"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 21 juin 2015

ACATHISTE A NOTRE PERE PARMI LES SAINTS GONTRAN ROI DE BURGONDIE (fête le 28 mars/10 avril)



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* Saint Gontran, Roi de Burgondie  * 
*
Kondakion 1
Fils du roi franc Clotaire et d’Indegonde,* Et petit fils de Clovis qui embrassa premier la foi du Christ,* Et de la bonne reine chrétienne Clotilde,* Tu héritas du royaume d’Orléans et de la Burgondie.*  Tu ne fus heureux ni comme époux, ni comme père,* Et ta vie ne fut pas toujours édifiante à l’origine,* Mais tu la rachetas ensuite par ta piété, ta générosité et ton amour de la paix.* Aussi ton peuple reconnaissant te surnomma le Bon.* Et nous, qui demandons ta sainte intercession, nous te clamons :
Réjouis-toi, saint roi Gontran de Burgondie !

Ikos 1
Dans un siècle de violence et de vengeance habituelles,* Tu te distinguas par ton esprit particulièrement magnanime,* Par le pardon que tu accordas souvent à tes ennemis,* Et à ceux qui avaient abusé de ta bonté.* C’est pourquoi nous nous écrions vers toi avec admiration :
Réjouis-toi, qui ne connus pas la rancune !
Réjouis-toi, qui ne fus jamais qu’indulgence !
Réjouis-toi, miséricordieuse bonté !
Réjouis-toi, artisan de la paix du Christ !
Réjouis-toi, indulgence des vrais disciples !
Réjouis-toi,  grâce à l’image de la Grâce !
Réjouis-toi, saint roi Gontran de Burgondie !

Kondakion 2
Tu oubliais facilement les  fautes commises à ton égard,* Et tu te montrais généreux dans ta gestion des affaires du Royaume,* N’abusant pas de ta puissance pour t’emparer des biens d’autrui* Et agrandir tes possessions  par la violence et  la force aveugle.* Tu te savais sous le regard constant de Dieu, et tu chantais sans cesse vers Lui : Alléluia !

Ikos 2
Prince de la paix, tu veillas à garder la concorde sur tes terres,*  Et à rétablir cette paix entre tes frères et tes neveux* Lorsque celle-ci était rompue par la malignité des hommes,* Leur cupidité, et leur soif inextinguible de pouvoir terrestre.* Tu bannis de ton royaume les exactions,* Et tu te montras bienveillant comme souverain,* Car tu voulais imiter le Souverain Céleste sur la terre des vivants,* C’est pourquoi nous te célébrons ainsi :
Réjouis-toi, miroir du Christ en ton royaume !
Réjouis-toi, pur emblême de la justice !
Réjouis-toi, cœur aimant de l’Amour Divin !
Réjouis-toi, âme de nos pieux souverains !
Réjouis-toi, modèle de gouvernement !
Réjouis-toi, ange de la cité terrestre !
Réjouis-toi, saint roi Gontran de Burgondie !

Kondakion 3
Les rois de notre monde en ces temps anciens,* Etaient surtout connus pour leur cruauté,* Leur volonté implacable d’assouvir leurs désirs terrestres de puissance* Mais tu te distinguas merveilleusement par ta bonté* Et ton peuple remerciait Dieu sans cesse en disant vers Lui : Alléluia !

Ikos 3
Tu te distinguas également par ta générosité,* Et la magnificence des fondations que tu fis pour l’Eglise.* Tu enrichis de grands domaines le monastère de saint Symphorien à Autun,* Et celui de saint Bénigne, apôtre de la Burgondie à Dijon,* Tu y établis la louange perpétuelle comme à Agaune.* Tu manifestas aussi ta générosité envers de nombreuses églises du Christ* Et nous louons ta bonté en te disant :
Réjouis-toi, chœur mystique de l’oraison !
Réjouis-toi, parvis de la vie éternelle !
Réjouis-toi, sanctuaire spirituel !
Réjouis-toi, porche de l’univers d’en Haut !
Réjouis-toi, luminaire de la Lumière !
Réjouis-toi, châsse de la prière pure !
Réjouis-toi, saint roi Gontran de Burgondie !

