"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 5 janvier 2020

Archiprêtre Serge Baranov "QUAND LE CHRIST ARRIVE, LES QUESTIONS DISPARAISSENT." (6)

Une photo du film, "Le prix de ma vie"


Ne pensez pas quand vous vous tenez en prière - priez simplement.

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-Comment acquérir une prière non distraite ?

-Ayez de la patience. Persévérez tout le temps. Restez à l'écart de l'esprit "raisonnable" et "analytique". Tant que vous serez dans ce domaine, vous ne pourrez pas rester concentré pendant la prière. Abandonnez la pensée imaginative, qui d'habitude établit de longues chaînes logiques.

Quand nous pratiquons la prière de Jésus, nous gardons l'esprit dans notre cœur invisible et insensible. Nous rejetons tout cela. Dieu est dans le royaume de l'irrationnel. La "ratio" entrave nos progrès ici.

Pouvez-vous me donner des conseils ? Dois-je prononcer la prière de Jésus lentement ou rapidement ? J'ai lu que la pratique athonite est avec une respiration rapide et la pratique russe est lente. Quelle est votre opinion ?

-Mon opinion : Faites-la comme vous le pouvez. Si vous réussissez, alors gloire à Dieu ! Je n'aime pas ces arguments quand certains disent qu'il faut faire vite et d'autres qu'il faut faire lentement ! La manière de cet argument signifie que quelqu'un n'est pas spirituellement très sain: Il veut argumenter encore et encore.

Les partisans de la forme lente soutiennent leur revendication par la nécessité de réfléchir aux paroles de la prière. Je dois vous dire que penser et prier sont deux choses différentes. Quand nous prions, nous ne pensons pas, nous prions. C'est un autre état d'esprit. Si vous pratiquez " en pensant, considérant, analyant" dès le début, vous resterez à l'arrêt. Vous penserez au Christ pendant dix, vingt ou trente ans, mais vous ne Le rencontrerez jamais en personne.

-Je veux rester seul, ou, pour être plus précis, face à face avec le Sauveur, de plus en plus souvent. Mais j'ai un époux, des enfants, des petits-enfants, et je suis entourée de gens au travail... Que dois-je faire de ce désir ?

-Vous avez peu de chances de réussir comme saint Joseph l’hésychaste. C'est vrai, vos conditions sont différentes. Mais c'est peut-être possible dans une certaine mesure. Si quelqu'un a choisi un bon chemin et le suit, alors tout lui est possible avec Dieu, même parmi les gens....

Parfois, lorsqu'une personne parle à une autre, cette dernière semble la regarder, mais en réalité elle ne la regarde pas. Ces situations vous sont-elles connues ? Je cite souvent l'exemple de Constantin, le père de saint Grégoire Palamas, qui fut sénateur et courtisan de l'empereur byzantin Andronique II. Il pratiquait la prière de Jésus. Quelqu'un s'adressait parfois à lui pendant les réunions du Sénat, mais Constantin était silencieux. Alors l'Empereur disait : "Ne le dérangez pas ! Il prie !"

Si quelqu'un a un désir très fort... Vous avez juste besoin de l'avoir... Venez-en à comprendre à quel point ce bijou est précieux et désirez-le ardemment. Le Seigneur raconte que lorsqu'un homme trouvait une perle très précieuse, il vendait tout ce qu'il avait et l'achetait (cf. Matthieu 13,45-46). Pour vendre tout ce que vous possédez (ce qui entraîne des délais bureaucratiques, etc.) et acheter une perle, vous devez connaître sa grande valeur. Quelqu'un qui ignore sa valeur dit : "C'est de la folie !" et celui qui connaît son prix est prêt à renoncer à sa fortune, quelle qu'elle soit. La valeur est tellement grande.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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