"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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dimanche 12 octobre 2025

18e DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE

Saint Jean de Riga

Dans le calendrier des saints, nous trouvons aujourd'hui saint Jean de Riga. Il est né dans une famille paysanne lettone en 1876. Son nom dans le monde était Janis Pommers. Au fil des siècles, la position géographique de la Lettonie a fait que le pays a subi l'influence de ses grands voisins, la Russie, la Lituanie, la Pologne et la Suède. Elle faisait partie de l'Empire russe avant la Première Guerre mondiale, mais est devenue une république indépendante en 1918. 

Élevé à l'épiscopat en 1911, saint Jean a servi dans divers diocèses de l'Église russe. Contrairement aux premiers siècles, où un évêque était élu dans un diocèse et y restait pour le reste de sa vie, il était devenu habituel de déplacer les évêques d'un diocèse russe à l'autre après quelques années. En 1921, il retourna dans son pays natal. Le patriarche saint Tikhon accorda l'indépendance à l'Église orthodoxe lettone et saint Jean devint archevêque de Riga. Pasteur actif et très aimé, profondément impliqué dans la vie quotidienne de ses compatriotes, il fut même élu membre du Parlement letton en 1925. Le saint hiérarque est considéré comme un martyr, car il fut assassiné en 1934. Malgré la violence de son martyre, le corps de saint Jean fut retrouvé intact en 2003. Personne n'a été inculpé pour son meurtre, bien que les agents bolcheviques aient été soupçonnés d'en être responsables. 

SAINT JOHN DE RIGA, PRIE DIEU POUR NOUS !

On commémore également aujourd'hui saint Kyriakos, né dans la ville de Corinthe en 448. Ses parents s'appelaient John et Eudoxia. Jean était prêtre. L'évêque Pierre de Corinthe était l'oncle de Kyriakos et il ordonna son neveu lecteur alors que celui-ci n'avait que dix-huit ans. Kyriakos étudia les Écritures et fut particulièrement influencé par le verset "Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive (Matthieu 16:24). 

Saint Kyriakos

Kyriakos prit cette exhortation à cœur et se lança dans une vie monastique d'ascétisme. Bien qu'il ne subsistât que du strict minimum, il n'avait pas l'air émacié et décharné comme beaucoup d'ascètes du désert, mais restait en forme et fort, capable d'accomplir les tâches physiques les plus exigeantes. 

Kyriakos fut guidé dans sa voie monastique par de grandes figures telles que saint Gérasimos et saint Euthymios. À la mort d'Euthymios, Gérasimos et Kyriakos célébrèrent ses funérailles. Par la suite, Kyriakos resta auprès de Gérasimos pendant neuf années supplémentaires. Lorsque ce dernier rejoignit sa récompense éternelle, Kyriakos se retrouva seul dans ses luttes monastiques. Il décida alors de se rendre dans un monastère situé dans une région connue sous le nom de Suka. Là, sa réputation se répandit dans tout le district, amenant de nombreuses personnes à solliciter ses prières, ses conseils et son aide spirituelle.Bien qu'il ait toujours refusé toute forme d'honneur, Kyriakos accepta d'être ordonné prêtre à l'âge de quarante ans. Il resta dans la communauté monastique jusqu'à l'âge de soixante-dix ans, où il ressentit le besoin d'une plus grande solitude. Il s'est alors enfui dans une partie du désert appelée Natufa, décrite comme n'étant habitable que par les insectes et les scorpions. Il est sorti de sa solitude à l'âge de 90 ans et s'est installé à la lisière de cette étendue désertique et inaccessible, où les voyageurs et les pèlerins s'arrêtaient pour lui demander conseil, jusqu'à son repos éternel, en 557, à l'âge de 109 ans.

SAINT PÈRE KYRIAKOS, PRIEZ DIEU POUR NOUS !

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L'Évangile du dimanche est l'un des plus courts de l'année - Luc 6, 31-36, et il fait suite au commandement « aimez vos ennemis » (versets 27-30). Pour mieux comprendre, il est utile de lire à partir du verset 27, où les apôtres sont sur le point d'être envoyés prêcher malgré le fait que des persécuteurs et des détracteurs les attendent. Les craintes humaines auraient pu les influencer au point qu'ils auraient voulu se protéger en gardant le silence et en ne prêchant pas la vraie foi. Cela aurait eu pour conséquence d'éteindre la lumière de l'Évangile. Le Seigneur exhorte les apôtres à ne pas céder à des mesures défensives contre leurs ennemis, mais à tout endurer, les insultes et pire encore, jusqu'à la mort. Ainsi, la lecture de l'Évangile commence par le Christ rappelant aux apôtres de réfléchir à la manière dont ils aimeraient être traités et de traiter tout le monde avec cette compassion, même leurs ennemis. Il énumère ensuite une série d'incidents pour souligner ce point.

Le commentaire de Théophylacte se termine ainsi : « Si vous aimez ceux qui vous aiment, vous êtes comme les pécheurs et les païens ; mais si vous aimez ceux qui vous font du mal, vous êtes comme Dieu, qui est bon envers les ingrats et les méchants. Que désirez-vous, être comme les pécheurs ou être comme Dieu ? Voyez-vous l'enseignement divin ? Il vous a d'abord persuadé au moyen de la loi naturelle : faites aux autres ce que vous voulez qu'on vous fasse. 

 Ensuite, Il vous persuade avec le résultat et la récompense – Il promet que vous deviendrez comme Dieu. 

À première vue, cela semble contredire la parabole de Lazare et du riche, mais il y a une différence. Le conseil concerne notre comportement dans cette vie, alors que nous avons encore le temps d'agir en conséquence. Dans la parabole, le riche n'a compris la vérité que lorsqu'il était trop tard pour faire quoi que ce soit.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
in Mettingham. 
ENGLAND

dimanche 8 octobre 2023

18e DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE

 

Saint Caduc

Tout au long de l'année, en regardant la vie des saints, nous ne pouvons manquer de remarquer la forte influence de la vie monastique. Parmi les saints qui sont commémorés aujourd'hui, nous avons des exemples impressionnants. 

Au premier millénaire, avant que ces îles ne soient arrachées à l'Église par le Grand Schisme, beaucoup de communautés monastiques ont témoigné de la Vérité de l'Évangile. 

Saint Cadoc est né au Pays de Galles à la fin du 5ème siècle, vers l'an 497. À cette époque, le Pays de Galles était une mosaïque de petits fiefs. Le père de Cadoc était Gwynllyw (l'un des petits rois du pays de Galles) et sa mère était Gladys (l'une des filles du célèbre roi Brychan). Les traditions sur le saint sont nombreuses. On dit que le père de Cadoc célébra sa naissance de manière débridée. Dans cette exubérance, une vache fut volée. Elle appartenait à un moine irlandais, St Tathyw (Tathan) de Caerwent, qui exigea sans crainte son retour. Gwynllyw fut inspiré pour décider que Cadoc devrait être éduqué dans le monastère des moines de Caerwent. Ainsi, il se familiarisa avec la vie monastique et  apprit à l'aimer. En tant qu'adulte, Cadoc refusa de commander l'armée de son père, préférant être un “soldat” du Christ. Son oncle, le roi Pawl de Penychen, lui accorda des terres sur lesquelles le monastère de Llancarfan fut établi. Diverses traditions affirment que Cadoc voyagea beaucoup en Irlande, en Écosse et sur le continent, construisant des églises et fondant des communautés monastiques. Après ses efforts inlassables pour le Royaume du Christ, saint Cadoc alla recevoir sa récompense céleste en l'an 580.

St Finbarr de Cork

Saint Finbarr est né en 550 et a grandi à Templemartin, au nord de Brandon en Irlande. C'était aussi un voyageur invétéré et il construisit des églises dans de nombreux lieux. Il est rapporté que lors d'un de ses pèlerinages, Finbar rendit visite à saint David au Pays de Galles. Plus tard, il s'installa dans le Grand marais de Munster et devint finalement évêque/higoumène de Cork. Il reposa en Christ ce jour de l'an 623.

Saint David du Pays de Galles


Avançant dans le temps; l'ancienne Rus' reçut la lumière du Christ au 10ème siècle, et peu à peu, des monastères furent établis. Saint Serge de Radonège est affectueusement connu comme l'higoumène de Russie, pour son énorme contribution à la vie monastique. 

Vers 1314, ou un peu plus tard, saint Serge est né de parents pieux Kirill et Maria; une famille de boyards de Rostov. Le site traditionnel de sa naissance est l'endroit où se trouve aujourd'hui le monastère de Varnitsy. Le nom de baptême du garçon était Bartholomée en l'honneur de l'apôtre Bartholomée. Lorsque Rostov tomba entre les mains du prince Ivan Danilovitch de Moscou, la famille s'appauvrit et déménagea ensuite à Radonège. Après la mort de ses parents, Bartholomée déménagea à Khotkovo, près de Moscou, où son frère Stefan était moine. Cherchant l'isolement, les frères trouvèrent un endroit dans la forêt sur la colline de Makovets où ils construisirentt une cellule monastique et une petite église, en l'honneur de la Sainte Trinité. Ce fut le début de la grande Laure de la Trinité-Saint-Serge.

Saint Serge de Radonège


Avec le temps, Stefan déménagea dans un monastère à Moscou. Bartholomée fut tonsuré comme moine avec le nom monastique de Serge. Pendant un an, Serge vécut seul en ermite, puis d'autres moines commencèrent à s'installer à proximité, construisant leurs propres cellules monastiques. Réunis en communauté, ils élisent Serge comme higoumène et il fut ensuite ordonné prêtre. 

Le Patriarche de Constantinople Philothée envoya à Serge une charte monastique. Le règne de Dmitri Donskoï vit des disciples de l'higoumène Serge voyager à travers toutes les terres du nord de la Russie pour prêcher et enseigner, construire des églises et fonder des monastères. En tout, une quarantaine de monastères furent fondés à cette époque. Le Métropolite Alexis de Moscou vit Serge comme son successeur, mais l'higoumène refusa l'ordination épiscopale, préférant rester simple moine.

Ce grand et saint serviteur de Dieu alla recevoir sa récompense éternelle en ce jour de 1392. Ses reliques incorruptibles furent découvertes en 1422 et enchâssées dans la Laure de la Trinité-Saint-Serge. Manuscrit très complet, La Vie de saint Serge de Radonège fut écrite par Pacôme Logothète au xve siècle. Une grande partie de ce que nous savons sur saint Serge provient de cette source très détaillée.

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Nous commençons maintenant les dimanches de Luc. Les lectures évangéliques de la Liturgie jusqu'au début du cycle de Noël sont toutes de saint Luc. Le passage de l'Évangile pour aujourd'hui est Luc 5: 1-11 et nous enseigne une leçon précieuse.

Les foules cherchaient à entendre le Seigneur parler. Puisqu'une plate-forme est utile près du rivage, le Christ utilisa un bateau à cet effet tout en instruisant le peuple. Le bateau appartenait à Simon Pierre. Au lieu de payer le propriétaire du bateau, le Seigneur accorda une double récompense; Il a accordé une abondance de poissons et Il fit de lui un disciple.

La pêche miraculeuse
Le Christ utilise les choses avec lesquelles nous sommes familiers pour nous tendre la main. Il utilisa l'étoile pour tendre la main aux Mages et, dans cet exemple, Il utilisa du poisson pour tendre la main aux pêcheurs. Pierre fit instinctivement confiance au Seigneur. Non seulement il prêta son bateau à un étranger, mais il s'inclina devant sa demande de remonter dans le bateau et de jeter le filet. Après une nuit décevante, l'épuisement aurait pu faire refuser Pierre mais il ne le fit pas. Avec une totale confiance, il obéit et fut récompensé par une énorme prise de poissons. Dans son humilité, Pierre exprima son indignité. Ici, nous voyons le symbolisme du miracle.

La nuit précédente avait été sombre. Les pêcheurs n'avaient rien pris. Le Seigneur arriva et tout changea. Dans ce miracle, la barque représente la synagogue des Juifs et Pierre les maîtres de la loi. Jusque-là, c'était bien la nuit, une nuit spirituelle. Avec la venue du Christ, la Lumière est apparue et les enseignants de la loi ont été remplacés par les saints apôtres. 

Le bateau est laissé derrière et remplacé par l'Église. Le symbolisme continue “ " Jetez le filet”. L'Évangile est le filet. Un filet était une chose banale faite de corde, mais avec les fragments tissés ensemble dans un filet, elle avait de la force et un but. Il attrapa tellement de poissons qu'il fallut de l'aide pour tirer les prises à bord. Les apôtres avaient donc besoin de plus d'aides pour répandre la parole et attirer la moisson des âmes. L'Évangile, comme le filet, est une chose simple composée de mots ordinaires, mais ensemble, ils ont à la fois force et puissance.


Version française Claude Lopez-Ginisty


d'après




in Mettingham. 


ENGLAND