"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mardi 8 juillet 2008

Vie de Saint Sisgismond


Icône de tous les saints de la Terre d'Helvétie
( Dominique Aymonier-Lopez)


Vie de Saint Sigismond[1],
Roi des Burgondes
( † 524)

Fête le 1er Mai

Rien n’est plus admirable que ce choix de moyens dont se sert la Providence pour opérer la sanctification des élus. Nous l’allons voir dans la vie de Saint Sigismond.

Saint Sigismond était fils de Gondebaud, roi des burgondes qui était arien. Converti de l’arianisme à la foi orthodoxe grâce à l’influence de Saint Avit de Vienne ( Fêté le 5 Février), Saint Sigismond montra dès son élévation au trône de Bourgogne ( 516) un grand souci pour la vie de l’Eglise Orthodoxe.
Dès 513, le roi Gondebaud son père l’avait associé au trône et l’avait fait couronner à Genève. Il fut alors nommé Patrice de l’Empire dans les Gaules, dignité que conféraient aux princes burgondes les empereurs d’Orient dont ils se glorifiaient d’être les mandataires.
Il réunit des conciles contre les ariens et restaura le monastère de Saint Maurice d’Agaune. En fait, il y fonda véritablement l’abbaye actuelle qui n’était jusqu’alors ( 516) qu’un lieu où vivaient de saints ermites dans des cellules séparées.
En 517, il fit convoquer par son zèle le Concile d’Epaone présidé par Saint Avit. Il tenta de purger son royaume des poisons du vice et de l’hérésie.
Malgré sa piété, Saint Sigismond gardait néanmoins la grossièreté et l’impulsivité des mœurs barbares. Après le mort de sa première épouse, il s’était remarié. L’inimitié était grande entre son fils Sigeric et sa nouvelle épouse. Un jour de fête, le fils reprocha à sa marâtre de porter les vêtements de sa mère défunte. Celle-ci fut transportée de fureur et se mit à exciter Sigismond par des paroles insidieuses. Elle prétendit que Sigeric voulait tuer son père et s’emparer du royaume.
A cause de cette accusation calomnieuse de complot, le roi fit étrangler son fils en sa présence. Il tomba dans le piège de son épouse manœuvrée par le Malin. Mais à peine le crime fut-il commis, qu’il se précipita en pleurs sur le cadavre et alla se retirer à Agaune ( actuellement Monastère de Saint Maurice) pour tenter d’expier son péché par une sévère pénitence. La tradition rapporte qu’un vieillard lui dit alors: “C’est sur toi que tu dois pleurer maintenant, toi qui par suite d’un perfide conseil, es devenu un cruel parricide; celui que tu as fait périr innocent n’a pas besoin qu’on le pleure. “
Le roi passa de longs jours dans les larmes et les jeûnes pour implorer de Dieu son pardon. Il demanda au Seigneur que Celui-ci lui envoie son châtiment dans cette vie terrestre. C’est pendant ce séjour au monastère d’Agaune qu’il y fit instituer la Laus perennis, louange perpétuelle inspirée de la tradition des Acémètes de Saint Marcel de Constantinople. Profitant de l’affaiblissement du royaume burgonde, les princes francs du nord lui déclarèrent la guerre. Vaincu, le roi Sigismond s’enfuit et resta en un lieu alors appelé Verrosa ( actuel Verrosaz) où il vêcut en ermite dans une grotte.
Il s’était fait couper les cheveux et portait l’habit de moine. Quelques burgondes vinrent le trouver et lui conseillèrent de se retirer au monastère d’Agaune, mais c’était un piège par lequel on le livrait à ses ennemis. Il fut capturé alors qu’il cherchait à atteindre Saint-Maurice et il fut conduit en Gaule et jeté dans un puits près d’Orléans ( France), avec sa femme et ses enfants qui étaient déjà prisonniers de Clodomir, un de ses plus farouches ennemis ( 1er Mai 524).
Dieu, à la demande suppliante du saint, punit son crime par la révolte de ses sujets, mais il glorifia son repentir en illustrant son tombeau par des miracles et il reçut le titre de saint comme le saint roi et prophète David pénitent.
Le corps du saint séjourna trois ans dans ce puits. Souventes fois, on y vit une lampe miraculeusement allumée. Le peuple accourut à ce lieu pour vénérer le saint roi. On y bâtit peu à peu une chapelle, et des maisons s’élevèrent autour de ce sanctuaire, formant un village que l’on appela le Puits de Saint Sigismond ou simplement Saint Sigismond. Ce village existe encore dans l'Orléanais. Le puits du saint s'y trouve et l'on vient encore y puiser de l'eau pour la guérison du corps et de l'âme. Une relique du saint est aussi présente dans ce lieu, chose rare à notre époque...
Mais c’est à Saint Maurice en Valais que le saint devint célèbre. Son corps ayant été transféré à Agaune ( actuel Saint-Maurice en Valais), puis en partie à Prague ( son chef), il fut vénéré comme un martyr et des miracles nombreux s’accomplirent auprès de son tombeau. Saint Grégoire de Tours qui est mort en 595, donc 71 ans après Saint Sigismond, rapporte déjà dans son livre des martyrs et des confesseurs que les fidèles étaient guéris de la fièvre par l’intercession de Saint Sigismond. Il faut noter qu'en ces temps reculés, on appelait fièvres toutes sortes de maladies. Il guérissait également les hernies par son intercession.

Une antique prière éditée avec les œuvres de Saint Grégoire de Tours témoigne de la puissance de son intercession pour les pieux fidèles atteints de fièvres...

“ C’est par un pur don Seigneur,
qu’au nom de Ton élu Sigismond,
par la communion au corps et au sang
de Jésus-Christ Ton fils,
Tu chasseras de Ton serviteur N... que voici,
les frissons et l’ardeur des fièvres
et que Tu daigneras
lui rendre sa santé première.
Amen!”

Version Française C.L.-G. d'après d'anciennes vitae du saint.

[1]Sigismond [ SIGISMOUNDOS]: du germain Sig ( Victoire) [ SIG = NIKIS] et mund ( protection) [MOUND= PROSTASIA]

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