"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

samedi 31 mai 2025

St. Dumitru Staniloae : Comment le clergé peut-il revigorer l'Église ?







Un prêtre ne devrait pas être un homme de prière lointain et distant, mais devrait chercher à attirer et à inspirer tous les fidèles à la prière par sa propre prière. Il ne devrait pas être préoccupé par une récompense pour sa contribution. Les fidèles ne le laisseront ni lui ni sa famille dans le besoin.

La foi doit surtout être connue des jeunes chrétiens, dans l'esprit desquels toutes sortes d'arguments contre la foi ont été imposés. Les prêtres ne devraient pas attendre que les fidèles les cherchent pour demander de l'aide, mais eux aussi devraient chercher des occasions de se rencontrer, de parler et d'illustrer la vérité et l'importance de la foi chrétienne : en rencontrant des gens dans les rues et les ruelles, en les cherchant pour différentes raisons dans les usines et les bureaux, en leur parlant en voyageant, mais surtout en leur rendant visite dans les hôpitaux. Ils devraient appeler les adultes et les enfants à l'Eglise pour des cours de catéchisme dans l'après-midi. Le Christ et les apôtres n'ont pas attendu que les gens les cherchent afin de leur enseigner la foi, mais ils l'ont fait eux-mêmes tout le temps en marchant parmi les gens.

Il est approprié que la prédication du Christ et Son exemple d'amour pour les gens soient unies aux exemples pratiques de cet amour montrés par les prêtres. Les orphelins devraient trouver un substitut à leurs parents dans les prêtres ; les personnes âgées, les pauvres et les malades devraient également sentir qu'ils ne sont pas seuls au monde grâce aux prêtres.

Cette activité devrait être stimulée et supervisée par les évêques eux-mêmes. Il serait très bénéfique que les évêques reviennent au mode de vie des apôtres, dont ils sont entièrement descendants - un mode de vie qui fut préservé à chaque époque par certains. Ils ne doivent pas oublier qu'au fond, ils sont des moines qui ont fait les vœux d'humilité et de pauvreté. Ce serait merveilleux s'ils marchaient parmi les fidèles avec simplicité, comme les apôtres, pour que chaque évêque soit dans une paroisse comme les évêques des premiers siècles qui étaient le chef de chaque paroisse - le prêtre n'étant que son adjoint. Il donnerait une base réelle et pratique au titre que le Pape de Rome s'est donné il y a longtemps : servus servorum Dei, le serviteur des serviteurs (des prêtres et des fidèles) de Dieu. Celui qui est le plus grand est celui qui sert les autres, comme le Christ a servi (Matthieu 20:26-28).

Même dans les écoles de théologie, la théologie pastorale ne devrait pas être seulement un cours théorique, mais un moyen pour les étudiants de se familiariser et de s'engager dans une activité pastorale caritative sur le terrain ; tout comme le département de musique d'église devrait également devenir le département de théologie pastorale.




C'est le testament que je souhaite laisser à nos serviteurs de l'Église : ayez toujours votre esprit en Christ et cherchez à Le servir, en gagnant les gens à la foi en Lui et cherchez leur salut par toutes vos actions. De cette façon, vous serez en mesure d'acquérir une vie bénie et éternelle pour vous-même et pour ceux pour qui vous avez une grande responsabilité. C'est la conclusion à laquelle je suis arrivé à mon âge, qui touche à sa fin.




J'ai cherché à servir le Christ par le travail acharné de l'écriture, cherchant à attirer la foi en Lui ceux qui étaient tentés par des écrits étrangers à la foi, si répandus depuis l'époque où la presse écrite l'a rendue facile à se répandre, surtout au cours des deux-trois cents dernières années, et surtout pour nous pendant la période communiste.

Mais parfois, je pense qu'il aurait été préférable pour moi d'avoir été prêtre [ il fut théologien et enseignant] afin de mettre en pratique ce que j'ai écrit.

[St. Dumitru Staniloae s'est endormi dans le Seigneur le 5 octobre 1993]

Extraits de « Le testament spirituel de Père Staniloae pour la revitalisation de la vie chrétienne » :

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

vendredi 30 mai 2025

Tasos Kokkinidis: La Grèce et l'orthodoxie choquées par la décision de l'Égypte de s'en prendre à l'ancien monastère du Sinaï

Monastère Sainte Catherine du Sinaï


Le monastère, fondé par l'empereur byzantin Justinien il y a 15 siècles, jouit depuis longtemps d'une renommée et d'un respect mondiaux. 

 

Dans une décision décrite comme « sans précédent et inacceptable », l'Égypte a ordonné la fermeture du monastère de Sainte Catherine du Sinaï, le plus ancien monastère chrétien en fonctionnement continu au monde. Cette décision a suscité l'indignation des chefs religieux et la surprise au sein du gouvernement grec, malgré les récentes assurances diplomatiques de haut niveau.

L'archevêque Jérôme d'Athènes et de toute la Grèce a réagi avec une colère palpable, déplorant dans un communiqué, "encore une autre chute historique que connaissent l'hellénisme et l'Orthodoxie".

L'information suggère un sentiment dominant de perplexité au sein du gouvernement grec, étant donné que la question aurait été abordée lors d'une réunion entre le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis et le président égyptien Abdel Fattah el-Sisi plus tôt ce mois-ci. Le ministère grec des Affaires étrangères gère maintenant la crise, reconnaissant sa très grande importance.

Le monastère, fondé par l'empereur byzantin Justinien il y a 15 siècles, jouit depuis longtemps d'une renommée et d'un respect mondiaux. Malgré de nombreux bouleversements historiques, il a miraculeusement survécu. Pourtant, dans une décision perçue comme une violation directe des libertés religieuses en temps de paix, les autorités égyptiennes ont choisi de faire cesser son fonctionnement.

 L'historique grec orthodoxe St. Monastère de Catherine sur le Mont Sinaï


Des plans seraient en cours pour convertir le monastère de Sainte-Catherine en musée, avec toutes ses vastes propriétés en Égypte qui devraient passer aux mains de l'État.

Les promesses non tenues de l'Égypte sur le monastère du Sinaï

Cette décision draconnienne contredit directement les promesses prétendument faites par le président Sisi au Premier ministre Mitsotakis lors de la récente visite du président égyptien à Athènes. Au-delà de la confiscation de biens, l'Égypte s'apprêterait à expulser la communauté monastique, dans l'intention de transformer les bâtiments sacrés alors vides en une simple attraction touristique, semblable aux pyramides.

Les moines, convaincus que cette décision historique porte fondamentalement atteinte à leurs droits, se mobilisent pour une campagne mondiale visant à informer et à rassembler le soutien de toutes les Églises chrétiennes et d'autres religions monothéistes du monde entier.

Décision de la Cour sur le monastère du Sinaï au milieu de la pression

Le catalyseur de cette action sans précédent semble être une décision de justice égyptienne rendue hier, qui amène à une conclusion troublante une offensive juridique prolongée de l'État égyptien contre la communauté monastique.

Des sources indiquent que l'Égypte exerce une pression judiciaire et lance des attaques depuis la période où les « Frères musulmans » étaient au pouvoir, tentant systématiquement de fermer le plus ancien monastère du monde.

Le gouvernement grec avait activement soutenu la lutte des moines, le Premier ministre Mitsotakis soulevant personnellement la question aux plus hauts niveaux diplomatiques, exhortant à plusieurs reprises le président Sisi à intervenir au nom de la communauté monastique.

Lors de la visite officielle du président Sisi à Athènes début mai, le sort du monastère a été un point central de discussion entre les deux délégations. Un accord aurait été conclu pour mettre fin aux "attaques judiciaires injustes" contre le monastère, lui permettant de poursuivre sa mission historique sans être dérangé. Des déclarations publiques conjointes de MM. Mitsotakis et Sisi ont explicitement fait référence à la nécessité de préserver le caractère unique du monastère.

Cependant, la décision de justice d'hier contredit clairement ces engagements publics du président égyptien. Ce renversement brutal soulève de sérieuses questions sur les véritables intentions des autorités égyptiennes, qui semblent poursuivre une politique initiée par les "Frères musulmans" extrémistes.


L'archevêque Ieronymos : L'hellénisme et l'orthodoxie connaissent une nouvelle « chute » historique

L'archevêque d'Athènes et de toute la Grèce, Mgr Jérôme a émis une condamnation sans équivoque, exprimant son « immense chagrin et sa colère justifiée ».

Il a appelé à la mobilisation immédiate de « toutes les autorités grecques et internationales », soulignant que « les biens du monastère sont saisis et confisqués, et que ce phare spirituel de l'Orthodoxie et de l'hellénisme est maintenant confronté à une question de survie réelle ».

Je ne veux pas et ne peux pas croire qu'aujourd'hui l'hellénisme et l'Orthodoxie connaissent une nouvelle “chute” historique« , a souligné l'archevêque dans sa déclaration, faisant allusion à l'anniversaire de la chute de Constantinople, déclarant : »Nous ne pouvons pas permettre cela".

L'archevêque a accusé le gouvernement égyptien d'avoir décidé, « malgré les récents engagements contraires du président égyptien envers le premier ministre grec, de démanteler tout concept de droit et, essentiellement, d'essayer d'éteindre à lui seul l'existence même du monastère, en niant toute sa fonction, son culte et son travail spirituel, ainsi que son travail culturel ».

Il a conclu par un appel passionné : "J'appelle tous les Grecs et toutes les autorités internationales à comprendre les enjeux très importants et à prendre immédiatement des mesures pour protéger les libertés religieuses fondamentales du saint monastère du Sinaï. Je condamne sans équivoque toute tentative de modifier le régime en vigueur dans la région depuis 15 siècles et j'en appelle au gouvernement grec responsable et personnellement au Premier ministre."

Version française Claude Lopez-Giniosty
d'après

jeudi 29 mai 2025

Tasos Kokkinidis: Staretz Ephraim : le moine grec qui a établi 19 monastères en Amérique

Père Ephraim de bienheureuse mémoire


L'histoire d'un moine orthodoxe grec qui a établi 19 monastères en Amérique du Nord est une épopée de dévouement à sa foi et à sa détermination à réaliser ce que d'autres trouveraient impossible. Le staretz Ephraim, également connu sous le nom de Ioannis Moraitis, était le chef spirituel du Monastère grec orthodoxe de St. Antoine en Arizona.

Au cours de sa vie monastique, il a établi 17 monastères qui sont soumis aux archidiocèses orthodoxes grecs d'Amérique et du Canada. Deux sont aux États-Unis et deux au Canada.

Père Ephraim, né à Volos, en Grèce, a vécu dans le monastère, créé en 1995, situé au milieu du désert rigoureux de l'Arizona, non loin de Phoenix et de la ville de Florence.
Il a passé son enfance dans la pauvreté à aider son père dans son travail, mais il a toujours suivi l'exemple de sa mère (qui est devenue plus tard religieuse sous le nom de "Theophano")À l'âge de 14 ans, il a décidé de suivre la voie monastique, mais son père spirituel ne lui a pas donné la bénédiction d'aller au Mont Athos avant l'âge de 19 ans. À son arrivée au Mont Athos le 26 septembre 1947, il se rendit directement chez l'ale staretz Joseph l'hésychaste dans le monastère de Timios Prodromos (Saint Jean le Précurseur), qui l'accepta dans sa confrérie. Neuf mois plus tard, en 1948, il a reçut le nom d'Ephraim.En 1973, la confrérie a déménagea au Saint Monastère de Philotheou où le staretz devint higoumène. Grâce à sa bonne réputation, la confrérie monastique se développa rapidement.

En 1979, il alla au Canada pour des raisons de santé. En plus de ses examens médicaux, il prêchait à la population grecque et écoutait leurs confessions. Ensuite, il procéda à l'établissement de 19 monastères en Amérique du Nord, afin que la population grecque ait sa propre place spirituelle.

Il est décédé en décembre 2019. Il avait 91 ans.

Le monastère de Saint-Antoine est situé dans un décor idéal pour les fidèles et les terrains attirent également de nombreux visiteurs de l'extérieur de l'État.

Le monastère a été créé pour la première fois à l'été 1995, lorsque six moines athonites sont arrivés dans le désert de Sonora en Arizona, transportant avec eux le patrimoine sacré et millénaire de la montagne sacrée, l'Athos de Grèce.

Ils créèrent une grande partie de ce que l'on trouve sur les vastes terrains pour lesquels le monastère est connu aujourd'hui, avec la construction de la première église principale, des logements pour les moines, la salle à manger et des installations pour les hôtes. Finalement, un beau potager, un petit vignoble, des vergers d'agrumes, des fontaines et une oliveraie ont également été ajoutés.

Menant une vie de célibat et de jeûne, les moines orthodoxes du monastère saint Antoine disent que "leur travail est de se repentir et de sauver leurs âmes".

Les moines ne parlent presque jamais devant la caméra, alors regardez notre court documentaire (en anglais), une occasion unique d'en savoir plus sur le monde du monachisme et l'histoire de l'un des premiers monastères orthodoxes en Amérique.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


mardi 27 mai 2025

Père Syméon Kragiopoulos: Examen de conscience

 



Les gens qui agissent comme des chrétiens, tant qu'ils ne deviennent pas de véritables chrétiens, seront conduits partout où leur tempérament les mène. 


Nous sommes tous guidés et portés par la constitution de notre âme, surtout lorsqu'elle est malade.


Nous devons nous examiner et examiner à fond la façon dont nous nous présentons. 


Nous devrions nous demander : cette chose que nous faisons est-elle vertueuse ou cache-t-elle un intérêt personnel ? 


Peut-être que l'un est prêt à servir les autres. Cela provient-il de la vertu, ou y a-t-il autre chose impliqué ? 


