"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
Affichage des articles dont le libellé est FEuillets Liturgiques. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est FEuillets Liturgiques. Afficher tous les articles

dimanche 26 janvier 2025

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX


13/26 janvier
31ème dimanche après la Pentecôte, après la Théophanie
Après-fête de la Théophanie

Saints Hermyle et Stratonique, martyrs en Serbie (vers 315) ; saint Hilaire, évêque de Poitiers (368) ; saint Jacques, évêque de Nisibe (350) ; saint Pierre, martyr (309-310) ; saint Irénarque, reclus à Rostov (1616) ; saint Eléazar, ermite dans l'île d'Anzersk (1656) ; saint Maxime le Kavsocalyve, du Mt Athos (1365)

Lectures : dimanche après la Théophanie : Éph. IV, 7-13, Matth. IV, 12-17 ; 31ème dimanche : I Tim. I, 15-17, Math. XV, 21-28.

VIE DE SAINT HILAIRE DE POITIERS[1]



Fils d’un illustre patricien de la région de Poitiers (né vers 320), saint Hilaire fut élevé dans le paganisme ; mais son âme inquiète, sentant la nécessité d’un Dieu unique et éternel, restait insatisfaite de tous les systèmes de pensée et opinions qu’on lui proposait. Au cours de ses recherches et de ses lectures, il reçut les premières lueurs de la Vérité en lisant dans l’Ancien Testament le témoignage que Dieu se rend à Lui-même : Je suis celui qui suis (Ex III, 14). Il progressa encore dans la connaissance de Dieu, en reconnaissant que la beauté des créatures nous rend visible la beauté incompréhensible et combien plus élevée du Créateur. Mais ce n’est qu’en apprenant que le Verbe et Fils Unique de Dieu s’est fait chair pour nous libérer de la mort et que « par le Verbe fait chair, la chair peut monter jusqu’à Dieu le Verbe » que, parvenu au terme de sa recherche et débordant d’allégresse, il embrassa la doctrine de la Sainte Trinité et reçut la nouvelle naissance par le saint Baptême. Brûlant d’enthousiasme, il prêchait sans relâche la vraie foi, exhortait les païens à devenir chrétiens et les chrétiens à devenir des saints. Il convertit aussi son épouse, qui consentit à ne plus l’aimer que comme une fille spirituelle quand il devint prêtre, et persuada sa fille de préférer le mariage mystique avec le Christ à l’union terrestre. Vers 350, lorsque l’évêque de Poitiers vint à mourir, les fidèles le choisirent unanimement comme père et pasteur. Il menait son troupeau dans la vertu et la vraie foi avec un zèle inlassable. Quand l’empereur arien Constance prétendit imposer l’hérésie en Occident, Hilaire se dressa pour la défense de la vérité. Se concertant avec d’autres évêques, il excommunia ceux qui avaient accepté la déposition de saint Athanase et se rendit auprès de l’empereur, afin de lui témoigner de l’attachement de la Gaule au Concile de Nicée. À la suite du Concile de Béziers (356), au cours duquel Hilaire avait ardemment défendu l’orthodoxie, le tyran punit son audace par le bannissement au fond de l’Asie Mineure, en Phrygie. « On peut bien exiler les évêques, déclara le saint, mais peut-on exiler la vérité ? » Dans son exil, il travailla activement, non seulement à la confirmation de la foi en Occident, par ses traités et sa correspondance, mais aussi à la réconciliation des Orientaux douloureusement divisés. Dans son magistral traité Sur la Trinité, composé entre 356 et 359, il a le premier fait entrer dans la langue latine les subtilités et les délicatesses de la pensée grecque. De tous les Pères latins, saint Hilaire est certainement celui dont la pensée est la plus proche de celle des Pères grecs. Il se rendit au concile de Séleucie (359) et demanda d’affronter publiquement les évêques hérétiques. Les ariens, effrayés de son influence, ne purent échapper à cette confrontation qu’en demandant à l’empereur son retour en Gaule. C’est ainsi que, grâce aux hérétiques d’Orient, Hilaire put regagner Poitiers, où la population lui réserva un accueil triomphal, et il s’empressa de réparer les ravages causés par l’arianisme dans son diocèse et dans toute la Gaule, en usant d’indulgence et de miséricorde pour réconcilier avec l’Église ceux qui étaient tombés dans l’hérésie. Il alla même jusqu’à Milan combattre l’évêque arien, Auxence, mais les hérétiques parvinrent à l’en chasser. De retour à Poitiers, la paix revenue, le saint guida avec sagesse son troupeau spirituel sur les voies du Salut, en répandant en abondance la grâce de Dieu. Un jour, une femme vint se jeter en larmes à ses pieds, en tenant dans ses bras son enfant mort sans baptême. L’évêque, pris de compassion, se prosterna alors en prière, et bientôt l’enfant ouvrit les yeux et revint à la vie. De temps à autre, saint Hilaire aimait à passer quelques jours au monastère de son disciple saint Martin [11 nov.], à Ligugé. Il adoptait alors le mode de vie des moines et leur ascèse, s’associait à leurs prières et les nourrissait du pain de sa doctrine. Il s’endormit en paix le 13 janvier 368. Peu avant son trépas, une lumière éblouissante avait rempli sa chambre, puis elle diminua progressivement et disparut à l’instant même de sa mort. Un des plus grands Pères de l’Église latine, saint Hilaire a été justement appelé l’« Athanase de l’Occident ». Il a été particulièrement en honneur en France, où de nombreuses églises lui sont dédiées et où quantité de lieux portent son nom.
Tropaire du dimanche du 6ème ton
Áнгельскія си́лы на гро́бѣ Твое́мъ, и стрегу́щіи омертвѣ́ша : и стоя́ше Mapíя во гро́бѣ, и́щущи пречи́стаго Тѣ́ла Tвоего́. Плѣни́лъ еси́ а́дъ, не искуси́вся отъ него́ ; срѣ́тилъ еси́ Дѣ́ву, да́руяй живо́тъ. Bоскреcы́й изъ ме́ртвыхъ Го́споди, сла́ва Tебѣ́.
Les puissances angéliques apparurent devant Ton sépulcre, et ceux qui le gardaient furent comme frappés de mort. Marie se tenait près du Tombeau, cherchant Ton corps immaculé. Tu as dépouillé l’enfer, sans être éprouvé par lui ; Tu es allé à la rencontre de la Vierge en donnant la Vie. Ressuscité d’entre les morts, Seigneur, gloire à Toi !





Tropaire de la Théophanie, ton 1
Во Іopда́нѣ кpeщáющуся Teбѣ́, Го́споди, Tpoйческое яви́ся поклоне́нie : Pоди́телевъ бо гла́съ cвидѣ́тельствоваше Teбѣ́, возлю́-бленнаго Tя́ Cы́на имену́я, и Дýxъ въ ви́дѣ голуби́нѣ, извѣ́ствоваше cлoвecé yтвepжде́нie. Явле́йся, Xpисте́ Бо́же и мípъ просвѣще́й, cла́ва Тебѣ́.
Lors de Ton baptême dans le Jourdain, Seigneur, fut manifestée l’adoration due à la Trinité : car la voix du Père Te rendit témoignage en Te donnant le nom de Fils bien-aimé, et l’Esprit, sous la forme d’une colombe, confirmait l’irréfragable vérité de cette parole. Christ Dieu qui es apparu et qui as illuminé le monde, gloire à Toi !

Tropaire des saints Martyrs, ton 4
Му́ченицы Твои́, Го́споди, во страда́ніихъ свои́хъ вѣнцы́ прія́ша нетлѣ́нныя отъ Тебе́, Бо́га на́шего: иму́ще бо крѣ́пость Твою́, мучи́телей низложи́ша, сокруши́ша и де́моновъ немощны́я де́рзости. Тѣ́хъ моли́твами спаси́ ду́ши на́ша. 
Tes martyrs, Seigneur, par leurs combats, ont reçu de Toi, notre Dieu, la couronne incorruptible. Avec Ta force, ils ont renversé les tyrans et brisé même l’audace impuissante des démons. Par leurs supplications, ô Christ Dieu, sauve nos âmes.



