"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

lundi 17 mars 2014

Les tartuffes de l'Occident...



La place Lénine à Simferopol, en Crimée, le 16 mars 2014.
VOX-HUMEUR- L'écrivain et journaliste au Figaro Magazine Jean-Christophe Buisson compare les réactions des pays occidentaux aux deux référendums qui ont eu lieu en 2008 au Kosovo et dimanche en Crimée. Il pointe quelques pertes de mémoire médiatique.
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Jean-Christophe Buisson est journaliste et écrivain. Il dirige les pages culture et art de vivre du Figaro Magazine. Il est notamment l'auteur d'Assassinés (Perrin, 2013).

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C'était hier mais tout le monde semble l'avoir oublié. Le 17 février 2008, les parlementaires kosovars albanais votent par proclamation une déclaration d'indépendance du Kosovo, province méridionale d'un État souverain reconnu par l'ONU: la Serbie. Une décision unilatérale approuvée par certains membres de l'Union européenne, rejetée par d'autres comme l'Espagne, la Slovaquie, la Grèce, la Roumanie et Chypre - c'est encore le cas en 2014. Sur place, ce jour-là, des journalistes du monde entier multiplient les reportages sur une population qui «pleure d'émotion dans la liesse de l'indépendance proclamée». Partout, ce sont des visages d'hommes, de femmes et d'enfants heureux, soulagés, bonhommes, affables: la liberté en marche. Qui, alors, songe à interroger les quelques milliers de Serbes retranchés depuis 1999 dans des villages entourés de barbelés et de véhicules blindés de la force de protection internationale, la KFOR? Personne ou presque. Qui donne la parole aux moines et aux moniales des églises et des monastères orthodoxes locaux qui n'ont pas encore été attaqués ou brûlés par les extrémistes albanais rêvant de purification ethnique et religieuse? Personne ou presque. Qui s'intéresse à cette population minoritaire du Kosovo albanais? Personne ou presque.

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Haïjin Pravoslave (CCCVII)


Comme des lumières
Dans les ténèbres du monde
Tous les saints nous guident

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

dimanche 16 mars 2014

STARITZA NIKODIMA DE DIVIYEVO † 2/15 mars ( 1990) [20]


20. L'enterrement
 
L’église du Saint Esprit à la Trinité-Saint-Serge
Nous l'avons emmenée à la Laure. Ce fut un miracle en soi, simplement que d’avoir l'enterrement d’une moniale dans la Laure. Il y avait de très nombreuses moniales à   Serguiev Possad, mais les funérailles pour elles, étaient rarement célébrées dans la Laure. Lorsque Matouchka est morte, quelqu'un qui avait travaillé dans la Laure m'a dit: "Demande à l'higoumène, ils feront peut-être l'enterrement dans l'église du Saint-Esprit." Il s'avère que pour faire un enterrement dans la Laure on a besoin de la bénédiction du Patriarche lui-même. J'ai appelé l'higoumène, je lui ai parlé et expliqué : une moniale de Diviyévo est morte, donne-t-il la bénédiction pour faire ses funérailles dans l'église du Saint-Esprit. Il me répondit facilement, comme sans même y réfléchir: "Bien sûr! Amenez-la ici pour les funérailles. Qu’ils  vous donnent les clés de l'église de Saint-Esprit et une voiture de sorte que vous puissiez transporter le cercueil..." Cela est arrivé en un instant et personne n'était même surpris.

Chaque fois qu'un défunt se trouve dans l'église du Saint-Esprit, c’est soit un moine de la Laure ou une personne rare et spéciale. Nous avons amené Matouchka à l'église du Saint-Esprit. L’archimandrite Benjamin était encore en vie alors. Il la connaissait comme beaucoup, et nous a donné toutes les courses dont nous avions besoin pour avoir un repas de commémoration.
Nous avons amené tous ceux qui venaient à elle quand elle était vivante, et qui l'aimaient. Les gens sont venus de partout. Nous n'avons pas envoyé de télégrammes, seulement à ceux qui étaient très proches, mais le Seigneur lui-même a réuni tous ces gens à l'église du Saint-Esprit.
Je suis restée là. Alors j’ai vu une, deux, trois personnes entrer. Comment savaient-elles? "Nous ne le savions pas. Nous marchions juste vers l’église, nous avons regardé et vu que l'église du Saint-Esprit était ouverte." "Nous venions de (vénérer les reliques de) saint Serge, et puis nous avons vu notre Matouchka gisant ici." Même certaines jeunes filles qui avaient vécu avec elle réussirent à venir en avion de Perm à temps pour les funérailles. Certaines sont simplement venues au cimetière.
Matouchka rassembla tous ses gens. Comme elle avait toujours prié pour les défunts, ce samedi de commémoration des défunts, elle fut amenée à l'église du Saint-Esprit, où ils faisaient une pannikhide. Cet office des défunts avait à peine commencé quand nous l’avons amenée là, et dans l'église de la Trapeza un service de commémoration commençait. Ainsi, c’est au son de toute cette hymnodie qu’ils la transportèrent à l’intérieur.
 Nous l'avons enterrée dimanche. C'était une belle journée, et tout s'est si facilement passé, ce fut juste extraordinairement facile. Je suis allée vers Père Gleb, qui dirigeait la classe des maîtres de chapelle à l'époque, et je lui ai demandé de nous donner quelques jeunes filles pour chanter, parce que c'était un enterrement monastique. Il a amené une grande partie du chœur, et toutes avaient l’esprit monastique, de sorte que l’on pourrait dire que c'était vraiment comme dans un métochion de Diviyévo. Père Gleb vint lui-même ainsi que plusieurs autres prêtres de la Laure, y compris le Père Côme [Cosmas], qui allait régulièrement la voir, et il a officié.
Ce fut un chœur exceptionnellement bon, et un office exceptionnellement merveilleux dans l'église du Saint-Esprit. Il y avait une joie tellement remarquable à cet enterrement ! Et ce qui est intéressant, il y avait de très nombreux enfants présents.
D’où venaient tous ces enfants? Ils ont entouré le cercueil et se sont tenus debout avec des cierges. Elle avait élevé des enfants, mais ceux-ci étaient d'autres enfants, qui peut-être même ne l’avaient  jamais connue. Je voyais beaucoup d'entre eux pour la première fois. L'église était pleine de gens. Un prêtre marchait juste devant l'enterrement, Père Athénogène (qui est maintenant dans un ermitage sur le Mont Athos). Je lui avais demandé de venir. "Peut-être peux-tu servir une courte Litie pour Mère Nikodima?" Il a dit: "Et qui est Mère Nikodima?" J'ai dit: "Tu sais, il y avait ce staretz, le père Séraphim Batioukov." Eh bien, il s'avère que ce prêtre avait cherché la maison où le Père Séraphim avait vécu, et il vénérait grandement le staretz. "Quoi? Où est cette maison?" dit-il, "je dois y aller. Ça fait des années et je n'ai pas été capable de la trouver. J'ai marché partout dans toute cette ville, mais personne ne pouvait me dire où elle est." J'ai dit: "Alors, tu devras aller à l'enterrement, et du cimetière nous irons dans cette maison, et tu verras où le Père Séraphim a vécu."
Lorsque nous avons transporté Matouchka au cimetière, il est intéressant et étrange que nous ayons été accueillis à la porte par des enfants. D’où venaient-ils tous? A qui ces enfants étaient-ils? C’est inexplicable. Ils étaient sept ou huit. Ils marchèrent tous avec nous jusqu’à la tombe, à la fois ceux qui étaient avec nous dans l'église ainsi que ceux qui se tenaient à la porte, ils firent tout le chemin jusqu’à la tombe. Là, nous l'avons enterrée.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Kremlins

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX



3/16 mars
2ème dimanche de Carême – St Grégoire Palamas

Synaxe de tous les saints de la Laure des Grottes de Kiev ; Saints Eutrope, Cléonique et Basilisque, martyrs (vers 308) ; sainte Piame, vierge, ascète en Haute-Egypte (337) ; saints Zenon et Zoïle ; sainte moniale martyre Marthe Kovrova et martyr Michel Stroïev (1938).