On pourrait aimer la solitude et l'isolement - l'insociabilité, pour ainsi dire, ce qui semble parfois assez agréable. Nous disons : « Quel hésychaste il est ! » Mais est-ce une vertu ou une faiblesse ? 


Nous devrions toujours chercher cela, l'examiner. Certes, il arrive qu'une personne soit parfois trompée et égarée. C'est inévitable. La meilleure façon de se vaincre soi-même - parce que c'est ce qui doit arriver - est l'obéissance.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

SAYINGS OF THE ROMANIAN ELDERS

lundi 26 mai 2025

Père Raphael [Noica]: Qu'est-ce que la repentance?

 


La repentance, frères et sœurs, n'est rien d'autre que l'élan dynamique vers l'éternité ; c'est l'élan dynamique de la vie éternelle. 

Que veux-je dire par élan dynamique ? Ce vol intérieur d'une âme qui voit quelque chose des réalités spirituelles et qui y aspire plus ou moins - un repentir plus ou moins complet. C'est cela le repentir. 

Comment s'exprime le repentir ? Par l'exapostilarion que vous entendrez au cours de la Semaine sainte : Je vois ta chambre nuptiale parée, ô mon Sauveur, mais je n'ai pas de vêtement pour y entrer. Si je ne le vois pas, c'est que le repentir n'a pas commencé. Mais je dirai ceci : souvent, nous ne sommes pas conscients de ce « voir ». Je ne pense pas qu'il y ait un seul d'entre vous ici qui n'ait pas vu quelque chose de cette chambre et de cette parure. 

Quelque chose dans l'âme de l'homme est actif, parce que sinon vous ne chercheriez pas, comme le dit le Christ, vous ne me chercheriez pas si vous ne m'aviez pas trouvé, donc dans une certaine mesure, tous l'ont trouvé, et peut-être que nous l'avons trouvé dans le baptême quand nous avons été baptisés enfants, qui sait quand et comment ou à quel degré la Grâce a travaillé dans le cœur de la création. Et elle nous a plus ou moins réveillés. C'est le repentir. C'est cela, quand on le cultive, comme le titre « Culture de l'Esprit », c'est cela la culture.

Cultivons cet élan dynamique jusqu'à ce qu'il brille en nous, pécheurs tels que nous nous voyons aujourd'hui, car nous ne nous voyons pas encore. Cela commence par la vision de notre péché, qui est difficile à rencontrer, difficile à supporter, c'est pourquoi il est dit « garde ton esprit en enfer et ne désespère pas ». Parce que Dieu ne nous montre pas notre péché pour nous écraser, pour nous faire désespérer, pour nous convaincre de péché et nous jeter en enfer, mais plutôt pour nous convaincre de péché afin que nous disions « Seigneur, fais quelque chose ». Et Il le fera, parce que le Seigneur est Celui qui le fait. 

Nous devons au moins crier, et parfois nous n'avons même pas l'esprit ou la compréhension, mais nous devons dire « Seigneur », et comme le dit le Saint Apôtre Paul, l'Esprit nous aidera avec des gémissements ineffables.

Ainsi, la repentance est le degré auquel quelque chose en nous voit ou perçoit, l'œil de l'esprit voit ou perçoit, et quelque chose aspire à quelque chose d'autre ; une repentance plus puissante vous fait ne pas désirer les choses quotidiennes, les joies de ce monde ; une repentance encore plus puissante vous fait renoncer encore plus aux choses de ce monde, et ainsi de suite. 

Je n'entrerai pas dans les détails maintenant, mais il y a suffisamment de littérature chrétienne pour que vous compreniez mieux, je l'espère, tout comme moi, en commençant à comprendre les mots plus correctement, j'ai commencé à mieux comprendre la littérature chrétienne aussi.


Version française Claude Lopez-GInisty

d'après

SAYINGS OF THE ROMANIAN ELDERS

Vadym Novynskyi: Zelensky veut éradiquer le christianisme en Ukraine...

dimanche 25 mai 2025

DIMANCHE DE L'AVEUGLE-NE



Aujourd'hui, parmi les nombreux noms du calendrier des saints, nous trouvons le patriarche saint Hermogène de Moscou et de toutes les Russies. Il a rejoint le Seigneur le 17 février 1612 et fait l'objet d'une commémoration ce jour-là, mais c'est aujourd'hui que l'on commémore sa glorification en tant que saint en 1913. 