Kondakion du dimanche du 6ème ton
Живонача́льною дла́нію умéршыя отъ мра́чныхъ удо́лій Жизнода́вецъ воскреси́въ всѣ́хъ, Христо́съ Бо́гъ, воскресéніе подадé человѣ́ческому pо́ду; éсть бо всѣ́xъ Спаси́тель, воскресéніе и живо́тъ и Бо́гъ всѣ́хъ.
Par Sa main vivifiante, le Donateur de Vie a ressuscité tous les morts de leurs retraites ténébreuses, Lui,  le Christ Dieu, qui a fait don de la résurrection à la race des humains, car, de tous Il est le Sauveur, la Résurrection et la Vie et le Dieu de l’univers.



Кондак Богоявления, гл. 4
Яви́лся дне́сь вселе́ннѣй, и свѣ́тъ Tво́й Го́споди, зна́менася на́ на́cъ, възyмѣ пою́щихъ Tя́ : прише́лъ ecи́, и яви́лся ecи́ свѣ́тъ непристу́пный.
Tu es apparu au monde en ce jour, Seigneur, et Ta Lumière s’est manifestée à nous qui, Te connaissant, Te chantons : Tu es venu, Tu es apparu, Lumière inaccessible.




Au lieu de «Il est digne en vérité», ton 2
Велича́́й душе́ моя́, Честнѣ́йшую го́рнихъ во́инствъ, Дѣ́ву Пречи́стую Богоро́дицу. Недоумѣ́етъ вся́къ язы́къ благохвали́ти по достоя́нію, изумѣва́етъ же у́мъ и премі́рный пѣ́ти Tя, Богоро́дицe ; оба́че Блага́я cýщи, вѣ́py пріими́, и́бо любо́вь вѣ́cи Боже́ственную на́шу ; Tы́ бо xристіа́нъ ecи́ Пpeдста́тельница, Tя́ велича́емъ.
Magnifie, mon âme, Celle qui est plus vénérable que les armées célestes, la Très pure Vierge et Mère de Dieu. Toute langue est embarrassée pour te chanter dignement, et même un esprit de l’autre monde a le vertige au moment de te célébrer, Mère de Dieu ; cependant, Tu es la bonté ; reçois donc notre foi, car Tu sais notre désir inspiré de Dieu ; Tu es l’avocate des chrétiens, nous Te magnifions.  
Hiéromoine Grégoire de la Sainte Montagne
COMMENTAIRES SUR LA DIVINE LITURGIE DE ST JEAN CHRYSOSTOME
Nous rendons grâces à Dieu pour l’Eucharistie divine. Et après l’Eucharistie, Il nous donne plus de grâce encore : « La reconnaissance de celui qui reçoit incite le Donateur à faire de plus grands dons ». Et la chaîne bénie continue : grâce – action de grâce – grâce… Nous devenons conscients de la grâce qui nous inonde : car l’homme qui est reconnaissant à Son Créateur « sera le réceptacle de Sa bonté et l’instrument de Sa glorification » (St Isaac le Syrien). Nous rendons grâces et glorifions Son saint Nom d’innombrables fois :
« Ô Dieu très-bon, dans ma chute, Tu m’as pris en pitié,
Tu as daigné descendre jusqu’à moi ;
et par Ta crucifixion, Tu m’as relevé,
afin que je Te crie : Saint le Seigneur de gloire,
incomparable en Sa bonté » (Octoèque).

