"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 4 janvier 2026

DIMANCHE AVANT LA NATIVITÉ DU CHRIST

Icône des ancêtres du Seigneur

 

Dimanche dernier, nous avons commémoré les Justes qui, sous l'Ancienne Alliance, attendaient avec impatience la venue du Messie, le Christ Sauveur. Ce dimanche, nous commémorons tous ceux qui constituent l'arbre généalogique depuis les premières générations jusqu'à saint Joseph le Fiancé inclus. À leur sujet, et à propos de ce dimanche, le Synaxaire dit :

Ce dimanche est également connu sous le nom de dimanche de la Sainte Généalogie. Nous nous souvenons des noms susmentionnés, ceux de l'Ancien Testament qui étaient liés au Christ par le sang, et ceux qui ont parlé de sa naissance en tant qu'homme. 

Dans la Divine Liturgie, nous lirons la généalogie de Jésus-Christ tirée de l'Évangile de saint Matthieu. De cette manière, l'Église nous montre que le Christ est véritablement devenu homme, en prenant la nature humaine. Il n'était pas un fantôme, une apparition, un mythe, un dieu lointain imaginaire ou le dieu abstrait des philosophes ; un tel dieu n'a pas d'arbre généalogique. 

Abraham, Isaac et Jacob

Notre Dieu est le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Il a une chair et un sang, des ancêtres humains, dont beaucoup ont grandement péché, mais qui, comme David, se sont aussi grandement repentis. Pourtant, tous ces justes de tous les temps ont été agréables à Dieu parce qu'ils l'aimaient. En prenant la nature humaine, le Fils de Dieu est devenu comme nous en tout point, dans la chair et le sang, dans l'esprit et l'âme, dans le cœur et la volonté. Il ne différait de nous que sur un seul point : il ne pouvait pas pécher. Puisque nous savons que la nature humaine du Christ est restée sans péché, Il est également pleinement divin, et Il nous montre le chemin qui nous permet d'éviter le péché, et ainsi d'améliorer et de transformer notre nature humaine.   

La lecture de l'Évangile de ce dimanche est Matthieu 1, 1-25, soit l'intégralité du premier chapitre de l'Évangile selon saint Matthieu, qui commence par le sujet de la généalogie. Ces notes sont généralement un résumé du commentaire du bienheureux Théophylacte, qui en retient les points essentiels. Pour ce passage, Théophylacte donne près de neuf pages d'explications complexes, dont nous extrairons quelques détails afin de répondre aux questions qui se posent.

Louanges des Prophètes à la Mère de Dieu

Nous nous souvenons de la manière dont ces choses étaient exprimées par les prophètes qui s'adressaient à un public au cœur dur, voire désobéissant. La manière dont leur message était transmis était décrite comme une vision de Dieu, afin d'effrayer les gens et de les inciter à écouter. De plus, les prophètes ne pouvaient qu'imaginer le Seigneur, alors que Matthieu avait vu le Christ et Lui avait parlé. Il s'adressait également à un public de croyants. Il commence donc ainsi : « Livre de la généalogie de Jésus-Christ... ». Jésus est un nom hébreu qui signifie « Sauveur » et Christ signifie « oint ». Il y avait auparavant des rois et des prêtres qui étaient appelés « christs » et le Seigneur est donc le Christ, confirmant à la fois Sa royauté et Son sacerdoce. Comme Jésus et Josué sont deux formes du même nom, l'Évangile évite toute confusion en ajoutant « Fils de David ». Parmi les rois, c'est à David qu'il fut promis que le Christ Seigneur naîtrait de sa descendance, et cette promesse était bien connue du peuple.  

La lignée commence avec Abraham, qui signifie « père des nations ». Le commentaire donne ici des détails considérables sur les différents ancêtres. La question qui se pose alors est la suivante : pourquoi Matthieu rapporte-t-il l'arbre généalogique de Joseph et non celui de Marie, la Théotokos [Génitrice de Dieu] ? Joseph n'était pas le père biologique du Christ. Voici l'explication de Théophylacte :

Joseph n'avait vraiment aucune part dans la naissance du Christ ; c'est pourquoi la généalogie de la Mère de Dieu aurait dû être donnée. Mais comme il n'était pas légal de compter l'ascendance par la mère, il n'a pas donné la généalogie de la Vierge. Et pourtant, en donnant la généalogie de Joseph, Matthieu a également donné la sienne. En effet, la loi stipulait qu'une femme ne pouvait être prise pour épouse par un homme d'une tribu différente et qui n'était pas de la lignée de son père. La loi étant ce qu'elle était, il est évident que la généalogie de Joseph inclut celle de la Théotokos, car elle était de la même tribu et de la même lignée. Si elle ne l'avait pas été, elle n'aurait pas pu être fiancée à lui. Ainsi, l'évangéliste a respecté la loi qui interdisait de compter les ancêtres par la mère, tout en fournissant la généalogie de la Théotokos en donnant celle de Joseph.  Il appelle Joseph « l'époux de Marie », conformément à l'usage courant. Car nous avons coutume d'appeler « époux » l'homme qui est fiancé à une femme, même avant que le mariage ait eu lieu.

Saint Joseph le Nourricier

Nous voyons maintenant qu'il y a une différence entre les apparences et la réalité. Joseph était fiancé et était donc le protecteur de Marie. Le Malin, père du mensonge, ne pouvait semer les graines du scandale. Joseph semblait être le conjoint, bien qu'il ne le fût pas en réalité. Il devait protéger la Sainte Vierge contre l'accusation d'adultère et la punition qui en découlerait. Joseph connaissait la vérité, à savoir que Marie avait conçu par l'action du Saint-Esprit. Il chercha donc à la cacher secrètement, car il n'osait plus prendre pour épouse celle qui avait été jugée digne d'une telle grâce par Dieu. La situation fut clarifiée et confirmée par l'ange qui apparut à Joseph dans un rêve.

Le commentaire traite de la question soulevée par la prophétie selon laquelle une vierge serait enceinte. Théophylacte dit que dans les Écritures (contrairement à l'usage moderne), « vierge » et « jeune femme » sont synonymes. Marie est vierge et c'est là le signe miraculeux promis par le prophète Isaïe. De plus, le prophète dit qu'ils l'appelleront Emmanuel et non « tu l'appelleras... ». Ainsi, sur le plan liturgique, nous nous dirigeons maintenant rapidement vers la grande fête de la Nativité du Christ.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

in Mettingham. 

ENGLAND

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