Kondakion 4
Soutenant les saintes églises de Dieu sur terre par ta générosité,* Tu en fis des octrois vers le Paradis des saints pour tes sujets.* Doté d’une grande puissance au Royaume de Burgondie,* Tu savais qu’il n’était qu’un marchepied vers le Ciel* Où l’on chante sans cesse vers Dieu : Alléluia !

Ikos 4
Tu fondas à Châlon le monastère dédié à saint Marcel.* Où tu fus enseveli dans l’attente de la résurrection des morts.* A Genève, tu fis ériger la grande Basilique de saint Pierre* Sur les ruines d’un temple dédié à Apollon.* Faisant se lever le Soleil de Justice du Christ* Sur les tristes ténèbres du paganisme.* Bienfaiteur de l’Eglise de Dieu, émerveillé par ta piété, nous t’adressons ces louanges :
Réjouis-toi, bâtisseur des maisons de Dieu !
Réjouis-toi, tour qui s’élève vers le Ciel !
Réjouis-toi,  temple mystique de la foi !
Réjouis-toi, encens d’agréable fragrance !
Réjouis-toi, lutrin qui soutient la Parole !
Réjouis-toi, cierge qui brûle devant Dieu !
Réjouis-toi, saint roi Gontran de Burgondie !

Kondakion 5
Tu avais une grande piété pour les saints martyrs de la Légion Thébaine* Qui furent décimés pour le Seigneur en terre d’Agaune.* Ayant pérégriné en ce lieu pour les vénérer,* Les clercs de la basilique de Saint-Maurice, impressionnés par ta dévotion à leurs saints,* Te firent don d’une parcelle des reliques de saint Viâtre et de saint Amour.* Alors tu remercias Dieu en chantant vers Lui : Alléluia !

Ikos 5
Revenant sur tes terres de Burgondie* Avec le précieux trésor des reliques des saints martyrs d’Agaune,* Tu fis le vœu de les donner à la première ville de ton royaume dans laquelle tu entrerais.* Lors, quand tu arrivas à Vincelle, tu tins ta promesse.* Et ce lieu, sanctifié par le don insigne que tu lui fis,* Prit un jour le nom de Saint-Amour.* Pieux monarque, nous te louons à pleine voix, en te disant :
Réjouis-toi, dévotion aux témoins du Christ !
Réjouis-toi, ami des grands saint de jadis !
Réjouis-toi, vénérateur de sainteté !
Réjouis-toi, pèlerin des martyrs d’Agaune!
Réjouis-toi, voyageur de l’Eternité !
Réjouis-toi, prière joignant Ciel et terre!
Réjouis-toi, saint roi Gontran de Burgondie !

Kondakion 6
Etablissant des chemins du Ciel sur la terre des vivants,* Tu donnas au moine irlandais saint Colomban* Le désert des Vosges pour qu’il s’y établisse.* Dans cette solitude, il fonda le saint monastère de Luxeuil* Dont la renommée fut grande dans la chrétienté.* Généreux donateur des biens terrestres,* Tu acquis pour toi le Royaume des Cieux où l’on chante sans cesse vers Dieu: Alléluia !

Ikos 6
Lorsque le fléau du choléra s’abattit sur ton royaume,* Tu pris grand soin des malades et des pauvres en particulier* Faisant distribuer ce qui était nécessaire à leur assistance.* Et tu passas souvent tes nuits en prières,* T’offrant à Dieu en victime à la place de tes sujets.* Et ceux-ci reconnaissants s’écrièrent :
Réjouis-toi, maître bien aimé de ton peuple !
Réjouis-toi, qui prias pour sa guérison !
Réjouis-toi, qui fus un Bon Samaritain !
Réjouis-toi, qui fus aussi un anargyre !
Réjouis-toi, qui voulus guérir tous tes sujets !
Réjouis-toi, qui t’offris en otage à Dieu !
Réjouis-toi, saint roi Gontran de Burgondie !