Saint Hermogène

Il naquit vers 1530. La fin du XVIe siècle fut une époque difficile, connue sous le nom de « période de troubles ». Cependant, le patriarcat fut établi en 1589, avec le métropolite Job de Moscou élu comme premier patriarche. Hermogène fut nommé métropolite de la ville de Kazan, récemment conquise, où il se consacra à la conversion des Tartares musulmans au christianisme. En 1606, avec l'appui du tzar Vassili IV, Hermogène fut élu patriarche. Les Polonais envahirent Moscou et projetèrent de remplacer Vassili par le roi polonais Vladyslav IV, mais le patriarche Hermogène refusa de donner sa bénédiction car Vladyslav ne se convertit pas à l'orthodoxie. Le patriarche resta ferme dans sa décision, malgré les menaces de violence physique de certains boyards. En décembre 1610, Hermogène exhorta le peuple russe à se soulever contre la domination polonaise. Lorsqu'une armée de volontaires, sous le commandement de Prokopy Lyapunov, s'approcha de Moscou, le patriarche condamna les envahisseurs polonais et donna sa bénédiction à Lyapunov. En conséquence, ce dernier fut arrêté et gardé en captivité dans le monastère de Tchudov.  Lorsqu'il apprit qu'une nouvelle armée de volontaires avait été levée par Kuzma Minin et commandée par le prince Pojarsky, Hermogène leur donna sa bénédiction patriarcale. En conséquence, les Polonais le maltraitèrent et le laissèrent mourir de faim. Il alla vers sa récompense éternelle en 1612 et fut donc désigné comme hiéromartyr.  


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Aujourd'hui, nous avons une longue lecture de l'Évangile (Jean 9, 1-38), dans laquelle saint Jean nous raconte un autre miracle du Christ : la guérison de l'aveugle-né. Cet homme ne s'approcha  pas directement du Christ, mais c'est le Seigneur qui alla vers lui. L'homme souffrait du double fardeau d'être né à la fois aveugle et pauvre. Bien que ses parents aient été encore en vie, ils ne pouvaient manifestement pas subvenir à ses besoins et il devait donc mendier dans les rues pour survivre.

À l'époque, les gens pouvaient être très superstitieux à l'égard des malformations congénitales. Les disciples font allusion à cette attitude lorsqu'ils demandent qui, du péché de l'homme ou de celui de ses parents, est à l'origine de son état. Le Christ rejette rapidement l'idée que la cécité est une punition pour le péché, mais cela ne veut pas dire que l'homme et sa famille soient parfaits et sans péché. Non, ils étaient comme l'ensemble de l'humanité. Comme le dit l'ecténie des défunts, « nul ne vit sans pécher ». 



Puisque le Christ est Dieu incarné, il aurait pu guérir l'aveugle d'un simple mot, mais il ne l'a pas fait. Au lieu de cela, il nous rappela à tous que nous sommes formés de la poussière de la terre en faisant une pâte boueuse de poussière du sol et en oignant les yeux de l'aveugle. Ensuite, pour tester son obéissance, il dit à l'homme d'aller se laver les yeux. Cette action symbolise en outre le rituel du baptême, qui permet de se débarrasser des péchés. D'autres facteurs communs à cette histoire sont que, une fois de plus, c'était le jour du sabbat. Après avoir accompli le miracle, le Christ quitta discrètement la scène.

Ses compagnons furent stupéfaits de voir que l'homme, qui était né aveugle, voyait apparemment clair. Ils le traitèrent comme on traite souvent les personnes handicapées. Ils parlaient de lui comme s'il n'était pas là. Ils discutaient de son identité. Était-il vraiment le mendiant aveugle ? Certains disaient qu'il lui ressemblait. Nous commençons à voir la force de caractère de cet homme. Il est quelque peu irrité et les interrompt en disant : « C'est moi ». Leur prochaine action est de rapporter cet incident aux gardiens de la Loi, les Pharisiens. Cela ne semble pas être une action particulièrement amicale.

Les Pharisiens cherchaient toujours des moyens de critiquer le Christ et de s'y opposer. Au début, les questions qu'ils posent à l'homme se concentrent sur ce qu'ils considèrent comme une violation de la loi sur le sabbat. Puis ils changèrent d'approche. Pour nier le miracle, les Pharisiens  essayèrent ensuite de prouver que le mendiant était un imposteur et qu'il n'avait jamais été réellement aveugle. Ils ont interrogèrent ses parents, qui semblent avoir été intimidés par les pharisiens, pompeux et imbus d'eux-mêmes. Ils se retirèrent donc  en disant que leur fils était assez grand pour parler lui-même. Lorsqu'il fut appelé à parler aux Pharisiens, l'homme se montra assez audacieux, voire provocateur. Après s'être fait poser plusieurs fois les mêmes questions, l'homme retourna la situation et se montra assez insolent. Il leur demanda s'ils voulaient encore entendre les détails pour devenir les disciples du Christ. La réponse des pharisiens fut très indignée et ils firent jeter l'homme dehors. Le Christ alla chercher l'homme et l'interrogea sur sa foi. Jusque-là, l'ancien aveugle avait considéré Jésus comme un prophète ou un maître, mais en tout cas comme un homme, même s'il s'agissait d'un homme de Dieu. Lorsque le Christ se révèle sous sa véritable identité, l'homme tombe à ses pieds en signe d'adoration et de reconnaissance de Dieu. Le Christ avait touché et ouvert les yeux physiques de l'homme, mais il avait également touché son cœur et son esprit, ouvrant les yeux spirituels de son âme.

