"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

lundi 10 février 2014

Aux lectrices/lecteurs du blog


File:Письмо Сокову Л. А. от Щукарева С. А..jpg

Chers lectrices/lecteurs,

Je reçois quelquefois des questions de la part des lectrices/lecteurs. Très souvent, elles ne comportent pas d'adresse électronique où je pourrais envoyer une réponse. 

Je ne puis y répondre sur le blog, car d'une part je ne veux pas que celui-ci devienne un forum de discussion dans lequel je devrais jouer le rôle d'arbitre ou de modérateur (la forme du forum est certes tout à fait intéressante [voir http://www.forum-orthodoxe.com/], mais ce n'est pas celle choisie par ce blog); d'autre part, ce que je puis répondre, ne sera jamais que mon opinion personnelle par rapport à la Tradition telle que je la comprends et la vis. 

Je vous serais donc reconnaissant, lorsque vous me posez des questions auxquelles vous voulez que je réponde, de m'indiquer une adresse mail personnelle que j'utiliserai uniquement dans ce cadre de réponse. 

Merci!

C.L.-G.

P.S.: Je répondrai volontiers à toutes les questions récentes de SAN DP et de M.P.


Sur orthodoxie.com: Le métropolite de Volokolamsk, au sujet des déclarations du métropolite de Prousse (Patriarcat œcuménique) Elpidophore : « J’espère qu’il s’agit seulement d’une opinion personnelle »



Nous publions ci-dessous l’interview donnée par le président du département des affaires ecclésiastiques de l’Église orthodoxe russe, le métropolite Hilarion, au sujet des récentes déclarations des métropolites de Chalcédoine Athanase et de Prousse Elpidophore (Patriarcat oecuménique) :
Votre Éminence, à la fin de l’année dernière, une agence d’information grecque a publié l’interview d’un hiérarque du Patriarcat de Constantinople, le métropolite de Chalcédoine Athanase, dans laquelle il accusait le Patriarcat de Moscou, entre autres, de saboter le concile panorthodoxe. Et un autre hiérarque de la même Église, le métropolite de Prousse Elpidophore, dans un article publié récemment sous le titre « Le premier sans égaux », affirme que l’Église russe «encore une fois, a choisi de s’isoler… de la communion des Églises orthodoxes ». Comment commentez-vous ces accusations ?
Y a-t-il encore une autre Église orthodoxe locale qui a entretenu des contacts aussi intensifs avec les autres Églises locales que l’Église russe ? Sa Sainteté le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille, au cours de la seule année passée, a célébré des offices communs et eu des conversations fraternelles avec les primats de treize Églises orthodoxes locales (c’est-à-dire avec toutes, à une seule exception) et ce, avec certains d’entre eux, à plusieurs reprises. Des échanges de délégations se produisent fort activement au niveau des hiérarques, des théologiens, des clercs et des laïcs. Si l’on parle encore des contacts panorthodoxes, le concile panorthodoxe est en préparation depuis plus de cinquante ans, et l’Église orthodoxe russe, a dès le début et jusqu’à ce jour, pris une part dynamique et active à ses travaux préparatoires. Qui plus est, le Patriarcat de Moscou, en attribuant au futur concile une grande importance, étudie attentivement tous les thèmes qui y sont soulevés. Quant aux méthodes des travaux préparatifs, qui ont été utilisées au niveau panorthodoxe jusqu’à maintenant, elles se sont avérées insuffisamment efficaces ; c’est là une autre chose. C’est pourquoi la préparation a tant traîné. Je pense que pour activer le processus panorthodoxe, il est avant tout nécessaire de créer un organe panorthodoxe efficace, apte à mener cette entreprise jusqu’à la fin. Si un but si important se présente à nous, il faut alors que nous nous réunissions, pour les travaux préparatoires, non pas une fois en quelques années, mais disons, sur une base mensuelle.
Le thème du concile panorthodoxe est-il discuté au niveau des primats des Églises orthodoxes ?
Le thème du concile est immanquablement présent dans les questions que Sa Sainteté le patriarche Cyrille soulève dans ses conversations avec les primats des Églises orthodoxes au cours de toutes ces dernières années. En partie, ce thème a été discuté activement lors des rencontres des primats au cours des fêtes du 1025e anniversaire du baptême de la Russie à la fin du mois de juillet 2013. Dans la conversation de leurs saintetés les patriarches Bartholomée de Constantinople et Cyrille de Moscou et de toute la Russie, qui s’est déroulée au Monténégro au début d’octobre, beaucoup d’attention a été donnée à la question de la préparation du concile panorthodoxe. Le même thème a été central dans les entretiens du primat de l’Église orthodoxe russe avec Sa Béatitude le patriarche d’Antioche Jean au cours de la visite de courtoisie que ce dernier a effectuée sur le territoire du Patriarcat de Moscou. Récemment, Sa Sainteté le patriarche de Constantinople Bartholomée a envoyé aux primats des Églises locales orthodoxes une invitation à la réunion (synaxe) des primats, dont l’un des thèmes principaux doit être la préparation du concile panorthodoxe.
Comment commentez-vous les reproches du métropolite Athanase à l’adresse du Patriarcat de Moscou quant à « des tendances hégémoniques avec le soutien de l’État et de satellites (Tchéquie, Pologne etc.) » ?
Il est difficile de commenter cette affirmation étant donné qu’elle n’est étayée par aucun argument. La coopération de l’Église orthodoxe russe avec les structures gouvernementales de Russie, d’Ukraine, de Biélorusse et des autres pays dont elle a la charge, est réalisée dans les domaines du travail social, de l’éducation culturelle et spirituelle des générations montantes, de la desserte pastorale des militaires et des prisonniers, de la conservation des monuments historiques etc. C’est de Byzance que nous avons reçu la tradition de la coopération de l’Église et de l’État, de l’aspiration à la « symphonie » des autorités ecclésiale et gouvernementale. En ce qui concerne les relations avec les Églises locales orthodoxes sœurs, l’Église russe les soutient de manière absolument indépendante, défendant avec conséquence le droit de chaque Église autocéphale, indépendamment de sa taille, à son auto-administration interne complète. Il faut ajouter à cela que la terminologie adoptée sans fondement par Mgr Athanase dans son appréciation des relations inter-orthodoxes, appartient entièrement au dictionnaire politique de l’époque de la « guerre froide ». Or, dans le monde politique également, des sérieux changements se sont produits : le bloc des pays du Traité de Varsovie, de même que la division de l’Europe en deux camps hostiles, ce qui n’existe plus depuis longtemps.
À quel point est justifiée l’appréciation donnée par le métropolite Athanase sur le système administratif orthodoxe, le qualifiant de « tendant au protestantisme » ?
Pourquoi sommes-nous astreints à penser exclusivement dans le cadre d’une opposition binaire « catholicisme-protestantisme » ? Le système existant d’administration et de direction de l’Église orthodoxe correspond à l’ecclésiologie orthodoxe et permet d’éviter les extrêmes, tant du système catholique (papisme) que du système protestant. À mon avis, il nous faudrait réfléchir non pas à un système d’administration dans l’orthodoxie mondiale, mais sur ce que doit être notre réaction commune aux problèmes essentiels : en partie, à la menace qui pèse sur la présence chrétienne en Syrie et dans la région du Moyen-Orient, à la nécessité de la consolidation des efforts dans la lutte pour les normes morales évangéliques. L’autonomie administrative des Églises autocéphales ne gêne en rien cela.
Comment commenteriez-vous l’affirmation dans l’article susmentionné du métropolite Elpidophore, selon laquelle le premier parmi les primats des Églises orthodoxes autocéphales dispose de pouvoirs exceptionnels, le faisant « premier sans égaux » (« primus sine paribus »), l’Église étant « toujours en-hypostasiée dans la personne », et le primat ne recevant de personne sa primauté, mais étant au contraire sa source ?
Cette opinion, à mon avis, se démarque de la tradition orthodoxe séculaire. Elle ignore les résultats d’une polémique presque millénaire avec l’Occident latin, et s’approche de façon maximale d’un type d’ecclésiologique papiste. Sans parler des grands problèmes dans les relations inter-orthodoxes que peuvent engendrer de telles affirmations, je dirais que de tels propos créent des obstacles sérieux au développement ultérieur du dialogue orthodoxe-catholique : la position du côté orthodoxe est présentée de telle façon par le métropolite de Prousse qu’il ne resterait soi-disant presqu’aucune différence entre les doctrines orthodoxe et catholique-romaine sur l’Église. J’espère qu’il s’agit seulement d’une opinion personnelle de Mgr Elpidophore, et non pas de la position commune de la hiérarchie de l’Église de Constantinople.
Source: Patriarcat de Moscou, traduit du russe pour Orthodoxie.com