Kondakion 7
Ton peuple, lors de cette épidémie, prit la mesure exacte de ta sainteté,* Et saint Grégoire de Tours rapporte que tes sujets arrachaient* Des franges de tes vêtements pour les appliquer aux malades,* Et que ceux-ci étaient guéris à leur contact,* Et remerciaient Dieu en chantant : Alléluia !

Ikos 7
Ayant le souci de la bonne marche de l’Eglise,* Tu fis opportunément convoquer sous ton règne* Les conciles de Châlon, de Mâcon, de Valence et de Lion* Pour qu’il y soit établi des règlements salutaires* Pour le fonctionnement correct et le bien de l’Arche du salut ici-bas.* Pieux monarque, nous saluons ta piété insigne en te disant :
Réjouis-toi, qui pris grand soin de ton Eglise !
Réjouis-toi, qui eus le souci de son bien !
Réjouis-toi, protecteur de la Loi de Dieu !
Réjouis-toi, héraut de son application !
Réjouis-toi, qui convoquas de pieux Conciles !
Réjouis-toi, qui fis appliquer leurs décrets !
Réjouis-toi, saint roi Gontran de Burgondie !

Kondakion 8
Durant la vingt-quatrième année de ton règne, * Tu pris un édit enjoignant aux évêques de l’Eglise du Christ,* De gouverner eux-mêmes le troupeau de leurs brebis* Sans laisser ce soin  à leurs vicaires,* Afin que la Parole de Dieu soit mieux administrée* Et que terre et Ciel joignent leurs voix vers Dieu pour l’honorer dignement en chantant : Alléluia !

Ikos 8
En cette même année, dans le monde imparfait de cette époque* Où souvent la fonction impliquait un pouvoir qui s’exerçait sans discernement* Au préjudice des plus faibles et des plus démunis,* Tu requis des juges qu’ils rendent la justice sans se laisser corrompre,* Ni par l’acceptation d’argent, ni par aucune faveur.* Souverain juste, nous louons ta sagesse en clamant :
Réjouis-toi, garant du droit des indigents !
Réjouis-toi, grand défenseur de l’équité !
Réjouis-toi, arbitre saint pour tes sujets !
Réjouis-toi, chantre de l’impartialité !
Réjouis-toi, émule du Juge Suprême !
Réjouis-toi, respect des hommes devant Dieu !
Réjouis-toi, saint roi Gontran de Burgondie !

Kondakion 9
Lorsque l’archevêché de Bourges devint vacant,* Plusieurs clercs briguant cette chaire* Tentèrent de l’obtenir de toi * En allant même jusques à t’offrir des présents.* Tu les ramenas à la raison, épargnant à leurs âmes le crime de simonie.* Pour cela, l’Eglise glorifie Dieu en Lui chantant : Alléluia !

Ikos 9
Tu donnas à ces clercs inconscients une leçon de théologie* En leur disant :  « Ce n’est point notre coutume de vendre le sacerdoce,* Ni la vôtre de l’acquérir par des présents,* Car en le faisant, nous encourrions l’infamie d’un honteux trafic,* Et pour vous, vous méritiez d’être comparés à Simon le Magicien. »* Monarque dévot, soucieux de l’honneur de Dieu et de l’Eglise, nous t’adressons nos louanges :
Réjouis-toi, législateur évangélique !
Réjouis-toi, juge équitable devant Dieu !
Réjouis-toi, avocat de l’honneur du Christ !
Réjouis-toi, témoin parfait de la Parole !
Réjouis-toi, prétoire du Ciel sur la terre !
Réjouis-toi, gardien des lois du pieux Royaume !
Réjouis-toi, saint roi Gontran de Burgondie !

Kondakion 10
Respectant la coutume sainte de l’asile inviolable des églises,* Qui assurait à tout être, fût-il criminel,* La vie sauve dans la Maison du Seigneur,* Tu ne permis jamais que ce pieux secours soit aboli.* Et toujours tu pardonnas  à tes ennemis,* Laissant à Dieu le jugement suprême et chantant vers Lui : Alléluia !

