"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 3 juillet 2016

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX

20 juin / 3 juillet
2ème dimanche après la Pentecôte
Tous les saints qui ont brillé sur la Terre russe

Tous les saints du Mont Athos ; saints martyrs Inna, Pinna et Rimma (I-II) ; saint martyr Aristoclée, prêtre, Démètrien, diacre et Athanase, lecteur (vers 306) ; saint hiéromartyr Méthode, évêque de Patare (312) ; saint Leucius, confesseur, évêque de Brindisi, saint prince Gleb de Vladimir (XIIème s.) ; saint Ménas, évêque de Polotsk (1116) ; saint Nicolas Cabasilas (vers 1397).

Lectures : Rom 2,10-16 ; Маtth. 4, 18-23 ; Hébr. XI, 33 – XII, 2. Мatth. IV, 25 – V, 12.

LA FÊTE DE TOUS LES SAINTS GLORIFIÉS EN TERRE RUSSE
Le rétablissement de la fête de tous les Saints glorifiés en Russie coïncide historiquement avec celui du patriarcat dans l’Église Russe. Durant la période préconciliaire, le Saint-Synode de l’Église Orthodoxe Russe n’avait pas l’intention de remettre en vigueur la célébration de la synaxe des Saints russes, qui était apparue au XVIème siècle. En 1908, un paysan de la province de Vladimir, Nicolas Gazoukine, demanda au Saint-Synode d’établir une fête annuelle « de tous les saints de Russie » et « d’honorer ce jour avec un office particulier ». Cette requête fut déclinée, le Saint-Synode considérant que la mémoire des Saints russes était déjà commémorée dans le cadre de la fête de tous les saints. Néanmoins, le Concile local de l’Église Russe, en 1917-1918 rétablit cette fête, et ce grâce aux efforts conjugués du professeur de l’université de Petrograd Boris Touraïev et du hiéromoine Athanase (Sakharov), futur confesseur de la foi, canonisé maintenant officiellement. Le premier présenta un rapport le 15 mars 1918 au Concile, dans lequel il mentionnait, entre autres, « qu’à notre triste époque, lorsque la Russie une est déchirée, lorsque notre génération pécheresse voit piétiner les fruits des labeurs des saints qui ont vécu dans l’ascèse dans les grottes de Kiev, à Moscou, dans la Thébaïde du Nord, et  dans l’ouest de la Russie pour créer une seule Église Orthodoxe Russe, il serait opportun de rétablir cette fête oubliée… » Ledit rapport fut examiné par le concile et, enfin, le 26 août, le jour de la fête onomastique du saint patriarche Tykhon, fut prise la décision de rétablir la fête de tous les saints russes, sa date étant fixée au premier dimanche du carême des saints Apôtres. Le Concile décida d’imprimer l’ancien office composé par le moine Grégoire, avec des corrections. Cependant, le professeur Touraïev et le hiéromoine Athanase arrivèrent vite à la conclusion que l’on ne pouvait qu’emprunter une toute petite partie dudit office, et qu’il était indispensable de refaire tout le reste. Encore incomplet, l’office fut présenté  le 8 septembre 1918, à l’avant-dernière cession de la commission liturgique du Concile, qui l’approuva et le soumit au Patriarche et au Saint-Synode qui, après la fin du Concile, donnèrent leur bénédiction pour imprimer le nouvel office, sous la direction du métropolite Serge (Stragorodsky). L’impression fut achevée à Moscou à la fin de 1918, dans de grandes difficultés. Malheureusement, en raison des événements de 1917, la fête rétablie par le Concile a failli tomber dans l’oubli comme cela avait été le cas dans le passé. En outre, le professeur Touraïev décéda en 1920. En automne 1922, le saint hiérarque Athanase (Sakharov), lors de sa première arrestation dans la  cellule N°17 de la prison de Vladimir, rencontra tout un groupe qui partageait ses idées quant à la fête qui avait été rétablie. Selon le témoignage de St Athanase, cette assemblée de détenus, « après nombre de discussions animées au sujet de la fête, de l’office, de l’icône, de l’église dédiée à cette fête, posa les fondements d’une nouvelle révision de l’office imprimé en 1918, avec des corrections et des compléments ». C’est ainsi que l’office connut nombre de changements : on déplaça certains hymnes, des nouveaux saints furent introduits, lesquels n’avaient pas été mentionnés dans la version de 1918. Enfin, dans  le même lieu, toujours en prison, le 10 novembre 1922, alors que l’on commémorait le trépas de St Dimitri de Rostov, auteur des célèbres vies de saints, fut célébrée, pour la première fois, la fête de tous les saints russes. Le 1er mars 1923, dans la cellule n°121 de la prison de Tagansk, St Athanase bénit le premier antimension en l’honneur de tous les Saints de Russie, destinée à sa chapelle privée. St Athanase continua à travailler le texte de l’office de tous les saints de Russie jusqu’à son bienheureux trépas, en 1962.
Tropaire du dimanche du 1er ton
Кáмени запеча́тану отъ Iyде́й и во́иномъ стрегу́щымъ пречи́стое Tѣ́ло Tвое́, воскре́слъ ecи́ тридне́вный, Cпа́ce, да́руяй мípoви жи́знь. Ceго́ ра́ди си́лы небе́сныя вопiя́xy Tи, Жизнода́вче : сла́ва Bocкреcéнію Tвоемý Xpисте́ ; сла́ва Ца́рствiю Tвоему́ ; сла́ва cмотре́нiю Tвоему́, еди́не Человѣколю́бче.
La pierre étant scellée par les Juifs et les soldats gardant Ton Corps immaculé, Tu es ressuscité le troisième jour, ô Sauveur, donnant la Vie  au monde ; aussi, les Puissances des cieux Te crièrent : Source de Vie, ô Christ, gloire à Ta Résurrection, gloire à Ton règne, gloire à Ton dessein bienveillant, unique Ami des hommes!
Tropaire des saints de la Terre russe, ton 8

