"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mercredi 25 mai 2016

Père Andrew [Philipps]: L'empereur Obama (A propos de la visite récente de M.Obama en Grande Bretagne...)



The fool doth think he is wise, but the wise man knows himself to be a fool. (Le sot pense qu'il est sage, mais l'homme sage sait qu'il est un sot.) (Shakespeare, As You Like It)
Comme tout empereur romain païen de jadis, l'empereur Obama a visité sa plus ancienne colonie (75 ans, depuis "l'alliance" de 1941, "la relation spéciale"). Comme tout empereur, il a reçu l'hommage de son gouverneur vassal local, s'est immiscé, a dit à ses sujets comment voter, les a insultés et menacés s'ils ne lui obéissaient pas, et a reçu un hommage de la royauté locale, quand on lui présenté le Prince Georges, futur roi tributaire. Tous étaient trop effrayés pour lui parler de ses nouveaux vêtements: car il vit sur du temps emprunté, dans le paradis d'un fou.
Cependant, aujourd'hui, le lendemain, est jour de fête nationale, jour de la saint Georges selon le calendrier catholique romain, et 400 ans après la mort de Shakespeare. L'Angleterre, et en fait toutes les quatre nations de ces îles doivent encore répondre à une question: Être ou ne pas être? 
Dans la frénésie de détruire par suicide leur identité nationale, est-ce la fin de l'Angleterre, la fin de ces îles et même la fin de l'Europe? 

Cependant, aujourd'hui, pour l'Eglise, c'est le Samedi de Lazare et donc la veille du Dimanche des Rameaux. C'est le jour où le mort de quatre jours, déjà corrompu, a été ressuscité du tombeau. Lazare a choisi "d'être". Donc, tout est encore possible. A l'Angleterre, nous disons: Lazare, sors!
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Daniel Spaulding: DANSES AVEC LES OURS

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Y at-il une équivalence morale qui puisse raisonnablement être établie entre le gouvernement russe, et en particulier son chef, le président Vladimir Poutine, et l'Alliance dirigée par l'Amérique de l'OTAN? Les actions présumées de la Russie dans l'est de l'Ukraine, la Tchétchénie, et la Syrie sont-elles tout aussi déplorables que l'invasion par Washington de l'Irak ou la chute du colonel Mouammar Kadhafi en Libye? Les Occidentaux qui expriment de l'admiration pour la Russie ou de la sympathie envers le président Poutine, sont-ils des "adorateurs de la Russie" un peu plus hypocrites, et un peu plus opportunistes?

Au contraire, ces accusations paraissent être un peu plus comme les angoisses de ces Occidentaux, en particulier les Américains, qui craignent que critiquer trop lourdement l'OTAN et admettre que la Russie agit d'une manière défensive, serait prêter le flanc à l'accusation non seulement d'être "anti américains", mais aussi "compères du Kremlin." Etre anti-russe est destiné à se démarquer de  la stigmatisation d'être "anti-américain".

Mais concevoir la Russie comme l'image miroir de l'Amérique et de l'OTAN, est absurde lorsque l'on regarde au-delà de la signalisation morale trouvée dans les médias sociaux et alternatifs. Les actions réactives et, finalement, de défense de la Russie en Ukraine et en Syrie, ne sont en aucune façon comparables à l'agression non provoquée contre l'Irak et contre la Libye, menées par Washington, avec ses alliés européens.

L'étendue exacte de la participation russe en Ukraine est une question en litige, mais il suffit de souligner que, quelle que soit sa nature, elle est née à la suite d'un coup d'Etat violent soutenu par Washington, dirigé par des bandes de voyous néo-nazis, qui ont renversé un président amical envers Moscou, et l'ont remplacé par une junte violemment hostile à l'égard de Moscou, et qui a ouvertement admis son hostilité envers la population russophone de l'Ukraine*. Dans cette atmosphère, Poutine a décidé de revendiquer la Crimée historiquement russe, qui a choisi de se séparer pacifiquement de l'Ukraine, et il a fourni un soutien limité aux militants anti-putsch de langue russe à l'est de l'Ukraine, surtout après qu'ils aient été impitoyablement réprimés les milices ultra-nationalistes parrainées par Kiev.

Il semble tout à fait raisonnable que la Russie ait agi contre un acte hostile à sa frontière par une puissance ennemie rivale cherchant à étendre son influence. Vu dans le cadre de plus d'une décennie d'expansion de l'OTAN, une organisation qui aurait dû être abolie après l'effondrement de l'Union soviétique et du Pacte de Varsovie, [expansion] bien au-delà de l'Europe occidentale dans la sphère d'influence russe traditionnelle, des réactions limitées et défensives de Moscou en Ukraine, en fait, semblent trop peu, et trop tard.

De même, une intervention plus récente de Moscou en Syrie pour défendre le gouvernement affaibli du président Bachar al-Assad à Damas, contre les groupes terroristes islamistes est également une réaction de défense limitée, face aux États-Unis, à la Turquie, à l'Arabie saoudite et à d'autres pays fournissant de grandes quantités d'armes et le financement des différentes factions terroristes, y compris Daesh et al-Qaïda. Le soutien de la Russie pour un allié de longue date est, encore une fois, non déraisonnable, et il a mis longtemps à venir.

Les États-Unis ne peuvent produire aucune justification d'intérêt national dans leur invasion pernicieuse et non provoquée de l'Irak en 2003, ni ces mêmes États-Unis et leurs alliés de l'OTAN faire une telle affirmation pour le bombardement de la Libye, qui a conduit à l'assassinat brutal du colonel Kadhafi, et à la montée de Daech et d'autres groupes et chefs de guerre et terroristes islamistes qui ont entraîné la nation qui était un jour développée, stable et unifiée, dans la guerre civile et la pauvreté. En fait, nous savons maintenant que les responsables américains, comme la secrétaire d'État Hillary Clinton, étaient intéressés par le pétrole et les réserves d'or de la Libye. Aucune charge ne peut être retenue contre Poutine en Syrie.

Maintenant, tout ce qui pourrait dit être au sujet de la Russie ou de Poutine, l'accusation selon laquelle ce serait l'autre côté de la médaille Washington / OTAN est ridicule. Les opérations limitées dans les sphères d'influence traditionnelles de Moscou, ne sont en aucune façon comparables à la politique de Washington vieille de plusieurs décennies, qui consiste à aller dans tous les coins du globe, pour renverser les gouvernements et envahir les nations les plus faibles. Les tentatives d'équivalence morale, sont en réalité ici des actes de lâcheté morale.

De même, ceux qui soutiennent la Russie dans ses efforts progressifs de se libérer de la domination oligarchique internationale, désirent un monde multipolaire et voient la direction de Poutine comme un défi rafraîchissant au statu quo de l'hégémonie mondiale de l'Occident. 

Les hommes et les femmes assez courageux pour nager à contre-courant, ne doivent pas être rejetés comme "des compères du Kremlin" par ceux qui ne prétendent s'opposer qu'à un Empire qui pousse à tous nous asservir.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


* Rappelons qu'une de ses premières mesures concernait l'interdiction de la langue russe en Ukraine.

La collection des 10 opuscules des homélies et conférences de l’archimandrite Elie (Ragot)












La collection des 10 opuscules des homélies et conférences de l’archimandrite Elie [Ragot] vient de paraître.

Cette collection, reprend de différentes homélies ou conférences du père Élie prononcées à diverses occasions et se propose de montrer quelques aspects de la vie chrétienne.

Les opuscules sont vendus au profit de la construction de l’église patronale du monastère de la Transfiguration. Pour les commander, cliquez ICI !

Les opuscules 1 à 10 des homélies et conférences de l’archimandrite Elie :

Opus 1 : L’image du Christ.
Opus 2 : La construction d’une église : épiphanie d’un mystère.
Opus 3 : Une vie chrétienne épanouie : c’est la sainteté.
Opus 4 : L’inverse d’une foi figée : Dieu nous divinise.
Opus 5 : La confession des péchés.
Opus 6 : La vie du ciel sur la terre : La divine liturgie.
Opus 7 : Un guide lumineux et illuminateur des âmes : Géronda Aimilianos.
Opus 8 : Place du monachisme dans l’Église.
Opus 9 : Le monachisme : un idéal et un défi.
Opus 10 : Sur l’amour de la beauté : la Philocalie.

mardi 24 mai 2016

Staretz Elisée de Simonopétra: Du sacrifice dans le mariage et le monachisme


Sts. Joachim et Anne Ancêtres de Dieu,
 tenant la Toute Pure Génitrice de Dieu

*
Par conséquent, ne pensez pas que vous ne priez pas. Vous priez tous les jours, si, pour la seule raison que vous avez décidé de vous offrir à Dieu, et de vivre à part, contre la mentalité mondaine. Ainsi, vous devez savoir que cela constitue la prière. C'est la prière. La prière, c'est quand je deviens moine, pour m'offrir à Dieu. Ceci est la prière.

