"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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vendredi 22 février 2013

L'amour de l'Orthodoxie/ Frank Schaeffer (R)




Nous ne sommes jamais seuls ou coupés de la plénitude de la vie dans nos communautés orthodoxes. L'Orthodoxie est très physique. Elle aime les célébrations. Elle est exubérante. Nous étreignons, nous embrassons la main de notre prêtre; nous mangeons du pain bénit; nous faisons des prosternations; nous nous signons du signe de la Croix; nous buvons du café; nous aimons les longs et bons repas avec beaucoup de vin ( l'ouzo [la vodka] est facultatif); nous jeûnons et avons faim; des taches de cierges maculent nos chaussures et nos pantalons; on nous asperge d'eau bénite qui sent le basilic; on nous fait l'onction d'huile [sainte]; nous sommes entourés d'encens; nous embrassons les reliques des saints en Christ; nous vénérons les icônes; nous discutons raisonnablement et d'une manière déraisonnable; et nous savons que nous sommes vivants!

En d'autres termes, l'Orthodoxie concerne toute la personne, pas seulement sa raison, ses émotions, ou la doctrine théologique. Il nous est permis, à nous orthodoxes, d'être complets. Nous n'avons pas à prétendre que la vie de l'esprit est en quelque manière séparée du reste de l'existence.
Dieu soit remercié du riche héritage néotestamentaire, grec, méditerranéen, byzantin, africain, arabe, slave et palestinien. Si j'ai un regret, c'est celui de toutes ces années passées à me languir inutilement dans le frigidaire du péché originel, du déterminisme augustinien, et de la culpabilité. Quelle tragédie que d'être entravé par la méfiance puritaine et le dégoût du monde physique. Quelle évasion j'ai vécue, de l'hiver vers l'été, d'un mois de février hollandais plein de frimas vers un été grec fragrant. Comme je remercie Dieu d'avoir été -d'une manière inexplicable- attiré dans l'Eglise Orthodoxe par le Saint Esprit!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après Frank Schaeffer, Letters to Father Aristotle
A Journey through Contemporary American Orthodoxy
Regina Orthodox Press
USA 1995

Frank Schaeffer est le fils d'un évangéliste américain créateur de L'Abri ( en Suisse Romande). Converti à l'Orthodoxie, il a créé un magazine orthodoxe The Christian Activist, pour faire connaître l'Orthodoxie aux USA. Dans ses Lettres à Père Aristote, il s'adresse à un prêtre fictif pour exposer à la fois son amour fou de l'orthodoxie et ses réserves sur certains aspects négatifs de l'orthodoxie américaine.

samedi 20 août 2011

Une vision protestante de l'Orthodoxie!






"Nous pourrions prendre exemple sur l'Orthodoxie, dont les prêtres tournent le dos à leur congrégation, menant une liturgie qui n'est ni ingénieuse, ni passionnée, mais tout simplement belle, comme la pierre lissée par des siècles de marées rythmiques.
C'est un rituel austère, dans le sens qu'il n'y a rien de nouveau ici, c'est sublime, dans le sens de la création d'une vision plus claire du ciel. 
Le prêtre peut être n'importe quel prêtre. Qui il est, à quoi il ressemble, comment il parle, et ce qu'il pense importe peu. 
Il n'a pas écrit le service qu'il officie. 
Il ne s'agit pas de lui ou de ses prouesses. 
Il s'agit d'un fonctionnaire interchangeable drapé dans des robes de brocart, obscurci par l'encens, et, comme tel, ne se désigne jamais lui-même, homme imparfait, pointant toujours et seulement vers la perfection du Divin Mystérieux. 
C'est le rôle de chaque prêtre ou prédicateur: être dans invisibilité, tout en rendant Dieu visible."


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

samedi 26 février 2011

Saint Syméon le Nouveau Théologien: La Beauté de l'Amour de Dieu



Mes chers Pères et Frères, dès que je me suis souvenu de la beauté de l'Amour de Dieu, sa Lumière est soudain apparue dans mon cœur. J'ai été submergé par ses délices. 
Ô Seigneur, comme est heureux celui qui T'a étreint, car il n'aura plus aucun désir d'étreindre une beauté terrestre.
Heureux celui qui, mû par ton Amour, s'attache à Toi. Il reniera le monde entier.
Heureux celui qui caresse Ta beauté, et avec un désir infini s'en délecte, car il sera spirituellement rassasié.
Heureux celui qui T'étreint, car il sera miraculeusement changé. Il se réjouira en esprit et dans l'âme, car Tu es joie ineffable.
Heureux celui qui obtient possession de Toi, car il comptera les trésors du monde comme néant, car Tu es en vérité, la richesse véritable et inépuisable.
Heureux, trois fois heureux est celui que Tu acceptes, car, bien qu'il soit sans gloire visible, il sera plus glorieux que tout ce qui est glorieux.
Bienheureux est celui qui est aimé de Toi, reçu par Toi, enseigné par Toi, celui qui demeure en Toi et qui est nourri par Toi en Christ, l'immortelle nourriture, le Christ notre Dieu.


Version française Claude Lopez-ginisty
d'après
Father Stephen Belonick
A Journey Through Great Lent
Light & Life Publishing
USA 1998

lundi 6 décembre 2010

Père P. Tutko:Qu'attend-on de moi comme chrétien orthodoxe?



C'est une question récurrente. Dès les premiers jours du ministère de notre Seigneur, on Lui a demandé de montrer aux gens comment prier. Il Lui a été demandé de montrer aux gens le Père. Il Lui a été demandé comment on peut atteindre la vie éternelle. Lui, Qui est la prière parfaite, l'image du Père, la vie éternelle. Il est étrange qu'il lui soit demandé ces choses, étrange que "les siens" ne L'aient pas reconnu comme l'accomplissement de toutes leurs questions et de tous leurs désirs. Et pourtant, la raison pour laquelle le peuple a posé la question, c'est parce qu'il ne cherchait pas la bonne chose, au bon endroit.

Donc, quand les gens aujourd'hui se demandent: "Qu'est-ce qu'on attend de moi", ils doivent d'abord se pencher sur leur propre cœur pour voir s'ils sont à la recherche de bonnes choses. Parce que sans un désir et une orientation convenables, il ne peut y avoir de réponses convaincantes à la question ci-dessus.

Je ne prétends pas avoir toutes les réponses moi-même, mais je vais tenter de présenter un guide qui peut nous aider à entendre la Parole du Seigneur et puis de connaître Sa volonté.

