"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 10 septembre 2017

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX

28 août / 10 septembre
14ème dimanche après la Pentecôte

Saint  Moïse l’Éthopien (vers 400) ; sainte prophétesse Anne, fille de Phanuel (Ier s.) : sainte Chouchanik (Suzanne), princesse martyre de Géorgie (Vème s.) ; saint martyr Julien de Brioude en Auvergne (IIIème s.) ; synaxe des saints de la Laure des grottes de Kiev (grottes lointaines) ; saint Amphiloque de Vladimir en Volhynie (1122) ; saint Sabbas de Krypets (1495) ; invention des reliques de saint Job de Potchaïev (1659) ; saints néomartyrs de Russie : Alexis (Bourdine), prêtre (1918) ; Serge (Zaïtsev), Laurent (Nikitine), Séraphim (Kouzmine), Théodose (Alexandrov), Léonce (Kariaguine), Étienne, Georges (Timofeev), Hilarion (Pravdine), Jean (Sretensky) et Serge (Galine), moines de Kazan (1918) ; Alexandre (Medvedev), diacre (1918) ; Nicolas (Gueorguievsky), prêtre (1931) ; Basile (Sokolsky) (1937).

St Moïse l'Ethiopien
(icône contemporaine serbe)
Chef de brigands converti, il dut « forcer la porte » d'une communauté monastique de Scété pour y être admis. Il ne renonça pas toujours à la violence, lui qui était de fort haute stature, et il lui arriva de traîner de force d'anciens compagnons de brigandage — qui l'avaient attaqué — jusqu'à l'église de Scété, pour que les anciens décident de leur sort. Par cette évangélisation expéditive, il amena à la conversion de nombreux bandits qu'il enseigna dans la voie du Christ.

Ayant acquis une grande réputation de sainteté, il refusait toute forme d'honneur, et supportait les offenses.
Il mourut après le sac de Scété par les « barbares » en 410.

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Ste Chouchanik ( Suzanne)
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Sainte Suzanne (Chouchanik) était l'épouse du prince géorgien Varsken, souverain [1] d'Hereti. Ayant été élevé dans une famille chrétienne pieuse, elle était profondément pénétrée de l'amour et de la crainte de Dieu.

À ce moment, Kartli était sous forte pression politique de la Perse, et le prince Varsken rendit visite au roi perse Peroz dans l'espoir d'encourager des relations plus amicales entre les deux pays. Il renia volontairement la vraie foi, se convertit au culte du feu, et promit au roi de convertir sa femme et ses enfants à son retour en Hereti.

Ayant approché de la frontière d'Hereti, Varsken envoya des messagers à Tsurtavi, la ville qu'il gouvernait, pour que ses sujets viennent à sa rencontre avec le respect dû à son rang. La bienheureuse Suzanne, ayant appris la trahison de son mari, tomba au sol et pleura sur lui avec des larmes amères. Puis elle prit ses quatre enfants, déserta le palais, et chercha refuge dans une église voisine.

Ce soir-là Suzanne eut la visite de son père spirituel, le staretz Jacques (Iakob), qui prédit, "la cruauté et le manque de pitié de Varsken sont indéniables. Sache que de terribles épreuves t'attendent. Veux-tu être ferme et inflexible dans ta position? "

"Je préfère mourir que de m'unir avec lui et détruire mon âme!" Répondit-elle.

Trois jours plus tard, le prince arriva en Tsurtavi. Comme promis, il essaya de persuader sa femme de se convertir, mais sainte Suzanne répondit fermement: " De même que tu as renoncé à ton Créateur,  je renonce à toi. Je ne veux plus prendre part à tes affaires, quelle que soit la souffrance que je dois endurer! "

La fois suivante, Varsken envoya son jeune frère Jojik et l'évêque Apots pour convaincre Suzanne de retourner au palais. Suzanne refusa pendant un certain temps, mais à la fin elle céda à leur persuasion. Elle partit pour le palais avec le Saint Evangile et la Vie des Saints Martyrs, et quand elle arriva, elle s'enferma dans une cellule sordide.

Deux jours plus tard Varsken revint au palais et invita Chouchanik, son frère Jojik, et sa sœur pour le souper. La reine, cependant, ne pouvait se résoudre à partager un repas avec quelqu'un qui avait trahi le Christ: elle repoussa la tasse que la femme de Jojik lui avait offerte,  irritant encore davantage son époux.

Varsken furieux, battit sa femme sans pitié, l'entrava dans les fers, l'enferma en prison, et interdit aux gardes de laisser quiconque la voir.

Sainte Suzanne passa six ans en captivité. Pendant qu'elle purgeait sa peine, elle aida les pauvres qui venaient à elle. Par ses prières les malades furent guéris et des enfants naquirent chez celles qui étaient stériles.

Avant sa mort, la sainte martyre Suzanne bénis ceux qui étaient autour d'elle et demanda à être enterrée à l'endroit où son mari non-croyant l'avait traînée hors du palais.

Ceci advint en l'an 475. Le clergé et le peuple pleurèrent amèrement sur le destin tragique de Suzanne. Ses reliques furent enterrées conformément à sa volonté.

En 578, avec la bénédiction du Catholicos Kirion I, les saintes reliques de sainte Suzanne furent transférées à Tbilissi, où elles demeurent aujourd'hui dans l'Eglise de la Très Sainte Génitrice de Dieu de Metekhi.

Ô sainte Suzanne, à cause de la transgression de ton époux, tu fus ornée d'une couronne de martyre, et tu refusas le rang de reine terrestre en faveur du Royaume céleste. Maintenant tu te tiens avec hardiesse devant l'Epoux, le Christ Immortel. Protège-nous, nous qui louons ton nom!


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Note: [1] Comme l'Hereti (Province du Sud-Ouest de la Géorgie) était sous contrôle persan à l'époque, Varsken était en fait le vice roi au service des perses.
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St Julien de Brioude
Selon la Passio s. Juliani martyris, Julien de Brioude serait originaire de Vienne (Isère), sur le Rhône. 

Soldat romain et chrétien, comme Ferréol, qui était son ami et son officier supérieur, il fuit l'annonce d'une persécution et se réfugie en Auvergne, hors de la Viennoise, sa province d'origine. 

Il est repris près de Brioude par les gardes envoyés par le gouverneur de la Viennoise, nommé Crispin. Il est aussitôt décapité et sa tête est rapportée à Vienne. 

La passio s. Juliani ne fournit aucun repère chronologique, le rattachement à la persécution de Dioclétien de 304 est apocryphe mais plausible, la persécution de Dioclétien ayant visé particulièrement l'armée. De même, la date de son exécution était selon Grégoire de Tours inconnue des habitants de Brioude jusqu'à ce que l'évêque Germain d'Auxerre (mort en 448) la fixe au 28 août à la suite d'une révélation.
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St Job de Potchaïev

VIE DE SAINT JOB DE POTCHAÏEV[1]
S
aint Job naquit dans une famille pieuse de Pokutcha, en Galicie, vers 1550. Ayant manifesté de l’ardeur pour les œuvres de la piété dès sa plus tendre enfance, il quitta le domicile familial à l’âge de neuf ans, et entra au monastère de la Transfiguration à Ugornitsky dans les Carpathes. Le jeune garçon faisait preuve d’une grande humilité et d’un total renoncement à sa volonté propre, aussi reçut-il la tonsure monastique dès l’âge de douze ans. Tout le temps libre dont il disposait était consacré à la prière et à la lecture d’ouvrages utiles à l’âme. L’austérité de son ascèse et sa ferveur pour la prière furent bientôt réputées dans tout l’Ouest de la Russie. Quelques années plus tard, le défenseur de l’Orthodoxie, Constantin Constantinovitch, prince d’Ostrog, désirant fonder un monastère dédié à l’Exaltation de la Sainte Croix à Duben, en vue de protéger le peuple contre le prosélytisme des jésuites et des Polonais, fit appel à Job, qui venait d’être ordonné prêtre pour assurer l’higouménat. Le saint resta vingt-deux ans à la tête de cette communauté, où les moines vivaient dans toute sa rigueur la tradition ascétique orthodoxe. Mais, brûlant du désir de mener la vie d’un simple moine, il s’enfuit un jour secrètement et entra à la laure peu connue de Potchaev, dans le diocèse de Volynie. Là encore, ses vertus ne purent rester cachées, et les moines lui demandèrent bientôt d’accepter la charge d’higoumène. Ayant accepté malgré son désir de demeurer dans l’hésychia, il instaura un régime de vie cénobitique, fit construire une église de pierre et éleva le monastère à une grande prospérité matérielle et spirituelle. Il prit aussi une part active à la lutte contre l’uniatisme, en manifestant que la plénitude de la sainteté se trouve au sein de l’Église Orthodoxe. Vers la fin de sa vie, après avoir reçu le Grand Habit angélique sous le nom de Jean, il nomma son successeur et alla mener, avec la plus grande austérité, la vie de reclus dans une grotte souterraine totalement obscure. Il s’endormit dans le Seigneur le 28 octobre 1651, âgé de presque cent ans. Huit ans plus tard, en 1659, ses reliques furent trouvées intactes, et elles n’ont cessé d’accomplir depuis quantité de guérisons miraculeuses. De 1720 à 1831, la laure de Potchaev tomba aux mains des moines uniates (Basiliens) qui, devant l’abondance des miracles accomplis par les reliques, furent contraints de faire reconnaître sa sainteté par le pape Clément XIV, bien que S. Job ait été un farouche opposant de l’« union ».


*
Lectures : 2 Cor. I, 21 – II, 4 ;  Matth. XXII, 1–14 ; pour saint Job: Gal. V, 22 – VI,2 ; Lc VI, 17-23.

Tropaire du dimanche du 5ème ton
Собезнача́льное Сло́во Oтцу́ и Ду́xoви, отъ Дѣ́вы ро́ждшeecя на спасéнie на́ше, воспои́мъ вѣ́рніи и поклони́мся, я́ко благоволи́ пло́тію взы́ти на крéстъ, и cмéрть претерпѣ́ти, и воскреси́ти умéршыя сла́внымъ воскресéніемъ Cвои́мъ.
Fidèles, chantons et adorons le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, né d’une Vierge pour notre salut : car il Lui a plu, en Sa chair, de monter sur la Croix, de subir la mort et de relever les défunts par Sa glorieuse Résurrection !

Tropaire de saint Job de Potchaïev, ton 4
Многострада́льнаго пра́отца долготерпѣ́ніе стяжа́въ, Крести́телеву воздержа́нію уподобля́яся, боже́ственныя же ре́вности обою́ пріобща́яся, тѣ́хъ имена́ досто́йно прія́ти сподо́бился еси́, и и́стинныя вѣ́ры бы́лъ еси́ проповѣ́дникъ безбоя́зненъ; тѣ́мже мона́ховъ мно́жества ко Христу́ приве́лъ еси́, и вся́ лю́ди въ Правосла́віи утверди́лъ еси́, Іове преподо́бне о́тче на́шъ, моли́ спасти́ся душа́мъ на́шимъ.
Ayant atteint la longanimité de l’ancêtre* très-éprouvé, et imité la tempérance du Baptiste, émule de leur zèle divin, tu as été digne de prendre leurs noms, et tu fus le prédicateur intrépide de la foi véritable ; aussi tu as amené la multitude des moines au Christ, et tu as affermi tous les hommes dans l’Orthodoxie, Job notre père vénérable, prie pour sauver nos âmes.

*(Job)

Kondakion de saint Job de Potchaïev, ton 4
Яви́лся еси́ и́стинныя вѣ́ры сто́лпъ, ева́нгельскихъ же за́повѣдей ревни́тель, горды́ни обличе́ніе, смире́ннымъ же предста́тель и науче́ніе: тѣ́мже и ублажа́ющимъ тя́ грѣхо́въ отпуще́ніе испроси́ и оби́тель твою́ невреди́му сохрани́, Іове о́тче на́шъ, многострада́льному подо́бный.
Tu fus une colonne de la foi véritable, un zélateur des commandements évangéliques, le pourfendeur de l’orgueil, et le maître et le défenseur des humbles ; aussi demande pour ceux qui t’exaltent la rémission des péchés, et de préserver ton monastère, Job notre père, semblable à celui qui fut très éprouvé.
Kondakion du dimanche du 5ème ton
Ko а́ду Спа́сe мо́й, coшéлъ ecи́, и врата́ сокруши́вый я́ко всеси́ленъ, умéршиxъ я́ко Созда́тель coвоскреcи́лъ ecи́, и cме́рти жáло сокруши́лъ ecи́, и Aда́мъ отъ кля́твы изба́вленъ бы́сть, Человѣколю́бче. Тѣ́мже вси́ зове́мъ : спаси́ на́съ, Го́споди.
Ô mon Sauveur, Tu es descendu aux enfers, brisant ses portes comme Tout-Puissant; et avec Toi, Créateur, Tu ressuscitas les morts, brisant l’aiguillon de la mort et libérant Adam de la malédiction, ô Ami des hommes ! Aussi, tous nous Te clamons : Seigneur, sauve-nous! 

