"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mercredi 23 juillet 2014

Saint Père Seraphim (Rose) [R]



Icône de Père Seraphim

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Dans la souffrance, quelque chose se passe, qui aide le cœur à recevoir la révélation de Dieu.

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La douleur du cœur est la condition de la croissance spirituelle et la manifestation de la puissance de Dieu. Les guérisons arrivent à ceux qui en sont réduits au désespoir, aux cœurs souffrants mais qui ont confiance et espèrent en l'aide de Dieu. C'est alors que Dieu agit.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après Heavenly Realm, 
Not of this World, God's Revelation to the Human Heart
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA

mardi 22 juillet 2014

Le repentir dans les idéogrammes chinois (R)



Repentance


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Repentance


Ce qui précède est le terme utilisé pour repentir en Chinois, tel qu'on l'utilise dans la plupart des bibles ( Par exemple "Repentez-vous car le Royaume des Cieux est proche."(Matt 4:17). 悔改

Le premier caractère, 悔 (prononcé “houï” ou “hou-èille”), signifie être désolé; le second, 改 (”gaïlle” prononcé comme dans le mot anglais guy), signifie changer ou corriger. [...] En Chinois le sens du mot est explicite: changement et correction par le repentir. Parfait.

Et il y a plus encore. Le caractère houï, 悔, a sur la gauche le caractère utilisé pour le mot cœur (心) insistant sur le fait que le repentir ressenti, est quelque chose du cœur, exactement comme les écrivains de la Bible comprenaient que le cœur était le siège des émotions et de l'intellect. A droite, est le caractère signifiant "tout" ou "chaque" , (par ex.. 每天, signifie chaque[每] jour[天]”). Le repentir doit s'appliquer à tout ce que nous avons fait.

Après le repentir et le regret, il y a le changement (改) qui est crucial. Ici encore nous avons deux parties, la gauche et la droite. A gauche, nous avons 已, dji, qui signifie “soi-même” ou “le sien propre”. La partie droite signifie littéralement “fouetter” or “frapper”, elle a en définitive le sens de changer. Notre propre changement, la correction de nous-mêmes.

“Hou-aille Gaïlle” - Repentir conduisant à la correction

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

lundi 21 juillet 2014

Archimandrite Séraphim [Alexiev]: Objections à la confession




La Confession doit être tellement importante pour nous pécheurs que nous pouvons dire avec audace : il n’y a pas de salut pour nous sans repentir et la confession en est la conclusion normale. Abba Isaïe exprime la même pensée : " S’il n’y a pas de repentir, personne ne peut être sauvé. " Juste comme le baptême nous purifie du péché de notre séparation par rapport à Dieu et de tous les péchés connus avant le baptême, ainsi le repentir comportant la confession de nos péchés nous purifie de toute infraction commise après le baptême.

Afin de nous soustraire à la Confession, nous élevons des objections à l’encontre de celle-ci. Quelles sont les principales ?

1. Je suis tellement pécheur. Dieu peut-il pardonner mes péchés ?  Je ne le crois pas. Voilà pourquoi il est inutile de me confesser.
Cette objection exprime une attitude d’orgueil. L’homme attribue plus de poids à ses actes qu’à la miséricorde de Dieu. Elle révèle un manque un foi et d’espérance en Son infinie bonté. Mais si un homme se repent sincèrement, tout péché peut lui être pardonné. "La puissance du repentir est basée sur le pouvoir de Dieu. Le Médecin est tout-puissant et la médication donnée par Lui est toute-puissante" (evêque Ignace Briantchaninov).
Saint Jean Chrysostome évaluant les résultats miraculeux d’un repentir sincère dit : "Le repentir est une médication qui détruit le péché. C’est un don céleste, une force merveilleuse qui, par la grâce de Dieu surmonte la puissance et la rigueur de la loi. Il ne rejette pas le fornicateur, ne renvoie pas l’adultère, n’est pas dédaigneux de l’ivrogne, n’anathémise pas l’idolâtre, ne néglige pas le fauteur de scandale, ne persécute pas celui qui abuse, pas même l’homme hautain. Il régénère chacun parce qu’Il est un fourneau purifiant le péché. La blessure et la médication, ce sont le péché et le repentir.
Ne dis pas, j’ai beaucoup péché, comment puis-je me sauver ? Tu ne le peux pas, Dieu seul le peut, et Il peut le faire de telle façon que tous tes péchés soient détruits. Ecoute attentivement ces paroles : Votre Dieu détruit tes péchés d’une manière telle qu’il n’y ait ni un endroit, ni une trace qui subsistent, et Il restaure alors ta santé, Il te présente la justice qui te libère de la peine de mort. Il te donne la justice; et celui qui a péché, Il le rend égal à celui qui n’a pas péché parce qu’Il détruit le péché comme s’il n’avait jamais existé.
Mais diras-tu : " Est-ce possible pour celui qui se repent d’être sauvé ? " C’est parfaitement possible. " Mais j’ai passé toute ma vie dans le péché, si je me repens, serai-je sauvé ? " Bien sûr. " Comment le savons-nous ? " Par l’amour que Dieu a pour l’homme. Est-ce que je me fie sur votre repentir pour détruire vos péchés si lourds ? nous rapporte l’Ecriture. En effet, Dieu connaît les limites du repentir de l’homme et cela ne l’empêche pas de remettre les péchés. Si tu devais te fier uniquement sur ton repentir, alors, en effet, tu devrais trembler, mais la miséricorde de Dieu s’unit au repentir. Et la miséricorde divine n’a pas de limites, les mots ne peuvent exprimer sa Bonté. Notre malice aune fin, mais la médication est sans limite. La mer, si grande soit-elle a une fin, par contre l’amour de Dieu pour l’homme est infini.
2. Un autre dit : " Pourquoi irai-je me confesser ? Je n’ai pas de péchés particuliers. Laissons d’autres qui ont tué, volé, violé ou commis d’autres péchés se confesser. "
Cette objection à la Confession est diamétralement opposée à la première. Dans le premier cas, l’homme réalise de façon oppressante qu’il est mauvais et il ne croit pas pouvoir être pardonné. Présentement, il y a absence de conscience de notre malice : "Je n’ai pas de péchés particuliers..." Mais en est-il vraiment ainsi ? Quand un homme demeure dans une chambre cloisonnée durant un temps prolongé, il s’habitue à l’air mauvais et il ne réalise pas combien c’est déplaisant. Mais quelqu’un venant de l’extérieur ne supportera pas l’odeur ambiante de la chambre et il prendra la fuite.
Que ceux qui disent : "Je n’ai pas de péchés particuliers,’ répondent si le Christ est dans leur cœur. Jésus-Christ se plaît à habiter dans les cœurs purs. Mais leurs cœurs sont-ils purs ? A peine ! Ils s’imaginent être purs, mais l’imagination n’est pas la réalité. Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous nous trompons, et la vérité n’est pas en nous. (1 Jn 1:8) Et là où il y a mensonge, le Christ ne s’y trouve pas.
Alors que faire ? Confessons-nous. Retrouver une attitude digne et juste nous purifie de toute injustice. (1.Jn 1:9) Les Saints Pères nous instruisent qu’il est très difficile pour un homme de voir ses péchés. Ils expliquent cela par l’aveuglement causé par le démon. Abba Isaïe dit : "Quand un homme se sépare de celui qui est à sa gauche, c’est-à-dire de la communion avec les démons et de leurs suggestions, alors il verra pleinement ses péchés contre Dieu et il connaîtra Jésus-Christ. Mais un homme ne peut voir ses péchés tant qu’il ne se sépare pas de ceux-ci, et cela exige du travail et de la détresse. Ceux qui ont atteint cette condition ont trouvé les larmes lorsqu’ils se rappellent leur amitié vicieuse avec les passions, ils n’osent pas regarder Dieu, et ils vivent constamment avec un cœur brisé." S’il était simple de voir nos fautes, Saint Éphrem le Syrien n’aurait pas prié en disant: "Seigneur, donne-moi de voir mes fautes." De même Saint Jean de Cronstadt ne pourrait dire : "Ceci est vraiment un don de Dieu - de voir nos péchés dans leur multitude et leur horreur."
Ceux qui croient n’avoir aucun péché substantiel à se reprocher sont en fait aveugles. Ils doivent prier Dieu pour qu’Il leur donne de percevoir leurs péchés et ainsi se dépêtrer de l’illusion fatale extrême qu’ils n’ont aucun péché particulier. Même si leurs péchés sont petits comme des grains de sable, s’ils ne sont pas effacés par la confession constante, ils s’accumulent et souillent la chambre de leur cœur si bien que l’illustre Hôte céleste ne peut y pénétrer.
Les petits péchés sont bien souvent plus dangereux que les plus grands délits ou crimes parce que ces derniers pèsent lourdement sur la conscience et ils demandent à être réparés, confessés, clarifiés, effacés. Les petits péchés, par contre, ne pèsent pas lourdement sur l’âme, mais ils ont la particularité dangereuse de la rendre insensible à la grâce divine et indifférente au salut. Moins d’hommes ont péri sous les coups des bêtes féroces que sous le contact de petits microbes invisibles à l’œil nu. Considérés comme insignifiants, les petits péchés ne font généralement pas l’objet de notre attention. Ils sont facilement oubliés et créent chez l’homme la plus mauvaise habitude, celle de pécher inconsciemment en endormant la conscience morale. Ainsi, le misérable pécheur en arrive à se tromper en croyant qu’il n’est pas pécheur, que tout va pour le mieux avec lui alors qu’il est un misérable et servile esclave du péché.
Les petits péchés créent une véritable stagnation de la vie spirituelle. De même que la pendule s’arrête à cause de l’accumulation de la poussière, ainsi le pouls spirituel de l’homme s’éteint graduellement sous la couche dense de la multitude des petits péchés. Pour que la pendule fonctionne à nouveau, la poussière doit être éliminée. Afin de restaurer sa vie spirituelle, l’homme doit confesser le moindre péché.
3. Un troisième dit : "Tout cela est vrai. Mais pourquoi me confierai-je quand je sais que demain je pécherai à nouveau ? La confession a-t-elle un sens dans ce contexte ? Je considère que la confession n’a de sens que si l’on ne pèche plus par la suite."
Cette objection à la confession renferme à la fois quelque chose de vrai et quelque chose qui ne l’est pas. La chose vraie est le désir de ne plus pécher après la Confession. Mais nous sommes des êtres faibles et nous ne pouvons pas atteindre immédiatement une telle fermeté au point de rendre impossible le fait de succomber à nouveau. Si nous ne pouvons pas accéder immédiatement à la constance dans la vertu, devons-nous nous soumettre au vice ? Ou devons-nous arrêter de nous confesser ? Qu’est-il préférable, rouler dans la boue du marais spirituel, ou se relever après chaque chute et poursuivre avec l’espoir qu’un jour nous toucherons la crête magnifique de la vertu ? Si tu ne te confesses pas, tu demeures dans la boue. Si tu te confesses, tu te relèves de la boue et tu te laves. "Mais pourquoi me releverai-je si demain je succombe à nouveau ?" diras-tu. Si tu tombes à nouveau, relève-toi à nouveau ! Chaque jour, recommence. C’est toujours mieux que de succomber à l’habitude de ne pas se relever.
Un jeune moine se plaignait auprès du grand ascète Abba Sisoès :
- "Abba, que dois-je faire ? J’ai succombé."
- "Relève-toi". Plus tard :
- "Je me suis relevé et j’ai succombé à nouveau !"
- "Relève-toi à nouveau  ! "
- "Combien de temps dois-je me lever et succomber ?"
- "Jusqu’à ta mort", répondit Abba Sisoès.
Ce sage dialogue devrait être intériorisé par chacun qui souhaite s’amender mais qui, trompés par le Malin, retournent à leurs péchés antérieurs. Chaque fois que tu succombes à une transgression, relève-toi ! Se lever, c’est la Confession. "Mais pourquoi jouer à tomber et se relever  ?" demandent certains. Ce n’est pas un jeu, mais une bataille qui a beaucoup de sens. Si nous, être humains faibles, nous tombons et ensuite nous nous relevons, il existe une grande probabilité que la mort nous trouvera debout. Alors nous sommes sauvés. Mais si nous n’avons pas l’intention de nous relever, la mort nous trouvera sûrement gisant dans la boue. Et alors la probabilité que nous serons perdus pour toujours devient très élevée.
Saint Jean Chrysostome dit : " Le repentir ouvre les Cieux pour l’homme, l’emporte au Paradis, vainc le démon. As-tu péché ? Ne désespère pas si tu pèches chaque jour. Offre ton repentir chaque jour ! Quand il y a des parties pourries dans une vieille maison, elles sont remplacées par des nouvelles et nous n’arrêtons pas d’entretenir la maison. De la même manière, raisonne : si aujourd’hui, tu as succombé au péché, purifie-toi immédiatement par le repentir.’
Pour laver la saleté corporelle, Dieu a donné l’eau. Et pour purifier la souillure spirituelle, Dieu a donné la grâce du sacrement de la Confession. Chaque homme qui se salit les mains, les lave. Personne ne dit : "Je ne laverai plus mes mains, parce que je les salirai à nouveau !" Alors pourquoi tant de gens disent-ils: "Je n’irai pas me confesser parce que je pécherai à nouveau !" Il est évident que l’ennemi de notre salut nous induit à ne pas purifier nos âmes afin de pouvoir les dominer.
Il ne faut pas céder à notre paresse spirituelle, à notre manque de courage vis-à-vis de nous-mêmes, à ces suggestions sataniques. Nous devons nous confesser fréquemment parce que le lavage fréquent produit le goût de la propreté en nous. Laisse ta maison couverte de poussière, sans nettoyage et non ventilée pendant une année. Elle devient semblable à une porcherie. Alors imagine à quoi ressemble l’âme de l’homme s’il ne l’a pas purifiée par la Confession, non seulement durant un an, mais durant vingt, quarante, soixante ou soixante-dix ans !
4. Un quatrième dit : "Je me confesserai à Dieu. Quel besoin y a-t-il d’aller chez le prêtre ?"
Dieu a ordonné le prêtre pour administrer les saints sacrements de telle façon que nous puissions recevoir par eux la grâce céleste du salut. La Confession est également un sacrement. Si tu te confesses devant Dieu, tu fais bien parce que tu écoutes ta conscience en te rappelant tes péchés. Peut-être verseras-tu même des larmes pour eux. Mais tu ne recevras pas de cette manière la grâce divine du pardon. Se confesser à Dieu seul peut nous amener à l’illusion d’être pardonné ou nous maintenir dans une "relation intellectuelle" avec Dieu. Assieds-toi. Pense au jour sans crépuscule du Royaume. Ceux qui ont plu à Dieu participeront de manière ineffable au Repas Mystique, à la Communion céleste, tandis que toi, tu ne pourras pas y prendre part, ni mystiquement, ni réellement. Peu importe à quel point tu as été touché dans ta pensée, cela sera vrai aussi longtemps que tu n’as pas accepté visiblement la Sainte Communion. Jusqu’à ce que tu ailles chez le prêtre à qui Jésus-Christ Lui-même a donné le pouvoir de lier et de délier les péchés. Sinon, qu’importe le nombre de fois où tu t’es confessé devant Dieu, tu ne recevras pas le pardon de tes péchés. Pourquoi ? Dieu Lui-même a dit au prêtre : "Ceux à qui vous pardonnerez leurs péchés obtiendront le pardon, ceux à qui vous le leur refuserez ne l’obtiendront pas". (Jn 20:23)
De plus, la Confession au prêtre revêt une grande signification. Elle est très instructive. Elle nous humilie parce qu’elle nous remet à notre place par rapport à Dieu. Elle guérit notre orgueil, elle nous fait rougir de façon bénéfique, elle insuffle la honte du péché et la crainte de Dieu. Elle nous protège des péchés pour le futur. Quand nous péchons, nous péchons contre le Dieu Tout-Puissant, mais nous ne sommes pas honteux devant Lui parce que nous ne Le voyons pas, comme si nous entretenions un monologue. Mais quelle honte nous couvre lorsque nous nous confessons devant le prêtre. L’homme qui s’est soumis au commandement de l’Église de se confesser devant un prêtre, ose à peine répéter ses péchés lorsqu’il pense à l’obligation de les dévoiler à nouveau durant la Confession. Huit jours après sa Résurrection, Jésus-Christ a très sagement donné l’ordonnance que notre repentir soit exprimé devant un prêtre qui agit comme témoin de Dieu.
"Mais comment le prêtre peut-il absoudre les péchés ?" demandez-vous. Il en a le pouvoir parce que Dieu en a décidé ainsi. "Mais le prêtre n’est-il pas lui-même un pécheur ?". S’il est pécheur, que perds-tu ? Il est pécheur pour lui-même et il répondra à Dieu de ses péchés.". Les sacrements administrés par lui ne cessent pas d’être actifs si nous les recevons avec foi et humilité. Le grâce peut lui être refusée le Jour du Jugement à cause de ses péchés, mais toi, acceptant la grâce divine par son intermédiaire, tu ne te prives pas de celle-ci si tu t’en montres digne. "Mais le prêtre ne dévoilera-t-il pas le secret de la confession de mes péchés ?" Non ! Aucun prêtre n’a le droit de rapporter ce qu’il a entendu durant la Confession. Il doit l’emporter dans la tombe. Aussi ne nous soucions pas de l’éventualité de la honte causée parce que nos péchés pourraient être dévoilés en société.
Remarquons que, si nous évitons la confession à cause du zèle pour notre honneur, cela signifie que nous avons honte de nous-même. Si nous avons honte d’admettre nos faiblesses devant un homme, tout le monde commencera à en parler. Ainsi procède la loi spirituelle. Les gens pressentent nos faiblesses, peu importe la diligence avec laquelle nous les dissimulons. Si nous les confessons devant un homme, Dieu, à cause de notre humilité devant ce seul témoin qu’est le prêtre, nous couvrira de Sa grâce devant la multitude.
Toutefois, si nous protégeons notre réputation durant la confession, notre autorité s’effondrera devant tous. Si nous nous repentons devant un home, rien qu’un homme, la confession nous enseignera à lutter contre nos passions. Et si nous luttons réellement contre elles, la multitude qui nous entoure n’en saura rien. Avec l’aide de Dieu, nous serons guéris avant même d’avoir honte. Mais si nous ne désirons pas guérir par la Confession, nous exposerons alors notre nom et notre réputation à des dénigrements ici et à la disgrâce devant l’Univers entier au jour du Jugement Dernier.
5. Un cinquième dit : "Je vais chez le prêtre afin qu’il lise à mon intention la prière d’absolution."
Voilà l’abus le plus sacrilège de la Confession. Quelle est la signification de la prière d’absolution ?. Il s’agit d’absoudre les péchés. Dans le cas qui nous concerne, le pénitent se rend donc chez le prêtre et, sans confesser ses péchés, lui demande : "Père, dites la prière d’absolution (ou prière du pardon) pour moi". Et le prêtre recouvre la tête du pénitent avec l’étole et lui pardonne des péchés qu’il n’a pas confessés.
Arrête, serviteur de Dieu. Que fais-tu ? Connais-tu les péchés dissimulés dans cette âme à qui tu confères le pardon divin aussi facilement ? Réalises-tu la responsabilité que tu portes devant Dieu ? Si un péché grave t’est dissimulé et que sans arrière-pensée tu confères le pardon au pénitent qui l’a commis et lui permets de prendre part à la Communion aux Saints Dons, n’accéléreras-tu pas la mort de son âme ? Ne connais-tu pas les paroles du saint Apôtre Paul : "Qui mange indignement de ce pain et boit indignement à cette coupe, est coupable du corps et du sang du Christ". (1 Cor.11:27). Pourquoi n’examines-tu pas celui qui s’est approché de toi ? Pourquoi le laisses-tu manger et boire son éternelle condamnation ? Pourquoi donnes-tu le sacrement à un pécheur non repenti ? Judas également a pris part aux Saints Dons avec les apôtres au moment de la Dernière Cène; mais parce qu’il était un pécheur non repenti, au lieu de la grâce divine, Satan est entré en lui. Désires-tu faire un nouveau Judas du chrétien inconscient qui approche le Christ sans confession, seulement avec une prière d’absolution ? Il est préférable de refuser la Sainte Communion à l’homme qui ne s’est pas repenti jusqu’à ce qu’il se repente plutôt que de lui donner le Feu et la condamnation.
Cette lecture de la prière d’absolution pour apaiser la conscience est un péché aussi bien pour le prêtre que pour le laïc parce qu’en son essence il y a dissimulation et mensonge. Cette pratique de même que celle de l’absolution pour toute l’assemblée, ne conduit pas à la guérison spirituelle mais à un plus grand état de péché. Quelqu’un est malade de façon critique. Le malaise est identifié avec certitude et la médication est connue avec précision, mais parce qu’elle est amère, le malade demande quelque chose de plus agréable. Alors le médecin donne soit de la morphine pour calmer la douleur ou un sirop très doux sans aucune utilité. Le malade guérira-t-il ? Jamais ! Et qui sera responsable de sa mort ? Lui-même parce qu’il a demandé un sirop sucré pour se berner, et le médecin qui savait ce qu’il devait prescrire et qui ne l’a pas fait uniquement par désir de plaire, ou encore par paresse, par négligence, ou par habitude voire même par méconnaissance de ce sacrement.
Récemment une dame notoirement chrétienne m’a confié ce qui suit: Je m’étais préparée pour la Sainte Communion. Je suis allée à l’église et j’ai cherché le prêtre de la paroisse pour me confesser. Le prêtre était fort occupé et son humeur, comme je l’avais remarqué, n’était pas bonne. Il m’a rencontrée avec une certaine irritation :
- "Pourquoi venez-vous ? Pour confesser toujours les mêmes petits péchés ? Vous n’avez commis aucune transgression importante devant Dieu !"
- "Mais je désire me confesser, quelque chose me pèse lourdement."
- "Point n’est besoin ! Venez et agenouillez-vous ici !"
J’ai obéi et il a lu la prière d’absolution. Je me suis levée et je suis partie, mais mon âme n’était pas soulagée. Le fardeau était là et il me tourmentait d’autant plus. Depuis le milieu de l’église, je suis retournée vers le prêtre. Mais il était déjà occupé avec d’autres fidèles. Le temps de la Communion est arrivé. Je n’ai pas osé m’avancer parce que je sentais que ma conscience n’était pas soulagée. Le dimanche suivant, je me suis rendue dans une autre église. Là je me suis confessée et j’ai communié. J’ai éprouvé une grande joie au moment de la Confession, ce n’est qu’à partir de ce moment que je me suis sentie apaisée.
Extrait du livre de l'Archimandrite Séraphim Alexiev, 
The Forgotten Medicine : The Mystery of Repentance. 
St. Xenia Skete Press, 
Wilwood CA, 1994.
Traduit de l'anglais 
par l'higoumène Paul (Pellemans).

dimanche 20 juillet 2014

Staretz Arsène du Mont Athos: De la Communion fréquente


On Frequent Communion


À propos de l'auteur: Le staretz Arsène du Mont Athos est né en Russie, dans une famille de marchands. Il erra en pèlerin pendant plusieurs années avant d'entrer dans la vie monastique en Moldavie. 
Après la mort de son staretz, il voyage avec un autre moine russe vers le «désert» du Mont Athos où, menant une vie de stricte pauvreté, il acquit une grande réputation comme ascète et guide spirituel expérimenté. Vers la fin de sa vie, il s'installa près du monastère de Stavronikita, continuant de diriger des milliers de moines russes. Il reposa en Christ le 24 mars 1846. 

*

Celui qui mange ma chair et boit mon sang 
demeure en moi et moi en lui 
(Saint Jean 6:56) 

*

Que peut-il y avoir de plus élevé et de plus souhaitable que ces paroles très réconfortantes de notre Sauveur dans lesquelles Il exprime tout Son amour, tout l'abîme infini de Sa compassion qui est donnée à l'homme dans le mystère de la Communion! 

Avec quoi pouvons-nous comparer l'état d'un homme qui est uni avec le Seigneur Lui-même! C'est le mystère des mystères, si élevé qu'il ne peut être saisi qu'en partie par l'esprit limité de l'homme. Il nous suffit de savoir que dans le Mystère de la Communion nous est accordé le plus grand des dons de Dieu, et nous devons donc, par tous les moyens, essayer de vivre de telle manière que nous puissions le plus souvent aborder ce très saint mystère, qui était donné quotidiennement aux anciens chrétiens. 

La Sainte Communion, renforçant nos pouvoirs spirituels et corporels, nous sert également comme une arme invincible pour vaincre l'Ennemi invisible de notre salut - le Diable. 
Cet ennemi est extrêmement dangereux pour nous. Combien de pièges il tend pour notre ruine, dans lequels il essaie de tout son pouvoir de nous piéger; partout où nous allons, presque à chaque pas, ce mauvais esprit essaie de nous blesser, cherchant toujours à nous tromper et à nous tenter. 
Nous voulons faire le bien, mais il nous entraîne dans le mal; nous voulons prier, mais il nous amène des pensées nauséabondes, la paresse, la lourdeur et ainsi de suite, en profitant de nos faiblesses et de notre inclination vers le péché. Combien beaucoup de soin, d'attention à soi, et d'auto-discipline nous est nécessaire, de peur que cet esprit cruel de malice ne l'emporte sur nous! 

Il est d'autant plus dangereux qu'il est invisible pour nous, et il est extrêmement rusé et mauvais. Avec un tel  ennemi, nous devons utiliser une arme puissante; mais que peut être plus puissant que le plus saint Mystère de la Communion? 
En soi, il s'agit d'une toute-puissance, car en participant au Corps et au Sang du Christ, nous recevons le Maître des cieux et de la terre, dont la puissance est infinie. D'autre part, [la Communion] contient en elle toute la puissance de notre grande rédemption qui a été accomplie pour nous par notre Sauveur, et dont le fruit fut le triomphe victorieux sur le royaume ténébreux du Diable. 

Celui qui approche rarement ce Mystère salvifique s'éloigne lui-même du salut. Même le sens commun peut saisir la vérité de ceci. Celui qui reçoit souvent la Sainte Communion, permet aussi de purifier souvent sa conscience dans le mystère de la confession, et en revivant sa douleur et sa contrition sur les péchés qu'il a commis, il met la crainte salvifique de Dieu comme un sceau sur ​​son âme, la gardant du péché. 

Pour y parvenir, il doit s'armer plus souvent avec de bonnes pensées et de bonnes œuvres qui le gardent du péché et l'attirent plus près de Dieu. Ensuite, selon la fréquence de la Communion, les bonnes dispositions et les vertus acquièrent une grande puissance et deviennent indispensables à l'âme. 
Chacun de nous sait par expérience que la répétition fréquente d'une chose constitue une habitude en nous. Celui qui répète le péché est souvent lui-même un esclave du péché; celui qui cherche la vertu devient un combattant de la piété. 
Ainsi, la personne qui participe souvent à la Communion acquiert nécessairement la disposition à servir le Seigneur avec ferveur, car elle croit vraiment en la puissance de ce mystère divin; elle loue Dieu avec joie et espoir, car elle veut vraiment croire que le Seigneur est son aide et son défenseur; elle se soumet à Lui avec humilité et amour, parce qu'elle aime vraiment le Seigneur qui l'a aimée et qui lui a accordé tout don céleste. 

Les chrétiens d'aujourd'hui, pour la plupart, approchent les mystères salvifiques de la confession et de la Communion une fois par an (au milieu du 19e siècle, en Russie, et beaucoup encore aujourd'hui-ed.). Mais aux chrétiens des premiers siècles ce don était accordé quotidiennement. A partir de là, il est évident que la piété a diminué de nos jours, et qu'elle le fera encore à l'avenir. 

On peut parfois entendre les gens dire qu'ils évitent d'approcher les Saints Mystères parce qu'ils se considèrent comme indignes. Mais qui est digne d'eux? Personne sur terre n'est digne d'eux, mais celui qui confesse ses péchés par la contrition sincère et se rapproche du calice du Christ avec la conscience de son indignité, le Seigneur ne le rejette pas, conformément à Ses paroles, je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi (Jean 6:37). 

D'autres sont tellement pris dans la vanité du monde qu'ils ne trouvent pas de temps pour se préparer à la Communion, ou se préparent seulement rapidement pour ce devoir chrétien très sacré. 

Quelle négligence concernant un tel grand don de Dieu, quelle négligence concernant le salut de son âme! Toute l'année, ils ne peuvent pas mettre de côté quelques jours encore pour le salut de leur âme, quand devant leurs yeux il y a des exemples presque quotidiens de mort subite. 

Et nous ne resterons pas silencieux au sujet des personnes qui s'approchent en effet du calice du Christ indignement. De ces gens, la parole de Dieu dit: Celui qui mange et boit indignement, mange et boit un jugement contre lui-même, sans discerner le corps du Seigneur (I Corinthiens 11:29.). 

En approchant ce Mystère impressionnant, nous disons: "Je ne te donnerai pas un baiser comme Judas." Qui est-ce qui donne au Seigneur, le baiser de Judas? Sans aucun doute, ce sont ceux qui, n'ayant pas purifié leur conscience par le repentir sincère, ne s'étant pas affligés de leurs péchés, approchent du calice du Christ sans la crainte de Dieu, ou ceux qui, après avoir été unis au Seigneur, ayant été sanctifiés par Son très saint Don et librement purifiés de leurs transgressions innombrables, du frai de l'Esprit de malice, retournent de nouveau à leurs infamies, et redeviennent esclaves de Satan. Malheur, malheur éternel, à ces gens! 

Concluons notre discours sur la Communion aux Saints Mystères du Christ en soulignant quelques-unes des innombrables bénédictions qu'elle dispense à ceux qui communient dignement. 

Selon l'enseignement de l'Église (cf. les prières avant et après la Communion), ce très saint Mystère du Corps et du Sang donne à ceux qui y participent dignement le renforcement des articulations et des os, la guérison de diverses infirmités, la santé, la force, la préservation, le salut et la sanctification de l'âme et du corps, l'aliénation et la purification de l'âme souillée, la préservation de toutes les œuvres et paroles qui corrompent l'âme, la protection de toutes les actions du Diable, un rempart et une aide pour disperser l'Ennemi (par exemple, les mauvais esprits); l'éloignement de tous les fantasmes, actes mauvais et du travail du Diable agissant mentalement dans nos membres; la destruction totale par le feu des pensées et des entreprises mauvaises, et des fantasmes nocturnes des esprits sombres et mauvais; la correction de la vie et la confirmation de la sainteté de vie, l'observance des commandements, l'augmentation de la vertu et de la perfection, l'illumination des sens, la paix des puissances de l'âme, la foi sans honte, la plénitude de la sagesse, l'illumination des yeux du cœur, l'audace et l'amour envers Dieu, le don de l'Esprit Saint, une augmentation de la Grâce divine; la demeure en notre âme de Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit; le renforcement de la vie, un gage de la vie et du Royaume à venir, un viatique pour la vie éternelle, une bonne défense devant le redoutable Tribunal du Christ, et la Communion aux bénédictions célestes. 

Avec une conscience purifiée par le mystère de la confession et avec un désir sincère de corriger notre vie, nous arrivons de plus en plus souvent à partager le Repas Céleste qui nous est donné dans le Mystère du Corps et du Sang du Christ, et par la digne réception de ce don sublime, nous pouvons également recevoir ces innombrables dons qui sont accordés dans ce grand Mystère, et goûtant dignement ce Pain très Saint ici-bas sur ​​la terre, nous pouvons être dignes de participer ainsi plus complètement au Christ dans le Ciel, et de rester éternellement en communion avec Lui et dans la vision face à face de Jésus-Christ, notre Créateur, Maître et Rédempteur. Puissions-nous tous en être jugés dignes par Son bon plaisir et Sa bienfaisance. 

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
ATHONITE LEAFLETS
N°105, 8th EDition,
Saint Panteleimon's Monastery,
1905
Published in 
Orthodox Life
N° 6, 
1978 
cité par 

samedi 19 juillet 2014

Métropolite Hilarion [Alfeyev]: Que Ton règne vienne!


On Prayer XXV: “Thy Kingdom Come”


Que signifient ces mots? Après tout, le Royaume de Dieu viendra inévitablement, le monde finira, et l'humanité entrera dans une autre dimension. De toute évidence, nous ne sommes pas en train de prier pour que la fin du monde vienne, mais pour que le Royaume de Dieu vienne à nous, qu'il devienne réel dans nos vies, que notre présent -monotone, gris, et parfois sombre et tragique-, nos vies terrestres soient imprégnés de la présence du Royaume de Dieu. 

Qu'est-ce que le Royaume de Dieu? Afin de répondre à cette question, il faut se tourner vers l'Evangile et se souvenir que Jésus-Christ a commencé sa prédication par les mots: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche (Matthieu 4:17). Puis, le Christ a parlé à plusieurs reprises aux gens de son Royaume; Il n'a pas eu d'objection quand il a été appelé roi -par exemple, quand il est entré à Jérusalem et a été salué comme roi des Juifs. Même quand il a été jugé et moqué, calomnié, diffamé, le Seigneur a répondu à la question apparemment ironique de Pilate: Es-tu le roi des Juifs? Par les mots: Mon royaume n'est pas de ce monde (Matthieu 18:33-36). 

Ces paroles du Sauveur contiennent également une réponse à la question de ce qu'est le Royaume de Dieu. Lorsque nous nous tournons vers Dieu avec les mots "que Ton règne vienne," nous demandons que ce royaume surnaturel et spirituel du Christ devienne une réalité dans nos vies, que la dimension spirituelle dont parlent tant de gens, mais que si peu connaissent par expérience, devienne manifeste dans nos vies. 

Quand le Seigneur Jésus-Christ a dit à Ses disciples ce qui l'attendait à Jérusalem - les tourments, la souffrance et la mort sur ​​la Croix - la mère de deux d'entre eux lui dit: Fais que mes deux fils puissent siéger avec Toi, l'un à Ta droite, et l'autre à Ta gauche, dans Ton royaume (Matthieu 20:21). Il parlait de la façon dont il devait souffrir et mourir, mais elle imaginait un homme sur un trône royal et voulait que ses fils soient à côté de lui. Mais, comme nous le comprenons, le Royaume de Dieu a été révélé sur la croix: le Christ a été crucifié, saignant abondamment, et surtout au-dessus de lui était accroché un signe: "Roi des Juifs." 

Ce n'est que plus tard que le Royaume de Dieu a été révélé dans la glorieuse et salvifique Résurrection du Christ. C'était ce Royaume qui nous était promis: un Royaume qui est donné par de grands efforts et de grandes tribulations. Le chemin vers le Royaume de Dieu passe par Gethsémani et le Golgotha​​: à travers les épreuves, les tentations, les peines et les souffrances, qui nous frappent tous. Nous devons nous en souvenir quand nous disons la prière "Que Ton règne vienne." 

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après



vendredi 18 juillet 2014

Un miracle récent de Saint Serge ( Fête le 5/18 juillet)



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Le père Jules Koustanov, ancien étudiant à la Laure de la Trinité Saint Serge et des écoles ecclésiastiques de Moscou, était recteur de l’église de l’Annonciation dans la ville de Miass. Le 8 octobre 2012, jour de la mémoire de saint Serge, il célébra la Liturgie et décida, comme il le faisait toujours les jours de fête, de s’adresser aux fidèles par un sermon qu’il prononçait depuis l’ambon. Mais, pour la première fois depuis qu’il était prêtre, il descendit soudain de l’ambon et partit prononcer son sermon près de l’icône de saint Serge, à l’intérieur de l’église. 

Il partit, comme si quelqu’un le menait par la main. Or, après un court instant, alors qu’il prononçait son sermon, se produisit une chose à peine vraisemblable. Dans la rue voisine, deux jeune gens ivres conduisaient à très grande vitesse une voiture qui, s’envola à fond de train sur le mur de l’église en bois à une hauteur de 1,50 à 2 mètres. 

Le choc se produisit près du sanctuaire, où des poutres en bois massif s’abattirent sur l’ambon, précisément là où le prêtre avait l’habitude de prêcher. L’iconostase fut brisée, la poutre de soutien qui se trouvait près de la solea fut  arrachée. 

Si le prêtre s’était trouvé là, il aurait été grièvement blessé, voire tué. Par la miséricorde de Dieu, personne ne fut blessé, pas mêmes les ivrognes dans l’automobile.

 Les paroissiens ont dit au père Jules : « Mon Père, c’est le Seigneur Lui-même qui vous a sauvé ».

Version française Bernard Le Caro
d'après 

Врезавшийся в Благовещенский храм автомобиль. Миасс

jeudi 17 juillet 2014

GOLDMAN SACHS VEUT LA SERBIE ET POURQUOI ( A LIRE AVEC ATTENTION )

GOLDMAN SACHS VEUT LA SERBIE ET POURQUOI ( A LIRE AVEC ATTENTION ) 
du 15 au 19 juillet 2014 : Quand Goldman Sachs commence à s'intéresser à un pays comme la Serbie, soyez sûrs que la banque de Lucifer a déjà préparé sa mise en esclavage, et je vais vous en faire la démonstration avec, entre autres, un article de juillet 2013: "Goldman Sachs eyes Serbia. A delegation of the world's leading investment will arrive in Serbia on a 2 day visit". Regardez quels ministres ils ont vus:

Minister of Energy, Development and Environmental Protection
Minister of Agriculture Water Power Engineering and Forestry
Ministry of Foreign and Domestic Trade and Telecommunications
the Directorate for Commodity Reserves
the management of Transnafta, Zita Srbije, and Zita Vojvodine, lire ici B92 traduit.
 
Mais ce n'est pas fini, en fait le plus intéressant commence: The Goldman Sachs delegation will also visit RTB Bor (la mine d'or) to get familiar with its operations and future development projects. One of the main discussion topics will be the formation of mandatory reserves of oil derivatives in Serbia as well as possible recapitalization of RTB BorBesides, the two sides will also talk about investment opportunities in the field of production funding, export and import of cereals, sugar and metals.". Et aussi dans les infrastructures pour stocker le pétrole... (Hello Mercuria, Hello Blythe) 
Traduction: si Goldman Sachs va mettre la main sur la mine d'or, c'est qu'ils savent que le cours de l'or va s'envoler à un moment précis, celui de l'effondrement d'autres banques, je pense européennes. Donc, ils jouent avec 2 ou 3 ans d'avance (là c'était en 2013). Surtout quand vous savez que GS a toujours dit qu'il ne fallait pas investir dans l'or... ha ha ha. Bref, là vous avez une info en or. Ajout: Goldman s'intéresse aussi aux mines de cuivre, toujours à Borlire ici Tanjug.
En même temps, la semaine passée (juillet 2014 donc), le ministre des Finances serbe (qui a discuté avec GS) a demandé à ce que 160.000 fonctionnaires serbes soient licenciés, et que les salaires et les retraites soient abaissées de 30% dans tout pays. Ca ne vous rappelle rien? Le plan de Goldamn pour la Grèce... Et aussi quand Goldman a dit que les salaires des Français étaient trop élevés et qu'il fallait les baisser de 30%!
Le Premier Ministre serbe a refusé autant de licenciements, du coup l'autre lui a collé sa démission: "Lazar Krstic, a démissionné samedi en raison de désaccords avec le chef du gouvernement Aleksandar Vucic sur le rythme et l'ampleur des réformes qu'il juge nécessaires pour contenir les dépenses publiques ... demandant ainsi une baisse des pensions de retraite d'au moins 20%, des baisses de salaires d'au moins 15% dans la fonction publique et une hausse des tarifs de l'électricité de 30%lire ici Reuters sur ZoneB.
PS: Cerise sur le gâteau, n'oubliez pas, la Serbie est aussi un pays orthodoxe, comme la Grèce. Rajouter un S à PIIGS, ça doit ravir Lloyd Blankfein, le banquier de Lucifer, son Dieu.
Revue de Presse par Pierre Jovanovic © www.jovanovic.com 2008-2014

Père Païssios/ Grec/ anglais


Video: pour faire un komboskini ou tchotki (chapelet orthodoxe de laine)

mercredi 16 juillet 2014

Faites ce que je dis, surtout pas ce que je fais: l'œcuménisme et l'amour chez les Bisounours!



Saints Nouveaux Martyrs Serbes

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Saints Nouveaux Martyrs
Serbes
du Camp 
de Concentration
de Jasenovac

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Ce blog n'est pas un forum, c'est la raison pour laquelle les commentaires ne sont pas ouverts. Je réponds toujours personnellement aux correspondants qui donnent leur adresse, lorsque leurs commentaires me concernent et j'ignore les autres s'ils sont anonymes ou lorsque lorsqu'ils sont liés aux traductions pour lesquelles je donne le lien de la source de l'article s'ils veulent y faire leurs commentaires. Je me sens cependant obligé de faire une mise au point à propos d'un message reçu qui concerne l’article sur l'Ukraine, et l'uniatisme Heureux les artisans de paix publié sur ce blog la semaine dernière... (http://orthodoxologie.blogspot.ch/2014/07/heureux-les-artisans-de-paix.html)…

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Un courageux correspond anonyme, à l’abri de son anonymat et de son défaut d’adresse de courriel qui me permettrait de lui répondre personnellement, illustre parfaitement l’expression Chutzpah (u (‫חֻצְפָּה‬)‬) invoquant en hébreu l’insolence, l’audace et l’impertinence. On emploie cette expression pour caractériser quelqu’un qui a dépassé outrageusement et sans vergogne les bornes du comportement acceptable par absence de honte. Dans le cas présent l'ignorance, l'inconscience et la suffisance sont aussi du voyage...

Cet anonyme correspondant, passionné par les Pères du Désert, est fasciné par mon zèle (sic), mais il est triste que je n’aie pas compris la prééminence de l’amour sur toutes les autres formes de spiritualité (re sic!). Il me cite aussi saint Silouane qui enseigne l’amour des ennemis. Il est tout à fait permis d'être moins léger quand on parle de spiritualité…  Lorsque le sage montre la lune, le sot regarde le doigt, comme le dit si bien la sagesse chinoise...

Je ne vois pas le rapport avec le fait que je rapporte simplement quelque chose d'obvie et de patent : l’uniatisme catholique romain délétère et criminel est toujours en vogue et cautionné à Rome, et Rome va bientôt canoniser (malgré la protestation de l'Eglise orthodoxe serbe) l’immonde cardinal Stepinac, séide du poglavnik Pavelic qui fut responsable de la conversion forcée, de la torture ou de la mort de milliers de Serbes, et du trépas de milliers de Juifs et de Roms avec eux. 

D’autre part, je le rapporte (mais la vérité n'est-elle pas compatible avec l'amour?) récemment encore, le pape actuel, comme ses prédécesseurs, a donné en exemple d’unité chrétienne l'assassin Josaphat Kuntzévitch, grand tueur d’orthodoxes. C'est sans doute une preuve d'amour?!

Et bien sûr, Ante Pavelic, le Führer croate, fut aidé à s'enfuir par l'église romaine, en Argentine puis en Espagne, et il mourut à Madrid après avoir reçu la bénédiction du bon pape Jean XXIII. Et comme le disent ses fidèles sur leur blog, pour son dernier voyage, il emporta entre ses mains le crucifix que lui avait offert Pie XII en 1941. Oui! il y eut beaucoup d'amour au Vatican pour les criminels, moins pour les pauvres bougres serbes, juifs et roms dont ils furent les victimes!

D'autre part, last but not least, la politique agressive du Vatican vis-à vis de l'Orthodoxie se poursuit encore de nos jours: création d'un nouveau diocèse uniate à Bucarest où il n'y en eut jamais dans le passé, aide matérielle de l'église uniate ukrainienne à l'armée ukrainienne lui permettant d'acheter du matériel militaire pour lutter contre les "rebelles orthodoxes". Encore une preuve "d'amour", mais lequel? Pas celui du Christ!

Si l’on doit dialoguer avec Rome autrement que par des cérémonies tout à fait mondaines et convenues (fussent-elles à Jérusalem à grand renfort de média), qui n'ont aucun intérêt dans la mesure où elles n'abordent ni les problèmes, ni les solutions, il est absolument nécessaire que Rome demande pardon en particulier pour ses crimes en Croatie durant la dernière guerre (récemment encore un prélat romain à qui on en parlait, disait qu’il fallait bien étudier la question… Dans une interview récente à la radio «Slobodna Evropa», l’archevêque Stanislav Hočevar avait, au sujet de l’éventuelle demande de pardon du pape au sujet des crimes commis pendant la Seconde guerre mondiale dans «l’État indépendant de Croatie» contre les orthodoxes serbes, donné la réponse suivante: «Le mot ‘pardon’ est si saint et important que nous devons le prononcer avec le sérieux et l’objectivité les plus grands. Dites-moi qui, jusqu’à maintenant, à étudié dans son ensemble, non seulement Jasenovac [le camp de concentration, en Croatie, où furent massacrés Serbes orthodoxes, juifs et roms, ndt], mais aussi tous les crimes [de cette époque, ndt]. Le Saint Père le fera [demandera pardon, ndt] très volontiers, lorsque les informations  seront objectives, car nous ne saurions jeter de telles paroles saintes dans le vide, sans clarté.» Tartuffe est toujours vivant, il est archevêque du Vatican!

Personne ne confond les catholiques et le catholicisme, personne ne confond les criminels et les simples fidèles qui n'en peuvent mais. Le Christ nous recommande d’aimer tous les hommes, c’est même à cela que l’on nous reconnaîtra comme Ses disciples. Les fidèles catholiques romains actuels ne sont pas responsables des crimes du passé, cependant leurs hiérarchies qui les cachent, les nient et les perpétuent ne peuvent prétendre être innocentes. Et il est pour le moins très bizarre de se voir reprocher un manque d’amour lorsque l’on proteste parce que Rome continue à nous présenter les assassins de nos frères orthodoxes comme des modèles de sainteté, et leur action criminelle comme une voie chrétienne à suivre pour l’unité des chrétiens.

un certain nombre d'articles sur cette période troublée:








et quelques livres :

V. Novak, Magnum Crimen, publié à Zagreb

Marco Rivelli, Le Génocide Occulté, Editions l'Age d'Homme

Hervé Laurière, Assassins au Nom de Dieu, Editions l'Age d'Homme

Les archives du Vatican devraient aussi aider à se documenter, en particulier sur la réaction horrifiée du Cardinal français Tisserant, face aux conversions forcées et aux massacres perpétrés par les nazis oustachis, leur Poglavnik (Führer) Pavelic avec le soutien de l'église locale dirigée par Stepinac. 

Il est vrai que le Cardinal Stepinac a été béatifié par Rome. Monsaigneur Stepinac [dénonça] la persécution des Serbes par le gouvernement oustachi dans une lettre de protestation datée du 24 mars 1945 (sic) [C’est relativement tard… sentait-il le vent tourner? Ce n'était pas difficile alors? Le Diable se fait ermite en vieillissant ! Avant cette date, rien. Par contre d’innombrables photos où on le voit faire le salut nazi en compagnie des Oustachis…] (Lacroix-Riz, Le Vatican, l'Europe et le Reich, p. 425). Dans la période précédente, s'il y eut protestation, elle fut tellement discrète que personne n'en a trouvé trace nulle part: en 1951, le chargé d'affaires français au Vatican, d'Ormesson, avec une certaine ironie, s'interrogeait sur l'absence de publicité donnée par l'archevêque aux condamnations antérieures.(op. cit.)


En effet, en 1942, le sieur Stepinac fut nommé par le Führer croate Ante Pavelic aumônier principal des forces oustachies. Il était ainsi remercié du Te Deum qu'il avait fait célébrer quelques mois plus tôt pour remercier Dieu et lui demander de bénir le Poglavnik [Führer en croate] Ante Pavelic.

L'Archevêque Ivan Saric, n'avait-il pas montré la voie aux fidèles avant son chef, en publiant une Ode au Poglavnik qui est un crachat sur la Sainte Face du Christ? Dans cette ode délétère, il célèbre Dieu, les Croates et "l'Oustachi magnifique" (Pavelic). On pense irrésistiblement à Mgr Jean de Mayol de Lupé, prélat catholique français (?) qui fut aumônier de la Division SS Charlemagne, décoré de la Croix de Fer de 2ème classe, et qui semblait souvent confondre le Führer avec Notre Seigneur. Fut-il censuré et réduit à l'état laïc par Rome? Il semble que non!

L’évêque orthodoxe Platon de Banja Luka, devant être expulsé, demanda à un évêque catholique, le Dr Jozo GARIC (qui était croate, comme les oustachis) d'intervenir auprès de l'officier autorisé et de lui permettre de rester pendant deux ou trois jours de plus afin de se préparer pour le départ. Cet évêque catholique lui dit d'être calme et paisible. Cependant, les oustachis arrêtèrent l’évêque Platon la nuit suivante, le 5 mai 1941, et l'emmenèrent, avec le prêtre Dušan Subotic […]. Ses tortionnaires ferrèrent les pieds de Monseigneur Platon comme à un cheval et le firent marcher, dans d'horribles souffrances, jusqu'à quelques kilomètres de la ville. Comme il s'était effondré, ne pouvant plus marcher, on lui arracha la barbe, ainsi qu'aux autres prêtres, et, sur sa poitrine nue, les Oustachis allumèrent un feu de charbon de bois. Après quoi ils furent achevés à coups de hachette et jetés dans la rivière Vrbanja. L’oustachi Asim Celic commit cet acte répugnant. Le corps de l'évêque, qui avait été marqué et défiguré, fut retrouvé dans le village de Kumsale, le 23 mai 1941.

Il est vrai aussi que certains camps dirigés par des moines franciscains, organisateurs de concours d'égorgements de Serbes et de Juifs, n'ont pas laissé d'archives dans la tourmente de la fin de la Seconde Guerre Mondiale… La lecture de Kaputt de Curzio Malaparte, devrait aussi édifier Son Eminence Stanislav Hočevar sur le bel humanisme des héros oustachis catholiques de cette époque.

Enfin Son Eminence devrait trouver trace de ce témoignage qui suit:

A la radio de Londres, le 16 Février 1942, un Croate, Veceslav Vilder sauva l'honneur de ses concitoyens et coreligionnaires catholiques et exposa au monde l'infamie du prélat:
" Et maintenant autour de ce Stepinac, les pires atrocités se commettent... le sang fraternel coule en ruisseaux... Les orthodoxes sont convertis de force au catholicisme, et nous n'entendons pas la voix de l'Archevêque Stepinac prêchant la révolte. Mais nous lisons qu'il participe à des parades fascistes et nazies. 
Et ce qui est pire encore: l'évêque de Zagreb, Salis-Sevis, dans son discours de nouvel an, a directement glorifié Pavelic, et l'archevêque Stepinac n'a pas repris son évêque... et un autre archevêque catholique, Saric, à Sarajevo, a composé le 24 Décembre [ ! ], toute une longue ode à Pavelic." 

Ce que ce brave et authentique patriote yougoslave catholique ignorait, c'est l'étendue de cette collaboration et son horreur.

Si "l'ignorance ne s'apprend pas" (Gérard de Nerval), la mauvaise foi peut devenir une seconde nature.

Comme le dit la chanson Nuit et brouillard, à propos des êtres que la barbarie nazie mit dans des camps de la mort, « je twisterai les mots s’il fallait les twister pour que nos enfants sachent qui vous étiez, » vous les victimes des crimes oustachis, pour lesquels Rome ne veut toujours pas demander pardon.

Relisons le Grand Inquisiteur de Dostoïevsky, 
il est toujours d'actualité!

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Tiré du calendrier orthodoxe:

Saints nouveaux-martyrs de Serbie
Priez Dieu pour nous!

En mai 1941, les milices nationalistes croates équipent le camp de concentration de Jasenovac, où seront assassinés de 1941 à 1945 des centaines de milliers de prisonniers, pour la plupart serbes et juifs. Dans cette même période, le régime oustachi du dictateur Ante Pavelic, appuyé par Hitler et Mussolini, et bien vu d’une partie de la hiérarchie catholique, conduit au massacre cinquante mille Juifs, sept cent mille orthodoxes serbes, et même des catholiques slovènes, détruisant presque toutes les synagogues de la Croatie et 299 églises orthodoxes. Le Patriarcat orthodoxe serbe paya un prix très élevé à la furie dévastatrice des oustachis : six évêques, plus de 300 prêtres et 222 religieux perdirent la vie en ce bref laps de temps. Dans la seule éparchie orthodoxe de Plaski, ne restèrent plus vivants que 5 prêtres sur 137. Les chefs religieux, les rabbins d’une part, et les métropolites d’autre part, furent contraints à subir en public, qu’ils soient vivants ou morts, des atrocités sans nom. Parmi les principaux collaborateurs du régime inhumain de Pavelic, il y eut même quelques religieux catholiques. Les évêques qui osèrent élever la voix en faveur des juifs furent une minorité ; et presque personne ne se manifesta pour défendre les Serbes. Le martyre de l’Église serbe et des juifs croates, conséquence avant tout de haines nationalistes nourries depuis longtemps dans ces pays de frontières, doit être un avertissement à se souvenir combien les expressions de la foi religieuse ont en tout temps à veiller sur l’instrumentalisation dont elles peuvent être l’objet, et dont les résultats dans l’histoire ont toujours été dévastateurs. Mais chaque chrétien est appelé à vérifier si la foi en Christ est compatible avec une idéologie qui ne reconnaît pas la dignité et l’inviolabilité de la vie de tout homme.