"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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dimanche 19 avril 2026

DIMANCHE DE THOMAS


Le Christ est ressuscité ! En vérité Il est  ressuscité !


Lors de la liturgie de la nuit de Pâques, la lecture de l’Épître était le début des Actes des Apôtres, rédigés par saint Luc. La lecture de l’Évangile était le début de l’Évangile selon saint Jean le Théologien. Ces deux livres de la Bible constituent la source des lectures de la liturgie jusqu’à la Pentecôte, à l’exception du dimanche des Femmes myrrhophores et du jour de l’Ascension.

Le passage d’aujourd’hui est tiré des Actes 5, 12-20 et fait suite au triste récit de la transgression d’Ananias et de Saphira. Saint Luc rapporte les miracles et les signes accomplis par les apôtres parmi le peuple. Il s’agit ici de la population en général et non pas seulement de ceux qui croyaient en la divinité du Christ. De cette manière, beaucoup d’autres se convertirent à la foi en Christ. L'expression « d'un même cœur » traduit l'unité et la concorde qui régnaient au sein de la communauté chrétienne de l'époque. Ils vivaient ensemble et priaient ensemble. Le portique de Salomon était leur lieu de rassemblement préféré, car il s'agissait d'un vaste espace couvert pouvant les accueillir tous et ouvert au public. Ainsi, grâce aux miracles et à la grande notoriété des chrétiens, de nouvelles âmes venaient chaque jour grossir leurs rangs. Le simple fait de toucher le bord du vêtement du Christ était source de guérison, mais après la Résurrection, la simple ombre de saint Pierre suffisait à accorder la guérison. C’était en effet ce qu’avait promis le Christ (Jean 14, 12). 

L’étonnant succès du ministère des apôtres provoqua une réaction de la part des autorités juives, qui avaient haï le Christ. Le récit évoque l’hostilité du grand prêtre, qui était très probablement Caïphe, bien que saint Luc ne le nomme pas. Cependant, il nous dit que le grand prêtre était aidé et soutenu par les sadducéens. Les sadducéens étaient une secte qui occupait une place prépondérante à la fin de l’époque du temple d’Hérode, mais qui tomba dans l’oubli après la destruction de Jérusalem en 70 après J.-C. Ils nourrissaient diverses croyances erronées, notamment le déni de l’immortalité de l’âme et de la vie après la mort, avec les récompenses ou les châtiments qui l’accompagnent. Dans son commentaire, l’archevêque Averky écrit : « La corruption morale et religieuse de l’élite de la société religieuse juive était si grande qu’il n’y avait rien d’étonnant à ce que les grands prêtres appartiennent à la secte des sadducéens ». Par dépit, les chefs religieux firent arrêter les apôtres et les enfermèrent dans la prison publique où étaient détenus les pires criminels. Le Seigneur leur envoya un ange qui non seulement les libéra, mais leur donna l’ordre d’être hardis et de prêcher ouvertement dans le temple.   

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Tropaire – Ton 7 

Lorsque le tombeau fut scellé, Toi, la Vie, ô Christ notre Dieu, Tu es ressuscité de la tombe, et lorsque les portes furent fermées, Toi, la Résurrection de tous, Tu te tenais parmi les disciples, et par eux, Tu as renouvelé en nous un esprit droit, selon Ta miséricorde. 

Dimanche dernier, lors des vêpres pascales, nous avons entendu la lecture de l’Évangile (Jean 20, 19-25) qui nous présente la réaction de saint Thomas à la nouvelle de la résurrection du Christ. Aujourd’hui, nous lisons ce même récit, mais il se poursuit jusqu’au verset 31, qui marque la fin de ce chapitre.



La version King James utilise l’expression « Thomas, l’un des douze, appelé Didyme ». Cela est rendu littéralement dans certaines traductions par « Jumeau ». Thomas avait-il un frère ou une sœur ? Si oui, il (ou elle) n’est mentionné(e) nulle part dans le Nouveau Testament. Thomas était de nature sceptique et avait tendance à être partagé. Le qualifier de sceptique né serait peut-être trop cynique, mais, même s’il aurait voulu accepter quelque chose, son esprit ne pouvait ignorer ses réserves à ce sujet.

Le passage que nous lisons commence le dimanche, premier jour de la semaine. Nous pouvons à peine imaginer la tension qui régnait ce soir-là, après le traumatisme de la crucifixion, puis l’annonce de la résurrection par les femmes myrrhophores plus tôt dans la journée. Nous constatons également un autre changement : les Juifs ne sont plus « nous », mais « eux ». Le fossé entre ceux qui ont accepté le Christ et ceux qui l’ont rejeté commence à se creuser. Les portes étaient fermées, mais le Christ entre, démontrant ainsi que le corps ressuscité n’est plus soumis à des contraintes physiques, bien qu’Il ne soit pas une simple apparition. Pour apaiser les craintes des disciples, Il dit : « La paix soit avec vous », ce qui signifie « n’ayez pas peur ». Nous voyons également une autre évolution. Les disciples étaient des disciples, mais en tant qu’apôtres, ils reçoivent l’autorité qui fait d’eux les représentants du Seigneur. Le Christ souffle sur eux : « Recevez le Saint-Esprit », mais il s’agit d’un don partiel qui s’achèvera à la Pentecôte, lorsqu’ils recevront la plénitude des dons spirituels et le pouvoir d’accomplir des miracles pour l’avancement du Royaume.

