"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 16 février 2014

Saint Païssi Velitchkovsky: La Providence de Dieu (R)



Преподобный Паисий Величковский


Et quand n'importe quel type de chagrin, des démons ou des hommes, vient sur nous, que ce soit une affliction ou un malheur, prions alors Dieu avec diligence. 

Demandons avec larmes, sans anxiété ni souci, comment nous pourrions être délivrés de cette épreuve, car il n'est nulle affliction qui ne vienne sur nous sans la Providence de Dieu.

Aimons alors la voie étroite et difficile de la vie d'afflictions, car cette voie étroite et pénible conduit au Royaume des Cieux.

Donc, ne fuyons pas les dangers, les malheurs, les nécessités et les afflictions, mais endurons virilement tout ce qui est pénible, difficile et déplaisant, jusques au moment où nous recevrons l'aide divine. 

Il sied à un ascète, à un saint de Dieu d'être fort en toute affliction, de placer son cœur comme sur une terre ferme, et de ne pas être faible comme l'eau. 

La vie qui tourne comme une roue est inconstante et désordonnée. Quelquefois il y a pour l'homme la prospérité, quelque honneur aussi, mais n'attache pas ton cœur à cela. 

Quelquefois il y a la persécution des hommes, ne sois pas affligé alors. 

Quelquefois les démons attaquent par les afflictions et les passions, n'en sois pas triste non plus.

Tout ceci nous arrive et cela est permis par Dieu pour notre salut. Et cela disparaît à nouveau, comme Sa grâce l'ordonne, afin et de nous châtier, et de nous faire miséricorde. 

A Lui est la gloire, et maintenant et toujours et aux siècles des siècles. 
Amen!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après Saint Païssi Velitchkovsky
in Little Russian Philokalia
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA
1994

Haïjin Pravoslave (CCLXXXVI)


N’appelle jamais
Renoncement l’apathie
Qui te paralyse


上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX


2/15 février
FÊTE DE LA RENCONTRE DU SEIGNEUR


FÊTE DE LA RENCONTRE DE NOTRE SEIGNEUR[1]
L
orsque les quarante jours prescrits par la Loi de Moïse pour la purification de la mère d’un nouveau-né furent accomplis (cf. Lv XII, 2-4), la Toute Sainte Mère de Dieu et saint Joseph amenèrent l’Enfant Jésus à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, car tout garçon premier-né, appartenant de droit au Seigneur (Ex XIII, 15), devait Lui être consacré au Temple et être, en quelque sorte, échangé contre l’offrande en sacrifice d’un agneau d’un an ou, pour les familles pauvres, d’un couple de tourterelles et de deux colombes (Lv XII, 8). Le Seigneur du ciel et de la terre, et le Législateur de son peuple Israël, Lui qui n’est pas venu pour abolir la Loi mais pour l’accomplir (Mt V, 17), ayant pris sur Lui notre nature mortelle depuis la désobéissance, la restaure dès sa venue au monde en se faisant obéissant à tous les préceptes de la Loi. Source de toutes les richesses et de toutes les grâces, Il se fait le plus humble et le plus pauvre d’entre nous. Il se soumet à la Loi qu’Il nous a donnée et que, nous hommes, n’avons cessé de transgresser, nous montrant ainsi que l’obéissance est la voie de la réconciliation avec Dieu. Bien que ni Lui ni sa Mère immaculée n’eussent besoin de purification, après avoir soumis sa chair à la circoncision le huitième jour, Il attendit encore à Bethléem l’écoulement de la durée légale afin de présenter dans le Temple de Sa gloire ce corps qu’Il a assumé pour devenir le nouveau Temple parfait de Sa divinité. Lui, le Dieu inaccessible et incompréhensible accepte d’être échangé contre l’offrande des pauvres : les colombes et les tourterelles, symboles de la pureté, de la paix et de l’innocence que le Sauveur Ami des hommes est venu nous apporter.

Parvenus dans le Temple, ils furent accueillis, dit-on, par le grand prêtre Zacharie, le père de saint Jean le Précurseur, qui plaça de manière inattendue la Mère de Dieu dans l’emplacement réservé aux vierges. À ce moment-là arriva dans le Temple un homme du nom de Syméon. Juste et pieux observateur de tous les commandements de Dieu, il avait attendu depuis de longues années la réalisation de la prophétie que l’Esprit Saint lui avait inspirée : c’est-à-dire qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Christ Seigneur. Ce vieillard, qui figurait l’attente d’Israël, tendit alors ses bras, les mains couvertes des plis de son manteau, pour recevoir le Sauveur comme sur un trône de chérubins. Il bénit Dieu et dit : « Maintenant, ô Maître Souverain, Tu peux laisser Ton serviteur s’en aller en paix selon ta parole, car mes yeux ont vu Ton salut » (Lc II, 9). L’Alliance d’Israël, devenue caduque à l’apparition du Christ, et la Loi obscure demandaient par lui à se retirer devant la lumière de la grâce. Ce vieillard, voyant et touchant le Sauveur qui avait été annoncé et préparé par les Justes et les Prophètes depuis tant de siècles, pouvait demander à Dieu en toute confiance d’être désormais délivré des liens de la chair et de la corruption pour laisser la place à la jeunesse éternelle de l’Église. Il annonçait ainsi solennellement l’abolissement des figures et prononçait l’ultime prophétie concernant le Sauveur, en prédisant à sa Mère que sa Passion et sa vivifiante Résurrection seraient un signe de contradiction, et qu’elles amèneraient la chute des impies et le relèvement de ceux qui croiront en Lui.

Une femme nommée Anne, de la tribu d’Aser, — qui était fort avancée en âge et était connue de tous ceux qui fréquentaient le Temple : car, restée veuve après sept ans de mariage, elle y servait Dieu continuellement en attendant la venue du Messie dans le jeûne et la prière — s’avança alors elle aussi vers l’Enfant et se mit à louer Dieu, annonçant à tous la délivrance d’Israël.

En entendant de telles révélations et furieux de voir Marie placée parmi les vierges par le grand prêtre, les pharisiens présents dans le Temple allèrent rapporter les faits au roi Hérode. Celui-ci comprit que cet enfant devait être le nouveau roi dont lui avaient parlé les Mages qui avaient suivi l’étoile depuis l’Orient, et il envoya aussitôt des soldats pour Le tuer. Mais prévenus à temps, Joseph et Marie s’enfuirent alors de la cité et allèrent se réfugier en Égypte, guidés par un ange de Dieu. Ce n’est que deux ans plus tard, rapporte la tradition, qu’ils retournèrent à Nazareth en Galilée. Et l’Enfant-Dieu grandit alors paisiblement, en attendant le moment propice pour commencer son ministère public.


Cette fête de la sainte Rencontre du Seigneur, appelée aussi Purification de la Mère de Dieu (ou Chandeleur) en Occident, était connue dès le ive siècle à Jérusalem — où elle était célébrée le 14 février afin de coïncider avec le quarantième jour depuis la Nativité qui était alors célébrée le 6 janvier. Elle a été introduite à Constantinople par l’empereur Justinien, en 542, et a été alors rangée parmi les fêtes du Seigneur.

Tropaire de la Ste Rencontre, ton 1
Ра́дуйся, Благода́тная Богоро́дице Дѣ́во, и́зъ Тебе́ бо возсiя́ Со́лнце пра́вды, Христо́съ Бо́гъ на́шъ, просвѣща́яй су́щыя во тьмѣ́. Весели́ся и ты́, ста́рче пра́ведный, прiе́мый во объя́тiя Свободи́теля ду́шъ на́шихъ, да́рующаго на́мъ воскресе́нiе.
Réjouis-toi, ô Pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, illuminant ceux qui sont dans les ténèbres. Sois aussi dans l’allégresse, juste vieillard, qui as reçu sur tes bras Celui qui libère nos âmes et nous donne la Résurrection.

Kondakion de la fête de la Ste Rencontre, ton 1

Утро́бу Дѣви́чу ocвяти́вый Poждество́мъ Tвои́мъ и pу́це Cѵмео́нѣ благослови́вый я́коже подоба́ше, предвари́въ и ны́нѣ спа́слъ ecи́ на́cъ, Христé Бо́же, но yмири́ во бранѣ́xъ жи́тельство и yкрѣпи́ пpaвосла́вныя хpистіа́ны, и́xже возлюби́лъ ecи́, еди́не человѣколю́бче.
O Toi qui as sanctifié par Ta naissance le sein virginal et qui as béni, comme il le fallait, les bras de Siméon, Tu es venu, Christ Dieu, nous sauver en ce jour. Dans ses guerres, donne la paix à Ta cité et affermis les chrétiens orthodoxes que Tu as aimés, Toi seul Ami des hommes.



Au lieu de « Il est digne en vérité », ton 3

Богopóдицe Дѣ́вo, упова́нie xpиcтiáномъ, покры́й,  coблюди́ и спаси́ на́ Тя́ упова́ющихъ. Въ зако́нъ cѣ́ни и пиcáній о́бpaзъ ви́димъ вѣ́pніи : вcя́къ му́жескiй по́лъ, ложесна́  paзверза́я, cвя́тъ Бо́гу ; тѣ́мъ Пepвоpoжде́нное Cло́во Отца́ безнача́льна, Cы́на пepвоpoдя́щася Maтépiю неискоcyмýжно, величáeмъ.
Mère de Dieu, espérance de tous les chrétiens, abrite, protège et garde ceux qui espèrent en toi. Dans la Loi, nous découvrons, nous, fidèles, sous l’obscurité de la lettre, une figure : tout mâle premier-né est consacré à Dieu. C’est pourquoi nous magnifions le Verbe Premier-né, Fils du Père Éternel, Premier-né de la Vierge Mère.