Première étape: la repentance. Par la repentance que je veux dire - au sens littéral - de changer d'orientation; décider de se consacrer au Seigneur. Sans repentance vraie et réelle, tous nos efforts sont inutiles, et en vain. Le Seigneur Lui-même a dit: "Car là où est ton cœur, là est ton trésor, aussi" (Mat. 6:21). Donc, vous devez d'abord orienter votre cœur vers le Seigneur. Vous faites cela en décidant en votre esprit que votre relation avec le Seigneur est primordiale. Jésus a dit: "Si vous aimez votre mère, votre père, votre frère, votre sœur, votre mari ou votre femme, votre fils et votre fille, plus que moi, vous n'êtes pas digne de moi" (Mat. 10:37). L'aimez-vous, ou est votre relation avec Lui est-elle fortuite? Ce type d'auto-examen est la première étape.

Deuxième étape: la confession. Avec la pensée à l'esprit que vous avez placé le Seigneur, là où il doit être dans votre vie, la prochaine étape est de confesser vos péchés et de recevoir la grâce de l'absolution. Ceci étant fait, vous devez comprendre que des erreurs seront commises, des retours en arrière se produiront, et la tentation de revenir à la vie avec le Seigneur au second plan, est attendue. Ce n'est pas voulu, mais attendu. C'est pourquoi le Seigneur a établi le sacrement de pénitence et la grâce du pardon des péchés, dans l'Église. Il sait que nous allons tomber, mais il prévu notre retour - nous qui sommes prodigues cherchons le Seigneur. Nous pouvons Le trouver, encore et encore.

Troisième étape: la prière. La seule façon que nous ayons de faire la volonté du Seigneur vivant en nous est par la prière. Une prière active dans notre vie, plus importante que le jour de notre mariage, ou même la naissance d'un enfant. C'est dire l'importance de la Liturgie.

Quatrième étape: adorerez le Seigneur, en permanence. Une fois que vous êtes venus à cette quatrième étape, vous devez être conscient du fait qu'il n'y a jamais un moment où nous pouvons mettre de côté le Seigneur dans nos vies. Donc, dans cet esprit, nous passons à ce qui est attendu de nous, car nous participons au Corps et au Sang du Christ, versé pour [n]ous et pour une multitude, pour la rémission des péchés. "Il n'y a rien de gratuit, selon le dicton populaire. Et cela est vrai, en particulier avec le grand don de l'Eucharistie. Nous sommes responsables de ce don au moment où nous le prenons. Une fois pris avec foi et avec la préparation qui convient, nous sommes appelés à témoigner de ce don de Vie. Et la meilleure façon d'y parvenir est par l'exemple. Tout récemment, j'ai entendu une personne qui était à la recherche d'une église dire: "Pourquoi les orthodoxes trouvent-ils tant d'excuses pour ne pas venir à l'église?" Bonne question. Je n'en ai pas la moindre idée. Si cela ne tenait qu'à moi, j'aurais un office tous les jours. Mais puisque je ne peux pas le faire, je fais ce qui s'en rapproche le plus [aller à l'église quand il y a un office]. Je m'assure que rien n'interfère avec mon adoration de Dieu. Nous dans nos paroisses sommes appelés à l'adorer liturgiquement chaque samedi, dimanche, jour de fête, au cours des quatre jeûnes et plus particulièrement pendant la Semaine Sainte, la semaine lumineuse, et le plus souvent, si possible.

Cinquième étape: l'étude. Toute personne qui se considère comme chrétien orthodoxe doit apprendre la foi. Pas seulement des parents et grands-parents, mais d'après les Écritures, les hymnes de la vie liturgique orthodoxe, les écrits des Pères de l'Église, les canons et les décisions des conciles œcuméniques, et à travers toutes ces choses, en définitive du Christ lui-même. Cela ne peut arriver, cependant, que lorsque l'on fait un effort sincère pour étudier la foi, par nous-mêmes et avec la guidance spirituelle de l'Eglise.

Sixième étape: vivez une vie chrétienne. Le Seigneur nous dit qui entrera dans le Royaume des Cieux et que nous allons être tenus responsables par le Christ pour notre mise en pratique de l'amour: aidons-nous nos frères et sœurs? (Mat. 25-Parabole du Jugement). Pas seulement quand nous pouvons nous le permettre, mais maintenant, quand on peut le moins être en condition pour le faire. Il est temps maintenant de la faire, pas demain, ou quand ça nous chantera. On doit vivre une vie chrétienne en tout temps. Une fois que nous commençons, nous ne pouvons pas arrêter. Les récompenses sont grandes, mais pour l'amour du ciel, ne vous attendez pas à les recevoir ici sur la terre. Vivez plutôt avec la connaissance qu'elles viendront en abondance du Seigneur quand Il reviendra dans Sa gloire.

Septième étape: pensez à la jeunesse. En tant que parents chrétiens, nous sommes appelés à enseigner à nos enfants quand ils sont jeunes, et nous devons prier pour eux toute notre vie. Cela peut être facile quand ils sont encore des bébés. Le défi vient où ils commencent à se développer eux-mêmes et sont influencés par le monde qui les entoure. C'est le moment où un parent a le plus besoin de donner l'exemple. Veillez à ce que l'éducation chrétienne soit comprise par l'enfant comme étant "au moins" d'égale importance que l'éducation laïque. Encouragez votre enfant à servir le Christ. Aimez vos enfants comme le Seigneur vous aime.

Huitième étape: s'occuper de l'intendance est une obligation. Soyez un intendant chrétien de toutes les choses qui viennent à vous. Cela signifie - donnez de votre temps, de vos talents et de votre argent à l'Église du Christ. Encore une fois, il faut ici le souligner, non pas quand vous êtes prêt ou pouvez vous le permettre, mais maintenant! Parce que, si vous attendez le moment opportun vous ne serez jamais prêt ou capable de vous permettre de faire une offrande. On vous a donné tout ce qui est nécessaire pour le salut, sans aucune restriction. Donc, vous devez également donner sans aucune restriction, chaque fois que l'occasion se présente. Cela peut signifier un coup de main à un projet, prendre soin de l'embellissement de la maison du Seigneur, ou donner même au-delà d'une dîme pour une cause juste et droite, comme cela peut être nécessaire pour la paroisse locale, le diocèse, ou l'Église nationale. Le fait que nous soyons des intendants fidèles, consiste aussi à "donner joyeusement" (2 Cor. 9:7) et, si possible dans le secret, ne pas laisser notre main gauche savoir ce que fait notre main droite (Mat. 6:3-4).

Neuvième étape: faites appel au Seigneur! Cette dernière étape peut également être considérée comme la première. Quand tout le reste échoue et que vous sentez que vous ne pouvez constater aucun progrès dans votre vie chrétienne, agenouillez-vous et dites: "Seigneur, j'ai besoin d'aide." Puis appelez votre prêtre et priez avec lui. Rappelez-vous que le Seigneur vous aime et vous a appelés au salut et qu'Il vous attend. Viendrez-vous?

Conclusions: S'il vous plaît rappelez-vous que ceci est conçu comme un guide, pas comme une fin en soi. Notre foi est organique. Elle est vivante et toujours là, à chaque génération, pour ceux qui tendent la main. Vous avez été invité à tendre la main - le ferez-vous?

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
citant

vendredi 16 octobre 2009

Sur le blog de Maxime: deux articles...


Premier article


"L'ÉGLISE DE DIEU NE SAIT PAS FAIRE VALOIR SES DROITS
PAR LES COUPS, L'EXIL ET LA PRISON.
LA LOI ECCLÉSIASTIQUE NE DIRIGE CONTRE PERSONNE
LE GLAIVE, L'ÉPÉE NI LES FOUETS"
St Théodore Studite
[Esphigmenou_monk_police_harrasment.jpg]

lire la suite


Deuxième article:



OUI ! UN "ARABE" PEUT REVENDIQUER SA FIDÉLITÉ A SES ORIGINES
EN SE DÉCLARANT CHRÉTIEN,

Lire l'article ICI


Saints Orthodoxes Arabes

+

mardi 13 octobre 2009

Sur Orthodoxie.com...

Importants remous au sein des Églises orthodoxes à propos de la prochaine réunion de la commission internationale mixte de dialogue à Chypre.



La prochaine réunion de la commission internationale mixte de dialogue qui doit se tenir à Chypre pour, dans la suite de la réunion de Ravenne, discuter de la question de la primauté du pape de Rome, suscite des craintes et d’importants remous dans les Églises orthodoxes, en particulier au sein de l’Église de Grèce.
Une «Confession de foi contre l’œcuménisme» est depuis le mois d’avril proposée à la signature des fidèles orthodoxes, notamment sur plusieurs sites Internet Elle a recueilli à ce jour 8600 signatures, dont celles de six métropolites et évêques grecs, serbe et bulgare, de cinq higoumènes du Mont-Athos, de trente-six higoumènes d’importants monastères de Grèce, de Chypre, de Serbie et des États-Unis, de professeurs de facultés de théologie (dont l’ex-doyen de la faculté de théologie d’Athènes et le professeur de patristique de la faculté de théologie de Thessalonique), de cinq cent trente clercs, moines et moniales de Grèce, du Mont-Athos, de Serbie, de Roumanie, de Palestine et de divers autres pays, et de plusieurs milliers de laïcs de différentes origines. Fait nouveau, ce document n’émane pas de groupes extrémistes non canoniques (habituellement qualifiés de «zélotes», au premier rang desquels se trouvent les «vieux-calendaristes»), mais est promu et approuvé par des personnalités connues et des fidèles rattachés canoniquement à l’Église orthodoxe.
La Sainte-Communauté du Mont-Athos, plusieurs métropolites, et un professeur de dogmatique de l’Université Aristote de Thessalonique ont par ailleurs publié des déclarations indépendantes constituant des mises en garde par rapport à la prochaine réunion de la commission de dialogue à Chypre.
Ce mouvement a pris naissance à la suite de la réunion de Ravenne, qui a constitué un pas important dans le rapprochement du Patriarcat de Constantinople avec l’Église catholique romaine, en particulier pour la reconnaissance d’une certaine primauté du pape de Rome, est s’est trouvé accéléré par la crainte de voir un accord définitif se réaliser sur ce point au cours de la prochaine réunion organisée à Chypre.
Cette réaction a pris suffisamment d’ampleur pour inquiéter le patriarche de Constantinople Bartholomée et son adjoint en matière de politique extérieure (qui est le principal artisan de la politique de rapprochement avec Rome et le président de la Commission internationale mixte de dialogue du côté orthodoxe), le métropolite Jean de Pergame, qui ont tous deux publié des déclarations où est clairement évoqué un risque de schisme au sein de l’Église orthodoxe.

A. La « Confession de foi », dont on peut lire ici l’intégralité du texte en grec et en anglais, proclame notamment :
«1. Nous gardons intact et inaltéré tout ce que les conciles et les Pères ont institué. Nous acceptions tout ce qu’il sont accepté et condamnons tout ce qu’ils ont condamné ; en conséquence, nous évitons toute relation avec ceux qui innovent en matière de foi. Nous n’ajoutons, n’enlevons et ne changeons rien en matière de foi. [...] Avec les saints Pères et les conciles, nous rejetons et anathématisons toutes les hérésies qui se sont présentées dans le cheminement historique de l’Église. Des anciennes hérésies qui ont survécu jusqu’à ce jour, nous condamnons le monophysisme (depuis sa forme extrême chez Eutychès jusqu’à celle que lui ont donnée Sévère et Dioscore), en conformité avec les décisions du IVe concile oecuménique et l’enseignement christologique des saints Pères et Docteurs, comme S. Maxime le Confesseur, S. Jean Damascène, le grand Photius et aussi les offices liturgiques de l’Église.
2. Nous proclamons que le papisme [ndlr: nom habituellement donné en Grèce au catholicisme romain, en raison de l'importance qu'il reconnaît au pape] est une matrice d’hérésies et d’erreurs. L’enseignement du Filioque, c’est-à-dire de la procession du Saint-Esprit à partir du Père et du Fils, est contraire a tout ce que le Christ lui-même a enseigné au sujet du Saint Esprit. Le chœur tout entier des Pères, réunis en conciles ou individuellement, regarde le papisme comme une hérésie parce que, en plus du Filioque, il a produit une foule d’erreurs telle que: la primauté et l’infaillibilité du pape, l’usage de pain sans levain, le feu du purgatoire, l’immaculée conception de la Mère de Dieu, l’achat de l’absolution (le commerce des indulgences). Il a altéré à peu près tout ce qui concerne l’enseignement et la pratique relatifs au baptême, à la chrismation, à la divine eucharistie et aux autres sacrements et a transformé l’Église en un État séculier. Le papisme de l’époque moderne a plus encore que le papisme médiéval dévié de l’enseignement de l’Église, a tel point qu’on ne peut plus le comprendre dans la continuité de l’ancienne Église d’Occident. Il a introduit de nombreuses exagérations dans sa mariologie, comme l’enseignement que la Mère de Dieu est co-rédemptrice de l’humanité. Il a renforcé le mouvement charismatique ou les groupes pentecôtiste (prétendument centrés sur l’Esprit). Il a adopté d’autres innovations dans le culte liturgique, tels que la danse et l’usage d’instruments de musique. Il a abrégé la Divine Liturgie et en a ruiné l’essence. Dans le domaine de l’œcuménisme, il a jeté, avec son concile Vatican II, les bases d’une pan-religion, en reconnaissant une vie spirituelle aux membres des autres religions. Le minimalisme dogmatique a conduit à un minimalisme des exigences morales [...]. En continuant à soutenir l’“unia” (qui est une caricature de l’Orthodoxie, au moyen de laquelle elle fait parmi les croyants de nombreux prosélytes et victimes), le papisme a saboté le dialogue et contredit ses intentions prétendument sincères concernant l’union. [...]
3. La même chose est vraie, à un plus haut degré, pour le protestantisme qui, comme enfant du papisme, a hérité de beaucoup d’hérésies, et en a ajouté de nombreuses autres. Il a rejeté la Tradition, accepté la Bible comme seule référence (sola scriptura) tout en l’interprétant de manière erronée ; il a aboli le sacerdoce comme grâce sacramentelle spécifique, tout comme la vénération des saints et des saintes icônes ; il a avili la personne de la Sainte Mère de Dieu ; il a rejeté le monachisme; des saints mystères, il accepte seulement le baptême et la divine eucharistie, mais en altérant aussi à leur sujet l’enseignement et la pratique de l’Église ; il enseigne la prédestination et le salut par la foi seule. Sa part la plus progressiste a introduit la prêtrise pour les femmes et le mariage pour les homosexuels, lesquels sont même acceptés pour la prêtrise. Mais surtout, il manque d’ecclésiologie, car la notion d’Église telle qu’elle est perçue par l’Église orthodoxe est pour lui inexistante.
4. Le seul moyen de rétablir la communion avec les hérétiques est le rejet par eux de l’erreur, et leur repentir, afin que puisse se produire une union et une paix véritables : l’union avec la vérité et non avec l’hérésie.
Pour l’incorporation des hérétiques dans l’Église, la rigueur canonique exige qu’ils soient reçus par le baptême. Le précédent “baptême” accompli en dehors de l’Église sans la triple immersion et émersion du baptisé dans de l’eau spécialement sanctifiée et réalisé par un prêtre qui n’est pas orthodoxe n’est en aucun cas un baptême ; un tel acte est privé de la grâce du Saint-Esprit. [...] La nouvelle tentative des œcuménistes de promouvoir l’opinion selon laquelle nous avons un baptême commun avec les hérétiques est infondée. [...]
5. Étant entendu que les hérétiques continuent à demeurer dans l’erreur, nous évitons la communion avec eux, particulièrement dans la prière commune. L’attitude sévère de l’Église à l’égard des hérétiques provient du véritable amour et de l’intérêt sincère qu’elle a pour leur salut, ainsi que du souci pastoral qu’elle a pour les fidèles, afin qu’ils ne tombent pas dans l’hérésie. Les saints canons dans leur totalité interdisent non seulement les célébrations communes qui ont lieu dans les églises, mais aussi les prières communes qui prennent place dans des lieux privés [...].
6. Jusqu’au début du XXe s., l’Église avait une attitude immuable et stable dans le rejet et la condamnation de toutes les hérésies, comme cela figure dans le Synodicon de l’orthodoxie, lu le Dimanche de l’Orthodoxie. Malheureusement, cette attitude, dès le début du XXe s., a commencé graduellement à être abandonnée après l’encyclique du Patriarcat œcuménique en 1920 adressée “aux Églises du Christ en tout lieu”, qui, pour la première fois désigne officiellement les hérésies comme des Églises [...].
7. Ce syncrétisme inter-chrétien est désormais élargi en syncrétisme interreligieux, qui met à égalité toutes les religions avec [...] la seule Église du Christ. En conséquence, il rejette non seulement le dogme de l’Église une, sainte, catholique et apostolique, mais aussi le dogme fondamental de la seule Révélation au monde et du seul salut des hommes par Jésus Christ.
8. Nous croyons et nous confessons que c’est seulement dans le Christ qu’il existe une possibilité de salut. L’Église n’est pas seulement la véritable Église, elle est la seule Église. Elle seule est restée fidèle à l’Évangile, aux conciles et aux Pères, et, en conséquence, elle seule représente la véritable Église catholique du Christ. Pour le bienheureux père Justin Popovitch, l’œcuménisme est le nom commun pour les pseudo-Églises de l’Europe occidentale. Leur nom commun est en fait “panhérésie” […].
Cette panhérésie, a été acceptée par beaucoup de patriarches, archevêques, évêques, clercs, moines et laïcs orthodoxes. Ils l’enseignent “la tête nue”, la mettant en pratique et l’imposant en acte, communiquant de toutes sortes de façons avec les hérétiques, par des concélébrations, des échanges de visites, des collaborations pastorales, se plaçant ainsi en dehors de l’Église. Notre position, suivant les décisions canoniques conciliaires et des saints, est manifeste. Chacun doit faire face à ses propres responsabilités.
9. Il y a naturellement des responsabilités collectives et principalement chez nos hiérarques et théologiens œcuménistes, envers le plérôme orthodoxe et leur troupeau. Nous leurs déclarons avec crainte de Dieu et amour que cette attitude et leurs ouvertures envers les activités œcuménistes sont condamnables de tout côté parce que :
a) ils mettent en doute notre tradition et foi orthodoxe et patristique;
b) ils sèment le doute dans les cœurs du troupeau et indisposent beaucoup de personnes, les menant ainsi à la division et au schisme;
c) ils attirent une partie du troupeau dans l’erreur et ainsi dans la chute spirituelle.
Aussi, nous proclamons que, pour ces raisons, ceux qui se meuvent dans cette irresponsabilité œcuméniste, quelle que soit leur place dans l’organisme ecclésial, se trouvent en contradiction avec la tradition de nos saints et par voie de conséquence en opposition avec eux.
C’est pour cette raison que leur attitude doit être condamnée et rejetée par l’ensemble des hiérarques et du peuple fidèle.»

C. Le 26 septembre, le métropolite de Pergame Jean (Zizioulas) a adressé la lettre suivante «à tous les métropolites de l’Église d’Hellade au sujet de la Confession de foi contre l’œcuménisme» :
«On répand, de façon on ne peut plus mensongère et calomniatrice, que la signature de l’union des Églises est imminente! Un confrère, professeur de théologie, connu pour son inimitié envers ma personne, a rendu visite à un hiérarque de l’Église d’Hellade et lui a déclaré qu’il savait avec certitude (!) que l’union avait déjà été décidée (à Ravenne !) et que sa proclamation n’était qu’une question de temps!!! Les clercs et les laïcs me demandent s’il est vrai qu’au mois d’octobre à Chypre sera signée l’union! Il est manifeste que de cette façon on cherche à provoquer l’inquiétude dans le peuple de Dieu, avec des conséquences imprévues pour l’unité de l’Église. Mais ceux qui propagent cela savent assurément (s’ils n’ont pas été aveuglés par la passion, le fanatisme ou la manie de se mettre en avant), premièrement que le dialogue théologique mené doit connaître encore un très long parcours, car les différences théologiques, qui se sont accumulées durant mille ans de séparation, sont nombreuses. Deuxièmement, que la commission du dialogue est complètement incompétente pour «signer» l’union, étant donné que ce droit appartient aux conciles des Églises. Pourquoi donc cette désinformation plus que mensongère? Ceux qui répandent ces “informations” mensongères ne pensent pas aux conséquences pour l’unité de l’Église : “Celui qui vous trouble, quel qu’il soit, en portera la peine” (Gal 5, 10).
Éminence, le devoir de tous, en particulier des évêques, placés par Dieu pour se préoccuper du maintien de l’unité canonique de leur troupeau, est énorme. Le risque est ecclésiologique: quelle est l’autorité et la validité des décisions conciliaires? Obéirons-nous aux décisions conciliaires, comme nous le faisons, étant mis en place pour cela, ou bien aux “zélotes” de l’orthodoxie ? L’orthodoxie existe-t-elle, et les dogmes de foi, sans décisions conciliaires? Prenez position, nous vous en prions, sur ce sujet avant que nous soyons conduits à un dédain complet des décisions conciliaires et à ce que votre troupeau soit divisé en raison de notre éventuelle négligence».
Source: 1.