Thomas, pour une raison quelconque, n’était pas présent à ce moment-là. Lorsqu’il a entendu la nouvelle : « Nous avons vu le Seigneur », son esprit avait du mal à le comprendre. De nos jours, nous pourrions utiliser l’expression « tu es fou ? »explication possible. Thomas a choisi la voie de la prudence et a exigé une preuve. Une semaine plus tard, la scène se répète et, cette fois, Thomas est présent. Le Seigneur sait tout ; c’est pourquoi Il n’attend pas que Thomas prenne la parole. Il lui rapporte ses propres paroles. Thomas est inspiré, sur le plan théologique, pour exprimer les deux natures du Christ. Il L’appelle « mon Seigneur », un terme utilisé dans le monde humain, puis affirme sa foi en ajoutant « … et mon Dieu ». Les mots « Seigneur » et « Dieu » désignent une seule et même personne. Le Christ dit : « Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru. » Il ne prive pas Thomas de sa part de béatitude, mais il approuve à la fois la foi des autres qui n’ont pas exigé de preuve, et envoie un message à toutes les générations futures. On pourrait s’interroger sur le corps ressuscité du Christ, qui, libéré de la grossièreté terrestre, n’est pas retenu par les murs et les portes. En même temps, Il montre qu’Il n’est pas un fantôme en démontrant qu’Il peut être touché par des mains humaines. En effet, Il montre plus tard à nouveau cette qualité en mangeant alors qu’Il n’a aucun besoin terrestre de nourriture. Il est clair que s’Il n’était qu’un simple fantôme, Il serait incapable de manger.

L’évangéliste mentionne de nombreux autres signes. Il ne s’agit pas ici des miracles accomplis avant la crucifixion du Christ. Ceux-ci ont été accomplis sous les yeux du peuple, mais les signes dont il est question ici s’adressaient exclusivement aux apôtres, qui étaient préparés à leur mission divine. À plusieurs reprises, saint Jean nous dit qu’il y a des choses qui ne sont pas écrites dans ce livre. Nous connaissons bien  le mantra protestant : « La Bible et rien que la Bible ; si ce n’est pas dans la Bible, ce n’est pas vrai ». L’évangéliste affirme que l’Écriture fait partie de la Sainte Tradition, mais qu’elle n’en constitue pas la totalité.

Dans son commentaire, le bienheureux Théophylacte conclut ce chapitre par ces mots au sujet du Seigneur ressuscité : Il est ressuscité et il vit pour nous. Mais quiconque imagine que le Christ est mort et n’est pas ressuscité du tombeau n’a pas la vie en Lui. En effet, en pensant cela, il confirme et assure sa propre mort éternelle et sa corruption.

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Dans le calendrier, nous trouvons non seulement les saints commémorés chaque jour, mais nous constatons également que de nombreuses icônes de la Mère de Dieu ont un jour où elles sont commémorées. Le vendredi de la Semaine lumineuse, nous trouvons la Source de vie, et le dimanche, nous trouvons les icônes de la Glykofilousa (de la Tendresse). Dans un petit ouvrage consacré aux icônes thaumaturges, l’archiprêtre Feodor Kovalchuk observe : « Il existe environ 200 icônes thaumaturges de la Mère de Dieu vénérées par les fidèles orthodoxes russes ». En outre, il précise qu’il existe 300 autres icônes différentes et très aimées.

Source de Vie

Près de la Porte d’Or de Constantinople, au milieu du Ve siècle, se trouvait un bosquet de cyprès et de platanes. Ce lieu était depuis longtemps dédié à la Sainte Théotokos et il y avait une source en son centre. Depuis l’Antiquité, des miracles y avaient été rapportés, mais le lieu était devenu envahi par la végétation et l’eau était recouverte de boue. Un soldat, Leon Marcellos, remarqua un aveugle qui s’était égaré. Il aida l’homme à trouver de l’ombre et partit lui chercher de l’eau. Leon entendit alors une voix : « Leo,  va dans le bosquet, prends l’eau que tu y trouveras et donne-la à cet homme assoiffé. Puis prends un peu de boue et oins-en les yeux de l’homme. Qui suis-je ? Je réside ici depuis longtemps. Avec mon aide, construis ici un temple en mon nom afin que tous ceux qui viendront ici trouvent des réponses à leurs prières et soient complètement guéris de leurs maux ». En se promenant, Léon entendit à nouveau une voix : « Ne te donne pas la peine de chercher ailleurs, Léon, il y a de l’eau juste ici ». Il fut stupéfait, mais ne vit rien au début. Léon se précipita à l’endroit indiqué, fit ce qu’on lui avait dit et la vue de l’aveugle fut rétablie. L’apparition de la Théotokos eut lieu le 4 avril de l’an 450. Lorsque Léon devint empereur (457-473), il se souvint de cet événement et fit construire une église au-dessus de la source, qu’il nomma « la Source de la Vie ». Cette église fut détruite par les Turcs au XVe siècle, mais une nouvelle fut construite en 1835. De nombreux miracles sont attribués à la Théotokos en ce lieu. 

L'icône de la Glykofilousa (« De la Tendresse ») représente la Théotokos et l'Enfant Jésus, joue contre joue. Il existe plusieurs icônes célèbres présentant cette caractéristique, dont l'icône de Donskoï. La fondatrice de notre église aimait particulièrement l’icône de Kazan, car elle est commémorée dans le calendrier, en novembre, le jour de sa naissance. Cette icône, qui se distingue nettement des autres, représente la tête et les épaules de la Théotokos, avec l’Enfant Jésus debout à sa gauche. Nous en possédons trois exemplaires dans notre église. L'une se trouve sur l'iconostase, une autre en hauteur sur le mur ouest de l'église. Le troisième se trouve dans l'autel et a été réalisé en Roumanie avec des inscriptions en roumain, bien que l'icône soit d'origine russe, comme l'indique son nom. 

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Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après


dimanche 27 avril 2025

DIMANCHE DE THOMAS

 


"Христос Воскресе! - Воистину Воскресе!"

"Le Christ est ressuscité! En Vérité Il est ressuscité!"

Lors de la liturgie de la nuit de Pâques, la lecture de l'Epître était le début des Actes des Apôtres, écrits par saint Luc. La lecture de l'Évangile était le début de l'Évangile de saint Jean le Théologien. Ces deux livres de la Bible sont la source des lectures de la liturgie jusqu'à la Pentecôte, à l'exception du dimanche des femmes myrrhophores et du jour de l'Ascension.

Le passage d'aujourd'hui est Actes 5, 12-20 et fait suite au triste récit de la transgression d'Ananias et de Saphira. Saint Luc rapporte les miracles et les signes accomplis par les apôtres au sein de la population. Il s'agit de la population en général et pas seulement de ceux qui croyaient en la divinité du Christ. Par ce moyen, beaucoup d'autres personnes furent converties à la foi en Christ. L'expression « d'un commun accord » indique l'union et l'unité d'esprit de la communauté chrétienne de l'époque. Ils vivaient et priaient ensemble. Le porche de Salomon était leur lieu de rencontre préféré, car il s'agissait d'un grand espace couvert qui pouvait les accueillir tous et qui était ouvert au public. Ainsi, grâce aux miracles et à la notoriété des chrétiens, de nouvelles âmes s'ajoutaient chaque jour à leur nombre. Le contact de l'ourlet du vêtement du Christ était source de guérison, mais après la résurrection, la seule ombre de saint Pierre suffisait à accorder la guérison. C'est ce que le Christ avait promis (Jean 14:12). 

Guérison de l'hémoroïsse

Le succès étonnant du ministère des apôtres provoqua une réaction de la part des autorités juives, qui avaient détesté le Christ. Le récit rappelle l'hostilité du grand prêtre, qui était très probablement Caïphe, bien que saint Luc ne le nomme pas. Cependant, il nous dit que le grand prêtre était aidé et soutenu par les sadducéens. Les sadducéens étaient une secte qui occupait une place importante à la fin de l'époque du temple d'Hérode, mais qui tomba dans l'oubli après la destruction de Jérusalem en 70. Ils avaient diverses fausses croyances, notamment la négation de l'immortalité de l'âme et de la vie après la mort, avec les récompenses et les châtiments qui l'accompagnent. Dans son commentaire, l'archevêque Averky dit : « La corruption morale et religieuse de l'élite de la société religieuse juive était si grande qu'il n'y avait rien d'étrange à ce que les grands prêtres appartiennent à la secte des Sadducéens ». Dans leur colère, les chefs religieux firent arrêter les apôtres et les enfermèrent dans la prison commune où étaient détenus les pires criminels. Le Seigneur leur envoya un ange qui, non seulement les relâcha, mais leur donna l'ordre d'être audacieux et de prêcher ouvertement dans le temple. 

Tropaire - Ton 7 

  Lorsque le tombeau fut scellé, c'est Toi, la Vie, ô Christ notre Dieu, qui sortit du tombeau, et lorsque les portes furent fermées, c'est Toi, la Résurrection de tous, qui Te tins au milieu des disciples, et qui, par eux, renouvela en nous l'esprit droit, selon Ta miséricorde.  

