken 
die ons zijn voorgegaan.

V Pius 15/01/2019



source 2 photos:

lundi 14 janvier 2019

Archimandrite Thomas de Piervijze. Mémoire éternelle!

L’archimandrite Thomas s’est endormi dans le Seigneur, vendredi 12 janvier 2019 vers 23 h. 
 Mémoire éternelle.
Archimandrite Thomas de bienheureuse mémoire!

 interview (NL) de 2003



Un jour après l’office du samedi soir, je suis resté à Pervijze pour un entretien avec l'archimandrite Thomas. Ce qui, à mon avis, était le plus important, je l’ai regroupé et j’ai obtenu le résultat suivant:

Moi: Archimandrite Thomas, comment êtes-vous arrivé à l'Eglise orthodoxe? Je sais que vous avez quand même été élevé catholique?
Archimandrite Thomas: En effet, j'ai été élevé catholique. J'ai été baptisé et formé catholique. J'étais catholique jusqu'à l'âge de 21 ans. Je suis même resté dans un monastère catholique pendant un moment. C'est immédiatement la raison de mon transfert en Orthodoxie. Je n'ai pas aimé la mentalité dans ce monastère. Les moines étaient plus préoccupés par leur propre aisance et par la manière dont ils pouvaient obtenir la plus grande facilité par ce qu'ils étaient par rapport à Dieu.
A cette époque, il y avait aussi certaines réformes dans l'Église catholique. Je n'ai rien contre les réformes, mais elles doivent être raisonnables. Je n’étais absolument pas d’accord avec les réformes qui ont eu lieu à cette époque.
C'est ainsi que je me suis retrouvé dans un monastère orthodoxe à La Haye aux Pays-Bas. J'ai aimé la mentalité là-bas. Les moines étaient très serviables et ils ne cherchaient pas leur propre bénéfice. Ils m'ont aussi beaucoup appris sur Dieu. Puis j'ai décidé de me convertir à l'Orthodoxie
Et comment ont-ils réagi à cela chez vous?
Ma mère n'était absolument pas d'accord avec ma décision, mais j'ai continué même si elle était contre. Entre-temps, elle-même s'est convertie à la foi orthodoxe. Lorsqu'elle a vu à quoi ressemblait la croyance orthodoxe dans la réalité, elle n'a plus eu de problèmes avec cela.
Quelles études avez-vous faites?
J'ai passé deux ans au collège de Nieuwpoort et ensuite, je suis allé au Collège d’Essen pendant quatre ans.
Puis je suis allé à l'université de Louvain. J'ai étudié la psychologie là-bas.
Ensuite je suis allé au séminaire et là j'ai étudié la théologie.
Pourquoi êtes-vous devenu prêtre et n’êtes-vous pas resté dans le monastère des Pays-Bas?
Le fait que je sois devenu prêtre est une pure coïncidence parce que je voulais devenir moine.
Je suis devenu prêtre de l'évêque aux Pays-Bas. Il m'a envoyé en Belgique pour fonder un monastère. Depuis j'ai d’abord eu des fidèles en Belgique, et pas encore de moines, je devais devenir prêtre de l'évêque du lieu.
Comment se fait-il que le monastère ait été construit à Westhoek?
Parce que j'ai passé mon enfance au Westhoek. Le premier monastère que j'ai fondé ne se trouvait pas à Pervijze, mais à Saint-Pieterskapelle. J'y avais loué une maison et dans l'une des pièces j'avais fait une chapelle pour y prier. Lorsque des croyants sont venus, ma chambre a vite été trop petite et j'ai dû trouver autre chose. Ici à Pervijze, nous avons trouvé un bâtiment approprié pour y construire un monastère. La maison était disponible et elle était située dans un lieu tranquille... Il y avait bien sûr beaucoup de travaux de rénovation à faire, mais les fidèles m'ont aidé pour cela. Au bout d'un moment, l'église était redevenue trop petite mais il n'y avait plus de place là-bas. Nous avons ensuite soumis un permis de construction pour pouvoir y installer une nouvelle église. Heureusement, la municipalité nous a permis de le faire et nous avons donc pu poser la première pierre. Les fidèles ont retroussé leurs manches et en 1988 notre nouvelle église était là. Chaque année, on travaille sur l'église pour la rendre plus belle. Parfois, de nouvelles icônes sont peintes et les fresques (peintures sur de grandes surfaces, par exemple sur le mur) sont complétées chaque année. Maintenant, notre monastère a quatre moines et souvent d'autres moines viennent en visite pendant quelques jours.
Comment les gens de la région ont-ils réagi lorsque vous êtes venu vivre ici?
Les gens ont bien  réagi, ils ont même été très serviables. 
Pourquoi la messe n'est-elle pas célébrée en grec ou en russe?
L’Eglise orthodoxe a toujours eu l’usage et la coutume, où qu’elle vienne, de parler la langue des gens du peuple. De plus, à quoi sert-il de proclamer l'Evangile en grec ou en russe si personne ne le comprend?
Et qu'en est-il du jeûne?[du Grand Carême avant Pâques]