Ikos 10
Peu de souverains de la terre de  Burgondie,* Furent aussi pieux et aussi populaires que toi.* Lorsque tu entrais dans une ville, le peuple sortait en foule dans les rues* Et venait au-devant de toi  en criant : Noël ! Noël ! Vive le roi !* Et nous à présent, dans notre prière, nous te saluons en disant :
Réjouis-toi, monarque de la charité !
Réjouis-toi, souverain de grande bonté !
Réjouis-toi, couronne des vertus chrétiennes !
Réjouis-toi, beau sceptre des Commandements !
Réjouis-toi, majesté de simplicité !
Réjouis-toi, trône de la prière pure !
Réjouis-toi, saint roi Gontran de Burgondie !

Kondakion 11
Roi  de royaume terrestre de Burgondie, Tu te tins toujours humblement* Devant le Souverain Céleste, notre Père et notre Dieu,* Et en homme de prières, tu sus que toutes tes actions* Devaient être accomplies pour Sa seule gloire,* En chantant vers Lui : Alléluia !

Ikos 11
Homme fort humble malgré ton rang royal,* Tu rendais souvent visite à tes sujets,* Partageant avec eux leur repas simple,* Et conversant avec eux comme avec des égaux.* Tu leur donnais l’exemple parfait de la fraternité en Christ.* C’est pourquoi nous te clamons à présent :
Réjouis-toi,  fidèle sujet du Christ Roi  !
Réjouis-toi, souverain frère de ton peuple !
Réjouis-toi, pèlerin de l’Inacessible !
Réjouis-toi, pieux rayon de l’Autre Soleil !
Réjouis-toi, simplicité des saints de Dieu !
Réjouis-toi, qui vêcus pour l’Eternité !
Réjouis-toi, saint roi Gontran de Burgondie !

Kondakion 12
Dieu dans Sa miséricorde ineffable,* Lui Qui sonde les reins et les cœurs,* Fut glorifié sur la terre des vivants* Par la piété admirable que tu manifestas,* Et par ta miséricorde insigne digne de toute louange.* Pieux souverain, tu fus à l’image de ton Seigneur d’en Haut,* Sans cesse en ton cœur chantant vers Lui : Alléluia !

Ikos 12
Tu mourus pieusement dans la paix du Christ* En ta bonne ville de Châlon.* Et comme les rois pénitents de jadis, le saint prophète du Seigneur David,* Et saint Sigismond, roi de Burgondie comme toi,* Tu rejoignis la céleste milice des élus au Royaume Eternel,* Où l’on t’accueillit en disant :
Réjouis-toi, car ta dormition fut paisible !
Réjouis-toi, émule du vieux Syméon!
Réjouis-toi, athlète de Dieu sur la terre !
Réjouis-toi, qui combattis le bon combat !
Réjouis-toi, nouvel élu du Paradis
Réjouis-toi, qui retrouvas ton Maître saint !
Réjouis-toi, saint roi Gontran de Burgondie !

Kondakion 13
Tu fis pénitence de tes manquements,* Et tu corrigeas par l’ascèse et la prière* Les erreurs de ta jeunesse,* Et les péchés de ton âge mûr,* N’agissant plus que dans la crainte de Dieu* Et dans Son amour compatissant.* Et dans une époque immorale et féroce,* Tu devins un saint chaste et charitable,* Ayant le souci du bien du peuple chrétien,* Et tu clamas sans cesse vers Dieu de tout ton cœur : Alléluia ! Alléluia ! Alléluia !
(Ce kondakion est répété trois fois)

Ikos 1
Dans un siècle de violence et de vengeance habituelles,* Tu te distinguas par ton esprit particulièrement magnanime,* Par le pardon que tu accordas souvent à tes ennemis* Et à ceux qui avaient abusé de ta bonté.* C’est pourquoi nous nous écrions vers toi avec admiration :
Réjouis-toi, qui ne connus pas la rancune !
Réjouis-toi, qui ne fus jamais qu’indulgence !
Réjouis-toi, miséricordieuse bonté !
Réjouis-toi, artisan de la paix du Christ !
Réjouis-toi, indulgence des vrais disciples !
Réjouis-toi,  grâce à l’image de la Grâce !
Réjouis-toi, saint roi Gontran de Burgondie !

