"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

vendredi 6 mars 2026

Prêtre Nicolas Boulgakov: « LE JEÛNE, C'EST MARCHER SUR L'EAU » Pasteurs orthodoxes sur le Grand Carême

Les chrétiens orthodoxes ont commencé le travail ascétique du Grand Carême. Beaucoup ont attendu cette période de repentance accrue avec joie, mais il y a aussi ceux qui la regardent avec crainte. Pravoslavie.ru a demandé à plusieurs prêtres de l'Église orthodoxe russe de nous donner quelques paroles réconfortantes alors que nous nous engageons sur le chemin du jeûne saint de quarante jours.

* * *

Le prêtre Nicolas Boulgakov, recteur de l'Église de l'icône régnante de la Mère de Dieu dans le village de Kratovo, près de Moscou :

- Le jeûne n'est pas une question de nourriture ou de changement de plat. C'est une question de notre relation avec Dieu. Tout d'abord, le jeûne existe pour qu'une personne reçoive un bénéfice spirituel. Nous, les pécheurs, ne voulons pas nous limiter à quoi que ce soit volontairement. Nous voulons que tout soit facile, léger et rapide. Comment une personne agit-elle habituellement ? Elle se fait un sandwich avec une tranche de salami ou de fromage et vaque à ses affaires. Cela ne fonctionnera pas pendant le jeûne. Le jeûne, c'est l'humilité.

Avant de commencer à jeûner, nous devons connaître la règle de l'Église pour le jeûne. Pas pour le briser, mais pour que nous puissions nous orienter par lui. Il n'est pas si simple de savoir ce qu'est cette règle. Vous devez faire un effort et trouver une source faisant autorité. Par exemple, le Livre de référence pour les ecclésiastiques [en russe] publié en 1913 et réédité par le patriarcat de Moscou en 1993. [Un guide succinct sur le jeûne en anglais peut être trouvé ici ]

L'essentiel est de ne pas vous forcer à manger pendant le jeûne. N'ayez pas peur du jeûne. Rappelez-vous comment l'apôtre Pierre a vu le Seigneur marcher sur l'eau et a demandé : « Seigneur, prie-moi de venir à Toi sur l'eau. » Le Seigneur l'ordonna, et Pierre partit, mais alors il douta : Comment cela pourrait-il être ? Et il a commencé à se noyer. Le Seigneur tendit la main et le sauva. Le jeûne, c'est marcher sur l'eau. Il n'est pas nécessaire d'aller trop loin en s'inquiétant de la façon dont vous allez vivre sur des aliments céramiques. L'expérience montre que le Seigneur aide, surtout si le jeûne est combiné à la prière, à la participation aux offices, à la repentance et à la Communion. Le saint et juste Jean de Cronstadt a dit : « Quand je ne reçois pas la Communion, je meurs. » C'est la même chose pour nous - lorsque nous sentons que nos forces s'épuisent, nous pouvons aller plus souvent à l'église, recevoir la communion et prier. En cela réside la sagesse du Grand Carême, en cela est sa leçon importante pour nous : Il nous montre notre faiblesse ; il nous montre particulièrement clairement que sans Dieu, nous ne pouvons rien faire.

Bien sûr, personne ne nous fait jeûner au point de nous étourdir et de traîner les pieds. Une personne doit être en bonne santé pendant le jeûne, elle doit avoir de la force, y compris pour assister aux offices du Grand Carême. C'est comme en pédagogie : il est mauvais d'en faire trop, mais cela ne sert à rien si vous n'en faites pas assez.

Le jeûne est un travail ; il n'y a pas d'avantage sans travail. C'est un travail sérieux de changer une âme humaine - le travail le plus difficile qui soit.

Le jeûne est un temps de purification, de repentance ; un moment qui nous aide à quitter ce monde vain dans lequel nous vivons de jour en jour sans souvent penser à ce qui est le plus important. Le temps passe et nous sommes au même endroit ; l'âme n'a pas changé. Il serait donc bon pour nous de nous faire des amis avec le jeûne. Après tout, cela nous donne la chose la plus importante : la transformation spirituelle.

Père Nicolas


Et quels services il y a pendant le Grand  Carême ! Ils sont particulièrement remarquables pendant les jours de semaine, lorsque nous lisons la prière de St. Éphraïm le Syrien et faisons des prosternations. C'était la prière préférée de Pouchkine. Essayez de ne pas manquer ces services. Ils sont très nécessaires pour nous, parce qu'ils nous aident à nous repentir, à nous corriger. Ils nous rappellent que nous sommes après tout des mortels et que nous devrons répondre de nos vies. Nous aimons prendre des douches, prendre soin de notre corps, mais nous oublions que l'âme et sa purification sont plus importantes.

Réfléchissez au temps consacré au Grand Carême et essayez d'en tirer le meilleur parti. Par exemple, pourquoi ne pas prendre des vacances pour la première semaine, pour la Semaine de la Passion ou la Semaine Lumineuse ? À l'époque tsariste, le Grand Jeudi de la Semaine Lumineusee étaient des jours fériés et personne ne travaillait. Les paysans ne sortaient pas dans les champs, même si le temps était beau. Mais cela ne nuisait pas à l'agriculture, parce que Dieu nous aidait. 

Vous devez y réfléchir cette fois-ci à l'avance, car il peut y avoir des tentations sous la forme de voyages alléchants, de vacances, ou la famille suggérera qu'il est temps de Faire des travaux de rénovation... Notre vie nous est donnée non pas pour que nous vivions simplement. Elle est donnée pour que nos âmes se rapprochent du Royaume des Cieux.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN


Aucun commentaire: