"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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mercredi 21 décembre 2022

Qui est à l'origine de l'interdiction de la vénération des icônes pendant le Covid ?

Ce qui suit est extrait du livre "Le Pré Spirituel" de saint Jean Moschos, section 45.

L'un des anciens nous a raconté que Abba [le staretz] Théodore l'Aéliote a dit qu'il y avait un certain reclus sur le Mont des Oliviers, un grand guerrier contre lequel le démon du désir sexuel livrait bataille.

Un jour que le démon attaquait avec férocité, le staretz commença à se désespérer et à dire au démon : "Quand vas-tu enfin me laisser tranquille ? Cesse de vieillir avec moi !"

Le démon lui apparut sous une forme visible et lui dit : "Promets-moi que tu ne révéleras jamais à personne ce que je vais te dire et je ne te ferai plus la guerre".

Le staretz promit : "Par Celui qui habite dans les Cieux, je ne révélerai à personne ce que tu dis".

Le démon lui dit : "Cesse de vénérer cette icône ici et je cesserai ma guerre contre toi." 

L'icône représentait Notre Souveraine la Vierge Marie, la sainte Mère de Dieu, portant notre Seigneur Jésus-Christ.

Le reclus dit au démon : "Laisse-moi partir et réfléchir."

Le lendemain, il envoya chercher Abba Théodore l'Aéliote (celui qui nous a raconté cette histoire) car à cette époque, il résidait à la Laure de Pharon. Quand Abba Théodore arriva, le reclus lui dit tout ce qu'il y avait à dire et reçut cette réponse : " En fait, abba, après avoir promis, tu es devenu captif [du démon]. Mais tu as bien raison de parler. Il aurait mieux valu que tu entres dans toutes les maison de tolérance de la ville plutôt que de diminuer ta révérence pour notre Seigneur Jésus-Christ et pour Sa Mère." Abba Théodore fortifia et réconforta le reclus par de nombreuses paroles, puis il retourna chez lui.

Le démon réapparut au reclus et lui dit : "Qu'est-ce que c'est donc, méchant vieillard ? Ne m'as-tu pas promis que tu ne le dirais à personne ? Pourquoi donc as-tu tout révélé à l'homme qui est venu te voir ? Je te le dis, méchant vieillard, tu seras jugé comme un briseur de serment au jour du jugement."

Le reclus répondit : " Je sais que j'ai fait mon serment et que je l'ai rompu, mais c'est à mon Seigneur et Créateur que j'ai rompu ma promesse ; à toi je n'obéirai pas. En tant qu'initiateur du mauvais conseil et de la rupture du serment, c'est toi qui devras faire face aux conséquences inéluctables des méfaits que tu as provoqués."


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après




lundi 18 mars 2019

Pour l'Orthodoxie les icônes sont bien plus que de l'art!



Abordons le commandement contre l'idolâtrie (Exode 20:3-5). Il n'est pas surprenant que les premiers chrétiens qui ont commencé à faire des icônes étaient familiers de ce passage, mais ils l'ont interprété dans un contexte plus large que celui de la loi de Moïse.

Ils comprirent que toute tentative de représenter Dieu au temps de Moïse était impossible, puisque Dieu n'avait pas encore été vu. Toute image que l'on pourrait faire (comme un veau d'or) serait si éloignée de la réalité réelle de Dieu qu'elle créerait un être artificiel à Ses côtés.

En même temps, ces chrétiens croyaient que Dieu avait surmonté la barrière de sa transcendance en se rendant visible et tactile. Celui qui parlait des cieux a commencé à parler comme un homme sur terre. Jésus, croyaient-ils, était l'icône (image) parfaite du Père. Celui qui Le voyait voyait Dieu, et non pas simplement l'enveloppe extérieure d'une divinité invisible.

Le Fils de Dieu s'est fait chair, révélant Dieu à Ses créatures, et faisant de Dieu le premier iconographe. Cet enseignement que la Parole s'est faite chair était répugnant non seulement pour beaucoup de Juifs, mais aussi pour la société grecque qui les entourait, qui considérait le corps et la base d'existence matérielle comme sans valeur, et seulement l'âme et le domaine immatériel comme ayant une valeur.

Le fait que le Fils de Dieu soit entré volontairement dans la création - non seulement en mourant sur la Croix, mais en ressuscitant dans la chair et non comme un fantôme - a amené les chrétiens à conclure qu'Il était venu pour sauver des âmes et des corps, pour racheter la matière elle-même. Si Dieu s'est vraiment fait chair, la matière compte.

Les manuels scolaires décrivent les icônes comme "l'Evangile pour les analphabètes" - des illustrations visuelles de l'Écriture pour ceux qui sont incapables de la lire - mais même cette justification pragmatique les réduit à de simples aides visuelles, autorisées comme dispense pour les faibles.

Les orthodoxes croient que les icônes sont plus que simplement permises. Elles sont nécessaires. Si une image vaut mille mots, une icône dit tout ce qui doit être dit sur l'incarnation.

Il fut un temps où ces implications de l'incarnation étaient atténuées, et le rôle de la nature physique du Christ dans la sanctification de la création était supprimé.

Du VIIIe au IXe siècle, l'Empire romain a connu une flambée d'"iconoclasme" (destruction d'icônes). Les icônes étaient illégales. L'État poursuivit leur destruction. L'iconoclasme se fondait davantage sur le littéralisme de l'Ancien Testament et la philosophie grecque que sur l'idée désordonnée que Dieu devint homme.

Dans les églises stériles et blanchies, les iconoclastes prêchaient une foi confinée à l'intellect, adorant un Dieu qui était plus une idée qu'une personne, son corps un simple véhicule pour la déité cachée à l'intérieur. D'une certaine façon, les iconoclastes anticipaient le christianisme sec, rationalisé et post-lumière.

Le premier dimanche de Carême en 843, les icônes furent restaurées et l'iconoclasme prit fin.

Les orthodoxes célèbrent cet événement chaque année. Nous portons des icônes préférées en procession autour de nos temples à la fin de la Divine Liturgie. Il ne s'agit pas d'une simple appréciation de l'art, mais d'une revendication que Dieu s'est fait homme pour restaurer de l'intérieur l'image et la ressemblance de Lui-même.

Nous ne vénérons pas seulement les icônes. Nous espérons devenir des icônes.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

dimanche 1 février 2015

La vénération des icônes (R)



Icône annuelle avec icônes de la Mère de Dieu 
et des douze fêtes
(Russie XIXème siècle)


Concernant la vénération des icônes

Quand nous vénérons les saintes icônes, la Croix du Seigneur ou le Saint Evangile, nous ne devons pas toucher de nos lèvres les visages sacrés qui sont représentés. 
Nous embrassons plutôt les pieds du Seigneur Crucifié, ou la main bénissante du Seigneur ou de Ses saints, ou leur vêtement, nous souvenant de la femme de l'Evangile qui se disait: " Si je puis toucher Son vêtement, je serai guérie." 
Sur les icônes où les mains ou les pieds ne sont pas représentés, comme l'icône du Christ Non faite de main d'homme, nous embrassons les cheveux, ou bien  le linge sur lequel Il est représenté, mais jamais le visage ou les lèvres. 

Version française de Claude Lopez-Ginisty
d'après le  
Molitvennik/ Old Orthodox Prayer Book
Livre de Prière de l'Eglise du Vieux Rite Slave
Russian Orthodox Church of the Nativity of Christ 
(Old Rite)
Russian Church Outside Russia
Erie, 
Pennsylvania, 
USA, 1986