"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mercredi 15 octobre 2025

Archiprêtre Victor Potapov: LA MÈRE DE DIEU ET NOTRE SALUT Lors de la fête de la protection de la Très Sainte Mère de Dieu

Fête du Pokrov (11/14 octobre)


« Aujourd'hui, la Vierge se lève dans l'Église, et avec les chœurs des saints, elle prie invisiblement Dieu pour nous. Les anges et les hiérarques lui rendent hommage, et les apôtres et les prophètes se joignent au chœur ; pour notre bien, la Mère de Dieu implore le Dieu pré-éternel. » 

C'est ainsi que l'Église proclame la merveilleuse apparition de la Mère de Dieu qui a eu lieu au milieu du Xe siècle, dans l'église des Blachernes de Constantinople, l'église dans laquelle son voile - son homophore dit-on quelquefois- et une partie de sa ceinture avaient été apportées de Palestine au Ve siècle. 

Le dimanche 1er octobre (14 octobre au nouveau calendrier), à la quatrième heure de la nuit, lorsque pendant la vigile nocturne, les fidèles remplirent l'église jusqu'à ce qu'elle déborde, saint André Fol-en-Christ (commémoré le 2 octobre), leva son regard vers les cieux et vit notre très sainte Dame souveraine Mère de Dieu, éclairée par l'éclat céleste et entourée d'anges et d'une foule de saints, se déplaçant dans les airs. Saint Jean-Baptiste et le Saint Apôtre saint Jean le théologien  accompagnaient la Reine des Cieux. La Très-Sainte Vierge s'agenouilla et resta longtemps dans une prière en pleurs au nom des chrétiens. Puis elle s'approcha de la table de l'autel et continua à prier. À la fin de sa prière, elle enleva son voile et le souleva sur les gens qui priaient dans l'église, en signe de protection contre les ennemis visibles et invisibles. 

La Très-Sainte Souveraine brillait d'une lumière céleste, et le voile était plus brillant "que les rayons du soleil". Avec appréhension, saint André contempla la merveilleuse vision et demanda au bienheureux Epiphane, son disciple se tenant à proximité : « Frère, vois-tu la Reine et Dame souveraine, priant pour le monde entier ? » Epiphane répondit : « Je vois, saint père, et je suis terrifié. » 

La Très bienheureuse Mère de Dieu demandait au Seigneur Jésus-Christ d'accepter les prières de tous ceux qui invoquaient son Très Saint Nom et qui accouraient vers elle pour l'intercession. Avec les anges avec elle dans l'air, la Reine très immaculée priait : « O Roi Céleste, accepte tous ceux qui Te prient et invoquant mon Nom pour obtenir de l'aide, afin qu'ils ne disparaissent pas de ma vue désespérés et sans avoir été entendus. » Saint André et Epiphane, qui avaient été rendus dignes de voir la Mère de Dieu orante, "... pendant longtemps, ont regardé le voile tendu sur le peuple et la gloire du Seigneur qui brillait comme la foudre. Tant que la Très Sainte Theotokos était là, le voile était également visible. Une fois qu'elle disparut, le voile devint également invisible. Cependant, bien qu'elle ait enlevé le voile, elle laissa derrière elle sa Grâce qui l'accompagnait. »

. . . C'est ce que la tradition ecclésiastique nous transmet concernant la protection de la Très Sainte Theotokos, que nous célébrons le 14 octobre. Ce qui pour nous est la PROTECTION de la Theotokos, dont l'apparence symbolique a été révélée à saint André, fol-en-Christ, dans l'église des Blachernes de Constantinople ?

La protection de la Mère de Dieu réside dans le fait qu'elle est la Mère de Dieu. La Mère de Dieu est ce point sur terre où Dieu Incarné a été réalisé, le point où Lui, qui avait été éternellement en Dieu, a trouvé Sa forme temporelle d'existence. 