Vous priez quand vous vous offrez à l'Eglise et comme un sacrifice l'un pour l'autre dans le mariage. Celui qui se marie donc, dans sa vie conjugale, est un prototype. En d'autres termes, le mariage est un retour à l'état antérieur au Paradis. Il consiste à vous offrir dans la vie conjugale, car que fait-il? M'offrir à quelqu'un d'autre, c'est me sacrifier pour l'autre.

Personne ne peut distinguer le laïc du moine, car que sont-ils? Être un moine est un retour à un état antérieur, en d'autres termes, au Paradis, sans compromis.

Nous vendons notre liberté à Dieu, parce que Dieu est notre liberté.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

lundi 23 mai 2016

Saint Paissios et le staretz Jacques (Iacovos) d'Eubée

Père Jacques d'Eubée, saint Paissios, saint Porphyries
*
Témoignage du hiéromoine Iakovos

"J'étais laïc, étudiant du Lycée Ecclésiastique de Lamia, en 1986, sous le nom de Jean. Je suis allé au Mont Athos, et j'allai rendre visite, avec la bénédiction de mon staretz Jacques (Iakovos [Tsalikis]), le staretz Païssios, afin d'être conseillé par lui, pour savoir si je devais devenir moine ou non. 

Le staretz Jacques avait une grande vénération pour le staretz Païssios, et quand je suis allé vers lui, il m'a donné quelque chose à lui donner comme bénédiction, et il m'a dit: "Dis au staretz Paissios, lorsque tu arriveras  à Thessalonique, qu'il devrait venir nous voir. Quant à moi, Jean, il m'est difficile d'aller voir le staretz, parce que je dois passer au-dessus des montagnes, des vallées, de la mer, et ma santé ne me le permet pas, sans oublier que le staretz Païssios est un saint, moi je suis pécheur et indigne." Il m'a alors donné 5.000 drachmes pour allumer un cierge dans sa chapelle.

Quand je suis allé à la Sainte Montagne, j'ai rencontré le staretz juste devant sa porte. Dès qu'il m'a vu - je voyageais avec un hiéromoine - il m'a dit:

"Hé, c'est bon de te voir, c'est bon de te voir!"

Nous avons reçu sa bénédiction, et il m'a dit:

"Hé, que penses-tu? Allons-nous faire de toi un moine?"

"Staretz," lui ai-je dit, "j'ai un problème avec mes parents."

"Écoute ce que je te dis, laisse tes parents pleurer pendant un mois ou deux, de sorte que tu ne puisses pas pleurer éternellement, et avant que tu ne perdes le trésor." (Il faisait allusion au staretz Jacques, sans que je lui ai dit où je pensais devenir moine.)

"Staretz," lui ai-je dit, "tu as la bénédiction du Père Jacques de [l'église du] Vénérable David [d'Eubée]."

"Oh, mon enfant, ce sont là les saints qui luttent aujourd'hui et qui prient avec humilité et amour. Je ne suis pas digne de voir ce géant de l'Orthodoxie, mais il y a aussi une très grande distance pour le rencontrer, et cela exige une lutte et beaucoup d'efforts. Mais Dieu nous a donné l'amour, et nous communiquons entre nous spirituellement. "

"Staretz, est-il béni pour moi de vénérer dans ta chapelle pour une bénédiction?"

"Non, ce n'est pas nécessaire."

"Staretz, aie de l'amour, pour une bénédiction!!!"

"Non, mon enfant, peut-être parce que le staretz Jacques t'a donné 5.000 drachmes, et par la suite, que vais-je faire avec ça, parce que je suis un moine?"

Il ne me laissa pas aller vénérer. Il me donna un chapelet de laine et une petite croix à donner au staretz. 

Quand je suis retourné au monastère, le staretz Jacques me reçut avec joie. Et je lui ai donné les cadeaux du staretz Païssios et immédiatement il m'a dit: "Les 5.000 drachmes que le staretz Païssios n'a pas acceptées, lorsqu'il ne t'a pas laissé vénérer dans la chapelle, prends-les pour toi pour tes dépenses à l'école de Lamia." J'ai été stupéfait.

"Staretz, comment sais-tu cela?"

Et il m'a dit, en me chuchotant à l'oreille: "Nous, mon enfant, nous communiquons spirituellement."