Haïjin Pravoslave (CCLXXXII)


Dieu n’est pas enclos
Dans la piètre connaissance
Que tu as de Lui


上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

dimanche 9 février 2014

Saint Grégoire de Tours: De la gloire des confesseurs (II)




XXI. Dans le pays de Tours, à Maillé [devenu Luynes au XVIIe siècle], monastère bâti sur le haut d’une montagne et entouré d’anciens édifices détruits, on découvrit par l’intervention divine le tombeau de saint Solenne [évêque de Chartres (+ 490)]. Lithoméris, homme de cette contrée, vint avec un seul serviteur y porter des cierges et s’y guérit de la fièvre quarte.

XXII. Maxime (saint Mesme), après avoir été religieux à l’abbaye de Sainte-Barbe de Lyon [ Premier monastère des Gaules], vint au château de Chinon, dans le territoire de Tours, et y établit un monastère. Un jour cette forteresse, où le peuple de la contrée s’était renfermé étant assiégée par Égide, l’ennemi acharné bouche un puits creusé sur le flanc de la montagne et qui fournissait à boire aux assiégés. Par ses prières le saint obtint du ciel une pluie abondante dont ceux-ci profitèrent pour remplir d’eau tous les vases qu’ils possédaient, et l’ennemi dut se retirer. Un enfant et une jeune fille, tous deux serfs de l’église de Tours, guérirent de la fièvre au tombeau de ce saint. Lorsque nous eûmes connaissance de ces faits, nous cédâmes le garçon au monastère de Maxime après l’avoir tonsuré et nous ordonnâmes que la jeune fille, changeant son vêtement, fût reçue dans une communauté de moniales, afin qu’ils servissent Dieu.

XXIII. Non loin de là repose un vénérable prêtre nommé Jean, Breton de nation, qui pendant sa vie se tenait dans une étroite cellule en face de l’église de Chinon, à l’ombre de lauriers qu’il avait plantés et dont on a reconnu la secrète vertu.

XXIV. A Tours mourut (en 570) la bienheureuse Monegonde, née dans le pays chartrain, qui pendant sa vie guérissait les ulcères avec les feuilles de quelque légume ou de quelque fruit qu’elle humectait de sa salive en faisant le signe de la croix. La servante de Probatus, archidiacre de Grégoire de Tours, guérie de la fièvre au tombeau de cette pieuse femme.

XXV. Après quatre jours de prières au tombeau de l’abbé Sénoch (à Tours), Nantolf, jeune esclave, recouvre la vue, dont il était privé.



XXVI. De saint Siméon à la colonne, dans le pays d’Antioche.

XXVII. Saint Martial, envoyé par les évêques de Rome (vers 250), commença à prêcher dans la ville de Limoges. Auprès de sa sépulture sont enterrés deux prêtres qu’il avait amenés avec lui et dont les tombeaux furent une fois miraculeusement changés de place.

XXVIII. Jeune fille percluse d’une main et guérie au tombeau de saint Martial.

XXIX. Un homme, devenu muet pour avoir proféré un mensonge dans l’église, reprend la parole au tombeau de saint Martial.



XXX. Saint Stremonius (Austremoine), compagnon de saint Gatien et apôtre de Clermont. Son tombeau est au bourg d’Issoire (Iciodorus) où Cautinus alors diacre (et depuis évêque), chargé de gouverner l’église du lieu, s’aperçut que ce tombeau était sanctifié par des miracles.

