"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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lundi 12 octobre 2015

Saint Séraphim de Sarov: Apparitions (R)




Le staretz Samson a raconté cette vision dans ses souvenirs...

« [...] Je me souviens que je dormais dans ma cellule lorsque je vis saint Séraphimde Sarov. Il vint vers moi vêtu de la soutane blanche durant mon sommeil, il se pencha vers moi et lut lentement " O Très Miséricordieuse..." et je sentis ses larmes sur mon front. Au matin, je sautai du lit et j'écrivis cette prière:

O ma Très Miséricordieuse, Dame Souveraine,
Très Sainte, Très Pure Vierge,
Theotokos Marie, Mère de Dieu,
Ma seule et indubitable espérance:
Ne me dédaigne pas, ne me rejette pas,
Ne m'abandonne pas,
Aide-moi, intercède pour moi, écoute-moi
Et pose Ton regard sur moi,
O Souveraine, aide-moi
Pardonne-moi
Pardonne-moi,
Toi Qui es Pure.

Trois heures plus tard j'étais arrêté. La Très Miséricordieuse me conduisit et veilla sur moi pendant dix-huit ans dans les camps de concentration. »

Les saints nous entourent et veillent, le fil ténu de la plus petite prière, le soupir de détresse le plus léger devant Dieu suscitent leur miséricorde et leur intervention pour nous. Car ils sont toujours là, sentinelles du Royaume attentives à nos luttes et à nos joies, proximité de Dieu visible à ceux qui veulent bien avoir des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. Quelquefois, certains d’entre nous veulent rester sourds et aveugles. 

Il y a quelques années, dans une conversation quelqu’un mentionna la venue de l’icône myrrhoblyte de la Mère de Dieu Portaitissa dans une paroisse helvétique. Une personne présente –qui n’était pas croyante- posa des questions et ayant entendu les miracles qui se faisaient par cette icône, manifesta qu’elle ne croyait pas du tout qu’une huile parfumée puisse sourdre d’une icône. Et cette personne déclara soudain d’un air narquois : « Si je vois de mes yeux ce phénomène, je me convertirai ! » Lorsque prévenu du temps et du lieu de la visite de l’icône, elle vint à l’Eglise. Elle resta près de la porte et ne vint pas voir. Il faut des yeux pour voir, mais il faut aussi avoir envie de voir la Lumière et d’abandonner ses ténèbres.

Dans les années trente, dans la région de SarovJulia de Beausobre, accompagnant une patiente qu’elle soignait, fut témoin d’un phénomène lumineux. A travers les branches d’un arbre soudain, alors que le soleil était invisible et ne pouvait produire de réverbération, soudain, une grande lumière surgit et la jeune femme qu’elle soutenait de son bras, s’exclama : « Père Séraphim! ». Julia deBeausobre comprit que cette femme était convaincue d’avoir eu une manifestation lumineuse de Saint Séraphim de Sarov dont elle, Julia, n’avait perçu que la lumière. Et après cet événement, comme si cette lumière avait déchiré le voile d’une fausse réalité, tout le monde lui parla du saint ermite de Sarov et elle put rédiger sa biographie du saint qui prend en compte la tradition orale vivante de la région deSarov.

La « visite » la plus étrangement simple et naturelle de saint Séraphim est relatée ainsi dans la chronique des miracles du staretz

En 1865, dans la maison de madame B…, il y avait une distribution de cadeaux de Noël aux nécessiteux, avant la fête.

Un vieillard aux cheveux blancs, tout courbé, vint après les autres et ayant prié. Il dit : « Que la paix et la bénédiction soient sur cette maison ! »
La servante qui distribuait les dons lui demanda. « Es-tu venu pour recevoir l’aumône? »
« Non, pas pour cela. »
« N’importe, prends-la si tu la veux. »
« Non, je ne veux rien. Je veux seulement voir votre maîtresse et lui dire quelques mots. »
« La maîtresse n’est pas à la maison. Si tu as quelque chose à dire, dis-le nous. »
« Non, je dois le faire moi-même. »
Une des servantes dit doucement à une autre : « Qu’est-ce qu’il veut ? Laisse-lepartir. Peut-être que c’est un vagabond ! »
Le vieillard dit : « Quand votre maîtresse sera à la maison, je viendrai. Je viendrai bientôt. » Et il sortit.
Celle qui distribuait les dons vit que le vieil homme avait de mauvaises chaussures. Elle en éprouva des remords et une certaine gène. Elle sortit de la maison, mais il n’y avait personne dehors. Il avait disparu. Les serviteurs ne dirent rien à leur maîtresse. Mais la servante entendit quelqu’un lui dire dans son sommeil : « Tu as parlé sans égards. Celui qui est venu dans cette maison n’était pas un vagabond, mais un grand saint de Dieu. »
Le lendemain matin, un colis arriva par la poste pour madame B… Il contenait un portrait de Père Séraphim ( qui était grandement vénéré par la famille) nourrissant un ours. Grande fut la surprise quand ceux qui avaient parlé au vieux mendiant, le reconnurent dans le portrait de saint Séraphim.

Que dire enfin pour exprimer l’ineffable joie que nous donne saint Séraphim par tous les miracles où il se manifeste ? L’archimandrite Lazare déjà cité l’a bien exprimé : « Et ne fléchirons-nous pas nos genoux devant le saint ascète de Sarov ? Fléchissons non seulement les genoux, mais [inclinons-nous aussi dans] aussi notre cœur. Bénissons et magnifions le saint homme de Dieu non seulement par des paroles et des enclins, mais aussi par des actes. Prenons-le comme modèle, que ses enseignements soient la substance de notre vie, et essayons de brûler du même amour pour Dieu et pour notre prochain, comme il brûla lui-même tandis qu’il vivait sur cette terre de péché, dans les forêts de Sarov. »

Et nous entendrons le saint vieillard nous dire de sa voix bénie : « Le Christ est ressuscité ma joie ! »

Claude Lopez-Ginisty

Bibliographie sommaire:
Julia de BeausobreFlame in the SnowCollins 1979
Archimandrite Lazarus MooreSaint Seraphim of Sarov : a Spiritual Biography, NewSarov Press USA, 1994.
Une première version de ce texte a été publiée 
dans La Chronique de Saint Séraphim de Sarov
dans la revue Diakonia
Fraternité Orthodoxe-Tous les Saints de Belgique
Orthodoxe Broederschap van Alle Heiligen van Belgïe


Photo: Affiche de la glorification de saint Séraphim, 1903.

mardi 6 octobre 2015

Prière de saint Seraphim de Sarov devant l'icône Joie de toutes les Joies (R)


Interior of St. Seraphim's hermitage, 1903

Intérieur de la cellule 
de saint Seraphim 
montrant l'icône 
Joie de Toutes les Joies

"Умиление" (Серафимо-Дивеевская) 2011 г.

Même icône telle qu'elle est aujourd'hui 
recouverte d'une riza
+

PRIERE 
QUE RECITAIT 
SAINT SERAPHIM DE SAROV
DEVANT L'ICONE DE LA MERE DE DIEU
JOIE DE TOUTES LES JOIES

+
Reçois, toi qui es notre ferme espérance, Très sainte Souveraine, qui enfantas Dieu, ces dons précieux, qui ne conviennent qu’à toi, de nous tes serviteurs indignes : élue de toutes les générations, toi qui es apparue la plus élevée de toutes les créatures célestes et terrestres, car par toi le Seigneur des Puissances est avec nous, et par toi nous avons connu le Fils de Dieu, et nous avons été dignes de Son saint Corps et de Son Sang très-précieux; aussi tu es bénie d’âge en âge, Bénie en Dieu, plus claire que les chérubins et plus vénérable que les séraphins. 

Et maintenant, Très sainte Mère de Dieu digne de toute louange, ne cesse pas de prier pour nous, tes indignes serviteurs, afin que nous soyons délivrés de tout conseil du malin et de toute tribulation et que nous soyons préservés de toute atteinte des attaques venimeuses du Diable. 

Mais garde-nous sans condamnation jusques à la fin, afin que par ton secours et ton assistance nous soyons sauvés, et que nous rendions gloire, louange, action de grâce et vénération pour tout au seul Dieu dans la Trinité, Créateur de tout, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. 

Amen!

