"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

jeudi 30 avril 2026

Métropolite Luc (Kovalenko) de Zaporojyé et Mélitopol: LES DÉMONS TRANQUILLES DE LA MODERNITÉ : POURQUOI LES MIRACLES SE SONT-ILS TUS ?

Saint Apôtre Philippe

 



Le Christ est ressuscité, mes chers lecteurs !


Aujourd'hui, nous tournons notre regard vers les pages des Actes des Apôtres, qui racontent la grande joie qui a visité la Samarie. Nous voyons Philippe le diacre - un homme "plein d'Esprit et de puissance". Son exemple est un témoin vivant que le Seigneur n'agit pas par rapport à des rangs et des titres, mais par des cœurs ouverts.

L'auteur des Écritures sacrées nous dit : Car les esprits impurs, qui criaient à haute voix, sont sortis de beaucoup qui étaient possédés avec eux : et beaucoup de gens avec des paralysies, et qui étaient boiteux, ont été guéris (Actes des Apôtres 8:7). Pourquoi les Samaritains ont-ils reçu Philippe d'un seul accord ? La réponse réside dans la pureté de leurs âmes. Bien qu'ils n'aient pas la splendeur du culte du temple de Judée, les Samaritains ont conservé la capacité de compassion. Ils ont apporté leurs souffrances aux pieds de Philippe, et grâce à leur foi, le miracle a été accompli. Le départ des démons avec un « grand cri » n'est pas seulement une métaphore. C'est le moment où la domination du Diable sur la nature humaine est brisée. Le Seigneur est venu détruire les œuvres des ténèbres, et Philippe a simplement continué cette procession libératrice.

Beaucoup demandent : Où sont de telles guérisons aujourd'hui ? Pourquoi les places de nos villes ne sont-elles pas remplies des cris de ceux qui ont été délivrés des démons ? 

Dans les premiers siècles, les miracles servaient de confirmation de la vérité, aidant les gens à distinguer la Parole de Dieu de la superstition païenne. Aujourd'hui, l'Évangile a été prêché dans le monde entier, et le Seigneur attend de nous non pas la recherche de spectacles, mais le travail de la foi dans le silence du cœur. Un miracle est une réponse à la foi. Pourtant, nous sommes devenus trop rationnels, trop autonomes. L'homme moderne cherche un médecin, un psychologue, un médium - n'importe qui sauf Dieu. De plus, comme St. Paisios de Mount Athos l'a déclaré les gens modernes sont comme des piles déchargées. Nous ne possédons plus le zèle ardent qui habitait saint Philippe le diacre.

Les paroles sur les possédés sont-elles toujours d'actualité aujourd'hui ? Sans aucun doute. Le monde a changé, mais pas pour le mieux. La possession ne se manifeste pas toujours par de l'écume à la bouche. À notre époque, elle a pris des formes plus subtiles. Nous vivons dans un océan de mots, et la Parole de Dieu nous semble simplement « une opinion parmi tant d'autres ». Nous voyons des gens perdre leur liberté, devenir esclaves de passions, d'idéologies ou de dépendances destructrices.

Des occultistes aux manipulateurs de la conscience dans les médias, les âmes sont saisies par ces forces embrassées par des personnes qui ont rejeté Dieu. 

Lorsqu'une personne refuse la volonté divine, elle devient inévitablement un jouet entre les mains des pouvoirs extraterrestres. Si autrefois les démons saisissaient les hommes par la force, aujourd'hui ils entrent par des addictions discrètes  et une fierté obstinée. Et tout comme les démons ont autrefois crié à la présence de Philippe, de même aujourd'hui aussi, la vraie prédication provoque l'agression, la moquerie ou le « cri » d'indignation chez beaucoup. La vérité irrite ceux qui se sont habitués à vivre dans le mensonge.


L'absence de guérisons de masse à notre époque n'est pas un signe que la puissance de Dieu a diminué, mais le résultat de notre fermeture intérieure. 

Nous sommes devenus trop rationnels ; nos esprits sont surchargés d'informations, de sorte que la Parole vivante de prédication semble n'être que du bruit. Si les Samaritains « prêtaient tous ensemble l’oreille » à Philippe, la société moderne répond souvent à la vérité soit avec indifférence, soit avec hostilité, comme ce cri même des esprits impurs, perturbés par la présence de la Lumière. Et nous-mêmes, malheureusement, prêchons souvent avec nos lèvres tout en niant Dieu par nos actes.

Même l'exemple du sorcier Simon le Magicien, qui cherchait à acheter la Grâce avec de l'argent, nous sert d'avertissement. Beaucoup, à notre époque, recherchent dans l'Église non pas le salut de l'âme, mais l'aide « magique » ou la prospérité terrestre. Mais comme le montre l'exemple des apôtres Pierre et Jean, la grâce ne se vend pas  - elle n'est accordée qu'à un cœur pur et repentant.

L'histoire de St. Philippe le diacre nous enseigne que les persécutions et les difficultés n'aident à la propagation de la foi que lorsque le cœur brûle d'amour pour le Christ. 

Cela nous rappelle que chacun de nous est appelé à être un porteur de joie. Bien que nous n'ayons peut-être pas le pouvoir de guérir les boiteux corporellement, nous pouvons renforcer ceux qui sont paralysés dans l'esprit par un mot gentil et par amour. Les miracles n'ont pas cessé - ils se sont simplement déplacés vers l'intérieur, dans l'âme humaine. Le plus grand miracle aujourd'hui est la repentance d'un pécheur et son retour vers la Lumière.

Que notre vie devienne un tel sermon - un sermon qui ne réveille pas les disputes, mais cette même joie pure qui embrassait autrefois toute la Samarie.

Le Christ est vraiment ressuscité !

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN

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