"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

samedi 10 septembre 2011

Appel de Vladika Marc de Berlin pour le 10ème anniversaire des actes terroristes aux USA

Archbishop Mark

Chers Révérends Pères,

Le 11 septembre 2011, le monde va marquer un douloureux anniversaire de dix ans depuis l'acte terroriste à New York, où des multitudes de gens innocents sont morts. Cet acte terroriste, ainsi que ceux qui ont suivi, ont clairement montré que la méchanceté, l'anarchie et la haine sont de plus en plus effrontés. Il a démontré combien l'homme est sans défense dans ce monde. Il est également clair que derrière les actes terroristes d'aujourd'hui, il y a l'audacieuse soif de pouvoir et le cynique calcul politique.
Les événements de Beslan, qui a amené notre diocèse en étroite communion avec les victimes des extrémistes, a encore une fois montré au monde comment l'homme se dégrade quand il s'enfonce dans le fanatisme au nom de l'idéologie, qu'elle soit religieuse, nationaliste ou politique. Aujourd'hui, les gens se cachent souvent derrière la foi en leur dieu, mais en réalité ils ont perdu toute piété et par conséquent ils n'ont aucun respect pour l'humanité.
Un être humain qui rompt sa relation avec Dieu se transforme en un ennemi de l'humanité. Nous appartenons à cette Eglise Une, qui a été établie par le Sauveur. Cela nous prive du droit de haïr, de traiter les autres avec dédain ou de mépriser leurs convictions.
Le fait d'appartenir à la véritable Église du Christ, catholique et apostolique, nous oblige à vivre pleinement en conformité avec les commandements de l'Évangile et de servir aux autres d'exemple de vie chrétienne fidèle. La vérité vivante du Christ nous révèle nos propres péchés et fautes. Avec un cœur pur, nous nous repentons du fait que nous servons de mauvais exemple de vie selon l'Evangile pour le monde. Par une repentance sincère, en transformant nos cœurs, nous pouvons amener les autres à la vérité du Christ, mais nous ne pouvons pas faire cela à travers l'auto-glorification ou la condamnation.
Dans les pays qui composent nos deux diocèses, ainsi que dans la Russie, l'islam militant est en développement, ainsi que d'autres idéologies militantes des colorations différentes, du fascisme au pseudo-libéralisme. Mais à mon avis, l'indifférence à notre propre foi et aux croyances des autres ne contient pas un danger moindre que le fanatisme étranger ou le cynisme et la corruption. Nous orthodoxes, devons vraiment croître dans notre foi et nos traditions, nous devons nous remplir de Christ et de Son amour, et non pas simplement satisfaire certains rituels externes que nous comprenons à peine. Nous devons tous apprendre à écouter nos propres cœurs, à écouter Dieu, à  nous plonger dans la prière, et à écouter les paroles et les pensées de notre prochain.
Combien de fois rejetons-nous les tristesses et les joies de notre prochain. Pendant ce temps, on oublie: celui qui ne peut pas écouter son prochain ne peut guère s'entendre lui-même, étant incapable d'entendre l'appel de son cœur, et de tenir compte de Dieu dans son cœur, par sa conscience. Il ne peut comprendre alors ce qui se passe dans son propre cœur. C'est la première chose que nous devons apprendre. Seulement alors pouvons-nous être imprégnés de l'amour et du respect de l'homme comme création de Dieu et on peut espérer que le Seigneur en amènera également d'autres à cette vision de la vie, Son don sacré.
Le 11 septembre tombe un dimanche cette année, et d'ailleurs, c'est un jour de jeûne, précisément parce que ce jour, saint Jean-Baptiste, qui  aima Dieu avec ferveur, fut injustement mis à mort. Par la prière et le jeûne, dit le Sauveur, le Diable démon ne sort que par la prière et le jeûne. Je demande à tous les membres du clergé de nos diocèses en cette journée pour faire des prières spéciales pendant la Liturgie, et si possible de s'adresser aux fidèles avec un sermon dans ce même esprit.
Avec Amour en Christ, je reste vôtre,
+ Vladika Mark

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Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
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L'Ermitage du cœur (260)


Ne cherche pas les grandes routes
Prends le petit chemin du cœur
Parsemé de ronces et d'ornières
Il mène plus sûrement au Royaume

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

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vendredi 9 septembre 2011

Saint-Nicolas nourrit les Pères athonites pendant l'Occupation fasciste





"Que faites-vous?" demanda le prêtre inconnu. "Est-ce là tout le blé que vous avez? Pas plus?"

Les Pères du monastère athonite répondirent que c'était tout ce qu'ils avaient effectivement. C'était en décembre, et ils étaient incapables d'en acheter plus à cause de l'occupation fasciste. Il faut noter qu'un  poids de 10.000 okas de blé était nécessaire pour la survie d'un an du monastère, et qu'ils ne pouvaient même pas acheter un oka de blé.

Le prêtre inconnu prit un peu de grains de blé dans sa main, il les bénit et les jeta sur le dessus du reste du blé. Il  bénit les quatre points de l'horizon, le monastère, et la mer, puis il fut sur le point de partir.

"D'où viens-tu?" lui ont demandé les Pères. "Reste manger un peu de pain et des olives."

"Je viens de très loin, de Myre en Lycie," a-t-il dit, et il partit.

Un des frères était en attendant, parti pour chercher un peu de nourriture à offrir au visiteur, mais le staretz qui s'avéra être le protecteur du monastère, avait disparu. 
Les 150 autres okas de blé qui restaient ont duré une demi-année, c'est-à-dire, depuis le mois de Décembre quand saint Nicolas leur apparut, jusques à la récolte suivante, en uillet lorsque la nouvelle récolte arriva.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Un Gerontikon athonite
cité par 

L'Ermitage du cœur (259)


Les Pères théophores
Ne les lis pas seulement
Mais incarne dans ta vie
Leurs saints enseignements

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Monastère Stretinsky

День Святой Троицы 2010 года в Сретенском монастыре. Фото: Антон Поспелов / Православие.Ru

Фото: Антон Поспелов / Православие.Ru
in 
http://www.pravoslavie.ru/gallery/image78_15921.htm

jeudi 8 septembre 2011

Pourquoi les chrétiens orthodoxes "se signent-ils " d'une manière différente de celle des catholiques romains?



[Les orthodoxes] touchent leur épaule droite d'abord, puis leur gauche, tandis que les catholiques romains touchent d'abord l'épaule gauche. Cette différence est-elle importante? Est-ce que cela a de l'importance?

Les orthodoxes se signent de droite à gauche. nous allons d'abord décrire la mécanique du signe de la Croix, puis expliquer pourquoi il est en effet important que nous fassions le signe de la Croix correctement.

"Placer la croix sur soi"

1) Nous plaçons notre pouce et deux doigts joints ensemble, et nos deux autres doigts à plat contre notre paume. Les trois doigts ensemble, représentent la Sainte Trinité (Père, Fils et Saint-Esprit), et les deux doigts dans la paume représentent les deux natures du Christ.

2) Nous touchons notre front, puis notre ventre, c'est le tracé de la partie verticale de la Croix.

3) De notre ventre, nous amenons notre main à hauteur de notre épaule droite, en la touchant.

4) Nous finissons de placer la Croix sur nous en touchant notre épaule gauche.

L'acte de "placer la croix sur soi" est une demande de bénédiction de la part de Dieu. Nous le faisons  de droite à gauche en miroir de l'action du prêtre quand il nous bénit. Le prêtre, en regardant les paroissiens, bénit de gauche à droite. Par conséquent, les paroissiens, en mettant sur le signe de la croix sur eux-mêmes, le font de droite à gauche.

Parce que le Seigneur a séparé les brebis des boucs, en mettant les brebis fidèles à Sa droite, et les boucs à Sa gauche, l'Eglise traite toujours le côté droit comme un côté préféré. Nous nous ne signons qu'avec notre main droite. Le prêtre, quand il bénit une personne, touche d'abord ou pointe leur droite, puis leur gauche. 
L'encensement de la Sainte Table de l'autel est aussi toujours fait par le côté droit en premier; l'encensement de l'iconostase, de la Congrégation et de l'Eglise elle-même commence toujours par le côté droit. Le prêtre donne toujours la communion avec sa main droite, même s'il est gaucher. Il y a d'autres exemples de cette préférence du côté droit.

Quand un parent fait le signe de la Croix sur un enfant, il va le signer de gauche à droite, tout comme le prêtre bénit. Quand il fait le signe de la Croix sur lui-même, il le fait habituellement et logiquement dans l'autre sens.

L'Encyclopédie Catholique déclare que dans l'Église catholique romaine, les fidèles se sont signés de droite à gauche, tout comme les orthodoxes, jusques au 15ème ou 16e siècle. Ils doivent expliquer pourquoi ils ont changé une tradition ancienne et apostolique. Nous ne pouvons répondre quant à la raison de leurs motivations. *

Est-il important de se signer nous d'une manière particulière? En un mot, oui. Nous n'avons pas l'autorisation de choisir au hasard quelles sont les parties de la Tradition chrétienne que nous voulons suivre. Nos Pères, et d'innombrables saints se sont signés de droite à gauche. Les icônes anciennes montrent le Christ ou les évêques commençant une bénédiction de droite à gauche. le côté droit est mentionné de façon préférentielle à plusieurs reprises dans l'Écriture et dans nos hymnes sacrées. Que voudrions nous changer?

Version et adaptation française Claude Lopez-Ginisty
d'après
cité par



* Voici comment le pape Innocent III s'exprime à ce sujet : "Le signe de la croix doit se faire avec trois doigts, parce qu'on le trace en invoquant la Trinité, dont le prophète dit : Il a soutenu sur trois doigts la masse de la terre. Il est tracé de haut en bas, et est ensuite coupé de droite à gauche, parce que Jésus-Christ est descendu du ciel en terre et a passé des Juifs aux Gentils. Certains, cependant, font le signe de la croix de gauche à droite, parce que nous devons passer de la misère à la gloire, tout comme le Christ a passé de la mort à la vie, et du séjour des ténèbres au paradis…"

[A PROPOS DE L'HISTOIRE
DU SIGNE DE LA CROIX.
 du Hiéromoine Nicolas (Molinier)]
cliquer sur le lien ci-dessous:
+

L'Ermitage du cœur (258)



Le monde est devant toi
Avec ses tentations multiples
Garde la paix ineffable du Christ
Tout passera sauf le Royaume

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Reliques de saint Ignace du Caucase ( Briantchaninov)

mercredi 7 septembre 2011

Père Païssios de bienheureuse mémoire: La sécularisation du monachisme (VII et fin)




6. La sécularisation de la Sainte Montagne et le "châtiment" pédagogique de la Génitrice de Dieu

Après l'incendie de forêt dévastateur sur la Sainte Montagne, je suis allé rendre visite au staretz. Il était "en colère" et n'arrêtait pas de crier: "C'était une gifle donnée par la Sainte Mère L'incendie a commencé le premier jour du jeûne et il s'est arrêté au dernier jour (selon l'ancien calendrier des jours de fête, comme il est observé par la Sainte Montagne). Ils ont dit que le feu serait éteint plus tôt parce qu'il n'y avait pas de vent, et pourtant, il a été éteint le dernier jour de la période de jeûne, même s'il y avait du vent. C'était comme si une main guidait le feu, il a suivi un itinéraire circulaire, où ils s'y attendaient le moins, et il a court-circuité les zones de sécurité. Ainsi, les forêts ont été brûlées, mais a la conscience séculière a-t-elle été brûlée!?

-Un des monastères a demandé des renforts.

-Eh bien, ils n'ont pas eu un seul indice spirituel! Tout ce qu'ils ont c'est l'intelligence séculière. (Irrité). Ils deviennent cause que le nom de Dieu soit blasphémé, il pleuvait partout, dans toute la Grèce! Le seul endroit où il n'a pas plu a été la Sainte Montagne! Cela faisait dire aux gens disent "Où est leur Sainte Mère?" Pourquoi ne les aide-t-elle pas? "Comment les gens pouvaient-ils savoir qu'il s'agissait d'une" gifle" de la Sainte Mère? Il y a des gens qui étaient en accord avec la colère de Dieu, qui ne prièrent pas un seul chapelet pour la cessation du feu (il parlait de lui).

-Staretz, tu me fais peur, la façon dont tu dis ces choses!

- Que veux-tu dire? Les moines vont ils aussi me faire la guerre?

- Oui, staretz!

- Alors? Laisse-les ... Je dis seulement ce que je dis par amour. Sais-tu ce que Père Hérodion a dit, quand ils lui ont dit de dire une prière pour le feu qui faisait rage?

- Qu'a-t-il dit?

- "Pas de prière pour le feu, trop de verdure, trop de raffut par les moines Moins de verdure, pas de raffut (vain bavardage)..."

Ils ont des plans pour créer des routes pour les touristes en visite, les moines seront alors épuisés par l'hospitalité (l'accueil des visiteurs), de sorte qu'on leur dira alors: "Bâtissons un hôtel pour vous, afin que vous ne vous fatiguiez pas trop!" "Oui", diront-ils, "c'est une chose à faire". Puis ils donneront de l'argent pour l'entretien des temples. Puis ils diront: "Regardez, ce n'est pas juste de brûler des cierges et de l'encens, nous avons donné tant d'argent pour les restaurations. Choisissez un endroit que vous aimez dans la zone du monastère, pour que nous vous construisions une église." Puis ils vont probablement installer un garde, arborant probablement une barbe et une soutane de moine, avec une femme à Ouranoupolis (la ville située sur la frontière de la province de la Sainte Montagne, qui agit comme une barrière pour le territoire monastique et à partir de laquelle les femmes ne sont pas autorisées à entrer)... ils vont nous transformer en un musée ...

Je ne dis pas que la Sainte Mère permettra cela; simplement que c'est leur plan. Et il y en a même certains qui veulent ça!... en fait, ce sont des moines - pouvez-vous imaginer cela... mais bien sûr, la Sainte Mère aura le dernier mot?! Si elles ne s'amendent pas, ils recevront une "autre gifle".

