"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mercredi 26 novembre 2014

Saint Nectaire d'Egine: Sagesse spirituelle (2)


Cherchez Dieu tous les jours. Mais cherchez-Le dans votre cœur, et non pas à l'extérieur. Et quand vous L'aurez trouvé, tenez-vous avec crainte et tremblement, comme les Chérubim et les Séraphim, car votre cœur est devenu un trône de Dieu. Mais pour trouver Dieu, devenez humble comme de la poussière devant le Seigneur, car le Seigneur abhorre les orgueilleux, alors Il visite ceux qui sont humbles de cœur, c'est pourquoi Il dit: "Voici sur qui je porterai mes regards: Sur celui qui souffre et qui a l'esprit abattu, Sur celui qui craint ma parole." ( Isaïe 66:2)

La lumière divine illumine le cœur pur et l'intellect pur, car ils sont sensibles à la réception de la Lumière; alors que les cœurs et les esprits impurs, n'étant pas susceptibles de recevoir l'illumination, ont une aversion pour la Lumière de la connaissance, la Lumière de la vérité; ils aiment les ténèbres... Dieu aime ceux qui ont un cœur pur, Il écoute leurs prières, leur accorde leurs demandes qui mènent au salut, Il Se révèle à eux et leur enseigne les mystères de la nature divine.

L'Eglise

Le terme Eglise, selon le point de vue orthodoxe strict, a deux significations, l'une d'elles exprimant son caractère doctrinal et religieux, c'est-à-dire son essence spirituelle intérieure particulière, et l'autre exprimant son caractère externe. Ainsi, selon la confession orthodoxe, l'Église se définit de deux manières: comme une institution religieuse, et en tant que communauté religieuse (koinonia).

La définition de l'Église comme institution religieuse peut être formulée ainsi: L'Église est une institution religieuse divine du Nouveau Testament, construite par notre Sauveur Jésus-Christ par la dispensation de Son incarnation, établie sur la foi le jour de la sainte Pentecôte par la descente l'Esprit Très Saint sur les  saints disciples et apôtres du Christ Sauveur, qu'Il a faits instruments de la Grâce divine pour la perpétuation de Son œuvre de rédemption. 

A cette institution est confiée la totalité des vérités révélées; en elle la Grâce divine opère à travers les mystères; en elle sont régénérés ceux, qui, avec foi, approchent du Christ Sauveur; en elle a été préservé à la fois l'enseignement et la tradition apostoliques écrits et non écrits.

La définition de l'Église en tant que communauté religieuse peut être formulée ainsi: l'Eglise est une société d'hommes unis dans l'unité de l'Esprit, dans le lien de la paix.

La vue de droite de l'Eglise, est que l'Eglise se distingue en Eglise Militante et en Eglise Triomphante; et qu'elle est Militante tant qu'elle lutte contre l'iniquité pour la prévalence du bien, et elle est l'Eglise Triomphante dans les cieux, où demeure le chœur des Justes, qui ont lutté et ont été rendu parfaits dans la foi en Dieu et en la vertu.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
(Dr.) Constantine Cavarnos
Modern Orthodox Saints, 
St. Nectarios of Aegina
Institute for Byzantine 
and Modern Greek Studies 
(Belmont, Massachusetts,USA)
1981

mardi 25 novembre 2014

Saint Nectaire d'Egine: Sagesse spirituelle (1)


Icône du moine Léonce

Le christianisme
La religion chrétienne n’est pas un certain système philosophique, à partir duquel des savants, formés en études métaphysiques, argumentent et qu’ensuite, il épousent ou rejettent, selon l'opinion que chacun s’est façonnée. 

C’est la foi, établie dans les âmes des hommes, qui devrait être étendue à la multitude et être maintenue dans leurs consciences.

Il y a des vérités dans le christianisme qui sont au-delà de la compréhension intellectuelle, incapables d'être saisies par l'esprit fini de l'homme. Notre intellect prend connaissance d'elles, devient convaincu de leur réalité, et témoigne de leur existence surnaturelle.

Le christianisme est une religion de la révélation. Le Divin révèle sa gloire seulement à ceux qui vivent dans la vertu. Le christianisme enseigne la perfection par la vertu et exige que ses adeptes deviennent saints et parfaits. Il désapprouve et s’oppose à ceux qui sont sous l'influence de l'imagination. 

Celui qui est vraiment parfait en vertu devient grâce à l'aide divine extérieur à la chair et au monde, et entre vraiment une autre monde spirituel; non pas, cependant, par l'imagination, mais par la splendeur de la Grâce divine. Sans la Grâce, sans révélation, aucun homme, même le plus vertueux, ne peut transcender la chair et le monde.


Dieu se révèle aux humbles, qui vivent selon la vertu. Ceux qui prennent les ailes de l'imagination tentent le vol d'Icare et connaissent la même fin. 

Ceux qui abritent des imaginations ne prient pas; car celui qui prie élève son esprit et son cœur vers Dieu, alors que celui qui se tourne vers les fantasmes de l'imagination s’en détourne. Ceux qui ont une addiction à l'imagination se sont retirés de la Grâce de Dieu et de la sphère de la révélation divine. Ils ont abandonné le cœur dans lequel la Grâce se révèle et se sont rendus à l'imagination, qui est dépourvue de toute grâce. 

Ce n’est que le cœur qui reçoit les connaissances des choses qui ne sont pas appréhendées par les sens, parce que Dieu, Qui demeure et Se meut à l'intérieur du cœur, parle en son sein et lui révèle la substance des choses qu'il espère.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
(Dr.) Constantine Cavarnos
Modern Orthodox Saints, 
St. Nectarios of Aegina
Institute for Byzantine 
and Modern Greek Studies 
(Belmont, Massachusetts,USA)
1981

Jean-Claude LARCHET: Recension: Archimandrite Aimilianos de Simonos-Pétra, « Discours ascétiques. Commentaires d’Abba Isaïe »


Archimandrite Aimilianos de Simonos-Pétra, Discours ascétiques. Commentaires d’Abba Isaïe. Introduction et traduction française par les moniales d’Ormylia. Préface de l’archimandrite Placide Deseille, Ormylia, 2014, 478 p.
Ce volume rassemble des enseignements dispensés en 1978-1979 par l’higoumène Aimilianos, lors de synaxes qu’il tenait régulièrement à l’intention de la jeune communauté athonite de Simonos-Pétra.
Ils prennent pour base les Discours ascétiques d’Abba Isaïe, un ascète mal identifié mais qui vécut probablement à Scété à la fin du IVe siècle et au début du Ve siècle, et dont l’enseignement (dont une traduction française a été publiée sous le titre Recueil ascétique en 1970 par l’abbaye de Bellefontaine dans la collection « Spiritualité orientale », avec une introduction qui situe l’auteur et sa doctrine spirituelle), s’inspire de l’enseignement des Pères du désert, en particulier d’Évagre et de saint Macaire, tout lui ajoutant la dimension d’une expérience personnelle profonde.
Ces commentaires ne sont pas littéraux, mais s’inspirent à leur tour de la réflexion et de l’expérience personnelle de géronda Aimilianos, ainsi que de sa fine connaissance des problèmes particuliers que peuvent rencontrer à notre époque les jeunes gens qui décident de s’engager dans la voie monastique.
Le père Aimilianos a retenu douze discours sur les trente qui constituent l’œuvre d’Abba Isaïe: 1) Préceptes aux frères qui vivent avec lui; 2) Du statut des débutants et de ceux qui vivent en cellule; 3) De la conscience de ceux qui vivent en cellule; 4) Préceptes sûrs et édification de ceux qui veulent habiter ensemble en paix ; 5) De ceux qui veulent vivre dans une bonne solitude; 6) Sur les vertus; 7) Apophtegmes ; 8) Apophtegmes sur la pratique de l’affliction; 9) Préceptes destinés à ceux qui ont renoncé au monde; 10) De la joie qui advient à l’âme qui veut servir Dieu; 11) Des pensées que doit éprouver celui qui a renoncé au monde et qui vit en étranger; 12) Sur le repentir.
Certains thèmes, on le voit, sont spécifiquement monastiques, d’autres s’adressent plus largement à tous les fidèles désireux de mener une vie spirituelle approfondie.
L’enseignement d’Abba Isaïe est très exigeant, et celui de géronda Aimilianos ne l’est pas moins. Mais chacun, moine ou laïc, peut en tirer profit à sa mesure propre. Comme l’écrit le père Placide Deseille dans sa préface : « C’est à des moines, certes, que géronda Aimilianos, comme Isaïe, s’adressait directement. Mais la vie spirituelle est une. Le moine et le chrétien qui vit dans le monde poursuivent le même but, et les moyens qu’ils doivent utiliser sont identiques, seules les proportions diffèrent selon les divers états de vie.”

lundi 24 novembre 2014

L'INTOLERABLE ASSASSINAT DE DEUX CHRETIENS AU PAKISTAN

SHAMA BIBI & SHAHZAD MASIH

Le 4 novembre 2014, des musulmans ont pris un couple de chrétiens, Shahzad Masih et son épouse (enceinte de leur cinquième enfant!!!) Shama Bibi, les accusant de blasphème. Après les avoir battus, malgré leur protestations d'innocence, ils les ont brûlés vifs dans un four à briques.

Le Pakistan a une législation qui permet sur simple accusation de blasphème des musulmans -sans contrôle aucun de la véracité des accusations-, de s'en prendre aux minorités religieuses. Cette législation est en fait un permis de tuer les chrétiens. 

Il suffit, sans qu'aucun contrôle ne soit effectué,  d'accuser un chrétien d'avoir brûlé un Coran, ou d'avoir blasphémé pour qu'il soit mis à mort. La police intervient toujours après les faits. Il n'y a jamais de coupables!

Le Pakistan -supposé être un allié de l'Occident (autrefois chrétien) contre la barbarie des talibans- a des relations diplomatiques avec tous ces pays d'Occident, il est fort regrettable que ceux-ci, soient muets, n'interviennent jamais, et permettent ainsi, par leur insigne lâcheté de tels meurtres. 

AHRC-UAC-147-2014
Le couple martyr avec une de leurs filles

*

Le 4 novembre 2014, un office a eu lieu pour le couple martyr dans l'église orthodoxe de Saint-Serge de Radonège (ERHF). Le prêtre de cette paroisse, Père Joseph Farouk a effectué une marche de protestation avec ses paroissien (photo).




Pour ceux qui désireraient protester contre ces actes iniques, voir le site: 
qui donne plus d'informations et propose d'envoyer un courriel à un certain nombre de responsables pakistanais. Un modèle de lettre est disponible 
(en anglais) 

dimanche 23 novembre 2014

L'Archimandrite Raphaël [Noïca] d'Essex

rafail-noica  in


Fils du célèbre philosophe roumain Constantin Noica, Père Raphaël est né en 1942. Il a seulement reçu une éducation chrétienne de base (la pratique de la foi dans sa famille était réduite seulement à la participation à l'office pascal, pour y allumer un cierge).

A 13 ans, il émigre avec sa mère (de nationalité britannique) et sa sœur en Angleterre, pour échapper au pouvoir communiste en Roumanie (son père doit y rester). Les recherches spécifiques à cet âge se sont également manifestées sur le plan spirituel. Il rejoint l'Église anglicane pour se rendre compte que là, "l'atmosphère était très pauvre, très froide, même ennuyeuse - pas d'une manière qui vous fait commencer à bâiller à l'église, mais parce qu'elle n'était en aucune façon nourrissante."

Il se dirige ensuite vers les pentecôtistes, les congrégationalistes, l'Armée du Salut, etc. ; il reste pendant un certain temps au sein de la Communauté baptiste (un an et demi). Dans le protestantisme, il bute en particulier sur les textes bibliques concernant la Sainte Communion et, en un jour, il ressent "comme une lumière dans mon âme, la pensée de revenir à l'Orthodoxie." Il rencontre providentiellement Père Sophrony, le guide spirituel du monastère de l'Essex, qui lui conseilla de terminer ses études.

Il revient à l'orthodoxie en 1961, et il est tonsuré au monastère de [Maldon dans]  l'Essex par le Père Sophrony, le monachisme étant pour lui "la réponse à toutes les questions se sont posées depuis l'enfance." Il estime que l'errance  protestante comme une œuvre de Dieu en lui, parce que "si je ne vivais pas l'Orthodoxie comme converti, peut-être que je ne serais pas capable du tout de la voir dans sa splendide beauté, comme la seule vérité de l'histoire. "

Il retourne en Roumanie en 1993, après 38 ans d'exil, "comme le paralytique de l'Evangile", et il fait des visites de courte durée, faisant (à la demande) des conférences dans divers lieux de Roumanie; depuis lors, il s'est installé dans un hésychastère des monts Apouseni (dans les Carpates occidentales). Outre son aide la plus importante et grande au monde par ses prières, le Père Raphaël traduit en roumain les œuvres de son staretz, l'archimandrite Sophrony, et de saint Silouane de l'Athos, son  "grand-père"spirituel.

Au sujet de son travail personnel, le Père Raphaël dit: "Je n'ai écrit qu'un seul livre, que j'ai intitulé Pensées. Je l'ai écrit à l'incitation de quelqu'un, qui pensait que le fils de Noica se devait d'écrire un livre. Et quand il a ouvert ce livre, la première page était blanche, la deuxième page était blanche, et toutes les autres également. Maintenant, étant à la fin de ma vie, j'envisage d'écrire un autre livre et de l'appeler Mémoires, parce que c'est ce que tous les grands hommes ont fait. Mais, depuis lors, j'ai perdu la mémoire, ce livre sera tout comme le premier. "

Pourtant, deux livres portent son nom, tous deux étant des recueils de ses homélies et conférences roumaines au cours des 20 dernières années: L'Autre Noica et La Culture de l'Esprit.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Saint Gérasime du Jourdain. Film orthodoxe.

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX

FEUILLETS LITURGIQUES
DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION
DE LA SAINTE CROIX
N°492/2014 – disponible sur le site internet du diocèse : www.diocesedegeneve
10/23 novembre
24ème dimanche après la Pentecôte

Saints Eraste, Olympas, Hérodion, Sosipater, Quartus et Tertius, apôtres des septante (Ier s.) ; saint Oreste, médecin, martyr en Cappadoce (304) ; saint Mélios, évêque de Perse, martyr avec deux disciples (341) ; St Théostiricte ; St martyr Cоnstantin, prince de Géorgie (842). Supplice du St mégalomartyr Georges (303). St martyr Niphonte Vyblov et martyr Alexandre Medem (1931) ; Sts hiéromartyrs Procope, archevêque de Chersonèse, Denis Chtchegolev, Jean Skadovsky et Pierre Pavlouchkov, prêtres (1937) ; St hiéromartyrs Augustin, archevêque de Kalouga, et avec lui Jean Speransky, prêtre, St Joannice Dmitriev et Séraphim Gouchine, martyrs Alexis Gorbatchev, Apollon Babitchev, Michel Arefiev (1937) ; st hiéromartyr Boris Semenov, diacre, martyr Nicolas Smirnov et martyre Anne Ostroglazova (1930) ; martyres Olga Maslennikova (1941) et Théoctiste Tchentsova (1942).

Lectures : Eph. II, 14–22. Lc. X, 25–37.

VIE DES saints apôtres Eraste, Olympas, Hérodion, Sosipater, Quartus et Tertius[1]

C

es saints apôtres faisaient partie des Soixante-Dix Disciples du Sauveur. Saint Olympas et Rhodion (ou Hérodion), mentionnés par saint Paul dans l’Épître aux Romains (Rm XVI), ont tous deux suivi saint Pierre à Rome, où ils furent décapités lors de la persécution de Néron (64).

Saint Sosipater, lui aussi mentionné par saint Paul (Rm 16, 21), devint évêque d’Iconium et mourut en paix. Tertios lui succéda sur ce siège et s’endormit à son tour dans la paix.

Éraste (Rm 16, 21 et 2 Tim 4, 20), qui était trésorier de la ville de Corinthe, fut économe de l’Église de Jérusalem puis évêque de Panéas (Césarée de Philippe). Il acheva en paix son ministère apostolique.

Quartos (mentionné dans la même lettre) devint évêque de Béryte. Ayant enduré un grand nombre d’épreuves pour la foi, il réussit à convertir la majeure partie des païens de sa ville, avant de s’en aller vers les demeures célestes.

 

VIE DU SAINT MARTYR CONSTANTIN L’IBÈRE

Saint Constantin était un seigneur riche et puissant du royaume de Kartli, à l’époque de la régence de sainte Théodora (842-856). Ses vertus, sa piété, son amour des pauvres et sa compassion pour les pécheurs avaient fait de lui l’homme le plus illustre de cette contrée. Au cours d’un pèlerinage aux Lieux saints, il distribua de larges aumônes aux églises, aux monastères et aux chrétiens pauvres, et, à son retour, il décida de vivre dans la prière continuelle. Il avait atteint l’âge de quatre-vingt-cinq ans, lorsque les Arabes envahirent la Géorgie, faisant périr de nombreux chrétiens dans les combats et déclenchant ensuite une terrible persécution. Saint Constantin, qui était à la tête de l’armée géorgienne avec son fils, fut capturé au cours d’une bataille près de la ville de Gori, et fut emmené à Tbilissi (Tiflis). Subissant avec joie les rigueurs de sa détention, il écrivit aux moines pour demander leurs prières : non point en vue d’obtenir la liberté, mais pour endurer les tourments avec patience. Traduit devant Bougha Pasha, qui se vantait de ses victoires, Constantin déclara qu’elles ne lui avaient pas été accordées par Dieu en récompense, mais qu’elles étaient plutôt un châtiment pour les péchés des chrétiens. Après quelques jours, il fut transféré, chargé de lourdes chaînes, auprès du calife Al-Moutawakil (847-861) à Samara, capitale des Abbassides. Celui-ci lui proposa de renier sa foi pour avoir la vie sauve et être couvert d’honneurs. Mais le saint répondit au souverain qu’il peinait en vain et que, s’il avait pouvoir sur son corps, il ne pouvait rien contre son âme qu’il avait vouée au Souverain du ciel et de la terre, qui a le pouvoir sur la vie et sur la mort. Évoquant la foi des Arabes, il dit : « Les fils d’Agar, en quête d’intelligence ici-bas (…) n’ont pas connu la voie de la sagesse, ils ne se sont pas rappelés ses sentiers » (Bar 3, 2). En entendant ces paroles, le calife éclata d’une violente colère et ordonna de jeter le saint dans un cachot obscur. On lui envoya deux officiers ibères qui, ayant été capturés dans les combats, avaient renié leur foi et avaient été gratifiés de hautes dignités par le calife. Ils lui tinrent ces propos : « Ne t’obstine pas ainsi, car tu vas à ta perte. Nous aussi, nous sommes chrétiens, mais il nous était impossible de résister ; et maintenant vois comme nous sommes honorés. Quant à la vie éternelle, qui sait ? » Le saint les chassa de sa présence avec irritation, déclarant que, quant à lui, il garderait les commandements de Dieu jusqu’au bout. Puis il tendit les mains vers le ciel et supplia le Seigneur de lui accorder son aide, et puisqu’il l’avait confessé devant les hommes, de témoigner pour lui devant le Père céleste (cf. Mt 10, 32). Et il poursuivit sa prière par des hymnes et des psaumes, sans prêter attention aux moqueries des deux apostats. Ceux-ci allèrent faire leur rapport au calife, qui les chargea de procéder eux-mêmes à l’exécution de leur compatriote. Mais les renégats restèrent impuissants, et ce fut un serviteur du calife qui décapita saint Constantin (10 novembre 853) et apporta sa tête au souverain sur un plateau, comme celle du saint Précurseur. Tous ceux qui étaient présents virent alors avec stupeur l’âme de Constantin emportée par les anges dans le lieu du rafraîchissement. Lorsque l’impératrice Théodora apprit le martyre de saint Constantin, elle envoya une lettre à ses enfants, pour les exhorter à imiter sa vaillance.

Tropaire du dimanche du 7è ton
Pазрyши́лъ ecи́ Кресто́́мъ Tвои́мъ сме́рть, отве́рзлъ ecи́ разбо́йнику páй, мироно́сицамъ пла́чь преложи́лъ ecи́ и aпо́столомъ проповѣ́дати повелѣ́лъ ecи́, я́ко воскре́слъ ecи́, Xpисте́ Бо́же, да́руяй мípoви ве́лiю ми́лость.
Tu as détruit la mort par Ta Croix, Tu as ouvert le paradis au larron,  Tu as transformé le pleur des myrophores, et ordonné à Tes Apôtres de prêcher que Tu es ressuscité,  Christ Dieu, accordant au monde la grande Miséricorde.

Tropaire des Apôtres, ton 3
Апо́столи святíи, моли́те ми́лостиваго Бо́га, да прегрѣше́ній оставле́ніе пода́стъ душа́мъ на́шимъ.
Ô saints Apôtres, intercédez auprès du Dieu de Miséricorde, pour qu'à nos âmes Il accorde le pardon de nos péchés.

Kondakion des Apôtres, ton 4
Яви́ся дне́сь апо́столъ честно́е торжество́, подаю́щее я́вѣ всѣ́мъ прегрѣше́ній оставле́ніе, соверша́ющимъ и́хъ па́мять.
Des Apôtres en ce jour est apparue la sainte solennité qui procure notoirement la rémission de leurs péchés aux fidèles célébrant leur mémoire sacrée.
Kondakion du dimanche du 7è ton
Не ктому́́ держа́ва сме́ртная возмо́жетъ держа́ти человѣ́ки ; Христо́съ бо сни́де, сокруша́я и разоря́я си́лы ея́. Cвязу́́емъ быва́етъ а́дъ, пpоpо́цы согла́сно ра́дуются : предста́, глаго́люще, Спа́съ су́щымъ въ вѣ́рѣ, изыди́те, вѣ́рніи, въ воскресе́ніе.
Désormais l’empire de la mort ne peut retenir les mortels, car le Christ y est descendu pour briser et défaire sa puissance. L’enfer est enchaîné, les prophètes jubilent, disant d’une seule voix : « Il est venu, le Sauveur, pour ceux qui ont la foi ; fidèles, allez à la rencontre de la Résurrection ! »

Hiéromoine Grégoire de la Sainte Montagne

COMMENTAIRES SUR LA DIVINE LITURGIE
DE ST JEAN CHRYSOSTOME

Par Sa vie, le Christ a inauguré la voie de la véritable vie. L’homme peut désormais renaître en Christ et devenir, comme Adam le premier-créé, plein de confiance envers Dieu, puisqu’il se délectait de voir Dieu qui se manifestait à lui face à face » (St Grégoire de Nysse).
Par le Sang du Christ, la grâce de Dieu a été donnée à l’homme condamné et a été ouverte la voie conduisant au Père : « Nous Te rendons grâce, Seigneur notre Dieu, car Tu nous as donné l’accès à l’entrée du Saint des Saints dans le sang de Jésus, ayant inauguré pour nous une voie nouvelle et vivante par le voile de Sa chair [cf He 10, 19-20] (Liturgie de St Jacques). Aussi, puisque « le Sang de Jésus nous donne l’accès au Saint des Saints », nous osons entrer et nous prosterner devant l’océan de Ses miséricordes, et Lui dire : Notre Père, qui es aux cieux.

Le peuple : Notre Père, qui es aux cieux, que Ton nom soit sanctifié, que Ton règne vienne, que Ta volonté soit faite sur la terre comme ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain suressentiel, remets-nous nos dettes, comme nous les remettons aussi à nos débiteurs, et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du malin.
Le prêtre [à voix forte] : Car à Toi appartiennent la royauté, la puissance et la gloire, Père, Fils et Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles.
Le chœur : Amen.

Nous sommes maintenant enfants de Dieu

Par la Prière dominicale, nous nous adressons à Dieu, et nous L’appelons Père. « Quel excès d’amour» s’écrie saint Jean Chrysostome. « Par quelles paroles rend-on dignement à Celui qui nous a comblés de tant de biens !  Considère, mon cher, le peu de valeur de ma nature et de la tienne. Examine notre origine et tu n’y trouveras rien que boue, cendre, poussière. Car après avoir été créés de la terre, nous retournerons en terre après la mort. Aussi, après avoir pensé à tout cela, admire la richesse inépuisable de la grande bonté de Dieu envers nous. Car toi, le terrestre, tu as reçus l’ordre d’appeler Père Celui qui est dans le ciel. Le mortel s’adresse à l’Immortel, le corruptible à l’Incorruptible, l’éphémère à l’Éternel ! ».

Saint Grégoire de Nysse admire l’honneur qui a été donné à l’homme : « Quelle âme doit avoir celui qui appelle Dieu Père ! De combien de hardiesse il a besoin ! Quelle sorte de conscience doit avoir l’homme, après avoir compris qui est Dieu, dans la mesure où cela est possible à l’homme…  d’oser ensuite L’appeler son Père ! ». Cet honneur a été donné à l’homme par le Sang de Jésus. C’est pourquoi les fidèles, alors que s’approche le moment de la communion au Sang immaculé du Christ, récitent la prière suivante lorsque la Liturgie de saint Jacques est célébrée : « Rends-nous dignes, ô Maître, Seigneur Ami des hommes, avec hardiesse, sans condamnation, avec un cœur pur, une âme illuminée, le visage sans honte, les lèvres sanctifiées, d’oser de T’invoquer, Toi le saint Dieu et Père et dire : Notre Père qui es aux cieux » (Liturgie de St Jacques).

LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Mc XVI, 9-20 Liturgie : Еph. IV, 1–6. Lc. XII, 16–21. St hiérarque: 1 Cor. XII, 7–11. Мatth. X, 1, 5–8.





[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras

samedi 22 novembre 2014

Theodore Rokas: Le signe de la Croix dans l'Ancien Testament

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Dans sa première Epître aux Corinthiens, saint Paul mentionne que les "Judéens cherchent un signe" (I Corinthiens 1:22), qu'ils voulaient un signe surnaturel, comme la résurrection des morts, la guérison des possédés, et ainsi de suite, qui leur permettrait de croire en l'enseignement concernant la Croix. Alors ils cherchaient un signe surnaturel, ignorant et négligeant les signes et les prodiges que Dieu avait déjà montrés dans le passé, à chaque fois qu'ils étaient en danger. 

Bien sûr, le signe qu'ils cherchaient aurait difficilement pu être autre que celui de la Croix, qui, d'une part, a été préfiguré dans l'Ancien Testament et, d'autre part, était présent en permanence et avait sauvé le peuple du Christ de la destruction et de l'anéantissement.

Dans l'Ancien Testament, la Croix est préfigurée de nombreuses fois, mais nous citerons ici six cas qui sont particulièrement pertinents.

L'exemple peut-être le plus important du signe de la Croix dans l'histoire du peuple juif, est celui fait par Moïse avec son bâton quand il se sépara les eaux de la mer Rouge, sur l'ordre de Dieu, de sorte que les Israélites, qui étaient poursuivis par les Egyptiens, puissent traverser à pied sec et être sauvés, avant que Moïse ne fasse retourner les eaux à leur état d'origine. (Exode 14:1-31). En raison de cet événement, à la fête de l'Exaltation de la Croix vénérable, l'Eglise orthodoxe déclare: "Avec son bâton, Moïse inscrivit la Croix directement sur la mer Rouge et la sépara en deux pour qu'Israël [la franchisse] à pied sec (Irmos de la première ode du Canon des Matines).

Quand les Israélites arrivèrent à Refidim, Moïse fit deux fois le signe de la Croix. Le premier fut quand il frappa le rocher pour permettre à l'eau d'en couler et d'étancher la soif du peuple, et la seconde quand il leva ses bras et son bâton vers les cieux pour renforcer les Israélites, qui faisaient la guerre contre les Amalécites (Exode 17:1-16). Selon saint Grégoire Palamas, (Patrologie Grecque 133-6), ce fut le signe de la Croix qui renforça les guerriers d'Israël et les encouragea, tandis que, selon Théodoret Kyrou (Patrologie Grecque 80, 260-1), c'était non seulement le signe de la Croix qui était préfiguré, mais aussi le Seigneur crucifié.

Moïse préfigura ce signe sacré une fois de plus, quand il conduisit le peuple d'Israël dans le pays d'Edom. 

Là, [les israélites] perdirent leur courage et leur foi en Dieu, avec pour résultat que Dieu envoya des serpents venimeux et mortels pour les mordre, de sorte que beaucoup d'entre eux moururent. Quand ils se repentirent, le Seigneur ordonna à Moïse de faire un serpent de cuivre et de l'élever sur un poteau de sorte que tous ceux qui avaient été mordus et le regardaient, seraient immédiatement guéris (Nombres 21:4-9). 

Même si le texte biblique ne donne pas une description détaillée de la manière dont l'élévation du serpent de cuivre fut réalisée, saint Grégoire en donne une image très claire, relatant que Moïse a élevé le serpent dans une position horizontale contre un poteau vertical, de sorte qu'il a formé les bras d'une Croix (Patrologie Grecque 133-6). Par ailleurs, dans le récit dans l'Evangile de saint Jean, le Christ Lui-même est présenté comme prédisant la manière de Sa mort, qu'Il assimile à l'élévation du serpent de cuivre dans le désert: "Comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l'homme soit élevé:(3:14).

Dans l'Ancien Testament, le signe de la Croix a également sauvé le prophète Daniel et les trois "enfants" [id est jeunes gens dans la fournaise] de l'extermination. Avec Daniel, les trois jeunes gens, Ananias, Missaël et Azarias [Schadrac, Méschac et Abed-Nago sont simplement les noms chaldéens qui leur ont été attribués, peut-être par le responsable en chef Aschpenaz] ont été actifs à Babylone à l'époque de l'exil et de la captivité des Juifs. Quand ils ont été placés dans la fournaise ardente, ils ont été sauvés grâce à l'intervention miraculeuse de Dieu (Daniel 3:23), tout comme Daniel lui-même a été sauvé quand il a été jeté dans la fosse aux lions (Daniel 16:23).

Bien sûr, dans ces cas, le texte biblique ne présente pas une image de la survie des trois jeunes gens, mais ceci est donné par saint André de Crète, qui précise qu'eux, et par la suite le prophète Daniel, furent sauvés parce qu'ils formaient l'image de la Croix avec leurs bras, les élevant vers le ciel (Patrologie Grecque 97, 1040-1). L'hymnologie de l'Eglise conserve la même tradition: le dimanche de la vénération de la Croix, nous chantons: "Ayant été jeté une fois dans la fosse aux lions, le grand prophète Daniel étendit les bras en forme de Croix et il lui fut épargné d'être dévoré par eux." (Ode 8 du canon des Matines de la Vénération de la Croix)

C'est non seulement la Croix du Christ qui est préfigurée dans l'Ancien Testament, mais d'autres événements, aussi, comme la Nativité, la Passion et la Résurrection. Mais la Croix du Christ est le moyen par lequel le Christ a vaincu l'Ennemi primitif et par lequel Il fut glorifié. Il a vaincu la mort et, par la résurrection, Il a amené les gens dans une nouvelle condition de vie, libérée des liens de la mort et de la décomposition.

Même si la Croix est un symbole de mort et de damnation dans l'ère avant Jésus-Christ, (parce que, selon les dispositions du Deutéronome, toute personne mourant sur l'arbre [le poteau, id est la Croix] était considérée comme maudite. (21:23), une fois que le Christ a été crucifié, elle est devenu symbole de victoire sur la mort, de gloire et de majesté. 

La Croix a perdu les attributs de dégradation, de misère, d'opprobre et d'humiliation, et elle est devenue une expression de sainteté, de bénédiction, d'honneur, de gloire et de magnificence.

Mais comment ce changement radical, ce miracle, cette transformation se produisent-ils? Naturellement, par l'incarnation du Fils et Verbe de Dieu, quand "le Verbe s'est fait chair" (Jean. 1:14) et par Sa crucifixion, par laquelle Il "est mort pour nous" (Romains 5:8), "et ayant paru comme un simple homme, il S'est humilié Lui-même, se rendant obéissant jusques à la mort, même jusqu'à la mort de la Croix."(Philippiens 2, 8), nous rachetant " de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous..."(Galates 3:13)

La crucifixion et de la résurrection du Christ ont ouvert la voie au Paradis, et ont effacé l'épée de feu qui barrait le chemin de l'Arbre de Vie (Genèse 3:24). 

Si nous regardons l'hymnographie de la fête de la Vénération de la Croix, nous observons l'éloge qui lui est prodigué. Elle est appelée: gardienne de la porte du Paradis,  signe de victoire des rois, fierté des prêtres, soutien des fidèles, gardienne du monde, gloire et fierté de l'Église, fierté insigne des chrétiens, enseignement particulier des apôtres, diadème des martyrs et parure inestimable des prophètes (Vêpres du dimanche de la vénération de la Croix [Troisième dimanche du Grand Carême]).


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

La visite du Christ. Film orthodoxe.


vendredi 21 novembre 2014

Découverte du lieu de sépulture de l'archidiacre et protomartyr Etienne



Ramallah, le 13 Novembre, 2014

Lors de fouilles près de la ville palestinienne de Ramallah, des archéologues ont découvert l'une des plus grandes reliques chrétiennes - le lieu de sépulture du saint archidiacre Etienne, premier martyr du Christ, rapporte le portail de nouvelles Linga.
  
Les fouilles des ruines au village de Taiar, qui se trouve à deux kilomètres à l'ouest de Ramallah, réalisée par les chercheurs palestiniens et israéliens ont donné des résultats inattendus. Dans le cadre d'un projet par l'Université de Jérusalem pour la découverte et la restauration d'antiquités, un groupe d'archéologues dirigé par le Docteur Salah Al Hudeliyya a découvert les ruines d'un complexe d'église entier qui comprend un temple de l'époque byzantine et de celle des Omeyyades ainsi qu'un monastère byzantin.

Selon une déclaration de M. Al Hudeliyya, cette découverte est d'une grande valeur pour les chrétiens du monde entier.



    
"À l'intérieur de ces églises nous sommes tombés sur une inscription qui indique que cette église avait été construite en l'honneur du saint apôtre, archidiacre et Protomartyr Etienne, enterré ici en l'an 35 de Notre Seigneur," a rapporté l'historien.



Le chercheur a assuré les autorités locales et l'Eglise, dont les représentants ont récemment visité les ruines nouvellement découvertes, que l'université, comme auparavant, mettra toutes ses ressources et toute son énergie dans la mise en œuvre du projet en cours.

"Il reste cinq ans, puis les recherches nécessaires seront achevées et ce monument sera prêt; il  deviendra sûrement un lieu de pèlerinage pour les croyants  du monde entier. Les touristes pourront ainsi profiter de l'occasion, parce que ce site est un exemple vivant de la continuité des cultures de la région Moyen-Orient: ici sur le même site, nous pouvons voir l'héritage de l'antiquité, du début et de la fin du Moyen Age, des cultures hellénistique, byzantine , et islamique, " a dit l'archéologue en conclusion.

Un quart des ruines du village de Taiar appartient à l'Église de Jérusalem, qui estime l'expert, fera de ce lieu un endroit approprié pour les pèlerins.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Saint Paul révèle le sens de ses Epîtres à saint Jean Chrysostome

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Icône contemporaine du saint Monastère de Vatopaidi au Mont Athos