Я́коже пло́дъ кра́сный Твоего́ спаси́тельнaго сѣ́янiя, земля́ Pоссій́ская прино́ситъ Tи́, Го́споди, вся́ святы́я, въ то́й просiя́вшыя. Тѣхъ моли́твами въ  ми́pѣ глубо́цѣ Це́рковь и страну́ на́шу  Богоро́дицею соблюди́, Многоми́лостиве.
Tel le fruit magnifique de Ta semence salvatrice, la terre de Russie T’offre Seigneur, tous les Saints qui y ont brillé. Par leurs prières, garde dans une paix profonde l’Eglise et notre pays, par les prières de la Mère de Dieu, Très miséricordieux. 
Kondakion du dimanche du 1er ton
Воскpécлъ ecи́́ я́ко Бо́гъ изъ гро́ба вo сла́вѣ и мí coвоскpecи́лъ ecи́, и eстество́ человѣ́ческое я́ко Бо́гa воспѣва́ет Tя́, и сме́рть изчезе́ : Aда́мъ же лику́ет, Влады́ко, Éва ны́нѣ отъ у́зъ избавля́ема ра́дуется зову́щи : Ты́ ecи́ и́же вcѣ́мъ подая́, Xpисте́ Bocкреcéніe.
Ô Dieu, Tu es ressuscité du Tombeau dans la gloire, ressuscitant le monde avec Toi ! La nature humaine Te chante comme son Dieu et la mort s’évanouit. Adam jubile, ô Maître, et Ève, désormais libérée de ses liens, Te crie dans sa joie : « C’est Toi, ô Christ, qui accordes à tous la Résurrection ! »
VIE DE SAINT NICOLAS CABASILAS
Né à Thessalonique vers 1322, saint Nicolas était issu, par son père, de la famille des Chamaétos ; mais il adopta ensuite le patronyme de sa mère : Cabasilas, famille ancienne et réputée. Dès sa jeunesse, il reçut sa formation spirituelle de Dorothée Blatès, proche disciple de saint Grégoire Palamas, et fréquenta les cercles de pieux laïcs qui s’adonnaient à la Prière de Jésus sous la direction de saint Isidore, le futur patriarche (1347-1350). Et après avoir reçu sa première éducation littéraire et philosophique auprès de son oncle, Nil Cabasilas, il alla poursuivre ses études à l’École de Philosophie de Constantinople. Il y acquit une haute culture littéraire, et son admiration de l’Antiquité classique le fit se ranger dans les milieux humanistes, sans toutefois s’écarter de l’enseignement de l’Église. Pendant son séjour dans la capitale, la controverse entre saint Grégoire Palamas et Barlaam sur la possibilité de la divinisation de l’homme par les énergies incréées de la grâce, éveilla son attention sur la fin ultime de la vie chrétienne, mais il se pencha alors davantage sur les problèmes sociaux et politiques de son époque. Après la mort d’Andronique III (1341), l’Empire se trouva déchiré par une cruelle et désastreuse guerre civile entre les partisans de Jean V Paléologue et ceux de Jean Cantacuzène, situation que vint aggraver la révolte des Zélotes à Thessalonique contre le pouvoir impérial et les nobles. Nicolas, se trouvant alors à Thessalonique, prit l’initiative de négociations entre les insurgés et Jean Cantacuzène. En 1345, il fut envoyé à Bérée en ambassade auprès du fils et représentant de Cantacuzène, Manuel, et il obtint la promesse de conditions de reddition avantageuses pour les insurgés. Mais, dès son retour, André Paléologue s’opposa à ce projet et, ameutant les Zélotes et la populace des bas quartiers, ils firent l’assaut de la citadelle où s’étaient réfugiés les notables. D’ignobles massacres s’en suivirent, auxquels Nicolas put échapper de justesse en se cachant dans un puits. Il demeura cependant à Thessalonique jusqu’en 1347, sans être inquiété, malgré ses sympathies pour Cantacuzène, et, méditant sur les causes de la guerre civile, il rédigea plusieurs traités contre l’usure et l’injustice sociale. Lorsque Cantacuzène fut élevé sur le trône avec le titre de Jean VI, il appela Nicolas auprès de lui à Constantinople et en fit son conseiller dans toutes les affaires importantes de l’État. C’est sous l’influence de ses deux confidents, Nicolas et son ami d’enfance Dimitrios Kydonès, qu’il appelait des hommes « parvenus au faîte de la sagesse profane, non moins philosophes en action et ayant élu la vie chaste et exempte des inconvénients du mariage », que le souverain forma le projet de se retirer au monastère des Manganes, mais il dut y renoncer à cause de la situation politique à Thessalonique. Pendant toute cette période, Nicolas s’adonnait à une intense activité d’écrivain, tout en participant activement à la vie publique. En septembre 1347, il faisait partie de la suite accompagnant saint Grégoire Palamas, nouvellement élu archevêque de Thessalonique ; mais le peuple ayant rejeté son pasteur, ils durent se retirer au Mont Athos où ils vécurent dans l’hésychia et la prière pendant une année. En 1349, il se rendit de nouveau à Thessalonique où, la révolte des Zélotes ayant été étouffée et les partis opposés s’étant réconciliés, on procéda à l’intronisation de saint Grégoire. En 1351, lors du concile qui condamna Akindynos et proclama l’hésychasme doctrine officielle de l’Église, Cabasilas prit ouvertement parti pour la théologie palamite, et il se déclara ensuite favorable au projet de Jean Cantacuzène d’un concile d’Union avec l’Église latine, mais sans compromis doctrinal, alors que son ami Kydonès se rangeait du côté des adversaires de l’hésychasme et adoptait une attitude de soumission aux thèses latines. Une nouvelle guerre civile ayant éclaté entre Jean V Paléologue et Jean VI Cantacuzène (1353), avec pour conséquence la déposition du patriarche saint Calliste I, le nom de Cabasilas fut retenu comme un des successeurs possibles, mais on élut finalement saint Philothée. L’année suivante, Nicolas salua par un brillant discours le couronnement de Matthieu Cantacuzène comme co-empereur ; mais, peu après, Jean Paléologue s’étant emparé du pouvoir grâce au soutien de mercenaires génois, Jean Cantacuzène dut abdiquer et il embrassa la vie monastique sous le nom de Joasaph. Le patriarche Philothée se vit à son tour déposé et envoyé en exil, et l’on rappela saint Calliste sur le siège patriarcal. Nicolas se retira dès lors des affaires publiques, pour se livrer à la méditation sur le Mystère du Christ vécu dans l’Église. On ne sait pas s’il resta jusqu’à la fin de ses jours un « hésychaste laïc » ou s’il devint moine. Pendant cette longue période de retraite, qu’à part un séjour de deux ans à Thessalonique, il passa à Constantinople, fréquentant les monastères des Manganes, des Xanthopouloi et du Stoudion, il acquit la réputation d’un homme ayant atteint le sommet de la vertu, et de hautes personnalités, comme l’empereur Manuel Paléologue, sollicitaient ses conseils et le considéraient comme leur père spirituel. Le saint resta dans le silence pour composer ses deux traités majeurs : l’Explication de la Divine Liturgie et la Vie en Christ, qui témoignent de sa sainteté et constituent deux chefs-d’œuvre de la littérature chrétienne. Saint Nicolas s’endormit en paix entre 1391 et 1397.