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
(Source: “The Elder Paisios told me“, by Athanasius Rakovalis)
cité par

L'Ermitage du cœur (257)



Que les Pères saints
Soient toujours pour toi
Comme des bornes sur la Voie
Des Lumières dans ta nuit

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Miracles

Psalte

Чтец. Фото: Сергей Веретенников
Фото: Сергей Веретенников
in

mardi 6 septembre 2011

Père Païssios de bienheureuse mémoire: La sécularisation du monachisme (VI)





5. Le but du monastère est spirituel


Un moine est préoccupé par son propre salut et par le salut de tous les vivants et de tous les défunts. Pour un moine, le véritable amour divin se trouve dans la douleur qu'il ressent pour le salut de son âme et pour le salut du monde entier. L'âme d'un moine consacré contribue au salut non seulement de ses proches, mais aussi de ses compatriotes. C'est pourquoi il y avait une belle tradition en Asie Mineure, où au moins un moine hors de chaque famille intercédait pour tous. A Farasa, quand quelqu'un était tonsuré moine, le village entier le fêtait: "Il fera aussi du bien à l'ensemble du village", disait-on...

Bien sûr, un moine ne dira jamais "Je vais sauver le monde", mais il priera pour le salut de tout le monde, en même temps que pour le sien. Et quand le bon Seigneur écoute sa prière et aide le monde, encore une fois, le moine ne dira pas "J'ai sauvé le monde", mais plutôt "Dieu a sauvé le monde". Un moine a besoin pour atteindre un état tel que celui où il dira: "Mon Dieu, ne me regarde pas, ne montre pas de pitié de moi, mais pour le monde" - non pas parce qu'il n'a pas lui-même besoin de la miséricorde de Dieu, mais parce qu'il a beaucoup d'amour pour le monde.

-Staretz, à quel degré un moine doit-il s'abandonner afin de bénéficier au monde?

-Dans la mesure où il peut veiller à ce que ces gens soient aidés. Si je m'abandonne entièrement entre les mains de personnes séculières, moi aussi je vais devenir séculier. Quand un moine - soi-disant pour l'amour d'aider les laïcs - fait des choses qui ne vont pas avec le monachisme, alors ces gens n'en retireront aucun bénéfice. Un moine peut, par exemple, faire un excellent travail comme chauffeur de taxi: il ne fera pas payer pour la course, il pourrait aussi dire les choses spirituelles aux clients, mais ce n'est pas la voie monastique. Parfois on peut rencontrer des moines avec un esprit séculier et des laïcs avec un esprit monastique. C'est pourquoi le Christ dans l'autre vie leur dira respectivement: "Toi - enlève cette soutane de moine, et toi - revêts-la..." Quand une personne du monde convoite la vie d'un moine, elle est sanctifiée, alors que quand un moine convoite la vie séculière, il est condamné.

Quelqu'un peut-il comprendre s'il n'a pas la bonne position? Même s'il ne comprend pas que quelque chose est incorrect, il n'atteindra pas la paix parfaite - le bien-être -  en lui. Dans tout ce qui ne convient au monachisme, son âme ne sera pas non plus à son aise. Et à partir du moment où son âme ne ressent pas cette consolation, il a besoin de savoir ce qui est à blâmer.

Une de mes connaissances était allée dans un monastère, et plus tard elle a fait le commentaire suivant: "Là-bas, c'est  un atelier; l'higoumène est faite pour le marché aux puces du centre d'Athènes, à vendre des boutons C'est le genre de travail qui lui convient" En d'autres termes, le monastère était un atelier, puis il deviendra une unité industrielle, puis un supermarché, puis une franchise! Ces pauvres gens veulent quelque chose de plus noble de nous les moines, mais afin pour nous d'atteindre cette plus noble chose, nous devons éviter toute consolation humaine.

Le but des monastères est spirituel et il ne devrait n'y avoir aucun élément séculier; seulement les éléments célestes, pour que les âmes puissent être inondées de délices paradisiaques. Dans les choses profanes nous ne pouvons pas rivaliser avec les laïcs, parce que, à vrai dire, ils ont plus de moyens.


Quand un monastère vit spirituellement, savez-vous comment il intrigue les gens? C'est quand il y a la piété, la crainte de Dieu, et qu'il n'y pas en lui de logique séculière ou d'esprit de commerce. C'est ce qui plaît aux séculiers. Mais malheureusement, l'esprit de commerce rampe lentement dans la moelle du monachisme. Un moine est venu dans ma hutte en une fois, alors que j'étais occupé à nouer un komboskini [Chapelet de laine]. "Tu donnes les komboskinis comme bénédictions" commenta-t-il. "Je peux vendre ce chapelet à 33 nœuds pour 500 drachmes. Et je ne fais pas les choses comme tu les fais. Dès que j'ai fini tous les noeuds, je coupe les extrémités et les couds ensemble un peu afin que les brins ne s'effilochent pas. J'utilise aussi le fil que j'ai coupé de la croix et je n'ajoute pas de perles, et ainsi, je fais encore plus de profit. " "Et tu n'as pas honte de toi-même?" Lui ai-je dit. "Ne vois-tu pas que tu as un esprit commercial ici? Je suis moine depuis 1950, et c'est la première fois que je vois une telle attitude!"