Liturgie de saint Basile le Grand


Lectures: Hébr. I, 10- II, 3 Hébr. VII, 26 – VIII, 2; Mc. II, 1-12 ; Jn. X, 9-16


L’ENSEIGNEMENT DE ST GRÉGOIRE PALAMAS[1]

À
 l’époque de St Grégoire Palamas, un moine originaire de Calabre, Barlaam (1290-1348), s’était acquis une brillante renommée dans les milieux intellectuels de la capitale, grâce à son habilité pour les spéculations abstraites. Il aimait particulièrement commenter les écrits mystiques de saint Denys l’Aréopagite, mais il en donnait une interprétation purement philosophique, ne faisant de la connaissance de Dieu que l’objet de froids raisonnements et non le fruit d’une expérience vécue. Ayant fait la connaissance de quelques moines simples à Thessalonique, ce délicat humaniste avait été scandalisé par leurs méthodes de prière et par la place qu’ils laissaient à l’élément sensible dans la vie spirituelle. Il prit cette occasion pour calomnier les moines et les accuser d’hérésie messalienne auprès du Synode permanent de Constantinople (1337). Les hésychastes firent alors appel à St Grégoire qui rédigea plusieurs traités, dans lesquels il répondait aux accusations de Barlaam en situant la spiritualité monastique dans une vaste synthèse théologique. Il y montrait que l’ascèse et la prière sont l’aboutissement de tout le mystère de la Rédemption et qu’elles sont le moyen offert à chacun pour faire éclore la grâce déposée en lui au baptême. Il défendait aussi le bien-fondé des méthodes utilisées par les hésychastes pour fixer l’intelligence dans le cœur, car, depuis l’Incarnation, c’est dans nos corps sanctifiés par les sacrements et greffés par l’Eucharistie au Corps du Christ que nous devons rechercher la grâce de l’Esprit. Cette grâce est la gloire de Dieu elle-même qui, jaillissant du corps du Christ le jour de la Transfiguration, a frappé les disciples de stupeur (cf. Mt XVII) et qui, lorsqu’elle resplendit dans notre cœur purifié de ses passions, nous unit vraiment à Dieu, nous illumine, nous déifie et nous donne un gage de la gloire qui brillera aussi sur le corps des saints après la résurrection générale. En affirmant ainsi la pleine réalité de la déification, Grégoire ne niait pourtant pas que Dieu soit absolument transcendant et inconnaissable dans Son essence. À la suite des saints Pères, mais de manière plus nette, il distingue en Dieu l’essence imparticipable et les énergies éternelles, créatrices et providentielles, par lesquelles le Seigneur fait participer les êtres créés à Son être, à Sa vie et à Sa lumière, sans toutefois n’introduire aucune division dans l’unité de la Nature divine. Pour saint Grégoire, Dieu n’est donc pas le concept des philosophes, mais il est Amour, Personne vivante et feu dévorant, comme l’enseigne l’Écriture, et Il fait tout pour nous déifier. D’abord reconnues par les autorités de l’Athos en 1340, les réfutations du saint furent ensuite adoptées par l’Église, qui condamna Barlaam — et avec lui l’humanisme philosophique qui devait bientôt animer la Renaissance européenne — au cours de deux conciles réunis à Sainte-Sophie, en 1341.

Tropaire du dimanche du 5ème ton
Собезнача́льное Сло́во Oтцу́ и Дýxoви, отъ Дѣ́вы ро́ждшeecя на спасе́нie на́ше, воспои́мъ вѣ́рній и поклони́мся, я́ко благоволи́ пло́тію взы́ти на кре́стъ, и cме́рть претерпѣ́ти, и воскреси́ти уме́ршыя сла́внымъ воскресеніемъ Cвои́мъ.
Fidèles, chantons et adorons le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, né d’une Vierge pour notre salut : car il Lui a plu, en Sa chair, de monter sur la Croix, de subir la mort et de relever les défunts par Sa glorieuse Résurrection !