AU SUJET DE LA FÊTE DE LA RENCONTRE DU SEIGNEUR

Lors de la Rencontre, le Seigneur est entouré, d’une part, de la justice qui attend le salut non de celle-ci même – Siméon - et  la vie stricte dans le jeûne et les prières renforcée par la foi – Anne - d’autre part, la pureté substantielle, intégrale et inébranlable – la Vierge Mère de Dieu, et la soumission humble, silencieuse à la volonté de Dieu – Joseph le Fiancé. Transpose toutes ces dispositions spirituelles dans ton cœur et tu rencontreras le Seigneur. Il ne te sera pas apporté, mais Il viendra Lui-même en toi, et Tu Le recevras dans les bras de ton cœur, chantant le cantique qui traversera les cieux et réjouira tous les anges et les saints.


Saint Théophane le Reclus


[1] Tiré du Synaxaire du P. Macaire de Simonos Petras 

samedi 15 février 2014

Vie de saint Patrocle, Ermite.


Image de pèlerinage provenant d'une plaque de cuivre du XVIIIè siècle

19 novembre/2 décembre

Saint Patrocle (Patroclus), habitant du territoire du Berry, fils d’Æthérius, fut destiné, âgé de dix ans, à garder les troupeaux, tandis qu’Antoine son frère était destiné à l’étude des lettres. Ils n’étaient point nobles, mais ils étaient libres. 
Antoine ayant un jour témoigné son dédain à son frère un certain jour qu’ils venaient ensemble, l’un des écoles, l’autre des champs, prendre à midi leur repas dans la maison paternelle, et l’ayant appelé paysan tandis que lui s’adonnait au noble exercice des lettres, Patrocle abandonna pour les lettres ses brebis et devança bientôt tous les autres. 
De là, il passa, par un acte de recommandation, chez Nunnion, personnage puissant auprès de Childebert, roi des Parisiens (+ 558), pour y remplir un office. 
De retour auprès de sa mère qui lui apprit que son père était mort, au lieu de se marier comme elle le désirait, il alla trouver Arcade, évêque de Bourges, pour le prier de le tonsurer et de le recevoir parmi ses clercs. 

Il se fit remarquer par sa piété et devint diacre; mais ayant soif de solitude orante, il quitta Bourges et alla au bourg de Néris (Neerensem vicum), où il construisit un oratoire et se mit à enseigner les lettres aux enfants. 

Ne trouvant pas encore la solitude qu’il désirait, car les malades et les possédés venaient se faire guérir par ses prières, il plaça sur l’autel de son oratoire certains écrits qu’il avait faits pour savoir ce que Dieu lui ordonnerait. Après qu’il eut veillé et prié pendant trois nuits, le Seigneur lui indiqua de prendre celui de ces écrits d’après lequel il devait partir pour le désert (c'est-à-dire en solitude). 

En conséquence il transforma son habitation en monastère de moniales, ne prit avec lui qu’une charrue et une hache à deux tranchants, et il alla se construire une cellule au fond des forêts au lieu appelé Mediocantus (vraisemblablement La Celle à 6 km de Colombier). 

Là il guérissait les possédés, et un jour qu’il avait découvert l’œuvre du Diable, dans des objets remis à une femme nommée Leubella comme protection contre la peste, le noir instigateur de nos maux lui apparut.

Patrocle bâtit le monastère de Colombier, à cinq milles de la cellule qu’il habitait dans le désert, et dans laquelle il mourut âgé de 80 ans, le 19 novembre/2 décembre 576, après y avoir passé dix-huit ans et manifesté par toute son existence la sainteté de la vie en Christ. 

L’archiprêtre de Néris œuvra vainement pour faire apporter les reliques du saint ermite dans son bourg, car ce fut à Colombier qu’on l’enterra. 

A son tombeau, Prudence et une autre jeune fille aveugle du pays de Limoges recouvrèrent la vue, Maxonidius aussi, après cinq ans de cécité. Y furent aussi guéris les possédés Loup, Théodulphe, Rucco, Scopilia, Nectariola et Tacihildis, avec deux jeunes filles du Limousin qu’on oignit d’huile bénie par le saint. 

Et tous les jours le Seigneur manifeste Sa Grâce par son intercession 


(d'après saint Grégoire de Tours)


Saint Patrocle prie Dieu pour nous!




Fontaine Saint Patrocle à Colombier

Reliquaire de saint Patrocle

Une vie de saint Patrocle plus longue ( tirée des Petits Bollandistes) se trouve sur le site de Père Cassien.