samedi 2 juillet 2016

Higoumène Tryphon: Les animaux et la vie dans l'au-delà


Il n'y a pas de doctrine officielle de l'Eglise orthodoxe concernant la vie après la mort pour les animaux, y compris pour nos animaux de compagnie. Les Pères de l'Eglise qui se sont exprimés à ce sujet, ont simplement exprimé des opinions théologiques qui ne sont pas devenues universellement acceptées, et restent connues sous le nom de "theologoumena" (opinions personnelles).

L'Église s’est sagement abstenue de se prononcer de façon concluante en ce qui concerne l'au-delà, car une grande partie reste inconnue. Nous ne comprendrons vraiment ce qui nous attend après cette vie, que lorsque nous seront entrés dans l'au-delà. En tant que chrétiens orthodoxes, nous acceptons simplement le Credo de Nicée Constantinople, en récitant les paroles: "J’attends ... et la vie du siècle à venir."

Par la Grâce de Dieu, et par notre coopération avec cette Grâce, nous nous attendons à hériter de la vie éternelle. Nous croyons que tous les êtres qui ont fait partie de nos vies seront également là. Certains d'entre nous, ont même l'espoir, avec C.S. Lewis, qu'il pourrait être possible que le Paradis comprenne également nos chers animaux de compagnie, et même les animaux qui ont contribué en une myriade de façons à notre propre bien-être. Serait-il possible que la vache qui a fourni du lait pour nos enfants, et le fromage pour notre table, pourrait un jour se joindre à nous dans un paradis, où il n'y a ni mort, ni douleur?

C.S. Lewis décrit quelque chose comme ceci dans son livre "The Great Divorce" dans lequel une dame sanctifiée au paradis, est accompagnée par une myriade d'animaux alors qu’elle marche dans la gloire à travers les champs du Paradis. Comme j'ai apprécié l'affection et la fidélité du merveilleux chat des forêts norvégiennes de notre monastère, Hammi, il me semble qu’un paradis sans cette petite créature aimante, serait incomplet. Même la perte éternelle de nos poules, qui nous ont fourni tant de merveilleux œufs frais, et m’ont donné tellement de plaisir, lorsque je les voyais, appréciant leur vie en liberté, me semblerait triste.