La Mère de Dieu est le centre de deux mondes, le monde du Divin et du terrestre. C'est extrêmement important. C'est (c'est-à-dire la Nativité de Dieu dans le monde) est ce qui est le plus important dans le christianisme. On peut donc dire que le christianisme est une religion théotocienne, une religion de naissance : le christianisme nous enseigne comment et pourquoi Dieu est né dans le monde. Dieu est né (c'est-à-dire fut Incarné) dans le monde afin de réaliser et de restaurer/renouveler l'idée, conçue avant tous les âges, de l'homme comme objet de Son amour.

Afin que l'idée immémémoriale de la théosis (déification, réalisation de la ressemblance ou union avec Dieu) soit accomplie, Dieu, lors de la création de l'homme, lui a inculqué Son image et Sa ressemblance. Par la suite, la révélation de Dieu au monde a été sous forme humaine : il est devenu possible de parler de Dieu, c'est-à-dire de Son amour, de Sa beauté, de Sa vérité, de Sa liberté, en regardant l'homme. Par conséquent, les concepts et les mots bibliques relatifs à l'homme et attribués à Dieu ne sont pas, comme certains le proposent, des allégories simplement naïves, mais comprennent plutôt une grande vérité - la vérité de la communauté de Dieu avec l'homme : la piété dans l'homme et l'humanité en Dieu !

Le problème est que le premier homme créé (Adam) est tombé, et avec lui et à travers lui, toute la création de Dieu s'est éloignée de Dieu. Afin de ramener l'homme à la ressemblance de Dieu, le Fils de Dieu, le Nouvel Adam, le Christ éternel, fut envoyé dans le monde temporel. Prenant sur Lui-même la nature humaine déchue, Il la transfigura et l'éleva dans les Cieux à Dieu le Père. Ainsi, pour le monde présent dans le mal, le Christ incarné est « sauveur », mais le salut n'aurait pas été nécessaire si le premier Adam n'avait pas péché ; alors le Dieu-Homme/Dieu-Christ incarné ne serait pas « sauveur », mais serait simplement « Dieu-homme/Dieu-incarné ».

Le Christ a reçu sa nature humaine de Marie, Vierge éternelle. Par elle, l'humanité déchue a consenti à sa restauration, en disant à l'Archange Gabriel : « Voici la servante du Seigneur ; qu'il soit fait pour moi selon ta parole. » À travers la Theotokos, quelque chose au-delà de la compréhension, l'union de ce qui ne peut pas être uni - le Créateur et Sa création - est accompli. 

Quelle richesse de trésor, de sagesse et d'amour que Dieu a pour l'homme ! Le Créateur s'unit à Sa création, et dans cette union, sa création ne brûle pas en cendres dans le feu de la Divinité. C'est la signification de la Protection de la Mère de Dieu. En raison de cette protection, l'Église attribue à la Mère de Dieu les noms les plus beaux et les plus précieux ! Quelle pléthore de termes et de comparaisons poétiques sont utilisés pour honorer la Theotokos et Vierge Marie ! Voici quelques-uns des termes liturgiques que l'Église utilise pour décrire l'Epouse Inépousée, la Vierge Marie : La Mère de Dieu est la Reine du Ciel et le point central de la beauté de la terre ; elle est la fleur de la terre, et un vase en jacinthe, azur ; elle est une lyre au son doux, elle est une arche très sainte et un rayon ensoleillé ; elle est encens et Printemps de la Grâce ; elle est une précieuse myrrhe et une robe d'or/porphyre ; elle est toute sainte et robe de soleil ; elle est la perle du Royaume ; elle est joie, louange, chant et Gloire... Elle est le pouvoir de l'infinité divine...

Gloire à Dieu, qui nous a montré la lumière, et qui nous a donné un tel intercesseur !

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

PARISH LIFE

Octobre 2017

Parish Life, une publication mensuelle de la cathédrale orthodoxe russe de St. Jean-Baptiste Washington, DC. Octobre 2017

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