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Jean-Claude LARCHET: Recension: « Un signe sur le sable » et « Timothée le voleur d’icônes »: deux romans pour enfants et adolescents publiés par les éditions Apostolia

Recension: « Un signe sur le sable » et « Timothée le voleur d’icônes »: deux romans pour enfants et adolescents publiés par les éditions Apostolia

Les livres pouvant servir à la formation chrétienne orthodoxe des enfants et adolescents sont très répandus dans les pays orthodoxes, mais très rares dans le monde francophone.
C’est pourquoi les deux romans que viennent de publier les éditions Apostolia de la Métropole roumaine dans une collection intitulée « Apostolia junior » méritent d’être signalés et recommandés.
Un_signe_sur_le_sableUn signe sur le sable bénéficie ici d’une troisième édition française (après deux éditions à succès publiées par le monastère d’Ormylia en Grèce, où œuvrent deux sœurs françaises). Ce roman, dont l’auteur a souhaité rester anonyme, est bien connu en Grèce où il a été publié par la Fraternité Zoè en 1967 et a été de nombreuses fois réimprimé.
L’action se situe dans les premiers siècles, à une époque où les chrétiens sont mal connus et persécutés. Le personnage principal est Milvios, un petit esclave de 12 ans qui est au service d’un riche sénateur romain et de sa famille. Son comportement et ses vertus – son calme, sa patience, son aptitude à tout supporter, sa douceur, sa générosité, son abnégation – frappent les autres esclaves, le fils du sénateur et le sénateur lui-même, et les amènent tout d’abord à s’interroger, puis à découvrir le christianisme et à s’y convertir, jusqu’à être prêts à affronter le martyre.
La thématique de ce roman d’initiation peut aisément être transposée à notre époque, où les enfants chrétiens se trouvent immergés dans un milieu qui est de plus en plus éloigné du christianisme, et même lui est de plus en plus hostile, et où celui qui est chrétien doit assumer sa singularité et la préserver avec courage. Il montre comment un enfant, par ses vertus chrétiennes, peut rayonner de manière positive sur son entourage et le transformer spirituellement, et comment les vertus valorisent celui qui les possède et rejaillissent sur ceux qu’il fréquente. Il montre aux enfants chrétiens qu’ils n’ont pas à rougir de leur morale dans un monde qui n’en n’a plus, qu’ils ont une responsabilité dans leur milieu social, et ont à leur niveau un devoir et un pouvoir de témoignage.
TimotheeLe second livre est un roman de l’auteur allemand Willi Fährmann, intitulé Timothée le voleur d’icônes. Il a été traduit en français par Joëlle Cheuzeville-Mniszek et illustré par Anne Malko.
Il a pour cadre la Russie de la fin du XVIIIe siècle. Le jeune Timothée Toutalev entreprend un long voyage à travers la Sibérie jusqu’à Nijni-Novgorod où il doit acheter une icône pour un riche marchand d’Omsk. Après de nombreuses péripéties, Timothée vole l’icône afin de garder l’argent pour lui. Mais sur le chemin du retour s’opère une transformation intérieure… L’histoire pleine de suspense est passionnante et l’atmosphère russe bien rendue.
L’auteur de l’édition originale allemande, Willi Fährmann, est né en 1929 à Duisburg. Il est dans son pays l’un des auteurs de littérature de jeunesse les plus renommés, et a reçu le Grand Prix de l’Académie de Littérature d’enfance et de jeunesse pour l’ensemble de son œuvre. Ses livres ont été publiés à des millions d’exemplaires par les éditions Arena-Verlag. Un de ses livres, Le grand méchant Balèze, a été publié en France par Hachette-Jeunesse. Les chaînes de télévision Arte et ZDF ont adapté pour l’écran un autre de ses ouvrages: Der lange Weg des Lukas B.
Parmi les autres livres d’inspiration ou à thématique orthodoxe pour enfants et adolescents, rappelons l’excellent roman De l’empire du moi-d’abord au royaume du don-de-soi de Myrsine Viggopoulou, et ces bandes dessinées de qualité : Starets Silouane, un moine du Mont-Athos de Gaëtan Evrard (Coccinelle); Le Pèlerin russe de Gaëtan Evrard (Coccinelle); Starets Séraphim, un moine de Sarov de Gaëtan Evrard (Coccinelle); Saint Vladimir, le soleil radieux de Vladimir Volkoff et Paul Teng (Lombard); Alexandre Nevskide Vladimir Volkoff et Paul Teng (Lombard); La vie de sainte Odile de Diss et Claude Delamarre (Signe).
Il est est souhaitable que les éditeurs orthodoxes développent ce secteur, qui peut jouer, en complément de la catéchèse classique, un rôle important. De nombreux livres à succès de Myrsine Viggopoulou, par exemple, restent en attente de traduction…
Jean-Claude Larchet

L'ambition, pire ennemi de l'évêque et du prêtre (saint Jean Chrysostome)

dimanche 22 mai 2016

Père Ephram de Katounakia, Mont Athos: L'œcuménisme est dominé par des esprits impurs


Dans ce qui suit, je vais dire quelque chose qui se rapporte à un témoignage personnel. J'ai été associé pendant des décennies avec le Père Ephraim de Katounakia, dont l'ethos et la conscience sont renommés. Egalement célèbre était le fait qu'il possédait aussi une "télévision spirituelle". Quant à moi, j'étais allé vers lui à plusieurs reprises avec l'intention de poser certaines questions très spécifiques, dans une séquence spécifique, et en utilisant mon propre vocabulaire. Quand je lui ai enfin rendu visite, et sans avoir posé aucune de mes questions préparées, il m'a donné ses réponses, dans ma séquence prévue, et avec mon vocabulaire. Je mentionne cela comme une expérience personnelle; ce n'est pas un phénomène sans précédent - il a été vécu par beaucoup d'autres aussi.

Il y avait un moment où, en tant que jeune professeur à l'École de théologie à l'époque, il y a environ trente ans, je lui avais mentionné ce qui suit: étant donné que la tendance à l'œcuménisme a également été florissante à l'École de théologie, en particulier celle de Thessalonique, j'avais certains problèmes et questions lancinantes, parce que je pouvais le voir [cet œcuménisme] représenté par des professeurs respectés autrement. Naturellement, à la fois ma conscience, ainsi que mon apprentissage avaient réagi contre cela, cependant, je désirais, au-delà de mon statut scientifique, obtenir également une réponse charismatique, ce qui est quelque chose que j'ai fait pour beaucoup d'autres questions.

Je lui ai demandé à ce sujet, s'il pouvait me dire quel genre de chose est l'œcuménisme.

Il a répondu catégoriquement et sans aucune difficulté:

"Cette question, mon enfant, avait également été posée par quelqu'un d'autre, un peu de temps avant toi. Je suis moi-même ici sur ces rochers depuis quarante ans... je l'ai même oublié mon grec (à noter qu'il avait terminé le collège) et en tant que tel, je ne me suis pas préoccupé de cette question mais, parce que je devais répondre. - voyant que j'avais été interrogé à ce sujet, et que je ne connaissais pas la question - je suis allé dans ma cellule et j'ai prié, demandant au Christ de me faire savoir ce qu'est l'œcuménisme." J'ai reçu Sa réponse, qui était que l'œcuménisme a un esprit de méchanceté et est dominé par des esprits impurs."

Je lui ai demandé exactement comment cela a été vérifié. Il a répondu que "après avoir prié, ma cellule se remplit d'une odeur insupportable, qui a fait mon âme se sentir asphyxiée, je ne pouvais pas respirer spirituellement."

Je lui ai demandé si cela avait été un événement extraordinaire pour lui, ou si ce c'était la voie  par laquelle le Christ répondait dans des cas analogues, et il m'a assuré que "dans tous les cas qui sont impliqués dans la sorcellerie, les esprits impurs, c'est l'état dans lequel Il m'éclaire. Parfois, il y a une réponse parlée, mais dans le cas présent, ce qui était Sa réponse et j'ai la certitude absolue que l'œcuménisme n'a pas le Saint-esprit, mais un esprit impur."

Ce que je dis à présent, on peut dire a le caractère d'impressions intentionnelles. Mais je tiens à vous informer que je suis fou de joie, parce que ce que le staretz m'avait dit en personne, je l'avais vu aussi enregistré par son pieux entourage, qui avait publié un volume d'hommages pour sa personne, sa spiritualité et ses paroles. Donc, cela a été certifié là aussi, mais cela a également été vérifié par d'autres personnes, des théologiens dignes de confiance, qui de même ont personnellement entendu la même chose.

Je n'avais pas mentionné ceci publiquement jusqu'à présent; mais les choses ont pris une telle tournure, que je suis obligé de le révéler. Bien sûr, cela a joué un rôle décisif dans ma position envers l'œcuménisme. En tant que professeur, que scientifique, je suis naturellement obligé dans tous les cas d'examiner la question avec des critères scientifiques et pour étayer mon point de vue scientifique - et c'est ce que je fais dans mes classes aussi, étape par étape; Cependant, je considère que ce témoignage est important, car il a été livré de manière charismatique par un homme qui ne connaissait rien à la question. Il ne l'avait jamais lu, n'en avait jamais entendu parler, et pourtant, il a témoigné de son expérience spirituelle directe. Je pense que les choses parlent ici d'elles-mêmes.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
cité 
par 

