"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mercredi 4 février 2015

UN LIVRE ESSENTIEL SUR LA FOI ORTHODOXE

Père Elie, du Monastère de la Transfiguration à Terrasson-Lavilledieu, vient de publier un livre, véritable Dictionnaire de l'Orthodoxie, qui témoigne d'un grand amour de la foi orthodoxe. Dans son ouvrage, il définit point par point, dans un langage simple et accessible à tous, tout ce que croient les orthodoxes. 

Sans "langue de bois," d'une manière très irénique, il donne une image complète de ce qu'est la foi orthodoxe bimillénaire, et de ses différences essentielles avec le catholicisme romain en particulier.

Très souvent, par pusillanimité, par une fausse charité, totalement irresponsable dans le contexte vital du salut en Christ dans l'Eglise, par souci paresseux de simplification, il est habituel pour certains de  minimiser les différences patentes entre l'Orthodoxie et les confessions hétérodoxes. Avec justesse et responsabilité, Père Elie mentionne ces différences, et l'on constate qu'elles sont très nombreuses, et que souvent, deux réalités fondamentalement différentes, pour ne pas dire opposées, recouvrent le même terme utilisé par les catholiques romains et par les orthodoxes.

Après avoir lu ce livre, on a envie de citer les paroles du saint staretz Jérôme d'Egine rapportées par Père Basile*, alors higoumène du monastère athonite de Stavronikita, en les appliquant à ce bel ouvrage, si utile, de Père Elie:

" Le staretz Jérôme d'Egine (+ 1966) recommande à quiconque n'a pas d'argent de s'en aller mendier sur les chemins, de rassembler la somme nécessaire et d'acheter le livre de l'Abbé Isaac."

Nous remercions chaleureusement Père Elie d'avoir donné aux chrétiens ce livre de référence qui est un véritable trésor pour une compréhension juste et correcte (n'est-ce pas aussi le sens du mot orthodoxe?) de la foi orthodoxe, et qui permet aux chrétiens orthodoxes de se revêtir "de l'armure complète de Dieu". (Ephésiens 6:11)

Claude Lopez-Ginisty

* in Préface aux Œuvres Spirituelles de Saint Isaac le Syrien, DDB, Collection Théophanie, 1981.

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Pour commander ce livre, allez sur le site de la librairie du monastère (http://www.librairie-monastere.fr/enseignements-spirituels/236-l-orthodoxie-qu-est-ce-que-c-est-la-voie-la-verite-la-vie.html), il est en vente au prix modique de 18 euros, peut-être commandé par internet et acquis soit par carte de crédit, soit avec PayPal!

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L'Orthodoxie : Qu'est-ce que c'est ? La Voie, La Vérité, La Vie et ses différences avec le Catholicisme.

Auteur : Archimandrite Elie

Dans notre société, tout change vite : les modes de vie comme les technologies. Nous nous sentons tantôt stimulés et tantôt déstabilisés par ces évolutions. Les repères sont flottants ou carrément perdus. La consommation nous promet bien-être et plaisir mais nous laisse insatisfaits. Nous sommes souvent déçus par les « sagesses» diverses et leurs recettes pour être « zen ». Alors quoi? Au-delà des modes passagères, qu'est-ce qui peut nous rendre heureux ?

La tolérance est aujourd'hui un mot d'ordre qui permet presque tout mais le christianisme est mal vu, taxé de passéisme. Et pourtant... au milieu de ce monde mouvant et violent, les chrétiens orthodoxes expérimentent la paix et la joie et ils en témoignent pour ceux qui les approchent. Leur vie « s'irradie d'une pleine lumière» disait déjà saint Denys dans les débuts du christianisme.

Ce livre, abordable par tous, est à entrées multiples et peut se lire dans l'ordre ou dans le désordre selon les questionnements ou les centres d'intérêt. Les paragraphes nombreux, mais courts, apportent éclaircissements et précisions sur la foi et la vie orthodoxes dans une première partie, puis abordent les points de divergence avec les Catholiques. Aucun désir polémique, seulement la joie de faire connaitre ce qui rend heureux les Orthodoxes, même au cœur des difficultés !

Ah ? Vous êtes Orthodoxes ? Mais vous êtes Chrétiens ? Et quelles différences avec les catholiques ?

Ce livre, abordable par tous, est à entrées multiples et peut se lire dans l'ordre ou dans le désordre selon les questionnements ou les centres d'intérêt. Les paragraphes nombreux, mais courts, apportent éclaircissements et précisions sur la foi et la vie orthodoxes dans une première partie, puis abordent les points de divergence avec les Catholiques. Aucun désir polémique, seulement la joie de faire connaitre ce qui rend heureux les Orthodoxes, même au cœur des difficultés ! 
L'archimandrite Élie est le père spirituel du monastère de la Transfiguration (Dordogne) qui est une dépendance de celui de Simonos Pétra du mont Athos. Moine orthodoxe, il est implanté en France depuis quarante ans, et il connaît intimement le monde catholique qui l'entoure. 

Ce livre est vendu au profit de la construction de l'église patronale du Monastère de la Transfiguration.



Table des matières

Préface

Préface de l'Archimandrite Elisée, Higoumène du monastère de Simonos Pétra

Avant propos

Une question fréquente
Définition de l'adjectif "orthodoxe"
Définition de l'Orthodoxie
Définition de l'Église orthodoxe
Depuis quand et pourquoi est-elle nommée "Église orthodoxe" ?