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Saint Nicolas [Vélimirovitch]
de Jitcha


COMMENTAIRE DE L’ÉVANGILE DE CE JOUR PAR ST NICOLAS VÉLIMIROVITCH[2]
Il en va du Royaume des Cieux comme d’un roi qui fit un festin de noces pour son fils (Mt 22, 2). Comme d’habitude dans d’autres récits du Christ, celui-ci recouvre toute l’histoire humaine, du commencement à la fin. Des hommes érudits peinent à écrire de grands livres, difficilement compréhensibles, pour expliquer l’histoire de l’humanité ; et au lieu de réussir dans ces entreprises, souvent ils embrouillent encore plus la trame de l’histoire, enchevêtrent les fils et perturbent les idées. Or, en une histoire simple et brève, le Christ dit tout en termes clairs et compréhensibles. En vérité, jamais homme n’a parlé comme cela ! (Jn 7, 46).

Le Royaume céleste ne peut se décrire par des mots ; on ne peut que le comparer à certains événements ayant lieu dans ce monde. Entre autres, on peut le comparer à une noce, c’est-à-dire un événement joyeux parmi les hommes ; le Royaume céleste est toute joie. C’est pourquoi le Royaume peut se comparer à une noce. Le roi cité dans cet extrait de l’Évangile, c’est Dieu Lui-même, tandis que Son fils, c’est Jésus-Christ. Le fait qu’Il soit l’époux a été annoncé par Jean le Baptiste (Jn 3, 29) et confirmé par Jésus-Christ Lui-même (Mt 9, 15). Toute l’histoire humaine depuis l’expulsion d’Adam du paradis jusqu’à l’arrivée du Christ, correspond à la préparation de l’âme humaine aux noces du Fils de Dieu ; l’arrivée du Christ dans le monde représente le véritable début des noces, le véritable début des réjouissances nuptiales ; et toute la période allant de Son arrivée à la fin du temps correspond à la durée de ces noces dans le monde. Mais la joie nuptiale n’atteint son apogée que dans la deuxième vie. L’arrivée du Christ dans ce monde est l’événement le plus joyeux pour l’humanité en général et pour chaque âme humaine en particulier, comme l’arrivée de son fiancé pour la fiancée. De tous les peuples de la terre, c’est le peuple juif qui aurait du accueillir le plus joyeusement l’arrivée du Christ le Fiancé, puisque c’est ce peuple qui avait été le plus préparé par Dieu pour L’accueillir. Ce peuple avait pour devoir de rencontrer le premier le Christ, d’être le premier à Le connaître et à L’accueillir, puis d’annoncer à tous les peuples et tribus de la terre la joie et le salut. C’est pourquoi le texte original de l’Évangile évoque au pluriel des festins de noces pour son fils. En effet, c’est l’époux attendu qui est arrivé pour l’église vétérotestamentaire juive, mais aussi l’époux de toute âme humaine en quête du salut, de la vie et de la joie ainsi que l’époux de tout le genre humain créé, de tous les peuples et tribus. Mais face à l’immensité de l’amour de Dieu pour les hommes, il y a l’immensité de l’aveuglement et de la malveillance des pécheurs sur cette terre. Comme le dit l’évangéliste Jean : Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas accueilli (Jn 1, 11). Il vint donc parmi ceux qu’Il avait préparés le plus longuement pour Ses noces – le peuple juif. Mais ce peuple ne Le reconnut pas, Le méprisa et Le rejeta, comme l’indique ce récit : Il envoya ses serviteurs convier les invités aux noces, mais eux ne voulaient pas venir (Mt 22, 3). 

En préparant la cérémonie nuptiale de Son Fils, Dieu envoya d’abord Ses prophètes au cours des siècles, qui annonçaient l’approche de cette cérémonie et conviaient le peuple juif à se tenir prêt pour l’arrivée du Christ, l’Époux. Ce furent les premiers serviteurs que Dieu envoya pour convier les invités. Quand le Christ apparut dans le monde, Jean le Précurseur fut envoyé en messager pour annoncer, crier et appeler. Mais de même qu’un petit nombre d’élus écouta les anciens prophètes, de même un petit nombre écouta le clairon du désert, Jean le Précurseur. Ils ne voulaient pas venir. De nouveau il envoya d’autres serviteurs avec ces mots : Dites aux invités : Voici, j’ai apprêté mon banquet, mes taureaux et mes bêtes grasses ont été égorgés, tout est prêt, venez aux noces (Mt 22, 4). 

Ces autres serviteurs, ce sont les apôtres et les aides des apôtres. Quant aux invités, ce sont encore pour quelque temps les mêmes – les Juifs. Car le Seigneur Lui-même a dit d’abord : Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël (Mt 15, 24), commençant aussi par donner un tel ordre à Ses apôtres : allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël (Mt 10, 6). Il en fut ainsi avant Sa passion et Sa glorification. Mais quand Il fut rejeté par les Juifs, chassé par les mauvais vignerons en dehors de la clôture du peuple juif et tué, alors et seulement alors, après Sa résurrection, Il donna un autre ordre : Allez donc, de toutes les nations faites des disciples (Mt 28, 19). Dieu est resté fidèle à Son vœu, mais les Juifs l’ont transgressé. Dieu est resté fidèle à Sa fiancée, Son élue, l’église vétérotestamentaire, fidèle jusqu’au bout, mais celle-ci a trompé son Fiancé, nouant d’innombrables unions illégitimes avec des idoles et de faux dieux dont elle ne voulut pas se séparer pour revenir à son fiancé légitime.

Voici, j’ai apprêté mon banquet. Tout ce qui est nécessaire pour le repas et la réjouissance de l’âme a été préparé. La vérité nourrit l’âme – la vérité était entièrement découverte, comme la table somptueuse d’un festin royal. La victoire sur les esprits maléfiques, la victoire sur les maladies et les soucis, la victoire sur la nature – toutes ces victoires, qui nourrissent et réjouissent l’âme humaine désespérée – ont été remportées. Venez donc ! Le ciel ressemblait auparavant à du plomb fermé aux hommes, et les âmes humaines étaient comme des tristes fiancées emprisonnées dans un cachot froid ; maintenant le ciel est largement ouvert : Dieu Lui-même est venu sur la terre, les anges sont descendus sur terre, les morts sont apparus comme des vivants, la dignité de l’homme a été élevée jusqu’à Dieu. Ah, que ces nourritures sont douces ! Que la table est luxueuse  ! Venez !

CHAQUE JOUR, SUR LE SITE Orthodoxie.com DANS LA RUBRIQUE « VIVRE AVEC L’ÉGLISE » : LISTE DES SAINTS COMMÉMORÉS (DONT LES SAINTS ORTHODOXES OCCIDENTAUX), TROPAIRES, KONDAKIA, ÉPITRE ET ÉVANGILE DU JOUR.
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[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras
[2] Homélies sur les Évangiles des dimanches et jours de fête, Collection Grands Spirituels orthodoxes du XXème s. Éditions de l’Âge d’Homme.

samedi 9 septembre 2017

Startsy d'Optino


Si tu fais le bien, fais -le seulement pour Dieu. Pour cette raison, ne prête aucune attention à l'ingratitude des gens. N'espère pas là une récompense, tu l'auras de la part de Dieu au Ciel. Si tu t'attends à la recevoir ici-bas, ce sera en vain, et tu ne ressentiras que la privation.


Saint Ambroise d'Optino



Fais tout attentivement, comme si tu le faisais devant la Face de Dieu. Souviens-toi que Dieu voit tout.


Saint Nikon d'Optino




Prophécie de saint Ambroise
d'Optino (R)

Saint Ambroise d'Optino (également connu sous le nom de Staretz Ambroise) est l'un des plus connus des startsy d'Optino. L'Église orthodoxe russe l'a déclaré saint en 1988 et sa mémoire est célébrée le 10 Octobre. 

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Mon enfant, sache que dans les derniers jours, des moments difficiles viendront, et, comme le dit l'Apôtre, voici, à cause du peu de piété, les hérésies et les schismes apparaîtront dans les églises, et puis, ainsi que les saints Pères l'ont prédit, sur les trônes des hiérarques et dans les monastères, il ne sera plus possible de trouver des hommes qui soient fermes et expérimentés dans la vie spirituelle. 


C'est pourquoi, les hérésies se propageront partout dans le monde et tromperont beaucoup de gens. L'Ennemi de l'humanité agira habilement, et chaque fois que cela sera possible, il conduira les élus à l'hérésie. Il ne commencera pas par le rejet des dogmes de la Sainte Trinité, de la divinité de Jésus-Christ, ou par le rejet de la Mère de Dieu, mais il commencera imperceptiblement à fausser les enseignements des saints Pères, en d'autres termes, les enseignements de l'Église elle-même. 



La ruse de l'Ennemi et ses façons d'agir seront remarqués par un très petit nombre - mais uniquement par ceux qui sont les plus expérimentés dans la vie spirituelle. Les hérétiques s'empareront de plus en plus de l'Eglise, partout dans le monde, et ils nommeront leurs serviteurs, et la spiritualité sera négligée. 


Mais le Seigneur ne laissera pas Ses serviteurs, sans protection. En vérité, leur devoir véritable [aux démons] est une persécution des vrais pasteurs et leur emprisonnement, car sans cela, le troupeau spirituel ne pourra pas être pas capturé par les hérétiques. Par conséquent, mon fils, quand, dans les Églises, tu verras que l'on se moque des actes divins, de l'enseignement des saints Pères, et de l'ordre établi de Dieu, sache que les hérétiques, sont déjà présents. Sois également conscient que, pendant quelque temps, ils pourraient cacher leurs mauvaises intentions, ou bien encore ils pourraient déformer la foi divine d'une manière cachée, afin de mieux réussir à détourner et à tromper les gens inexpérimentés. 


Ils persécuteront de la même manière les pasteurs et les serviteurs de Dieu, car le Diable, qui dirige l'hérésie, ne peut pas supporter l'ordre divin. Comme des loups dans la peau de moutons, ils seront reconnus par leur vaine gloire naturelle, l'amour de la luxure, et la soif de pouvoir. Tous ceux-ci seront des traîtres, qui provoqueront la haine et la malveillance partout, c'est pourquoi le Seigneur a dit que l'on pourra facilement les reconnaître à leurs fruits. Les véritables serviteurs de Dieu sont doux, ils aiment leur frère et obéissent à l'Église (dans l'ordre, et les traditions). 


À cette époque, les moines subiront de fortes pressions des hérétiques, et la vie monastique sera ridiculisée. Les familles monastiques seront pauvres, le nombre de moines diminuera. Ceux qui resteront seront en butte à la violence. Ces contempteurs de la vie monastique, qui ont seulement l'apparence de la piété, s'efforceront d'attirer des moines de leur côté, leur promettant protection et biens (id est le confort), mais menaceront d'exil ceux qui ne se soumettront pas. A cause de ces menaces, les faibles de cœur seront très tourmentés. 


Si tu vis jusques en ces temps-là, réjouis-toi, car à ce moment-là les fidèles qui ne possèdent pas d'autres vertus recevront des couronnes simplement en restant fermes dans leur foi, selon la Parole du Seigneur, "Tous ceux qui me confessent devant les hommes, je les confesserai devant Mon Père Céleste". Crains le Seigneur, mon fils, et ne perds pas cette couronne afin de ne pas être rejeté par le Christ dans les ténèbres extérieures et la souffrance éternelle. Reste bravement debout dans la foi, et, si nécessaire, supporte avec joie les persécutions et les autres épreuves, car alors seulement le Seigneur se tiendra à tes côtés ... et les saints martyrs et confesseurs verront avec joie ton combat. 


Mais, en ces jours, malheur aux moines attachés aux possessions et aux richesses, et qui, pour l'amour du confort, accepteront de se soumettre aux hérétiques. Ils apaiseront leur conscience en disant: "Nous allons sauver le monastère, et le Seigneur nous pardonnera". Malheureux et aveugles, ils ne pensent même pas que par les hérésies et les hérétiques, le Diable entrera dans le monastère, et ce ne sera plus un saint monastère, mais des murs nus d'où la Grâce partira à jamais! 


Or Dieu est plus puissant que le Diable, et il n'abandonnera jamais Ses serviteurs. Il y aura toujours de vrais chrétiens, jusques à la fin des temps, mais ils choisiront des lieux solitaires et déserts. 


Ne crains pas les épreuves, mais aie crainte de l'hérésie pernicieuse, car elle chasse la Grâce, et nous sépare du Christ, c'est pourquoi le Christ nous a commandé de voir l'hérétique comme un païen et un publicain. 


Mon fils, affermis-toi dans la Grâce de Jésus-Christ. Avec joie, hâte-toi vers la confession [de la foi] et endure les souffrances de Jésus-Christ comme le bon soldat à qui a été dit: "Sois fidèle jusqu'à la mort, et Je te donnerai la couronne de Vie".