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX

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9/22 mai
4ème dimanche de Pâques, du paralytique

Transfert des reliques de saint Nicolas le Thaumaturge à Bari (1087). Saint prophète Isaïe (VIIIème s. avant Jésus-Christ). Saint martyr Christophore (vers 250). Saint Chio des Grottes (Mrvimévi) (VIème s.). Saint Joseph d'Optino (1911). Transfert des reliques du saint martyr Abraham de Bulgarie (1230) (fête transférée au 4ème dimanche de Pâques). Sainte Tabitha (Ier s.) (fête transférée au 4ème dimanche de Pâques). Saint hiéromartyr Démètre (Voskresensky), prêtre (1938) ; saint hiéromartyr Basile (Kolosov), prêtre (1939).

Lectures : Actes IX, 32-42 ; Jean. V, 1-15

 HOMÉLIE DE ST JEAN CHRYSOTOME SUR
LE  PARALYTIQUE

I
l y avait donc une grande multitude at tendant l'agitation de l'eau. Car il s'opérait là des guérisons miraculeuses. Dans un hôpital on voit des malades, des estropiés, des infirmes de toute espèce qui attendent l'arrivée du médecin ; de même on voyait là une multitude nombreuse. Sous ces portiques était un homme malade depuis trente-huit ans. Jésus l'ayant vu couché par terre et sachant qu'il était malade depuis longtemps, lui dit : Veux-tu être guéri? Le malade lui répondit : Oui, Seigneur; mais je n'ai personne pour me jeter dans la piscine après que l'eau a été troublée, et pendant le temps que je mets à y aller, un autre descend avant moi. (Jean, V, 5.) Pourquoi Jésus-Christ, laissant tous les autres, vient-Il à celui-ci ? Pour montrer tout ensemble Sa puissance et Sa bonté : Sa puissance, puisque la maladie était si grave et qu'il n'y avait plus d'espoir de guérison; Sa bonté, parce que, bon et miséricordieux, Jésus daigna regarder de préférence celui qui était le plus digne de pitié et de compassion. Le lieu, le nombre de trente-huit ans de maladie, tout est à bien considérer.