XXXI. Un prêtre qui voyageait seul en Auvergne ayant obtenu l’hospitalité dans la chaumière d’un pauvre homme de la Limagne (pauperis Limanici) bénit, au matin, le pain que son hôte emportait pour aller à son travail. Ce pain le préserva d’être noyé en traversant avec sa voiture et ses bœufs un pont de bateaux.

XXXII. Légende des deux amants développée plus tard par Grégoire dans son Hist. (liv. I).



XXXIII. Amabilis [Amable], prêtre du bourg de Riom et d’une sainteté admirable, avait le pouvoir de commander aux serpents. Le duc Victorius ayant dédaigné de prier à son tombeau, lui et son cheval semblaient être devenus de bronze et il fut obligé d’y faire sa prière.

XXXIV. Dans la même ville une pieuse femme nommée Georgia (sainte George) étant morte, une bande de colombes suivit, en volant, son convoi.

XXXV. Dans la basilique de saint Vénérand, située près celle de saint Illidius, on remarque une chapelle voûtée où se trouvent un grand nombre de tombeaux sculptés parmi lesquels on reconnaît ceux qui sont chrétiens à ce que leurs sculptures représentent des miracles du Seigneur et des apôtres. 
A l’époque où Georgius, citoyen du Velay, devint comte de Clermont, une partie de cette voûte tomba et mit en pièces le couvercle de l’un des sarcophages. On y vit couchée une jeune fille parfaitement intacte. Son visage, ses mains, tous ses membres étaient entiers et sa chevelure était fort longue; je crois il est vrai qu’elle avait été embaumée avec des aromates… Quelques-uns disaient qu’on avait trouvé autour d’elle des anneaux et des chaînes d’or; mais on ne put savoir ni sa naissance, ni son nom. Ce pauvre corps ayant gît ainsi découvert pendant une année, la femme du comte tomba malade el fut avertie en songe qu’elle ne recouvrerait la santé qu’après avoir fait fermer ce tombeau par une pierre; ce qu’elle fit.

XXXVI. Tombeaux de sainte Galla, du pieux Alexandre que les malades ont si souvent gratté pour en tirer un remède à leurs maux que la pierre est perforée, et du bienheureux martyr Liminius (Saint Linguin).

XXXVII. Tombeaux des évêques saint Vénérand et saint Népotien où les fiévreux obtiennent souvent leur guérison.

XXXVIII. Miracle manifesté sur la personne d’un moine qui se retirait à l’écart pour prier avec plus de ferveur.

XXXIX. Feu mystique qui s’échappe des reliques des saints et qui ne brûle pas [voir Gloire des confesseurs XX]. L’abbé Brachion l’a vu sur les reliques de saint Martin.

XL. Grégoire enfant, ayant son père malade, voit en songe un personnage qui lui dit : As-tu là le livre de Josué? A quoi il répondit : Je n’ai rien appris en littérature que les lettres de l’alphabet et dans ce moment même je suis péniblement retenu à cette étude. J’ignore entièrement l’existence de ce livre. — Va, répondit le personnage, qu’on fasse une petite baguette de bois sur laquelle on puisse mettre ce nom, et après qu’on l’aura écrit avec de l’encre, place-le sous le chevet où repose la tête de ton père. Le matin venu je fis part à ma mère de ce que j’avais vu, continue Grégoire; elle ordonna que les prescriptions du songe fussent remplies et dès que je m’en fus acquitté mon père se remit de sa maladie. L’année suivante le père étant retombé malade fut encore guéri par le moyen d’un songe de son fils.


in Livre Septième
traduction de H. Bordier
publié à Paris
1859-1862
(Nous avons quelquefois modernisé l'orthographe 
et précisé certains points du document. C.L.-G.)
*

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX


27 janvier / 9 février
Dimanche du Pharisien et du Publicain
Synaxe des nouveaux martyrs et confesseurs de Russie
Transfert des reliques de saint Jean Chrysostome (438) ; Saint Pierre d’Égypte (400) ; Néomartyr Démètre de Constantinople (1784).