Ce que croient les Orthodoxes en Église

La foi
Comment connaît-on la foi de l'Église ?
Comment la reconnaît-on ?
Qu'est-ce qui le certifie ?
La Religion du Christ
Ce que révèle l'Ancien Testament
La Sainte Trinité
Distinction nature / personne
Sens des Noms: Père, Fils, Esprit Saint
L'Essence divine et Ses Énergies
La Création et en son centre, l'Homme
L'homme mâle et femelle : leurs vocations
Son drame
Son salut (la Rédemption)
Le Salut, c'est le Christ
La Mère-de-Dieu
Le "Processus" du salut en Christ
La consubstantialité des hommes
Les tentations du Christ
La kénose
La Passion-Mort. Conception orthodoxe de la Croix
La Résurrection
Le Paradis ou Ciel
Importance de la liberté de l'homme
La déification-divinisation
Mode de transmission du salut par le Christ
Le problème du mal
Le diable et les démons
La Miséricorde divine
Participation des nommes à l' œuvre du Christ
Notre « kénose» : dépouillement de soi
Qu'est-ce que l'Amour?

Ce qu'expérimentent les Orthodoxes en Église

La Vie en Christ
L'incorporation au Christ
Tous les hommes sont incorporés au Christ
Qui est sauvé ?
À quoi bon avoir la foi ?
La vocation des Orthodoxes
«Croire» c'est «voir» et donc «connaître»
Les saints Mystères ou sacrements
«L'impact» des saints Mystères
Leur nombre
L'expérienœ spirituelle
Le mystère de l'espace et du temps sacrés
Le mémorial
La Divine Liturgie
Le Corps et le Sang du Christ
Les icones
Le culte des saints
Les saintes Reliques
La Mère-de-Dieu ou Théotoque (Complément)
Le monachisme
La paternité spirituelle
Le mariage
L'ascèse
La prière
La «prière de Jésus»
Le Synaxaire
L'avenir du monde
La place du chrétien dans la société
L'Église confrontée aux cultures de mort
Le martyre, mode «normal» de la vie des chrétiens
La morale au-delà de la morale
La Joie, critères de la présence de Dieu
Le sens de la mission

Quelques aspects particuliers de l'organisation de l'Église orthodoxe

La foi, ferment d'unité par les sacrements
Le calendrier
Les fêtes «fixes"
Les fêtes « mobiles»
Les moines et les fidèles
Les évêques
Les Conciles Œcuméniques
Qu'est-ce que l'œcuménisrne ?

Quelques différences avec le catholicisme

Préliminaire
Une différence de discernernent
La conception de l'Église
Le rôle du Pape de Rome
L'infaillibilité pontificale
La «théorie des branches»
La théorie des «deux poumons de l'Église»
Une collaboration inter-chrétienne
La question de l'Esprit Saint
Une atrophie de la place du Saint-Esprit
La méconnaissance des Énergies divines
La Transfiguration du monde
La Déification des hommes
Le Baptême
Les trois Mystères d'Initiation
Les conciles
Sur la Liturgie et la messe
Sur les «paroles de l'institution eucharistique»
La communion avec la seule hostie
L'hostie en pain azyme
La Transsubstantiation
L'«intercommunion» et «l'hospitalité eucharistique»
L'Adoration du «saint Sacrement»
L'icône et les statues
L'art du vitrail
Le Symbolisme
La «Sainte Famille» et son image
L'architecture sacrée
Le mariage
L'anthropologie (ce qu'est l'homme)
L'Immaculée Conception
L'Assomption de la Mère-de-Dieu
Un clergé marié
La question du divorce
La morale
Les saintes Écritures
Sous le règne de la Loi
Vers une «ignominie dévastatrice»
Le «Je crois en Dieu»
Des erreurs dans la traduction de la confession de la foi
Le «Notre Père»
Un «Notre Père» édulcoré
Le Signe de la Croix
La prière discursive
Le monachisme
Action et contemplation
Les sacrifices et l'ascèse
L'iconostase
Métanies et génuflexions
«Notre-Dame»
La prière pour les défunts
L'orientation des célébrations liturgiques

Annexes

Note sur le Protestantisme
Comparaison avec l'islam
Comparaison avec le Bouddhisme
En guise de conclusion
État des lieux de l'Orthodoxie
L'expansion géographique contemporaine de l'Orthodoxie
L'avenir de l'Orthodoxie
Épilogue




Entrevue avec Père Elie à propos de son livre

mardi 3 février 2015

La mission [orthodoxe] indienne sera celle qui donnera le plus de fruits au monde! (2 et fin)



 Bishop Athanasius (Jevtic) with 2 students of the St. Petersburg Orthodox Theological Academy. Left: Clement Nehamaiyah
L'évêque Athanase [Jevtic] avec deux étudiants de l'Académie de Théologie orthodoxe de Saint-Pétersbourg. A gauche: Clément Nehamaiyah

C'est la terre [id est l'Inde] de l'Apôtre Thomas, et par notre Dieu, elle donne beaucoup de fruits. Il y a un certain charisme incomparable dans notre foi et notre culte qui atteint le cœur des gens. J'ai vu que la Lumière du Monde attire
en Inde de nombreuses personnes à l'Orthodoxie. Le terme "mission" est dérivé du verbe latin mittere, signifiant "envoyer," et implique "une tâche", un "mandat". 

