"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

lundi 15 février 2016

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX


2/15 février
FÊTE DE LA RENCONTRE DU SEIGNEUR


FÊTE DE LA RENCONTRE DE NOTRE SEIGNEUR[1]
L
orsque les quarante jours prescrits par la Loi de Moïse pour la purification de la mère d’un nouveau-né furent accomplis (cf. Lv XII, 2-4), la Toute Sainte Mère de Dieu et saint Joseph amenèrent l’Enfant Jésus à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, car tout garçon premier-né, appartenant de droit au Seigneur (Ex XIII, 15), devait Lui être consacré au Temple et être, en quelque sorte, échangé contre l’offrande en sacrifice d’un agneau d’un an ou, pour les familles pauvres, d’un couple de tourterelles et de deux colombes (Lv XII, 8). Le Seigneur du ciel et de la terre, et le Législateur de son peuple Israël, Lui qui n’est pas venu pour abolir la Loi mais pour l’accomplir (Mt V, 17), ayant pris sur Lui notre nature mortelle depuis la désobéissance, la restaure dès sa venue au monde en se faisant obéissant à tous les préceptes de la Loi. Source de toutes les richesses et de toutes les grâces, Il se fait le plus humble et le plus pauvre d’entre nous. Il se soumet à la Loi qu’Il nous a donnée et que, nous hommes, n’avons cessé de transgresser, nous montrant ainsi que l’obéissance est la voie de la réconciliation avec Dieu. Bien que ni Lui ni sa Mère immaculée n’eussent besoin de purification, après avoir soumis sa chair à la circoncision le huitième jour, Il attendit encore à Bethléem l’écoulement de la durée légale afin de présenter dans le Temple de Sa gloire ce corps qu’Il a assumé pour devenir le nouveau Temple parfait de Sa divinité. Lui, le Dieu inaccessible et incompréhensible accepte d’être échangé contre l’offrande des pauvres : les colombes et les tourterelles, symboles de la pureté, de la paix et de l’innocence que le Sauveur Ami des hommes est venu nous apporter.

Parvenus dans le Temple, ils furent accueillis, dit-on, par le grand prêtre Zacharie, le père de saint Jean le Précurseur, qui plaça de manière inattendue la Mère de Dieu dans l’emplacement réservé aux vierges. À ce moment-là arriva dans le Temple un homme du nom de Syméon. Juste et pieux observateur de tous les commandements de Dieu, il avait attendu depuis de longues années la réalisation de la prophétie que l’Esprit Saint lui avait inspirée : c’est-à-dire qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Christ Seigneur. Ce vieillard, qui figurait l’attente d’Israël, tendit alors ses bras, les mains couvertes des plis de son manteau, pour recevoir le Sauveur comme sur un trône de chérubins. Il bénit Dieu et dit : « Maintenant, ô Maître Souverain, Tu peux laisser Ton serviteur s’en aller en paix selon ta parole, car mes yeux ont vu Ton salut » (Lc II, 9). L’Alliance d’Israël, devenue caduque à l’apparition du Christ, et la Loi obscure demandaient par lui à se retirer devant la lumière de la grâce. Ce vieillard, voyant et touchant le Sauveur qui avait été annoncé et préparé par les Justes et les Prophètes depuis tant de siècles, pouvait demander à Dieu en toute confiance d’être désormais délivré des liens de la chair et de la corruption pour laisser la place à la jeunesse éternelle de l’Église. Il annonçait ainsi solennellement l’abolissement des figures et prononçait l’ultime prophétie concernant le Sauveur, en prédisant à sa Mère que sa Passion et sa vivifiante Résurrection seraient un signe de contradiction, et qu’elles amèneraient la chute des impies et le relèvement de ceux qui croiront en Lui.

Une femme nommée Anne, de la tribu d’Aser, — qui était fort avancée en âge et était connue de tous ceux qui fréquentaient le Temple : car, restée veuve après sept ans de mariage, elle y servait Dieu continuellement en attendant la venue du Messie dans le jeûne et la prière — s’avança alors elle aussi vers l’Enfant et se mit à louer Dieu, annonçant à tous la délivrance d’Israël.