Le prêtre (à voix forte) : Entonnant l’hymne de victoire, chantant, criant, clamant et disant :
Le chœur : Saint, saint, saint est le Seigneur Sabaoth (c’est-à-dire le Seigneur des Armées). Le ciel et la terre sont remplis de Ta gloire. Hosanna au plus haut des cieux. Béni soit Celui qui vient au Nom du Seigneur. Hosanna au plus haut des cieux.

L’hymne de victoire
Le sceau que nous appliquons sur les prosphores, le pain de l’oblation destiné à la divine Liturgie, porte les lettres IΣ XΣ ΝΙ ΚΑ, signifiant « Jésus-Christ vainc » et annonce la victoire du Christ. Et l’hymne que nous chantons en offrant la prosphore exalte aussi cette victoire, et c’est pourquoi nous l’appelons l’hymne triomphale. C’est l’hymne de triomphe et de profonde gratitude au Seigneur des pouvoirs angéliques, qui est « l’incorruptibilité qui a conquis la mort » (St Méthode d’Olympe)


[1] Tiré du Synxaire du P. Macaire de Simonos Petras

dimanche 25 février 2018

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX


12/25 février
Ier dimanche du Grand Carême, de l'Orthodoxie


Triomphe de l'Orthodoxie

Icône de la Mère de Dieu d’Iviron ; saint Mélèce, archevêque d'Antioche (381) ; sainte Eulalie de Barcelone (312) ; sainte Marie, appelée Marin, et son père, saint Eugène, moines (VIème s.) ; saint Antoine II Cauléas, patriarche de Constantinople (895) ; saint Prochore le géorgien, restaurateur du monastère géorgien de la sainte Croix de Jérusalem (XIème s.) ; saint Luc de Jérusalem (Moukhaïze), martyr (1277) ; saint Nicolas (Dvali), martyr (1314) ; saint Alexis, métropolite de Moscou, thaumaturge (1378) ; saint Christos le jardinier, néo-martyr grec (1748) ; saint Mélèce, archevêque de Kharkov (1840) ;
Liturgie de saint Basile
Lectures : Hébr. XI, 24–26, 32 – XII, 2 ; Jn. I, 43–51.

HOMÉLIE DE ST JEAN DE CHANGHAÏ SUR L’ICÔNE


St. Jean de Changhaï

L’
icône n’est pas un portrait, car celui-ci ne représente que l’aspect terrestre de l’homme, tandis que l’icône figure aussi son état intérieur. Même si l’on ne représente que l’aspect extérieur, il sera différent selon les moments où on le peint. S. B. le métropolite Anastase racontait que, étant étudiant à la Faculté de Théologie, il assista à Cronstadt avec d’autres jeunes gens aux offices célébrés par le père Jean. Lorsque celui-ci acheva la Liturgie, son aspect était radieux, tel Moïse descendant du mont Sinaï. Après un certain temps, le père Jean les reçut dans sa cellule et avait l’aspect d’un homme habituel. Notre Seigneur Jésus-Christ Lui-même nous montra une fois Sa gloire divine sur le mont Thabor, tandis que le reste du temps, il semblait être une personne habituelle et les hommes se demandaient d’où Il pouvait avoir une telle force et accomplir des miracles. L’icône doit faire ressortir non seulement l’extérieur, mais aussi la vie intérieure, la sainteté et la proximité du ciel. Cela est repré­senté principalement par le visage ou l’expression, en fonction desquels devaient être peintes les autres parties de l’icône. C’est sur la représentation de l’état de l’âme, caché sous la chair, qu’était dirigée l’attention de nos iconographes orthodoxes. Plus on y parvenait, plus l’icône était réussie. Souvent, l’exécution d’autres parties du corps était inadéquate, non parce que les iconographes l’auraient voulu, mais simplement que la réussite du but principal ne leur permettait pas toujours de faire suffisamment attention aux aspects secondaires. Au demeurant, lorsqu’on fait des photogra­phies ordinaires, surtout si elles sont inattendues, il arrive imman­quablement que la position des corps humains ne soit pas naturelle, ce que nous ne remarquons pas ordinairement.

Il ne convient pas de peindre une icône en ne représentant que l’aspect extérieur du corps, mais il faut encore qu’elle reflète les combats spirituels invisibles et irradier la gloire céleste. Peut le faire à la perfection celui qui vit lui-même spirituellement, et au­quel sont compréhensibles et proches les vies de saints. Pour cette raison, nos anciens iconographes se préparaient toujours par le jeûne et la prière. C’est ainsi qu’à de nombreuses icônes peintes, le Seigneur a donné le pouvoir d’effectuer des miracles. Naturellement, chaque icône après avoir été bénite, doit être vénérée, et on ne doit pas la traiter avec mépris ou irrespect, raison pour laquelle nous nous abstenons de condamner les icônes qui se trouvent déjà dans une église, mais nous devons toujours aspirer à ce qu’il y a de mieux et, ce qui est le principal, prêter attention non pas tant au caractère esthétique de l’icône qu’à sa spiritualité.

Tropaire du dimanche du 5ème ton
Собезнача́льное Сло́во Oтцу́ и Ду́xoви, отъ Дѣ́вы ро́ждшeecя на спасéнie на́ше, воспои́мъ вѣ́рніи и поклони́мся, я́ко благоволи́ пло́тію взы́ти на крéстъ, и cмéрть претерпѣ́ти, и воскреси́ти умéршыя сла́внымъ воскресéніемъ Cвои́мъ.
Fidèles, chantons et adorons le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, né d’une Vierge pour notre salut : car il Lui a plu, en Sa chair, de monter sur la Croix, de subir la mort et de relever les défunts par Sa glorieuse Résurrection !

Tropaire du 1er dimanche de Carême, ton 2
Пpeчи́стому о́бpaзу Твоему́ покло-ня́емся благі́й, прocя́ще прoще́нія пpeгpѣшeній ншихъ Xpисте́ Бо́же ; во́лею бо благоволи́лъ ecи́ пло́тію взы́ти на Kpécтъ, да изба́виши, я́же созда́лъ ecи́, отъ рабо́ты вpáжія. Tѣ́мъ благода́рственно вопіе́мъ Ти́ : páдости испо́лнилъ ecи́ вся́ Cпáce на́шъ, прише́дый спасти́ мípъ.
Nous vénérons Ta très pure Image, Toi qui es bon, en implorant le pardon de nos fautes, ô Christ Dieu. Car Tu as bien voulu, dans Ta chair, monter sur la Croix, afin de délivrer ceux que Tu as créés, de la servitude de l’ennemi. Aussi, Te rendant grâce, nous Te crions : Tu as tout rempli de joie Sauveur, en venant sauver le monde.

Tropaire de l’icône de la Mère de Dieu d’Iviron, ton 1
Отъ святы́я ико́ны Твоея́, о Влады́чице Богоро́дице, исцѣле́нія и цѣльбы́ подаю́тся оби́льно, съ вѣ́рою и любо́вію приходя́щимъ къ не́й. Та́ко и мою́ не́мощь посѣти́ и ду́шу мою́ поми́луй, Блага́я, и тѣ́ло исцѣли́ благода́тію Твое́ю, Пречи́стая.
De ton icône, souveraine Mère de Dieu, en abondance jaillissent la guérison et la santé pour les fidèles qui s'en approchent avec amour: visite donc l'infirme que je suis; par ta grâce, guéris mes corporelles passions et prends pitié de mon âme, en ta bonté.
Kondakion du dimanche du 5ème ton
Ko а́ду Спа́сe мо́й, coшéлъ ecи́, и врата́ сокруши́вый я́ко всеси́ленъ, умéршиxъ я́ко Созда́тель coвоскреcи́лъ ecи́, и cме́рти жáло сокруши́лъ ecи́, и Aда́мъ отъ кля́твы изба́вленъ бы́сть, Человѣколю́бче. Тѣ́мже вси́ зове́мъ : спаси́ на́съ, Го́споди.
Ô mon Sauveur, Tu es descendu aux enfers, brisant ses portes comme Tout-Puissant; et avec Toi, Créateur, Tu ressuscitas les morts, brisant l’aiguillon de la mort et libérant Adam de la malédiction, ô Ami des hommes ! Aussi, tous nous Te clamons : Seigneur, sauve-nous!
Kondakion de l’icône de la Mère de Dieu d’Iviron, ton 8
Аще и въ мо́ре вве́ржена бы́сть свята́я ико́на Твоя́, Богоро́дице, отъ вдови́цы, не могу́щія спасти́ сію́ отъ враго́въ, но яви́лася е́сть храни́тельница Аѳо́на и врата́рница оби́тели Иверскія, враги́ устраша́ющая и въ правосла́внѣй Россíйстѣй странѣ́ чту́щія Тя́ отъ всѣ́хъ бѣ́дъ и напа́стей избавля́ющая.
Bien que ta sainte icône eût été lancée en mer par une veuve ne pouvant la cacher aux destructeurs, elle est devenue la gardienne de l'Athos, la tourière du monastère d'Iviron, notre Dame, l'effroi des ennemis, celle qui libère de toute sorte d'épreuve et de malheur les fidèles qui t'honorent dans le pays de la Russie orthodoxe.
Kondakion du 1er dimanche de Carême, ton 8
Нeoпи́санное cло́вотчее, изъ Teбе́ Богopóдице описа́ся воплощaeмъ : и ocквépншійся о́бpaзъ въ дpéвнее вообpaзи́въ, Боже́ственною добpóтою смѣcи́ : но иcповѣ́дающе спасе́нie, дѣ́ломъ и cло́вомъ, cié вообpaжáeмъ.
Le Verbe incirconscriptible du Père, fut circonscrit en s’incarnant de Toi, ô Mère de Dieu. Restaurant sous son ancien aspect l’image souillée, Il la mêla à la Divine beauté. Mais confessant le salut, nous le représentons en actes et en paroles.
Au lieu de « Il est digne en vérité... », ton 8
О Teбѣ́  páдуeтся, Благода́тная, вся́кая твápь, Áнгельскій coбópъ и человѣ́ческiй póдъ, ocвяще́нный xpáме и paю́ слове́сный, дѣ́вственнaя пoxвaлó, изъ Heя́же Бо́гъ воплоти́cя, и Mладе́нецъ бы́́сть, пpéжде вѣ́къ сы́й Бо́гъ  нáшъ; Ложесна́ бо Tвоя́ пpecто́лъ coтвopи́, и чpéво Tвое́ простра́ннѣe небécъ coдѣ́лa. О Teбѣ́ páдуeтся Благода́тная, вся́кая твápь, cлáва Teбѣ́.
En Toi se réjouissent ô Pleine de Grâce, toute la création, le chœur des anges et le genre humain. O Temple sanctifié, ô paradis spirituel, ô Gloire virginale, c’est en Toi que Dieu s’est incarné, en Toi qu’est devenu Petit Enfant Celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. De Ton sein, Il a fait un trône plus vaste que les cieux. O Pleine de Grâce, toute la création se réjouit en Toi. Gloire à Toi.

La règle DE ST VINCENT DE LÉRINS
« pour distinguer la vérité de l’erreur »

Saint Vincent de Lérins
Souvent, avec le plus grand soin et beaucoup d’attention, j’ai interrogé de nombreux hommes, aussi saints que savants. A tous je demandai : « Existe-t-il une règle sûre, d’application générale, canonique en quelque sorte, qui me permette de distinguer la vraie foi catholique (c’est-à-dire universelle, orthodoxe) de l’erreur des hérésies ? » De tous, j’ai toujours reçu la même réponse : « Si tu veux, toi ou quelque chrétien (...) demeurer sain et sans tache dans une foi saine, alors avec l’aide du Seigneur, abrite ta foi sous l’autorité de la loi de Dieu [c’est-à-dire la Sainte Écriture], puis sous la Tradition de l’Église ». On m’objectera peut-être: « Mais le Canon des Écritures est parfait ; il se suffit largement à lui-même. Pourquoi donc y ajouter l’autorité de l’interprétation qu’en donne l’Église ? » Précisément parce que le sens de l’Écriture est si profond que tous ne l’entendent pas pareillement, ni universellement. Les mêmes mots sont interprétés différemment par les uns et par les autres. On pourrait presque dire qu’il y a autant de commentaires de l’Écriture qu’il en existe de lecteurs ! Novatien expliquait l’Écriture d’une certaine façon ; Sabellius d’une autre ; Donat avait ses propres idées sur le sujet ; et Arius, Eunome, Macedonius, Photin, Apollinaire, Priscillien, Jovinien, Pélage, Celestius, Nestorius, tous ont eu leur opinion personnelle... Il est donc bien nécessaire, devant cette erreur aux replis si variés, de soumettre l’interprétation des Livres prophétiques et apostoliques à la règle du sens ecclésial et orthodoxe. Dans l’Église catholique [c’est-à-dire universelle, orthodoxe] même, il faut veiller avec le plus grand soin, à tenir pour vrai ce qui a été cru partout, toujours et par tous... Plus je pense à tout cela, plus je suis étonné de la folie de certains, de l’impiété de leur âme aveugle, de leur passion pour l’erreur. Car ils ne se contentent pas d’une règle de foi traditionnelle, reçue depuis l’antiquité. Mais de jour en jour, ils veulent du nouveau, encore du nouveau ! Ils brûlent toujours d’envie d’ajouter, de changer, de supprimer quelque chose à la religion. Comme si elle n’était pas un dogme céleste dont il suffit qu’il nous ait été révélé, mais plutôt comme s’il s’agissait de quelque doctrine terrestre qui ne parvient à la perfection qu’après de constantes corrections. Pourtant les paroles divines ne proclament-elles pas : « Ne déplace pas les bornes que tes pères ont posées » (Prov. XXII, 28), et aussi : « Ne juge pas par-dessus le Juge » (Si. VIII, 14), et « Qui coupe la haie, le serpent le mord » (Eccl. X, 8), et encore cette parole de l’Apôtre qui, telle un glaive spirituel, décapitera toujours les nouveautés criminelles de l’hérésie : « Ô Timothée, garde bien le dépôt, évite les paroles nouvelles et impies et les objections d’une pseudo-science, car pour s’y être attachés, certains se sont égarés de la foi » (I Tim. XX, 21) (...). Qu’est-ce qu’un dépôt? Un dépôt, on te l’a confié ; tu ne l’as pas trouvé. C’est quelque chose que tu as reçu et non élaboré toi-même ; il ne provient pas de ton intelligence personnelle, mais de la doctrine ; il n’est pas réservé à l’usage privé, mais fait partie d’une tradition publique. Il est venu vers toi, tu n’en es pas l’auteur, mais le simple gardien. Tu ne l’as pas institué... Tu ne le diriges pas, tu dois le suivre. Conserve donc inviolé et intact ce talent (Matth. XXV, 14) de la foi catholique. Ce qui t’a été confié, garde-le chez toi et transmets-le. Tu as reçu de l’or, c’est de l’or qu’il faut rendre. Je n’admets pas que tu substitues impudemment une chose à une autre, du plomb ou du bronze à de l’or. Je ne veux ni simili ni plaqué, mais de l’or pur... ».
« Commonitorium » de St Vincent de Lérins († vers 450)

Le livre « DE L’ORIENT À L’OCCIDENT – Orthodoxie et Catholicisme » du père Placide Deseille (Éditions des Syrtes) présente, outre l’autobiographie de l’auteur d’éternelle mémoire, un certain nombre de ses textes concernant les divergences entre la foi véritable et le catholicisme-romain, ainsi que des conseils sur la façon de vivre l’Orthodoxie dans le monde contemporain.