Les apôtres (littéralement, "ceux qui sont envoyés") ont été les premiers missionnaires chrétiens à accomplir le commandement qui leur a été donné par le Seigneur et Sauveur Jésus-Christ Lui-même: "Allez et faites des disciples dans toutes les nations, les baptisant au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit" (Matthieu 28: 19-20). 

Donc, en réponse à Son commandement, devenant missionnaires, nous atteignons à la fois les non-chrétiens et même les chrétiens hétérodoxes. Les Paroles du Christ s'appliquent vraiment au contexte de l'Inde quand Il dit: "La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux." Il y a une grande opportunité pour le travail missionnaire en Inde. En effet, le danger ne peut être négligé car il y a toujours la menace du fondamentalisme dont le monde est conscient; mais il n'y a jamais eu de moment où il n'y avait aucun danger pour les ouvriers de la Vigne de Christ. 

En Inde, le fondamentalisme hindou a également atteint son apogée. De temps en temps dans le passé, ils [les hindous] ont démontré leur haine pour les chrétiens, à commencer par l'assassinat de l'Apôtre Thomas. A présent, il y a des centaines d'organisations fondamentalistes hindoues en Inde, dont certaines sont engagées dans des activités terroristes hindous. 

La RSS (Rashtriya Swaynsewak Sangh) est l'organisation faîtière fondamentaliste hindou qui a également tué le Mahatma Gandhi. La RSS est basée à Nagpour, zone de notre mission. La RSS et des centaines de ses organisations filles comme le VHP, le Bajrang Dal, l'Abhinav Bharat, etc. sont littéralement présents dans chaque état, chaque ville et chaque village de l'Inde. Cette RSS seule a environ 6 millions de membres actifs et cinquante mille branches dans toute l'Inde, plus que le nombre total de paroisses orthodoxes russes. 

Depuis que le nouveau gouvernement fondamentaliste hindou est arrivé au pouvoir en Inde, toutes ces organisations fondamentalistes ont reçu la force et le soutien pour mener à bien leurs actes contre les chrétiens de toutes confessions. Si nous regardons les nouvelles sur la situation en Inde, nous trouverons que ces fondamentalistes hindous convertissent ouvertement les chrétiens à l'hindouisme, brûlant des églises, battant les chrétiens et surveillant les activités chrétiennes dans toute l'Inde, et il y a seulement quelques mois que ce gouvernement est arrivé au pouvoir, il dispose de cinq années complètes pour régner sur l'Inde, et Dieu seul sait ce qui va se passer pour nous. 

Nous savons que les temps sont durs et ils vont s'aggraver, car Jésus a dit, "l'heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu." (Jean 16:2), mais nous n'avons pas peur parce que le même Seigneur a promis: "Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j'ai vaincu le monde"(Jean 16:32). Et comment pouvons-nous oublier, "Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein." (Romains 8:28).

Aujourd'hui cette mission orthodoxe russe en Inde est très petite, très faible, elle manque de beaucoup de choses de base, et elle fait face à de nombreux obstacles et problèmes à cause de ce manque. Si les besoins de cette petite
mission, humble, fidèle et fructueuse sont remplis, je suis à cent pour cent sûr de la grande réussite de l'Orthodoxie en Inde. C'est comme avec nos doigts, si nous n'avons un seul doigt dans notre main, il sera seul et incapable de faire beaucoup de ce qu'il aurait pu faire avec les quatre autres doigts. En ce moment, cette mission est comme un doigt sur une main. Nous avons besoin de l'aide des autres quatre doigts pour fonctionner pleinement pour la Gloire de Dieu. En outre, lorsque nous parlons de travail missionnaire en Inde, nous ne devons pas oublier que la philosophie du ''Karma'' est au cœur de l'Inde, et les bonnes actions, la charité, etc. sont considérées comme les plus hautes formes de la morale en Inde. 

Dans un document intitulé, '' De la mission externe de l'Eglise Orthodoxe russe aujourd'hui'' par le ministère des relations ecclésiastiques extérieures de notre Patriarcat de Moscou, j'ai lu que le travail social est une forme d'évangélisation et de travail missionnaire selon l'Évangile. [Ce document] dit, '' Le témoignage social au Christ par les bonnes œuvres, le service social, la charité, l'aide aux pauvres et aux démunis, selon l'appel de l'Evangile: "Que votre lumière brille devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père Qui est dans cieux "(Matthieu 5:16), est certainement vrai, surtout dans le contexte de l'Inde, parce que c'est ce que l'on voit en premier. Comme l'a enseigné saint Jacques, ''Mes frères, que sert-il à quelqu'un de dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les œuvres? La foi peut-elle le sauver? Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l'un d'entre vous leur dise: Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez! et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il? Il en est ainsi de la foi: si elle n'a pas les œuvres, elle est morte en elle-même."(Jacques 2: 14-17). 

Notre foi doit se refléter dans nos œuvres afin que nous ne soyons pas appelés gens qui parlent en vain, mais plutôt ceux qui manifestent activement l'Amour de Dieu.