En entendant de telles révélations et furieux de voir Marie placée parmi les vierges par le grand prêtre, les pharisiens présents dans le Temple allèrent rapporter les faits au roi Hérode. Celui-ci comprit que cet enfant devait être le nouveau roi dont lui avaient parlé les Mages qui avaient suivi l’étoile depuis l’Orient, et il envoya aussitôt des soldats pour Le tuer. Mais prévenus à temps, Joseph et Marie s’enfuirent alors de la cité et allèrent se réfugier en Égypte, guidés par un ange de Dieu. Ce n’est que deux ans plus tard, rapporte la tradition, qu’ils retournèrent à Nazareth en Galilée. Et l’Enfant-Dieu grandit alors paisiblement, en attendant le moment propice pour commencer son ministère public.


Cette fête de la sainte Rencontre du Seigneur, appelée aussi Purification de la Mère de Dieu (ou Chandeleur) en Occident, était connue dès le ive siècle à Jérusalem — où elle était célébrée le 14 février afin de coïncider avec le quarantième jour depuis la Nativité qui était alors célébrée le 6 janvier. Elle a été introduite à Constantinople par l’empereur Justinien, en 542, et a été alors rangée parmi les fêtes du Seigneur.








Tropaire de la Ste Rencontre, ton 1
Ра́дуйся, Благода́тная Богоро́дице Дѣ́во, и́зъ Тебе́ бо возсiя́ Со́лнце пра́вды, Христо́съ Бо́гъ на́шъ, просвѣща́яй су́щыя во тьмѣ́. Весели́ся и ты́, ста́рче пра́ведный, прiе́мый во объя́тiя Свободи́теля ду́шъ на́шихъ, да́рующаго на́мъ воскресе́нiе.
Réjouis-toi, ô Pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, illuminant ceux qui sont dans les ténèbres. Sois aussi dans l’allégresse, juste vieillard, qui as reçu sur tes bras Celui qui libère nos âmes et nous donne la Résurrection.

Kondakion de la fête de la Ste Rencontre, ton 1

Утро́бу Дѣви́чу ocвяти́вый Poждество́мъ Tвои́мъ и pу́це Cѵмео́нѣ благослови́вый я́коже подоба́ше, предвари́въ и ны́нѣ спа́слъ ecи́ на́cъ, ХристБо́же, но yмири́ во бранѣ́xъ жи́тельство и yкрѣпи́ пpaвосла́вныя хpистіа́ны, и́xже возлюби́лъ ecи́, еди́не человѣколю́бче.
O Toi qui as sanctifié par Ta naissance le sein virginal et qui as béni, comme il le fallait, les bras de Siméon, Tu es venu, Christ Dieu, nous sauver en ce jour. Dans ses guerres, donne la paix à Ta cité et affermis les chrétiens orthodoxes que Tu as aimés, Toi seul Ami des hommes.



Au lieu de « Il est digne en vérité », ton 3

Богopóдицe Дѣ́вo, упова́нie xpиcтiáномъ, покры́й,  coблюди́ и спаси́ на́ Тя́ упова́ющихъ. Въ зако́нъ cѣ́ни и пиcáній о́бpaзъ ви́димъ вѣ́pніи : вcя́къ му́жескiй по́лъ, ложесна́  paзверза́я, cвя́тъ Бо́гу ; тѣ́мъ Пepвоpoжде́нное Cло́во Отца́ безнача́льна, Cы́на пepвоpoдя́щася Maтépiю неискоcyмжно, величáeмъ.
Mère de Dieu, espérance de tous les chrétiens, abrite, protège et garde ceux qui espèrent en toi. Dans la Loi, nous découvrons, nous, fidèles, sous l’obscurité de la lettre, une figure : tout mâle premier-né est consacré à Dieu. C’est pourquoi nous magnifions le Verbe Premier-né, Fils du Père Éternel, Premier-né de la Vierge Mère.