Cela est tout simplement mon avis, et je me réjouis de la possibilité de rencontrer les nombreux chiens et chats bien-aimés dont j’ai partagé la vie pendant soixante-huit ans. Les saints ont vu les animaux comme des créatures de Dieu, créées comme des dons de l'Amour de Dieu, et ont donc évité la négligence ou l'indifférence, lorsque ces animaux étaient à leur charge.

Saint Paul d'Obnora

Saint Seraphim

Saint Modeste de Jérusalem 

Saint Gérasime du Jourdain
Saint Paul d’Obnora était connu pour converser avec des oiseaux, et Saint Séraphim de Sarov était l’ami d’un ours. Saint [Gérasime] avait comme ami un lion. Saint Modeste [de Jérusalem] considérait les animaux comme des cadeaux sublimes et mystérieux de Dieu, et il bénissait souvent le bétail des fidèles - priant pour leur santé et leur survie et glorifiant l'immensité et la beauté de tout ce que Dieu avait fait. J’ai moi-même, depuis quelques treize ans,  béni notre chat Hammi, lorsque je le laissais sortir de la bibliothèque après sa nuit de sommeil.

Hammi
Les terres traditionnelles de Grande-Bretagne, d’Ecosse, du Pays de Galles et d'Irlande, toutes les terres des peuples celtiques, qui, jusqu'au 11ème siècle faisaient partie de l’Église catholique orthodoxe unifiée, et dont les saints et la vie spirituelle ont beaucoup à offrir au monde contemporain, ont toutes considéré la réalité comme une seule unité. Ces saints savaient, comme tous les saints sanctifiés de l'Église le savaient, que la plénitude de la création avait été déchirée par le péché d'Adam, et avait été restauré par l'acte salvateur du Christ. Dans leur vie, ils incarnent la restauration de l'intégrité dans la création, que ce soit par la communication avec les anges et les esprits, ou par la parenté avec tout le monde naturel.

Saint Athanase dit: "(Dieu) nous a donné l'œuvre de la Création aussi comme un moyen par lequel le Créateur pourrait être connu... Trois façons voies s’ouvrent donc à eux [les hommes], par lequel ils pourraient obtenir la connaissance de Dieu. (D'abord), ils pourraient contempler l'immensité du ciel, et en méditant sur l'harmonie de la création, apprendre à connaître son Maître, le Verbe du Père. "Ainsi, le monde naturel, vu à la lumière du Christ, reste un moyen de connaître Dieu, c’est-à-dire, une voie de salut.

Saint Kevin
L'unité de notre relation avec la Création est rendue vivante avec l'histoire de Saint Kevin de Glendalough. Alors qu’il se tenait en prière dans une position monastique celtique traditionnelle avec ses bras tendus en forme de croix, un merle construisit un nid sur son bras et y déposa ses œufs. Saint Kevin, ne voulant pas troubler son nid, resta dans cette position jusqu'à ce que les œufs éclosent. On dit que le saint déclara: " Ce n’était pas grand chose pour moi que de supporter cette douleur de tenir ma main sous le merle, pour le bien du Roi du Ciel."

Au début de la restauration de l'unité dans le cosmos tout entier déchu, le Christ alla dans le désert et "Il était avec les bêtes sauvages, et les anges Le servaient" (Marc 1:13). Ces créatures célestes et terrestres qui étaient destinées à devenir la nouvelle création dans le Dieu-Homme Jésus-Christ furent assemblées autour de Lui. Il y a une référence marquée à cette restauration dans la vie de saint Isaac de Syrie, quand il a écrit:

"L'homme humble approche des animaux sauvages, et au moment où ils l'aperçoivent, leur férocité est apprivoisée. Ils viennent s’accrocher à lui comme à leur Maître, remuant la queue et léchant ses mains et ses pieds. Ils flairent comme venant de lui, le même parfum qui venait d'Adam avant la transgression, au moment où ils étaient rassemblés devant lui et qu’il leur donnait des noms au Paradis. Ce parfum nous fut enlevé, mais le Christ l’a renouvelé et nous l’a donné de nouveau, à Sa venue. C’est cela qui a adouci le parfum de l'humanité."

En d'autres termes, l'état de la ressemblance avec Dieu en Christ dans lequel il était, lui a permis d'être avec les bêtes sauvages tout comme Adam l'était lorsqu’il leur donnait leur nom. Et, je pense que la raison pour laquelle les animaux de compagnie sont si importants pour nous, les humains, c’est qu'ils aident notre cheminement vers la restauration de la parenté entre ces deux parties différentes de la Création. Nos animaux de compagnie deviennent comme tous les animaux étaient au début, quand Adam avait été chargé de les nommer.

Lorsque l'être humain peut être allongé avec le chat ou le chien, ou le poulet, (pour paraphraser Isaïe) nous aidons un peu à l'avancement du royaume un peu, nous œuvrons juste un petit peu à recréer le Paradis, et ainsi nous donnons un nouveau sens à des tâches serviles comme nettoyer le poulailler ou le bac à litière.