Les pharisiens du passé ont de nombreux homologues modernes. Beaucoup de gens, aujourd'hui, nient ou se moquent du Christ. L'homme né aveugle devrait être une source d'inspiration pour nous. Puissions-nous toujours être prêts à nous lever et à témoigner, sans jamais avoir honte de proclamer et de défendre la vraie foi.   


 

Le jeudi de cette semaine (29 mai), nous célébrons le jour de l'Ascension. La lecture de l'Évangile à la liturgie est Luc 24, 36-53, dans lequel l'évangéliste donne un récit assez bref de l'Ascension. Ce sont les derniers versets de l'Évangile de saint Luc, qui semble se terminer de manière assez abrupte. Un récit plus complet de l'Ascension se trouve dans la lecture de l'épître de la liturgie (Actes : 1 - 1-12). Ensemble, nous obtenons une image complète et nous nous souvenons que le saint évangéliste Luc est l'auteur à la fois de l'Évangile et des Actes des Apôtres. 

Le passage de l'Évangile nous rappelle l'état traumatique des disciples après la crucifixion. Le Christ vient à eux, pour calmer leurs craintes et pour démontrer que la résurrection est vraie et qu'Il n'est pas une apparition, bien qu'Il ne soit plus limité par des murs et des portes. Non seulement Il dit « touche-moi », mais Il demande à manger et mange, ce qu'un fantôme ne pourrait pas faire. 

Le Christ commence alors à préparer les disciples à la venue de l'Esprit Saint, en expliquant le sens de tout ce qui a été écrit dans la loi de Moïse, dans les psaumes et par les prophètes. Soyez tranquilles et sachez que je suis Dieu (Psaume 45:10). En outre, il leur dit de prêcher à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. 

Ces instructions n'ont pas été données à l'occasion d'un événement unique, mais dans le cadre d'un processus qui s'est déroulé pendant les quarante jours suivant la résurrection. Lors de l'Ascension, on nous dit que le Christ bénit les disciples et qu'il se sépara d'eux, mais il s'agissait d'un tournant. Au début, ils étaient craintifs et se cachaient. Après l'Ascension, ils devinrent audacieux et se rendirent chaque jour au temple pour glorifier Dieu.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
in Mettingham. 

ENGLAND



samedi 24 mai 2025

Savva Tống (Duệ Uyên): Devenir ùn chrétien orthodoxe véritable

 


Certaines personnes vont à l'église pendant de nombreuses années. Elles connaissent les noms des prêtres, l'horaire de l'église et l'ordo des prières. Elles font le signe de la Croix au bon moment et suivent les règles du jeûne. Mais même avec tout cela, elles pourraient encore ne pas connaître le Seigneur Jésus-Christ personnellement. Elles deviennent « proches de l'Eglise », mais cela ne signifie pas qu'elles deviennent proches de Dieu.

Dans la foi orthodoxe, être chrétien ne consiste pas à préserver une tradition culturelle ou à répéter une routine religieuse. La foi ne se mesure pas par la fréquence à laquelle nous entrons dans un bâtiment d'église, ni par ce que nous savons sur les rituels ou l'histoire de l'église. être chrétien signifie entrer dans une relation vivante avec le Christ, non pas comme un souvenir lointain ou un symbole, mais comme Celui qui est vivant, qui aime et qui transforme chaque coin caché de l'âme. Le Christ ne se tient pas sur l'autel comme une idole qui attend des offrandes. Il entre dans le cœur humain comme un feu sacré qui doit être entretenu. Et ce n'est que lorsque Son amour commence à adoucir nos cœurs - à chasser la haine, l'orgueil et l'illusion - ce n'est qu'alors que nous commençons vraiment le voyage chrétien. Non seulement de l'extérieur, mais de l'intérieur ; non seulement du respect des règles, mais de la réception de la vie ; non seulement de la « connaissance », mais aussi du changement.

La Sainte Bible dit : Même les démons croient - et ils tremblent » (Jacques II:19). Mais les démons n'aiment pas Dieu. Beaucoup de gens disent qu'ils croient, mais leur foi est mêlée de peur, de superstition ou d'idées fausses. Ils croient en Dieu, mais aussi en la divination, les porte-bonheur ou la guérison énergétique. La vraie foi n'est pas seulement dans votre tête. Ça doit changer votre cœur. Cela doit vous aider à pardonner aux autres, à arrêter de faire du mal et à devenir plus comme le Christ.