Orthodox Hindus. Kothari village 
Orthodoxes indiens/ Village de Kothari

Actuellement, nous n'avons pas notre propre prêtre pour répondre aux besoins spirituels des fidèles. Le fait est que nous avons aussi besoin d'offices réguliers, de tous les rites et des saints Mystères, mais puisque nous n'avons pas notre propre prêtre local, nous sommes privés de toutes ces choses saintes. Nous n'avons personne pour célébrer les rites, de la naissance aux funérailles. L'an dernier, trois membres de notre mission sont morts -une jeune femme et ses deux enfants. Cette jeune femme (Kavita) était la seule chrétienne orthodoxe dans sa famille hindoue. Quand elle est morte, sa famille a exigé que nous l'enterrions selon le rite chrétien dans un cimetière, mais parce que nous n'avions pas de lieu de sépulture, nous ne pouvions pas le faire. Pour cette raison sa famille a incinéré son corps dans un crématorium hindou selon le rite hindou et elle ne nous permis pas d'y assister. Lorsque les enfants sont morts, ils ont dû être enterrés aussi dans un crématorium hindou. 

Les catholiques et les protestants ne permettent pas aux autres d'enterrer les morts dans leurs cimetières, donc la question de savoir quoi faire avec les corps de fidèles orthodoxes défunts reste tel qu'elle. Nous avons besoin parmi nous d'un prêtre local permanent qui connaisse très bien les lieux, la culture, les coutumes et les langues et qui puisse confesser les gens, les conseiller, les guider et leur enseigner d'une manière que les gens puissent comprendre, parce que même Dieu ne nous a pas seulement parlé d'En Haut, mais Il s'est fait chair et Il a habité parmi nous.

Par la grâce de Dieu et les prières de Ses saints dans les cieux et sur la terre, je suis pleinement confiant dans le Seigneur que la mission indienne sera la mission la plus féconde dans le monde, parce que le Seigneur a déjà préparé mon peuple à recevoir l'Evangile du Salut. 


J'espère que beaucoup de gens en Russie et en d'autres endroits se joindront à nous dans notre mission pour amener les gens à la Lumière du Christ et vraiment il y aura de la joie au Ciel!

Pour plus d'informations consultez le site Web de notre mission.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après 
Pravoslavie.ru 

et

+Welcome to the Church of India+
+ भारतीय मंडळीत आपले स्वागत आहे  + 

 *
Pour aider la mission en Inde, contacter ( en anglais)
nr007@ymail.com 
ou
Head Office of the Maharashtra State, India
Church of India
C/o.
Dr. Rohan R. Nehamaiyah
NehamaiYah House
Nr. Nilkamal Apt., Naginabag No.2,
Chandrapur (Maharashtra)-442401,
India
Email: - nr007@ymail.com
Ph. : - (091) 892 885 3573

*
La mission a besoin de donations financières ou matérielles.
voir
ICI  

L'Ami de Dieu/上帝的朋友 [28]


Dans ton ignorance
Tu penses que le savoir
Est semblable aux œuvres

Haïjin Pravoslave

Icônes de la Mère de Dieu

lundi 2 février 2015

La mission [orthodoxe] indienne sera celle qui donnera le plus de fruits au monde! (1/2)

Récemment, les rédacteurs de Pravoslavie.ru ont reçu une lettre d'un indien de la Mission orthodoxe russe en Inde -étudiant à l'Académie Théologique orthodoxe de Saint-Pétersbourg- qui demande que nous publiions sa lettre, "pour le bien de l'Église et la gloire de Dieu."



Clement Nehamaiyah


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Mon nom est Clément Nehamaiyah. Je suis étudiant à la faculté des étudiants étrangers de l'Académie Théologique orthodoxe de Saint-Pétersbourg. Je suis né dans la ville de Chandrapour, dans l'État de Maharashtra, en Inde. Je suis né et j'ai grandi dans la haute Église anglicane. Je faisais partie de la quatrième génération de chrétiens anglicans dans ma famille et dans ma ville. C'était la première mission de l'Eglise écossaise Épiscopale (partie de la Communion anglicane) en Inde et la première mission chrétienne dans ma ville, même si le gouvernement britannique à l'époque, était contre le travail missionnaire et l'interdisait.

Mon frère Polycarpe était évêque anglican. Pendant ses études de théologie, il en est venu à connaître l'Eglise orthodoxe, mais il n'a jamais connu aucune Église orthodoxe orientale, sauf les jacobites monophysites qui se disent orthodoxes. C'est l'étude de l'histoire ecclésiastique et la théologie patristique qui l'ont convaincu de la vérité de l'Orthodoxie et l'ont incité à persuader les autres de découvrir l'Orthodoxie.

Quand mon frère était encore pasteur anglican, avant d'accéder à la fonction épiscopale, il a envoyé des lettres de demande au Métropolite grec orthodoxe de Hong Kong et de l'Asie du Sud-Est, mais nous n'avons jamais obtenu de réponse de leur part. Alors, après quelques mois, il a envoyé des lettres au Patriarcat œcuménique et au Patriarcat de Moscou. Et encore, nous n'avons jamais eu de réponse de leur part. Après avoir attendu pendant quelques mois, il a de nouveau envoyé des lettres à l'Eglise Russe Hors Frontières (ERHF). Et enfin, après avoir attendu pendant quelques mois, nous avons eu une réponse d'un représentant de l'EORHF. Même si ce contact a été établi nous avons dû attendre une année de plus à partir du moment où le dialogue concernant la possibilité de la mission en Inde avait commencé.