Lectures : II Cor. VI, 16-17 – VII,1 ; Rom. VIII, 28-39 ; Matth. XV, 21-28 ; Lc. XXI, 12-19

VIE DU SAINT HIÉROMARTYR VLADIMIR DE KIEV[1]

L
e saint métropolite Vladimir de Kiev, premier des nouveaux martyrs de l’Église russe, naquit en 1848, dans le diocèse de Tambov, au sein d’une famille sacerdotale. Prêtre marié, il perdit son épouse et son jeune fils après quatre années de sacerdoce, et il entra alors au monastère de Kozlov. En 1888, il fut consacré évêque de Staraïa-Roussa, dans le diocèse de Novgorod et, trois ans plus tard, fut transféré, au plus fort d’une épidémie de choléra, à Samara où il consacra toutes ses forces au soulagement du peuple éprouvé. Puis il travailla, pendant six ans, à l’instruction spirituelle des peuples orthodoxes du Caucase, fondant de nombreuses églises et écoles ecclésiastiques. Son élection comme métropolite de Moscou, en 1898, marqua un renouveau dans la vie ecclésiastique du diocèse. Il montrait un intérêt tout particulier pour la formation des prêtres, qu’il choisissait judicieusement, et pour l’enseignement des ouvriers d’usine, à l’intention desquels il organisait des conférences spirituelles. Il aidait aussi les moines de la Laure de Saint-Serge, et fut à cette époque le père spirituel de la grande-duchesse sainte Élisabeth. En 1912, il fut nommé métropolite de Saint-Pétersbourg et président du Saint-Synode. Mais sa résistance courageuse à l’ingérence de l’imposteur Raspoutine dans les affaires de l’Église, provoqua sa disgrâce, et il fut transféré à Kiev, au bout de trois ans. La Révolution d’Octobre ébranla la vie ecclésiastique en Ukraine, comme dans toute la Russie, et l’on tenta d’y fonder une église nationale, ne reconnaissant pas le métropolite Vladimir qui s’était réfugié au monastère des Grottes. Au début 1918, alors que la guerre civile avait atteint Kiev, le métropolite continuait à célébrer la Divine Liturgie en plein bombardement. Le 25 janvier, Kiev étant occupée par les bolcheviques, un détachement de cinq hommes armés se présenta au monastère qui avait été pillé quelques jours plus tôt, et appréhenda le métropolite. Le saint les suivit, en pleine nuit, chantant et priant, aussi calmement que lorsqu’il se préparait à célébrer la Divine Liturgie. Lorsqu’ils parvinrent au lieu de l’exécution, il bénit ses bourreaux et dit : « Que Dieu vous pardonne ! » avant de tomber fusillé.