Tropaire de St Grégoire Palamas, ton 8
Правосла́вiя свѣти́льниче, Цépкве утвержде́нie и yчи́телю, мона́ховъ добро́то,  богосло́вовъ побо́рниче непpeбори́мый, Григо́рiе чудотво́рче, Фeccaлонíтская похвалó, проповѣ́-дниче благода́ти, моли́cя вы́ну спасти́ся душа́мъ на́шимъ.
Flambeau de l’Orthodoxie, soutien et docteur de l’Église, modèle des moines, défenseur invincibles des théologiens, ô Grégoire thaumaturge, fierté de Thessalonique, prédicateur de la Grâce, intercède toujours pour le salut de nos âmes. 

Kondakion de St Grégoire Palamas, ton 8
Прему́дрости свящéнный и Боже́ственный opга́нъ, богосло́вія свѣ́тлую coглácно трyбу́, воспѣва́емъ тя́ Григо́рiе Богоглаго́льниче ; но я́ко у́мъ умý пе́рвому предстоя́й, къ Нему́ у́мъ на́шъ О́тче наста́ви, да зове́мъ : ра́дуйся проповѣ́дниче благода́ти.

Instrument sacré et divin de la Sagesse, porte-voix lumineux de la théologie, nous te chantons d’une seule voix, Grégoire aux paroles divines ; mais toi qui es intelligence devant la Première Intelligence, conduis vers Elle notre intelligence, pour que nous te clamions : réjouis-toi, ô père, prédicateur de la Grâce.

Kondakion du triode, ton 4
Ны́нѣ вpéмя дѣ́лательное яви́ся, при двépexъ cýдъ, воста́немъ у́бо постя́щеся, пpинесе́мъ сле́зы умиле́нія, ми́лостынями, зову́ще : coгрѣши́хомъ па́че песка́ морска́го, но осла́би содѣ́телю всѣ́xъ, я́ко да пріи́мемъ нетлѣ́ныя вѣнцы.

Maintenant est venu le temps de nous mettre à l’œuvre, le jugement est proche ; hâtons-nous donc de jeûner, apportons les pleurs de componction avec des œuvres de miséricorde et disons : nos péchés sont plus nombreux que les grains de sable de la mer, mais Toi, le Créateur de toutes choses, pardonne-nous, afin que nous recevions les couronnes incorruptibles.

Au lieu de « Il est digne en vérité... », ton 8
О Teбѣ́  páдуeтся, Благода́тная, вся́кая твápь, Áнгельскій coбópъ и человѣ́ческiй póдъ, ocвяще́нный xpáме и paю́ слове́сный, дѣ́вственнaя пoxвaлó, изъ Heя́же Бо́гъ воплоти́cя, и Mладе́нецъ бы́́сть, пpéжде вѣ́къ сы́й Бо́гъ  нáшъ; Ложесна́ бо Tвоя́ пpecто́лъ coтвopи́, и чpéво Tвое́ простра́ннѣe небécъ coдѣ́лa. О Teбѣ́ páдуeтся Благода́тная, вся́кая твápь, cлáва Teбѣ́.
En Toi se réjouissent ô Pleine de Grâce, toute la création, le chœur des anges et le genre humain. Ô Temple sanctifié, ô paradis spirituel, ô Gloire virginale, c’est en Toi que Dieu s’est incarné, en Toi qu’est devenu petit enfant Celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. De Ton sein, Il a fait un trône plus vaste que les cieux. Ô Pleine de Grâce, toute la création se réjouit en Toi. Gloire à Toi.

Hiéromoine Grégoire de la Sainte Montagne
COMMENTAIRES SUR LA DIVINE LITURGIE
DE ST JEAN CHRYSOSTOME

L’hymne de victoire (suite)

La doxologie commune des anges et des hommes
L’Hymne trois fois sainte est la manifestation de l’unité du ciel et du monde terrestre. Les anges et les hommes glorifient ensemble le Seigneur. Parlant de l’Hymne de victoire, saint Jean Chrysostome demande : « Reconnaissez-vous cette voix ? Est-ce la nôtre ou celle des séraphins? C'est à la fois la nôtre et c'est celle des séraphins, car le Christ a détruit le mur de séparation de l’inimitié [Éph. II,14] ; il a fait régner la paix sur la terre et dans les cieux [cf. Col. I,20]… D'abord cet hymne n'était chantée que dans le ciel; mais quand le Seigneur eut daigné descendre sur la terre, Il nous a apporté cette mélodie. Voilà pourquoi le prêtre, quand il se tient debout à cette table sainte… ne se contente pas de nous inviter à pousser cette acclamation : il commence par nommer les chérubins, par faire mention des séraphins, puis il nous exhorte tous à unir nos voix dans ce cri qui provoque tant de crainte et de tremblement : après avoir élevé notre pensée au-dessus de la terre, en nous rappelant ceux qui chantent avec nous, on dirait qu'il crie à chacun de nous : tu chantes avec les séraphins, tiens-toi debout avec les séraphins, avec eux déploie les ailes, avec eux voltige autour du trône royal ».

Dans la Liturgie du Royaume, les ordres angéliques apparaissent comme « quatre êtres vivants remplis d’yeux devant et derrière. Le premier être vivant est semblable à un lion, le second être vivant est semblable à un veau, le troisième être vivant à la face d’un homme, et le quatrième être vivant est semblable à un aigle qui vole. Les quatre êtres vivants ont chacun six ailes, et ils sont remplis d’yeux tout autour et au-dedans. Ils ne cessent de dire jour et nuit : Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, qui était, qui est, et qui vient ! » (Ap. IV, 6-8).

Les quatre animaux aux nombreux yeux symbolisent les Puissances angéliques et toute la création. Le roi des oiseaux (l’aigle), le roi des animaux domestiques (le bœuf), le roi des animaux sauvages (le lion) et le roi de la création (l’homme) chantent jour et nuit l’Hymne triomphale au Seigneur tout-puissant : « chantant est l’aigle ; criant est le bœuf ; clamant est le lion ; disant est l’homme » (St Germain de Constantinople). La création entière participe à la glorification de Dieu.

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Le ciel et la terre se sont maintenant unis. Les anges, les hommes et la création matérielle, le monde intelligible, rationnel et matériel, chantent ensemble l’hymne de la victoire du Dieu-homme (St Maxime le Confesseur): « Il est vraiment digne et juste, approprié et salutaire de Te louer, de Te chanter… Toi que chantent les cieux et les cieux des cieux et toutes leurs puissances, le soleil et la lune et tout le chœur des étoiles, la terre, la mer et tout ce qui y vit, la Jérusalem céleste, l’assemblée des élus, l’Église des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux, les esprits des Justes et des Prophètes, les âmes des Martyrs et des Apôtres, les Anges, les Archanges, les Trônes et les Dominations, les Principautés et les Autorités et les redoutables Puissances, les Chérubins aux innombrables yeux et les Séraphins aux six ailes… avec des lèvres qui ne cessent [leur hymne] et des théologies qui ne sont jamais silencieuses, chantant l’Hymne de victoire à Ta gloire majestueuse avec une voix vibrante, clamant, glorifiant, criant et disant : Saint, saint, saint est le Seigneur Sabaoth » (Liturgie de St Jacques). Ceux qui ont des sens spirituels peuvent percevoir la participation de toute la création dans l’hymne de louange. Nous lisons dans le Pré Spirituel que, au Mont Sinaï, la montagne où Dieu marcha, « le jour de la Pentecôte, une Liturgie était célébrée sur la sainte cime. Lorsque le prêtre dit : « Chantant l’Hymne de victoire à Ta gloire majestueuse avec une voix vibrante », toutes les montagnes répondirent d’un rugissement terrible, répétant trois fois : Saint, saint, saint. Ce rugissement et son écho durèrent environ une demi-heure. Cependant, ce rugissement n’a pas été entendu par tous, mais par ceux seuls qui avaient des oreilles pour entendre [Matth. XI, 15] l’hymne des anges ».

LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Lc XXIV, 36-53
Liturgie : Hébr. IV, 14 - 5,6  / Mc VIII, 34 - IX, 1 


[1] Tiré du Synaxaire du P. Macaire de Simonos Petras

samedi 15 mars 2014

STARITZA NIKODIMA DE DIVIYEVO † 2/15 mars ( 1990) [19]


 Господи Исусе Христе, Сыне Божий, помилуй мя грешнаго.
 Господи, Ісусе Христе, Сине Божий, помилуй мене грішного.
19. Le mystère de la prière de Jésus
Pendant les derniers jours de sa vie, elle fut très attristée: "Je suis tellement pécheresse, si indigne.  Autrefois la Mère de Dieu me rendait visite, et saint Séraphim aussi, mais maintenant, ils m'ont abandonnée, je suis plus coupable que vous toutes." Elle pleurait et disait seulement: "Vous serez plus élevées que moi, mais je suis pire que vous toutes." Nous étions très impatientes d'aller aux offices de l'Église, nous aimions beaucoup l’hymnodie de l'Église, nous essayions toujours de sortir tranquillement, la première d'entre nous, puis une autre, et nous laissions Matouchka derrière. Parfois, l'une d'entre nous restait, mais parfois personne ne le faisait, tout le monde se précipitait à l'église. Je me souviens un jour toute la maison était remplie de gens, beaucoup de gens de Sarov et de Diviyévo étaient là. C'était la fête de l'icône de la Mère de Dieu "Apaise ma douleur." Comme elle dormait tranquillement nous étions toutes sorties, y compris moi, la plus coupable de toutes. J'ai pensé: "Je vais aller pendant qu'elle dort, et elle ne va même pas se réveiller avant que je sois de retour." J'avais un pied là-bas, l'autre ici. Matouchka se sentait encore plus mal à ce moment-là et nous ne lisions plus tellement les offices à la maison, alors bien sûr nous voulions aller à l'église. Je suis restée dans l'église jusqu'à ce qu'ils chantent le "Notre Père," j’ai couru à la maison, et elle ne dormait pas. Elle gisait là incapable de parler. J'ai eu peur, peut-être qu'elle était à nouveau paralysée. Je lui ai demandé: "Qu'est-ce qui est arrivé?" Elle m'a dit: "Ne me touche pas!" J'étais horrifiée. Dois-je appeler Véra? Dois-je appeler le médecin? Elle a vu que j'étais inquiète et m'a calmée, a agité la main et m'a dit que tout allait bien. Quelques minutes passèrent, et je me suis assise et je l’ai regardée. Là elle m’a dit tranquillement: "Tu sais ce qui s'est passé?" Eh bien, gloire soit à Dieu, pensais-je, rien ne s'est passé. "Pourquoi êtes-vous toutes parties? Pourquoi êtes-vous toutes parties? J’ai pleuré et pleuré, mais le Seigneur m'a consolée. Vous avez toutes fui, mais le Seigneur n'abandonne pas Ses petites folles." Et voilà ce qu'elle nous a dit: "Je me trouvais ici à pleurer… cette personne m'a fait du mal et cette autre personne m’a fait du mal, et celles-ci se sont  enfuies et il n'y a personne ici." Alors une voix est venue de l'icône du Sauveur, disant: "Pourquoi pleures-tu? Ici tu as Diviyévo, le Mont Athos, Kiev et Jérusalem. Pourquoi pleures-tu?" Et la prière de Jésus a coulé. Elle a dit," Quelle prière! J'étais dans l'air."
Je suis venue et cet état venait de se terminer, et c'est pourquoi elle me retenait, afin que je ne rompe pas cet état de grâce. C'est ainsi que le Seigneur Lui rendit visite avec Sa Grâce. Elle avait une Prière de Jésus qui se disait d’elle-même. Parce qu'elle n'avait jamais abandonné la prière, le Seigneur lui avait montré ce mystère de la prière de Jésus.
On l’appelait bienheureuse Pachenka, et apparemment elle avait bien une croix [à porter] et un exploit ascétique [podvig] à accomplir, car pour autant que je connaisse les Bienheureux [Fols et Folles–en-Christ], ils ont toujours eu des obédiences incroyables pour eux-mêmes. Les gens qui l'entouraient toujours plus tard (ses parents) étaient des gens du monde, et leur présence était un fardeau. Matouchka était déjà épuisée et faible, mais ils murmuraient seulement. Ils attendaient simplement qu’elle parte. Ils ne le voulaient pas, bien sûr, mais ils avaient compris qu'elle était déjà très vieille et qu'il était temps de libérer ce métochion, parce qu’on avait seulement besoin de nous là, pour prendre soin de Matouchka. En outre, ils buvaient et étaient des gens grossiers. Mais avec quel amour elle leur disait comment elle aimait chacun d’eux. Le père de Véra causait à Matouchka le plus de problèmes, mais elle lui disait: "Tolenka, mon cher Tolenka."
Quand elle fut complètement faible et infirme, ces parents nous ont demandé à toutes de quitter le métochion. Ils voulaient aller y vivre eux-mêmes, et alors ils restèrent seuls avec elle. Nous lui rendions visite, autant que nous le pouvions, et j’allais là-bas très souvent. Vous pourriez dire qu'elle les a sauvés, ce qui lui coûta sa grande abnégation, jusques à la fin.
Comme elle le dit elle-même, les moines de la Laure lui donnèrent la bénédiction pour garder cette maison pour les croyants. Ils voulaient que je vive là, mais Matouchka m'a dit tout de suite : "Le Seigneur te donnera un petit coin. Mais ils [ses parents] ne te laisseront pas en paix, c'est-à-dire, qu’il y aura de grandes disputes à propos de cette maison, et il n'est pas nécessaire pour toi de te laisser prendre en elles. Ta tête est très précieuse. Tu as encore besoin de servir Dieu." En outre, lorsque Matouchka fut paralysée, ils ont secrètement forgés des documents s’attribuant la maison à eux-mêmes. Un tel gâchis a été concocté, mais elle ne s’est pas s'impliquée et l’a simplement accepté comme une croix. Ainsi, elle a dû vivre ses jours avec eux. Bien sûr, c'était un podvig, parce qu'ils ne comprenaient pas le genre de personne qu’elle était.
Ils ont caché son Psautier de sorte que ses yeux ne soient pas malades. Ils l’aimaient à leur façon: "Oh non, grand-maman, tu deviendrais aveugle, pas de Psautier pour toi." Alors ils cachaient tout, et elle était sans son Psautier.
Elle l’utilisait constamment pour prier pour les défunts, et elle avait beaucoup de Dyptiques [Livrets de commémoration des vivants et des défunts pour lesquels une parcelle est mise dans le Calice avec le Corps et le Sang du Christ lors de la Divine Liturgie]. Ils cachaient tous ses livres de prière, son livre des Canons; seule la prière de Jésus lui fut laissée. Mais c’était une "détective" expérimentée. Elle priait et trouvait tout, puis le remettait à nouveau à l'endroit où ils l’avaient caché. Ainsi elle continua secrètement son ascèse. Je venais et elle me disait: "J'ai tout trouvé. Véra a tout caché, mais j'ai tout trouvé."
Elle avait la cataracte, et elle était presque aveugle. Mais quelle foi qu'elle avait! Elle demandait seulement: "Mère de Dieu, donne-moi mes yeux pour que je puisse terminer mes commémorations des défunts." Elle avait des dyptiques d’Optina, de Chamordino, de Diviyévo et de beaucoup, beaucoup d'autres monastères. Nous aurions aimé l'aider à lire, mais quand nous n'étions pas là, elle n'abandonnait cependant pas ses commémorations, et elle les lisait toutes elle-même. Parfois, un film couvait ses yeux et elle ne voyait rien." Tu vas prendre de l'eau de la Mère de Dieu, de la source là, prends un compte-gouttes et mets-en dans mes yeux." Après cela, tout passait. Nous ne l'avons jamais soignée avec des médicaments, seulement avec de l'eau bénite. Nous la déposions dans ses yeux, et la pellicule [de la cataracte]  se brisait. Ainsi la Reine Céleste lui donnait sa vue, et elle lisait, et elle ne se sépara jamais de ses livres jusques à son dernier jour.
Ses parents lui donnaient à manger tout ce qu'ils mangeaient eux-mêmes, de la viande ou que ce soit, juste pour la maintenir, de sorte qu'elle ne développerait pas une démence ou une paralysie. Elle comprit que ce n'était pas son genre de nourriture. Alors, elle l'évitait avec divers contes et comédies. Puis, un séminariste est apparu, comment savait-il qu’elle existait? La Reine Céleste devait l’avoir envoyé, et il passait sa nourriture par la fenêtre alors qu'ils étaient au travail. Ainsi, elle vécut avec l'aide de Kolya, Nicolas.
Je suis venu avec le Père Epiphane pour lui donner la Sainte Communion pour la dernière fois, et elle se plaignit: "Tolya [diminutif d’Anatole] a été tellement en colère contre moi. Eh bien, que lui-ai-je fait ? Il m'a attrapé si durement, mais je n'ai pas eu peur"
Une semaine plus tard, elle n'était plus. Qu'était-il arrivé? Véra nous l’a dit à l'enterrement: elle était venue à la maison vers 7h dans la soirée, et Matouchka était dans le beau coin d’icônes, où étaient l'autel et les fonts baptismaux de Père Séraphim. Il aimait à s'y asseoir. Elle était à genoux, avec ses coudes sur les bras de ce fauteuil, la tête pendante, déjà froide et morte.
Personne ne savait comment cela était arrivé. Tolya était à la maison, mais pas sobre. Qu'était-il arrivé? Peut-être qu'il lui avait fait peur? Peut-être que son cœur s'était arrêté? Mais en tout cas, elle était à genoux, on peut dire en prière, ressemblant même à Saint Séraphim quand il est mort, seulement il avait lui, une icône de la Mère de Dieu "Oumilénié [de l’attendrissement]." L'icône de Matouchka "Oumilénié" était dans la grande salle, mais dans la petite salle était l'icône d’Iviron. Ainsi, dans la chambre où elle avait servi toute sa vie, comme elle l'avait toujours voulu, elle a terminé sa vie devant cette icône de la Mère de Dieu. Sa mort était comme sa vie. Elle a dit que les défunts (pour qui elle priait) ne l'abandonneraient pas. Parce qu'elle les aimait et elle aimait beaucoup et priait pour leur repos éternel, le Psautier était son livre préféré. Elle aimait aussi beaucoup les Evangiles, mais elle ne se séparait jamais de son Psautier, ni des dyptiques. Alors le Seigneur lui accorda de mourir peu de temps avant la réouverture du monastère de Diviyévo. Le vendredi les Louanges de la Mère de Dieu, ils eurent le premier office à Diviyévo, dans la cathédrale de la Sainte Trinité. Matouchka est morte deux semaines avant, le 15 Mars, la fête de l'icône de la Mère de Dieu "Régnante," l'icône qui a pris toute la Russie entre ses mains [Elle apparut le jour de l’abdication du saint Tzar Martyr Nicolas II. Elle est vénérée pour cela comme un signe que la Mère de Dieu règnerait sur la Russie, à la place du Tzar].
Alors ils ont appelé Matouchka la "moniale royale". Son premier nom de tonsure était Arsène, et elle est morte le jour de la commémoration de saint Arsène et de l'icône de la mère de Dieu "Régnante". Nous l'avons enterrée le dimanche et le samedi il y eut un service de commémoration, car c’était le Grand Carême et le samedi des défunts.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Haïjin Pravoslave (CCCVI)


C'est dans le silence
Que Dieu vient s'entretenir
Au logis du cœur

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)