     

Personne ne peut croire à votre place. Dans l'Église orthodoxe, le salut n'est jamais hérité - pas par la lignée, pas par la tradition, pas même par la proximité de la sainteté. La foi de vos parents, de vos amis ou de votre prêtre peut vous inspirer, peut vous guider, mais elle ne peut pas remplacer votre propre rencontre avec le Christ vivant. Vous devez vous tenir vous-mêmes devant Lui - dans une prière qui est réelle, dans une repentance qui est honnête, dans un désir d'être changé non pas parce que vous craignez la punition, mais parce que votre âme aspire à être proche de son Créateur.

Assister à l'église n'est pas la même chose que d'être uni à l'Église. Le salut n'est pas accordé par la présence dans un bâtiment, mais par la synergie - la coopération vivante entre votre libre arbitre et la Grâce de Dieu. Le vrai chemin du salut ne commence pas par des pas vers l'autel, mais par l'ouverture du cœur - brisé, humilié, préparé à recevoir la miséricorde qui seule peut guérir et restaurer. Car Dieu n'habite pas dans les lieux construits par les mains, mais dans l'âme qui se fait temple d'amour et de vérité.

Il y a des moments où nous imaginons que nous en savons déjà assez - nous prions régulièrement, nous jeûnons pendant les saisons fixées, nous observons les règles de vie de l'Église. Pourtant, la vraie foi orthodoxe n'est pas un étang immobile ; c'est de l'eau vive, et l'eau vivante doit continuer à couler sinon elle se corrompt. Le Seigneur Jésus nous a avertis par la parabole du pharisien et du publicain (Luc 17) : Le pharisien était extérieurement juste, confiant en sa propre piété et reconnaissant qu'il n'était « pas comme les autres hommes ». Mais c'est le publicain - brisé, silencieux, se battant la poitrine de chagrin - qui rentra chez lui justifié.



C'est le mystère du salut, il ne commence pas dans l'orgueil mais dans la contrition ; il ne grandit pas dans l'autosatisfaction mais dans la soif de Grâce. Nous devons donc toujours être des étudiants dans l'école du Christ. Nous devons continuer à lire les Écritures, non pas pour nous sentir sages, mais pour être habités par la Parole. Nous devons continuer à confesser nos péchés, non pas pour cocher une case, mais pour découvrir les coins sombres de nos cœurs. Nous devons continuer à demander à Dieu de nous purifier - pas une fois, pas deux fois, mais constamment - parce que seul le cœur qui est purifié encore et encore peut devenir vraiment illuminé.

Dans l'Orthodoxie, il n'y a pas d'obtention du repentir, seulement une entrée plus profonde dans celui-ci, jusqu'à ce que le repentir ne devienne pas un fardeau, mais une joie - la joie de rentrer à la maison, encore et encore, auprès de Celui qui ne se lasse jamais de nous recevoir.

Être orthodoxe ce n'est pas porter une croix autour du cou, mais porter la croix dans sa vie. Il ne s'agit pas de connaître tous les offices. Il s'agit de devenir une offrande vivante à Dieu, chaque jour, par la patience, l'amour et le sacrifice. Il ne s'agit pas de parler fort contre les hérésies. Il s'agit d'aimer tellement la vérité que l'on est prêt à vivre et à mourir pour elle.

Vous n'avez pas besoin d'être un théologien pour être sauvé. Mais vous devez connaître les choses les plus importantes : que croyons-nous dans le Credo de Nicée ? Qui est le Christ ? Que signifie le baptême ? Qu'est-ce que l'Eucharistie ? Ce salut passe par l'Église. Beaucoup de gens croient à des choses étranges parce que personne ne les a jamais enseignées. Ils mélangent la foi orthodoxe avec la religion populaire, les commérages sur Internet ou les théories populaires. C'est pourquoi nous devons apprendre les bases, même en tant qu'adultes.

Nous ne prêchons pas tous des sermons, mais nous enseignons tous par nos vies. Votre famille, vos collègues et vos amis vous regardent. S'ils voient la paix, la gentillesse et le pardon en vous, ils croiront que Dieu est réel. S'ils voient de la colère, de l'orgueil ou de la division, ils peuvent se détourner de vous. Votre vie peut être la meilleure leçon que quelqu'un ait jamais vue ! Saint Paul a dit : Si je parle dans les langues des hommes et des anges, mais que je n'aie pas l'amour, je suis comme un airain qui résonne ou comme une cymbale retentissante. (1 Corinthiens 13-1). Vous pouvez jeûner, prier et aller à l'église, mais si votre cœur n'aime pas Dieu et les autres, vous ne vivez pas vraiment la foi orthodoxe.

