"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

samedi 31 juillet 2010

Règle de saint Columba (6ème siècle)



Même si elle n'a pas tout à fait "sauvé la civilisation", l'Irlande était l'un des centres monastiques de l'Europe au début du moyen âge. En fait, l'Eglise en Irlande a été dominée par les monastères et par les dirigeants monastiques. D'autres moines irlandais sont devenus missionnaires et ont converti une grande partie de l'Europe du Nord. Saint Columba (521-597) et ses disciples ont converti l'Ecosse et une grande partie du nord de l'Angleterre. Columba n'a pas laissé de règle écrite. Mais la règle suivante, qui lui est attribuée, a été fixée bien plus tard. Elle reflète véritablement l'esprit du monachisme irlandais originel.

°Sois seul dans un endroit retiré près d'une grande ville, si ta conscience n'est pas prête à vivre en communauté avec la foule.

°Sois toujours sans ornement, à l'imitation du Christ et des Evangélistes.

°Que tu possèdes peu ou une grande partie de quoi que ce soit, que ce soit les vêtements ou la nourriture, ou la boisson, que ce soit entre les mains de l'aîné et à sa disposition, car il n'est pas digne d'un religieux d'avoir de distinction de propriété avec son propre frère qui es libre.

°Qu'un lieu fermé, avec une porte, t'abrite en ses murs.

°Quelques hommes religieux pour converser avec toi de Dieu et de Son Testament; te rendre visite les jours de solennité, te renforcer dans les Testaments de Dieu, et les récits de l'Ecriture.

°Tu n'admettras pas auprès de toi, une personne qui parlerait trop avec toi en vaines paroles, ou du monde, ou qui murmure à propos ce qu'il ne peut réparer ou prévenir, mais qui te distrairait plus, par un bavardage [...], mais donne-lui tout de suite ta bénédiction, s'il la mérite.

°Que ton serviteur soit discret, religieux, qu'il ne fasse pas de contes, il t'assistera continuellement, par un travail modéré bien sûr, mais toujours prêt.

°Rends-toi avec soumission à toute règle qui est de l'ordre de la dévotion.

°[Aie] un esprit préparé pour le martyre rouge [id est la mort pour la foi].

°[Aie] un esprit fortifié et indéfectible pour le martyre blanc. [id est les pratiques ascétiques] Le pardon du cœur de chacun.

° Des prières constantes pour ceux qui te troublent.

°La ferveur dans le chant de l'Office pour les morts, comme si tout fidèle défunt était un de tes amis particuliers.

°Les hymnes pour les âmes [doivent être] chantées debout.

°Que ta vigile soit constante de la veille à la veille, sous la direction d'une autre personne.

°Trois travaux dans la journée, à savoir: prières, travail, et lecture.

°Les travaux seront divisés en trois parties, à savoir, le travail qui t'est propre, et le travail de ta place, avec ses besoins réels, d'autre part, la part de ton travail pour les frères, enfin, pour aider le prochain, c'est-à-dire par l'instruction ou l'écriture, ou la couture des vêtements, ou quel que soit le travail dont il puisse avoir besoin, "ut Dominus ait, Non apparebis ante me vacuus [comme le Seigneur dit: Tu n'apparaîtras pas vide devant Ma Face. "].

°Tout, dans son ordre propre; Nemo enim coronabitur nisi qui legitime certaverit. [Car nul n'est couronné sauf celui qui s'est efforcé de manière licite.]

°Fais l'aumône, avant toutes choses.

°Ne prends pas de nourriture jusques au temps où tu as faim.

°Ne dors pas tant que tu n'en sens pas le désir.

°Ne parle pas, sauf lorsque tu dois vaquer aux affaires.

°Tout ce qui t'es donné en surplus dans les repas légitimes, ou dans les vêtements, donne-le par pitié pour les frères qui le veulent, ou pour les pauvres de la même manière.

°L'amour de Dieu, de tout ton cœur et de toute ta force;

°L'amour de ton prochain comme toi-même

°Demeure dans le Testament de Dieu en tous temps.

°Ta mesure de prière doit être jusques au temps où viennent tes larmes;

°Ou ta mesure de travail jusques au temps où viennent tes larmes;

°Ou la mesure de ton œuvre de labeur, ou de tes génuflexions, jusques au temps où vient ta sueur, si tes larmes ne sont pas libres.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
A. W. Haddan and W. Stubbs,
Councils and Ecclesiastical Documents
Relating to Great Britain and Ireland II, i
(Oxford: Oxford University Press, 1873),
pp. 119-121.

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