"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mardi 12 mai 2026

Métropolite Tikhon [Shevkunov] de Simferopol et de Crimée TON DRAGON, TA LANCE, TON CHOIX

 

Le monde nous murmure que la victoire est la survie. Il dessine un héros debout en triomphe sur l'ennemi vaincu. Mais l'icône du martyre du saint guerrier Georges s'y oppose silencieusement : la victoire n'est pas d'éviter la mort, mais que la mort devienne une naissance dans l'éternité.

Le vainqueur n'est pas celui qui a survécu, mais celui qui n'a pas cédé. George le Victorieux, le cavalier perçant le dragon, est l'icône visible de cette victoire principale et invisible. Un vrai dragon s'est recroquevillé non pas aux pieds d'un cheval, mais dans le cœur d'un homme. Et la lance avec laquelle le serpent est abattu n'est pas forgée dans la forge, mais dans l'esprit.

Georges n'a pas vaincu parce que son corps a survécu, il était justement mis en pièces. Il a gagné parce que sa peur n'a pas survécu. Cette peur ancienne qui paralyse les âmes de milliards de personnes. La peur, c'est la peur qui est le vrai et le plus cynique bourreau de l'humanité. La mort n'exécute que la peine. Le vainqueur est celui qui a cessé d'avoir peur avant d'arrêter de respirer. Et c'est pourquoi la mort se retrouve ridiculisée : elle a brandi sa faux- et il n'y a rien à faucher.  La vie qu’elle venait prendre ne lui appartient plus, elle appartient désormais au Christ.

George est un tueur de dragons et le héraut d'une vérité connue de longue date, simple et terrible : la bataille principale de l'homme se poursuit en lui-même - contre tout ce qui incarne un dragon.

Contre l'attachement à la terrel. Contre un calcul froid qui murmure : "renonce et vis". Contre la peur de la douleur, peur de perdre le nom, la propriété, le corps, demain. Contre la prudence terrestre, qui est en fait la lâcheté déguisée en sage pompeux et compréhensif. Contre le désespoir qui suggère de se rendre. Contre toutes les voix calmes qui persuadent de trahir pour trouver la paix.

Le dragon légendaire n'est pas du tout une légende. En fait, c'est une voix bien connue en nous, nous persuadant patiemment de nous sauver au prix de perdre notre âme. C'est notre "je", recroquevillé en un anneau autour du cœur et ne laissant pas entrer Dieu.

Et la lance qui le frappe est une foi qui ne recule pas. Seulement elle. Aucune autre arme n'atteint cette bête - parce qu'elle vit là où l'épée d'acier n'atteint pas et où la force des muscles est impuissante.

C'est pourquoi Georges sur l'icône n'est pas en colère, mais au repos. Son visage n'est pas déformé par la bataille ; la lance dans sa main tient facilement, presque en apesanteur. Le vrai guerrier du Christ étonne le dragon non pas avec rage, mais avec le silence d'un cœur inflexible. Pas avec un coup, mais avec un refus de battre en retraite.

Et quand nous regardons cette icône, elle nous regarde en retour. Et demande à tout le monde : quel est ton dragon ? Où s'est-il recroquevillé ? Que nourrit-il ? Avec quelle genre de voix tr parle-t-il ? Et - oseras-tu lever ta lance sur lui ?

Parce que chacun de nous a son propre dragon. Et chacun a sa propre lance. Et chacun a sa propre journée, au cours de laquelle il devra choisir : rester avec le dragon ou se tenir à côté de Georges.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

Pravaoslavie.ru

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