Kondakion 1
Fils du roi franc Clotaire et d’Indegonde,* Et petit fils de Clovis qui embrassa premier la foi du Christ,* Tu héritas du royaume d’Orléans et de la Burgondie.*  Tu ne fus heureux ni comme époux, ni comme père,* Et ta vie ne fut pas toujours édifiante à l’origine,* Mais tu la rachetas ensuite par ta piété, ta générosité et ton amour de la paix.* Aussi ton peuple reconnaissant te surnomma le Bon.* Et nous, qui demandons ta sainte intercession, nous te clamons :
Réjouis-toi, saint roi Gontran de Burgondie !

PRIERE A NOTRE PERE PARMI LES SAINTS
GONTRAN
LE PIEUX ROI DE BURGONDIE

Saint Gontran, admirable souverain de notre terre, roi  dont la charité n’avait d’égale que la générosité, intercède auprès de Dieu pour le salut de nos âmes !
Toi qui, ta vie durant, chemina sur la Voie de l’Evangile, soutien de ton peuple sur lequel tu exerças une justice équitable, et que tu gouvernas avec amour dans le respect des  valeurs chrétiennes, intercèdes auprès de Dieu pour le salut de nos âmes !
Saint Gontran, soutien indéfectible de l’Eglise du Christ, qui bâtis dans ton royaume terrestre, d’innombrables temples à Sa gloire, intercède auprès de Dieu pour le salut de nos âmes !
Toi qui fus un homme de prière, de jeûne et d’ascèse, et qui un jour, dans un élan de foi admirable, t’offris au Christ pour sauver tes sujets de la maladie et de la mort, intercède auprès de Dieu pour le salut de nos âmes !
Saint Gontran, notre père parmi les saints, intercède auprès de Dieu pour que, par tes saintes prières, Il nous rende digne un jour d’aller auprès de toi, dans la joie ineffable du Royaume Eternel où les fidèles chantent sans cesse la louange de la Sainte Trinité du Père, et du Fils, et du Saint Esprit, en tous temps, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen !

Acathiste composé pour la gloire de Dieu
Et de notre père 
parmi les saints
le saint roi 
Gontran de Burgondie
par 
Claude Lopez-Ginisty
*

Fin et gloire à Dieu !

*

Nouveaux CD


Le monastère de la Transfiguration a le plaisir de vous annoncer la parution de deux nouveaux CD ROM de chant byzantin.

Canon de Paques.

Chants des soeurs du Monastère d'Ormylia (Grèce).


 

Les laudes de Paques.

Chants des soeurs du Monastère d'Ormylia (Grèce).
 
 

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX


8/21 juin
3ème dimanche après la Pentecôte

Saint grand-martyr Théodore le Stratilate (319) ; saint Théodore, évêque de Souzdal (1023) ; invention des reliques des saints princes Basile et Constantin de Yaroslav (XIIIème s.) ; saint Ephrem, patriarche d'Antioche (545) ; saint Zosime de Phénicie (VIème s.)

Lectures : Rom. V, 1-10 ; Matth. VI, 22-33 ; St grand-martyr : 2 Тim. II, 1–10 ; Мatth. X, 16–22.

VIE DU SAINT ET GRAND-MARTYR THÉODORE LE STRATILATE[1]