- Staretz,  il y a donc si peu de gens qui sont spirituellement assez mûrs pour être en mesure d'aider le monde!

- Oui, malheureusement ils sont peu nombreux! Et à quoi le monde doit-il s'attendre après cela? Sais-tu combien je prie Dieu pour qu'Il nous donne des personnes appropriées qui peuvent être bénéfiques pour le monde? Pauvres âmes... tout ce qu'elles veulent, c'est qu'on leur montre un peu de compassion et ne pas être exploitées. Elles ne veulent pas autre chose. Dans le monde elles sont en guerre constante et elles se sentent menacées. Quand elles vont dans un monastère qui vit correctement, elles en bénéficient car on leur donne un sentiment de sécurité, et cela leur donne le courage de poursuivre leurs luttes.

En ces temps difficiles, les gens n'ont pas tant besoin de subsistance matérielle que de nourritures spirituelles. En d'autres termes, les gens ne sont pas dans le besoin de pain (même si ce sera malheureusement difficile à fournir), mais d'assistance spirituelle. Nous devons aider tout le monde par la prière. Par exemple, aider une famille à ne pas se casser, ou une mère à élever ses enfants correctement; en quelque sorte soutenir, ceux qui sont pieux.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
"The Words of Elder Paisios", vol.Bby «Evangelist John the Theologian Publications»)
http://www.oodegr.com/english/ekklisia/secularization_monasticism.htm#1

NdT: Ce texte et celui de demain était avant celui publié par le monastère de Koutloumoussiou. 

L'Ermitage du cœur (256)


La perfection spirituelle
Commence lorsque tu réalises
Ta médiocrité foncière
Et que tu n'espères qu'en Dieu

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

lundi 5 septembre 2011

Père Païssios de bienheureuse mémoire: La sécularisation du monachisme [V] (Annonce du Monastère de Koutloumoussiou)




 Addendum: l'annonce par le Monastère Sacré de Koutloumousiou de la Sainte Montagne

En réponse à la demande persistante de nombreux pèlerins et en pleine conscience des maux de notre temps, notre Monastère Sacré a décidé de rompre son silence temporairement et d'annoncer les informations générales suivantes, en raison du scandale qui a persévéré pendant une longue période dans la conscience du peuple à cause de la tourmente provoquée par les médias concernant les activités de certains moines d'un institut monastique de la Sainte Montagne. À une époque où l'exploitation des institutions, des principes et des valeurs est une condition préalable à l'acceptation et à l'ascension sociale, c'est avec tristesse que nous nous rendons compte que nous devons parler de choses qui, un jour étaient  généralement évidentes.

1. Le monachisme est le renoncement au monde et à toutes choses relatives au monde, c'est pourquoi l'une des promesses monastiques est le rejet de la propriété. Indépendamment du lieu où un moine peut se trouver, il est obligé de cultiver en lui la conscience qu'il ne possède rien, qu'il n'est possédé par rien, et que toute forme de biens personnels constitue une violation grave de cette promesse. Un moine cénobitique avec un compte bancaire personnel pour son propre usage constitue une contradiction, à la fois dans la terminologie et dans l'essence.

2. Un monastère est soit un petit ou un grand institut, qui offre une hospitalité tout au long de la vie aux moines sans possessions ainsi qu'aux pèlerins. Il leur fournit abri, nourriture, vêtements, couvertures, hospitalisation. En tant que tel, il est dans le même temps un système organisé, autonome, unité productive et économique, dont l'objectif n'est certainement pas l'incrémentation d'une marchandise financière, mais le perfectionnement de ses membres dans la productivité et dans l'offre de l'amour. Sa base financière sécurise simplement sa continuité à travers le temps, de la même manière que la première communauté apostolique de Jérusalem a été maintenue par un fonds communautaire. Seul, un moine peut rester un moine et passer cette vie partout: dans les montagnes, dans les villes, comme un mendiant ou avec l'hospitalité qui peuvent être offerts ou être un homme des cavernes. Un monastère, cependant, qui manque d'une base régulière et d'autonomie financières est condamné à mort, étant donné que, à un certain point, il cessera de soutenir les moines, il se transformera en un musée, mais même jusques à ce moment-là, il sera dépendant de dépendances. Les empereurs étaient bien conscients de cela, c'est pourquoi ils ont dotés les monastères, de terres, héritages, et de lettres de confirmation scellées avec des bulles d'or. Il est erroné de vouloir imposer la pauvreté à un monastère, étant donné que la pauvreté devrait normalement être la vertu personnelle de chaque moine. Notre monastère continue jusques à ce jour à sentir l'amertume de la privation qui lui a été infligée par des actions prédatrices qui ont été à son détriment; une privation qui met en danger son fonctionnement et sa pérennité.

3. L'entretien et l'utilisation des avoirs d'un monastère est une responsabilité assumée dans chaque fraternité. Bien sûr, cette utilisation ne comporte aucune des concessions pour des activités commerciales qui peuvent conduire à un état psychotique d'accumulation continue et d'investissement de la richesse - quelque chose de totalement contraire à la philosophie monastique, et il y a toujours le danger inhérent que le moine qui est chargé de l'administration, glisse dans ce genre de passion, parce que la vie spirituelle - et la vie monastique extrême en particulier - est suspendue à des fils de soie très fins. L'existence du Mamon de l'injustice - de l'argent - est justifiée, seulement quand il est utilisé pour les besoins des indigents.

4. Toute forme de déviation morale que ce soit, d'un moine ou de plusieurs, se propose comme un tremplin pour la promotion des plans de l'Ordre Nouveau à venir. Tout semble être mobilisé dans un jeu violent, truqué, où chaque système maléfique de conclusions pré-décidées et toutes sortes de chicanes intelligentes sont mises en œuvre. Le Nouvel Ordre, qui s'efforce de façonner une communauté universelle de population terrorisée, tente de saper les institutions et valeurs qui constituent la base spirituelle du peuple et le facteur de son unité culturelle. 
La Sainte Montagne, comme état monastique auto-gouverné qui professe la liberté de l'esprit - point axial de l'orthodoxie - ne peut être rien qu'une dissonance indésirable dans une société homogénéisée et manipulée qui sera à la disposition absolue d'un petit nombre de potentats, qui accumulent actuellement du capital et toute autre forme de pouvoir dans ses propres mains. Dans ce cours prévu des événements, la Sainte Montagne doit être affaiblie, elle doit être chamboulée, de l'intérieur et de l'extérieur, avec la contribution de nombreux pouvoirs de corruption. Ce qui n'est pas accompli par l'argent sera accompli par la mauvaise interprétation de l'Histoire, par la retenue à la source de la vérité, par l'exploitation et tout ce qui est consacré par la propagande populiste.

5. L'Église (et un monastère - qui est une Église en miniature) suit un cours dramatique dans l'Histoire. Cela signifie qu'elle a ses faux pas et ses montées, ses chutes et ses envolées; elles s'approche du Paradis et elle est aussi ballottée par le Diable. Cependant, tous les coups infligés à travers l'Histoire concernent  la coquille de l'Eglise et non pas son essence. Et son essence est la présence charismatique de l'Esprit Saint qui vivifie les membres et les fibres du Corps du Christ et produit des fruits de sainteté. Et cette sainteté ne disparaît pas, ni de la Sainte Montagne, ni du monde. Chaque crise, chaque tribulation historique, offre à chacun la possibilité d'auto-critique et de re-composition; pour une purification douloureuse et un retour à l'essentiel et au vrai.

La Sainte Montagne n'appartient pas à qui que ce soit. Pour être exact, elle n'appartient pas à quiconque serait impie - qu'il s'agisse d'un moine ou d'une personne laïque. Elle est le fruit séculaire de la collaboration de Dieu et de Ses saints, elle appartient à la Mère de Dieu et à ceux qui l'ont sanctifiée par leur vie, depuis le passé, jusques à la fin. La Sainte Montagne véritable est la quintessence de la sainteté invisible, qui continue d'exister à ce jour, pour l'amour de la vie du monde. Par conséquent, si certains d'entre nous la voulons vivante et active, nous devons la protéger, tout comme nous protégerions une serre. Et même si les moines d'aujourd'hui ne sont pas dignes de son histoire, nous devons la protéger, pour les moines qui viendront après.

Monastère Sacré de Koutloumousiou,
Sainte Montagne de l'Athos, 
2009.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

L'Ermitage du cœur (256)


Dans le cœur apaisé
Rayonnant de prière
Il y a l'éternité
Et la plénitude du Royaume

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Monastère de Gremi (Géorgie)

Монастырь Греми. Фото: Игорь Калядин


Фото: Игорь Калядин
in

Jean-Claude LARCHET: Recension/ Alexandre Faivre, « Chrétiens et Eglises, des identités en construction. Acteurs, structures, frontières du champ religieux chrétien »