Il était une fois une femme qui alla à l'église pendant trente ans. Quand elle tomba malade, elle eut peur et dit à son prêtre : « Père, en ai-je fait assez ? » Le prêtre ne répondit pas directement à sa question. Il dit : « Dieu ne vous demandera pas combien de fois vous êtes venue à l'église. Il vous demandera quand était la dernière fois où vous êtes vraiment venue à Lui. »

C'est la question pour nous tous. Non, « Qu'ai-je fait ? » mais, « Ai-je vraiment ouvert mon cœur au Christ ? » Non pas , « Suis-je sur la liste de l'église ? » mais, « Mon nom est-il inscrit dans le Livre de Vie ? »Pas "est-ce que je pense que je suis un bon chrétien ?" Mais « Dieu me considère-t-il comme Sien ? »

Et si nous ne sommes pas sûrs, il n'est pas trop tard pour recommencer. Pas avec des règles. Pas avec orgueil. Mais avec une simple prière, murmurée avec des larmes : « Seigneur, souviens-toi de moi. »


Version française Claude Lopez-Ginisty 

d'après


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Remarque juste et bienvenue d'Emilie van Taack:Toutes ces choses extérieures sont un début pour ceux qui reviennent au Christ. Il peut Lui-même remplir de grâce toutes ces pratiques extérieures... comme Il peut rendre salvifique une icône de mauvaise qualité plastique, théologique ou spirituelle.


Editions EIKÔN: Saints orthodoxes occidentaux



10,00 €

Ce livre bilingue contient une nouvelle traduction francaise et russe de la Vie de saint Martin de Tours par Sulpicе Sévère.

Cette publication inaugure une série de livres avec une édition parallèle des vies des anciens saints qui ont vécu en Occident et qui sont vénérés dans l’Église orthodoxe. Les nouvelles traductions sont préparées par les membres du groupe orthodoxe de travail sur les saints locaux, qui réunit des clercs et des laïcs orthodoxes, des universitaires et des écrivains désireux de rendre les hagiographies anciennes accessibles au lecteur moderne. Le principe de l’édition bilingue vise à élargir le lectorat.

Le livre est accompagné d’une carte géographique des lieux mentionnés dans le texte et d’un glossaire des termes rares.

(Traduit du latin en français et en russe par Sergey Kim. Collection "Saints bilingues", vol. 1.)

ISBN: 9782958545000





10,00 €

Le volume propose la traduction de textes anciens associés à la mémoire des saints évêques de Lyon: le Martyre de St Irénée, St Andoche (ou Andéol) et St Bénigne, la Vie ancienne de St Just, les vers de Sidoine Apollinnaire commémorant St Patiens, la Vie ancienne de St Nizier.

Le livre est accompagné d’une carte géographique des lieux mentionnés dans le texte et d’un glossaire des termes rares.

(Traduit du grec ancien et du latin en français et en russe par Sergey Kim. Collection "Saints bilingues", vol. 4.)

ISBN: 9782958545024



10,00 €



Le livre contient une nouvelle traduction francaise et russe de la Vie de sainte Geneviève de Paris. Cette Vie ancienne a été composée par un membre du clergé, probablement un parisien, dix-huit ans après la mort de la sainte, c'est-à-dire autour de l'an 520.

La publication constitue le deuxième volume de la série de livres avec une édition parallèle des vies des anciens saints de l'Occident qui sont vénérés dans l’Église orthodoxe. Les nouvelles traductions sont préparées par les membres du groupe orthodoxe de travail sur les saints locaux. Le principe de l’édition bilingue vise à élargir le lectorat.

Le livre est accompagné d’une carte géographique des lieux mentionnés dans le texte et d’un glossaire des termes rares.

(Traduit du latin en français et en russe par Aline Derely-Lariitchouk et Sergey Kim. Collection "Saints bilingues", vol. 2.)



12,00 €

Le volume contient une nouvelle traduction de la Lettre des Églises de Vienne et de Lyon, écrite par des chrétiens qui ont survécu à la persécution de l'année 177. Le livre inclut aussi une première traduction d’un sermon latin prononcé le jour de la commémoration de sainte Blandine (le 2 juin) par un prédicateur gaulois inconnu, dans les années 20 du VI siècle.

Le livre est accompagné d’une carte géographique des lieux mentionnés dans le texte et d’un glossaire des termes rares.

(Traduit du grec ancien et du latin en français et en russe par Sergey Kim. Collection "Saints bilingues", vol. 3.)

ISBN: 9782958545017 (vol. 1)


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