Notre jeûne commence le Dimanche du Pardon, soit une semaine plus tôt que dans l’Église catholique. Le Dimanche du Pardon est une très grande cérémonie au cours de laquelle tout le monde se met à genoux et demande pardon.
C'est le début du jeûne car les prophètes disent: "Si tu es pris dans le cœur par le mal, alors ton jeûne est vain et futile."
À partir de ce moment, nous ne mangerons plus de viande, de poisson ni de produits laitiers, et nous ne pourrons plus utiliser d'alcool. L'argent que nous économisons en nourriture doit ensuite être dépensé pour les pauvres. Sinon, cela n'a aucun sens, cela ne procure que des avantages financiers.
En parlant des pauvres, avez-vous aussi un groupe en tête?
Nous, croyants, connaissons rapidement des pauvres avec lesquels nous pouvons partager. Mais notre communauté ecclésiale a un projet au Pérou. Bien sûr, vous connaissez ce projet, mais je vais vous en dire plus.
Bien sûr que je le pense. Que pensais-tu qu'il nous arriverait? Une grosse croix dessus et une pierre tombale lourde que vous ne pouvez pas en sortir et c'est passé.
Le but de notre mission est d'aider les enfants au Pérou. Parce qu'il y a beaucoup de pauvres misérables. La première chose que nous avons fait là-bas est d’aller jeter un oeil, on n’a pas eu à chercher longtemps nous sommes tombé sur un pauvre après l'autre. Tant d'enfants là- bas vivent encore dans la pauvreté!
Quand nous sommes revenus, nous avons recueilli de l'argent pour donner de la nourriture aux enfants. Parce qu'il y a tant d'orphelins là-bas, nous avons décidé d’y créer un orphelinat. Maintenant, après de longues négociations avec le gouvernement péruvien, nous avons une église et une maison à bâtir. La finition n'est pas encore terminée, mais il y a déjà 2 enfants ensemble avec deux jeunes, qui sont responsables de la maison et un bon fonctionnement de l'ensemble.
Ruben et Michel (les 2 enfants en fuite) vont à l'école à Ayacucho. Ruben, qui est sourd, va dans une école spéciale et à notre grande joie, il commence déjà à former quelques mots.
La maison est en même temps devenu un centre où non seulement certains enfants vivent, mais un refuge et un point de repos pour beaucoup d'autres.
La dernière fois que nous sommes venus y rendre visite, nous avons distribué des jouets. Les jouets venaient de nos fidèles enfants qui ont vidé leur plateau de jeux ici pour les enfants du Pérou. Avec leurs jouets «jetés», ces enfants étaient tellement chanceux qu'il n'y avait pas de mots pour eux [pour exprimer leur joie]. Nous prenons également soin des enfants qui n'ont pas d'argent pour payer leur éducation. Et pour que cela soit un peu agréables, ils obtiennent des leçons de danse et aussi différents types de sports. Nous aimerions faire beaucoup, mais nous avons encore besoin de beaucoup d'argent, et nous ne pouvons pas tout faire à la fois.
Pensez-vous que l’on vive après la mort ?
Bien sûr, je pense que oui. Que pensez-vous qu’il nous arrive? Une grande croix [sur le défunt]et une lourde dalle tombale dont on ne peut  pas sortir et c’est fini.
Bien sûr, nous vivons plus loin après la mort. Pourquoi croirais-je autre chose? Parce que que Christ est ressuscité des morts et pour aucune autre raison. Sinon, pourquoi serais-je chrétien?
Non, la mort est la naissance de la vie éternelle.
Avez-vous peur de la mort?
Non, je peux le dire en toute conscience. Il y a même des jours où je la souhaite, non pas pour en être éloigné, mais pour pouvoir en profiter pleinement, pour être avec le Christ.
Pouvez-vous nous parler de votre horaire quotidien?
A six heures est la Divine Liturgie. après je mange quelque chose si c'est permis. Quand c’est le jeûne, je ne mange qu'une tranche de pain. Ensuite, je m'occupe des animaux. Le matin, je prépare la nourriture et, si le temps le permet, je traduis ou je m'occupe de la Fraternité. C'est une association fondée par les fidèles pour informer les gens de tout ce qui a un rapport avec l'Église.
Il y a des offices courts à neuf, douze et trois heures de l'après-midi. Ceux-ci durent 15 à 20 minutes. À six heures du soir, il y a les vêpres et à onze heures il y a les Complies ainsi que la prière de minuit.
Je fais diverses tâches dans l'après-midi. Un jour, je travaille sur l'ordinateur, l'autre jour, je reçois des personnes qui ont des questions ou des problèmes. Les jours ne sont jamais les mêmes.
Après la prière de minuit, je vais dormir à nouveau jusqu’à cinq heures du matin pour accomplir la tâche d'une nouvelle journée.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après