L
e saint et grand-martyr Théodore était originaire d’Euchaïta, petite localité située non loin d’Amasée. Sa bravoure et ses qualités oratoires lui avaient fait gagner l’estime de l’empereur Licinius (vers 320) qui l’avait nommé général et gouverneur de la cité d’Héraclée. Dès qu’il entra en charge, Théodore révéla sans crainte qu’il était chrétien et convertit par ses paroles enflammées une grande partie de la ville à la vraie foi. On raconte même qu’il confirma la vérité de sa prédication en tuant un dragon qui effrayait les habitants de la région. En réponse à la convocation de l’empereur, qui avait été mis au courant de la conduite inattendue de son favori, Théodore invita Licinius à venir lui-même lui rendre visite à Héraclée, avec ses idoles d’or et d’argent. Encouragé par une vision nocturne qui lui annonçait que le temps était venu pour lui de témoigner par son sang de son amour du Christ, il accueillit l’empereur avec faste. Celui-ci, admirant le bon ordre de la cité, proposa au gouverneur de montrer sa piété envers les dieux en leur offrant un sacrifice. Théodore acquiesça et demanda seulement de prendre les idoles chez lui pendant la nuit, afin de les adorer avant le sacrifice public. Il prit donc les statues d’or amenées par l’empereur et passa la nuit à les réduire en morceaux et, au petit matin, il distribua l’or aux pauvres. Le moment du sacrifice étant arrivé, un centurion alla rapporter affolé à l’empereur, qu’il avait vu un pauvre porter la tête d’or d’une statue d’Artémis. Dès qu’il fut revenu de sa stupeur, le souverain en fureur fit étendre le saint sur le chevalet et ordonna de lui infliger sept cents coups de nerf de bœuf sur le dos, cinquante au ventre et de lui frapper la nuque avec des boules de plomb. Ensuite on l’écorcha et, après avoir passé des torches sur ses plaies, on les racla à l’aide de débris de céramiques. Pendant ces supplices, le saint martyr répétait seulement : « Gloire à Toi, mon Dieu ! » Jeté en prison et laissé sept jours sans nourriture, il fut ensuite cloué sur une croix en-dehors de la ville. Les soldats sans pitié lui enfoncèrent dans le membre viril une tringle de fer qui lui perça les entrailles, et des enfants s’amusèrent à lui lancer des flèches qui lui crevèrent les yeux. Patient dans les tourments et longanime envers ses bourreaux, à l’exemple de son divin Maître, Théodore restait inébranlable dans sa prière et encourageait son serviteur Varus à consigner par écrit tous les détails de son martyre. Comme on l’avait laissé suspendu à la croix pendant la nuit, un ange de Dieu vint le détacher, le guérit de toutes ses blessures et l’encouragea à persévérer jusqu’au terme de son combat. Quand, au matin, deux soldats vinrent pour détacher son cadavre, le découvrant avec stupeur indemne, ils se convertirent au Christ, entraînant avec eux tout le reste de la cohorte et, par la suite, les soldats qui avaient été envoyés pour les châtier. Réalisant que, devant tant de merveilles, la ville en émoi risquait de se soulever, Licinius envoya d’autres soldats avec l’ordre d’exécuter sans retard Théodore, cause de tous ces désordres. Des chrétiens voulurent s’interposer, mais le saint martyr, sentant que l’heure était venue de consommer son union avec le Christ, les arrêta et se présenta paisiblement devant les bourreaux. Après s’être revêtu du signe de la Croix vivifiante, il inclina la tête et reçut d’un coup de glaive la couronne de la gloire. Conformément à ses instructions, les chrétiens portèrent en cortège triomphal sa sainte relique dans sa maison familiale, à Euchaïta. C’est là qu’il accomplit de nombreux miracles au cours des siècles, au point que par la suite la ville prit le nom de Théodoroupolis. C’est cette translation que nous commémorons aujourd’hui.

Tropaire du dimanche, 2ème ton
Егда́ снизше́лъ ecи́ къ сме́рти, Животе́ безсме́ртный, тогда́ áдъ умертви́лъ ecи́ блиста́ніемъ Божества́ : eгда́ же и yме́ршыя отъ преиспо́дныxъ воскреси́лъ ecи́, вся́ си́лы небе́сныя взыва́ху : Жизнода́вче Xpисте́ Бо́́́же на́шъ, сла́ва Teбѣ́.
Lorsque Tu descendis dans la mort, Toi, la Vie immortelle, Tu anéantis l’enfer par l’éclat de la Divinité. Lorsque Tu ressuscitas les morts des demeures souterraines, toutes les Puissances des cieux s’écrièrent : « Ô Christ, Source de Vie, notre Dieu, gloire à Toi ! »
Tropaire du grand-martyr, ton 2
Му́жествомъ души́ въ вѣ́ру оболкíйся и глаго́лъ Бо́жій, а́ки копіе́, въ ру́ку взе́мъ, врага́ побѣди́лъ еси́, му́чениковъ преве́лій Ѳео́доре, съ ни́ми Христу́ Бо́гу моля́ся не преста́й о всѣ́хъ на́съ.
Tu t’es armé dans la foi par le courage de l’âme et tu tins en ta ;main la parole de Dieu comme une lance ; tu as vaincu l’ennemi, ô Théodore, gloire des martyrs ; avec eux, ne cesse pas de prier pour nous tous.

Kondakion du grand-martyr, ton 4
Воинствосло́віемъ и́стиннымъ, стра-стоте́рпче, небе́снаго Царя́ воево́да предо́брый бы́лъ еси́, Ѳео́доре: ору́жіями бо вѣ́ры ополчи́лся еси́ му́дренно, и побѣди́лъ еси́ де́моновъ полки́, и побѣдоно́сный яви́лся еси́ страда́лецъ. Тѣ́мже тя́ вѣ́рою при́сно ублажа́емъ.
Dans l'armée véritable du Roi des cieux  tu fus un excellent stratège, Théodore, martyr victorieux;  car tu as combattu sagement, avec les armes de la foi,  exterminant les troupes des démons, en athlète vainqueur;  c'est pourquoi nous les fidèles, avec foi, nous te disons bienheureux.

Kondakion du dimanche, ton 2
Воскре́слъ ecи́ отъ гро́ба, всеси́льне Спа́се, и áдъ ви́дѣвъ чу́до, yжасе́ся, и ме́ртвiи воста́ша : тва́рь же ви́дящи сра́дуется Тебѣ́, и Ада́мъ свесели́тся, и мípъ, Спа́се мо́й, воспѣва́етъ Tя́ при́сно.
Sauveur Tout-Puissant, Tu es ressuscité du Tombeau : l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur et les morts ressuscitent. A cette vue, la création se réjouit avec Toi ; Adam partage l’allégresse, et le monde, ô mon Sauveur, ne cesse de Te louer !


VIE DE SAINT JUSTIN DE TCHÉLIÉ (suite)

En 1930, le Saint-Synode de l’Église Orthodoxe Serbe l’envoya en Russie Subcarpathique, qui faisait alors partie de Tchécoslovaquie, pour y organiser la vie des Russes et des Slovaques qui étaient revenus à  l’Orthodoxie après être devenus uniates sous la domination austro-hongroise. On lui proposa alors l’élévation à l’épiscopat, ce qu’il refusa avec une grande détermination. « Je me suis regardé longuement et sérieusement dans le miroir de l’Évangile », écrivit-il, « et je suis parvenu à la conclusion immuable et à la décision irrévocable : je ne puis en aucun cas accepter, et je n’oserai recevoir le rang épiscopal, car je n’en n’ai pas les qualités fondamentales ».

En 1932, il publia le premier tome de sa célèbre « Philosophie orthodoxe de la vérité », c’est-à-dire de sa dogmatique et, en 1935, il fut nommé, professeur de dogmatique à la Faculté de théologie de Belgrade. Pendant toute sa vie d’enseignant, il était particulièrement proche de ses élèves. Lorsqu’il s’adressait à des jeunes gens, il aimait à souligner que le jeune homme de l’Évangile avait soulevé la question la plus fondamentale: « Bon Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » (Mc 10,17). « Nul autre que ce jeune homme de l’Évangile », disait le père Justin, « n’avait posé une question aussi importante et décisive pour l’homme,».  En 1938, le père Justin fonda, avec d’autres intellectuels, la société philosophique serbe. On peut dire de lui, à l’instar de St Macaire le Grand, qu’il fut « philosophe du Saint-Esprit ».