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après 
ORTHODOX HERITAGE

jeudi 7 septembre 2017

Père Georges Massouh: Quand le christiannisme disparaîtra-t-il de notre pays?


Père Georges Massouh

Le christianisme est-il voué à disparaître dans notre pays? C'est une question que j'ai abordée précédemment dans plusieurs articles, mais nous y revenons aujourd'hui du point de vue de la façon dont les chrétiens se voient eux-mêmes et voient leur témoignage dans le monde d'aujourd'hui. Nous ne répéterons pas ce que nous avons dit au sujet de ce que la récession économique, de la croissance de l'islam extrémiste et de la création de l'État d'Israël qui ont contribué à la diminution du nombre de chrétiens. Au lieu de cela, nous allons souligner certains phénomènes qui ont récemment été soulevés dans le comportement et l'attitude des chrétiens vis-à-vis des événements actuels.

Le phénomène primaire à partir duquel viennent tous les autres phénomènes, réside dans la négligence des chrétiens sur ce qui est essentiel au christianisme et le contentement avec ce qui est inessentiel en lui. Par «essentiel», nous ne voulons pas dire les questions dogmatiques fondamentales qui distinguent les chrétiens des autres ou celles qui distinguent les chrétiens les uns des autres selon leurs diverses affiliations. Nous entendons plutôt l'essence des enseignements moraux et de la vie de Jésus-Christ.

Si nous voulons caractériser le christianisme en bref, nous dirons que c'est l'imitation de Jésus-Christ dans la vie quotidienne et le souci de l'humanité en général et des nécessiteux en particulier. L'amour vient de l'essence de cette essence et le Christ Lui-même l'a fait Sa seule charge pour Ses disciples. En effet, Il en a fait la seule preuve de leur christianisme, donc, s'ils le perdent, ils cessent de Lui appartenir et cessent ainsi d'appartenir au christianisme. "Par cela, tous saurez que vous êtes Mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres." (Jean 13:35)

Pour les chrétiens, s'écarter de cette essence dans leurs attitudes morales pour des raisons politiques, patriotiques, économiques ou sectaires, c'est absolument le phénomène le plus inquiétant. Les chrétiens disparaîtront physiquement ou spirituellement. Qu'est-ce que cela signifie pour les chrétiens de demeurer s'ils n'imitent pas le Christ et ne font de l'Evangile leur critère que quand cela leur convient? "Par cela, tous saurez que vous êtes Mes disciples." Les chrétiens sont-ils connus par leur comportement ou seulement par leurs noms et leurs noms de famille? Ne pouvons-nous pas dire que le christianisme a disparu de notre pays, malgré le fait qu'il reste des chrétiens qui ne sont pas satisfaits de la vie telle que le Christ veut qu'elle soit? Un chrétien reste-t-il un chrétien s'il dit que l'Evangile n'est pas pour lui en ce moment?

Ce à quoi nous assistons actuellement, nous fait affirmer que la perte de l'essence morale parmi les chrétiens est le facteur le plus efficace pour la disparition du christianisme. Voici quelques phénomènes qui fournissent des exemples d'aberrations morales qui provoquent la peur pour l'avenir du christianisme dans notre pays:

°Quand les chrétiens applaudissent les régimes injustes avec l'excuse qu'ils les protègent d'un danger plus grand, comme si le Christ choisissait entre un mal moindre et un plus grand. Le moindre et le plus grand mal sont à la fois mauvais!

°Lorsque les «droits des chrétiens» deviennent plus importants que les «droits de l'homme».

°Lorsque les «droits des chrétiens» deviennent plus importants que les droits du Christ. Les droits du Christ ne sont pas autre chose que le fait que les pauvres soient considérés, que les personnes affamées soient nourries, que les malades soient aidés, que l'étranger soit protégé... En ce qui concerne les «droits des chrétiens», cela ne signifie rien d'autre que les droits dee riches ou de ceux qui sont en mesure de devenir riches, du rang de «directeur général» jusques au-dessus de ce rang.

°Lorsque les chrétiens soutiennent une politique de discrimination entre les gens de Dieu, en violation des principes fondamentaux des enseignements de Jésus-Christ.

°Lorsque l'appartenance à l'Église est remplacée par une affiliation sectaire.

°Lorsque la tombe du Christ devient plus importante que le peuple palestinien restant dans sa patrie.

°Lorsque l'érection d'une croix ou d'énormes statues sur les sommets des montagnes devient plus importante que d'investir les dotations de l'Église pour aider les gens à rester dans leur pays contre les incitations à émigrer.

°Lorsque certaines personnes pensent regagner l'église de Sainte-Sophie à Constantinople, tout en négligeant de soutenir ceux qui restent dans leurs villages, de sorte que ce qui est arrivé aux gens de Constantinople ne leur arrive pas!

Oui, le christianisme est voué à disparaître dans notre pays si nous ignorons cette essence morale des enseignements de Jésus-Christ. "Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l'âme. Mais craignez plutôt celui qui est capable de détruire à la fois l'âme et le corps dans l'enfer "(Matthieu 10:28). Où sommes-nous en ce qui concerne ces paroles?

Version  française Claude Lopez-Ginisty
d'après
cité 
par 

mardi 5 septembre 2017

Moine Barsanuphe:Pardonne-moi mon fils!



Cette histoire s'est produite il y a quelques années. Mon frère en Christ le moine me l'a racontée. C'est un moine simple et travailleur. Toute sa vie est pleine de miracles, il est donc toujours intéressant de l'écouter. Je veux dire à l'avance que [de me raconter cela] ce n'était pas une sorte de vanité de sa part, mais seulement une conversation normale et amicale entre gens qui se connaissent depuis longtemps.

La mère de Père Paramon était une femme profondément croyante, pieuse et dévote, et bien qu'elle fût mariée, elle mena une vie plus conforme à celle d'une moniale.

Père Paramon déclara que lorsque sa mère était enceinte de lui, elle eut peur d'accoucher et pria en larmes la Mère de Dieu de l'aider à soulager ses angoisses douloureuses et ses souffrances, et elle vit la majestueuse Dame dans un rêve qui la bénit et lui dit qu'elle donnerait naissance pour la fête de la Transfiguration, ce qui arriva par la suite. Ce rêve encouragea, raffermit et délivra la mère de Père Paramon du stress interne.

Il est impossible de dire que la vie familiale de ses parents était idéale. Comme le dit Père Paramon, les conflits ne les ont pas épargnés. Les années passèrent... Père Paramon échangea la maison de son père pour l'habitation du Père céleste. Déjà moine, il découvrit que son père avait quitté sa famille et avait cessé d'aider sa mère matériellement, de sorte que la vie des proches de Père Paramon devinrent très difficiles, parce qu'ils n'avaient pas assez d'argent pour les médicaments pour leur grand-mère malade. Ils étaient au bord du désespoir.

Le cœur de Père Paramon fut tourmenté par la pensée qu'il ne pouvait pas aider financièrement, mais il n'abandonna jamais l'espoir, parce qu'il était sûr qu'une fois qu'il serait parti pour le monastère, Dieu prendrait soin de sa famille sur lui-même et donc qu'ils seraient en de bonnes mains. Il se rappela involontairement  une histoire du Patericon à propos d'un moine qui, pour s'occuper de ses parents, avait quitté son monastère. Quand ce moine franchit les portes de son foyer, un ange le rencontra. "Où vas-tu?" Demanda le moine. L'ange répondit que maintenant il n'avait pas besoin d'être dans cette maison. Avant, lorsque le moine était dans le monastère, l'ange aidait sa famille, mais maintenant qu'il avait rompu ses vœux et qu'il était rentré chez lui, il n'y avait nul besoin pour l'ange de rester là.

Comme Père Paramon l'a rappelé, c'était pendant le Grand Carême. Le Vendredi Saint, lorsque le chagrin des gens dans l'ensemble du monde chrétien est concentré sur l'épitaphios funéraire du Sauveur, Père Paramon connut une double douleur pour sa tragédie familiale interne. En se prosternant devant le linceul, il dit: "Seigneur, aide-moi! Il n'y a personne qui puisse soutenir matériellement mes proches. J'ai quitté ce monde, mais dans mes prières, je suis obligé de prier pour le monde, y compris pourmes propres parents. "

Samedi Saint. Un appel téléphonique. Père Paramon entendit une voix inquiète.

"Fils, pardonne-moi," dit son père, en balbutiant.

"Qu'est-ce qui s'est passé?" Demanda Père Paramon.

"La nuit, alors que je dormais, quelqu'un m'a poussé sur le côté. Ouvrant mes yeux, j'ai vu une créature devant moi dans une lumière blanche, comme un ange. Il m'a dit d'aider mon épouse, qui est la mère d'un moine. "

Son père effrayé continua à citer beaucoup de paroles de l'étranger mystérieux, que nous n'avons pas le droit d'écrire dans cette histoire.

Le moine Paramon donna quelques conseils à son père, et il se réconcilia avec son épouse et accomplit les ordres qui lui avaient été donnés. Les relations de la famille commencèrent à s'améliorer à partir de ce moment. Le père de Père Paramon est devenu une personne d'église et il vit [à présent] selon les commandements du Christ.

Version française Claude Lopez-Ginisty

dimanche 3 septembre 2017

L'ANARCHISTE AVEC UNE CRETE VERTE Histoire de la guérison d'une âme sur la Sainte Montagne (2/2)



Après ce changement chez Pierre, qui arriva par les prières de la Génitrice de Dieu, nous lui avons dit qu'il devait se confesser. À la confession, il a été saisi d'une telle contrition qu'une flaque de larmes se forma sur le sol sous lui.

Pierre resta dans le monastère pendant une bonne période. L'higoumène lui dit qu'il devait au moins couper sa crête. Mais Pierre répondit: "Non, je ne vais pas la raser avant d'être arrivé à la ville afin que les gars ne disent pas que les moines me l'ont rasée. Quand je retournerai dans le monde, je la couperai moi-même.

Alors il s'est déplacé dans le monastère avec un bonnet sur la tête.

Pierre a quitté le monastère et a commencé à vivre une vie spirituelle. Il est revenu ici une fois, avec alors une apparence différente et normale. Puis il disparut.

Nous savions qu'il n'avait pas vu sa mère depuis le jour où il était parti de chez lui, qu'il ne lui avait jamais rendu visite, et nous essayâmes de réparer les relations de Pierre avec sa mère. Nous avons cherché son numéro de téléphone et l'avons appelée, lui racontant tout. Sa mère avait perdu tout espoir de le voir de nouveau en vie et elle fut très touchée par notre histoire. Pour nous, ce fut un événement très joyeux.

Deux ans après ces événements, plusieurs autres pèreset moi-même, avons assisté à une fête d'église dans un autre monastère sur le Mont Athos. Avec nous était le bienheureux Métropolite Grégoire de la ville de Castoria. Son Eminence nous dit de ne dire à personne qu'il était évêque: il ne voulait pas qu'on lui manifeste un honneur spécial, ou que les frères du monastère se mettent en peine pour lui.

Nous sommes venus au monastère, et nous avons apporté les friandises Athonites traditionnelles. Lorsque nous étions prêts à re partir pour notre monastère, un moine s'approcha de moi et me demanda: "Père Niphont, ne me reconnaissez-vous pas?

Je l'ai regardé et j'ai dit: "Non, je ne te reconnais pas".

"Regarde un peu plus attentivement."

Et qu'est-ce que j'ai vu? Ces grands yeux verts qui me regardaient! C'était Pierre.

Pierre était devenu novice de ce monastère du Mont Athos. Bien sûr, nous nous sommes embrassés avec joie. Nous étions tous deux émus jusques aux larmes! Je remercie la Très Sainte Mère de Dieu pour ses grandes bénédictions et ses grands miracles accomplis pour nous! Je vous ai seulement parlé de l'un d'entre eux. Pour nous, son changement de vie était un véritable miracle.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX

21 août / 3 septembre
13ème dimanche après la Pentecôte

Après-fête de la Dormition de la Très sainte Mère de Dieu ; saint Thaddée, apôtre des soixante-dix (vers 44) ; sainte martyre Bassa et ses trois fils martyrs dans l’Hellespont (IIIème s.) ; saint Abraham le laborieux, de la Laure des Grottes de Kiev (XII-XIIIème s.) ; saint Abraham de Smolensk (XIIIème s.) ; sainte Marthe de Diveevo (1829)  ; transfert des reliques de saint Nectaire d’Égine (1953) ; saint hiéromartyr Raphaël de Šišatovac (Serbie 1941) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Alexandre (Elokhovksy), prêtre (1918), Paul (Iagodinsky), prêtre  (1937), Ignace (Dalanov) (1942).
Lectures : 1 Cor. XVI, 13–24. Мatth. XXI, 33–42



VIE DU SAINT APÔTRE THADDÉE[1]
L
e saint Apôtre Thaddée, parfois aussi appelé Lebbée, était originaire de la ville d’Édesse en Osroène, d’une famille juive dont il avait reçu une connaissance accomplie de la sainte Écriture. Il se rendit en pèlerinage à Jérusalem et, ayant entendu saint Jean-Baptiste prêcher le repentir, plein d’enthousiasme pour son mode de vie angélique, il se fit baptiser par lui. Quelque temps après il rencontra le Seigneur Jésus-Christ. Les miracles étonnants qu’Il accomplissait et son sublime enseignement lui donnèrent la conviction qu’Il était le Sauveur annoncé par Jean et par les prophètes, aussi se joignit-il à ses disciples et suivit-il Jésus jusqu’à sa Passion vivifiante. Conformément à la promesse que le Seigneur avait faite au roi Abgar, qui l’avait invité à venir le guérir, après l’Ascension, Il envoya Thaddée à Édesse, pour baptiser le roi et le guérir complètement de sa lèpre. L’ardent apôtre catéchisa et baptisa beaucoup d’autres habitants de ce royaume, qui fut le premier État à se déclarer chrétien. Il y fit édifier de nombreuses églises, puis continua sa mission et annonça la Bonne Nouvelle dans d’autres villes de Syrie et, selon certains, de Mésopotamie. Parvenu à Béryte, en Phénicie, il y baptisa un grand nombre de païens, avant de remettre en paix son âme à Dieu, recevant le salaire de l’intendant fidèle de sa grâce. Les reliques de saint Thaddée furent transférées à Constantinople, avec celles de l’Apôtre André, par saint Artémios, en 337.

Tropaire du dimanche, ton 4
Свѣ́тлую воскресéнiя про́повѣдь отъ Áнгела yвѣ́дѣвша Гoспо́дни yчени́цы и пра́дѣднee осужде́нie отве́ргша, Aпо́столомъ xва́лящася глаго́лаху : испрове́́pжеся cме́рть, воскре́сe Xpистócъ Бо́гъ, да́руяй мípoви ве́лiю ми́лость.
Les saintes femmes, disciples du Seigneur, ayant appris de l’Ange la radieuse nouvelle de la Résurrection, rejetèrent la condamnation des premiers parents, et, pleines de fierté, dirent aux Apôtres : « La mort a été dépouillée, le Christ est ressuscité, donnant au monde la grande miséricorde ! »
Tropaire de la Dormition, ton 1
Въ poждествѣ́ дѣ́вство сохрани́ла ecи́, во ycпе́нiи мípa не ocта́вила ecи́ Богоро́дице, преста́вилася  ecи́ къ животу́, Máти cýщи животá, и моли́твами Tвои́ми избавля́еши отъ сме́рти дши на́ша.
Dans l’enfantement, Tu as gardé la virginité; dans Ta dormition, Tu n’as pas abandonné le monde, ô Mère de Dieu. Tu as été transférée à la Vie, étant Mère de la Vie, et par Tes prières, Tu délivres nos âmes de la mort.

Tropaire du saint apôtre Thaddée, ton 3
Апо́столе святы́й Ѳадде́е, моли́ ми́лостиваго Бо́га, да прегрѣше́ній оставле́ніе пода́стъ душа́мъ на́шимъ.
Saint apôtre Thaddée, intercède auprès du Dieu de miséricorde, pour qu'à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Kondakion du dimanche, 4ème ton
Спа́съ и изба́витель мо́й изъ гро́ба я́ко Бо́гъ воскреси́ отъ у́зъ земноро́дныя, и врата́ а́дова сокруши́, и я́ко Влады́ка воскре́ce тридне́венъ.
Mon Sauveur et mon Rédempteur, au sortir du Tombeau, a libéré les humains de leurs chaînes et a fracassé les portes de l’enfer ; en Maître, Il est ressuscité le troisième jour.
Kondakion du saint apôtre Thaddée, ton 4
Яко звѣзду́ пресвѣ́тлую Це́рковь тя́ стяжа́, апо́столе Ѳадде́е, чудесы́ твои́ми всегда́ просвѣща́ема, спаси́ вѣ́рою чту́щія па́мять твою́.
Telle une étoile très lumineuse, l’Église t’a acquis, ô apôtre Thadée, étant toujours illuminée de tes miracles ; sauve ceux qui vénèrent ta mémoire avec foi !
Kondakion de la Dormition, ton 2
Bъ моли́тваxъ неусыпа́ющую Бого-ро́дицy, и въ предста́тeльствахъ непрело́жное упова́нie, гро́бъ и умерщвлéнie не удержа́ста ; я́коже бо живота́ Mа́тepь, къ животу́ преста́ви, во yтро́бу всели́выйся присно-дѣ́вственную.
Tombeau et mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans ses intercessions, espérance inébranlable dans sa protection, car étant la Mère de la Vie, Il l’a transférée à la Vie, Celui qui demeura dans Son sein toujours virginal.
Au lieu de « il est digne en vérité », ton 1
нгели успéнie Пречи́стыя ви́дѣвшe удиви́шася, ка́кo Дѣ́ва восxо́дитъ отъ земли́ на нéбо. Побѣжда́ются ecтества́ yста́вы въ Teбѣ́ Дѣ́вo чи́стая; дѣ́вствуетъ бо poждество́, и живо́тъ предобpyча́етъ смépть, по poждествѣ́ дѣ́ва, и по смépти жива́, cпаса́eши при́сно Богоро́дицe наслѣ́діе Твоé.

Les anges étaient frappés de stupeur à la vue de la Dormition de la Très-Pure. Comment la Vierge s’élève-t-elle de la terre aux cieux ? Les lois de la nature ont été vaincues en Toi, Vierge pure : Ton enfantement est virginal et Ta mort fait pressentir la Vie. Ô Toi qui, après Ton enfantement, es demeurée vierge, et vivante après Ta mort, Mère de Dieu, sauve toujours Ton héritage.

COMMENTAIRE DE L’ÉVANGILE DE CE JOUR PAR ST NICOLAS VÉLIMIROVITCH[2]
Un homme était propriétaire, et il planta une vigne ; il l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour ; puis il la loua à des vignerons et partit en voyage (Mt 21, 33). De même qu’en une autre circonstance, le Seigneur évoque un homme qui était roi, Il parle ici d’un homme qui était propriétaire, mentionnant ainsi un bon propriétaire, c’est-à-dire Dieu. Car aussi impuissant et humilié que l’homme puisse être dans ce monde, Dieu n’a nulle honte à porter le nom d’homme. Dans le monde entier, c’est l’homme qui est la principale et la plus précieuse créature de Dieu et c’est pourquoi Dieu porte le nom d’homme, afin de montrer ainsi l’excellence de l’homme par rapport à toutes les autres créatures et Son amour infini envers l’homme. L’esprit enténébré des païens et des parias de Dieu a pu donner le nom de Dieu à des manifestations et des phénomènes naturels comme le feu, le soleil, le vent, l’eau, les pierres, les arbres, les animaux, mais non le nom d’homme. La foi chrétienne a été la seule à élever l’homme bien au-dessus de toute la nature créée, l’homme étant le seul à avoir été jugé digne que le Créateur suprême porte son nom. La vigne désigne le peuple juif que Dieu a choisi pour faire passer à travers lui le salut de tout le genre humain. Dieu Lui-même appelle le peuple juif Sa vigne (Is 5, 1). La clôture autour de la vigne correspond aux lois que Dieu a données au peuple élu et qu’Il a érigées comme un mur pour le protéger des autres peuples. Il a établi une loi en Israël ; elle ordonnait à nos pères d’enseigner ces choses à leurs fils (Ps 77, 5). Le pressoir désigne la promesse du Messie, véritable Sauveur du genre humain, qui a nourri le peuple élu à travers les siècles comme une boisson vivifiante. Le Seigneur Jésus s’est ainsi désigné, en disant : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi (Jn 7, 37 : 4, 14) et Qui croit en moi n’aura jamais soif (Jn 6, 35). La tour désigne l’ancien temple sacrificiel, anticipation de la sainte Église de Dieu après l’arrivée du Christ. Le Seigneur Lui-même (Mt 16, 18 ; 21, 42) et les Apôtres (Ep 2, 20) comparent l’Église à une construction. Le terme de vignerons se réfère aux dirigeants populaires, aux prêtres et aux enseignants. Que signifie l’expression : partit en voyage ? Dieu peut-Il partir et s’éloigner des hommes ? Cette expression signifie d’une part que Dieu, après avoir déterminé et accompli tout ce qu’il fallait pour le salut des hommes, leur a laissé la liberté d’utiliser tous Ses dons pour assurer leur salut ; d’autre part, elle traduit la patience de Dieu envers les péchés des hommes et leurs actions insensées contre leur propre salut – la patience et la longue tolérance de Dieu, qui dépassent tout entendement humain. Quand s’approcha le moment des fruits, il envoya ses serviteurs aux vignerons pour en recevoir les fruits (Mt 21, 34). De même qu’un homme ordinaire envoie ses serviteurs au moment déterminé pour recevoir les fruits de la part des vignerons, de même Dieu envoie Ses serviteurs auprès du peuple d’Israël afin de recueillir le fruit spirituel de tout ce que Dieu a donné à ce peuple afin qu’il en prenne soin. Les prophètes sont des serviteurs de Dieu, tandis que les fruits des vignobles correspondent à tous les bienfaits découlant du respect de la loi de Dieu. Le terme de vignerons se rapporte d’abord aux dirigeants populaires, aux prêtres, scribes et enseignants, qui sont les premiers appelés à apprendre la loi de Dieu au peuple en paroles et en actes et qui sont responsables devant Dieu tant pour eux-mêmes que pour le peuple. Car on leur a donné plus de pouvoir et plus de sagesse, et celui qui a reçu plus, est aussi celui à qui on demande plus. Ces dirigeants et responsables populaires auraient dû, au moins par reconnaissance envers Dieu, accueillir les émissaires de Dieu avec le respect et l’amour qu’ils avaient reçus de Dieu. Or, que firent-ils ? Les vignerons se saisirent de ses serviteurs, battirent l’un, tuèrent l’autre, en lapidèrent un troisième (Mt 21, 35). Voilà comment les hommes rendent en mal ce qu’ils ont reçu en bien ! Voilà l’ingratitude sombre des hommes ! Les prophètes avaient mentionné aux dirigeants du peuple la loi de Dieu, la volonté divine, Ses bienfaits. Les prophètes avaient souligné le caractère salvateur, la beauté et l’agrément de la loi divine, demandant sa mise en application dans la vie individuelle comme dans la vie sociale. Au nom de Dieu, ils réclamaient de bonnes œuvres comme fruits de la loi divine. Mais ils ne trouvèrent pas de telles bonnes œuvres ; venus dans le vignoble afin d’y cueillir du raisin, ils ne trouvèrent pas de raisin. Non seulement les chefs du peuple les accueillirent les mains vides, mais ils se saisirent d’eux, les dénigrèrent, les insultèrent, frappant les uns, tuant d’autres et lapidant encore d’autres. Ainsi, le prophète Michée fut frappé, Zacharie fut tué devant l’autel, Jérémie fut lapidé, Isaïe fut scié avec une planche en bois et Jean le Précurseur fut décapité. De nouveau il envoya d’autres serviteurs, plus nombreux que les premiers, et ils les traitèrent de même (Mt 21, 36). Ses autres serviteurs, ce sont de nouveau des prophètes. Plus le peuple élu dégénérait et s’éloignait de Dieu, plus nombreux étaient les serviteurs que le Dieu miséricordieux envoyait pour mettre le peuple en garde, afin que les chefs populaires soient dénoncés et que tous ne périssent pas comme des vignes stériles, qu’on coupe pour les jeter dans le feu. Mais ces autres serviteurs de Dieu n’eurent pas un sort meilleur que les premiers. Eux aussi furent frappés, tués ou lapidés par les chefs du peuple, les prêtres, les scribes et les docteurs. Plus la patience de Dieu se prolongeait, plus l’ingratitude des hommes envers Dieu était grande et odieuse. Finalement il leur envoya son fils, en se disant : ils respecteront mon fils (Mt 21, 37). Tous les serviteurs de Dieu furent humiliés, toutes les mises en garde de Dieu rejetées, toutes les bonnes œuvres de Dieu méprisées. La patience des hommes, dans une telle situation, aurait été épuisée. Mais la patience de Dieu est plus grande que celle du médecin le plus patient en train de soigner un homme pris de démence… Mais voyez ce que Dieu plein de douceur fait… Il envoie Son Fils unique ! Ah, que la bonté de Dieu est inépuisable ! La mère la plus dévouée n’aurait pas manifesté autant de miséricorde ni de patience envers son propre enfant que le Dieu vivant l’a fait envers les hommes créés par Lui !



[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras
[2] Homélies sur les Évangiles des dimanches et jours de fête, Collection Grands Spirituels orthodoxes du XXème s. Éditions de l’Âge d’Homme.