"Tout comme nos corps, bien qu’ils se dissolvent pendant un certain temps, ne disparaissent pas à jamais, mais seront renouvelés à la résurrection, de même  le ciel et la terre et tout ce qui est en leur sein – id est  toute la création – seront renouvelés et libérés de la servitude de la corruption. Les éléments eux-mêmes vont partager avec nous cette incandescence d'en Haut, et de la même manière que nous serons éprouvés par le feu, de même, selon l'Apôtre, toute la création sera renouvelée par le feu. " (Saint Syméon le Nouveau Théologien, Discours Ethique I.4)

Enfin, comme le dit l'un de mes évêques préférés: "Les animaux étaient avec Adam et Eve au Paradis, alors pourquoi au monde ne seraient-ils pas aussi dans le Ciel ? " (Métropolite Kallistos Ware)

Avec amour en Christ,
Higoumène Tryphon

Version française Claude Lopez-Ginisty
D’après

Divine Liturgie


vendredi 1 juillet 2016

Saint Théophane le Reclus: Extrait de la Voie du Salut



Voici une règle pour la lecture:

Avant de lire, vous devez vider votre âme de tout.

Suscitez en vous le désir de connaître ce qui est lu.

Tournez-vous en prière vers Dieu.

Suivez ce qui vous lisez avec attention et placez tout dans votre cœur ouvert.
Si quelque chose n'a pas atteint le cœur, demeurez avec elle jusqu'à ce qu'elle l'atteigne.

Vous devez bien sûr lire très lentement.

Arrêtez de lire quand l'âme ne veut plus se nourrir de la lecture. Cela signifie qu'elle est rassasiée. Si l'âme trouve un passage tout à fait étonnant, arrêtez vous là et ne lisez plus.

Le meilleur moment pour la lecture de la Parole de Dieu est le matin. 

Les Vies des saints après le repas de midi, et les Saints Pères avant d'aller dormir. 

Ainsi, vous pouvez en prendre un peu chaque jour.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St. Theophan The Recluse
The Path to Salvation
St. Herman of Alaska Publications
Platina, California
USA

jeudi 30 juin 2016

Prêtre John Garvey: Typologie des convertis: Méfiez-vous des gens qui fuient... (R)



Quand j'ai rejoint l'Église orthodoxe, il y a douze ans, j'ai pris une décision que j'avais mûrie pendant vingt-et-un ans. C’était devenu nécessaire parce que j'ai réalisé que ma seule raison de rester catholique était ce que les autres pourraient penser si je devenais orthodoxe, à cet stade, ce n'était plus vraiment un choix. Je croyais à l'Orthodoxie, « j’adorais » aussi souvent que je le pouvais dans les églises orthodoxes et rester catholique n'était pas moralement possible.

En même temps, je craignais de devenir un converti. Laissez-moi vous expliquer ce que je veux dire: j'avais connu des gens qui s’étaient convertis au catholicisme, dans une version du catholicisme qui faisait passer Torquemada pour quelqu’un de décontracté! Cela ne ressemblait pas du tout au catholicisme, sain et bon-vivant avec lequel j’avais grandi. Il y avait un enthousiasme chez beaucoup de convertis dont je me méfiais. J'éprouvais une certaine consolation dans le fait de penser qu'il avait fallu tant de temps pour aller vers l’Orthodoxie et que cela peut-être me protégerait. J'avais pris conscience de beaucoup de problèmes institutionnels de l’Orthodoxie, et, malgré mon désaccord avec l'ecclésiologie catholique, j'étais conscient des nombreux points forts du catholicisme. Mais il n'y avait pas d'ambivalence dans la mentalité de certains convertis, aucun sens du gris. Tout était ainsi « ou bien…ou bien ». Je n'étais pas comme ça.

Six ans après être devenu orthodoxe, je suis allé au séminaire, et je fus plus tard ordonné prêtre. Cela m'a donné beaucoup de temps pour connaître des convertis à l'Orthodoxie et une modeste capacité de généraliser à leur sujet, avec au moins un peu d'autorité. Mon intuition est que ce que j'ai vu s'applique aux nouveaux convertis de toute religions (ou, d'ailleurs, de tout système de croyances profondément ancrées, qu’elles soient politiques ou philosophiques).

La moitié des séminaristes orthodoxes que j'ai rencontrés provenaient de milieux non-orthodoxes, et l’éventail en était surprenant. Plusieurs étaient issus de milieux évangéliques ou fondamentalistes, quelques-uns venaient de foyers catholiques, il y avait deux Juifs, et un luthérien, il y avait quelques anciens anglicans, et un de mes camarades de classe passa la majeure partie de l'année dans un monastère bouddhiste avant de devenir orthodoxe. Plus tard, je devais rencontrer un certain nombre de convertis dans les paroisses, et je vis dans chacun d'eux, séminariste et paroissien deux types de modèles.

Le premier est que chez la plupart des convertis il y a un profond sentiment de gratitude: après des années de recherche, ils ont trouvé un lieu qui semble juste, ils ont connu une sorte de retour au bercail. Ce sens d ' «un lieu qui semble juste» peut être trouvé chez presque tous les convertis, mais pour un nombre significatif il ne s'agit pas tant de reconnaissance, mais d’une forme de fuite, d'un refuge, d'une nécessité pour ce sentiment de certitude qui est sans doute névrotique. Une chose est de chanter, comme l'Église à la fin de la liturgie: «Nous avons vu la vraie lumière! Nous avons reçu l'Esprit céleste! Nous avons trouvé la vraie foi, adorons la Trinité indivisible, car c’est Elle Qui nous a sauvés. " Autre chose est d’ajouter: «Et la vraie foi signifie ce que je dis que cela signifie, et toute question à ce sujet, ou tout désaccord avec moi, sont hérétiques."

