Sur les vertus
Il n'y a rien sur terre auquel la vertu chrétienne puisse être comparée en dignité. Comment le Sauveur a-t-il appelé la seule chose nécessaire ? Le zèle pour le salut de l'âme. Mais c'est en soi une vertu chrétienne. Qu'est-ce qui est plus important que d'atteindre l'objectif final ? Pourtant, cela n'est réalisé que par la vertu chrétienne. Qu'est-ce qui est plus béni que la communion avec Dieu ? Pourtant, elle est indissociable de la vertu chrétienne.
Trois principes nous poussent vers le bien : les germes du bien qui sont en nous par la nature, les saintes puissances et la bonne volonté. Les germes de la nature se manifestent, par exemple, lorsque nous traitons les autres comme nous souhaitons qu'ils nous traitent, ou lorsque nous voyons une personne en détresse et dans le besoin et que nous lui montrons naturellement de la miséricorde. Les saintes puissances, c'est quand, sentant l'impulsion vers une bonne action, nous trouvons en nous-mêmes une aide bienveillante et réussissons à l'accomplir. La bonne volonté, advient quand, en discernant le bien du mal, nous choisissons le bien.
Parmi les actions humaines, beaucoup sont bonnes en elles-mêmes, mais peuvent devenir mauvaises pour une raison quelconque. Par exemple, le jeûne, la prière, l'aumône et l'hospitalité sont de bonnes actions en soi ; mais lorsqu'elles sont faites par vanité, elles ne sont plus bonnes.
Parmi les vertus, certaines sont corporelles (jeûne, travail manuel) et d'autres sont spirituelles (amour, magnanimité, mansuétude). Par conséquent, si, par une nécessité ou une condition corporelle, par exemple une maladie ou une raison similaire, nous ne pouvons pas remplir les vertus corporelles mentionnées ci-dessus, nous recevons un pardon compatissant du Seigneur, qui en connaît les causes. Mais si nous ne parvenons pas à remplir les vertus de l'âme, nous n'aurons aucune excuse, car elles ne sont pas soumises à de tels obstacles.
-St. Maxime le Confesseur
Dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces frères les plus petits, vous l'avez fait à moi (Matthieu 25:40)
« Tu m'as reçu dans Ta demeure », dit le Seigneur, « et je te recevrai dans le Royaume de mon Père. Tu m'as délivré de la faim, et je te délivrerai de tes péchés. Tu m'as soutenu quand j'étais captif- et je t'ai libéré de tes liens. Tu m'as accueilli quand j'étais étranger - et je ferai de toi un citoyen du Ciel. Tu m'as donné du pain, et je te donnerai le Royaume en héritage et possession. Ce que tu as fait en secret, je le récompenserai ouvertement. Ce que tu as fait, je le considère comme miséricorde ; ce que je donne n'est que ma dette. Tu m'as soutenuquand j'étais prisonnier - et tu ne verras pas le feu de la Géhenne. Tu m'as rendu visite quand j'étais malade, et tu ne subiras ni tourments ni châtiments. »
Ô vraiment bénies sont les mains qui accomplissent des œuvres de miséricorde, ayant été considérées comme dignes de servir le Christ ! Les pieds qui marchaient vers les malades et les prisons pour l'amour du Christ passeront facilement par le feu, et ils ne sentiront pas le poids des chaînes du péché. Tu étais avec Lui en prison, et tu régneras avec Lui.
Tous les gens qui me diront, Seigneur, Seigneur, n'entreront pas dans le Royaume des ieux, mais le fera celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux (Matt. 7:21).
La Vertu éclaire tous
Pour ceux qui accomplissent de bonnes actions, lorsque ces actes deviennent visibles, cela peut être bénéfique ; et le Sauveur dit : Que ta lumière brille devant les hommes, afin qu'ils voient tes bonnes œuvres, et qu'ils glorifient ton Père qui est dans les cieux (Matt. 5:16).
Pourtant, puisque certains hommes cherchent en cela non pas la parole du Maître, mais leur propre gloire, le Sauveur a donné ce conseil : Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour en être vus; autrement, vous n'aurez point de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux.(Matt. 6:1)
Le premier dicton enseigne que la vertu et l'amour du bien ne peuvent pas rester cachés même si ceux qui font le bien le souhaitent, et les derniers mots retiennent l'amour de la gloire. Dans le premier, le Seigneur interdit le vice ; dans le second, il interdit de faire le bien simplement pour se mettre en valeur. Ce dernier point ne contredit pas le premier, mais interdit plutôt les vices qui accompagnent presque inévitablement les vertus.
Seule la vertu qui n'est pas exécutée pour se mettre en valeur peut être correctement appelée vertu et être vraiment telle. Si elle est emportée par la vanité, elle cesse d'être une véritable vertu. Inutile de dire que ceux qui donnent l'aumône pour se mettre en valeur ne le font pas par amour de la bonté.
Et les mots laissez votre lumière briller n'ont pas été prononcés afin que nous puissions nous glorifier, mais dans le sens où une bonne action ne peut pas rester cachée, même si l'on tente de la cacher. Tout comme une lampe dans une nuit sans lune attire le regard de tous, ainsi la vertu, même contre la volonté de ceux qui la possèdent, éclaire tout le monde.
-St. Isidore de Péluse
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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