Polycarp, Clement Nehamaiyah brother, Anglican Bishop, before moving to Orthodoxy 
Polycarpe, frère de Clément Nehamaiyah, 
                                   évêque anglican, avant de passer à l'Orthodoxie 

Enfin, en Août 2012, un laïc de Moscou nommé Serge a été envoyé à notre communauté en Inde avec la bénédiction de l'archevêque Marc. Après son rapport au Métropolite Hilarion [(Alfeyev), à la tête du ministère des Relations Extérieures de l'Église] et à l'archevêque Marc, ils ont envoyé Père Stanislav du diocèse de Carélie pour recevoir notre communauté dans l'Église orthodoxe par Chrismation en Novembre 2012. Avant que le dialogue fructueux avec l'Eglise orthodoxe ait été accompli, nous avions environ cinquante paroisses ou communautés, mais comme la transition de l'Église anglicane à l'Église orthodoxe a pris beaucoup de temps, la plupart des communautés sont retournées à l'église anglicane et seulement cinq communautés ont fidèlement suivi leur ancien évêque, qui est devenu simple laïc dans l'Église orthodoxe russe.

Lorsque nous avons décidé d'embarquer dans l'Arche de Salut -la Sainte Église-
il nous a été dit de nombreuses fois  par nos amis anglicans que nous faisions une erreur, mais par la miséricorde de Dieu, nous étions heureux et prêts à faire cette erreur. 
Un des moments les plus difficiles fut lorsque la plupart des communautés a décidé de retourner à l'Église précédente quand elles ne pouvaient plus supporter d'attendre. C'était vraiment un moment de faiblesse, et j'ai dû me demander: sommes-nous vraiment sur la bonne voie? Pourquoi est-ce si long juste pour nous accepter dans l'Église, si c'est vraiment le Corps du Christ? Comme je l'ai lu dans les instructions pour l'office de Chrismation, les convertis à l'Orthodoxie ne doivent pas être tentés de retourner dans leur hétérodoxie en raison de l'attente; de sorte que la question qui m'a frappé est la suivante: l'Eglise ne devrait-elle pas être plus enthousiaste à incorporer les gens qui désirent faire partie de la famille de Dieu? Mais comme Dieu a ouvert encore plus mon cœur, j'ai compris que Dieu ne nous a pas oubliés, mais c'est Lui Qui nous appelle à Lui dans Son Corps. Mais cela a causé beaucoup de peine pour le Malin, et c'est pourquoi il a mis des obstacles sur notre chemin.

Maintenant que je suis dans l'Église, je suis content que le Fils de Dieu ait écrasé Satan sous son pied et nous ait pris dans Ses bras. Maintenant, je vois l'achèvement de la foi. Ce n'est pas que les catholiques
romains ou les anglicans ou protestants n'aient pas la foi, ils l'ont en effet, mais c'est une foi hétérodoxe fragmentée, incomplète et erronée. Mais ici, dans le Corps du Christ, j'ai trouvé la foi complète, infaillible et orthodoxe. Je suis pleinement convaincu de ce trésor de la foi apostolique, Epouse immaculée du Christ, dont la pierre angulaire est Jésus Lui-même, tandis que les prophètes et les apôtres sont les fondations et les piliers de cette arche. 
Ici, je me sens entouré par une multitude de témoins, et je suis en constante communion avec les saints de tous les siècles. Je me souviens d'un hymne de notre période anglicane, "Qui peut laver mes péchés? Seulement le Sang de Jésus! Oh, précieux est ce flux, qui me rend blanc comme neige. Je ne connais aucune autre source [de salut], seulement le sang de Jésus !"et je trouve son accomplissement ici dans le Corps du Christ, parce que c'est seulement ici que je reçois la vie éternelle quand, chaque semaine au banquet de Dieu, je reçois comme une fête le Très Saint Agneau de Dieu, Qui a été immolé avant la fondation du monde, et Qui ôte mes péchés et me rétablit. Il n'y a pas de mots et pas de langues que je connaisse qui soient suffisants pour décrire ce que j'ai trouvé dans la maison de Dieu; car comment ces lèvres souillées peuvent-elles décrire l'indescriptible et véritable sabbat que mon âme a reçu?

J'ai goûté à la fontaine de l'immortalité et je désire ardemment que mon peuple
y goûte aussi et voit que le Seigneur est bon. L'Inde est la civilisation la plus ancienne existant encore dans le monde; c'est une terre pleine de diversités et pourtant pleine de gens simples et religieux. 
C'est à cette terre que la Très Sainte Trinité fut heureuse d'envoyer Son Apôtre pour prêcher la Bonne Nouvelle de l'Amour et le pardon de Dieu, la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Une terre païenne a été bénie par Dieu par saint Thomas, Apôtre qui doutait, mais quand il crut, sans crainte, il dépassa  tous les Apôtres. 
L'Inde est une terre cultivée par les labeurs de l'Apôtre saint Thomas et irriguée par le propre sang de son martyre. Comme notre Seigneur Jésus-Christ l'a dit: "Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul. Mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit." Le premier grain de blé, notre Seigneur, a déjà produit de nombreuses graines, et l'Apôtre Thomas comme une de ces semences, imita son Seigneur et Dieu en Inde, en produisant beaucoup de graines. 
Malheureusement, comme le Christ nous le dit dans Sa parabole, notre Ennemi sema de l'ivraie parmi le blé: ces mauvaises herbes étaient l'hérésie nestorienne impie et le blé était les fidèles orthodoxes de l'Apôtre Thomas. Ces mauvaises herbes grandirent rapidement en épines et étouffèrent le blé cultivé par Apôtre Thomas. 
Pendant environ 1700 années, l'antique Serpent, pensa qu'il était victorieux. Mais les intercessions puissantes de saint Thomas et la Miséricorde de Dieu, l'ont à nouveau écrasé et ont augmenté le blé de l'Orthodoxie en Inde. 
Maintenant la lumière qui a été éteinte par le père du mensonge est à présent à nouveau allumée, pour ne plus jamais s'éteindre, mais pour briller comme un soleil éclatant afin d'annoncer l'Evangile du Soleil de Justice.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