Il y a certainement des enseignements chrétiens non négociables. Un orthodoxe qui propose une théologie unitaire, ou nie la présence eucharistique du Christ, n'est pas un orthodoxe. Mais personne ne semble se disputer au sujet de ces choses. J'ai, toutefois, vu une fureur presque hystérique visant des évêques qui osent dire que le fait que l'Orthodoxie n’ordonne que des hommes à la prêtrise ne devrait pas être considérée comme un sujet fermé à la discussion, ou à ces prêtres qui utilisent "vous (YOU)" plutôt que " tu (THOU) "quand ils s'adressent à Dieu dans la prière liturgique [en anglais].

Le problème ici c'est que certaines personnes ne se convertissent pas à une croyance autant qu'ils se convertissent pour s’éloigner d’une autre croyance. Il y a une certaine sorte de catholiques qui, en devenant orthodoxes, ont rejoint l'Église qui n’est pas passée pas par ce qu'on appelle souvent «le chaos» qui a suivi Vatican II. Ils sont parfois déçus quand ils rencontrent des évêques qui ne sont pas aussi autoritaires qu’ils pensent que les évêques devraient être, et ils sont particulièrement bouleversés à l'idée que la liturgie orthodoxe pourrait subir une modification de quelque sorte que ce soit. Il y a une certaine sorte d’épiscopaliens, qui en rejoignant l'Orthodoxie, rejoignent l'Eglise qui n'a pas ordonné de femmes, et l'idée que le sujet pourrait être discuté les rend furieux, comme si cette seule pensée signifiait une trahison de l'Orthodoxie.

Étant donné l'état de beaucoup d'églises de nos jours, je peux comprendre ce qui inquiète certains de ces gens. Se référer à Dieu comme "Père-Mère" semble et devrait sembler bizarre à toute personne possédant des oreilles pour entendre, et j'ai été dans certaines liturgies catholiques qui étaient carrément effrayantes. (Je suis aussi beaucoup allé dans certaines liturgies orthodoxes qui étaient, d'un point de vue esthétique, assez terribles.)

Un grand nombre de gens qui défendent l'ordination des femmes le font pour des raisons qui ont plus à voir avec la politique culturelle que les besoins les plus profonds de l'Église. Beaucoup de gens dans les églises majoritaires d'Amérique acceptent une approche essentiellement laïque pour toutes les questions morales et éthiques (et les orthodoxes ne sont pas à l'abri de cela).

Dans le même temps, si nous croyons que le Christ a vaincu la mort elle-même, qu'avons-nous à craindre? Presque toute question peut être abordée avec clarté, et tout peut être abordé avec la charité. Là où la tradition de l'Église est manifestement contre la dérive de la culture, elle doit être ferme, mais elle doit aussi donner une explication à la culture ambiante, et cela doit être fait avec compassion. Le besoin d'avoir raison, qui alimente tellement la question débattue n'a rien à voir avec un véritable amour pour la vérité, mais plutôt avec la protection de l'ego.

Mon approche dans ce contexte a été de dire à tout candidat à la conversion de prendre un certain temps, de fréquenter l'Église pendant une année ou deux, de voir ce que c'est que d'être orthodoxe, et enfin de s'assurer que c’est vers l’Orthodoxie qu'il va venir, et non pas qu'il va fuir quelque chose d'autre.

Le Baron von Hugel a déclaré à une nièce anglicane qui voulait devenir catholique qu'elle devait apprendre les forces de l'anglicanisme, et ne pas devenir catholique jusqu'à ce que cela soit à l'évidence un péché pour elle de rester dans sa propre tradition, jusqu'à ce qu'il soit complètement nécessaire pour elle de se convertir. Cela semble assez juste. Les gens qui passent d'une tradition à l'autre pour des raisons négatives apportent toutes ces raisons négatives avec eux.

Il y a quelques semaines, je parlais avec un ami prêtre des moments où il faut un peu plier les règles liturgiques pour accueillir les gens pastoralement. «Je pense que nous n’aurons pas de problème au jour du jugement», dit-il, «pour autant que Dieu ne soit pas un converti orthodoxe. »

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


(Le Père John Garvey est pasteur de l'Église Saint Nicolas, Jamaica Estates, NY, USA)

Conseils aux enfants... (et aux adultes!)

Le blog américain Orthodox Education donne des conseils pratiques et/ou spirituels aux enfants. Les adultes peuvent aussi en profiter !

Une chambre propre invite les anges
(Rangez vos icônes)

 Un corps propre peut être obtenu par un ventre propre
(Observez le jeûne)

 Un esprit propre est en mesure de penser à Dieu plutôt qu’à d'autres soucis
(Passez du temps au calme avec Dieu)

 Une bouche propre est remplie de mots doux
(Chantez ensemble)

 Une main propre est celle qui a aidé les autres
(Participez à un projet de groupe)

 Une conscience propre n’est obtenue que par des larmes de repentir et de pardon 
(apprenez à faire une prosternation jusques à terre)
et, finalement,
Seule une âme propre peut devenir un endroit approprié pour que notre Seigneur y demeure (lire les prières avant et après la Communion)…
Version française Claude Lopez-Ginisty
D’après
http://orthodoxeducation.blogspot.ch/







Jean-Claude Larchet: Saint Païssios


mercredi 29 juin 2016

Saint Epiphane de Chypre: De la lecture des Pères



Que chacun choisisse personnellement pour lui-même la lecture des Pères qui correspond à son mode de vie. 

Que l'ermite lise les Pères qui ont écrit sur la vie solitaire; que le moine qui vit dans la vie cénobitique, lise les Pères qui ont écrit des instructions pour les moines cénobites; que le chrétien qui vit dans le monde, lise les Pères qui délivrent leurs enseignements pour tout le christianisme en général. 

Que chacun, quel que soit sa vocation, tire une  abondante instruction dans les écrits des Pères.

Il est absolument nécessaire que la lecture corresponde à notre mode de vie. Sinon, vous serez comblés de pensées qui, bien que saintes, seront irréalisables en acte et vous mèneront à une activité stérile seulement dans l'imagination et le désir; le travail de piété qui ne correspond pas à votre mode de vie va vous échapper. 

Non seulement vous deviendrez un  rêveur stérile, mais vos pensées, étant en opposition constante avec votre sphère d'activité, ne manqueront pas de donner naissance à des troubles dans votre cœur, et de l'incertitude dans votre conduite, choses qui sont lourdes et dangereuses pour vous et pour votre prochain. 

Par une lecture incorrecte de la Sainte Ecriture et des Pères de l'Église, on peut facilement dévier du chemin salvifique, pour aller dans des fourrés impraticables et de profonds abîmes, chose qui est arrivée à un grand nombre. Amen!
Version française Claude Lopez-Ginisty
D’après
ORTHODOX LIFE
Volume XVII
1995

mardi 28 juin 2016

Père Stephen [Freeman]: Les saints cachés


Le premier dimanche après la Pentecôte est traditionnellement observé comme dimanche de Tous les Saints dans l'Église orthodoxe - à la fois ceux qui sont "cachés" et ceux qui ont été "révélés". Voici quelques réflexions sur les saints "cachés" - de loin les plus nombreux.

Il est certain que la plupart des saints sont cachés. Saint Paul dit que "notre vraie vie est cachée avec le Christ en Dieu" (Col. 3: 3). Je crois que c'est pour notre bien que ces choses sont cachées. On nous dit que la Génitrice de Dieu "méditait ces choses dans son cœur" (Luc 02:19), qui est très loin de l'attitude qui consiste à tourner et virer, et à demander tout le monde, "Que pensez-vous de cela?"

Il y a beaucoup de notre vie en Dieu qui reste cachée et doit rester cachée (sauf, peut-être dans la confession). Nous vivons dans une culture de voyeurisme qui révèle ce qui ne devrait jamais être révélé et se trouve morbide ment fascinée par les choses cachées. La vie cachée du cœur fait partie de la modestie et de l'humilité et c'est une caractéristique de l'authentique spiritualité orthodoxe.

Il y a beaucoup de choses dans la vie spirituelle américaine moderne qui va à l'encontre de cela. Certains segments du christianisme contemporain sont presque aussi voyeurismes que la culture populaire elle-même. La même chose peut être une tentation présente pour les orthodoxes au sein de notre culture. Une partie de ceci varie d'une culture orthodoxe à une autre culture orthodoxe - mais, en Russie, par exemple, la croix de baptême est communément portée "sur la peau," et elle n'est pas portée comme un badge.

En Amérique, il est facile pour une croix de devenir un peu plus qu'un bijou. A un tel point, qu'elle a probablement besoin d'être portée "sur la peau," à mon avis (prenez-le comme vous l'entendez).

De même un certain nombre de choses liées à la vie orthodoxe, même les icônes, peuvent être utilisées d'une manière qui a plus à voir avec le "show" de type américain que tout acte particulier de dévotion. Nous, Américains avons une sorte d'esprit de club, et nous avons tendance à vouloir pavoiser avec les couleurs de nos groupes (d'où tout l'attirail de sport vendu). Mais les saints et leurs icônes sont des personnes ou des représentations personnelles, qui nous sont données comme "fenêtres sur le ciel." Certaines restrictions doivent figurer dans la façon dont nous utilisons aussi leurs images. Il y a beaucoup de choses comme ça que nous devons considérer. Dois-je faire plus attention à moi-même vers l'extérieur et dans les signes de mon allégeance, ou dois-je me préoccuper des choses cachées du cœur? Pardonnez-moi si tout ce que j'ai dit vous offense. Si cela vous amène à penser à la vie cachée du cœur, alors mon but a été atteint. Je ne voulais rien de plus.

Quelques réflexions finales sur la vie cachée des saints. Ceci est tiré du livre de l'archimandrite Sophrony sur saint Silouane l'Athonite:

Pour l'observateur superficiel, le staretz  a continué jusqu'à la fin de ses jours à être un homme "ordinaire". Il a vécu comme tous les bons moines en général, dans l'accomplissement de ses tâches d'obédience, d'abstinence, en observant les règles et traditions monastiques, en recevant la communion deux fois par semaine - trois fois au cours du Grand Carême et d'autres temps de jeûne. Son travail dans l'entrepôt n'était pas difficile - pour un homme de sa force physique, il était même facile, nécessitant relativement peu de temps, même si cela requérait sa présence pendant les heures du jour. Jusques à la fin, il est resté calme et de bonne humeur. Il n'y eut jamais de débordements, ni de laideur, externes ou internes. Comme un ascète vraiment expérimenté, il n'a rien montré à  l'extérieur, debout devant le Père dans le secret, comme le Seigneur l'a commandé. A la fin, il est resté éloigné des intérêts mondains et indifférent aux choses de ce monde. Mais au fond de son cœur le feu de l'amour christique ardait sans cesse.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Librairie

Librairie du Monastère de la Transfiguration
Juin 2016


Le monastère de la Transfiguration a le plaisir de vous annoncer la mise en ligne d'un nouvel ouvrage.

L'Eglise au foyer

Archiprêtre Gleb Kaleda

lundi 27 juin 2016

Dans l’Église orthodoxe russe, on signale à Constantinople que la vie de l’Église est incompatible avec la démocratie (et avec l'autocratie papale!)



Le Chef (tête) de l'Eglise, c'est le Christ,
aucun Patriarche ne peut avoir l'outrecuidance 
de prétendre que lui-même, quand bien même 
il serait "primus inter pares",
peut s'attribuer abusivement ce rôle...
*

Moscou. 2 juin. INTERFAX – Dans l’Église orthodoxe russe on rappelle au Patriarcat de Constantinople les traditions démocratiques n’ont pas de place dans l’adoption de décisions conciliaires. 

Cette mise au point a été provoquée par l’archevêque de Constantinople qui a laissé entendre que les décisions prises par le forum inter-orthodoxe réuni en Crète seraient applicables à toutes les Églises orthodoxes, y compris celles qui ont refusé d’y assister. 

« Malheureusement, dans les pays démocratiques toute la population ne participe pas au vote. Cela signifie-t-il que le vote n’est pas légitime ? » a déclaré l’archevêque Job de Telmessos en réponse à une question d’une journaliste russe au cours du point de presse sur les résultats de la session de vendredi 


« Je comprends que la situation sur l’île de Crète est tendue et qu’il est épuisant de répondre aux journalistes. Mais enfin comparer les décisions d’un concile avec un processus démocratique électoral est plutôt maladroit dans la bouche du porte-parole du concile » a déclaré ce samedi p. Nicolas Balachov, vice-président du Département des relations ecclésiales extérieures du Patriarcat de Moscou. 

« Car dans la vie de l’Église, depuis le premier siècle, il n’y a pas de démocratie, et il n’y en aura pas » a-t-il ajouté, la démocratie est la puissance du peuple alors que dans l’Église « la puissance appartient à Dieu. » 

Comme l’a relevé le père Nicolas Balachov, « si l’on soumet les canons de l’Église à l’aune de la démocratie, on va provoquer une grande confusion. Tout démocrate qui se respecte pourrait demander à Monseigneur Job, quelle est la durée de son mandat et quand perdra-t-il sa légitimité. Car du point de vue d’un démocrate tout pouvoir irrévocable est un mal. Chez nous, on ne prend pas de femmes comme évêques, où y a-t-il là démocratie. » Il a aussi rappelé que dans des élections démocratiques un faible écart de voix permet de l’emporter, comme avec le Brexit, dont il a également été question au point de presse. 

« Dans l’Église, ce sont d’autres principes qui règlent la prise de décisions » a ajouté le père Nicolas Balachov qui a cité le début des canons du premier Concile apostolique « Il a plu à l’Esprit saint et à nous… » avant de conclure « Pour que les évêques puissent parler ainsi, il doit y avoir unanimité, volonté commune. » 

À ce Concile, qui devait être Concile panorthodoxe, qui a débuté le 20 juin et durera jusqu’au 25 juin, participent les primats de dix des quatorze Églises orthodoxes. 
Lien Interfax religion Traduction "PO" 

*

Mgr Job qui a été élu démocratiquement à la tête de "Daru", avant de recevoir une promotion selon le fameux principe de Peter qui a annulé cette élection sublime, a manqué une belle occasion de se taire, tout comme lorsqu'il a déclaré lors de Vêpres à Notre-Dame de Paris que l'Eglise Catholique (romaine) n'était pas hérétique (C.-L.-G.)

Sur orthodoxie.com/ L’archevêque d’Athènes Jérôme a demandé la condamnation de l’uniatisme par le Concile

L’archevêque d’Athènes a proposé que soit condamné l’uniatisme, comme une méthode étrangère à l’esprit orthodoxe. « Il doit être condamné par toutes les Églises orthodoxes » a souligné le primat de l’Église de Grèce. La proposition de l’archevêque Jérôme a été acceptée par les membres du saint et grand Concile et sera mentionnée dans les documents officiels.