"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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samedi 13 septembre 2008

Saint Théophane le Reclus/ Psaume 118 (24)

Святитель Феофан Затворник


Tav. Le signe. L'indication d'une vie véritablement pieuse.

La 22ème octave commence par la lettre Tav - le signe. Ici sont indiqués des signes par lesquels on peut déterminer si l'on est sur le bon chemin. C'est la dernière octave, celle qui sert de conclusion.
Elle décrit les sommets de la perfection humaine, les fruits donnés par une âme dévouée à Dieu. Elle a appris à prier, à chercher la compréhension et l'aide de Dieu (v. 169 - 170), d'ardentes prières et louanges surgissent de l'âme (v. 171), et la langue veut publier la voie de Dieu pour les autres hommes (v. 172); l'assurance de la protection de Dieu rend audacieux et augmente le zèle pour le salut (v. 173 - 174) comme elle vivifie l'âme et la remplit de l'assurance que Dieu l'aidera jusqu'à la fin (v. 175). Pourtant, au dernier moment, le Prophète s'humilie devant Dieu, en appelle à Sa miséricorde (v. 176), montrant là le signe même de son salut.

Verset 169 : "Que ma prière s'approche de toi Seigneur ; selon ta parole, donne-moi l'intelligence."

Il est juste de demander au donateur de toute sagesse l'intelligence, et de ne pas faire confiance à son intellect. C'est ce que le Prophète a fait. Lui qui sincèrement et totalement s'est remis entre les mains du Seigneur, reçoit cette intelligence presque aussitôt. Ceci arrive cependant quand le cœur est purifié des passions et que l'Esprit, l'Esprit de Vérité y fait sa demeure.

Verset 170 : "Que ma demande pénètre en ta présence : selon ta parole délivre-moi."

Il n'est nul homme se trouvant dans une situation difficile qui ne chercherait à y échapper. Ceux qui ont mis leur espoir en Dieu, alors qu'ils n'épargnent pas leurs propres efforts, ne leur attribuent aucun pouvoir et attendent la délivrance de Dieu en toutes circonstances qu'elles soient petites ou grandes.

Verset 171 : "Mes lèvres laisseront déborder un hymne quand tu m'auras enseigné tes jugements."

Au début l'intellect prie avec effort, c'est la prière de l'intellect. Une telle prière, échauffant le cœur se transforme en prière de l'intellect et du cœur. Le cœur ayant été réchauffé par l'influence de l'intellect commence à prier de lui-même, c'est la prière véritable ! La prière et la pratique active des commandements ne vont pas l'une sans l'autre, elles sont toutes deux une partie indissociable de la vie pieuse. La perfection de l'une conduit au succès de l'autre.

Verset 172 : "Ma langue publiera ta parole, car tous tes commandements sont justice."

Quand quelqu'un en est arrivé à aimer les paroles de Dieu, alors son discours est tout rempli d'elles. Ayant réellement vu combien le péché enchaîne et combien les commandements libèrent, qui ne les publierait pas pour les autres hommes ? Si vous voulez vivre une vraie vie, vivez comme vous l'ordonnent les commandements, tout autre vie n'est pas la vie.

Verset 173 : "Que ta main soit là pour me sauver, car j'ai choisi tes commandements."

Je n'ai pas d'autre volonté, je n'ai pas d'autre désir que de cheminer dans tes commandements. Ils retiennent toutes mes pensées et pénètrent tous mes sentiments. Celui qui parle ainsi, est l'enfant même de Dieu, et il peut espérer que la main de Dieu soit au-dessus de lui. Cela lui donne de l'audace mais une audace qui repose sur l'espérance et l'amour.

Verset 174 : "J'ai désiré ardemment ton salut, Seigneur, et ta loi est ma méditation."

Tout comme le désir des commandements, la soif du salut de notre Seigneur et la méditation continuelle de la loi expriment le zèle ardent du salut par l'accomplissement véritable des commandements. Ce zèle est la force motrice d'une vie pieuse : c'est la vie. Sans Lui, il n'est pas de vie spirituelle.

Verset 175 : "Mon âme vivra et te louera, et tes décrets seront mon secours."

La certitude du salut est nourrie et maintenue par le fait que le chemin du salut a été établi et traversé en tant qu'homme par notre Seigneur Lui-même. Dieu a donné les commandements et les promesses, l'homme y a cru et les a suivis avec confiance en l'aide de Dieu, et la conscience de cette aide donne des ailes à son espérance.

Verset 176 : "J'ai erré comme une brebis perdue ; viens chercher ton serviteur car je n'ai pas oublié tes commandements."

Il est merveilleux, dans la recherche du salut, que plus on se perfectionne dans la piété, et plus on se considère comme loin de la perfection. Une opinion aussi modeste et humble est en vérité le signe le plus sûr de progrès.
Ce verset est la conclusion et le sommet de tout ce psaume. Il révèle la hauteur de la perfection morale et dévoile en quoi elle consiste : les véritables serviteurs de Dieu se jugent semblables au serviteur inutile ou à la brebis perdue.

Fin et gloire à notre Dieu !

Le Psaume 118
d'après le commentaire de
Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo 
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide)
Merci à Michel Balestra qui l'a dactylographié

vendredi 12 septembre 2008

Saint Théophane le Reclus/ Psaume 118 (23)





Shin. La dent. La défense. Défense contre l'ennemi.


La 21ème octave est désignée par la lettre Shin - la dent. Dans le royaume animal, les dents sont instruments de protection, servent à se procurer la nourriture et de plus, elles aident les êtres humains à parler. Quels moyens de protection sont donnés à une personne qui veut vivre selon les commandements de Dieu ? La crainte de transgresser la loi (v. 161), l'espérance de bénédictions résultant de son accomplissement (v. 162), l'amour de la loi (v. 163) qui emplit l'âme et l'intellect de louange à Dieu, pour les bénédictions venant des jugements de la vérité de Dieu (v. 164), et ces bénédictions qui sont données en partage en conséquence de l'accomplissement de la volonté de Dieu : la paix de l'intellect (v. 165), l'espoir du salut (v. 166), l'amour même des commandements (v. 167), et ce qui couronne toutes ces bénédictions : la possibilité de cheminer devant Dieu. (v. 168)

Verset 161 : "Des princes m'ont persécuté sans raison, et mon cœur n'a redouté que tes paroles."

Se souvenant comment Saül et tous ses autres ennemis l'ont persécuté, le Prophète David dit qu'il n'avait crainte de cette persécution, son cœur ne craignait que les paroles de Dieu et à cause de cela s'abstenait de tout mensonge et de tout mal. La peur de transgresser les commandements de Dieu, protège le croyant du péché et des passions.

Verset 162 : "J'exulterai à cause de tes paroles, comme celui qui a trouvé de riches dépouilles."

Le second moyen de repousser le péché et de garder la vertu, est l'attente de récompense pour avoir fait le bien, et non seulement l'attente, mais l'expérience réelle de cette récompense ici, sur cette terre. Ceci donne à l'homme paix de l'intellect, maîtrise de ses sentiments et la connaissance nécessaire pour continuer à avancer dans la vie spirituelle.

Verset 163 : "J'ai haï l'injustice et je l'ai eue en horreur, mais j'ai aimé ta loi."

Le troisième moyen spirituel est dans l'amour de la loi de Dieu et dans une aversion absolue pour l'iniquité. L'amour de la loi commence après avoir goûté à la douceur de ses fruits, après cela elle règne dans le cœur pour l'amour de sa perfection et de sa beauté, et elle est doublée d'une aversion pour toute iniquité.

Verset 164 : "Sept fois le jour je t'ai loué, pour les décrets de ta justice."

De l'amour de la loi et du débordement du cœur découle la louange de Dieu. Dieu soit loué ! Les justes jugements de Dieu, et les agissements merveilleux de Sa Providence, appellent la louange de l'action de grâce. Ceci explique le cycle des prières d'église et pourquoi les croyants trouvent de la joie à assister aux services religieux, en y consacrant leur temps et leurs efforts.

Verset 165 : "Grande est la paix de ceux qui aiment ta loi ; rien ne les fait trébucher."

Le Prophète montre par quels moyens l'accomplissement fidèle de la loi nourrit l'âme : cela donne la paix en abondance. La paix est le fruit de ceux qui sont calmes, et le calme réintègre un individu dans son état naturel, et cet individu établit de nouveau des relations fondamentales avec Dieu, les anges, la nature et bien sûr les autres êtres, et rien ne peut briser une telle paix.

Verset 166 : "J'attendais ton salut, Seigneur, et j'ai aimé tes commandements."

La seconde chose que l'on acquiert par l'accomplissement des commandements de Dieu est l'espérance du salut. La présomption du salut, dit Saint Ambroise, donna naissance à l'amour des commandements, l'amour véritable des commandements devient l'étai de l'espérance et l'espérance donne la paix en Dieu.

Verset 167 : "Mon âme a gardé tes témoignages, elle les a aimé ardemment."

La troisième source de nourriture spirituelle reçue de l'accomplissement des commandements est l'amour même de ces commandements. Ainsi, il y a amour réel des commandements quand on les accomplit, accomplissez-les donc d'abord et ainsi vous les aimerez.

Verset 168 : "J'ai gardé tes commandements et tes témoignages, car toutes mes voies sont devant toi."

Comme résultat de ses méditations précédentes, le Prophète insiste ici sur le fait de marcher devant Dieu. La crainte de la transgression , la paix de l'intellect, l'amour des commandements l'ont amené à aimer le Législateur, à être constamment conscient de Sa présence, tout cela accroît le zèle du Prophète, son amour pour la volonté de Dieu et sa paix intérieure.


Le Psaume 118
d'après le commentaire de
Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo 
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide)

jeudi 11 septembre 2008

Saint Théophane le Reclus/ Psaume 118 (22)


Святитель Феофан Затворник


Resh. La tête. Les dispositions essentielles du cœur.

La 20ème octave est placée sous le signe de la lettre Resh, la tête. La tête signifie ce qu'il y a d'essentiel (chef), de principal. Dans la vie morale, ce mot peut être utilisé pour indiquer la disposition principale du cœur par laquelle une telle vie est soutenue et activée. Le Sauveur indiqua de telles dispositions dans sa présentation des Béatitudes : humilité, contrition, douceur, amour de la vérité, miséricorde, pureté de cœur, amour de la paix, patience, espoir. Et l'apôtre Paul, indique des dispositions similaires quand il énumère les fruits du Saint Esprit : amour, joie, patience, bonté, miséricorde, foi, douceur, abstinence (Gal. 5.22,23).
Il y a des passages similaires dans d'autres pages des Saintes Ecritures dont fait partie cette octave. L'on voit ici : l'humilité, la pureté de la conscience, la recherche des ordonnances de Dieu, l'espérance du salut, la patience, le zèle pour les autres (le prochain ), l'amour de Dieu et la conviction de la permanence des commandements de Dieu.

Verset 153 : "Vois mon humiliation, et délivre-moi, car je n'ai pas oublié ta loi."

L'humilité est une disposition du Cœur par laquelle une personne jouissant de nombreuses qualités, considère qu'elle ne possède rien de spécial, mais se considère au contraire dépourvue de toutes les vertus et voit en Dieu sa seule source de force et de succès. Une telle disposition de l'esprit est la racine de la vie spirituelle. N'espérons aucune aide de Dieu sans elle. Tous les justes théophores avaient cette disposition : Abraham, Moïse, le Roi David et tous les autres, tous les saints.

Verset 154 : "Juge ma cause et rachète-moi ; vivifie-moi selon ta parole."

Celui qui est convaincu d'avoir raison, va en justice avec l'assurance d'un jugement favorable. Pourtant, sur terre les gens le font en sachant qu'ils ont tort. Il n'est pas possible de demander l'intervention de Dieu quand notre conscience cache un manque de justice, et nous accuse de ne pas respecter la loi. La pureté de la conscience est une des dispositions principales du cœur fidèle à Dieu.

Verset 155 : "Le salut est loin des pécheurs, parce qu'ils n'ont pas recherché tes jugements."

La pureté de conscience est possible seulement quand on veille à ce que sa vie soit un accomplissement des commandements de Dieu : c'est en cela que consiste la recherche des jugements, car il peut y avoir une recherche purement intellectuelle sans zèle aucun pour appliquer ce qui a été découvert.

Verset 156 : "Nombreuses sont tes compassions, Seigneur, vivifie-moi selon ton jugement."

On doit avoir une conscience claire et œuvrer à l'accomplissement de toutes les prescriptions de la loi, mais le salut n'est pas dans nos efforts, il vient du Seigneur qui voyant les efforts de ceux qui l'aiment, leur accorde le salut.

Verset 157 : "Nombreux sont mes persécuteurs et mes oppresseurs ; je n'ai pas dévié de tes témoignages."

L'espérance du salut donne la force de supporter et de vaincre toutes les épreuves rencontrées en chemin. De plus les afflictions et les malheurs par fidélité aux témoignages de Dieu, apportent d'eux-mêmes une douce récompense : car "bénis sont les persécutés pour la justice, le royaume des cieux est à eux." (Mat. 5,10), ceci confère au croyant une grande patience.

Verset 158 : "J'ai vu les insensés, et j'étais consumé, parce qu'ils n'ont pas gardé tes paroles."

Celui qui aime la vie honnête, ne peut voir avec indifférence et sans se lamenter, les gens qui oublient Dieu et méprisent sa loi. Nous devrions enseigner et guider avec sagesse, mais plus encore par l'exemple de notre propre vie que par des paroles.

Verset 159 : "Vois, Seigneur, combien j'ai aimé tes commandements ; vivifie-moi par ta miséricorde."

Le Prophète ne se contente pas de garder les commandements, il les aime ; dans chacune des actions qu'il fait, il agit ainsi parce qu'il aime les commandements. Il aime l'humilité, l'abstinence, la douceur, piétés non seulement incarnées dans des actes, mais en tant que dispositions durables du cœur qui se dilate en proportion directe à l'accomplissement de ces vertus. Petit à petit, les passions se calment et la douceur de la vertu s'attache graduellement au cœur et le remplit de l'amour des commandements.

Verset 160 : "Le principe de ta parole est vérité ; tous les décrets de ta justice sont pour l'éternité."

Les paroles de Dieu sont Vérité immuable. Il n'est pas, et il ne peut y avoir de situation dans laquelle elles ne seraient pas impératives et pourraient être supprimées. Elles sont valables pour toute la vie de l'homme, sont obligatoires pour toute l'humanité, englobent le monde entier et s'étendent jusques à l'éternité.

Le Psaume 118
d'après le commentaire de
Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo 
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide)

mercredi 10 septembre 2008

Saint Théophane le Reclus/ Psaume 118 (21)


Святитель Феофан Затворник


Koph. Le singe. La perfection de Dieu doit être imitée.

La 19ème octave est construite par la lettre Koph - le singe. L'imitation n'est pas seulement nécessaire, mais indispensable dans la vie morale et religieuse. Soyez miséricordieux, comme votre Père céleste est miséricordieux. Le Prophète invite à imiter Dieu comme un exemple parfait et en même temps à l'imiter comme donateur de force. C'est ce dont parlent les invocations de cette octave : "J'ai crié de tout mon cœur, exauce-moi, Seigneur ; je rechercherai tes jugements." Il se lève dans les ténèbres de la nuit et prie. Il se lève tôt pour trouver le temps de méditer, les ennemis de la vie spirituelle le persécutent mais il reste fidèle à Dieu, Le cherche et promet d'être toujours fidèle aux commandements de Dieu qui ont été établi pour toujours.

Verset 145 : "J'ai crié de tout mon cœur ; exauce-moi, Seigneur ; je rechercherai tes jugements."

"J'ai crié de toute la force de ma tendresse spirituelle vers Dieu" ; telle était la prière de Moïse, et Dieu lui dit : "Pourquoi m'appelles-tu ?" pourtant il était silencieux, la bouche close, mais le cri de son cœur était si puissant, qu'il traversa les cieux et s'éleva jusqu'à Dieu.

Verset 146 : "J'ai crié vers toi, sauve-moi ; et je garderai tes témoignages."

Avec les yeux de l'intellect et les souhaits du cœur, le Prophète a embrassé ces témoignages et il est impatient de les amener à la vie et de façonner sa nature à leur image. Il sait cependant que sans aide d'En-Haut, il ne réussira pas, et par son invocation il espère recevoir tout ce qui lui est nécessaire pour réussir.

Verset 147 : "J'ai devancé l'heure et j'ai crié ; j'ai mis tout mon espoir en tes paroles."

Devancer l'heure indique l'intensité de sa quête. Le Prophète était roi, sous le fardeau de nombreuses charges, menant la guerre aussi et cependant, il trouve le temps d'offrir ses prières à Dieu, non seulement durant le jour, mais au milieu de la nuit. Il aimait tant son Créateur qu'il l'appelait à l'aide avec zèle.
Devancer l'heure dans les heures mortes de la nuit pourrait aussi vouloir dire un temps d'échec, un temps d'oppression par des impulsions pécheresses qui annihilent l'énergie et rendent le croyant plus vulnérable; dans ce cas, il met aussi sa confiance en Dieu.

Verset 148 : "Mes yeux n'ont pu attendre l'aurore, pour méditer tes paroles."

Le Prophète se lève tôt pour étudier les paroles de Dieu, pour lire ou méditer. Le Saint Esprit, agissant dans la parole de Dieu, met dans le cœur ouvert des graines de commencements salutaires, qui, si elles sont reçues avec sympathie, sont transformées plus tard avec le zèle qui convient.

Verset 149 : "Ecoute ma voix, selon ta miséricorde, Seigneur, et vivifie-moi selon ton décret."

Demandant la miséricorde de Dieu, le Prophète exprime l'espérance qui appelle la miséricorde, mais il se soumet au jugement de Dieu. Il dit ce qu'il a à dire avec humilité, suscitant ainsi la générosité de Dieu, car l'humilité est un vaisseau profond et large pour recevoir les dons de la miséricorde.

Verset 150 : "Mes injustes persécuteurs se sont approchés, mais ils seront éloignés de ta loi.

Les règles de vie sont indiquées dans les commandements, le Prophète y aspire. Au contraire, les injustes se hâtent de briser la loi, et ils essaient d'entraîner à leur suite ceux qui craignent Dieu. Une vie sans la loi, cesse d'être une vie.

Verset 151 : "Tu es proche, Seigneur, et toutes tes voies sont vérité."

Le Seigneur est proche de tous, mais tous ne le reconnaissent pas. Les commandements de Dieu pour quelqu'un qui les accomplit, forment un point de contact avec Dieu et cet être s'approche de Dieu. Celui qui se force à être avec Dieu, garde son intellect en Dieu et marche en sa présence, reconnaissant que c'est là le but, aussi bien que la fin de tout acte de dévotion.

Verset 152 : "Dès le commencement, j'ai su de tes témoignages que tu les as fondés pour l'éternité."

La loi selon laquelle nous devons nous façonner d'après les commandements de Dieu, consiste d'abord à contempler en eux notre Seigneur, le Législateur, et puis à se rapprocher de lui, et à le faire venir en nous. Les pécheurs disent qu'il est possible de faire autrement, mais le croyant dit non ! et ce non, le sauve de la trangression des lois divines qui ont été fondées à jamais, et ne sont pas sujettes à des interprétations changeantes.

Le psaume 118
d'après le commentaire de
Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo 
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide)

lundi 8 septembre 2008

Saint Théophane le Reclus/ Psaume 118 (19)

Святитель Феофан Затворник



Phé. Bouche. Discours. Dieu parle, l'homme devrait écouter.


La 17ème octave est placée sous le signe de la lettre Phé. Bouche. La bouche de Dieu prononce des ordres et des commandements, la bouche de ceux qui craignent Dieu professe leur absolue soumission à Dieu, et le prie de les enseigner et de leur donner la force d'accomplir précisément tout ce que prononce sa bouche, exprimant la contrition et la repentance, s'ils viennent à y manquer. Les paroles de Dieu sont merveilleuses et attirent l'attention de l'âme (v. 125), la parole de Dieu rend plus sage et illumine (v. 130), la soif des commandements de Dieu attire sa grâce (v. 131), celui qui se dédie à Dieu se trouve sous la protection de Dieu (v. 132) et la crainte du Seigneur le protège et le guide dans toutes ses voies (v. 133) ; à l'heure de l'épreuve, elle lui donne la force de ne pas quitter le chemin de la vertu (v. 134), elle fait descendre sur lui la bienveillance de Dieu (v. 135) et lui confère le don des larmes pour ses péchés.


Verset 129 : "Admirables sont tes témoignages, c'est pourquoi mon âme les a scrutés."

La Sainte Ecriture enseigne comment vivre, et sa tâche est de préparer non pas des hommes savants, mais des hommes saints. Elle révèle à l'homme Dieu, ses créations, sa providence, et le plan du salut par le Christ, le Messie ; elle montre les chemins de la sainteté, et dans les merveilleux commandements des Béatitudes, dans le pardon des offenses et l'amour des ennemis, elle établit l'homme en paradis déjà sur cette terre, appelant tous à la suivre.

Verset 130 : "La manifestation de tes paroles illumine les petits enfants, et leur donne l'intelligence."

La parole procédant de la bouche de Dieu, est claire et effective, accessible même aux petits enfants, et encore plus accessible pour les adultes quand ils l'acceptent avec une simplicité d'enfant. La parole de Dieu illumine tout et éclaire tout. Illuminant, elle montre l'ordre et les règles de la vie, et rendant l'être sage, elle lui explique comment vivre et se conduire selon ces préceptes.

Verset 131 : "J'ai ouvert la bouche et j'ai attiré l'Esprit, parce que je désirais ardemment tes commandements. Les Pères théophores voient dans l'ouverture de la bouche, l'ouverture de l'intellect et du cœur exprimant la soif et l'esprit humain ; et dans l'attirance de l'Esprit, la soif et l'acceptation de l'Esprit de grâce confirmant et appuyant l'accomplissement des commandements qui sont aimés de tout cœur. 

