"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 24 mai 2026

DIMANCHE APRÈS L'ASCENSION/Commémoration du premier concile œcuménique



Tropaire de l'Ascension – Ton 4 

Tu T'es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, après avoir réjoui Tes disciples par la promesse du Saint-Esprit. Et cette bénédiction les a convaincus que Tu es le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde. 

C’est le 7e dimanche après Pâques et c’est aussi le jour où nous commémorons les 318 Pères du premier concile œcuménique qui s’est tenu à Nicée en l’an 325.

Tropaire, ton 8

Tu es très glorieux, ô Christ notre Dieu, Toi qui as établi nos Pères sur terre comme des phares, et qui nous as ainsi tous guidés vers la vraie foi ! Ô Toi qui es plein de compassion, gloire à Toi ! 

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Aujourd’hui, le calendrier des saints nous propose de nombreuses commémorations, notamment celles des saints Cyrille et Méthode, égaux aux apôtres. Ils étaient frères, nés à Thessalonique ; Méthode en l’an 825 et Cyrille en 827. 

Sts Cyrille et Méthodes

Tous deux reçurent une éducation classique et furent de brillants théologiens et linguistes. Cyrille était professeur à l’école patriarcale de Constantinople et Méthode était higoumène d’un monastère grec. Ensemble, ils se mirent en route pour convertir les Khazars, un peuple slave situé au nord-est de la mer Noire. Leur succès attira l’attention de la hiérarchie et ils reçurent la bénédiction de poursuivre leur évangélisation des peuples slaves. 

Rastislav, souverain de Moravie, fit appel à Constantinople pour obtenir le soutien de l’Église orthodoxe. L’empereur byzantin Michel III et le patriarche saint Photius confièrent cette mission aux deux frères. L’année suivante, ils commencèrent leur œuvre parmi les Slaves, dont ils maîtrisaient la langue. Ils traduisirent les offices et les Écritures en langue vernaculaire afin que le peuple puisse les apprendre et les comprendre rapidement et facilement. Situé géographiquement entre l’Orient et l’Occident, le pape Nicolas réagit défavorablement et exigea qu’ils se rendent à Rome. À leur arrivée, un nouveau pape, Adrien VIII, était en fonction ; celui-ci se montra bienveillant envers les deux frères. Après la mort de Cyrille, Méthode devint évêque de Symium. Cependant, le nouveau souverain complota pour détruire l’influence de Méthode et le fit jeter en prison, où il fut durement traité pendant trois ans. Il fut finalement libéré grâce à l’intervention du pape Jean, mais la question de l’usage liturgique de la langue slave restait en suspens lorsque Méthode mourut en 884. Ces deux frères vertueux sont désignés comme apôtres des Slaves pour leurs efforts inlassables, qui se poursuivirent longtemps après qu’ils eurent tous deux rejoint leur récompense éternelle.

Kondakion, ton 3

Honorons nos deux saints évangélisateurs qui, en traduisant les Écritures, ont fait jaillir une source de savoir oò nous puisons encore aujourd’hui. Nous vous appelons bienheureux, ô Cyrille et Méthode : alors que vous vous tenez devant Dieu, intercédez avec ferveur pour nos âmes.  

Saint Constantin


Par ailleurs, le calendrier nous rappelle le règne de l’empereur Constantin. À la fin du IIIe siècle, l’administration de l’Empire romain était divisée entre l’Occident et l’Orient. Constantin décida de réunifier l’Empire en transférant la capitale dans la petite ville de Byzance. Bien que cette colonie remonte à l’époque préchrétienne, son principal atout était sa situation centrale, au cœur d’un empire qui s’étendait jusqu’en Espagne et en Grande-Bretagne à l’ouest et au nord, jusqu’à la Méditerranée orientale et la Syrie à l’est, ainsi que sur toute l’Afrique du Nord. Ce développement eut lieu au début du IVe siècle. La ville fut rebaptisée Constantinople, et ce jour-là, en l’an 330, elle fut consacrée capitale de l’empire.

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St. Apôtre Paul

La lecture des Actes des Apôtres est tirée d’Actes 20, 16-18 et 28-36 et nus donne un aperçu de l’activité missionnaire de saint Paul. Il se rendit à Éphèse, qui était un carrefour culturel entre l’Orient et l’Occident, et mit en garde la communauté ecclésiale contre le danger que représentaient les hérétiques, ou les « loups cruels » comme il les appelait. Ces ennemis de la Vérité pouvaient venir de l’extérieur de l’Église ou surgir de ses propres rangs. Le saint apôtre conclut en rappelant l’avertissement du Seigneur selon lequel il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir.  

La lecture de l’Évangile d’aujourd’hui est Jean 17, 1-13, qui fait partie de la très longue première lecture du service des Douze Évangiles (Matines du Vendredi saint). 

Dans ce passage, saint Jean se montre sous son jour le plus théologique, ce qui rend la synthèse difficile, car le commentaire est bien plus long que le texte de ces versets de l’Évangile. On pourrait peut-être se demander pourquoi, si le Christ est Dieu, avait-Il besoin de prier ? La même question pourrait être posée au sujet de Son baptême. Tout au long de Son ministère terrestre, le Christ enseigne, mais pas seulement par des mots. En certaines choses, il enseigne par l’exemple ; c’est-à-dire qu’étant pleinement humain, il fait ce qu’il veut que nous imitions. Pourtant, certaines paroles revêtent une profonde signification : « Tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi ». Il fait référence aux disciples d’une manière qui explique Sa divinité et l’égalité des Personnes de la Trinité. Théophylacte dit : « Si le Fils était inférieur au Père, il n’oserait pas dire : “Tout ce qui est à toi est à moi” ». Le maître possède tout ce que son serviteur a, tandis que le serviteur ne possède rien de ce qui appartient à son maître. Ici, au contraire, ce que le Père a appartient au Fils. Et ce que le Fils a appartient au Père. Ainsi, le Fils est « glorifié » en tous ceux qui appartiennent au Père, car l’autorité du Fils sur toute la création est égale à celle du Père.

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LE 1er CONCILE ŒCUMÉNIQUE en 325 apr. J.-C.

Au cours du premier millénaire de l’Église, il y eut sept conciles généraux. Ceux-ci sont appelés conciles œcuméniques car ils furent acceptés, comme exprimant la vraie foi, par toute l’Église, tant en Orient qu’en Occident. C’était, bien sûr, avant le Grand Schisme de 1054 qui sépara l’Occident de l’Orthodoxie.

1er CONCILE ŒCUMÉNIQUE

Ce premier concile général, auquel participèrent 318 évêques, se tint dans la ville grecque de Nicée. La principale raison de la convocation de ce concile était de traiter le problème de l’hérésie arienne qui troublait l’Église au début du IVe siècle. Arius était prêtre dans la ville d’Alexandrie. Pour comprendre le problème qu’il a suscité, il convient de rappeler certaines références tirées des livres liturgiques orthodoxes. Dans l’office de la vigile de Noël, nous chantons : « Aujourd’hui, la Vierge donne naissance au Créateur de toutes choses ». Et dans un autre hymne, en référence au Malin, « mais maintenant, il voit une femme devenir Mère du Créateur ». 



Les trois Personnes de la Sainte Trinité sont toutes également Dieu. Cela signifie un seul Dieu, et non trois dieux. Jésus-Christ est Dieu incarné. Arius enseignait que la deuxième Personne de la Trinité, le Fils, est inférieure à Dieu le Père. En effet, cela plaçait le Fils parmi les êtres créés, comme les humains ordinaires. Cela dévalorise le Christ, car ce n’est que s’il est véritablement Dieu qu’il peut nous unir à Dieu. 

Ce concile a également marqué le début de la formulation du Credo. Dans le Credo, nous lisons l’enseignement de l’Église sur le Christ, qui, par implication, est une condamnation de l’hérésie, de la fausse doctrine, enseignée par Arius. La deuxième clause du Credo déclare que nous croyons « en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu ; né et non pas créé, de même nature que le Père…… » 

Vous vous dites sans doute : « Tout cela est très théorique et concerne une controverse qui remonte à plusieurs siècles, alors pourquoi y réfléchir aujourd’hui ? » De plus, il existe aujourd’hui une attitude courante face aux questions de foi selon laquelle chacun aurait le droit d’avoir sa propre opinion. Cela laisse entendre que les doctrines concernant Dieu ne seraient que des opinions humaines. Or, l’Église n’exprime pas des opinions. Elle enseigne plutôt la Vérité révélée et objective.

Un incident survenu dans la vie d’un moine du désert égyptien, le père Agathon, permet de comprendre pourquoi l’hérésie est un sujet de grave préoccupation. Un jour, il reçut la visite d’autres moines qui lui posèrent plusieurs questions. Ces questions étaient de cette nature : « Es-tu le père Agathon le voleur ? » À cela, il répondit : « Oui ». « Es-tu le père Agathon l’adultère ? » Il répondit : « Oui ». « Es-tu le père Agathon, le meurtrier ? » Il répondit : « Oui. » « Es-tu le père Agathon, l’hérétique ? » Il répondit : « Non. » Les visiteurs étaient perplexes et lui demandèrent comment il pouvait plaider coupable pour des choses dont ils étaient certains que le père Agathon ne les avait pas commises, tout en réfutant la dernière question. La réponse du père Agathon fut que les premières questions concernaient des péchés dont un homme pouvait se repentir et se réconcilier avec Dieu, mais que l’hérésie est la seule chose qui le sépare de Dieu. 

Vous voyez donc que l'hérésie est destructrice pour l'âme et néfaste. Elle constitue une barrière entre nous et Dieu. C'est pourquoi l'Église a combattu les hérésies au fil des siècles. En effet, les six autres conciles œcuméniques ont été convoqués pour réfuter les hérésies qui étaient prêchées à l'époque. C'est pourquoi nous devons veiller à approfondir autant que possible notre connaissance de la foi chrétienne orthodoxe et nous méfier des faux enseignements des autres. 

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Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après



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