L'Ami de Dieu/上帝的朋友 [27]


Dieu est toujours là
Dans la Grâce inattendue
D'un matin nouveau

Haïjin Pravoslave

dimanche 1 février 2015

La vénération des icônes (R)



Icône annuelle avec icônes de la Mère de Dieu 
et des douze fêtes
(Russie XIXème siècle)


Concernant la vénération des icônes

Quand nous vénérons les saintes icônes, la Croix du Seigneur ou le Saint Evangile, nous ne devons pas toucher de nos lèvres les visages sacrés qui sont représentés. 
Nous embrassons plutôt les pieds du Seigneur Crucifié, ou la main bénissante du Seigneur ou de Ses saints, ou leur vêtement, nous souvenant de la femme de l'Evangile qui se disait: " Si je puis toucher Son vêtement, je serai guérie." 
Sur les icônes où les mains ou les pieds ne sont pas représentés, comme l'icône du Christ Non faite de main d'homme, nous embrassons les cheveux, ou bien  le linge sur lequel Il est représenté, mais jamais le visage ou les lèvres. 

Version française de Claude Lopez-Ginisty
d'après le  
Molitvennik/ Old Orthodox Prayer Book
Livre de Prière de l'Eglise du Vieux Rite Slave
Russian Orthodox Church of the Nativity of Christ 
(Old Rite)
Russian Church Outside Russia
Erie, 
Pennsylvania, 
USA, 1986

L'Ami de Dieu/上帝的朋友 [26]

 
Tu n'es jamais juste
Parce que tu thésaurises
Les bénédictions
 
Haïjin Pravoslave

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX


19 janvier / 1er février
Dimanche du Pharisien et du Publicain
Commencement du Triode de Carême
Saint Macaire le Grand, d’Égypte (391) ;  saint Macaire d’Alexandrie (395), Saint Marc d Éphèse (1444), saint Théodore de Novgorod (1392), saint Macaire le Romain, de Novgorod (XVI-XVII) ; saint Macaire le jeûneur de la Laure des Grottes de Kiev (XIII-XIV) ; invention des reliques de saint Sabbas de Storojevsk (1652) ; sainte martyre Euphrasie, vierge (303) ; saint Antoine, stylite de Martqopi (VI Géorgie) ; saint Arsène, archevêque de Corfou (VIII) ; saint Euthyme le confesseur (XX, Géorgie) ; saint hiéromartyr Pierre, prêtre (1918) ; saint hiéromartyr Nicolas, prêtre (1930) ; saint martyr Théodore (1940).

