"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 8 mars 2026

DEUXIÈME DIMANCHE DU GRAND CARÊME

 



Aujourd'hui a quelque chose d'un caractère monastique en ce que maintenant nous commémorons saint Grégoire Palamas (1296-1359), qui était l'archevêque de Thessalonique. Dans les pages d'introduction du Triode, nous lisons ce qui suit; Cette commémoration constitue la continuation de la fête célébrée le dimanche précédent: la victoire de saint Grégoire sur Barlaam, Akindynos et d'autres de ses hérétiques contemporains, est considérée comme un Triomphe renouvelé de l'Orthodoxie.

Avant son temps, ce deuxième dimanche du Grand Carême était consacré à la Parabole du Fils Prodigue, dont le thème est la repentance. La mémoire de cette ancienne coutume liturgique est conservée dans les Matines, où il y a deux canons. Le premier est le plus ancien des deux, et le sujet est l'histoire du Fils Prodigue, tandis que le second est en l'honneur de saint Grégoire. De plus, le Calendrier des Saints nous donne aujourd'hui deux autres saints monastiques, St Boisil, abbé de Melrose et St Milburga, abbesse de Muchwenlock.

St. Boisil



(St Boisil, dont le nom est parfois rendu par Boswell)
Le vénérable Bède est la source de beaucoup de choses connues sur Boisil, qui était prieur du monastère de Melrose sous l'abbé Eata, tous deux formés aux disciplines monastiques par le célèbre saint Aidan. St Cuthbert était également moine à Melrose lorsque Boisil succéda à Eata comme higoumène en l'an 659. Sa vie était ornée de miracles et de prophéties. Il prédit la peste de 664, le fait que Cuthbert deviendrait évêque et sa propre mort, survenue en 661. La tradition dit qu'il a écrit divers ouvrages théologiques, mais rien de cela n'a survécu. Ses reliques sacrées ont été emmenées à Durham au 11ème siècle par un prêtre appelé Alfred Westow.

Ste Milburge


Ste Milburge (différentes orthographes à Mildburg, Mildburga ou Mildburh)
Elle a vécu à la fin du 7ème siècle et au début du 8ème siècle. À cette époque, la population saxonne se tournait vers la foi en Christ notre Seigneur et Sauveur. La tradition raconte qu'elle était princesse et qu'elle avait certainement de nombreuses connaissances. Son père Merewalh, qui régnait dans les Midlands, territoire s'étendant dans les comtés modernes du Herefordshire et du Shropshire, se convertit au christianisme vers l'an 685 et épousa une princesse chrétienne du Kent. La famille était extrêmement pieuse. Milburge, sa mère et ses sœurs embrassèrent toutes la vie monastique. Son père fut l'un des fondateurs de monastères, dont Wenlock, alors connu sous le nom de Wimnicas, dans le Shropshire. C'était un double monastère avec des moines et des moniales, dirigé par une abbesse. Il était initialement sous la garde spirituelle du monastère de St Botolph à Iken. Milburge succéda à Liobsind comme abbesse de Wenlock, et laissa une trace de son mandat d'abbesse dans le Testament de St Milburge, composé vers la fin de sa vie. Elle naquit au Ciel en l'an 716. Plusieurs monastères anglo-saxons observèrent ce jour comme jour de fête en son honneur.

Saint Grégoire Palamas

Grégoire naquit à Constantinople. Son père, Constantin, était impliqué dans la cour de l'empereur Andronic II Paléologue, mais il mourut alors que Grégoire était encore jeune. L'empereur s'intéressa personnellement à l'éducation du garçon et espérait qu'il suivrait son père dans l'administration civile. Grégoire avait d'autres idées et il choisit la vie monastique sur le Mont Athos. Il est associé à la restauration de l'Athos. La présence monastique commença avec quelques ermites au 9ème siècle, mais elle fut officiellement établie au milieu du 10ème siècle. L'Athos fut pillé par la tristement célèbre Quatrième Croisade en 1204 et attaquée à nouveau par les Catalans, un siècle plus tard, la laissant dans un état de quasi-désolation. Grâce aux efforts de saint Grégoire, la communauté monastique fut relancée et placée directement sous l'omophore du patriarche. En tant qu'archevêque de Thessalonique, Grégoire devint un administrateur efficace et un théologien éminent. Dans le monachisme, c'était un ardent défenseur de la tradition hésychaste et en tant que théologien, on se souvient de lui pour son enseignement concernant la Lumière Incréée de la Transfiguration et la distinction entre l'essence et les énergies de Dieu (c'est-à-dire la volonté divine, la grâce divine, etc.).  

Le Prologue d'Ochrid rapporte “" La très sainte Mère de Dieu, Saint Jean le Théologien, Saint Dimitri, Saint Antoine le Grand, Saint Jean Chrysostome et les anges de Dieu lui sont tous apparus à des moments différents.....Ses reliques sont conservées à Thessalonique, où se trouve une belle église qui lui est dédiée”.

Tropaire-Ton 8

Lumière de l'Orthodoxie, Pilier et Docteur de l'Église, parure des moines, champion invincible des théologiens, Ô Grégoire le thaumaturge, louange de Thessalonique, prédicateur de la grâce, prie toujours pour que nos âmes soient sauvées.

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La lecture de l'Évangile liturgique pour saint Grégoire (Jean 10, 9-16) concerne le Bon Pasteur. Plus tôt dans l'Évangile de saint Jean, nous trouvons les paroles du Christ enregistrées; Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie: nul ne vient au Père que par Moi. Maintenant, ce message est renforcé par le Seigneur disant: Je suis la porte. La métaphore utilisant des moutons et des bergers est également familière. Nous pouvons tous nous approcher de Dieu le Père, mais seulement par ce moyen

Ainsi, dire que nous trouverons des pâturages, c'est nous dire que par Christ est le seul moyen de se nourrir spirituellement. Le Seigneur continue en prédisant Sa crucifixion en disant qu'Il donnera, c'est-à-dire qu'Il sacrifiera Sa vie pour les brebis. Il ne dit pas “Ma vie me sera ôtée” mais indique qu'il s'agit d'un acte tout à fait volontaire. Le prédateur, le loup, est le Diable, pour qui de nombreux euphémismes sont employés dans les Écritures, tels que lion, scorpion ou serpent. Pour conclure, le Christ dit qu'Il en a d'autres qui ne sont pas de ce bercail. Le bercail implique la protection et l'orientation de la Loi. Les Juifs, au moins, avaient la Loi, malgré le fait qu'ils l'interprétaient mal ou l'ignoraient, mais les autres brebis, les païens, n'avaient rien. Même ainsi, ils sont tous la création de Dieu et le Christ est venu sauver chaque âme.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

in Mettingham. 

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