Écoutez, vous tous qui luttez contre la pauvreté et la maladie, qui êtes accablés par les difficultés et les inquiétudes de cette vie, et éprouvés par des catastrophes imprévues. Il y a dans l'exemple du paralytique de quoi consoler toutes les infortunes humaines. Qui donc, en considérant cet exemple, aurait assez peu d'esprit et de cœur pour ne pas supporter avec courage et avec générosité les accidents de cette vie? Vingt ans, dix et même cinq ans, n'était-ce pas assez pour lasser sa constance? Et il attend trente-huit ans sans se décourager, et avec la plus grande patience. Cette persévérance vous étonne ; écoutez ses paroles, et vous admirerez encore davantage sa sagesse et sa vertu. Jésus s'approche et lui dit : Veux-tu être guéri ? Qui doute qu'il ne le désire? Pourquoi donc l'interroger? Ce n'est pas par ignorance, car celui qui connaît les pensées les plus secrètes n'ignore pas ce qui est clair et évident pour tous. Pourquoi donc l'interroger? Ailleurs, quand Jésus dit au centurion : J'irai et je le guérirai (Mat. VIII, 7) : il n'ignorait pas sa réponse; mais tout en la prévoyant et la connaissant parfaitement, il voulait lui donner l'occasion de manifester sa foi jusqu'alors cachée, et de dire : Non, Seigneur, je ne suis pas digne que Tu entres dans ma maison. Il en est de même pour le paralytique. Quoique sûr de sa réponse, le Sauveur lui demande s'il veut être guéri, non qu'il en doute, mais pour lui fournir le moyen d'exposer son malheur et de montrer sa constance. S'Il l'avait guéri sans rien dire, c'eût été pour nous une grande perte, puisque nous n'aurions pas connu la générosité de cette âme. Jésus-Christ s'occupe non-seulement du présent, mais aussi de l'avenir. En l'obligeant à répondre à cette question : Veux-tu être guéri, Il le présente au monde entier comme un modèle de patience. Que répond le paralytique ? Il ne se laisse point aller à la colère ou à l'indignation, il ne dit point à Jésus-Christ : Tu me voix paralysé, Tu sais que depuis longtemps j'ai cette maladie, et Tu me demandes si je veux être guéri? Es-Tu venu insulter à mon malheur et rire de l'infortune d'autrui ? — Tu connais le caractère difficile des malades cloués sur leur lit depuis une année seulement. Mais trente-huit ans de maladie, n'est-ce pas assez pour lasser la vertu la plus robuste? Cependant telle ne fut point sa réponse ni sa pensée; avec la plus grande douceur, il dit : Oui, Seigneur, mais je n'ai personne pour me jeter dans la piscine après que l'eau a été troublée. Voyez que de maux assiègent cet homme en même temps : la maladie, la pauvreté, la privation de tout secours. Pendant le temps que je mets à y aller, un autre descend avant moi. Misère extrême, capable de toucher un cœur de pierre. Il me semble voir cet homme se traînant chaque année à l'entrée de la piscine, et chaque année frustré dans son espérance, et, pour comble de malheur, cette souffrance dure non deux ou trois ans, mais trente-huit ans. Il montre le plus grand zèle et il ne recueille aucun fruit; il parcourt la carrière, et un autre reçoit le prix de la course, et cela pendant de longues années. Et, ce qui est encore plus pénible, il voit les autres guéris. Car vous savez que nos maux nous deviennent une charge, surtout quand nous en voyons d'autres, qui étaient affligés comme nous, délivrés de leurs maux. Ainsi le pauvre, à la vue d'un riche, sent plus vivement sa misère; ainsi le malade souffre davantage en voyant d'autres se guérir, tandis que tout espoir de guérison s'évanouit pour lui. Le bonheur d'autrui nous montre plus clairement notre infortune. C'est ce qui avait lieu pour le paralytique. Il lutte longtemps contre la maladie, la pauvreté, l'abandon; il voit les autres guéris, et, malgré ses efforts continuels, il n'obtient rien, il ne lui reste plus même l'espoir d'être délivré. Cependant il persévère sans se décourager et revient chaque année. Pour nous, si notre prière n'est pas exaucée promptement, nous murmurons et nous tombons dans l'abattement; alors nous cessons de prier et tout notre zèle s'éteint. Pouvons-nous assez louer le paralytique et condamner notre lâcheté ? Quelle excuse nous reste ? Quel pardon pouvons-nous espérer ? Le paralytique persévère pendant trente-huit ans, et nous, nous abandonnons si vite nos résolutions !
Tropaire de Pâques, ton 5
Хpистócъ вocкpéce изъ ме́ртвыхъ, cме́ртію cме́рть попра́въ и су́щымъ во гробѣ́xъ живо́тъ дарова́въ.
Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la Vie.
Tropaire du dimanche du 3ème ton
Да веселя́тся небе́сная, да ра́дуются земна́я ; я́ко сотвори́ дeржа́ву мы́шцею Cвое́ю Го́сподь, попра́ cме́ртiю cме́рть, пе́рвенецъ ме́ртвыxъ бы́сть, изъ чре́ва а́дова изба́ви на́съ и подаде́ мípoви ве́лiю ми́лость.

Que les cieux soient dans l’allégresse, que la terre se réjouisse, car le Seigneur a déployé la force de Son bras. Par Sa mort, Il a vaincu la mort ! Devenu le Premier-né d’entre les morts, du sein de l’enfer, Il nous a rachetés, accordant au monde la grande miséricorde.

Tropaire du transfert des reliques de saint Nicolas, ton:
Приспѣ́ де́нь свѣ́тлаго торжества́, гра́дъ Ба́рскій ра́дуется, и съ ни́мъ вселе́нная вся́ ликовству́етъ пѣ́сньми и пѣ́ньми духо́вными: дне́сь бо свяще́нное торжество́ въ пренесе́ніе честны́хъ и многоцѣле́бныхъ моще́й святи́теля и чудотво́рца Никола́я, я́коже со́лнце незаходи́мое, возсія́ свѣтоза́рными луча́ми, разгоня́я тму́ искуше́ній же и бѣ́дъ отъ вопію́щихъ вѣ́рно: спаса́й на́съ, я́ко предста́тель на́шъ вели́кій, Нико́лае.
Le jour de la solennité lumineuse a commencé, la cité de Bari se réjouit et avec elle tout l'univers est en liesse avec des hymnes et des cantiques spirituels ; car c'est le jour de la sainte solennité du transfert des reliques précieuses et miraculeuses du hiérarque et thaumaturge Nicolas, comme le soleil sans couchant brillant par des rayons lumineux et dissipant les ténèbres des épreuves et des malheurs chez ceux qui s'exclament avec foi : sauve-nous, comme notre grand intercesseur, ô Nicolas.
Kоndakion du transfert des reliques de saint Nicolas, ton:
Взы́де, я́ко звѣзда́, отъ восто́ка до за́пада твоя́ мо́щи, святи́телю Нико́лае, мо́ре же освяти́ся ше́ствіемъ твои́мъ, и гра́дъ Ба́рскій пріе́млетъ тобо́ю благода́ть: на́съ бо дѣ́ля яви́лся еси́ чудотво́рецъ изя́щный, преди́вный и ми́лостивый.
Tes reliques, ô saint hiérarque Nicolas, sont passées, telles une étoile, de l'orient jusqu'en occident ; la mer a été sanctifiée par ton passage et la cité de Bari reçoit par toi la grâce ; car tu es apparu pour nous, ô thaumaturge admirable, merveilleux et miséricordieux.

