"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 27 juillet 2008

Saint Archevêque Luc ( Voino-Yasenetsky)de Simféropol


Saint Luc de Simferopol

Saint Archevêque Luc ( Voino-Yasenetsky)
Un jour d’Avril 1957, un vieil homme monta en chaire et prêcha le sermon qui suit... Ses ouailles burent ses paroles. Ce n’était pas un clerc ordinaire, c’était le grand archevêque Luc Voino-Yasenetsky, moine, savant célèbre et chirurgien renommé, et il était dans sa huitantième année.
L’idée-même qu’un scientifique et un érudit puisse avoir la foi apparaissait totalement ridicule à la plupart des gens de l’URSS, pourtant pendant plus de quarante ans sous le régime soviétique, l’archevêque Luc fit vigoureusement état de sa foi.
Ce fut au tournant du siècle qu’il décida de devenir médecin de campagne. Pendant quinze ans, il se dévoua à sa tâche pratiquant quelquefois près de mille opérations par an.
Puis vint la révolution. En 1917 alors qu’il était chirurgien en chef à Tachkent, il fut emmené pour être fusillé avec d’autres membres de la “ bourgeoisie”. Il échappa à la mort seulement parce que ses bourreaux se trouvèrent être d’anciens patients qu’il avait guéris et qui se souvenaient de sa compassion. Sa jeune épouse contracta la tuberculose et mourut de froid et de faim. Le cœur brisé, le jeune veuf se mit à travailler sans cesse pour faire face à cette séparation cruelle. Il fit des conférences, écrivit, et opéra sans discontinuer. Il ne prenait nul repos et souvent ne mangeait pas car il n’acceptait nul rétribution de ses patients miséreux.
Après être devenu prêtre en 1921, il portait deux chapeaux: il donna des conférences sur la pathologie, mais il portait toujours sa soutane et une grande croix pectorale- pratique qui devait irriter les autorités.
Il devint évêque, fut arrêté et exilé deux fois en Sibérie orientale et une fois aux rives de l’Océan Arctique. Mais partout où il se trouvait, il commençait à soigner les malades et à prêcher. Si les églises étaient fermées, il les ouvrait illégalement! Il opérait aussi des patients atteints du cancer, redonnait la vue et il sauva un jour un patient atteint de défaillance rénale en lui greffant un rein de veau.
Les soldats, ses compagnons de captivité, les professeurs, les paysans, les pêcheurs, les évêques, tous avaient quelque histoire édifiante à raconter sur lui.
En tous temps il enjoignit à ses fidèles d’être sans crainte face à la propagande religieuse et à la persécution. Il poursuivit son combat jusqu’à sa mort en 1961... Il a été glorifié par le Patriarcat de Moscou.

"J’espère que ce que je vais vous dire ne vous semblera pas être un discours d’autosatisfaction. Je dois vous dire que je ne cherche pas ma propre gloire, mais celle de Celui qui m’a envoyé... Je sais que de nombreuses personnes ne comprennent pas comment, ayant obtenu une certaine reconnaissance comme scientifique et quelque renom comme chirurgien, j’ai pu abandonner la chirurgie et la science pour prêcher l’évangile du Christ.
Ces gens qui pensent que la science et la religion sont incompatibles, se trompent lourdement. Ce n’est pas vrai, nous savons en effet par nos livres d’histoire que beaucoup de grands savants comme Newton, Pasteur et notre grand physiologiste Pavlov étaient des hommes profondément religieux. Il y a parmi nos propres savants modernes de nombreux savants qui m’ont demandé de les bénir.
...Mais je dois vous dire que je trouve l’œuvre de Dieu en moi merveilleuse au-delà de toute logique. Je vois maintenant clairement que depuis mes jeunes années le Seigneur me conduisait à la prêtrise.
Bien sûr, je n’en étais pas conscient. Je ne pensais jamais que j’allais devenir prêtre. Ce qui me plaisait surtout, c’était la chirurgie. Je m’y consacrais totalement. Elle remplissait ce besoin que j’avais de servir les pauvres et les malades et de parer à leurs difficultés pas tous les moyens en mon pouvoir.
Je me souviens avec étonnement de quelque chose qui advint il y a soixante ans. J’avais fini mes études secondaires et reçu un certificat d’études secondaires. Mon proviseur me tendit le certificat à la cérémonie de remise des diplômes: il était inséré dans un Nouveau Testament.
J’avais déjà lu le Nouveau Testament, mais alors je le lus à nouveau, du début à la fin cette fois. Et je notais tout ce qui m’y avait frappé.
Rien ne me fit plus grande impression que ce que Jésus disait à ses apôtres à la vue d’un champ de blé mûr: “La moisson est grande, mais il y a peu d'ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers dans sa moisson...”
Je fus terriblement ébranlé par ces paroles. En moi-même je m’écriais: “ Seigneur, pourquoi as-Tu si peu d’ouvriers pour Ta moisson?”
Je me souvins de ces paroles toute ma vie.
...Plusieurs années passèrent. Je reçus le diplôme de Docteur en médecine pour ma dissertation sur l’anesthésie locale. Je devins ensuite médecin de province, traitant les malades et les ouvriers, travail qui me donna entière satisfaction.
Le temps passa et je décidais d’écrire un livre sur la chirurgie septique. Ce fut alors que j’en écrivais l’introduction que cette étrange pensée me vint à l’esprit: Quand ce livre sera terminé, il portera le nom d’un évêque sur sa première page.” Cette pensée ne me quittait pas. Mais d’où venait cette idée? Que signifiait-elle? De quel évêque était-il question?
Je n’avais jamais pensé à devenir prêtre, alors évêque? Pourtant, quelques années plus tard cette pensée était devenue réalité. Quand je finis le livre, j’étais évêque. Sur la page de titre, j’écrivis : Evêque Luc, Essais de Chirurgie Septique.
Tout ceci arriva tout à fait sans que je m’y attende. Néanmoins, cela arriva en réponse à un appel très clair de Dieu.
J’étais médecin en chef à l’hôpital de Tachkent, à cette époque. Le conseil diocésain se réunit à la Cathédrale et j’y assistais. J’y fis une intervention longue et enflammée sur un sujet d’importance. A la fin de la réunion, l’évêque Innocent prit mon bras et me conduisit à l’extérieur. Il parla de la profonde impression que mon discours avait fait sur lui et soudain, s’arrêtant, il me dit:” Docteur, vous devriez devenir prêtre...”
Je pris cet appel à la prêtrise de l’Archevêque comme un appel de Dieu, et sans plus réfléchir je répondis: “ D’accord, Monseigneur, j’accepte.”
Le dimanche suivant je fus ordonné diacre et une semaine plus tard prêtre. Je développai une grande vocation pour prêcher et j’organisai des discussions en dehors des temps de services à l’église. Quand les athées argumentaient, j’étais impitoyable dans mes réponses.
Deux ans plus tard , je devins évêque. Ce fut alors que le Seigneur me conduisit à la ville lointaine de Yeniseisk.
Tous les prêtres de cette ville, ainsi que ceux de la capitale régionale étaient membres d’un mouvement qui soutenait le pouvoir soviétique: je célébrais donc les offices dans mon appartement avec les trois prêtres qui m’accompagnaient.
Un jour, alors que j’allais commencer un office, je vis un vieux moine qui se tenait à la porte d’entrée. Il me regarda fixement, comme si était frappé de stupeur, oubliant même de s’incliner devant moi.
Il finit par me dire la raison de sa surprise. Apparemment les croyants orthodoxes de sa région, ne voulant pas prier avec leurs prêtres infidèles, l’avaient choisi et envoyé vers le sud afin qu’il soit ordonné prêtre par un évêque orthodoxe. Cependant, une force inexplicable le força à venir vers le nord, à Yeniseisk où je vivais.
Je compris aussi pourquoi il avait été stupéfait de me voir. Dix ans plus tôt, je vivais alors en Russie centrale, il avait eu un rêve. Il rêva qu’un évêque inconnu l’ordonnait. Me voyant, il avait reconnu l’évêque de son rêve.
Il semble que dix ans auparavant, alors que j’étais chirurgien dans mon hôpital, j’étais déjà considéré comme évêque aux yeux de Dieu!
Vous voyez comment pendant ces dix ans, le Seigneur Dieu m’a conduit pour le servir comme archevêque en un temps difficile pour l’Eglise.
...Je pourrais vous raconter encore beaucoup de choses sur la manière miraculeuse que la main de Dieu utilisa pour guider ma vie, mais je pense en avoir assez dit pour vous demander de dire avec moi:” Gloire à notre Dieu, maintenant et à jamais! Amen”

D'après Light Beyond the Iron Curtain
Version française Claude Lopez-Ginisty

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