"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 4 octobre 2009

Nadièjda Livanova: Mon chemin vers l'Orthodoxie



Nadièjda est née à Moscou en 1976. Elle a d'abord été maîtresse d'école primaire, et elle a été ensuite diplômée de l'Université de Psychologie et d'Education de Moscou. Actuellement, elle travaille en tant que psychologue scolaire. Elle est mariée et a un fils et une fille, s'intéresse à la psychologie de la famille, au tourisme, et aime la culture arabe.

Je suis née à Moscou, où ma mère a toujours vécu, et mon père était d'origine libanaise. Quand j'avais environ trois ans, mon frère et moi avons été envoyés au Liban parce que nos parents étaient étudiants, et que prendre soin de nous, qui avions tendance à être constamment malades, était difficile pour eux, alors qu'il y avait des fruits et du soleil au Liban.

Nous avons vécu avec nos grands-parents. Grand-mère Asmat était une musulmane profondément croyante et une femme très obéissante. Elle a épousé grand-père, non par amour, mais par la volonté de ses parents et elle a donné naissance à quatre filles et un fils. Elle avait l'habitude de se lever très tôt, de donner le petit déjeuner à son époux avant de se rendre au travail et puis elle nettoyait tout l'appartement, tous les cent mètres carré, centimètre par centimètre. Dans le même temps elle parvenait à cuisiner des plats incroyables et rien n'était jamais trop cuit! Grand-mère priait cinq fois par jour, après s'être lavé les pieds, le visage et, d'une manière particulière, les mains avant cela. Je savais qu'elle ne devait pas être dérangée pendant ce temps et je l'observais seulement.

Lorsque grand-père rentrait chez lui à midi, il devait être bien nourri et mis au lit. Nous courions vers lui et lui baisions la main qui nous donnait du pain, la main de l'homme le plus âgé de la famille. J'aimais beaucoup cette cérémonie et toujours, même aujourd'hui, je baise la main de mon père et la toucher à mon front comme un signe de respect. Honorer de sages parents est merveilleux! Parce que c'est ainsi que nous aurons du respect dans notre vieillesse et de la sagesse dans l'avenir. Les enfants de ces familles n'envoient jamais leurs vieux parents dans une maison de retraite, ne crient après eux ou, pire, ne les bat pas ou les faire vivre dans la rue. Eh bien, quand mon mari me donne de l'argent ou quelque chose de bon, je baise aussi sa main. Au début, il avait l'habitude de la retirer, mais je lui ai expliqué que c'était moi qui avais besoin de cela plus que lui. Maintenant, quand je veux lui baiser la main, il embrasse la mienne en même temps.

Ma mère m'a emmenée pour être baptisé à l'âge de six ans. Je me souviens d'une petite église dans le centre de Moscou. Il y avait beaucoup de monde, le prêtre a lu une prière et j'ai senti la paix dans mon âme. Ma mère nous a demandé de ne pas dire à notre père où nous étions allés et nous avons été silencieux. Et puis, quand j'avais environ 12 ans, ma mère m'a secrètement amenée au monastère Novodiévichiy. Il y avait un office lorsque je suis entré dans l'église. Tout autour était si solennel, lumineux et confortable et j'ai réalisé que je me sentais très bien là-bas et que je ne voulais pas quitter l'endroit. Alors ma mère a rencontré le père Mikhail et il a commencé à nous enseigner la voie de la vérité. Nous avons commencé par la lecture des prières, l'observation des carêmes et l'assistance aux services. La chose la plus difficile était de cacher à père nos croix et nos pensées.

Quand notre père a finalement tout découvert, il était très en colère contre ma mère et il lui a dit qu'il ne nous avait rien dit sur l'islam afin que nous puissions faire notre propre choix quand nous serions grands. Nous avons cessé de cacher notre foi, nous avons ouvertement prié et sommes allés à l'église. Puis il a commencé à lire le Coran à haute voix et à prêcher l'Islam. Mais plus tard, il a abandonné et est même allé à l'église avec nous de temps en temps. À l'âge de dix-sept ans, je suis entré à l'Institut (théologique) Bogoslovsky. Mon père me posait des questions sur la foi orthodoxe, les enseignements et la dogmatique, et j'essayais de lui dire tout ce que j'avais appris et compris moi-même. Plus j'en apprenais, plus je voyais que tout dans la foi orthodoxe était logique et avait un sens profond. Tout rite, chaque règle courante dans la tradition orthodoxe n'était pas apparue comme par elle-même, mais était directement liée au contenu principal de la foi. Une réponse raisonnée ne peut être donnée à toute question du type "Pourquoi fait-on cela?".

Et mon père a été conduit au Seigneur comme [saint] Thomas! Au début, il y a eu un miracle dans le monastère Diviévsky. Ma sœur Dacha et moi sommes retourné à l'hôtel de pèlerinage après l'office du soir, où notre père, que mère avait fait venir avec nous, nous attendait. Il a commencé à se moquer de nous et il nous dit que si tout cela était vrai, il aurait un rêve! Dans la matinée, nous avons été réveillés par ses cris: "Pourquoi ne m'avez-vous pas entendu quand je vous ai appelé?" Nous lui avons dit que nous n'avions entendu personne. Et il a répondu qu'il avait vu la Mère de Dieu dans son rêve, qui avait envoyé une icône dans le ciel, qui, lentement était descendue vers lui dans l'air. Papa a crié, mais personne ne l'a entendu. Il n'a ouvert les yeux que lorsque cette icône a touché son front. J'ai immédiatement réalisé que c'était l'icône favorite de saint Séraphim de Sarov "Oumilénié", mais je lui ai dit de la chercher dans l'église. Après la liturgie, j'ai entendu que mon père criait: "La voilà! Mère de Dieu, aie pitié! "Il était à genoux devant l'icône "Oumilénié", il se signait et il faisait des métanies! Peu après cela, mon père a été baptisé!

Икона Божией Матери ''Умиление'' Серафимо-Дивеевская

J'ai vraiment aimé la façon qu'il avait de répondre aux personnes qui le condamnaient: "Dis-moi qui est plus propre? Le Seigneur, Qui a prié et prêché, ou Mahomet, qui avait quatorze épouses, et la plus jeune avait neuf ans? "Les parents, fidèles musulmans, restaient silencieux!

Un miracle de plus arrivé à Jérusalem. Au cours de l'été 1995, nous sommes allés en pèlerinage à travers la Turquie, la Grèce, l'Egypte, puis à Jérusalem. Ce fut un voyage inoubliable! Je me souviens que nous sommes allés avec papa et une moniale du monastère Odessa, à la colonne de la flagellation du Christ. Si vous mettez votre oreille contre cette colonne vous pouvez entendre distinctement le bruit des fouets et les gémissements de douleur. Mon père et moi avons entendu cela et nous avons été surpris, alors que les religieuses ne pouvaient rien entendre et nous regardaient avec de grands yeux. Il leur a demandé "Vous n'entendez pas?" Elles secouaient la tête, essayaient d'écouter à de nombreux endroits, mais elles ne pouvaient pas entendre cela! Voilà comment le Seigneur peut envoyer un miracle!

J'ai mes tantes, oncles et cousins au Liban. Ils sont tous musulmans. Quand je suis devenue orthodoxe et que j'ai appris les rudiments de la foi, je ne l'ai pas caché. Au début, ils étaient terrifiés. Un père musulman doit toujours avoir des enfants musulmans et une épouse musulmane, mais ma mère a réussi à baptiser ses enfants et même son mari! Ils disent que c'était le premier cas dans toute l'histoire du Liban.

Plus tard, mes parents ont renoncé et ont essayé de trouver le sens et la force de ma foi. Je leur ai parlé en arabe, français, anglais et j'ai expliqué mon point de vue. Et la chose principale était qu'étant russe et considérant notre histoire, je pouvais clairement voir que, sans l'aide de la Mère de Dieu, la bénédiction de Serge de Radonège et d'autres saints, nous ne pouvions pas être sauvés de l'invasion des ennemis qui ont toujours voulu détruire et anéantir notre patrie. Cela semblait les avoir convaincus, et ils m'ont laissée tranquille, et ils ont seulement gardé l'habitude de mettre tranquillement ma croix à l'intérieur si elle se trouvait visible au-dessus de mes vêtements. Je sais que nous prions les uns des autres de façon différente, mais avec un grand amour.

Il y a trois ans je suis allée au Liban et j'ai vu mes sœurs. Nous ne pouvions pas arrêter de parler et de pleurer. Une de mes sœurs plus jeune, Rania, m'a fait plaisir en me disant que maintenant chrétiens et musulmans peuvent étudier ensemble au Liban et elle est même allée dans la maison de son ami chrétien, et y a lu la Bible.

Une fois durant la Semaine Lumineuse, nous sommes allés avec mon père au monastère Al Saidet Nouria qui est sur le Mont Hamet. Mon père a parlé à un prêtre, et j'ai été étonnée par l'explication simple de la Trinité. "Regardez une lampe. Elle a la forme, elle donne la lumière et de la chaleur. Trois en un! "Mais surtout, je fus étonnée quand il nous a invité à aller dans une petite chapelle sur la propriété du monastère où Syméon le Stylite avait construit son pilier et priait. Nous avons ouvert la chapelle, chanté les Tropaires de Pâques, et il m'a demandé de les chanter à nouveau en russe. Ma voix résonnait tout autour de la chapelle, et j'ai compris que c'était un miracle!

Cette montagne est également célèbre par le fait qu'il y a une grotte, où le Métropolite Libanais Elia Karam a prié pour la Russie pendant la Seconde Guerre mondiale. Il avait prié pendant plusieurs jours quand tout à coup, il s'endormit. Dans un rêve il a vu la Mère de Dieu qui lui a dit qu'il devait communiquer avec Staline et lui dire de fixer de libérer les prêtres, d'ouvrir des églises pour servir la Liturgie et d'aller avec l'icône de la Mère de Dieu de Kazan autour de Moscou, alors l'ennemi reculerait. Un documentaire "J'ai entendu une voix du ciel!", a été fait à ce sujet, et mes parents furent activement impliqués dans ce projet.

Je peux dire beaucoup de choses intéressantes, mais dans ce cas, je ne peux que dire "Voilà comment les choses inconciliables se combinent dans ma vie!"

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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