Kondakion du paralytique, ton 3
Дýшy мою́ Го́споди, во гpecѣ́xъ вся́ческихъ, и бeзмѣ́стными дѣя́ньми лю́тѣ paзcлáбленy, воздви́гни Боже́ственнымъ Tвои́мъ предста́тельствомъ, я́коже и paзcлá-бленнаго воздви́глъ ecи́ дре́влe, дa зову́ ти спаса́емь : ще́дpый, cла́ва Xpисте́ дepжа́вѣ твое́й.
Par Ta divine sollicitude, Seigneur, relève mon âme cruellement paralysée par toutes sortes de péchés et d’actions insensées, de même que jadis Tu as relevé le paralytique, afin que sauvé, je Te clame : ô Christ miséricordieux, gloire à Ta Puissance.

Au lieu de « il est digne en vérité » (ton 1) :
А́нгелъ вопiя́ше Благода́тнѣй: Чи́стая Дѣ́во, ра́дуйся, и па́ки реку́: Ра́дуйся! Тво́й Сы́нъ воскре́се тридне́венъ отъ гро́ба и ме́ртвыя воздви́гнувый: лю́дiе веселит́еся. Свѣти́ся, свѣти́ся Но́вый Iерусали́ме, сла́ва бо Госпо́дня на Тебѣ́ возсiя́. Лику́й ны́нѣ и весели́ся, Сiо́не. Ты́ же, Чи́стая, красу́йся, Богоро́дице, о воста́нiи Рождества́ Твоего́.

L’Ange s’écria à la Pleine de Grâce : Vierge pure, réjouis-Toi, et je Te répète « Réjouis-Toi », car Ton Fils est ressuscité le troisième jour du Tombeau, et, ayant redressé les morts, peuples réjouissez-vous. Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Exulte maintenant et réjouis-toi Sion. Et toi, toute pure Mère de Dieu, réjouis-toi en la Résurrection de Ton Fils.

TRANSFERT DES RELIQUES DE SAINT NICOLAS[1]
En 1087, alors que la région de Myre en Lycie venait de tomber aux mains des Turcs, Dieu permit que les reliques miraculeuses de saint Nicolas fussent préservées pour étendre leur bénédiction jusqu’en Occident. Une nuit, le saint apparut à deux prêtres pieux de la ville de Bari en Italie, Lupus et Grimoald, et leur donna l’ordre d’organiser une expédition pour sauver ses reliques des mains des Turcs. Dans un grand élan d’enthousiasme, on affréta trois navires, avec un équipage composé de soixante hommes pieux et valeureux. Chargés d’une cargaison de grain, pour faire croire qu’il s’agissait de navires de commerce, ils rivalisèrent de vitesse avec une expédition de Vénitiens, partis eux aussi pour récupérer le précieux trésor. Abordant finalement à Myre, ils se rendirent en hâte dans l’église de saint Nicolas, déterrèrent la sainte relique qui ruisselait de myron au parfum merveilleux et la chargèrent sur un des navires. Après avoir répandu les bénédictions du saint dans tous les ports où ils faisaient escale, les pieux pirates parvinrent finalement à Bari, où la population entière accueillit saint Nicolas avec cierges et hymnes d’actions de grâces. Et, de jour en jour, un nombre croissant de malades et d’infirmes trouvaient auprès de lui la guérison. En deux ans, on édifia en l’honneur de saint Nicolas une vaste basilique, sous l’autel de laquelle on déposa les précieuses reliques. Depuis, chaque année, le jour de la fête du saint, qui réunissait des pèlerins venus du monde entier, le saint myron coulait de ses pieds pendant tout le déroulement de la Divine Liturgie, comme deux sources abondantes, et il était recueilli dans des récipients, pour être ensuite distribué dans tout le monde chrétien .


[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras