Kozbar
Le chef de l'UOC-KP ["patriarcat de Kiev (sic!)] Nikodim Kobzar, a donné une longue interview à la chaîne NTP. De l'intégralité de l'interview de 3 heures et demie, nous avons essayé de prendre les points les plus importants qui révèlent les coulisses non seulement de cas nouveaux mais aussi oubliés depuis longtemps impliquant non seulement des associations non canoniques ukrainiennes, mais aussi l'Eglise russe, le patriarcat de Constantinople et l'Eglise orthodoxe ukrainienne canonique. Voici donc la thèse et l'ordre chronologique :
- En 2008, le chef de l'UOC-KP, Philarète Denyssenko, a refusé le Tomos du Patriarcat de Constantinople parce qu'il était convaincu que Phanar ferait de l'Église ukrainienne sa propre métropole et n'accorderait pas le statut de patriarcat ;[ en fait il avait d'abord accepté et avait obtenu le titre de patriarche d'honneur, et s'était retiré de la secte du Phanar car il n'avait pas la place qu'il estimait mériter. NdT]
- En 2017, lorsque Philarète a écrit une "lettre de repentance" au Conseil de l'Église orthodoxe russe, un certain nombre de hiérarques de "l'église orthodoxe d'Ukraine [OCU schismatique] actuelle, principalement Yevstratiy Zoria, se sont rendus secrètement à Moscou, où ils ont reçu des ordinations valides. L'ordination a été dirigée par le métropolite Hilarion (Alfeyev) de l'Église orthodoxe russe en concélébration avec d'autres évêques (sans nom) de l'Église orthodoxe russe ;
- Philarète a refusé d'avoir des contacts avec l'Église orthodoxe russe en 2017, car il croyait que le patriarcat de Moscou n'accorderait pas l'autocéphalie à l'Église ukrainienne même après l'unification avec l'UOC-KP. En outre, Denyssenko a insisté sur le statut du patriarcat pour l'UOC unie ;
- Dans le cadre des accords annoncés avant l'octroi du Tomos en 2019, Denyssenko a prêté serment à Epiphane qu'il resterait le chef de l'OCU pour le reste de sa vie. En même temps, bien que Dumenko soit considéré comme le « primat », il devrait « apprendre » de Philarète comment diriger l'Eglise jusqu'à sa mort. En conséquence, ces accords ont été violés, ce qui a conduit à une scission de l'OCU ;
- Pendant 7 ans de son existence, l'OCU n'a pas réussi à obtenir de résultats visibles, à l'exception des scandales dévastateurs qui ont indigné le monde orthodoxe. Ainsi, le Phanar rassemble une « base » pour changer le leadership de l'OCU. Le rôle principal dans ce processus est joué par l'archevêque Elpidophore des États-Unis, qui envisage même de révoquer le Tomos après la mort du patriarche Bartholomée ;
- Les prêtres de l'UOC canonique sont réticents à rejoindre l'OCU, schismatique car la question du manque de grâce du Saint-Esprit est extrêmement aiguë dans l'organisation. Par exemple, Abraham Lotysh, un moine du monastère des grottes de Kiev qui est passé de l'UOC à l'OCU, a accepté cette étape, ayant précédemment établi une condition qu'au moins deux représentants de Phanar participent à son ordination épiscopale. En conséquence, le Métropolite Emmanuel Adamakis de Chalcédoine et l'exarque du Phanar en Ukraine, l'évêque Mikhail Anishchenko de Koman, ont ordonné Lotish ;
- D'ailleurs, le fait même que l'Ukraine ait un exarque, et non un représentant de Phanar, indique que l'OCU est, en fait, une métropole de Phanar, et Anishchenko joue le rôle d'un "superviseur".
- Dans le même temps, l'OCU schismatique elle-même effectue une « réordination » complète du clergé de l'UOC-KP, qui se déplace vers la structure de Dumenko ;
- Aujourd'hui, l'UOC-KP compte environ 50 paroisses en Ukraine et un certain nombre de paroisses à l'étranger ;
- L'UOC-KP ne se félicite pas de la saisie des églises et d'autres biens de l'UOC (il est, bien sûr, ridicule d'entendre cela, étant donné que Philarète en particulier au début des années 90, était discrètement engagé dans des raids) ;
- Le chef de l'UOC-KP s'oppose à l'"abolition" des saints par le Synode de l'OCU. De plus, il ne nie pas la sainteté et la canonisation de la famille impériale, bien qu'il ne placerait pas leur icône dans ses églises ;
- Le chef de l'UOC-KP est convaincu que tôt ou tard toutes les branches orthodoxes en Ukraine s'uniront. En même temps, même dans ce cas, il ne sera pas prêt à renoncer à son statut de « patriarche » (vieilles rengaines habituelles).
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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