Faivre

Alexandre Faivre, « Chrétiens et Eglises, des identités en construction. Acteurs, structures, frontières du champ religieux chrétien », Cerf , Paris 2011, 608 p. (collection « Histoire »)
Alexandre Faivre, professeur honoraire d’histoire du christianisme à la faculté de théologie catholique de l’Université de Strasbourg est un spécialiste reconnu des acteurs de la vie chrétienne dans les premiers siècles, sur lesquels il a publié deux livres de référence: « Naissance d'une hiérarchie », Paris, Beauchesne (Coll. Théologie historique, 40), 1977, et « Les laïcs aux origines de l'Église », Paris, Centurion (Coll. Chrétiens dans l'histoire), 1984.
Ce volume qui vient de paraître aux éditions du Cerf regroupe un certain nombre des articles que l’auteur a par la suite consacrés à ces thèmes.
Comment s'est construite l'identité sociale du christianisme? Comment se sont organisés, à l'intérieur des groupes chrétiens, les rôles, les fonctions, les statuts, les états de vie ? Comment s'est différenciée la place des hommes et des femmes dans les communautés chrétiennes? Comment s’est formé et défini le groupe des laïcs? Comment les acteurs du champ religieux chrétien ont-ils pensé et modelé les structures ecclésiales? C’est à ces diverses questions que répond l’auteur dans ce volume divisé en trois parties.
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dimanche 4 septembre 2011

Père Païssios de bienheureuse mémoire: La sécularisation du monachisme (IV)



Père Païssios l'Athonite aux pieds de saint Arsène

4. Le moine et des équipements modernes

-Staretz, comment un moine doit-il utiliser les installations modernes?

-Il doit s'assurer qu'il possède toujours moins que ce que la personne du monde possède. Je suis satisfait d'utiliser du bois pour le chauffage, la cuisson et  l'artisanat manuel. Mais, quand ils agissent comme ils le font avec le commerce du bois et le ravage des forêts, rendant ainsi le bois rare, alors j'utiliserai le plus humble moyen que le monde utilise: un poêle à pétrole, ou je ne sais pas quoi d'autre qui puisse être bon marché et humble, pour le chauffage, la cuisine, le bricolage, etc...

-Comment peut-on discerner à quel point une chose est nécessaire, dans un monastère?

-Si l'on pense monastiquement, on peut le dire. Si on ne pense pas monastiquement, tout semblera nécessaire et on sera donc devenue séculier - pire encore que le laïc. Comme moines, nous devrions vivre au moins un peu en dessous de ceux dans le monde, ou comme nous avions l'habitude de vivre dans le monde, et ne pas posséder de meilleures choses que celles que nous avons utilisées à la maison. Le monastère doit normalement être plus pauvre que chez soi. Cela aide le moine en interne, et cela aide les personnes du monde aussi. Dieu l'a arrangé ainsi, de sorte que les gens ne trouvent pas un réconfort dans ces choses. Si les laïcs sont tourmentés par le "progrès" séculier, imaginez combien plus cela affecte un moine! 
Si je devais me retrouver dans une maison riche et que l'hôte me demandait: "Où voulez-vous que je vous loge afin que cela vous plaise? Dans le salon avec tout le mobilier de cérémonie, ou dans l'étable que j'ai, avec un couple de chèvres? ", je peux honnêtement vous dire que je me sentirai beaucoup plus réconforté dans l'étable avec les chèvres. Parce que, quand je me suis embarqué pour être moine, je n'ai pas quitté le monde pour trouver une meilleure maison - pour trouver un palais. Je suis parti pour trouver quelque chose de pire que ce que j'avais. Sinon, je ne ferais rien pour le Christ. Mais avec la logique d'aujourd'hui, ce serait: "Alors, qu'y a-t-il de mal à vivre dans un palais? Comment cela nuira-t-il à votre âme? A l'intérieur de l'étable cela puera, alors que dans le palais, il y aura un parfum agréable dans l'air et vous serez capable de faire plusieurs prosternations."
Il doit y avoir un capteur spirituel ici. Vous voyez, une boussole possède une aiguille aimantée, et il y a un autre aimant qui la fait tourner. Le Christ a un aimant, mais nous devons aussi acquérir quelque aimant pour [nous] tourner vers le Christ.

Dans les temps anciens, combien de tâches ardues étaient requises par la vie au monastère! Je me souviens comment il y avait une énorme cuve dans la cuisine, et comment ils avaient un treuil manuel pour la soulever. Ils utilisaient du bois pour allumer un feu sous elle afin de cuire les repas. Parfois, le feu était trop chaud, parfois trop faible, et les aliments collaient parfois à la cuve. Chaque fois que le poisson collait à la cuve pendant la cuisson, ils utilisaient une brosse d'acier pour décapage pour le gratter. Puis venait la tâche de recueillir les cendres laissées par le feu, en les plaçant dans une urne qui avait un trou au fond, puis en versant l'eau dans en sorte que la lessive (cendres propres) se déposerait et ensuite serait utilisée pour laver la vaisselle. Nos mains devenaient abîmées. Et dans le réfectoire, nous hissions l'eau avec un treuil. Certaines des choses qui sont faites dans les monastères sont aujourd'hui inexcusables. Dans un monastère, j'ai remarqué qu'ils tranchaient le pain avec une machine à trancher. Ce n'était pas du tout approprié! Si quelqu'un est malade ou faible et incapable de trancher du pain avec un couteau ordinaire, eh bien, je suppose qu'il est justifié. Mais voir un homme musclé couper le pain avec une lame en rotation? Il était apte au travail avec un marteau-piqueur, et pourtant il a utilisé une roue à trancher le pain pour couper le pain, et il considérait cela comme un exploit!

