Mère Siluana :
Vous devez être déçu jusqu'à ce que vous vous débarrassiez de vos illusions ! Cette déception est de votre fait. Ma déception est de mon propre fait ; personne ne pourrait me décevoir si je n'avais pas d'illusions ! Et chaque déception est une bonne action, un service qui nous est rendu. Nous devrions embrasser les mains des personnes qui nous déçoivent, les embrasser sur les joues, les remercier chaleureusement, les inscrire sur nos listes de prières et nous séparer d'elles ! Ce serait trop demander que de choisir de continuer à vivre aux côtés de personnes qui se spécialisent dans l'art de nous décevoir et qui trouvent satisfaction à le faire.
Nous devrions tirer la leçon suivante de cette première leçon : nous avons des illusions parce que nous avons beaucoup d'exigences et d'attentes envers les autres. Nous voulons que les autres soient tels que nous le souhaitons, tels que nous aimerions être nous-mêmes... et nous avons des illusions sur nous-mêmes, pensant que nous sommes ainsi ou autrement. Mais la désillusion peut être le début de la connaissance, le début de l'amour.
Si vous pouvez supporter d'être déçu dix fois et continuer à aimer celui qui vous a déçu, vous avez une chance de l'aimer jusqu'au Jugement Dernier. En attendant, dites-lui à chaque fois que son comportement vous blesse et que vous choisissez de lui pardonner, et qu'il devrait vous demander pardon. Mais le plus important ici est d'accepter les conséquences de son comportement sans l'accuser de ce que vous souffrez à cause de lui. Vous avez fait ce choix, et vous l'acceptez.
Oui, nous ne pouvons pas vivre seuls, car la vie est communion. La solitude, c'est la mort. Lorsque nous souffrons dans une relation, c'est aussi une sorte de mort, mais une mort qui mène à la résurrection. Nous mourons à un mode de vie centré sur nous-mêmes, et nous ressuscitons pour les autres. Personne n'échappe à la mort. Ce n'est qu'à la résurrection finale que nous échapperons à la mort. Mais nous pouvons choisir de mourir seuls et tristes, en dirigeant notre amour vers un chat bien élevé, ou de mourir tout en étant vivants, entourés d'êtres qui nous aiment et que nous aimons, malgré toutes les blessures que nous nous sommes infligées et les désillusions que nous avons connues.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Theology of the Ordinary

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