Lectures : II Тim. III, 10-15; Lc. XVIII, 10-14

OUVRE-NOUS LES PORTES DE LA PÉNITENCE, DONATEUR DE VIE !
L
e premier dimanche du Triode, à savoir celui du Pharisien et du Publicain, a été appelé « annonciateur » des combats spirituels, car il est comme une trompette qui nous annonce la préparation du combat contre les démons lors du carême qui vient.
Le premier signal de cette préparation au combat est constitué par les trois stichères qui sont chantés immédiatement après l’Évangile des Matines : « Ouvre-moi les portes de la pénitence, Donateur de vie… », « Conduis-moi sur les chemins du salut… » et « Me souvenant de la multitude de mes mauvaises actions… ». Ces stichères nous emplissent de componction et bouleversent nos cœurs. À leur lumière, nous voyons notre âme et notre corps souillés par les nombreuses actions mauvaises que nous avons accomplies. Nous voyons encore notre vie passée, gaspillée dans l’oisiveté, alors que le Jugement redoutable approchera soudain. Que ferons-nous ? Une profonde affliction et la crainte nous saisissent et jettent de l’ombre sur notre âme. Mais à ce moment, se manifeste un rayon d’espoir : la miséricorde infinie du Seigneur, la prière pleine de force de la Mère de Dieu et l’œuvre de notre purification et de notre renouveau par la pénitence, dont s’ouvre maintenant la porte. L’espoir nous renforce et nous donne la hardiesse de crier, le cœur brisé, avec le prophète David : « Aie pitié de moi, ô Dieu, selon Ta grande miséricorde… » Ces trois stichères que nous avons mentionnés, nous parlent de la pénitence et nous enseignent toujours à l’accomplir en faisant un retour sur nous-mêmes et en réfléchissant à notre vie dans le péché ; en gardant à l’esprit la crainte du Jugement redoutable ; dans l’espoir et la confiance en la miséricorde Divine. Les sentiments de crainte et d’espoir qu’éveillent en nous ces stichères, doivent nous accompagner constamment durant le Grand Carême. C’est pourquoi nous les entendrons aux matines dès maintenant, chaque dimanche de Carême, jusqu’au cinquième.
Le deuxième signal de préparation au Carême nous est donné dans l’exemple évangélique du Pharisien et du Publicain (Lc XVIII, 10-14) qui, avec les lectures et les chants des Vêpres et des Matines nous invite à cette réflexion : « Frères, ne prions pas à la manière du Pharisien, car celui qui s’élève sera humilié. Humilions-nous devant Dieu à la manière du Publicain, au moyen du jeûne, en criant : ô Dieu, aie pitié de nous pécheurs » (Stichère du Lucernaire). « Le Pharisien vaincu par la vanité… fut privé de Tes biens et l’autre, n’osant parler, fut rendu digne de Tes dons » (idem).
Comme nous l’explique le Synaxaire du dimanche[1],  la parabole nous présente deux états de l’âme : celui du Publicain, auquel nous devons aspirer, et celui du Pharisien, dont nous devons nous tenir éloigner et fuir. Car l’humilité et la pénitence du Publicain se sont avérées décisives dans le combat contre les démons, tandis que l’orgueil et la jactance du Pharisien ont constitué le commencement et la source de tout péché. En effet, c’est l’orgueil qui a causé la chute du diable et c’est le même péché qui a fait expulser Adam du paradis, tandis que la guérison du monde est venue avec l’humilité, celle du Fils de Dieu, qui a pris la forme du serviteur et a subi la mort honteuse sur la Croix. C’est un exemple vivant que nous donne la parabole. Le Pharisien était un homme juste, tandis que le Publicain était un pécheur. Celui-ci, cependant, revint chez lui justifié. En reconnaissant son état de pécheur, il acquit la justice rapidement et sans peine. Non seulement cela, mais tous ceux qui se sont humiliés ont été justifiés, comme le dit le doxasticon des Vêpres du dimanche : « Seigneur Tout-Puissant, je sais ce que peuvent les larmes : elles relevèrent Ezéchias des portes de la mort ; elles délivrèrent la pécheresse de ses fautes accomplies durant de nombreuses années ; et elles justifièrent le Publicain bien plus que le Pharisien ». Ainsi, l’humilité purifie rapidement et soulage du fardeau du péché, comme le dit le Christ Lui-même : « Quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé » (Lc XVIII, 14). Lorsqu’il s’humilie, l’homme se purifie du péché et commence à acquérir la Grâce Divine, qui le recouvre et empêche le péché de l’assiéger. Pour cette raison, l’Apôtre Pierre dit que « Dieu donne la grâce aux humbles » (I Pierre V, 5). L’humilité devient le liturge de la grâce dans l’homme, tandis que l’œuvre de la grâce mène à l’acquisition de toutes les vertus. De même que l’orgueil est la source de tout mal, l’humilité est la source de toutes les vertus.
Père Petronios (+2011) du Mont Athos
Tropaire du dimanche, ton 1
Кáмени запеча́тану отъ Iyде́й и во́иномъ стрегу́щымъ пречи́стое Tѣ́ло Tвое́, воскре́слъ ecи́ тридне́вный, Cпа́ce, да́руяй мípoви жи́знь. Ceго́ ра́ди си́лы небе́сныя вопiя́xy Tи, Жизнода́вче: сла́ва Bocкреcéнію Tвоемý Xpисте́; сла́ва Ца́рствiю Tвоему́; сла́ва cмотре́нiю Tвоему́, еди́не Человѣколю́бче.
La pierre étant scellée par les Juifs et les soldats gardant Ton Corps immaculé, Tu es ressuscité le troisième jour, ô Sauveur, donnant la Vie  au monde ; aussi, les Puissances des cieux Te crièrent : Source de Vie, ô Christ, gloire à Ta Résurrection, gloire à Ton règne, gloire à Ton dessein bienveillant, unique Ami des hommes!
Kondakion du dimanche du pharisien et du publicain, ton 4
Фариcé́eва убѣжи́мъ высоко-глаго́ланія, и мытарéвѣ научи́мся высотѣ́ глаго́лъ смирéнныxъ, покая́нieмъ взыва́юще: Cпа́ce мípa, oчи́сти рабы́ Tвоя́.
Fuyons la jactance du pharisien et apprenons du publicain la sublimité d’un langage humble, criant dans le repentir : « Sauveur du monde, purifie Tes serviteurs ».
VIE DE SAINT MARC D’ÉPHÈSE[2]
