"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

vendredi 26 juin 2026

Philip Chrysopoulos: Le monastère du Philosophe, l’un des plus anciens sites byzantins de Grèce

 
Monastère du Philosophe

L’ancien monastère du Philosophe avec le nouveau monastère en arrière-plan, en Arcadie, en Grèce. 

Le monastère du Philosophe en Arcadie, dédié à la Dormition de la Vierge Marie, est imprégné d’histoire grecque.

Situé sur le versant ouest des gorges de la rivière Lousios, à 11 km au sud de Dimitsana, dans la préfecture d’Arcadie, dans le Péloponnèse, il se compose de deux complexes monastiques, l’un ancien et l’autre récent.

L’ancien monastère du Philosophe est le plus ancien et le plus chargé d’histoire des monastères d’Arcadie, ainsi que l’un des plus anciens monuments byzantins de Grèce.

Monastère du Philosophe

Porte de l’église de l’ancien monastère du Philosophe. 

Le monastère vieux de 1 050 ans

Il a été fondé en l’an 963 par Ioannis Lampardopoulos, originaire de Dimitsana, surnommé « le philosophe », qui était le secrétaire (« Protocrite ») de l’empereur byzantin Nicéphore II Phocas.

Le monastère tire son nom du surnom de son fondateur. Sur le plan architectural, il se caractérise par une forme cruciforme, c’est-à-dire en forme de croix.

Il a ét construit à l’intérieur d’une grotte, au-dessus d’un ravin escarpé ; aujourd’hui, il ne reste qu’une petite église de style byzantin du Xe siècle, avec ses fresques remarquables.

Il s’agit d’une église cruciforme à quatre colonnes, surmontée d’un dôme octogonal. Du reste du monastère, il ne subsiste qu’une citerne ainsi que les ruines de cellules et d’autres bâtiments.

Selon la tradition, l’ancien monastère aurait servi de « krifo scholio » (école secrète) sous la domination ottomane, avant de se transformer en une grande école de théologie qui fonctionna dans le nouveau monastère.

De nombreux enseignants, prêtres, moines, hauts dignitaires ecclésiastiques, ainsi que des personnalités éminentes de l’Église ont fréquenté cette école.

Quatre patriarches de Jérusalem, deux patriarches œcuméniques et de nombreux hauts dignitaires ecclésiastiques (Grégoire V, Germain de Patras l’Ancien) sont issus du nouveau monastère du Philosophe.

Le nouveau monastère du Philosophe

Le nouveau monastère du Philosophe a été fondé vers le milieu du VIIe siècle. Il est situé à environ 400 mètres de l’ancien monastère.

Son catholicon a été construit en 1661, puis plusieurs cellules ont été édifiées, sans pour autant que l’ancien monastère soit abandonné. L’iconostase du catholicon est sculptée dans le bois et présente une décoration exceptionnelle ; il comporte des icônes de style crétois attribuées au peintre Victor (1663).

L’hagiographie a été réalisée en 1693, financée par « Mavroidi-pacha Farmakis » de Stemnitsa, qui s’était converti à l’islam mais était revenu au christianisme à l’époque de la domination vénitienne.

On trouve une image du mécène sur le côté ouest de l’église, représenté dans un style oriental typique, vêtu d’un habit somptueux et tenant un chapelet, à côté de l’icône de sainte Hélène.

Entre 1834 et 1836, le monastère fut dissous par décision du duché de Bavière, sous prétexte qu'il comptait moins de six moines.

Les biens furent confisqués et vendus à des particuliers. Après sa dissolution, le monastère fut abandonné et tomba progressivement en ruine.

Aujourd’hui, il fait office de monastère masculin, en vertu d’un décret royal signé le 14 avril 1922, relevant du monastère voisin de Timios Prodromos de Stemnitsa.

En 1955, il fut classé monument protégé et, à partir de 1992, sa rénovation a commencé sous la supervision du ministère de la Culture.

Version français Claude Lopez-Ginisty

d'après

Greek Reporter


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