"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mercredi 25 juin 2025

Archiprêtre Konstantin Lisnyak: Naviguer sur le chemin de la confession après les péchés graves


Quelles mesures faut-il prendre après avoir commis des péchés qui pèsent lourdement sur la conscience, conduisant à éviter la confession ? C'est un dilemme auquel beaucoup sont confrontés, marqué par un profond sentiment de honte envers son prêtre et l'acte de confession lui-même. La recherche de l'absolution d'un prêtre inconnu dans une autre église est-elle une solution viable, ou faut-il affronter de front cette lutte interne ? À quel point faut-il être détaillé lorsqu'on confesse de tels péchés, et pourquoi est-il crucial de ne pas reporter la confession ?

L'archiprêtre Konstantin Lisnyak, doyen du district de Soledar, répond à ces préoccupations :

Le nœud de cette question réside souvent dans la honte trompeuse, un obstacle particulièrement courant chez les nouveaux arrivants dans la foi, ceux qui font leurs premiers pas dans leur voyage spirituel. Cette peur de la confession peut conduire à éviter la fréquentation de l'église au sein de sa propre communauté. Il n'est pas rare que les individus, quel que soit leur statut ou leur rôle sociétal, appréhendent l'idée de participer à des services localement, optant plutôt pour l'anonymat des monastères lointains pour confesser leurs péchés les plus lourds. Ils pourraient y entreprendre de graves pénitences, pour retourner vers leur prêtre avec une confession superficielle qui passe sous silence les détails de leurs actions, résumant leurs péchés comme ayant été commis « en actes, en paroles et en pensées ». Un tel comportement reflète une forme de tromperie, une stratégie pour éviter la pleine responsabilité devant Dieu et le caractère sacré des sacrements. Le conseil ici est simple : évitez la malhonnêteté avec Dieu et avec vous-même. Le sacrement de la confession ne doit pas être abordé par l'évasion, mais avec la sincérité et l'ouverture.

Guide pour aborder la confession avec des péchés graves

Lorsque l'on est aux prises avec les conséquences de péchés graves et que l'on envisage la confession, plusieurs considérations clés émergent :

  1. La confession ne nécessite pas de détails : Il est essentiel de comprendre que détailler les péchés est inutile et, dans certains cas, inapproprié. Certains ecclésiastiques, dans leurs enquêtes sur les détails, peuvent encourager le péché par inadvertance, en particulier pendant les confessions des jeunes. Les saints pères mettent en garde contre le détail des péchés honteux, conseillant plutôt qu'ils soient reconnus simplement et directement. Par exemple, on peut admettre la fornication ou l'adultère sans se plonger dans les détails de comment, quand et avec qui. Les subtilités du péché dépassent le domaine du prêtre et devraient rester inexplorées.
  2. L'importance de la confession régulière : Il est crucial de maintenir une pratique cohérente de la confession et de la Sainte Communion. La participation fréquente aide à prévenir le développement d'obstacles à la confession. La nature humaine est telle que les facultés inutilisées diminuent avec le temps. L'écart entre le péché et la confession peut durcir le cœur, conduisant à un état que les Saints Pères ont appelé « insensibilité pierreuse », c'est-à-dire l'indifférence absolue. Pour éviter cela, le péché devrait être rapidement suivi par le repentir.
  3. Préparation à la confession : Abordez la confession comme vous le feriez pour un rendez-vous chez le médecin. Retenir les symptômes à un médecin empêche un diagnostic et un traitement précis, tout comme l'omission des péchés de la confession empêche la guérison spirituelle. Rappelez-vous, les prêtres, chevronnés dans leur ministère, connaissent l'ampleur de la fragilité humaine et du péché et sont peu susceptibles d'être pris au surpris par vos confessions.
  4. Le prêtre comme guide, pas comme juge : Si votre prêtre incarne les qualités d'un berger authentique et compréhensif, il accueillera vos efforts pour confesser et recevoir la grâce de Dieu. Imaginez la confession comme le nettoyage d'une pièce négligée, la transformant en un espace adapté à la vie et au travail. Le Seigneur est déjà conscient de vos péchés ; la confession est votre dialogue avec Dieu, le prêtre servant simplement de témoin de votre repentance. N'élevez pas le prêtre à un piédestal irréaliste de sainteté et ne le craignez pas ; lui aussi est humain, bien qu'avec de plus grandes responsabilités.

En substance, se cacher de Dieu, comme Adam l'a fait après la chute, est futile. Au lieu de cela, avancez avec l'aveu : « Oui, j'ai péché, je suis coupable ! Pardonnez-moi, je me repens! » Ce faisant, vous vous ouvrez à l'assistance divine nécessaire à l'amendement de la vie.

À la recherche de confessions avec un autre prêtre : cartographier les conseils la guidance spirituelle

Face au dilemme de confesser des péchés graves, en particulier lorsque le prêtre est une connaissance proche, on pourrait réfléchir à la pertinence de demander l'absolution d'un prêtre différent. Cette situation nécessite de choisir le moindre de deux maux. Si la barrière à la confession est insurmontable en raison de liens personnels, chercher un autre prêtre devient une solution pratique. Cependant, cette approche doit être évaluée à travers la lentille de la maturité spirituelle.

Pour ceux qui sont aux étapes naissantes de leur voyage spirituel, un certain degré de clémence peut être offert. Il est permis, dans de telles circonstances, de se confesser ailleurs. Pourtant, cela ne devrait pas devenir une évasion habituelle, car cela frise la duplicité devant Dieu. Les croyants matures reconnaissent qu'une telle évasion reflète l'incohérence de l'enfance spirituelle.

Il est crucial de se rappeler que la confession ne consiste pas à énumérer les péchés avec précision ou à employer une terminologie théologiquement précise. La vraie confession émane d'un cœur de véritable contrition, un état interne connu de Dieu. Souvent, une simple mais sincère reconnaissance du péché, « J'ai péché devant Dieu, je me repens », suffit. L'essence de la confession est précédée par le processus laborieux de repentance - un voyage de reconnaissance, de lamentation et d'abandon du péché, menant à une profonde auto-répudiation de ses transgressions.

La repentance est le long préamble du bref moment de la confession, une transformation déjà en cours avant que l'on ne parle au prêtre. L'aboutissement de ce voyage spirituel est la déclaration d'absolution par le prêtre, un moment qui transcende les paroles prononcées pour toucher profondément l'âme du pénitent.

Ce processus est illustré par l'histoire d'un officier qui, accablé par ses péchés, prétendait être indifférent à la honte. Pourtant, lorsqu'on lui a demandé de se confesser publiquement devant la congrégation, il a été ému aux larmes par leur réaction empathique. Ce moment poignant souligne que la confession est moins une question de détails que de sincérité et de remords qui animent l'acte de recherche du pardon.

Embrasser la confession sans réserve :

le chemin vers le renouveau spirituel

L'acte de confession transcende la simple divulgation d'actions ; son essence réside dans la contrition du cœur. Le récit détaillé du péché d'une personne, dépourvu de véritable remords, ne constitue pas un véritable repentir. La confession ne se contente pas de raconter des événements ; c'est un sacrement profond et une grâce divine, un processus de purification spirituelle semblable à un deuxième baptême tel que décrit par certains saints Pères. Ainsi, aborder la confession comme une simple formalité la vide de son but sacré.

Pour ceux qui sont accablés par des péchés graves ou humiliants, le courage, le repentir sincère et la confession cohérente sont cruciaux. Pour les personnes qui hésitent à se confesser par honte, le vrai défi est la maturité spirituelle. Au fur et à mesure que l'on progresse dans son voyage spirituel, la peur du jugement - que ce soit de la part du prêtre ou des autres - diminue. La vraie peur devrait être le péché lui-même et la complaisance de rester dans un état « boueux » sans s'efforcer de purifier.

La confession devrait être considérée comme une occasion libératrice de purifier son âme, et non comme une épreuve de jugement. C'est un processus de guérison, semblable à un traitement médical où le médecin ne réprimande pas le patient pour sa maladie, mais se concentre sur la voie du rétablissement. De même, un prêtre ne juge pas ou ne punit pas, mais cherche des moyens d'aider et se réjouit du désir de repentir du pénitent.

En substance, la confession est une question d'honnêteté avec soi-même et Dieu, de recherche de rédemption et d'ouverture du cœur à la miséricorde divine, une "procédure médicale" critique pour l'âme où le but ultime est la guérison et la transformation. C'est un pas vers la croissance spirituelle, une chance de se relever de la boue du péché et d'embrasser la grâce offerte par Dieu.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

The Catalog of Good Deeds


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