Ce grand défenseur de la foi orthodoxe vécut à  l’époque où l’Empire byzantin, pressé de toutes parts par l’envahisseur turc, se trouvait placé devant la douloureuse alternative : ou bien tomber aux mains des infidèles ou se livrer à la domination des Latins, qui n’étaient disposés à accorder leur soutien militaire qu’au prix de la soumission de l’Orthodoxie à la papauté. Né au sein d’une famille pieuse de Constantinople vers 1392, saint Marc reçut une brillante éducation auprès des meilleurs maîtres de la capitale. Très tôt, il devint professeur à l’École patriarcale, mais abandonna la carrière académique pour devenir moine dans un monastère proche de Nicomédie. Il y entreprit une intense vie d’ascèse et de prière ; mais, sous la menace des Turcs, il dut bientôt se replier dans un monastère de Constantinople. Malgré son désir de rester effacé, sa science et sa vertu lui attirèrent l’estime de l’empereur Jean VIII Paléologue (1425-1448) qui préparait un grand concile d’union avec l’Église romaine, dans l’espoir d’obtenir le soutien du pape et des princes européens. La délégation grecque, composée de l’empereur, du patriarche Joseph II (1416-1439), de vingt-cinq évêques et d’une suite d’environ sept cents personnes, s’embarqua pour l’Italie dans un grand élan d’enthousiasme, convaincue de réaliser rapidement l’Union désirée par tous les chrétiens. Saint Marc aussi partageait cette espérance, sans préjugés contre les Latins, tout en étant ferme quant à la pureté de la foi. Pour lui, comme pour la plupart des Grecs, il ne pouvait être question d’union que par le retour de l’Église Romaine à l’Orthodoxie de la foi. Mais dès leur arrivée à Ferrare, le pape Eugène et ses théologiens montrèrent de tout autres dispositions. Les sujets mis à l’ordre du jour étaient les suivants : a) le dogme de la procession du Saint-Esprit et la question de l’addition de la formule « qui procède du Père et du Fils (Filioque) » au Symbole de Foi, b) l’existence du Purgatoire ; c) l’usage du pain non-fermenté (azyme) pour la Liturgie chez les Latins, et la question de la consécration des saints Dons par les seules paroles de l’Institution (Latins) ou par l’invocation du Saint-Esprit (épiclèse) ; d) la primauté du pape. Après une discussion sur le Purgatoire, on passa à la question de l’addition arbitraire du Filioque dans le symbole latin. Le métropolite d’Éphèse éleva à nouveau fermement la voix de la conscience de l’Église : « Le Symbole de Foi doit être conservé intact, comme à son origine. Tous les saints docteurs de l’Église, comme tous les conciles et toutes les Écritures nous mettent en garde contre les hétérodoxes, dois-je malgré ces autorités, suivre ceux qui nous incitent à nous unir derrière une façade de fausse union, eux qui ont adultéré le saint et divin Symbole et introduit le Fils comme cause seconde du Saint-Esprit ? » Au bout de sept mois d’attente stérile, le pape Eugène IV fit transférer le concile à Florence. Une fois installé, on décida d’aborder enfin la question dogmatique. Saint Marc put alors exposer, avec une claire sobriété, la doctrine de l’Écriture et des saints Pères sur la procession du Saint-Esprit. Quand les théologiens latins prirent la parole, ils accablèrent l’auditoire, au cours de séances interminables, par tout un appareillage dialectique et par quantité de citations des Pères, tirées hors de leur contexte ou faussement interprétées. Inquiets du sort de la capitale menacée et se sentant pris au piège, les évêques se laissèrent peu à peu gagner à la cause d’une union de compromis, pour laquelle l’empereur et le patriarche ne cessaient de faire pression. Le débat dogmatique aboutissant, comme toutes les autres discussions, à une impasse, ils voulaient en finir. Malgré les pressions et les injures de ses adversaires, saint Marc restait inflexible : « Il n’est pas permis de faire des accommodements en matière de foi », déclarait-il. Les dernières résistances de la conscience des Grecs ayant été vaincues sur l’ordre de l’empereur, tous signèrent finalement le décret de la fausse union. Saint Marc avait été le seul à refuser de signer. Lorsque le pape Eugène l’apprit, il s’exclama : « L’évêque d’Éphèse n’a pas signé, alors nous n’avons rien fait ! » En arrivant à Constantinople, les artisans de la fausse union firent face à la réprobation générale du clergé et de la population. L’assemblée des croyants rejetait unanimement le pseudo-concile de Florence et désertait les églises des unionistes, alors qu’elle saluait saint Marc comme un confesseur de la Foi. Le saint partit alors en campagne contre l’Union, ou plutôt pour rétablir l’unité de l’Église Orthodoxe, par sa prédication et ses écrits, et aussi ses prières. Il disait : « Je suis convaincu qu’autant je m’éloigne d’eux (les unionistes), autant je m’approche de Dieu et de tous les saints, et autant je me sépare d’eux, d’autant plus je m’unis à la vérité. » Quand on procéda à l’élection du nouveau patriarche, Métrophane, Marc dut s’enfuir de Constantinople et se rendit dans son diocèse, Éphèse. Mais il s’y heurta aux unionistes et repartit, espérant trouver refuge au Mont Athos. Il fut arrêté en route et placé, par ordre de l’empereur, en résidence forcée dans l’île de Lemnos. Libéré en 1442, il retourna dans son monastère, d’où il continua la lutte jusqu’à son dernier souffle (23 juin 1444). Sur son lit de mort, le Confesseur confia le flambeau de l’Orthodoxie à son ancien élève, Georges Scholarios qui se montra un ardent défenseur de la foi orthodoxe et devint le premier patriarche de Constantinople après la prise de la ville, sous le nom de Gennade († 1473).
LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Mc. XVI, 1-8  Liturgie : I Cor. VI, 12-20; Lc XV, 11-32


[1] Le Synaxaire est l’explication de l’événement commémoré ou la vie du saint du jour, placée après l’ikos dans le canon des Matines. Bien que faisant partie de l’office liturgique, il n’est pas lu à l’église.


[2] Tiré du Synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos Petras (version abrégée).