Version française 
Bernard le Caro 
que nous remercions!

dimanche 6 janvier 2013

Le natalice de saint Séraphin de Sarov : C'est ainsi que les âmes des justes quittent ce monde





Près de la cellule de saint Séraphim était la cellule d'un moine du nom de Paul qui, étant son voisin, exerçait les fonctions de syncelle. Quand il allait au monastère près de son ermitage, saint Séraphim avait l'habitude de laisser des cierges allumés dans sa cellule, qu'il avait allumé au matin devant les icônes. Père Paul lui avait souvent dit que des cierges allumés pourrait causer des incendies. Pour cette Saint-Séraphin répondait toujours:
"Tant que je suis en vie, il n'y aura pas de feu, mais quand je mourrai, ma mort sera révélée par le feu."
Sa prédiction était justifiée.
Le 1er Janvier 1833, le Père Paul remarqua que saint Séraphim était sorti de sa cellule à trois reprises au cours de la journée pour aller à l'endroit qu'il avait désigné comme lieu de sa sépulture. Dans la soirée, il entendit le père Séraphim chanter dans sa cellule les chants sacrés du Canon de Pâques: "Ayant contemplé la Résurrection du Christ", "Brille, brille, Nouvelle Jérusalem", "Ô grande et très sainte Pâques du Christ."
Environ vers 6 heures du matin le 2 Janvier 1833, le Père Paul, en sortant de sa cellule pour assister à la première Liturgie, remarqua dans l'antichambre près de la cellule de  Seraphim une odeur de fumée. Ayant dit la prière habituelle, il frappa à la porte, mais il n'y eut pas de réponse. Puis il sortit et alla vers des frères qui passaient par là. L'un d'eux, le novice Anikita vit que divers cadeaux faits de grosse toile qui avaient été donnés au saint par des pèlerins zélé et qui gisaient dans un grand désordre sur un banc avec des livres, avait commencé à se consumer. Ils avaient probablement été allumés par une étincelle dont le chandelier était à proximité.
Il faisait noir dehors, il n'y avait pas de feu dans la cellule, et on ne pouvait ni voir ni entendre le staretz. En attendant, La première Liturgie de l'église de l'hôpital continuait. Ils chantaient déjà "Il est digne en vérité!", lorsque le jeune novice courut dans l'église et informa les frères de ce qui s'était passé. Les moines se hâtèrent vers la cellule de saint Séraphim. Père Paul et Jean le novice, voulant savoir si le staretz se reposait, se mirent à tâtonner dans l'obscurité dans sa cellule, et trouvèrent le statrez lui-même. Ils apportèrent un cierge allumé et virent que saint Séraphim était à genoux devant l'Icône de Notre Dame de la Tendresse: Il était dans sa blouse blanche habituelle, nu-tête, avec une croix en laiton pendu à son cou ( celle que lui avait donnée sa mère à son départ) et les bras croisés sur la poitrine.


Au début, ils pensaient que le bienheureux frère s'était endormi et ils commencèrent à essayer de le réveiller, mais il n'y eut pas de réponse. Le grand ascète avait déjà terminé son pèlerinage terrestre et reposait à jamais en Dieu. Ses yeux étaient fermés. Son visage était animé par sa dernière prière.
Avec la bénédiction de l'higoumène, des moines levèrent le corps du saint, et, après l'avoir habillé selon les règles monastiques dans un manteau dans la cellule voisine de hiéromoine Eustace, ils le mirent dans le cercueil de chêne qu'il avait fait de ses propres mains et le portèrent dans la cathédrale.
Le jour même de la mort du saint, l'higoumène Philarète  du monastère de la Mère de Dieu de Glinsk (province de Koursk) sortit de l'église, après Matines, et, levant les yeux au ciel, il fut étonné de voir une lumière extraordinaire. Puis l'higoumène vit en esprit que c'était l'âme de saint Séraphim s'élevant dans les demeures célestes, et il dit à ses frères qui étaient avec lui: "C'est comme cela que les âmes des justes s'en vont. Le père Séraphin vient de mourir à Sarov. "

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Archimandrite Lazare Moor
Saint Séraphim de Sarov: 
A Spiritual Biography 
chapitre XVIII 
pp. 429-434 
cité par