Tropaire du dimanche du 8ème ton
Съ высоты́ снизше́лъ еси́, Благоyтбне, погребе́нiе прiя́лъ ecи́ тридне́вное, да на́съ свободи́ши страсте́й, животе́ и воскресе́нiе на́ше, Го́споди, сла́ва Teбѣ́ !
Des hauteurs, Tu es descendu, ô Miséricordieux ! Tu as accepté d’être enseveli trois jours afin de nous libérer des passions : ô notre Vie et notre Résurrection, Seigneur, gloire à Toi !
Tropaire des Nouveaux Martyrs, ton 4
Цвѣ́ти россі́йского лу́га духо́внаго, въ годи́ну лю́тыхъ гоне́ній ди́вно процвѣ́тшіи, Новому́ченицы и Исповѣ́дницы безчи́сленніи : cвяти́теліе, Цápcтвенніи cтрасто-те́рпцы и па́стыріе, мона́cи и мipcті́и, му́жіе, жены́ же и дѣ́ти, до́брый пло́дъ въ тepпѣ́ніи Xpиcту́ прине́сшіи, моли́теся Eму́, я́ко насади́телю ва́шему, да избáвитъ лю́ди своя́ отъ безбо́жныхъ и злы́хъ, да yтвержда́ется же Це́рковь ру́ccкая кровьми́ и cтрaда́нiи ва́шими во cпасе́нie дýшъ на́шихъ.
O fleurs du pré spirituel de la Russie, qui avez surgi admirablement au temps des amères persécutions, Nouveaux Martyrs et Confesseurs innombrables, vous qui avez souffert la passion : pontifes, souverains et pasteurs, moines et laïcs, hommes, femmes et enfants, vous qui avez apporté au Christ le bon fruit de votre patience, priez-Le comme votre divin Semeur afin qu’Il libère Son peuple des athées et des hommes mauvais, afin que s’affermisse l’Église Russe par votre sang et vos souffrances pour le salut de nos âmes.
Kondakion du dimanche, ton 8
Воскpécъ изъ гро́ба, уме́ршыя воздви́глъ ecи́ и Aда́ма воскреси́лъ ecи́, и Éва лику́етъ вo Tвое́мъ воскре-се́нiи, и мipcтíи концы́ торжеству́ютъ е́же изъ ме́ртвыхъ воста́нieмъ Tвои́мъ Mногоми́лостивe.
Ressuscité du tombeau, Tu as relevé les morts et ressuscité Adam ; Ève aussi exulte en Ta Résurrection, et les confins du monde célèbrent Ton réveil d’entre les morts, ô Très-miséricordieux !
Kondakion des martyrs et confesseurs de Russie, ton 2
Но́вiи cтрастоте́рпцы poccíйcтіи, исповѣ́днически по́прище земно́e пpeте́кшіи, cтpaда́ньми дepзнове́нie пріи́мши, моли́теся Xpиcту́, вácъ yкpѣпи́вшемy, да и мы́ егда́ на́йдетъ на ны́ испыта́нія ча́cъ, му́жеcтва дápъ Бо́жiй воспрiи́мемъ. О́бразъ бо ecте́ лобыза́ющымъ по́двигъ ва́шъ, я́ко ни cко́рбь, ни тѣснота́, ни cмépть отъ любвé Бо́жiя paзлучи́ти  вácъ не возмого́шa.
O Nouveaux Martyrs qui avez parcouru le chemin terrestre en confessant le Christ, par vos souffrances vous avez acquis de la hardiesse, priez Celui qui vous a fortifiés, afin qu’à l’heure où l’épreuve viendra sur nous, nous recevions le divin don du courage. Vous êtes un exemple pour ceux qui vénèrent votre exploit, car ni l’affliction, ni le tourment, ni la mort, n’ont pu vous séparer de l’amour de Dieu.

Kondakion du dimanche du pharisien et du publicain, ton 4
Фариcé́eва убѣжи́мъ высоко-глаго́ланія, и мытарéвѣ научи́мся высотѣ́ глаго́лъ смирéнныxъ, покая́нieмъ взыва́юще: Cпа́ce мípa, oчи́сти рабы́ Tвоя́.
Fuyons la jactance du pharisien et apprenons du publicain la sublimité d’un langage humble, criant dans le repentir : « Sauveur du monde, purifie Tes serviteurs ».