C. Le 2 octobre dernier, S.S. le patriarche œcuménique Bartholomée a adressé une lettre à S .B. Hiéronymos, archevêque d’Athènes et primat de toute la Grèce, au sujet de cette «Confession de foi contre l’œcuménisme», dont voici les principaux passages :
«À ce sujet, par consultation synodale, nous souhaitons vous exprimer la profonde préoccupation du Patriarcat œcuménique et ce pour les raisons suivantes:
C’est un fait connu que depuis longtemps existent et sont cultivées, particulièrement dans le cadre de l’Église d’Hellade, des tendances zélatrices, qui se manifestent par la polémique, parfois aiguë et inappropriée, contre les dialogues et les contacts de l’Église orthodoxe avec les hétérodoxes. Certes, l’Église orthodoxe, n’a jamais empêché ni blâmé l’expression de critiques envers les actes et les décisions de l’Église, raison pour laquelle nous n’avons jamais protesté contre ces tendances, bien que, comme nous l’avons dit, elles se manifestent souvent de façon inappropriée, fanatique et, par voie de conséquence, impie. Nous nous serions abstenus de nous adresser à vous, s’il s’agissait une critique de cette sorte, bien qu’inconvenante et inappropriée.
Mais le cas de la «confession» en question présente certaines particularités qui provoquent notre inquiétude, étant donné que :
a) Ce texte se donne le titre de “Confession de foi”, rivalisant, d’une certaine façon — ou quoi qu’il en soit constituant un parallèle — avec les «Confessions de foi» officielles, comme celles des conciles saints et œcuméniques ou d’autres “confessions” portant les noms de personnalités telles que Pierre Moghila, Dosithée de Jérusalem et d’autres. Mais tandis que ces dernières ont fait l’objet d’une ratification synodale, la «confession» dont il est ici question n’a été aucunement ratifiée de cette façon, et, par ce titre égare une partie du peuple fidèle, se présentant comme une telle “Confession”.
b) La “Confession” comprend in fine la proclamation que tous ceux qui communiquent avec les hétérodoxes et prient avec eux, se trouvent automatiquement en dehors de l’Église. Cela signifie que tous les patriarches et les autres primats d’Églises autocéphales avec leurs Saint-Synodes respectifs, en tant que participants à ces contacts et dialogues se sont mis en dehors de l’Église!!! Les signataires de la “confession”, de cette façon, nous taxent d’extérieurs à l’Église, c’est-à-dire de schismatiques. On peut se demander par conséquent pourquoi ils n’ont pas rompu la communion sacramentelle avec nous, étant donné que nous nous tous nous trouvons, selon eux, “en-dehors de l’Église”. Le germe du schisme existe dans les expressions susmentionnées de la “Confession”, ce qui convient de provoquer l’inquiétude de tous les pasteurs de l’Église.
c) Cette inquiétude s’aggrave encore par le fait que la “Confession” est signée également par certains évêques de l’Église d’Hellade, comme si la confession qu’ils ont donnée lors de leur sacre épiscopal était insuffisante. Nous voulons croire que les hiérarques signataires ont agi sans prendre conscience du fait que ce faisant ils mènent au schisme à l’intérieur de la hiérarchie, étant donné que les contacts avec les hétérodoxes ont été entérinés par les décisions conciliaires de toutes les Églises orthodoxes. Car il est incompréhensible que ces évêques, d’une part, par leur signature sous la “Confession” affirmant que ceux qui participent à des contacts avec les hétérodoxes “se mettent automatiquement hors de l’Église”, se considèrent d’autre part dans leur vie liturgique et autre en communion avec eux, commémorant notamment leur nom lors de la divine liturgie.
Béatitude, les contacts avec les hétérodoxes, comprenant des dialogues théologiques avec eux, ne constituent pas des actes de certaines Églises ou personnalités, mais, comme nous l’avons dit, des décisions de toutes les Églises orthodoxes sans exception, y compris la très sainte Église d’Hellade, comme l’est la décision de la IIIe Consultation pan-orthodoxe préparatoire au concile (1986) ainsi que les accords portant sur le contenu de notre dialogue théologique avec l’Église catholique-romaine, signés et joints en copie et envoyés.
La constatation que cela est oublié par les signataires de cette “Confession” nous afflige grandement. L’Église d’Hellade, ne condamnant pas, mais acceptant tacitement la mise en circulation du texte de la “confession de foi”, selon laquelle sont mis hors de l’Église tous ceux qui participent aux relations avec les hétérodoxes, signé notamment par certains de ces évêques, pose problème non seulement dans son troupeau mais aussi relativement à sa communion avec les autres Églises orthodoxes.
En conséquence, nous demandons à Votre Béatitude et à la vénérable hiérarchie auprès d’elle, de prendre le plus vite possible, officiellement, position à l’égard de la “Confession de foi” mentionnée et de ses clercs qui l’ont signée, prenant en considération le danger que court l’unité de l’Église, la tolérance qui a été montrée prouvant qu’elle constitue un encouragement pour certains de ses évêques à de tels actes séparatistes.»
Texte complet : 1.

Certains observateurs ont fait part de leur étonnement que, dans cette lettre, le patriarche Bartholomée:
1) au lieu de contribuer à rétablir l’unité et la paix en rassurant les fidèles inquiets quant à ses intentions, semble inciter les hiérarques et clercs signataires de la «Confession de foi» à mettre leurs actes en accord avec celle-ci en cessant la commémoration de la hiérarchie dans les dyptiques et en se séparant de l’Église.
2) assimile (comme le fait aussi dans sa lettre le métropolite Jean de Pergame) à des conciles ayant autorité des commissions inter-ecclésiales ou pan-orthodoxes qui sont simplement constituées d’experts et ont en vue d’organiser le dialogue, et dont les membres participent à celui-ci, sans que leurs prises de positions, y compris celles exprimées dans les communiqués finals, aient une valeur autre que consultative et soient toujours ratifiées par les Saints-Synodes de leurs Églises respectives (on peut même constater que, dans la plupart des cas, seul le patriarcat de Constantinople a entériné de telles conclusions).
D’un autre point de vue, de nombreuses critiques se sont élevées en Grèce contre l’intervention du patriarche Bartholomée auprès de l’archevêque d’Athènes et celle du métropolite Jean de Pergame auprès des hiérarques de l’Église d’Hellade, considérant ces interventions des hiérarques du Patriarcat de Constantinople comme des ingérences intolérables dans les affaires d’une Église autocéphale. On pourra lire ici, par exemple, la réponse de Dimitrios Tseleggidis, professeur à la Faculté de Théologie de Thessalonique, au Métropolite Jean de Pergame.

D. Le 8 octobre dernier, la Sainte-Communauté du Mont-Athos a publié le communiqué suivant :
« Décision officielle de la Sainte-Communauté du Mont-Athos au sujet de la réunion de la communion mixte du dialogue entre l’Église orthodoxe et les catholiques romains.
La Sainte-Communauté a pris la décision suivante :
À travers les siècles, la Sainte Montagne reste, par la grâce du Christ, la fidèle gardienne de la sainte foi orthodoxe, que les apôtres prédicateurs de Dieu ont transmis à l’Église et que nos Pères théophores avec les saints conciles œcuméniques ont préservée intacte. Cette tradition a été fidèlement par les pères athonites qui nous ont précédés.
Ayant été informés que la réunion de la commission mixte internationale de dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et les catholiques-romains, va examiner la question du “rôle de l’évêque de Rome dans la communion des Églises durant le premier millénaire”, notre sainte communauté, ignorant l’ordre du jour exact du dialogue concerné, exprime sa vive inquiétude et sa perplexité, car la primauté papale est discutée sans que le papisme ait préalablement renoncé à ses dogmes hérétiques et son caractère séculier (cf. l’État du Vatican). La seule condition préalable à la discussion de la question de la primauté est le retour des catholiques romains à la foi orthodoxe et à la conciliarité de l’Église orthodoxe, et non “l’union dans la diversité” des dogmes.
L’Église orthodoxe est la seule “Église, une, sainte et apostolique”, comme l’a proclamé, en la vénérable église du Protaton, Sa Toute-Sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée le 21.8.2008, lors de sa visite sur la Sainte Montagne. C’est ce que nous croyons aussi, et nous resterons fidèles à ce que les saints Pères ont prêché. »

E. Le 10 septembre 2009, M. Dimitrios Tseleggidis, professeur de dogmatique à l’Université Aristote de Thessalonique, avait mis en garde les membres de la Commission internationale mixte de dialogue devant se réunir à Chypre au cours du mois d’octobre, contre le risque de dissocier les problèmes ecclésiologiques des problèmes dogmatiques (comme tendent à le faire depuis plusieurs années les organisateurs du dialogue pour une double raison : 1) le manque d’espoir de trouver une solution aux différents dogmatiques qui opposent les deux Églises ; 2) l’orientation par l’Église catholique romaine du dialogue dans les sens de sa principale préoccupation : voir l’autorité du pape de Rome reconnue par l’ensemble du monde chrétien ; 3) la confirmation de cette orientation par le patriarcat de Constantinople désireux avant tout de se voir reconnaître une autorité du même genre dans l'ensemble du monde orthodoxe). Le professeur D. Tseleggidis souligne que la solution des problèmes dogmatiques constitue un prérequis de la solution des problèmes ecclésiologiques.
Il pose cette question : «Comment, dans le cadre de ce dialogue, pouvons nous raisonnablement discuter de la place institutionnelle et hiérarchique d’une personne (à savoir le pape) au sein de l’Église aussi longtemps que cette personne est, non seulement en pratique mais dans le principe, en dehors de l’Église ? Si, en dépit de cela, on discute de la primauté de l’évêque de Rome d’un point de vue purement théorique, permettez-moi de vous rappeler cette indiscutable vérité : à aucun moment, au cours du premier millénaire, l’Église n’a reconnu dans la personne du pape de Rome la primauté d’autorité et de pouvoir à un niveau global. L’autorité suprême sur l’Église œcuménique (l’Église dans sa totalité) a toujours et seulement été exercée par les conciles œcuméniques.»
Source :
http://www.impantokratoros.gr/2609A16D.en.aspx

lundi 12 octobre 2009

Frank Schaeffer: L'orthodoxie se vit!


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Il me semble que les convertis comme moi et les futurs convertis devraient être encouragés à explorer honnêtement les nombreuses différences significatives entre l'Occident latin et l'Orient orthodoxe.

Je pense quelquefois qu'un esprit protestant de triomphalisme évangélique, qui met trop l'accent sur les nombres et la croissance, "à la born again" et un triomphalisme écuméniste de style catholique romain qui veut amener "l'union entre tous les chrétiens", conduisent certains orthodoxes à faire des tentatives presque hypocrites pour minimiser les différences entre l'Orient et l'Occident.

Il me semble qu'un accroissement [du nombre des fidèles] à n'importe quel prix, et l'unité [des églises] à n'importe quel prix représentent une tendance dangereuse pour les orthodoxes. A mon avis, la vie orthodoxe est un combat pour la qualité spirituelle, et non pour la quantité. Il vaut mieux qu'il y ait un saint moine qu'un millier de convertis enthousiastes à une "Orthodoxie Occidentalisée." Et mieux vaut une pure communauté orthodoxe, qu'un millier de bureaucrates signant des documents qui ont pour objet "d'unir tous les chrétiens."

Cela ne signifie pas que nous n'ayons pas besoin d'évangélisme orthodoxe plus agressif. Nous en avons besoin. mais nos efforts évangéliques orthodoxes doivent être orthodoxes, et ne pas être seulement des imitations réchauffées des méthodes romaines ou protestantes.

L'Eglise orthodoxe n'est pas une démocratie, ni un produit qui a besoin d'être promu. La Vérité est la Vérité, et tout accroissement numérique accompli pour lui-même, est à l'opposé du combat ascétique qui marque la conversion spirituelle. Selon les Pères, être sauvé, prend toute une vie de combat qui commence seulement au baptême et à la chrismation. Faire entrer des gens dans l'Eglise, est la chose la plus facile du monde. Aider des convertis pécheurs, stupides, mal informés comme moi-même à devenir pleinement orthodoxes est plus difficile.
[...]
L'orthodoxie ne peut pas être étudiée, mais seulement vécue. C'est dans les profondeurs du mystère orthodoxe, et non dans un assemblage de nouvelles règles théologiques, que se cache la Perle de Grand Prix!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Frank Schaeffer
Letters To Father Aristotle
Regina Orthodox Press
Salisbury, Ma, USA, 1995

Illustration
Courtesy of www.eikonographos.com/used with permission

mercredi 9 septembre 2009

Le miracle de la Sainte Eucharistie



"Nous ne soutiendrons à aucun moment que les microbes de la nouvelle grippe peuvent être transmis par la réception de la Sainte Communion", a déclaré Monseigneur Anthime Métropolite de Thessalonique, cette semaine dernière, selon Romfea.gr.