Juste avant la seconde guerre mondiale, il eut une vision du Christ crucifié, ressentant que des épreuves redoutables attendaient son peuple. Ce fut bientôt  l’occupation nazie et le génocide des Serbes dans « L’État Indépendant de Croatie ». Lorsque ces pénibles événements se produisirent, le père Justin participa à la rédaction du mémorandum de l’Église Serbe au sujet des souffrances du peuple serbe en Croatie. Durant l’occupation, il passa la plus grande partie de son temps dans les monastères, la faculté de théologie ayant été fermée par l’occupant. Il parvint à traduire de nombreux textes hagiographiques et patristiques, et rédigea ses exégèses des Saintes Écritures. Il avait en outre traduit les douze tomes de la vie des Saints de St Dimitri de Rostov : la vie des saints, disait-il est « les dogmes traduits dans la vie. Que sont les dogmes ? La vie des saints réalisée ». « Les actes des Apôtres », disait-il, «sont la continuation du Saint Évangile du Christ, et les vies des saints sont la continuation des Actes des Apôtres… » Avec l’arrivée des communistes au pouvoir en 1945, le père Justin fut chassé de l’université, en même temps que deux-cents autres professeurs, et ensuite arrêté et emprisonné. Il échappa de peu à la condamnation à mort comme « ennemi du peuple ». Il fut arrêté au monastère de Soukov près de Pirot, et emprisonné à Belgrade. Mais l’intervention du patriarche Gabriel de Serbie, qui avait été libéré du camp de Dachau et était de retour en Yougoslavie, le sauva. Chassé de l’Université et sans moyens de subsistance, privé de tous ses droits, le père Justin vécut alors pratiquement en réclusion dans le petit couvent féminin de Tchélié, dédié aux saints Archanges, près de Valiévo. Là encore, les communistes ne le laissèrent pas en paix, le convoquant souvent à des interrogatoires.
Malgré tous les obstacles, la lumière du Christ ne pouvait restée dissimulée. Nombreux étaient ceux qui, venaient consulter le saint confesseur, que ce soit de Serbie même ou de l’étranger. En particulier, le peuple venait assister aux offices Divins, qu’il célébrait quotidiennement. Toute sa vie était concentrée dans la Sainte Liturgie, qui, selon ses propres paroles était « l’échelle, le pont qui mène au ciel ». Pendant celle-ci, il versait des larmes abondantes, commémorant d’innombrables noms. Ce Jérémie serbe priait pour tous les hommes. Dans le cadre de sa vie liturgique, il traduisit de nombreux textes liturgiques en serbe, dont les Liturgies de St Jean Chrysostome et St Basile. La langue serbe actuelle s’étant éloignée de la langue d’Église, il sut constituer une langue compréhensible, tout en gardant son caractère liturgique, sa précision et son lien avec le slavon d’Église. Il composa un certain nombre de prières remarquables, à St Michel Archange, aux Apôtres Pierre et  Paul, au saint mégalomartyr Étienne de Détchani et à S. Jean Chrysostome. Il prononça également de nombreuses homélies sur les fêtes et les évangiles du dimanche. Depuis sa jeunesse, le père Justin éprouvait une grande vénération pour St Jean Chrysostome, auquel il rédigea une magnifique prière. Le saint lui était apparu dans un songe en 1955, qu’il avait décrit ainsi : « La veille de la mémoire du saint prophète Jérémie, à minuit, je vis durant le sommeil S. Jean Chrysostome, dans de fastueux ornements épiscopaux, avec un somptueux Évangéliaire en or dans les mains, venant vers moi. Je m’empressai d’aller à sa rencontre, tomba à ses pieds, baisai ses pieds et le pan de ses habits, et il plaça le Saint Évangile sur ma tête et lut. Lorsqu’il termina la lecture, je lui demandai joyeusement ce qu’il avait lu. Il me répondit : « des passages de mon euchologe ». Je ressenti de la componction, une joie indicible dans l’âme. Je me réveillai dans cette disposition. Ce ravissement joyeux et cette componction ineffable restèrent longtemps en moi ».  (à suivre).
LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Lc XXIV, 1-12
Liturgie : Rom. VI, 18.23 ; Hébr. XIII, 17-21 ; Matth. VIII, 5-13 ; Jn X, 9-16


[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos-Petras