Veillez à rester en tête dans les choses spirituelles. Ne ressentez pas de plaisir avec de telles choses - des gadgets, des commodités, etc... Si l'esprit de l'ascétisme monastique s'en va, alors il n'y a aucun sens à la vie monastique. Si nous plaçons la facilité au-dessous de la communauté monastique, nous ne ferons aucun progrès. Un moine évite les commodités, parce qu'elles ne lui dont d'aucun profit spirituel. Dans la vie séculière, les gens ont du mal avec l'excès de confort. Pour un moine, même s'il ne trouve pas un réconfort dans de telles choses, la commodité n'est pas digne de lui. Nous ne devons pas rechercher le confort. Au cours de l'époque où vécut Arsène le Grand, il n'y avait pas de lampes à gaz ou autre chose, il y avait des lampes à huile dans le palais, avec une huile très fine. Ne pouvait-il pas apporter une telle lampe dans le désert? Il ne l'a pas fait. Il avait une mèche ou une bande de coton, et l'huile était faite à partir de graines - ce qui était disponible à l'époque - et c'est ce qu'il utilisait.

Au cours de nos travaux monastiques, nous justifions souvent à nous-mêmes l'utilisation de machines ou d'autres commodités pour obtenir que le travail soit fait rapidement afin que nous puissions consacrer plus de temps aux questions spirituelles, mais nous finissons par vivre dans une vie de nombreux soucis, avec le stress - comme les gens du monde, et non pas comme des moines. Lorsque certains jeunes hommes allèrent à un monastère, la première chose qu'ils firent fut d'acheter des autocuiseurs pour qu'ils leur laissent plus de temps pour les tâches spirituelles, mais ensuite ils sont juste restés les bras croisés autour, à bavarder pendant des heures sans fin. En d'autres termes, ils n'avaient pas l'intention d'utiliser ces commodités afin de gagner du temps supplémentaire pour contempler les choses spirituelles. Aujourd'hui, le temps est en effet gagné, grâce à des commodités, et pourtant, ils ne trouvent pas de temps pour la prière.

-Staretz, je les ai entendus dire que saint Athanase l'Athonite était "progressiste"!

-Oh, bien sûr, il était progressiste! Il était aussi progressiste qu'ils le sont aujourd'hui!...[*] Ils devraient lire la vie de saint Athanase! Ah, les moines avaient atteint huit cents, mille en nombre à l'époque, et il y avait tellement de gens qui allaient à eux pour être aidés! Alors beaucoup de gens pauvres et affamés y sont allés pour manger du pain et recevoir l'hospitalité dans la Laure! [**] Le saint pour être en mesure de répondre à ces besoins, avait acquis deux bœufs pour le moulin… Qu'ils utilisent donc des bœufs aujourd'hui! Il a été obligé de construire un four - un moderne pour les normes de son époque - afin de pouvoir fournir du pain à tous ces gens. Les empereurs byzantins ont doté les monastères avec des fortunes entières, parce qu'ils fonctionnaient comme des institutions philanthropiques. Les monastères ont été construits, afin que les gens puissent y être aidés, à la fois spirituellement et matériellement. C'est pourquoi les empereurs leur ont fourni des dons.

Nous devons comprendre que tout finira par disparaître, et nous présenter devant Dieu en dette... normalement, nous moines ne devons pas posséder ces choses qui sont rejetées par les gens d'aujourd'hui, mais plutôt, ces choses inutiles que les riches avaient l'habitude de jeter, dans des fosses…


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Source: "The Words of Elder Paisios", vol.A, by «Evangelist John the Theologian Publications»
cité par

[*] Note OODE: le staretz est ici ironique dans son commentaire...


[**] Dans le christianisme orthodoxe oriental et certaines autres communautés chrétiennes, une Laure ou Laura (en grec: Λαύρα) signifiait à l'origine un groupe de cellules ou de grottes pour les ermites, avec une église et parfois un réfectoire au centre. Le terme provient du grec pour "un passage étroit" ou "une allée".

Acathiste à saint Hilaire de Poitiers

Sur Acathistes et Offices orthodoxes



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L'Ermitage du cœur (255)



Loue le Seigneur 
Par tes prières et tes actes
Apporte ces petites pierres
Pour paver ton chemin vers Lui

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)