Le Métropolite a en outre déclaré: "Conformément à l'avis scientifique, les microbes, s'ils existent, meurent lors d'un impact avec l'argent." Les cuillères utilisées dans les églises orthodoxes pour la sainte Communion sont faites d'argent.

Notant la pensée illogique qui se dissimule derrière cette controverse, il a en outre fait valoir: "C'est comme si on disait de ne pas utiliser de l'argenterie dans les maisons ou les restaurants de peur que la grippe puisse être transmise."

Il a en outre soutenu que sa Métropole sera guidée par le Saint-Synode et le Ministère de la Santé pour les mesures préventives sans provoquer de panique.

Métropolite Anthime de Thessalonique

La logique de l'Eglise sur cette question a toujours été la question: Comment ce qui est transformé par le Saint-Esprit en Corps et Sang précieux du Christ dans le but de donner la vie et la guérison à l'Église peut-il aussi être la cause de la maladie et de la mort par les germes et les microbes? Les pandémies ont existé tout au long des siècles, mais les Pères de l'Eglise n'ont jamais pensé à remettre en question la réception habituelle de le Sainte Communion dans les Canons, ni d'exclure les fidèles qui sont malades de prier dans la même église que les bien portants. Les maladies et la mort, selon l'apôtre Paul, ne peuvent être transmis par la Sainte Communion qu'à ceux qui reçoivent indignement dans un état de péché, mais il n'y a pas d'exemple que cela pourrait être le moyen de transmission d'une personne à l'autre. Pour cette raison, il n'y a pas lieu d'opérer des changements dans la Divine Liturgie, les changements ne devraient même pas être envisagés.

Il est vrai que certaines églises papales et protestantes, ont imposé des changements comme précautions contre les germes de transmission. Pour les orthodoxes cependant, c'est là un acte d'incrédulité dans les énergies divines de l'Esprit Saint, qui transforme le pain et le vin en "remède d'immortalité". Nier le pouvoir et les œuvres de l'Esprit Saint, n'est-ce pas ce qui est considéré comme un blasphème contre l'Esprit Saint (Marc 3:29)?

L'île de Psara

Aujourd'hui avec la fête commémorant la découverte du crâne miraculeux de Saint Matrona de Chios, ainsi que le débat actuel qui a lieu aujourd'hui en Grèce et partout dans le monde orthodoxe quant à la possibilité que des germes et des maladies puissent être transmis par la réception commune de la Sainte Eucharistie, j'ai pensé que le miracle suivant était approprié pour mettre un terme à de telles aberrations.

Saint Matrona de Chios est très vénérée, sur sa petite île voisine de Psara, avec ses habitants, au nombre de 400 environ et plus de 60 églises. Il y a une icône miraculeuse de sainte Matrona qui a fait beaucoup de miracles pour les fidèles. Il y a aussi une petite chapelle dédiée à la Sainte dans Psara dans une zone connue sous le nom de Sainte Kioura (autre nom de sainte Matrona). Près de cette chapelle, il y avait autrefois un monastère dédié à sainte Matrona dans une zone connue sous le nom de Fidolakkos (ou Φιδόλακκος, qui signifie "La fosse aux serpents"). Comme son nom l'indique, il y avait beaucoup de serpents à cet endroit.

Icône miraculeuse de saint Matrona dans Psara

Au cours d'une Divine Liturgie dans ce monastère, un petit serpent est tombé du plafond dans le calice de la Sainte Communion après sa consécration. Le prêtre vit cela et se demandait désespérément ce qu'il devait faire. Il ne pouvait pas laisser le serpent s'en aller parce qu'il était couvert de sang du Christ. Il s'est enhardi et a mangé le serpent. La grâce des Dons Divins a permis que rien n'arrive au prêtre. Toutefois, après cela, il voulut s'assurer que cela n'arriverait jamais à nouveau. Il a donc prié avec ferveur le Seigneur pour que tous les serpents disparaissent de Fidolakkos et de l'île. Le résultat est que depuis, pas un seul serpent n'a été vu sur l'île.

La chapelle de sainte Kioura à Psara

Cette histoire est bien connue des 400 habitants de Psara. Les étrangers aiment tester ce récit, donc quand ils apportent des serpents des îles voisines et les relâchent sur Psara, ils meurent toujours après avoir fait 3 ou 4 mètres. Beaucoup de gens prennent de la terre de Fidolakkos et la ramènent à leur domicile ou partout où il y a un problème avec les serpents, et étalent cette terre... et le miracle se transfère également à cette région!

Pour conclure, ce sont les germes et la grippe qui sont menacés par la Sainte Communion et non pas la sainte communion par les germes et la grippe!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Vignette de tête d'article:

lundi 7 septembre 2009

Frank Schaeffer: Nous avons besoin de saints!



Ce dont nous avons vraiment besoin, c'est de sainteté. Nous avons besoin de moines et de moniales de la trempe des nouveaux martyrs de Russie, comme sainte Elisabeth ( La Grande-Duchesse Elisabeth).

Nous devons observer les jeûnes et les vigiles du mieux que nous le pouvons. Nous avons besoin de tenir notre règle de prière du mieux que nous le pouvons. Nous devons fréquemment aller à la confession et recevoir l'Eucharistie. Nous devons faire des pèlerinages aux lieux saints. Nous avons besoin de prêtres courageux qui blâmeront le mal moral et garderont les sacrements de l'Eglise de la profanation. Nous avons besoin d'évêques qui défendront la Vérité.

Autrement dit, nous avons besoin de la miséricorde, du salut, et du combat qui ont fait partie intégrante de la quête de l'Eglise historique depuis le début. Avant tout, nous avons besoin de comprendre que le salut ne vient que par ce combat, et que la miséricorde ne peut agir sans la repentance.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Frank Schaeffer
Letters to Father Aristotle
Regina Orthodox Press
USA
1995

dimanche 6 septembre 2009

Frank Schaeffer: La langue liturgique



Il est clair que la langue, et plus spécifiquement la langue des offices, doit être traitée avec la même révérence spirituelle avec laquelle devrait être traitée toute la création par ceux qui essaie de voir la réalité comme elle est, c'est-à-dire, qui essaient de voir les choses comme Dieu les voit.

Nous devrions refuser de défigurer la langue sacramentelle vue à travers les lunettes de l'utilitarisme réducteur, de même que nous refusons de défigurer les sacrements. A mon avis, les traducteurs orthodoxes qui consciemment ou inconsciemment se plient à la volonté de notre élite académique libérale, ne sont pas dignes qu'on leur donne la grande responsabilité de traduire les textes sacrés de l'Eglise Orthodoxe.

Version française Clasude Lopez-Ginisty
d'après
Frank Schaeffer
Letters to Father Aristotle
Regina Orthodox Press
USA
1995

vendredi 21 août 2009

Iconographie d'une synagogue et du plus ancien temple chrétien de Dura-Europos

Les chrétiens n'ont jamais douté que les temples chrétiens et les saintes icônes étaient utilisés depuis l'origine pour les offices, là où cela était possible, à cause des persécutions. Cependant les protestants, enseignent arbitrairement que ces choses ne sont arrivées que plus tard, à cause de "l'apostasie" de la foi. Cependant, les archéologues émettent constamment en lumière des découvertes des temps plus anciens qui indiquent l'utilisation des icônes et des temples par l'Église chrétienne des origines.

Quel que soit l'endroit où l'archéologue exhume le passé, il ne verra jamais des signes de protestantisme, mais la seule confirmation de l'Orthodoxie...

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Les faits que vous allez voir ci-dessous, ont une double signification:

1. Ils prouvent que l'Église chrétienne, même depuis son origine, n'était pas différente de l'Église orthodoxe d'aujourd'hui, avec ses temples, ses icônes et ses évêques et

2. ils prouvent que non seulement les chrétiens, mais MÊME LES JUIFS, comprenaient le terme "idole" dans son sens correct, qui est: "une représentation de Dieu". C'est pourquoi, à la fois les chrétiens et les juifs de la première ère chrétienne, avaient SEULEMENT des images (icônes) dans leurs lieux de culte.

Et en voici la preuve:

Doura Europos était une ville grecque, construite par Nicator le Séleucide sur la rive droite du fleuve Euphrate, près de Palmyre. Elle fut assiégée par Rome en 165 après Jésus-Christ et a été détruite par les Sassanides persans en 256 après Jésus-Christ. La plupart des édifices de la ville ont été découverts dans le sable, et ils étaient en parfait état. Parmi eux, il y a une synagogue de Judée ainsi que les plus anciens de tous les temples chrétiens, qui soit resté intact à ce jour.



Photo de la synagogue de Judée Dura Europos.
Les peintures murales datent de 235 après Jésus-Christ. Elle a été découverte en 1921.

Détail de la Synagogue. Scène tirée du Livre d'Esther.


La ressemblance avec l'hagiographie byzantine est remarquable. C'est naturel, puisque les formes d'art hellénistique étaient alors appliquées.


La plus ancienne de toutes les églises chrétiennes sont également conservées dans Doura Europos.
Des sections de l'iconographie peuvent être vues sur le mur. Face à l'entrée était l'autel surélevé, le "tablinum".
Les archéologues nous disent que c'était là que les célébrations avec l'évêque avaient lieu, sur cet autel. Elle remonte à 230-260 après Jésus-Christ.

En ce qui concerne le temple chrétien, Mme Despina Iosif (Docteur en Histoire à l'Université de Londres) dans le magazine "Historical Themes" (Revue n ° 30, Juin 2004, pages 8-19, dans son article intitulé "Un dilemme moral des proto-communautés chrétiennes"), a écrit le texte suivant:

«L'édifice avait été initialement construit au début du 3ème siècle, à proximité d'autres maisons et temples. Il ne s'agit pas toutefois d'une demeure simple et humble . Son propriétaire doit avoir été un membre riche et éminent de la communauté. En l'an 232/233, la maison a subi des modifications, avec l'intention d'utiliser une partie de celle-ci comme lieu de rencontre et maison de culte pour les chrétiens (domus ecclesiae). C'est le premier exemple d'un temple chrétien érigé au-dessus du sol que nous connaissions à ce jour. Les premiers chrétiens se rassemblaient dans des maisons privées avant le 3ème siècle après Jésus-Christ lorsque la construction d'édifices consacrés exclusivement à l'adoration chrétienne a commencé. Cette maison est d'un intérêt particulier pour la raison supplémentaire que sur une de ses murs sont gravés certaines représentations de trois soldats à cheval. Peut-être le propriétaire était-il un officier romain qui avait décidé de céder une partie de la maison aux chrétiens locaux, lui-même étant également chrétien. "

Nous espérons que le document ci-dessus permettra aux croyants protestants de réviser la conception erronée qu'ils soutiennent, qui est que l'Église du Christ a modifié la prétendue "simplicité" de culte qu'elle avait au début. Il convient également de les rendre plus prudents et moins blasphématoires, quand ils qualifient l'utilisation par les chrétiens des temples, des évêques et des saintes icônes d'idolâtrie". Nous venons ici de montrer ce qui a été la coutume chrétienne, depuis le début.

Surtout pour le dernier point, nous tenons également à renvoyer nos lecteurs à de nombreuses autres références en rapport avec ce sujet, dans d'autres articles que nous avons écrits:

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SOURCES D'INFORMATION SUR LES ICÔNES ET SUR DURA-EUROPOS

Université de Yale, "JUDAICA" COLLECTION AT STERLING MEMORIAL LIBRARY

http://www.library.yale.edu/exhibition/judaica/jcsml.2.html

HISTOIRE DE L'ARCHITECTURE OCCIDENTALE de l'Université de Pittsburgh

~ http://www.pitt.edu/ tokerism/0040/chrbyz.html

~ http://www.pitt.edu/ tokerism/0040/images4/ar.96.03629.jpg

FOIRE AUX QUESTIONS ORTHODOXES

http://www.philthompson.net/pages/icons/duraeuropos.html

# http://www.philthompson.net/pages/faq/14.html ici

http://www.philthompson.net/pages/faq/index.html

"HISTOIRE DE LA NATION HELLÉNIQUE", Par Ekdotiki, ATHINON PUBLISHERS, Volume 6 pages 316, 497-498.

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Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mercredi 24 décembre 2008

L'orthodoxie


L'Église orthodoxe n'a jamais suivi un chemin plat, ni accepté les conventions. L'Église orthodoxe n'a jamais été respectable. Il eût été plus facile d'accepter le pouvoir terrestre des Ariens. 
Il eût été plus facile, au XVIIe siècle calviniste, de tomber dans l'abîme sans fond de la prédestination. Il est facile d'être fou; il est facile d'être hérétique. Il est toujours facile de laisser une époque en faire à sa tête. Ce qui est difficile c'est de garder la sienne. Il est toujours facile d'être moderniste; comme il est facile d'être snob. Tomber dans l'une ou l'autre de ces trappes béantes d'erreur et d'exagération qui mode après mode, secte après secte ont été placées sur le chemin historique de la chrétienté - cela eût été simple en vérité. 
Il est toujours simple de tomber; il y a une infinité d'angles de chutes, un seul angle droit. Tomber dans quelque fadaise, depuis le gnosticisme jusqu'à la Christian Science eût été en vérité facile et banal. Mais les avoir toutes évitées a été une aventure étourdissante. Il me semble voir le char céleste poursuivre son vol formidable à travers les siècles, les mornes hérésies prostrées et rampantes, la vérité farouche, chancelante, mais debout.

G.K Chesterton 
cité in Orthodoxie n°51, avril 1993
Photo: Cathédrale russe Sainte Barbara, Vevey, Suisse