AU SUJET DE LA FÊTE DE LA RENCONTRE DU SEIGNEUR

Lors de la Rencontre, le Seigneur est entouré, d’une part, de la justice qui attend le salut non de celle-ci même – Siméon - et  la vie stricte dans le jeûne et les prières renforcée par la foi – Anne - d’autre part, la pureté substantielle, intégrale et inébranlable – la Vierge Mère de Dieu, et la soumission humble, silencieuse à la volonté de Dieu – Joseph le Fiancé. Transpose toutes ces dispositions spirituelles dans ton cœur et tu rencontreras le Seigneur. Il ne te sera pas apporté, mais Il viendra Lui-même en toi, et Tu Le recevras dans les bras de ton cœur, chantant le cantique qui traversera les cieux et réjouira tous les anges et les saints.


Saint Théophane le Reclus



[1] Tiré du Synaxaire du P. Macaire de Simonos Petras

dimanche 14 février 2016

Le mendiant japonais devenu moine orthodoxe!


Je voudrais donner un petit exemple d'activité pastorale. Nous avons une petite procure [Podvorié/métochion] à New York. Elle est située dans un  quartier très pauvre de la cité où vivent surtout des hispaniques et des noirs. Il y a partout de la drogue, de l'alcool et des SDF. Je crois que plus de la moitié des habitants vivent de l'aide sociale.

Pour les adolescents de la région, c'est une fierté que de donner naissance à un enfant quand ils ont 14 ou 15 ans. Non pas de prendre soin d'eux, juste de leur donner naissance. C'est la raison pour laquelle  peu d'entre eux peuvent faire face au futur avec quelque perspective d'avenir. Dans chaque coin, on trouvera une église catholique ou protestante, ou bien une synagogue, mais toutes sont vides.

Devant notre bâtiment, il y a une zone creuse que l'on appelle le "puits". Un jour vers le 15 février, le grésil tombait, et il faisait froid. Soudain, entre les bacs de déchets qui sont situés dans ce creux,j'ai entendu un bruit. J'ai pensé que des mendiants, comme d'habitude, cherchaient des bouteilles vides dans les bacs, mais ils jetaient les ordures devant ma porte, ce que je ne voulais pas permettre...

En ouvrant la porte, je vis un homme aux traits asiatiques:

- Qu'est-ce que vous faites?
- Pardonnez-moi. Je cherche quelque chose à manger.
- Pourquoi cherchez-vous dans la poubelle? Venez à l'intérieur!
- Non je ne peux pas. Je suis sale et je sens mauvais.
- Allez! Venez à l'intérieur, lui ai-je dit.

Au cours de notre brève  conversation, je lui ai expliqué que nous avions une chambre où il pourrait prendre un bain, changer de vêtements, et manger quelque choses.

L'homme eut peur.
-Que voulez-vous de moi?
Je lui ai dit: "Je ne veux pas que tu jettes des ordures sur mon pas de porte, seulement cela et rien d'autre."

Après qu'il eut mangé, je me suis assis près de lui et nous avons commencé à parler. Il semblait être un homme intelligent. Je lui ai demandé:
- Où habitez-vous?
- Nulle part!
- Autrement dit, vous n'avez pas de domicile?
- Voyez, chaque nuit je nettoyais un restaurant japonais, et on me permettait de dormir au sous-sol.
"Comment se fait-il que vous n'ayez pas un toit au-dessus de votre tête?

Il m'expliqua qu'il était ingénieur venant du Japon. Au début tout allait bien, puis il est tombé dans les narcotiques, la cocaïne et l'héroïne, et bientôt il a tout perdu.

Je lui ai suggéré de rester avec nous.

- Oh, je ne peux pas, a-t-il répondu.
- Pourquoi?
- Parce que je suis à la recherche de la vérité! répondit l'homme.
- Il n'y a pas besoin d'aller nulle part, la vérité est là.
- Voilà ce que vous dites tous, me dit-il. Je suis allé chez les catholiques, les mormons, les témoins de Jéhovah, les bouddhistes. Ils promettent tous la même chose, mais ils ne donnent rien.
-Très bien, lui ai-je dit, restez une peu!

Il est resté quelques jours avec nous. Nous avons commencé à avoir des discussions. Plus tard il a été baptisé, et il a pris le nom de Nicolas (pour saint Nicolas [Kasatkine] l'Illuminateur orthodoxe du Japon). Maintenant il est retourné au Japon et il est devenu moine dans un monastère orthodoxe. Mais tout a commencé parce que nous lui avons permis de rester avec nous. Il a vu l'Evangile avant de l'entendre ou de le lire.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Archimandrite Joachim [Parr]
cité par

Conférence de Père Elie du monastère de Terrasson-Lavilledieu

Le 5 février dernier,  l’archimandrite Elie, aumônier du monastère de la Transfiguration de Terrasson, a donné une conférence sur le thème “L’espérance” dans le cadre des rencontres hebdomadaires à l’église orthodoxe russe des Trois-Saints-Docteurs organisée par l’association de jeunes orthodoxes « Chersonèse » Pour consulter les prochaines conférences, cliquez ICI. Nous vous invitons à visionner la conférence en ligne :

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Le monastère de la Transfiguration a le plaisir de vous annoncer la parution de trois nouveaux ouvrages.
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Saint-Petersburg


FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX


1/14 février
37ème dimanche après la Pentecôte

Avant-fête de la Rencontre du Seigneur ; saint martyr Tryphon (250), saints martyrs Saturus, Saturnin, Secondus, Revocat, Perpétue et Félicité (202-203), saint Pierre de Galatie (429), saint Bendimien, ermite en Bithynie (vers 512) ; sainte Brigitte de Kildare (524), illuminatrice de l’Irlande, saint néomartyr Nicolas Mezentsev, prêtre (1938).

Lectures : 1 Tim. IV, 9–15. Lc. XIX, 1–10 (Zachée). Martyrs: Rom. VIII, 28–39. Lc. X, 19–21.

VIE DU SAINT MARTYR TRYPHON[1]

C
e glorieux martyr du Christ était originaire de la ville de Lampsaque, en Hellespont. Ses parents, modestes mais pieux, lui inspirèrent dès son plus jeune âge l’amour des saintes vertus évangéliques, de sorte qu’il obtint très tôt de Dieu la grâce de guérir les hommes et les animaux de leurs maladies, et de chasser les esprits impurs, tout en restant dans l’humble condition de gardien d’oies.

Au temps du règne de l’empereur Gordien (238-244), un démon furieux prit possession de la fille du souverain, sans que ni les médecins ni les mages ne puissent rien faire pour elle. Le démon s’écria un jour : « Seul Tryphon a la force de me déloger ! » Gordien envoya aussitôt des émissaires dans tout l’Empire à la recherche de ce guérisseur. L’ayant trouvé en train de garder paisiblement ses oies, ils emmenèrent à Rome le jeune garçon de dix-sept ans. Dès son arrivée, Tryphon expulsa le démon par la puissance de sa prière, et le fit apparaître aux habitants de la ville sous la forme d’un chien noir et répugnant, afin qu’il confesse qu’instrument de Satan, le père de tout mal, il n’avait, lui et les siens, aucun pouvoir contre les chrétiens. L’empereur reconnaissant couvrit Tryphon de présents que le saint distribua aux pauvres sur le chemin du retour vers sa patrie. Il reprit en paix ses activités, répandant autour de lui miracles et bénédictions divines, jusqu’au temps de la persécution de Dèce (250).

Le saint fut alors dénoncé au préfet de l’Orient, Akylin, comme un dangereux promoteur du christianisme. Il se livra de lui-même aux soldats qui avaient été envoyés pour l’arrêter, et se présenta radieux à Nicée, devant le tribunal, méprisant avec assurance les flatteries du préfet comme ses menaces. Il fut d’abord attaché au poteau de torture et frappé pendant trois heures à coups d’épées de bois, qui servaient à l’exercice des soldats. Comme il semblait rester étranger à la souffrance, le tyran le fit ensuite attacher derrière son cheval et l’obligea à courir pieds nus sur les chemins rocailleux et verglacés. Puis, de retour à Nicée, comme il refusait d’adorer l’image de l’empereur, on lui planta des clous dans les pieds et on le traîna ainsi au milieu de la ville. Mais l’amour du Christ transformait les souffrances du jeune martyr en de divines délices[2], et le spectacle de ces tortures n’avait pour tout résultat que de provoquer l’admiration de la foule. Les soldats s’acharnaient à lui déboîter les membres, à le frapper de verges et à lui brûler tout le corps avec des torches, mais le saint endurait tout avec joie, en priant pour ses bourreaux. Soudain, une couronne de fleurs, ornée de pierres précieuses, descendit du ciel pour se poser sur sa tête. Akylin, impuissant et ridicule, ordonna alors de le décapiter en-dehors de la ville. Mais, avant même que le bourreau n’abatte son glaive meurtrier, le saint martyr rendit son âme à Dieu. Les chrétiens de Nicée se précipitèrent pour honorer sa précieuse dépouille, mais le saint leur apparut pour leur révéler que sa place était dans sa patrie. C’est donc à Lampsaque qu’il fut enseveli et qu’il accomplit de nombreux miracles au cours des siècles. Il est invoqué pour la protection des jardins et des cultures contre les sauterelles, les reptiles et toutes sortes d’autres bestioles nuisibles.

Tropaire du dimanche, ton 4
Свѣ́тлую воскресéнiя про́повѣдь отъ Áнгела yвѣ́дѣвша Гoспо́дни yчени́цы и пра́дѣднee осужде́нie отве́ргша, Aпо́столомъ xва́лящася глаго́лаху : испрове́́pжеся cме́рть, воскре́сe Xpистócъ Бо́гъ, да́руяй мípoви ве́лiю ми́лость.
Les saintes femmes, disciples du Seigneur, ayant appris de l’Ange la radieuse nouvelle de la Résurrection, rejetèrent la condamnation des premiers parents, et, pleines de fierté, dirent aux Apôtres : « La mort a été dépouillée, le Christ est ressuscité, donnant au monde la grande miséricorde ! »
Tropaire de l'avant-fête, ton 1
Небе́cный ли́къ небе́сныхъ А́нгелъ, прини́къ на зе́млю, прише́дша зри́тъ, я́ко Младе́нца, носи́ма ко хра́му, Перворожде́нна всея́ тва́ри, отъ Ма́тере Неискусому́жныя, пред-пра́зднственную у́бо съ на́ми пою́тъ пѣ́снь ра́дующеся.
Du haut du ciel se penchant vers la terre, le chœur céleste voit porter au temple comme un enfant nouveau-né par une Mère virginale le Premier-né de toute la création et dans l'allégresse les Anges chantent l'hymne d'avant-fête avec nous.

Tropaire du saint martyr, ton 4
Му́ченикъ Тво́й, Го́споди, Три́фонъ, во страда́ніи свое́мъ вѣне́цъ прія́тъ нетлѣ́нный отъ Тебе́, Бо́га на́шего: имѣ́яй бо крѣ́пость Твою́, мучи́телей низложи́, сокруши́ и де́моновъ немощны́я де́рзости. Того́ моли́твами спаси́ ду́ши на́ша.
Ton Martyr Tryphon, Seigneur, pour le combat qu'il a mené a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d'immortalité;  animé de ta force, il a terrassé les tyrans et réduit à l'impuissance l'audace des démons; par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion du dimanche, 4ème ton
Спа́съ и изба́витель мо́й изъ гро́ба я́ко Бо́гъ воскреси́ отъ у́зъ земноро́дныя, и врата́ а́дова сокруши́, и я́ко Влады́ка воскре́ce тридне́венъ.
Mon Sauveur et mon Rédempteur, au sortir du Tombeau, a libéré les humains de leurs chaînes et a fracassé les portes de l’enfer ; en Maître, Il est ressuscité le troisième jour.

Kondakion du saint martyr, ton 8
Тро́ическою тве́рдостію многобо́жіе разруши́лъ еси́ отъ коне́цъ, всесла́вне, че́стенъ во Христѣ́ бы́въ, и, побѣди́въ мучи́тели во Христѣ́ Спаси́телѣ, вѣне́цъ прія́лъ еси́ му́ченичества твоего́ и дарова́нія Боже́ственныхъ исцѣле́ній, я́ко непобѣди́мь.
Fortifié par la Trinité, tu fis disparaître le culte des dieux multiples, glorieux Tryphon, vénérable dans le Seigneur;  ayant vaincu les tyrans grâce au Christ Sauveur, tu as reçu la couronne des Témoins et le pouvoir des guérisons, comme invincible martyr.


Kondakion de l’avant-fête, ton 6
Со Отце́мъ Сло́во Сы́й неви́димо, ны́нѣ у́бо ви́димь е́сть пло́тію: неизрече́нно отъ Дѣ́вы роди́ся и на ру́ку ста́рчу дае́тся святи́телю. Поклони́мся Тому́ и́стинному Бо́гу на́шему.
Le Verbe étant invisiblement avec le Père, est maintenant visible dans la chair ; Né ineffablement de la Vierge, il est remis dans les bras du vieillard Syméon. Prosternons-nous devant Lui, notre vrai Dieu.


HOMÉLIE DE ST JEAN CHRYSOSTOME SUR L’ÉPÎTRE DE CE JOUR

« Cette parole est fidèle et digne d'être reçue par tous. C'est pour cela que nous supportons les fatigues et les outrages ». Paul supportait les outrages, et vous les trouvez insupportables? Paul supportait les fatigues et vous voulez vivre dans la mollesse? S'il y eût vécu, il n'eût pas obtenu ces grands biens. Car si les biens précaires et corruptibles de cette vie ne s'acquièrent jamais sans travaux et sans sueurs, à combien plus forte raison les biens spirituels ! (…)

« Jusqu'à mon arrivée, appliquez-vous à la lecture, à l'exhortation, à l'enseignement». L'apôtre ordonne à Timothée de s'appliquer à la lecture. Écoutons-le tous et apprenons à ne pas négliger la méditation des choses divines. Il dit aussi : « Jusqu'à mon arrivée ». Voyez comment il le console, car ce disciple orphelin devait chercher son maître. « Jusqu'à mon arrivée, appliquez-vous à la lecture » des Écritures divines, « à l'exhortation » mutuelle, « à l'enseignement. Ne négligez point la grâce qui est en vous, qui vous a été donnée par la prophétie ». C'est de la grâce d'enseigner qu'il parle. « Avec l'imposition des mains sacerdotales » ; non du simple sacerdoce, mais de l'épiscopat, car ce n'étaient pas des prêtres qui créaient un évêque. « Méditez ces choses, arrêtez-y votre esprit ». Voyez comment il revient auprès de Timothée sur les mêmes exhortations, voulant montrer que tel doit être l'objet principal du zèle de celui qui enseigne. « Veillez sur vous et sur votre enseignement, ne vous en laissez pas distraire ». C'est-à-dire, veillez sur vous-même et enseignez les autres. « Car en agissant ainsi, vous vous sauverez, vous et ceux qui vous écoutent ». Car celui qui se nourrit des paroles de l'enseignement en recueille le premier les fruits : en avertissant les autres, il atteint son propre cœur. Ce que dit l'apôtre, il ne le dit pas à Timothée seul, mais à tous. S'il parle ainsi à un homme qui ressuscitait les morts, que pourrons-nous répondre? Le Christ a dit : «Semblable à un père de famille qui tire de son trésor des choses nouvelles    et anciennes ». (Matth. XIII, 52.) Et le bienheureux  Paul dit à son tour : « Afin que, par la patience et la consolation des Écritures, nous possédions l'espérance ». (Rom. XV, 4.) Surtout il l'a pratiqué lui-même, lorsqu'il s'instruisait de la loi de ses pères auprès de Gamaliel, en sorte que depuis lors il avait dû s'appliquer à la lecture; il s'adressait sans doute les avertissements qu'il adressa depuis à autrui. Vous le voyez sans cesse citer les témoignages des prophètes et en scruter le sens caché. Ainsi Paul s'appliquait à la lecture, et ce n'est pas un mince profit que celui qu'on peut tirer des Écritures ; mais aujourd'hui nous les négligeons. — « Afin que votre progrès soit manifeste à tous ». Vous voyez qu'il voulait que son disciple devînt, sur ce point aussi, grand et digne d'admiration, mais que Timothée avait encore besoin de cet avis. « Afin que votre progrès soit manifeste à tous » ; non-seulement dans sa conduite, mais dans les discours de son enseignement.



[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras
[2]. Tryphie signifie « délices ».