OUVRE-NOUS LES PORTES DE LA PÉNITENCE, DONATEUR DE VIE !
L
e premier dimanche du Triode, à savoir celui du Pharisien et du Publicain, a été appelé « annonciateur » des combats spirituels, car il est comme une trompette qui nous annonce la préparation du combat contre les démons lors du carême qui vient.
Le premier signal de cette préparation au combat est constitué par les trois stichères qui sont chantés immédiatement après l’Évangile des Matines : « Ouvre-moi les portes de la pénitence, Donateur de vie… », « Conduis-moi sur les chemins du salut… » et « Me souvenant de la multitude de mes mauvaises actions… ». Ces stichères nous emplissent de componction et bouleversent nos cœurs. À leur lumière, nous voyons notre âme et notre corps souillés par les nombreuses actions mauvaises que nous avons accomplies. Nous voyons encore notre vie passée, gaspillée dans l’oisiveté, alors que le Jugement redoutable approchera soudain. Que ferons-nous ? Une profonde affliction et la crainte nous saisissent et jettent de l’ombre sur notre âme. Mais à ce moment, se manifeste un rayon d’espoir : la miséricorde infinie du Seigneur, la prière pleine de force de la Mère de Dieu et l’œuvre de notre purification et de notre renouveau par la pénitence, dont s’ouvre maintenant la porte. L’espoir nous renforce et nous donne la hardiesse de crier, le cœur brisé, avec le prophète David : « Aie pitié de moi, ô Dieu, selon Ta grande miséricorde… » Ces trois stichères que nous avons mentionnés, nous parlent de la pénitence et nous enseignent toujours à l’accomplir en faisant un retour sur nous-mêmes et en réfléchissant à notre vie dans le péché ; en gardant à l’esprit la crainte du Jugement redoutable ; dans l’espoir et la confiance en la miséricorde Divine.
Les sentiments de crainte et d’espoir qu’éveillent en nous ces stichères, doivent nous accompagner constamment durant le Grand Carême. C’est pourquoi nous les entendrons aux matines dès maintenant, chaque dimanche de Carême, jusqu’au cinquième.
Le deuxième signal de préparation au Carême nous est donné dans l’exemple évangélique du Pharisien et du Publicain (Lc XVIII, 10-14) qui, avec les lectures et les chants des Vêpres et des Matines nous invite à cette réflexion :
« Frères, ne prions pas à la manière du Pharisien, car celui qui s’élève sera humilié. Humilions-nous devant Dieu à la manière du Publicain, au moyen du jeûne, en criant : ô Dieu, aie pitié de nous pécheurs » (Stichère du Lucernaire).
« Le Pharisien vaincu par la vanité… fut privé de Tes biens et l’autre, n’osant parler, fut rendu digne de Tes dons » (idem).
Comme nous l’explique le Synaxaire du dimanche[2],  la parabole nous présente deux états de l’âme : celui du Publicain, auquel nous devons aspirer, et celui du Pharisien, dont nous devons nous tenir éloigner et fuir. Car l’humilité et la pénitence du Publicain se sont avérées décisives dans le combat contre les démons, tandis que l’orgueil et la jactance du Pharisien ont constitué le commencement et la source de tout péché. En effet, c’est l’orgueil qui a causé la chute du diable et c’est le même péché qui a fait expulser Adam du paradis, tandis que la guérison du monde est venue avec l’humilité, celle du Fils de Dieu, qui a pris la forme du serviteur et a subi la mort honteuse sur la Croix.
C’est un exemple vivant que nous donne la parabole. Le Pharisien était un homme juste, tandis que le Publicain était un pécheur. Celui-ci, cependant, revint chez lui justifié. En reconnaissant son état de pécheur, il acquit la justice rapidement et sans peine. Non seulement cela, mais tous ceux qui se sont humiliés ont été justifiés, comme le dit le doxasticon des Vêpres du dimanche :
« Seigneur Tout-Puissant, je sais ce que peuvent les larmes : elles relevèrent Ezéchias des portes de la mort ; elles délivrèrent la pécheresse de ses fautes accomplies durant de nombreuses années ; et elles justifièrent le Publicain bien plus que le Pharisien ».
Ainsi, l’humilité purifie rapidement et soulage du fardeau du péché, comme le dit le Christ Lui-même : « Quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé » (Lc XVIII, 14). Lorsqu’il s’humilie, l’homme se purifie du péché et commence à acquérir la Grâce Divine, qui le recouvre et empêche le péché de l’assiéger. Pour cette raison, l’Apôtre Pierre dit que « Dieu donne la grâce aux humbles » (I Pierre V, 5). L’humilité devient le liturge de la grâce dans l’homme, tandis que l’œuvre de la grâce mène à l’acquisition de toutes les vertus. De même que l’orgueil est la source de tout mal, l’humilité est la source de toutes les vertus.
Père Petronios (+2011) du Mont Athos

LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Matth. XXVIII, 16-20 ; Liturgie : I Cor. VI, 12-20 ; Lc. XV, 11-32




[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.
[2] Le Synaxaire est l’explication de l’événement commémoré ou la vie du saint du jour, placée après l’ikos dans le canon des Matines. Bien que faisant partie de l’office liturgique, il n’est pas lu à l’église.