Dimanche dernier, aux vêpres pascales, nous avons entendu la lecture de l'Évangile (Jean 20, 19-25) qui nous présente la réaction de saint Thomas à l'annonce de la résurrection du Christ. Aujourd'hui, nous lisons ce même récit, mais il se poursuit jusqu'au verset 31, qui marque la fin de ce chapitre.

La version anglaise de la King James utilise l'expression « Thomas, l'un des douze, appelé Didyme ». Dans certaines traductions, cette expression est rendue littéralement par « Jumeau ». Thomas avait-il un frère ou une sœur ? Si c'est le cas, il n'est mentionné nulle part dans le Nouveau Testament. Le Synaxaire propose une autre explication possible. Thomas était de nature sceptique et avait tendance à avoir deux avis sur les choses. Le qualifier de sceptique né serait peut-être trop cynique, mais même s'il voulait accepter quelque chose, son esprit ne pouvait ignorer ses réserves à ce sujet.


Le passage que nous lisons commence un dimanche, le premier jour de la semaine. Nous pouvons difficilement imaginer la tension de cette soirée après le traumatisme de la crucifixion et l'annonce de la résurrection par les femmes porteuses de myrrhe plus tôt dans la journée. Nous constatons également un autre changement : les Juifs ne sont plus « nous », mais « eux ». Le fossé entre ceux qui ont accepté le Christ et ceux qui l'ont rejeté commence à se creuser. Les portes étaient fermées, mais le Christ entra, démontrant ainsi que le corps ressuscité n'est plus lié par des contraintes physiques, bien qu'il ne s'agisse pas d'une simple apparition. Pour apaiser les craintes des disciples, il leur dit : « La paix soit avec vous », ce qui signifie « n'ayez pas peur ». Nous constatons également une autre évolution. Les disciples étaient des suiveurs, mais en tant qu'apôtres, ils sont investis de l'autorité qui fait d'eux des représentants du Seigneur. Le Christ souffle sur eux : « Recevez le Saint-Esprit », mais il s'agit d'une effusion partielle qui s'achèvera à la Pentecôte, lorsqu'ils recevront la plénitude des dons spirituels et le pouvoir d'accomplir des miracles pour l'avancement du Royaume.

Saint Thomas

Thomas, pour une raison quelconque, n'était pas présent à ce moment-là. Lorsqu'il entendit la nouvelle « Nous avons vu le Seigneur », son esprit eut du mal à la comprendre. De nos jours, nous pourrions utiliser l'expression « tu plaisantes ? Thomas choisit la voie de la sécurité et  exigea des preuves. Une semaine plus tard, la scène se répète et cette fois Thomas est présent. Le Seigneur sait tout, il n'attend donc pas que Thomas parle. Il lui renvoie les paroles de Thomas. Thomas est théologiquement inspiré pour exprimer les deux natures du Christ. Il l'appelle mon Seigneur, un mot utilisé dans le monde humain, et affirme ensuite sa foi par les mots .... et mon Dieu. Les mots Seigneur et Dieu désignent une seule et même personne. Le Christ dit : « Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru ». Il ne prive pas Thomas de sa part de bénédiction, mais approuve la foi des autres qui n'ont pas exigé de preuves et envoie un message à toutes les générations futures. On pourrait s'interroger sur le corps ressuscité du Christ, qui, libéré de la grossièreté terrestre, n'est pas entravé par des murs et des portes. En même temps, il montre qu'il n'est pas un fantôme en démontrant qu'il peut être touché par des mains humaines. En effet, il montre à nouveau cette qualité en mangeant alors qu'il n'a pas besoin de nourriture sur terre. Il est clair que s'il était un simple fantôme, il ne pourrait pas manger.

L'évangéliste mentionne de nombreux autres signes. Il ne s'agit pas des miracles qui ont précédé la crucifixion du Christ. Ceux-ci ont été accomplis sous les yeux du peuple, mais les signes dont il est question ici étaient réservés aux seuls apôtres, qui étaient préparés à leur mission divine. Plus d'une fois, saint Jean nous dit qu'il y a des choses qui ne sont pas écrites dans ce livre. Nous connaissons bien le mantra protestant « la Bible et la Bible seulement ; si ce n'est pas dans la Bible, ce n'est pas vrai ». L'évangéliste affirme que l'Écriture fait partie de la Sainte Tradition, mais qu'elle n'en est pas la totalité.

Dans son commentaire, le bienheureux Théophylacte conclut ce chapitre par ces mots sur le Seigneur ressuscité : « Il s'est levé et Il est vivant pour nous. Mais celui qui s'imagine que le Christ est mort et qu'Il n'est pas sorti du tombeau n'a pas la vie en lui. En effet, en pensant cela, il confirme et assure sa propre mort éternelle et sa corruption. 

+

Bien que nous aimions les saints et que nous ayons le privilège de les commémorer lors de leurs journées spéciales, ils sont parfois éclipsés par les grandes fêtes. Cette semaine est connue sous le nom de « Semaine lumineuse », car nos pensées sont toutes tournées vers la résurrection du Christ. Cependant, nous ne pouvons pas ignorer le fait que saint Guthlac de Croyland (bien que Crowland soit maintenant l'orthographe la plus courante), qui est l'une de nos grandes figures locales, est commémoré jeudi.

Nous entendons souvent parler des Pères du désert et de nombreux ouvrages nous donnent un aperçu de leur vie et de leur enseignement. Au début de l'ère chrétienne, des âmes pieuses cherchaient à quitter l'éclat et les distractions du monde pour se consacrer entièrement au service de Dieu. Il s'agissait tout d'abord d'ermites qui se retiraient dans des grottes dans les déserts d'Égypte et de Palestine. Ces ascètes attiraient d'autres personnes qui cherchaient à s'initier à la vie spirituelle. C'est ainsi que les communautés monastiques sont devenues partie intégrante de la vie de l'Église. Le désir de solitude a toujours été à la base de la vie spirituelle, et l'éloignement était donc un facteur souhaitable, que ce soit dans le désert égyptien, dans les vastes forêts de Russie ou dans les îles occidentales de l'Écosse et de l'Irlande. 

Saint Guthlac


Guthlac naquit en 673 en Mercie et, dans sa jeunesse, il servit dans l'armée du roi Aethelred (qui régna de 675 à 704). Il devint ensuite moine au monastère de Repton et, deux ans plus tard, en 699, Guthlac chercha à s'isoler sur l'île de Croyland, dans la région de Fenland. C'était, à l'époque, un endroit humide et inhospitalier où la fièvre des marais était un problème permanent. Pourtant, il ne se souciait pas de son confort physique et vivait dans les conditions les plus primitives. Au fur et à mesure que la connaissance de cet homme de Dieu ascétique se répandait, des pèlerins commencèrent à se rendre au Pays de Croy en quête de ses prières et de ses conseils spirituels. Guthlac donna refuge à Aethelbald, dont la vie était alors en danger, et lui prédit qu'il deviendrait roi de Mercie. En retour, Aethelbald promit de construire un monastère au saint si la prédiction se réalisait. La prédiction se réalisa et le monastère fut construit, bien que Guthlac fût déjà mort. Il resta un lieu de pèlerinage jusqu'à sa destruction au XVIe siècle. 

Notre cher père Elias [Jones], qui avait une grande dévotion pour le saint, écrivit tout un service, ainsi qu'un acathiste, en l'honneur de saint Guthlac.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
in Mettingham. 

ENGLAND



dimanche 12 mai 2024

DIMANCHE DE THOMAS Deuxième dimanche de Pâques

 Χριστὸς ἀνέστη
Христос Воскресе !
Le Christ est ressuscité!
 Christ is risen ! 

La grande majorité des saints sont commémorés à une date fixe, ce qui signifie que le jour de la semaine change chaque année. D'autres commémorations sont liées à Pâques et ont donc lieu à un jour fixe de la semaine, mais pas à une date fixe. C'est le cas par exemple du jour de l'Ascension, qui a toujours lieu un jeudi. 

Saint Basile d'octrog

La commémoration d'un saint a tendance à être éclipsée lorsque le jour du saint coïncide avec une commémoration biblique. Ce dimanche est le dimanche de Thomas, mais c'est aussi la commémoration de Saint Basile, ouvrier prodige d'Ostrog. Né en 1610 en Herzégovine, à l'époque où les Balkans faisaient partie de l'Empire ottoman, il était serbe et s'appelait Stojan Jovanovic.

On raconte qu'il était un garçon diligent et obéissant. Ayant travaillé avec le bétail, il était bon et généreux avec les paysans, partageant sa nourriture avec eux. Ses parents organisèrent son éducation au monastère de Zavala où son oncle paternel, le hiéromoine Seraphim, était l'higumène (abbé). Dans la bibliothèque du monastère, le jeune étudiant étudiait la Bible et tous les aspects de la foi. Au fur et à mesure qu'il grandissait dans la vie monastique, sa piété et sa modestie ne passaient pas inaperçues.  En conséquence, il fu élu évêque de Zahumlje et Skenderija en 1639, poste qu'il n'occupa que pendant dix ans, car il n'était pas vraiment adapté à la fonction d'administrateur.  Après son décès en 1671, il fut enterré dans le monastère d'Ostrog, qu'il avait fondé. Son tombeau, situé dans l'église troglodyte du monastère, devint rapidement un lieu de pèlerinage. De nombreuses personnes, non seulement des chrétiens orthodoxes, mais aussi des catholiques romains et des musulmans, furent attirées à Ostrog par les récits de miracles résultant des intercessions auprès du saint hiérarque Basile. C'est encore le cas aujourd'hui, où de nombreux pèlerins se rendent dans son sanctuaire, qui est l'un des principaux lieux de pèlerinage dans les Balkans.

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Tropaire - Ton 7 

Lorsque le tombeau fut scellé, c'est toi, la Vie, ô Christ notre Dieu, qui sortit du tombeau, et lorsque les portes furent fermées, c'est toi, la Résurrection de tous, Qui Te tint au milieu des disciples, et qui, par eux, renouvela en nous l'esprit droit, selon Ta miséricorde. 

Dimanche dernier, aux vêpres pascales, nous avons entendu la lecture de l'Évangile (Jean 20, 19-25) qui nous présente la réaction de saint Thomas à l'annonce de la résurrection du Christ. Aujourd'hui, nous lisons ce même récit, mais il se poursuit jusqu'au verset 31, qui marque la fin de ce chapitre.

Saint Apôtre Thomas

La King James Version utilise l'expression "Thomas, l'un des douze, appelé Didyme". Dans certaines traductions, cette expression est rendue littéralement par "Jumeau". Thomas avait-il un frère ou une sœur ?  Si c'est le cas, cela n'est mentionné nulle part dans le Nouveau Testament. Le Synaxaire propose une autre explication possible. Thomas était de nature sceptique et avait tendance à avoir deux avis sur les choses. Le qualifier de sceptique né serait peut-être trop cynique, mais même s'il voulait accepter quelque chose, son esprit ne pouvait ignorer ses réserves à ce sujet.

Le passage que nous lisons commence un dimanche, le premier jour de la semaine. Nous pouvons difficilement imaginer la tension de cette soirée après le traumatisme de la crucifixion et l'annonce de la résurrection par les femmes myrrhophores plus tôt dans la journée.

Nous constatons également un autre changement : les Juifs ne sont plus "nous", mais "eux". Le fossé entre ceux qui ont accepté le Christ et ceux qui l'ont rejeté commence à se creuser. Les portes étaient fermées, mais le Christ entre, démontrant ainsi que le corps ressuscité n'est plus lié par des contraintes physiques, bien qu'il ne soit pas une simple apparition. Pour apaiser les craintes des disciples, Il leur dit : "La paix soit avec vous", ce qui signifie "n'ayez pas peur". 

Nous constatons également une autre évolution. Les disciples étaient des suiveurs, mais en tant qu'apôtres, ils sont investis de l'autorité qui fait d'eux des représentants du Seigneur. Le Christ souffle sur eux : "Recevez le Saint-Esprit", mais il s'agit d'une effusion partielle qui s'achèvera à la Pentecôte, lorsqu'ils recevront la plénitude des dons spirituels et le pouvoir d'accomplir des miracles pour l'avancement du Royaume.

Thomas, pour une raison quelconque, n'était pas présent à ce moment-là.

Saint apôtre Thomas et le Christ ressuscité

Lorsqu'il entendit la nouvelle, nous avons vu le Seigneur, son esprit a eu du mal à comprendre. De nos jours, nous pourrions utiliser l'expression "tu plaisantes ?" Thomas choisit la voie de la sécurité et exigea des preuves. Une semaine plus tard, la scène se répète et cette fois Thomas était présent.Le Seigneur sait tout, il n'attend donc pas que Thomas parle.Il lui renvoie les paroles de Thomas.Thomas est théologiquement inspiré pour exprimer les deux natures du Christ. Il l'appelle mon Seigneur, un mot utilisé dans le monde humain, et affirme ensuite sa foi par les mots .... et mon Dieu. Les mots Seigneur et Dieu désignent une seule et même personne.Le Christ dit : "Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru".Il ne prive pas Thomas de sa part de bénédiction, mais approuve la foi des autres qui n'ont pas exigé de preuves et envoie un message à toutes les générations futures.

On pourrait s'interroger sur le corps ressuscité du Christ, qui, libéré de la grossièreté terrestre, n'est pas entravé par des murs et des portes. En même temps, il montre qu'il n'est pas un fantôme en démontrant qu'il peut être touché par des mains humaines. En effet, il montre à nouveau cette qualité en mangeant alors qu'il n'a pas besoin de nourriture sur terre. Il est clair que s'il était un simple fantôme, il ne pourrait pas manger.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après


in Mettingham. 

ENGLAND 




dimanche 23 avril 2023

DIMANCHE DE THOMAS Deuxième dimanche de Pâques

 

Le Christ est ressuscité! En vérité Il est ressuscité!

 Христос Воскресе ! Воистину Воскресе !

À cette époque de l'année, le calendrier des saints a tendance à être obscurci par le programme des services et des commémorations du Triode et de Pâques. Aujourd'hui, le calendrier de saint Herman [d'Alaska] commence avec les martyrs Térence, Africanus, Maximus, Pompeius et 36 autres, dont Zénon, Alexandre et Théodore à Carthage. Ces saints martyrs ont souffert sous le règne de l'empereur Dèce (249-251), qui avait ordonné à tous ses sujets d'offrir des sacrifices aux idoles païennes. À l'époque, Fortunianus était gouverneur de Carthage. Il rassembla le peuple sur la place de la ville pour annoncer ce décret et, pour renforcer ses paroles, il leur montra les instruments de torture qui seraient utilisés en cas de refus d'obtempérer. Cela effraya beaucoup de ceux qui se disaient chrétiens, mais quarante âmes courageuses déclarèrent leur loyauté envers le Christ Sauveur. Terence, Maximus, Africanus et Pompeius furent emprisonnés. Zénon, Alexandre et Théodore furent d'abord torturés, puis emmenés au temple et sommés de sacrifier aux idoles. Par la puissance de leurs prières, les idoles s'écroulèrent miraculeusement et le temple s'effondra. Pour cela, les saints furent décapités.

Saint Térence et ses compagnons martyrs

On montra à Térence et à ses trois compagnons les corps décapités de leurs compagnons chrétiens, mais cela n'ébranla pas leur détermination. Ils refusèrent catégoriquement d'offrir des sacrifices aux idoles païennes et furent de nouveau emprisonnés. Dans la nuit, un ange du Seigneur leur apparut et leur enleva leurs chaînes. Le matin, quand on s'en aperçut, on jeta des serpents et des scorpions dans la cellule. Grâce à leurs prières, les quatre saints restèrent sains et saufs. Au contraire, lorsque les gardes ouvrirent la porte de la cellule, les créatures venimeuses les mordirent et les piquèrent. Le gouverneur ordonna alors la décapitation des quatre serviteurs de Dieu. Plus tard, sous le règne de l'empereur Théodose Ier (379-395), leurs précieuses reliques furent transférées à Constantinople.

Ce récit comporte un aspect curieux. La politique éditoriale du calendrier consiste à écrire les noms avec des terminaisons latinisées. Pour prendre un exemple simple, Ignace est donné sous la forme occidentale habituelle, mais en grec il s'agirait d'Ignatios, tandis que la forme russe, sans ces terminaisons, est Ignaty. Si nous considérons Africanus, en supprimant la terminaison latinisée, nous constatons que African est un nom de baptême acceptable !

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Revenons maintenant aux aspects liturgiques du dimanche de Thomas. Lors de la liturgie de la nuit de Pâques, la lecture de l'Apôtre (épître) était le début des Actes des Apôtres, écrits par saint Luc. La lecture de l'Évangile était le début de l'Évangile de saint Jean le Théologien. Ces deux livres de la Bible sont la source des lectures de la liturgie jusqu'à la Pentecôte, à l'exception du dimanche des femmes myrrhophores et du jour de l'Ascension.

Le passage d'aujourd'hui est Actes 5, 12-20 et fait suite au triste récit de la transgression d'Ananias et de Saphira. Saint Luc rapporte les miracles et les signes accomplis par les apôtres parmi le peuple. Il s'agit de la population en général et pas seulement de ceux qui croyaient en la divinité du Christ. Par ce moyen, beaucoup d'autres personnes furent converties à la foi en Christ. L'expression "d'un commun accord" indique l'union et l'unité d'esprit de la communauté chrétienne de l'époque. Ils vivaient et priaient ensemble. Le porche de Salomon était leur lieu de rassemblement préféré car il s'agissait d'un grand espace couvert qui pouvait les accueillir tous et qui était ouvert au public. Ainsi, grâce aux miracles et à la notoriété des chrétiens, de nouvelles âmes s'ajoutaient chaque jour à leur nombre. Le contact de l'ourlet du vêtement du Christ était source de guérison, mais après la résurrection, la seule ombre de saint Pierre suffisait à accorder la guérison. C'est ce que le Christ avait promis (Jean 14:12). 

Le succès étonnant du ministère de l'apôtre provoqua une réaction des autorités juives, qui avaient détesté le Christ. Le récit rappelle l'hostilité du grand prêtre, qui était probablement Caïphe, bien que saint Luc ne le nomme pas. Cependant, il nous dit que le grand prêtre était aidé et soutenu par les sadducéens. Les sadducéens étaient une secte qui occupait une place importante à la fin de l'époque du temple d'Hérode, mais qui tomba dans l'oubli après la destruction de Jérusalem en 70 A.D.. Ils avaient diverses fausses croyances, notamment la négation de l'immortalité de l'âme et de la vie après la mort, avec les récompenses et les châtiments qui l'accompagnent. Dans son commentaire, l'archevêque Averky déclare : "La corruption morale et religieuse de l'élite de la société religieuse juive était si grande qu'il n'y avait rien d'étrange à ce que les grands prêtres appartiennent à la secte des Sadducéens". Dans leur méchanceté, les chefs religieux firent arrêter les apôtres et les enfermèrent dans la prison commune où étaient détenus les pires criminels. Le Seigneur leur envoya un ange qui, non seulement les relâcha, mais leur donna l'ordre d'être audacieux et de prêcher ouvertement dans le temple.  

Tropaire - Ton 7

Lorsque le tombeau fut scellé, c'est toi, la Vie, ô Christ notre Dieu, qui sortit du tombeau, et lorsque les portes furent fermées, c'est toi, la Résurrection de tous, qui t'es tenu au milieu des disciples, et qui, par eux, a renouvelé en nous l'esprit droit, selon ta miséricorde. 

Dimanche dernier, aux vêpres pascales, nous avons entendu la lecture de l'Évangile (Jean 20, 19-25) qui nous présente la réaction de saint Thomas à l'annonce de la résurrection du Christ. Aujourd'hui, nous lisons ce même récit, mais il se poursuit jusqu'au verset 31, qui marque la fin de ce chapitre.

La KJV [King James Version, version favorite des orthodoxes anglophones] utilise l'expression "Thomas, l'un des douze, appelé Didyme". Dans certaines traductions, cette expression est rendue littéralement par "Jumeau". Thomas avait-il un frère ou une sœur ? Si c'est le cas, il (ou elle) n'est mentionné(e) nulle part dans le Nouveau Testament. Le Synaxarion propose une autre explication possible. Thomas était de nature sceptique et avait tendance à avoir deux avis sur les choses. Le qualifier de sceptique né serait peut-être trop cynique, mais s'il voulait accepter quelque chose, son esprit ne pouvait ignorer ses réserves à ce sujet.

Le passage que nous lisons commence un dimanche, le premier jour de la semaine. Nous pouvons difficilement imaginer la tension de cette soirée après le traumatisme de la crucifixion et l'annonce de la résurrection par les femmes myrrhphores plus tôt dans la journée. Nous constatons également un autre changement : les Juifs ne sont plus "nous", mais "eux". Le fossé entre ceux qui ont accepté le Christ et ceux qui l'ont rejeté commence à se creuser. Les portes étaient fermées, mais le Christ entra, démontrant ainsi que le corps ressuscité n'est plus lié par des contraintes physiques, bien qu'il ne soit pas une simple apparition. Pour apaiser les craintes des disciples, il leur dit : "La paix soit avec vous", ce qui signifie "n'ayez pas peur". Nous constatons également une autre évolution. Les disciples étaient des suiveurs, mais en tant qu'apôtres, ils sont investis de l'autorité qui fait d'eux des représentants du Seigneur. Le Christ souffle sur eux : "Recevez le Saint-Esprit", mais il s'agit d'une attribution partielle qui sera complétée à la Pentecôte, lorsqu'ils recevront la plénitude des dons spirituels et le pouvoir d'accomplir des miracles pour l'avancement du Royaume.

Thomas, pour une raison quelconque, n'était pas présent à ce moment-là. Lorsqu'il a entendu la nouvelle, nous avons vu le Seigneur, son esprit a eu du mal à comprendre. De nos jours, nous pourrions utiliser l'expression "tu plaisantes ? Thomas a choisi la voie de la sécurité et a exigé des preuves. Une semaine plus tard, la scène se répète et cette fois Thomas est présent. Le Seigneur sait tout, il n'attend donc pas que Thomas parle. Il lui renvoie les paroles de Thomas. Thomas est théologiquement inspiré pour exprimer les deux natures du Christ. Il l'appelle mon Seigneur, un mot utilisé dans le monde humain, et affirme ensuite sa foi par les mots .... et mon Dieu. Les mots Seigneur et Dieu désignent une seule et même personne. Le Christ dit : "Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru ! Il ne prive pas Thomas de sa part de bénédiction, mais approuve la foi des autres qui n'ont pas exigé de preuves et envoie un message à toutes les générations futures. On pourrait s'interroger sur le corps ressuscité du Christ, qui, libéré de la grossièreté terrestre, n'est pas entravé par des murs et des portes. En même temps, il montre qu'il n'est pas un fantôme en démontrant qu'il peut être touché par des mains humaines. En effet, il montre à nouveau cette qualité en mangeant alors qu'il n'a pas besoin de nourriture sur terre. Il est clair que s'il était un simple fantôme, il ne pourrait pas manger.

L'évangéliste mentionne de nombreux autres signes. Il ne s'agit pas d'une référence aux miracles qui ont précédé la crucifixion du Christ. Ceux-ci ont été accomplis sous les yeux du peuple, mais les signes dont il est question ici sont réservés aux seuls apôtres, qui sont préparés à leur mission divine. Plus d'une fois, saint Jean nous dit qu'il y a des choses qui ne sont pas écrites dans ce livre. Nous connaissons bien le mantra protestant "la Bible et la Bible seulement, si ce n'est pas dans la Bible, ce n'est pas vrai". L'évangéliste affirme que l'Écriture fait partie de la Sainte Tradition, mais qu'elle n'en soit pas le tout.

Dans son commentaire, le bienheureux Théophylacte conclut ce chapitre par ces mots sur le Seigneur ressuscité : "Il s'est levé et Il est vivant pour nous. Mais celui qui s'imagine que le Christ est mort et qu'Il n'est pas sorti du tombeau n'a pas la vie en lui. En effet, en pensant cela, il confirme et assure sa propre mort éternelle et sa corruption.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après


in Mettingham. 

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