Verset 132 : "Regarde vers moi, et aie pitié de moi, selon ton décret envers ceux qui aiment ton Nom."

La continuité de la protection de Dieu et de sa bienveillance est désirée, parce que l'on reconnaît sa faiblesse et le danger toujours présent. La vie véritable dans l'esprit est confortée par une constante réciprocité entre Dieu et l'esprit, et l'esprit et Dieu. Un cœur dévoué à Dieu et le cherchant, le trouve et Il habite en lui. L'amour de Dieu est le suaire naturel de ceux qui l'aiment et sont aimés de Lui. 

Verset 133 : "Conduis mes pas selon ta parole, et qu'aucune iniquité ne domine sur moi."

Beaucoup de choses semblent nécessaires et bonnes, et ne le sont pas. Elles introduisent la confusion, dérangent les pensées et les sentiments, et permettent de fortes attaques de l'ennemi. Le péché ne quitte pas celui qui est entré sur le chemin de la piété, tout au contraire, ont alors lieu de telles attaques que l'âme semble forcée à pécher, et si ce n'était l'aide de Dieu, le péché serait inévitable.


Verset 134 : "Rachète-moi des calomnies des hommes, et je garderai tes commandements ."

La calomnie oppresse le cœur, affaiblit l'énergie de la piété, ébranle et tente d'éloigner l'être de l'action de l'esprit. Ce n'est pas sans dessein que le Seigneur a fait de la calomnie supportée patiemment un commandement qui mène à la béatitude : "Bienheureux êtes-vous quand les hommes vous calomnient " et la prière du Prophète est ici de ne pas succomber à la calomnie qui est inévitable pour tous, et de ne pas dévier dans la vie des commandements.

Verset 135 : "Fais resplendir ta Face sur ton serviteur, et apprends-moi tes jugements."

Celui qui chemine ainsi, voyant sur lui l'aide et la protection de Dieu, réalise que cette attitude de Dieu envers l'homme est en relation directe avec l'adhésion de l'homme aux commandements de Dieu. La conscience témoigne de cette relation. Le Prophète implore Dieu de le laisser toujours debout devant lui de telle sorte que Dieu baisse les yeux sur lui sans qu'il ait honte de son imperfection. C'est là, bien sûr, une prière pour obtenir la grâce de reconnaître les fautes cachées et de les corriger.


Verset 136 : "Mes yeux ont fait jaillir une source de larmes, parce qu'ils n'ont pas gardé ta loi."

Le Prophète exprime ici son repentir sincère pour tout ce qu'il a fait consciemment, dans sa vie extérieure et intérieure, qui fut désagréable à Dieu, et en opposition à sa volonté exprimée dans les commandements. Et il n'en est pas seulement conscient et désolé, mais il verse des larmes en vérité. Pourtant ces larmes ne viennent pas de la peur, mais de la connaissance que le Seigneur bien-aimé a été offensé.


Le Psaume 118
d'après le commentaire de
Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide)

dimanche 7 septembre 2008

Saint Théophane le Reclus/ Psaume 118 (18)


Святитель Феофан Затворник

Aïn. L'œil. La vision. Voir et accomplir la volonté de Dieu.

Le titre de cette octave est Aïn - l'œil. L'œil est la fenêtre de l'âme mais il y a aussi un œil spirituel qui contemple le monde spirituel : c'est l'intellect ou l'esprit qui perçoit Dieu, professe la Providence de Dieu, enseigne l'obéissance à Dieu, a soif de Dieu et voit en Dieu son bonheur suprême : c'est l'état de méditation. Voici des paroles venant exprimer la soif et l'espérance des yeux, du cœur, et de l'intellect envers Dieu, et la dévotion à la volonté de Dieu dans les circonstances variées qui demandent une telle espérance. La base de l'espoir est la dévotion à la volonté de Dieu à travers l'accomplissement de ses Saints commandements. L'impureté de la conscience tue l'espérance qui est renouvelée par la repentance. Celui qui espère, a un œil dirigé vers Dieu attendant sa miséricorde et l'autre sur les commandements afin de ne pas faire obstacle à sa miséricorde.

Verset 121 : "J'ai accompli le droit et la justice, ne me livre pas à ceux qui me nuisent."

Jusqu'au moment où le péché n'est pas commis intentionnellement, il reste une base pour la prière dans le cœur, et l'espérance demeure. Ainsi le Prophète et roi David, aussi longtemps qu'il ne pêchait point, avait un cœur plein d'espérance, et le Seigneur ne l'abandonna pas mais le garda contre ses ennemis.

Verset 122 : "Prends ton serviteur sous ta garde pour son bien, que les orgueilleux cessent de me calomnier."

La calomnie est une des épreuves les plus dures, pourtant Dieu fait que celui qui est calomnié obtient grande récompense pour ces calomnies, et sent que la main de Dieu est sur lui. Un service fervent de Dieu et le témoignage irréprochable de la conscience, confèrent l'audace pour se tourner vers Dieu afin qu'il nous protège.

Verset 123 : "Mes yeux défaillent pour ton salut, et pour les promesses de ta justice."

Le Prophète dirige tout son amour et toute son attention vers Dieu, et attend de lui le salut. Mais il n'en oublie cependant pas "la parole de justice", les commandements de Dieu, et se met à même, de tout son pouvoir, de les accomplir. La foi engendre l'espérance, et l'espérance vient d'un ferme dévouement à la volonté de Dieu, et à la garde de ses commandements. Sans œuvres la foi est morte !

Verset 124 : "Agis avec ton serviteur selon ta miséricorde, et enseigne-moi tes jugements."

Voyant que la garde des commandements est tout, le Prophète supplie Dieu de lui accorder comme une grande grâce, l'enseignement des ses ordonnances, car comment pourrait-on approfondir seul, la sagesse de la loi.

Verset 125 : "Je suis ton serviteur, donne-moi l'intelligence pour que je connaisse tes témoignages."

Un croyant se considère comme serviteur de Dieu, mais il ne sait comment servir Dieu. Une chose est de s'appeler serviteur de Dieu, autre chose est de l'être, et ainsi il sollicite de Dieu le don de reconnaître sa volonté dans toutes les circonstances quelquefois complexes de la vie.

Verset 126 : "C'est pour le Seigneur le temps d'agir ; ils ont rejeté ta loi."

Quelqu'un dédié à la vie pieuse, a du zèle non seulement pour lui-même, mais pour tous les autres croyants; et le fait que les autres rejettent les commandements, le chagrine, et lui inspire de devenir encore plus zélé.

Quelques-uns uns voient ici une prophétie du Roi David à propos du temps de l'Avent du Messie : la fin de la loi est venue, que vienne le sauveur du monde accorder l'absolution des péchés.

Verset 127 : "C'est pourquoi j'ai aimé tes commandements, plus que l'or et la topaze."

Le croyant comprend que la fidélité aux commandements le rapproche de Dieu, l'amène à la filiation en Dieu, et le remplit d'espoir. Dieu a tout et tout vient de lui, ainsi celui qui aime Dieu possède tout alors que, en conscience, la chose de plus grande valeur à ses yeux, est ce qui le rapproche de Dieu.

Verset 128 : "Aussi j'ai été redressé grâce à tous tes commandements ; j'ai haï toute voie d'injustice."

L'amour de Dieu demande du croyant l'amour des commandements, non seulement en pensée, mais en actes, pour cette raison il dirige tous ses actes selon les commandements, et ne regarde pas avec indifférence les voies d'injustices, mais il les déteste de toute son âme. Il n'existe pas de dualité, tout est dirigé vers un but. La grâce conduit l'esprit vers la divine communion, le zèle le fait cheminer sur les chemins de la volonté de Dieu et ses mains entreprennent des œuvres de piété et de bonnes actions résistant à toute violation, aussi minime soit-elle, des commandements de Dieu.

Le Psaume 118
d'après le commentaire de
Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo 
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide)

samedi 6 septembre 2008

Saint Théophane le Reclus/ Psaume 118 (17)


Святитель Феофан Затворник

Samech. Le soutien. Décisions qui soutiennent une vie pieuse.

La 15ème octave est placée sous le signe de la lettre Samech - le soutien. Nous avons là un entretien sur les dispositions et les décisions de la volonté qui servent de soutien à une vie agréable à Dieu. Le premier de ces soutiens est la décision d'aimer la loi (v. 113) qui est suivie par l'aide de la grâce de Dieu qui est toujours prête à intervenir (v. 114). La ferme détermination et la grâce de Dieu, donnent de la hardiesse, et font un homme fort d'un être chétif (v. 115). La confiance n'est pas basée sur notre propre force, mais sur le secours de la grâce de Dieu (v. 116). Ces étais d'une vie agréable à Dieu, sont soutenus par la prière (v. 117), le souvenir que Dieu n'épargnera les pécheurs endurcis (v. 118), la tristesse de leurs vies (v. 119), et plus particulièrement la crainte de Dieu, et la mémoire du jugement de Dieu. (v. 120)

Verset 113 : "J'ai haï les transgresseurs de tes préceptes, et j'ai aimé ta loi."

La haine du péché croit avec l'amour de la vertu. Non seulement la cessation de la transgression est une correction du caractère, mais aussi une sincère aversion du péché, une rupture de tout consentement au péché.

Verset 114 : "Tu es mon secours et mon soutien, en ta parole j'ai mis toute mon espérance."

Dans l'espérance de l'aide de Dieu, les hommes entrent vraiment dans la voie de la vertu; avec l'espérance, ils y cheminent et n'abandonnent pas cette espérance: ils s'y maintiennent même quand il semble que Dieu ne les écoute pas,  ou les a abandonnés.

Verset 115 : "Eloignez-vous de moi, vous qui faites le mal, et je scruterai les commandements de mon Dieu."

Celui qui entre sur le chemin de la vertu sous l'influence de la crainte de Dieu et de sa conscience, se range aux côtés de l'Esprit, il s'emplit de courage, et, hardi, il ose rejeter ceux qui entravent son chemin, qu'il s'agisse de ceux qui font le mal, des coutumes ou des pensées.

Verset 116 : "Secours-moi selon ta parole, et je vivrai ; ne déçois pas mon attente."

L'homme courageux tire son courage de sa confiance en Dieu, vers qui il prie, et à qui il demande aide dans sa prière. Une telle espérance attire la puissance de Dieu. L'ardeur est demandée à l'homme, alors l'aide de Dieu est engagée.

Verset 117 : "Aide-moi et je serai sauvé, et je méditerai sans cesse tes jugements."

L'aide et le salut une fois obtenus, encouragent à faire encore plus confiance à Dieu. L'espérance est affermie par la prière et l'apprentissage des jugements divins. Le courage prend son essor par l'espérance. Aussi longtemps qu'il y a la prière, le désir et la force de se battre et de se maintenir sur les voies de Dieu, sont là aussi.

Verset 118 : "Tu tiens pour rien ceux qui s'éloignent de tes jugements, car injuste est leur pensée."

Quand l'ennemi se fait tentateur, il suggère que le péché n'est rien et que Dieu pardonnera toujours ! Mais le souvenir du Jugement de Dieu montre à quel point ceci est faux. Le Seigneur punit les pécheurs et ceux qui s'éloignent de ses ordonnances, et dans la vie de tout le monde, il y a beaucoup d'exemples de leçons de cette sorte.


Verset 119 : "J'ai regardé comme prévaricateurs tous les pécheurs de la terre, c'est pourquoi j'ai aimé tes témoignages."

Le péché détourne l'être de Dieu, alors il ne peut espérer en Lui ni lui demander quoi que se soit. Les pécheurs, même si ce n'est pas toujours perceptible, sont aveugles de cœur et constamment préoccupés: ils ne voient pas la Providence de Dieu pour eux. Selon l'apôtre, ils cheminent dans la vanité de leur intellect, l'esprit obscurci, aliénés de la vie de Dieu, car l'ignorance est en eux, à cause de la dureté de leur cœur.

Verset 120 : "Cloue ma chair à ta crainte, car j'ai craint à cause de tes préceptes."

Une vie de rédemption commence avec la crainte de Dieu, et plus tard, durant toute la vie, cette crainte est comme un gardien efficace. Le niveau supérieur en nous est spirituel, le niveau inférieur, le mental, est l'animal, la chair. Le Prophète prie pour que le niveau inférieur soit soumis au supérieur, la chair à l'esprit. Restez dans la crainte de Dieu et elle vous enseignera ce qui est bon. Si la crainte de Dieu ne pouvait faiblir, alors le péché ne serait jamais accepté. Là est la science d'une vie sainte.

Le Psaume 118
d'après le commentaire de
Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo 
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide)

vendredi 5 septembre 2008

Saint Théophane le Reclus/ Psaume 118 (16)


Святитель Феофан Затворник

Noun. La tribu. Le clan. La famille des vertus.

La quatorzième octave est placée sous le signe de la lettre Noun. La tribu, le père, le grand-père, l'arrière-grand-père, les fondateurs de la famille etc… Il y a des relations ou des connections dans la manifestation de la vie spirituelle. Toute vertu et tout vice ont leurs ancêtres et leurs enfants, et le Prophète parle d'eux ici. La révélation de Dieu sanctifie la foi (v. 105), car elle vient de la ferme détermination de servir Dieu (v. 106), mais en dépit de sa ferme volonté, l'âme voit sa faiblesse et s'humilie devant Dieu (v. 109); et en dépit de tous les obstacles, elle ne dévie pas de la loi (v. 110). En accomplissant les commandements de Dieu, elle trouve grande joie (v. 111) et s'élève sur les ailes de l'espérance à l'idée de recevoir l'éternelle récompense de Dieu (v. 112). Les Béatitudes de notre Sauveur énumèrent les vertus qui ouvrent le paradis.

Verset 105 : "Ta loi est un flambeau pour mes pas, et une lumière sur mes chemins."

Qui peut parler ainsi si ce n'est la foi véritable, sûre, certaine, n'admettant aucune dualité de pensée ? Acceptant la révélation de Dieu, la foi marche avec confiance sur le chemin de l'illumination. la foi est un don de la grâce de Dieu, mais son germe est implanté dans notre nature. La foi purifie l'intellect et par l'action de la grâce, le restaure dans sa capacité de percevoir les choses spirituelles et divines.

Verset 106 : "J'ai juré et résolu de garder les décrets de ta justice."

La détermination de servir Dieu et une ferveur constante à le faire sont les premiers fruits de la foi. Au baptême nous prenons la résolution de repousser Satan et toutes ses œuvres et d'adhérer au Christ, nous faisons la même chose quand nous offrons la repentance pour nos péchés.

Verset 107 : "J'ai été humilié à l'extrême, Seigneur, vivifie-moi selon ta parole."

La ferveur née de la foi est fortement zélée, mais sans ruse, elle peut tout dire, tout faire, mais pas sans le Christ qui me donne force (Phil. 4, 13). Ainsi pensent tous ceux qui aiment servir Dieu, ils comprennent que tout doit être accompli par l'action mutuelle du libre arbitre et de l'aide divine. L'humilité est le trait caractéristique de ceux qui réussissent.

Verset 108 : "Agrée, Seigneur, les offrandes volontaires de ma bouche, et enseigne-moi tes décrets."

Dans l'Ancien Testament il y avait des offrandes déterminées par la loi, mais il y avait aussi des offrandes volontaires présentées selon le désir du cœur. Il en est de même dans la sphère des actions morales, quelques unes sont obligatoires, d'autres sont laissées au libre vouloir et ce sont celles qui nous apprennent à tout faire avec zèle, et non machinalement.

Verset 109 : "Mon âme est toujours entre tes mains, et je n'ai pas oublié ta loi."

Un croyant dévoué au service de Dieu s'abandonne entièrement à la volonté de Dieu, ne se préoccupant que de ne pas transgresser les commandements de Dieu en aucune circonstance. S'il est offensé, la seule chose qui le préoccupe,  c'est de ne pas laisser le sentiment de vengeance s'emparer de lui, et d'être disposé à pardonner volontairement.

Verset 110 : "Les pécheurs m'ont tendu un piège, et je n'ai pas erré hors de tes commandements."

Les pécheurs ont tendu un piège mais le Prophète ne s'est pas laissé prendre, c'est la conséquence directe de son dévouement à la volonté de Dieu. La patience l'aide à vaincre les tentations. La foi est mère de patience et la patience confère la persévérance dans la piété.

Verset 111 : "Je possède tes témoignages comme mon héritage pour l'éternité, car ils sont l'exultation de mon cœur."

La patience semble impliquer quelque chose de difficile, sans joie. Extérieurement en effet, elle se présente ainsi mais intérieurement, elle est consolation si délicieuse que nul plaisir au monde ne peut lui été comparé. La joie spirituelle est l'héritage inaliénable de ceux qui, à l'aide de la patience, sont fermes dans la piété.

Verset 112 : "J'ai incliné mon cœur à accomplir tes jugements, à jamais, à cause de ce que tu donnes en retour."

La force qui fait aller de l'avant est l'espérance permettant le meilleur; elle entraîne de plus en plus loin et fait que l'énergie s'active. L'espérance vient de la foi, mais elle raffermit elle-même la foi. La première partie du chemin de la foi est difficile, plus tard quand les événements arrivent confirmant la foi, alors l'espérance naît et plus la joie de la vie spirituelle est ressentie, plus l'espoir se raffermit et plus ses promesses deviennent intenses. Ainsi, enfin, l'amour naît dans le cœur qui s'enflamme de foi et d'espérance, et tout l'esprit tout entier de la personne devient flamme et l'Esprit de Dieu repose sur lui.

Le psaume 118
d'après le commentaire de
Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo 
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide)

jeudi 4 septembre 2008

Saint Théophane le Reclus/ Psaume 118 (15)

Святитель Феофан Затворник


Mem. Tache. Comment effacer les défauts spirituels.

La 13ème octave révèle comment les défauts de l'âme sont corrigés : l'aveuglement de l'intellect, la corruption de la volonté, la rudesse du cœur, l'insensibilité. Une vie conforme à la loi, ouvre les yeux de l'intellect qui comprend alors clairement toute chose (v. 97 - 100); elle restaure la rectitude de la volonté, et règle tout ses mouvements (v. 101 - 103) dans le cœur, elle ressuscite les sentiments réprimés envers tout ce qui est saint, et instaure une répulsion pour tout ce qui est mauvais.

Verset 97 : "Comme j'ai aimé ta loi, Seigneur, tout le jour elle est ma méditation."

Tel est le cri de l'âme qui a expérimenté le bienfait d'une vie selon la foi en Dieu. Au commencement faible et manquant de sûreté, la marche sur le chemin de la foi devient plus ferme et plus convaincue qu'il n'y a rien de plus bénéfique que de faire le bien et d'éviter le mal, en se sustentant de la parole de Dieu.

Verset 98 : "Tu m'as rendu plus sage que mes ennemis par ton commandement, car il est avec moi pour l'éternité."

La consécration aux commandements de Dieu a ouvert les yeux de l'intellect et il voit comment les ennemis de notre salut, par les charmes de ce monde, par l'égarement de notre intellect le poussent vers le péché. Il se met alors à leur résister en persistant dans les commandements de Dieu.

Verset 99 : "J'ai eu plus d'intelligence que ceux qui m'enseignent, car tes témoignages sont ma méditation."

Le Prophète a médité plus profondément pour en savoir plus sur la loi que ceux qui la lui ont enseignée. La recherche et l'assiduité, sont une préparation, pourtant la grâce de Dieu, à l'heure de la prière, parfait la compréhension de ce qui a été étudié.

Verset 100 : "J'ai plus d'intelligence que les vieillards, parce que j'ai recherché tes commandements ."

Les Anciens sont respectés pour leur âge, leur connaissance et leurs saintes vies. Le Prophète ayant choisi comme but de sa vie de plaire à Dieu, il a surpassé les Anciens qui n'avaient pas son zèle à accomplir les commandements de Dieu. La recherche de la volonté de Dieu en toute chose que l'on fait, et non seulement dans l'accomplissement des enseignements, apporte la grâce de Dieu et la sagesse véritable.

Verset 101 : "De toute voie mauvaise j'ai détourné mes pas, afin de garder tes paroles."

Ceci concerne la puissance de la volonté. Notre conscience nous suggère toujours d'éviter le péché pourtant nous manquons de force dans notre volonté pour y parvenir. La parole de Dieu est le plus grand stimulus pour le croyant : soyez déterminé à la garder, à maintenir la crainte de Dieu dans votre cœur, le souvenir de la mort et du Jugement Dernier, ils vous empêcheront de vous égarer.

Verset 102 : "Je n'ai pas dévié de tes décrets, parce que tu m'as donné ta loi."

Les décrets de Dieu sont ses décisions concernant la manière de vivre, ils sont les indications précises de sa volonté, de ses commandements. Une fois comprise on ne peut dévier de la volonté de Dieu, ou de toute occasion de faire le bien, en fait une telle occasion est par sa présence même, un ordre direct de Dieu de l'accomplir.

Verset 103 : "Que tes paroles sont douces à mon palais plus que le miel à ma bouche."

La résolution de faire le bien, petit à petit stimule les sens. Là où elle ne trouvait nulle saveur, l'âme commence à ressentir le délice et la douceur. La prière commence à réconforter et les demeures de Dieu sont chéries, la charité apporte la consolation et toute retenue, la joie.

Verset 104 : "Grâce à tes commandements, j'ai eu l'intelligence, c'est pourquoi j'ai détesté toute voie d'injustice."

Aussi longtemps que l'on se complaît dans la recherche des jouissances et dans le plaisir sensuel, la spiritualité est insipide; cependant, quand, après la repentance on abandonne cette recherche des jouissances et l'on décide de cheminer dans les voies de Dieu, alors les jouissances et la sensualité deviennent insipides. A la question : quel est le signe de la purification du cœur ? Saint Basile répondrait : la haine du péché. 

Le Psaume 118
d'après le commentaire de
Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide)